
Ce n’est secret pour personne que le citoyen Marocain pâtit au jour le jour de la cherté de la vie, une flamme sur le prix marquée par l’érosion du pouvoir d’achat et des coûts excessivement élevés des denrées alimentaires. Pire encore, 76% estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois et plus de la moitié s’attendent à une nouvelle détérioration dans l’année à venir en vertu de la dernière enquête du Haut-Commissariat au Plan HCP. Ce pessimisme trouve son origine dans la dégradation du pouvoir d’achat, car malgré le reflux observé de certaines tensions inflationnistes, la flambée des prix reste omniprésente dans l’esprit des consommateurs où près de 96% affirment avoir constaté une hausse des prix alimentaires au cours des 12 derniers mois et 78% anticipent de nouvelles augmentations. Ceci n’illustre-t-il pas la vulnérabilité persistante dans les foyers des Marocains ?
C’est dans ce contexte et au lendemain de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, à la tête de l’exécutif Marocain, le Souverain Marocain Mohammed VI présida, Samedi 17 Octobre 2026 au Palais Royal de Rabat, un Conseil des Ministres qui donna une première traduction institutionnelle aux priorités économiques et sociales à l’exercice de l’année 2027 et à l’adoption des orientations générales du projet de loi de finances pour 2027 qui, faut-il le rappeler, intervient dans un contexte tumultueux jalonné par des tensions protectionnistes, et la crise de l’énergie , ainsi que des conflits géostratégiques en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz.
Dans ce projet de loi des Finances 2027, une grande priorité est accordée à la restauration du pouvoir d’achat et la consolidation des fondements d’un Etat providence social soutenable. Un pouvoir d’achat qui s’impose comme une priorité affiché à la fois dans le projet de loi de finances 2027 et dans le programme du Team Fatima Ezzahra El Mansouri.
Cependant et au-delà des engagements qui traduisent une constance dans le temps, l’apostrophe centrale est celle des mesures concrètes citée par la cheffe de l’exécutif et de leur financement afin que leur incidence réelle soit palpable sur le quotidien des ménages.
Comment le rétablissement du pouvoir d’achat et la consolidation de l’Etat providence vont-elles profiter de la refonte structurelle des marchés et des prix à partir de 2027 ? Comment la restauration du pouvoir d’achat et la revalorisation de l’aide directe vont-elles se concrétiser au cours des cinq prochaines années ?
Cette imminence permettra de transcender le simple dénombrement des annonces pour poser une question cruciale, le PLF 2027 et le programme du Team Fatima Ezzahra El Mansouri apportent-ils des répliques nouvelles à la pression sur le pouvoir d’achat ou s’agit-il seulement d’amplifier et de prolonger les dispositifs déjà existants ? Car après le Covid19, le programme de la consolidation de l’Etat social faisait partie du Programme gouvernemental de l’Exécutif AKHNOUCH.
Le pouvoir d’achat ne doit-il pas seulement se décliner comme une priorité politique, ne doit-il pas se traduire par des mesures chiffrées assorties d’un calendrier de mise en œuvre sur la période 2027-2031 avec des objectifs énoncés en dispositifs et un étalement précis dans le temps ?
Pour restaurer le pouvoir d’achat, l’exécutif a bien fait de mettre les pleins phares sur la refonte structurelle des marchés qui sont plombés par le foisonnement des intermédiaires et des mouvements spéculatifs. A cet égard, l’amélioration de la transparence sur les marges appliquées, la régulation des prix alimentaires ne doivent-ils pas s’appuyer sur une approche de toute la chaîne d’approvisionnement, avec des plateformes régionales de commercialisation, une réforme des circuits de distribution, et des règles claires pour concilier exportations et besoins nationaux ?
Aussi, la lutte ciblée contre les monopoles et les ententes, en synergie avec le Conseil de la Concurrence, ainsi que des enquêtes sur les Connivences dans les appels d’offres ne sont-ils pas indéniables pour une détente des prix ?
Par ailleurs et étant donné que le marché des carburants impacte directement les différents secteurs de l’économie, et partant les prix des biens et services, notamment à travers les coûts de transport, n’est-il pas incontournable de réduire la fiscalité appliquée aux carburants, à travers la Taxe Intérieure de la Consommation TIC et la TVA, ou encore un plafonnement des marges des distributeurs ? Cette hausse, particulièrement marquée, ne ravive-t-elle pas le débat sur la régulation du secteur et les mécanismes de protection du pouvoir d’achat, à un moment où les tensions internationales continuent de peser lourdement sur les prix de l’énergie ?

A cet égard, la Fédération Nationale des Associations de Consommateurs préconise la publication des composantes du prix final des carburants, notamment les coûts d’importation, de stockage et de distribution, ainsi qu’une détermination des marges des différents intervenants sur la base de la valeur réelle d’achat des produits.
En outre, une réforme de l’impôt sur le revenu à travers sa baisse progressive n’est-elle pas de nature à améliorer le revenu net des salariés, et leur pouvoir d’achat et faire face à la flambée des prix des produits alimentaires qui- faut-il rappeler, une promesse de Fatima Ezzahra El Mansouri lors de sa compagne électorale des législatives de Septembre 2026 ? Sous cet angle, l’exonération des revenus salariaux est-elle efficace à rétablir le pouvoir d’achat pour les salariés percevant un revenu de mois de 10.000dhs ?
Certes, le pouvoir d’achat et la consolidation d’un État social durable figurent au premier plan à travers l’engagement du Gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri à porter l’aide sociale directe de 500 à 1 000 dirhams d’ici la fin du mandat. Toutefois et à notre sens, le ciblage d’aide directe ne peut se substituer à une véritable politique de revenus, car les fruits de la croissance ne bénéficient pas de la même manière à toutes les catégories de la population et à tous les territoires. L’emploi, le pouvoir d’achat, la qualité des services publics et les inégalités territoriales ne restent-ils pas au cœur des attentes du citoyen Marocain ?
Et ce ne sont pas uniquement les 5 Millions de bénéficiaires de l’aide directe qui souffrent du renchérissement des denrées alimentaires, la classe moyenne en pâtit aussi au point que celle-ci se volatilise à cause de l’inflation et l’érosion du pouvoir. Dans ce contexte, les arbitrages des ménages Marocains restent quotidiens et les dépenses importantes sont souvent reportées. Sous cet angle, six ménages sur dix considèrent que le moment n’est pas propice à l’achat de biens durables.
Il faut reconnaitre que l’Etat via la Commission Ministérielle chargée de suivre les répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie nationale maintient son soutien au gaz butane, dont les prix sur le marché international ont bondi de plus de 68% depuis le début du mois de Mars. Dans le même esprit, la Commission Ministérielle poursuit son secours aux ménages aux tarifs de l’électricité et le versement d’un aide directe au profit des professionnels du transport de marchandises afin de maintenir les prix actuels pour les consommateurs.
Toutefois et en dépit des concours de l’Etat, les finances des ménages restent vulnérables car si une majorité affirme parvenir à couvrir ses dépenses courantes, près de quatre ménages sur dix déclarent devoir s’endetter ou puiser de leur épargne pour boucler leurs fins de mois et seulement une minorité, soit 2,8% disent réussir à épargner une partie de leurs revenus. L’épargne n’est-il pas justement le signal le plus révélateur où 7,5% des ménages Marocains pensent pouvoir mettre de l’argent de côté ? Cette quasi-disparition de l’épargne n’atteste-t-elle du sentiment de la fragilité qui persiste dans les foyers des Marocains ?
En somme, dans un environnement marqué par l’inflation et la flambée des prix, le Souverain Marocain lors du conseil des Ministres hissa la restauration du pouvoir d’achat comme une priorité sociale nationale majeure, car le Sultan Marocain connait pertinemment le métissage existant entre pouvoir d’achat et stabilité nationale.
Et au Maroc, comme sur d’autres cieux, les récentes chroniques soulignent une réalité commune : l’érosion du pouvoir d’achat et la cherté de la vie agissent comme des facteurs d’instabilité sociale majeurs, poussant les gouvernements à intervenir pour préserver la paix civile.

Ceci nous incite à explorer les 2 grands piliers de l’humanité النعم العظيمة qui sont الأمن والرزق qui garantissent استقرار à travers la portée du verset 4 dans Sourate Quraysh « Qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte » et en arabe سورة قريش « الذي أطعمهم من جوع وآمنهم من خوف à savoir la nourriture à travers, ce qu’on appelle actuellement la sécurité ou la souveraineté alimentaire qui s’exprime à travers le pouvoir d’achat et l’absence de peur qui se matérialise à travers la sécurité, en arabe الأمن ou ce qu’on appelle actuellement la stabilité sociale.
