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Mustapha Maghriti
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Émission obligataire à l’international de 2,25 Milliards d’Euros : Contexte et raisons d’une Sortie du Trésor Marocain à l’international

by Mustapha Maghriti 31 mai 2026
written by Mustapha Maghriti

Le Maroc avait rendez-vous avec les investisseurs étrangers à l’occasion d’une sortie du Trésor Marocain sur le marché international. En effet, le Trésor a levé 2,25 Milliards d’euros à travers une émission obligataire souveraine libellée en euros réussissant une nouvelle sortie sur le marché international de la dette structurée en deux tranches de maturités différentes.

La première tranche à 8 ans, la plus importante en volume avec 1,25 Milliard d’euros, a été fixée à Mid-Swap plus 170 points de base — contre une indication initiale de 200 points de base. La tranche à 12 ans, d’un milliard d’euros, a été arrêtée à Mid-Swap plus 200 points de base, contre 230 en début de processus. Ce resserrement uniforme de 30 points de base sur les deux lignes est le résultat du processus de construction du livre d’ordres, durant lequel les soumissions des investisseurs ont permis au Trésor de comprimer les conditions de rémunération offertes.

La sortie du trésor Marocain à l’intervient dans un environnement international tumultueux marqué par la remontée des primes de risque dues aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des inquiétudes sur les flux énergétiques, rendant l’arbitrage des marchés plus strict avec une demande engendrant un livre d’ordres atteignant 5,2 milliards d’euros, soit une sursouscription de plus de 2,3 fois.

En sus, cette opération, conduite par Nadia Fettah, Ministre de l’économie et des finances, accompagnée d’une délégation de la Direction du Trésor et des finances extérieures DTFE, s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’arbitrage entre les sources de financement intérieur et extérieur, tout en  permettant à notre pays d’établir de nouvelles références sur le compartiment de l’euro ; une levée en euros qui permettra d’alléger le recours du Trésor au marché intérieur, évitant de trop solliciter la liquidité bancaire locale.

Par ailleurs, cette émission a bénéficié d’une large diversification géographique, traduisant ainsi la qualité de la signature du Maroc et la confiance dont il jouit auprès de la communauté financière internationale. «Exécutée pour la première fois en mode Intraday, cette transaction est intervenue après le non-deal roadshow organisé en septembre 2025 en Asie. Elle a constitué une nouvelle occasion de mettre en avant la stabilité politique dont jouit le Maroc et  la résilience de son cadre macroéconomique.

Cette nouvelle sortie intervient quelques semaines après une notation positive des agences internationales. En effet, l’agence de notation Moody’s Ratings a révisé de «stable» à «positive» la perspective de la note «Ba1» du Maroc pour sa dette à long terme en devises et en monnaie locale. Cette révision de la perspective est soutenue par l’amélioration des perspectives de croissance du pays, portée par la hausse de l’investissement ainsi que par la poursuite des réformes structurelles visant à transformer l’économie et à relever son potentiel de croissance.

Par ailleurs, La levée intervient aussi dans un contexte budgétaire particulier. Le gouvernement a acté une rallonge de 20 milliards de dirhams au profit du budget général, destinée, notamment, à soutenir la Caisse de compensation, à préserver le pouvoir d’achat, à couvrir des dépenses exceptionnelles, à renforcer les fonds propres de certains établissements publics et à faire face aux conséquences des récentes inondations. Dans le détail, 8 milliards de dirhams sont destinés à la Caisse de compensation, 6 milliards à des dépenses exceptionnelles non prévues dans la loi de Finances 2026, 4 milliards au renforcement des fonds propres d’Établissements et entreprises publics, et 2 milliards aux dépenses liées aux intempéries.

Le lien entre l’Eurobond et la rallonge budgétaire ne doit pas être lu comme une simple opération de trésorerie. Il traduit surtout la volonté de l’État de préserver plusieurs équilibres à la fois. Il s’agit de contenir la pression sur les prix, d’éviter une transmission brutale des chocs externes aux ménages, de maintenir l’effort d’investissement public et de soutenir certains opérateurs stratégiques engagés dans des programmes lourds.

Cette émission du Trésor Marocain à l’international permettra de consolider la position extérieure du pays et de renforcer ses réserves en devises afin de maintenir une stabilité macroéconomique face aux chocs extérieurs.

 

31 mai 2026 0 comment
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Concurrence et compétition de l’économie Marocaine : Une contestabilité des marchés mise à mal !!!

by Mustapha Maghriti 12 mai 2026
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith est souvent considéré comme le pape du libéralisme qui incarne la foi dans les vertus du marché et s’ensuit tout un rush d’apôtres et de courant libéral, néolibéral et ultralibéral, pour qui le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d’optimum économique et que la liberté économique améliore aussi la situation des plus démunis, les libéraux considèrent que la métaphore d’Adam Smith la « main invisible » permet d’améliorer la situation de tous et
c’est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises en  établissant les vrais rapports entre elles selon Montesquieu dans « De l’esprit des lois ».

Cette liberté économique est définie comme l’absence de toute capacité d’oppression ou d’entrave de la part du Gouvernement sur l’investissement, la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens. La liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en incitant l’esprit d’entreprise et la création de valeur ajoutée. 

La fondation Américaine The Heritage Foundation et le Wall Street Journal publient chaque année son étude annuelle « Index of Economic Freedom ». Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée du père fondateur du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », à savoir que « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble.

L’indice de liberté économique, se fondant sur les statistiques des institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale et  le FMI,  de l’Economist Intelligence Unit,   est un indicateur fondé sur un ensemble de critères économiques, regroupés en 4 catégories principales dont l’objectif étant de mesurer la liberté économique dans les différents pays du Monde reposant sur la taille du gouvernement , l’état de droit, les marchés  ouverts et l’efficacité réglementaire.

Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l’étude.
Qu’en est-il de la liberté d’entreprendre, de la concurrence et de la compétition de l’économie Marocaine ?

Dans l’édition de l’année 2026, le classement de la fondation Américaine « The Heritage Foundation » dans son étude annuelle « Index of Economic Freedom » publié au mois de Février 2026, fait apparaître, d’emblée, qu’aucun pays du continent Africain ne figure dans la catégorie des économies  » libres ». L’étude de la Foundation révèle que les économies Africaines ne sont pas libres dans l’ensemble, en raison notamment de la forte prévalence de la corruption, des niveaux élevés de pression fiscale et du faible degré d’ouverture des marchés.

Le Maroc, sur un panel de 186 pays, et avec un score de 61,8, se positionne à la 83éme place dans l’indice de la liberté économique. L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap-Vert demeurent  les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice qui mesure des critères tels que la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption.

Aussi, bien que régionalement, le Maroc soit reconnu comme l’un des pays du Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA) qui entreprend le plus de réformes pour soutenir le développement du secteur privé, plusieurs obstacles continuent de freiner les investissements privés. En effet, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande rigidité et considère qu’une large part de la force de travail est marginalisée à cause d’une régulation inexorable du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché difficile aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se diriger vers le secteur informel.

Certes, il y a eu des avancées en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce) en se positionnant 7ème sur 14 dans la région MENA, néanmoins ils ont été balayées par le la corruption et la faiblesse de l’État de droit et l’efficacité judiciaire dont les scores sont inférieurs à la moyenne mondiale selon le Think tank Américain. Autant dire une contreperformance intimidante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère.
Cet excès d’arbitraire ne fait que d’attiser l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption. En sus, la compétition est plombée par la lourdeur des licences dans certains secteurs et de la taille de l’économie informelle.                                              

Cette problématique de la carence du jeu concurrentiel et de la compétition de l’économie Marocaine est d’autant plus d’actualité que le dernier rapport de la banque mondiale de Mars 2026 « Maroc : Diagnostic-pays du secteur privé » met les pleins phares sur la faiblesse du business privé où l’investissement privé représentait seulement 1/3 de la formation totale du capital fixe et que l’investissement public reste prédominant où les entreprises publiques sont présentes dans des secteurs stratégiques du tissu économique marocain tels que l’énergie, le transport et les phosphates, et bénéficient souvent d’un accès préférentiel au financement, aux infrastructures et aux autorisations réglementaires. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques OCDE, ce traitement de faveur menace d’exclure les investissements privés, de réduire la contestabilité du marché et de fausser les signaux du marché, ce qui est particulièrement désavantageux aux PME.

Par ailleurs, le checkup de la Banque Mondiale souligne que l’initiative privée présente une structure duale, caractérisée par la coexistence d’un petit nombre de grandes entreprises formelles et d’un tissu majoritairement informel. Cette dernière catégorie représente plus de 77 % de l’emploi total et environ un tiers du PIB, en singulier dans le commerce de détail, les services, le bâtiment et l’agriculture.

En outre et en vertu du diagnostic de la Banque Mondiale, les risques liés à l’absence de concurrence semblent entraver la dynamique des marchés au Maroc. En termes de politique de concurrence sur le marché, le Maroc est perçu comme étant à la traîne par rapport à ses pairs régionaux. Comparativement à leurs homologues régionaux, de nombreux marchés marocains se caractérisent par une plus grande concentration du marché. La part des monopoles est élevée dans des secteurs qui se caractérisent généralement par une faible concentration du marché ailleurs à l’appui du rapport de la Banque Mondiale « Créer des marchés au Maroc : une deuxième génération des réformes » publié en Octobre 2019 à la demande de la Société financière internationale (SFI)

Aussi et à titre illustratif, selon l’enquête de la banque Mondiale de 2013, près de 40 % des entreprises manufacturières sont en concurrence sur les marchés oligopolistiques. La concentration des marchés peut aussi résulter d’interventions gouvernementales qui restreignent l’entrée, facilitent la dominance des certains opérateurs ou créent des conditions de concurrence inégales.

La concurrence limitée sur certains marchés marocains peut provenir de réglementations restrictives ou de l’application discrétionnaire du cadre réglementaire qui rendent l’entrée et l’exploitation de nouvelles entreprises difficiles ou de distorsions du marché dues à un traitement inégal de certains opérateurs  ou d’une mise en œuvre inefficace de la politique de concurrence.

Pour exploiter ce potentiel émergent, les auteurs de la Banque Mondiale, dans le bulletin d’information économique de la région  Moyen Orient et Afrique du Nord, Banque mondiale Octobre 2019, intitulé « Promouvoir une concurrence loyale — pour atteindre de nouveaux sommets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord » suggèrent que la concurrence loyale et la contestabilité sont de puissants moyens d’assurer une efficacité allocative, productive et dynamique, et peuvent également être d’efficaces remèdes à l’inégalité en créant des opportunités économiques et en rendant les biens plus abordables. L’intensification de la concurrence entraîne également une accélération de la croissance de la production par travailleur (productivité) et constitue donc un élément clé du développement durable à long terme.

Il s’agit là d’objectifs clés pour la région MENA, confrontée au problème d’une économie dualiste caractérisée par un secteur officiel stagnant coexistant avec un secteur informel et un chômage généralisés, qui prive les citoyens, surtout les plus jeunes, de tout espoir. L’entrée sur le marché de nouvelles entreprises et la sortie de sociétés peu rentables sont d’importantes sources de concurrence. Cependant, les obstacles aux nouveaux entrants et les protections accordées aux opérateurs peu performants sont considérables et fréquents dans la région MENA selon les experts de la Banque Mondiale.

Pour que les marchés fonctionnent mieux, il est nécessaire de s’attaquer aux réglementations et pratiques gouvernementales qui restreignent la concurrence sur le marché ou affaiblissent l’application des politiques de concurrence. À cette fin, il est essentiel de coordonner les efforts politiques des organismes publics et privés pour créer un environnement commercial compétitif et promouvoir des marchés ouverts et contestables, afin de créer des incitations à l’entrepreneuriat et d’accroître les pressions pour innover.

En sus, l’efficience des marchés passe par le renforcement de la neutralité concurrentielle, l’élimination des distorsions du marché, l’uniformisation des règles du jeu entre les opérateurs publics et privés et par la limitation des privilèges réglementaires des entreprises publiques dans des secteurs particuliers. idem, des réformes seront nécessaires pour encourager la concurrence, réduire les obstacles à la participation des PME et renforcer les liens entre les entreprises étrangères et nationales.

Friedrich Hayek, grand sectaire du libéralisme et un invétéré de l’économie du marché, dans « La Route de la servitude », n’a-t-il pas dit que « La justice n’a pas à considérer les conséquences des diverses transactions, mais à vérifier que les transactions elles-mêmes ont été loyales. ». Loyal envers lui-même et envers son peuple, le Souverain Marocain Mohammed VI, dans le discours Royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

Il est temps que l’exécutif terrasse avec ces constantes et infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, stimulant aussi bien l’offre que la demande, par l’implémentation de l’état de droit, non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant l’orthogonalité entre le business et le politique et en remettant à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité, ainsi que par un essaimage de la confiance de toutes les composantes de la collectivité nationale dans le cadre du nouveau contrat social, qu’appelle le Souverain Marocain Mohammed VI.

In fine, Feu Driss Benali n’a-t-il pas dit que le marché n’est pas un état de nature, mais un état de culture ? Défrichons-nous cette culture !

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ADIEU « MANA  ILLA BACHAR», ADIEU Abdelwahab Doukkali

by Mustapha Maghriti 9 mai 2026
written by Mustapha Maghriti

Ce n’est un secret pour personne que non seulement le monde de l’art Marocain est en deuil, mais aussi tout le Maroc, la Grande émotion du décès du grand artiste Abdelwahab Doukkali s’est éteint ce Vendredi 08 Mars 2026 à l’âge de 85 ans dans une clinique à Casablanca, où il devait subir une opération chirurgicale.

Sa voix a accompagné des générations entières, bercé les joies, et transmis une certaine idée de la beauté et de la sagesse.

La scène Marocaine a perdu une icône de la chanson Marocaine et l’une de ses voix éternelles qui a profondément jalonné la scène artistique Marocaine par des œuvres raffinées et des paroles sincères, porteuses des valeurs de beauté, de spiritualité et d’engagement.

Né à Fès dans une famille modeste de treize enfants, Abdelwahab Doukkali a tracé son destin bien au-delà des murs de la médina. À seulement 19 ans, il quitte sa ville natale pour s’installer à Rabat, où il intègre la RTM (Radio Télévision Maroc), marquant le début d’une aventure artistique qui le mènera aux quatre coins du monde arabe.

Dès 1965, Abdelwahab Doukkali s’impose comme l’une des figures majeures de la chanson Marocaine. Ses mélodies, interprétées en arabe littéraire et en darija, explorent des thèmes universels: l’amour, les relations sociales, mais aussi la mémoire collective et les défis d’une société en mutation.

Parmi ses plus célèbres chansons, Kan ya makan, un hymne poétique et intemporel, Marsoul el houb, un tube romantique au succès planétaire, Ma ana illa bachar, une réflexion sur la condition humaine, Souk al bacharia et Allah Hay, une chanson spirituelle. Son répertoire, à la fois intime et engagé, résonne bien au-delà des frontières du royaume, lui valant une reconnaissance dans tout le monde arabe.

Au-delà de la musique, Abdelwahab Doukkali a également laissé son empreinte dans le 7ème art. Compositeur de plusieurs bandes originales, dont celle du film A la recherche du mari de ma femme, il a également joué dans plusieurs films, dont Al Hayat kifah, Rimal min dahab et Khafaya.

Le défunt a reçu de son vivant de nombreux prix et distinctions, dont le disque d’or pour sa chanson « Mana Illa Bachar », le grand prix du Festival de la chanson marocaine de Mohammedia en 1985 pour sa chanson « Kan ya makan », ainsi que le grand prix du Festival de la chanson marocaine de Marrakech, en 1993, pour la chanson « Agharo Alayki ».

Honoré par le Vatican à deux reprises, feu Doukakli a également remporté le Grand Prix du Festival du Caire en 1997 pour sa chanson « Souk El Bacharia ».

Il a été élu meilleure personnalité du monde arabe pour l’année 1991, lors d’un sondage réalisé par le magazine « Al Majalla », publié par la société saoudienne des recherches.

Abdelwahab Doukkali était également artiste peintre et collectionneur d’objets et œuvres d’art.

Ce n’est pas seulement sa famille qui a perdu Abdelwahab Doukkali, c’est tout le Maroc, sa famille artistique et à l’ensemble des fans qui ont perdu Abdelwahab Doukkali, un artiste d’une grande exception, d’un grand talent qui a jalonné la scène artistique par sa créativité, son style, qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique Marocain.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des artistes disparus, lui, Abdelwahab Doukkali en fait partie. Certes, il nous a quittés, mais ses rimes charismatiques et sa voix resteront immortelles et indélébiles. A DIEU MANA ILLA BACHAR.

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Le Roi Mohammed VI et la revanche des Territoires au Maroc

by Mustapha Maghriti 19 avril 2026
written by Mustapha Maghriti

Les approches des problèmes structurels de développement PSD nous enseignent que si la croissance apparait comme une condition nécessaire au recul des inégalités sociales et territoriales, elle reste néanmoins insuffisante pour y parvenir. Le partage des fruits de la croissance n’est jamais forcément démocratique et égalitariste : Le recul des inégalités ne se produit authentiquement que s’il constitue un objectif social et politique durable. Selon une étude publiée par l’Organisation de Coopération et de Développement OCDE, l’accroissement des inégalités peut avoir un impact négatif sur la croissance. En outre, le creusement généralisé des inégalités depuis plusieurs décennies a conduit des chercheurs à s’inquiéter de leurs répercussions potentielles pour nos sociétés et nos économies. Ces récentes recherches de l’OCDE révèlent que toute amplification de ces inéquations fait chuter la croissance économique. De ce fait, il apparaît que la réduction des inégalités, en plus de rendre nos sociétés plus justes, permet également de rendre nos économies plus stables et plus fortes.

Ainsi, faire bénéficier de la croissance à toute la population et à tous les territoires constitue un pari politique majeur. Et c’est dans ce sens que le Souverain Marocain tranche pour une approche transversale, inclusive à même d’assurer un replâtrage de la justice spatiale et territoriale, ce qui cadre avec les investigations économiques de l’économiste Américaine Weitzman M.L. dans son livre « L’économie du partage » édité le 5 Février 1986.

Croissance et développement sont deux concepts économiques qui interférèrent invariablement en dialectique. A-t-on appris dans les cours des problèmes structurels de développement que le développement humain est une fin dont la croissance et ses fruits économique sont le moyen. Cela implique notamment la valorisation des atouts locaux, le renforcement des services publics, la promotion de l’économie territoriale et circulaire et des mobilités durables, la participation citoyenne, et une gouvernance locale décentralisée. 

D’autres parts, les recherches et les thèses de démocratie sociale nous apprennent que la justice sociale est intrinsèquement liée au développement humain et territorial sans discrimination où l’on supprime les misères les plus profondes et où l’on satisfait les besoins urgents de l’être humain, ce que l’économiste Français François Perroux appelle la couverture des coûts de l’homme.

C’est dans cet esprit que le Souverain Marocain se dolente  que certaines régions du Maroc, surtout en milieu rural, pâtissent encore des formes de pauvreté et de précarité du fait du manque d’infrastructures et d’équipements de base qui ne reflète en rien la vision Royale de ce que devrait être le Maroc d’aujourd’hui et ne donne pas non plus la pleine mesure des efforts que le Souverain déploie pour renforcer le développement social et territorial. Le Souverain Marocain constate que « le modèle de développement national […] s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale  » discours Royal du 13 Octobre 2017.

A l’appui, les derniers chiffres livrés par le département de Chakib Benmoussa le Haut-commissariat au plan HCP sont plus qu’éloquents : les inégalités du niveau de vie s’accentuent et se sont creusées entre 2014 et 2022, passant de 39,5% à 40,5%. Aussi, les indicateurs continuent de révéler un Maroc à deux vitesses, avec l’essentiel du PIB national porté par les trois régions du Royaume (Près de 60% est généré par Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima), exacerbant un déséquilibre démographique et territorial, lui-même amplifié par des flux migratoires soutenus vers les principales métropoles du pays.

A cet égard, pensé au sommet de la pyramide du pouvoir au Maroc, structuré avec précision, puis décliné avec rigueur et méthode sur l’ensemble du territoire, le Souverain Marocain, au Conseil des Ministres du 9 Avril 2026, injecte une enveloppe colossale de 210 Milliards de dirhams (MMDH), soit près de 15 % du PIB, sur une période de 8 ans pour la concrétisation de la nouvelle génération des programmes de développement territorial reconfigurant en substance l’architecture régionale du Royaume, érigeant le territoire en acteur central du développement économique.  

Cette clairvoyance Royale se détache des instinctifs administratifs et bureaucratiques pour se tailler sur les nécessités exprimées à l’échelle locale des préfectures et des provinces, nourris par la concertation et l’écoute, avant de remonter vers le régional, puis le central au niveau national. Cela traduit la constance Royale de faire de l’amélioration des conditions de vie des citoyens Marocains et de la préservation de leur dignité le point mire de toute politique publique. Car en filigrane de ce protocole financier ambitieux se dessine une vision intégrée du développement économique et social. Croissance, emploi, justice sociale et spatiale, accès aux services publics, attractivité territoriale où toutes ces dimensions ne peuvent plus être pensées en silos.

Le Maroc opère d’ores et déjà une détermination structurante, celui de substituer à la fragmentation sectorielle une dynamique d’ensemble, où les territoires deviennent des unités de synergie, de programmation et d’impact. Cette chaîne de décision et d’exécution, clairement définie, marque un hiatus avec les logiques diffuses du passé pour recomposer et redessiner les dynamiques territoriales.

En sus, cette territorialisation intègre dorénavant un élément longtemps resté en retrait dans la conduite de la chose publique : la culture de l’évaluation via des indicateurs de performance, audits annuels croisés, tableaux de bord, plateforme digitale de suivi ouverte ; autant d’outils qui traduisent une exigence nouvelle, celle d’un État qui accepte désormais de se mesurer, de s’observer en action, et, in fine, de rendre compte à travers des audits annuels menés conjointement par l’Inspection générale des finances IGF et l’Inspection générale de l’administration territoriale relevant du Ministère de l’intérieur, afin d’évaluer les performances.  

En somme, le Souverain Marocain sait pertinemment que la planification du territoire constitue la condition sine qua non pour le développement économique, social et culturel dans toutes ses dimensions, tant quantitatives que qualitatives à même de satisfaire les besoins essentiels des citoyens dans quelque territoire qu’ils se trouvent. Et afin d’assurer aux générations actuelles et futures de meilleures conditions de vie décentes dans une géopolitique mondiale tumultueuse, le Souverain Marocain, conscient des déroutages et des dérivations d’obédience néolibérale durant les années 1980, escompte promouvoir un modèle économique étayé sur une croissance inclusive et surtout partagée, créatrice d’emplois, et assurément distributrice de richesses pour tous les citoyens Marocains.

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Les nouvelles reconfigurations de la géopolitique mondiale : de la globalisation à la régionalisation du commerce international  

by Mustapha Maghriti 12 avril 2026
written by Mustapha Maghriti

Depuis que D.Trump a débuté son premier mandat de 45éme Président des États-Unis le 20 Janvier 2017, sa mission à la Maison Blanche a été marquée par la renégociation des accords de libre échange. En effet, l’économie de l’Oncle Sam entra dans une ère nouvelle le Mardi 4 Mars 2025, avec l’application des droits de douane ordonnés par Donald Trump sur les produits émanant du Mexique et du Canada. Ces taxes vinrent de mettre en brèche le fameux Accord de libre-échange Nord-Américain alena.

Faut-il rappeler que Donald Trump comme lors de son premier mandat, réutilise son fameux leitmotiv « America First » avec sa promesse d’un retour au protectionnisme et à l’unilatéralisme Américain pour relancer l’économie nationale. N’a-t-il pas invoqué lors de son speech de son investiture « Au lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d’autres pays, nous imposerons des droits de douane et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens. »

On s’en souvient, Donald Trump revendiqua ce spot protectionniste où à peine réinstallé dans le bureau ovale entendit mettre en œuvre sa promesse de surimposer à 25 % les droits de douane sur les importations en provenance du Mexique et du Canada. Aussi, les produits Chinois se virent assujettis d’un supplément de taxes ainsi que l’Europe, une punition douanière qui, aux yeux de Donald Trump n’importe pas assez de voitures, ni de produits agricoles Made in USA. Cela reflète la réalité d’un monde géopolitiquement plus fragmenté, mû par les rapports de force et de puissance. Cette approche fragilise le multilatéralisme, paralyse l’OMC et pousse le reste du monde à se réorganiser loin des USA.

A ce titre, les pays ripostent à ce protectionnisme outrancier en rejoignant et en signant des accords de libre-échange sans l’Amérique. En effet, malgré l’opposition de la France et d’autres États Européens (Irlande, Pologne, Hongrie, Autriche), l’Union Européenne a scellé le 17 Janvier 2026 au Paraguay, un accord avec les quatre pays d’Amérique latine Mercosur qui regroupe Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay. Le but du traité avec le Mercosur est d’intensifier les échanges de biens et de services entre l’UE et les économies latino-américaines et donner un coup de fouet au commerce transatlantique.

Ce contrat commercial représente le cinquième de l’économie mondiale et plus de 700 millions de consommateurs, de quoi donner une idée de l’ampleur de l’accord de libre-échange entre ces deux mastodontes commerciaux au regard des murs tarifiables érigés par D.Trump.

En outre, l’Inde et l’Union Européenne (UE) ont officialisé Mardi 27 Janvier 2026, au cœur de la capitale Indienne, New Delhi la conclusion d’un ambitieux accord de libre-échange qui, au terme de 20 ans de négociations, créera une zone de libre-échange de 2 Milliards de consommateurs, représentant 25 % du PIB mondial et un 1/3 du commerce international. 

Cet accord commercial inde-ue s’inscrit dans une vision stratégique de long terme, dont l’accélération a été catalysée par les dynamiques de recomposition de commerce mondial et se veut une riposte à l’administration Trump, dont l’Inde et l’UE subissent les contrecoups d’une politique commerciale protectionniste agressive et une remise en cause unilatérale des équilibres commerciaux.

La posture protectionniste de Donald Trump « fonctionne comme un aiguillon sur le reste du monde en incitant les pays à se rapprocher « , explique l’économiste Américain, Richard Baldwin, professeur à l’IMD Business School de Lausanne et chercheur au Centre for Economic Policy Research CEPR, de passage à Paris pour présenter ses travaux. Il les exposera dans son dernier ouvrage intitulé « World War Trade » ou « La guerre commerciale mondiale ».

De son côté, le Royaume-Uni, qui entendait, avec le Brexit, devenir un « Singapour-sur-Tamise », selon l’expression de l’ancien Premier ministre Boris Johnson, a rejoint à la fin 2024 le partenariat de libre-échange transpacifique CPTPP où Londres supprime les droits de douane sur 99 % de ses exportations vers ce bloc, stimulant le commerce avec 11 pays de la zone Pacifique.

En sus, l’Allemagne, la grande économie Européenne la plus extravertie et la plus fortement exportatrice, est favorable à cette perception des Accords de libre Echange loin des USA. Le chancelier Friedrich Merz a même déclaré au Bundestag qu’il envisageait à long terme, un accord avec la République populaire de Chine.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne n’a-t-elle pas argué qu’un nouvel ordre commercial est en train d’émerger, sur la base des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce omc, mais sans les Etats-Unis et même contre eux, résume cette choriste du libre-échange qui a travaillé dans l’administration de George Bush père du 20 Janvier 1989 au 20 Janvier 1993.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, aucun Etat ne veut perdre les dividendes de la mondialisation. De l’autre, aucun Etat ne veut que ses approvisionnements soient tributaires de la volonté d’un Etat considéré comme un adversaire qui est les USA à travers la montée des approches unilatérales via des droits de douane unilatéraux, remettent en cause les règles fondamentales de l’OMC.

En effet, la multiplication des tensions géopolitiques et la montée des politiques protectionnistes ont profondément fragilisé le multilatéralisme et contribué à la fragmentation du système commercial international. Fondée pour réguler les échanges mondiaux et réduire les barrières douanières, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devait offrir un cadre commun de règles et concourir à la stabilisation des relations commerciales internationales. Son rôle apparaît aujourd’hui moins pertinent et son autorité affaiblie.

Cette perte d’efficacité alimente une désorganisation des échanges et renforce l’instabilité structurelle du commerce mondial où les États privilégient la conclusion d’accords bilatéraux ou la consolidation de blocs régionaux, au détriment d’une gouvernance économique véritablement mondiale.

Tout cela concourt à une régionalisation du commerce international, un phénomène que le patron de Coface Xavier Durant, résumait lors de son allocution d’ouverture au colloque Risque pays « décrypter les risque dans un monde incertain » organisé par la Coface le 17 Février 2026   « Il y a moins d’échanges commerciaux entre les grands blocs mais de plus en plus à l’intérieur des blocs. »

Par ailleurs, les petites nations ne doivent-ils pas utiliser le régionalisme pour pallier leur vulnérabilité économique, notamment en s’assurant un accès garanti à un plus grand marché, réduisant ainsi leur dépendance aux fluctuations tarifaires des grandes puissances, comme l’explique la théorie de Triffin. Cela permet de créer du trafic, d’abaisser les prix des biens régionaux et de structurer l’intégration économique.

Sous cet angle, l’économie Marocaine doit viser une plus grande diversification commerciale en s’ouvrant davantage sur l’ensemble des acteurs de l’économie mondiale loin des schémas classiques largement dominés par les accords commerciaux avec les USA et l’UE. La nouvelle stratégie commerciale du Maroc doit s’ouvrir davantage sur l’Afrique Subsaharienne, consolider les rapports d’ancrage commercial avec la Chine et la Russie tout en lorgnant sur les opportunités actuelles avec l’Amérique Latine. Le Marc, doit également renforcer ses liens avec la Grand Bretagne Post-brexit et les pays de l’Europe Centrale et Orientale PECOS et groupe de visegrad v4 (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie)

En somme, la montée du protectionnisme Américain a déclenché des guerres tarifaires généralisées initialement redoutées et ce dans un contexte de fragmentation des échanges où le reste du monde a poursuivi sa trajectoire d’intégration. La plupart des grandes économies continuent de considérer le commerce comme un pilier de leur modèle de croissance et cherchent activement à approfondir leur intégration via de nouveaux accords ou le renforcement d’accords existants.

Parmi ces initiatives, l’accord de libre-échange ue-Mercosur est perçu comme un outil géopolitique majeur pour contrer la montée du protectionnisme mondial, notamment Américain. Le traité pourrait créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde, couvrant 31 pays, 721 millions d’habitants et près de 21 % du PIB mondial.

La revitalisation de dynamiques régionales au sein d’autres États s’inscrit dans la même perspective visant à sécuriser l’accès aux matières premières, diversifier les chaînes d’approvisionnement et ouvrir des débouchés pour contrer le protectionnisme Américain de Donald Trump qui a fracturé le cadre géopolitique actuel.

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Quelles opportunités logistiques du Maroc à l’ère d’une géopolitique en crise au Moyen-Orient ?

by Mustapha Maghriti 1 avril 2026
written by Mustapha Maghriti

Les tensions géopolitiques actuelles qu’elles concernent les voies maritimes, l’énergie, ou les équilibres régionaux ont des contrecoups directs sur les économies nationales, y compris celles qui ne sont pas directement concernées par la guerre.

Plusieurs volets sont concernés dont volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, évolution des flux touristiques, reconfiguration des investissements et des partenariats stratégiques, perturbations des chaînes logistiques internationales et tensions sur certaines routes commerciales maritimes. Mais ces crises ne produisent pas uniquement des risques, elles créent aussi des opportunités stratégiques pour les économies stables et crédibles. Et c’est le cas du Maroc avec la crise au Moyen Orient.

En effet, le conflit en Iran perturbe les routes maritimes mondiales où de grandes compagnies maersk, cmg cgm, hapag lloyd, one, hmm, yang ming ont réorientées leurs navires loin du détroit d’ormuz. Sous cet angle, Tanger Med se positionne comme un hub stratégique offrant au Maroc de nouvelles opportunités logistiques et commerciales. Le port de Tanger Med, grâce à sa position stratégique à l’entrée de la Méditerranée et à ses infrastructures modernes, se présente comme un soluté clé pour le Maroc au regard des ébranlements du transport maritime mondial provoquées par le conflit en Iran.

A quelque chose malheur est bon, cette crise a mis en lumière l’importance de Tanger Med, capable de capturer une partie du trafic international redirigé depuis les ports du Golfe persique. La reconfiguration des routes maritimes internationales, notamment le détour de l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, classe le complexe portuaire Marocain dans un emplacement logistique stratégique à même de générer de nouvelles opportunités de transport international par le potentiel logistique de Tanger Med qui a traité plus de 11,1 Millions de conteneurs en 2025 confirmant son rang de premier port à conteneurs en Afrique et en Méditerranée pour la 9éme année consécutive en vertu de l’Autorité portuaire de Tanger Med Tanger Med Port Authority.

Avec ses tensions géopolitiques au Moyen Orient, la géographie ne joue-t-elle pas en faveur du Maroc ? N’est-il pas le canal incontournable du transit international de tout navire contournant l’Afrique pour rejoindre l’Europe ou l’Amérique du Nord ? Le détroit de Gibraltar que quelques 110.000 navires franchissent chaque année, soit une moyenne de 300 par jour ne s’impose-t-il pas comme l’indicateur de la fluidité des échanges commerciaux ?      

Les estimations du secteur indiquent que ce repositionnement pourrait créer un volume supplémentaire d’environ 900.000 EVP par trimestre sur les routes reconnectant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, consolidant ainsi la place géostratégique du Maroc comme hub logistique Euro-Africain, selon une analyse du média espagnol la Razón.

L’augmentation du trafic maritime pourrait entraîner une pression accrue sur plusieurs ports de la région et provoquer des phénomènes de congestion, susceptibles de générer de nouveaux surcoûts logistiques. Certaines compagnies appliquent déjà des frais supplémentaires liés à la saturation de ports Africains confrontés à des ralentissements temporaires.

A titre illustratif, des hubs de transbordement en Afrique subsaharienne, comme Dakar, Abidjan ou Lagos, devaient connaître des perturbations similaires où des coûts supplémentaires pourraient se répercuter sur l’ensemble de la chaîne logistique régionale.

Dans ce contexte, la présence au Maroc de grandes compagnies maritimes constitue une aubaine pour les opérateurs locaux. Les bureaux commerciaux de groupes tels que Mediterranean Shipping Company (MSC), MAERSK et CMA CGM permettent aux exportateurs et aux transitaires marocains d’adapter plus rapidement leurs stratégies face aux flottements des marchés et de trafiquer plus efficacement les conditions de la logistique et du supply chain. 

Ainsi, le Maroc renforce son leadership mondial en pleine turbulence géopolitique. Alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent fortement les routes maritimes stratégiques, notamment avec la parésie du détroit d’Ormuz, un acteur mondial se démarque par sa résilience et sa capacité d’adaptation : le Groupe OCP, le leader Marocain des fertilisants vient de conclure une opération majeure portant sur 90.000 tonnes de fertilisants phosphatés destinées à l’Amérique latine, avec des livraisons prévues dès avril 2026. Après, l’Amérique latine, et les USA, c’est autour de l’Inde, puissance agricole majeure, d’exprimer son intérêt pour les engrais Marocains.

Selon les analyses d’Argus Media, cette prouesse illustre la capacité du Groupe OCP à transformer les crises en opportunités, tout en consolidant sa mission : garantir la sécurité alimentaire mondiale et de fait le Maroc confirme ainsi son rôle de pilier de stabilité dans un environnement global incertain.

En somme, les tumultes actuels au Moyen-Orient ne sont pas seulement un pari géopolitique régional. Ils reconfigurent incessamment les voies du commerce mondial. À mesure que les aléas s’accentuent autour du détroit d’Ormuz et que la mer Rouge devient moins crédible, certains trafics maritimes perdent en fluidité, acculant les acteurs du commerce international à s’adapter rapidement. Dans ce contexte, la géographie reprend tout son sens. Et certains pays, par leur position et leurs infrastructures, deviennent plus que de simples transits de véritables pivots stratégiques.

C’est déterminément ce qui est en train de se jouer avec le Maroc. Situé à l’entrecroisement de l’Atlantique et de la Méditerranée, à proximité immédiate du détroit de Gibraltar, le Royaume bénéficie d’un positionnement distingué dans un moment où les équilibres logistiques se recomposent. Avec des infrastructures à l’instar de Tanger Med, déjà robustement intégré aux grands itinéraires maritimes mondiaux, et surtout le développement de Nador West Med, le Maroc change d’échelle. Cette posture portuaire ne se cantonne pas à un port : avec une capacité initiale d’environ 3 Millions de conteneurs, extensible à 5 Millions, et des terminaux énergétiques dédiés (notamment pour le gaz naturel), il est pensé comme un hub hybride, à la fois logistique et énergétique.

Cette complémentarité entre Tanger et Nador crée une véritable ossature portuaire capable d’absorber les flux redirigés, de sécuriser les approvisionnements et de servir de point de relais entre l’Europe, l’Afrique et les routes transatlantiques permettant de passe progressivement d’un rôle de transit à une logique de plateforme intégrée, capable d’influencer les chaînes d’approvisionnement avec une cohérence stratégique qui se dessine sur le long terme en plaçant les complexe portuaire de Tanger Med et Nador au cœur d’un nouveau paradigme logistique dans un monde de plus en plus fragmenté.

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Détroit d’Ormuz : le détroit des tensions géopolitiques et économiques mondiales

by Mustapha Maghriti 26 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

Depuis le Samedi 28 Février 2026, date du commencement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, la situation au Moyen-Orient est devenue lamentable avec des frappes menées par Israël et les États-Unis contre des cibles en Iran, suivies des ripostes Iraniennes visant les bases Américaines des pays côtiers de l’autre côté du Golfe persique, mais aussi française aux Emirats ou Britannique à Chypre, sur le territoire même de l’Union Européenne.

Au-delà de la turbulence militaire, c’est surtout la dimension géopolitique, logistique, maritime et énergétique qui retient l’attention des marchés. L’inertie de ce point névralgique fait chanceler les économies du monde alors que l’on vit selon l’Agence Internationale de l’Energie AIE le plus important ébranlement de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire.

Le détroit d’Ormuz, à peine visible sur une carte, large d’une quarantaine de kilomètres, il ne comporte que deux voies navigables et pourtant, près d’un 1/5 du pétrole mondial y transite, en provenance des monarchies du Golfe et de l’Iran. La situation s’est subitement tendue lorsque l’Iran a partiellement fermé ce passage stratégique, en réplique à l’attaque israélo-américaine. Conséquence immédiate : des pétroliers immobilisés. Et avec eux, une économie mondiale sous tension.

Historiquement, la menace de fermeture d’Ormuz prend racine dans les chocs pétroliers des années 1970, lorsque l’embargo de 1973 révèle avec brutalité que le contrôle des routes énergétiques confère un pouvoir considérable, à un moment où la dépendance extérieure pétrolière des Européens atteignait 97%. Le second choc pétrolier de 1979 renforça cette prise de conscience où l’Iran, devenant République islamique, disposant d’un levier exceptionnel, avec la rive nord du détroit d’Ormuz.

Aujourd’hui, le détroit d’Ormuz est au cœur des tensions géopolitiques et économiques mondiales. Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour, soit près de 20 Millions de barils, (l’équivalent de 1.3 Milliards de dollars), 20 % en gaz naturel liquéfié (GNL), 30 % en gaz de pétrole liquéfié, 15 % en produits pétroliers raffinés ou encore 30 % en engrais azotés. La Chine capte près de 40 % du pétrole qui sort du Golfe persique, en Inde (15 %), en Corée du Sud et au Japon (10 % chacun).

Les exportations d’hydrocarbures du Koweït et du Qatar dépendent entièrement du détroit d’Ormuz, tandis que celles de l’Irak et de l’Iran y transitent à près de 95 %. L’Arabie Saoudite, dont l’essentiel des champs pétroliers est situé sur sa façade orientale, est également tributaire de cette voie maritime pour environ 90 % de ses exportations. Les Émirats Arabes Unis sont légèrement moins exposés grâce à leur accès direct à l’océan Indien et leur port commercial de Khor Fakkan, d’où partent 25 % environ des flux Emiratis.

Ormuz est aussi ce détroit vital pour nourrir les populations du golfe Persique, hyper-dépendantes d’approvisionnements extérieurs, venant de loin, pour répondre aux besoins alimentaires d’une zone dépourvue d’agricultures consistantes. Ce sont 15 à 20 Millions de tonnes de grains (céréales, soja) qui entrent dans le Golfe persique chaque année, avec des fournisseurs principaux nommés le Brésil, la Russie, l’Australie, la Turquie ou encore l’Ukraine.

Ces illustrations montrent combien ce corridor maritime stratégique constitue l’un des principaux choke-points énergétiques de la planète. Même sans fermeture officiellement déclarée à ce stade, les perturbations sont bien réelles où déjà on observe une concentration inhabituelle de navires aux abords du détroit et une baisse des transits fluides dans les deux sens.

Aves les frappes militaires et les ripostes Iraniennes, l’hypothèse de fermeture totale du détroit d’Ormuz est présente. Si c’est le cas, la fermeture serait l’un des plus grands chocs économiques mondiaux depuis la grande crise pétrolière de 1973. Le baril de pétrole pourrait dépasser les 120$, et même atteindre 150$ voir 200$ si la fermeture dure plusieurs mois.

Influençant toute l’économie, transport aérien et maritime, production industrielle, agriculture, prix des biens alimentaires, cela se traduit par une inflation mondiale forte et par un ralentissement de la croissance mondiale. Une fermeture durable pourrait également provoquer la chute des marchés financiers, et la perturbation des chaines d’approvisionnement.  Les régions les plus affectées seraient l’Asie, l’Europe et les pays importateurs d’énergie.

Pour notre pays le Maroc qui importe 90% de ses besoins énergétiques, la fermeture du détroit d’Ormuz aura pour répercussion le renchérissement du prix du carburant, l’augmentation des coûts de transport, et l’inflation qui toucherait plus particulièrement les produits alimentaires et industriels.

D’ailleurs, au regard de la flambée du cours du pétrole sur les marchés internationaux et leur impact sur les prix des hydrocarbures au niveau national, le Gouvernement Akhnouch a mis en place une nouvelle opération d’aide exceptionnelle comprennent notamment le transport des marchandises, le transport public privé des voyageurs, les petits taxis, les grands taxis, le transport mixte, les autocars de transport des voyageurs, le transport touristique, à l’instar de l’opération qui avait été mise en place en mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. Le Gouvernement vise, à travers cette aide directe et exceptionnelle, dédiée aux professionnels concernés, à contenir l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, de garantir l’approvisionnement normal et régulier des marchés et la continuité des chaînes logistiques, en plus du maintien de la mobilité des citoyens et des services de transport.

En somme, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz crée des tensions mondiales sur le secteur de l’énergie. Il a mis à nu la robustesse et la résilience des chaînes logistiques (Supply Chains). Mais au-delà du pétrole et du gaz, d’autres matières premières stratégiques transitent aussi par ce goulot d’étranglement : engrais, aluminium, hélium… De quoi déstabiliser l’économie à l’échelle de la planète.

Pire encore, l’Iran laisse planer une menace plus large : celle d’un blocage d’un autre passage stratégique : Bab el-Mandeb, l’autre verrou maritime. De l’autre côté de la péninsule arabique, entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, se trouve le détroit de Bab el-Mandeb. Ce corridor est essentiel pour le commerce entre l’Asie et l’Europe. Or, le littoral yéménite est en grande partie contrôlé par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Ces derniers, les Houthis, ont déjà démontré leur capacité à perturber la navigation dans la zone. Un blocage simultané d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, passage mène directement à un autre point névralgique : le canal de Suez., ferait vaciller l’ensemble de l’économie mondiale.

La dépendance aux  » choke points  » apparaît comme structurelle. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez, mais aussi le détroit de Malacca, entre la Malaisie et l’Indonésie, emprunté chaque année par près de 80 000 navires. Tous illustrent une même réalité : la géopolitique mondiale est largement tributaire d’une poignée de passages étroits, difficiles à sécuriser et extrêmement exposés aux crises.

Toutefois, une telle situation pourrait être évitée si un accord diplomatique pouvait être trouvé entre les États-Unis, l’Iran et les autres acteurs internationaux. Les mois à venir seront décisifs pour déterminer si une solution pacifique pourra émerger ou si, au contraire, la situation se dégradera vers un conflit à grande échelle. Les gouvernements et les marchés du monde entier doivent se préparer à une période d’incertitude accrue et à une possible escalade du conflit.

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Du Soft Power au Hard Power : Revers à une géopolitique des conflits

by Mustapha Maghriti 11 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

À l’heure où les équilibres géopolitiques se fragmentent et se fragilisent, où les nations perdent leur illusion de la mondialisation heureuse d’Alain Minc, un champ d’influence demeure à la fois discret, puissant et profondément philanthrope : le Soft Power.

Faut-il rappeler que le concept  « soft power  » a été inventé à la fin des années 1980, par l’ancien Doyen de l’université Américaine Harvard Joseph Nye. Il lui a réservé tout un livre en 208 pages, intitulé  » Soft Power: The Means To Success In World Politics », sorti en 2008.

Le concept de Soft Power met en perspective la notion de puissance, power,  dans un cadre non conventionnel. À l’intérieur des relations interétatiques, l’héritage géopolitique discerne 2  prototypes de relations entre les nations :

–  Les premiers s’appuient sur la puissance conventionnelle, qui est un rapport de forces symétrique de rivalité et de négociation « hard power ».

– Les secondes relations interétatiques reposent sur l’influence  » Soft Power « qui relèvent d’une relation dissymétrique  entre un influant et un influencé, lequel, par son auréole, par les enchaînements qu’il a tissés hors de ses frontières avec les élites et les Etats étrangers, par l’attraction de son modèle culturel ou politique, par les opinions propices dont il jouit, a la capacité d’influencer les autres nations, d’obtenir, par la cooptation, des résultats stratégiques en sa faveur, de définir l’agenda politique à l’international.

Cette notion a été reprise par de nombreux dirigeants politiques.  L’ex-secrétaire d’État entre 2001 et 2005 dans l’administration du président George W. Bush Colin Powell l’a employé au Forum économique mondial en 2003 pour décrire la capacité d’un acteur politique — État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l’ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens à l’instar du mouvement altermondialiste — à influer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la perception qu’il a de ses propres intérêts, par des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques).

Historiquement, depuis la fin de la guerre froide, en affiliant des ressources plus intangibles, plus immatérielles et plus diffuses comme l’influence économique, intellectuelle et politique, la fixation de normes comportementales, juridiques, économique ou éthiques, la persuasion sans usage de la force, le Soft Power est devenu inéluctable à l’affirmation des États de leur auspice sur la scène internationale.

Aujourd’hui, dans le monde globalisé, l’égide ne se cantonne plus seulement à la mainmise  militaire ou à la puissance économique. Il s’agit, en outre, de la manière dont les Etats se présentent, des valeurs qu’elles incarnent et de l’attractivité que leurs cultures et leurs politiques exercent sur les autres  Etats et les autres nations. C’est là qu’interviennent la diplomatie et l’usage ou l’instrumentalisation du Soft Power: Ce sont des outils incontournables pour forger des ponts, façonner les récits mondiaux et promouvoir des relations internationales pacifiques, généralement aux mains des États qui en disposent et qui en font une politique, avec des moyens colossaux.

Conventionnellement, les relations internationales s’appuyaient amplement sur la puissance militaire, à travers le recours à la force ou à la coercition par des moyens militaires et même économiques. Nonobstant que cette approche puisse apporter des résultats à court terme, elle manque souvent de pérennité et peut engendrer de l’aversion à long terme.

En revanche, le Soft Power est la capacité d’inspirer les nations par l’affinité plutôt que par la contention. Cette étendue dérive de la culture, des idéaux politiques et de la politique étrangère d’un Etat qui sont légitimaires ou éthiquement plausibles. Les pays dotés d’un fort Soft Power peuvent gagner du soutien et de la coopération sans avoir besoin d’imposer leur politique par la coercition. Exemple :

Le Soft Power génère de plusieurs niveaux : de la culture : lorsque l’art, la musique, la nourriture, les films ou la mode d’un pays fascinent les gens de la communauté internationale, ils conçoivent et projettent des images positives auprès des diverses audiences et publics. A titre d’exemple, le 7éme art à travers les films Américains de Hollywood ou les rimes égyptiennes, les dessins animés cartonnés Japonais ne sont-ils pas des illustrations culturelles qui ont influencé des millions de personnes et des générations, dans le monde entier ? Le public ne connait-il pas très bien la majorité des acteurs et des musiciens de divers pays, qui ont façonné les goûts artistiques et l’imagination pendant des décennies ?  

Aux USA, en sus de la domination militaire, économique, et diplomatique au niveau mondial, ils ont exercé leur Soft Power, depuis les trente glorieuses, à travers leur industrie du divertissement, leurs mass média, leurs universités ( Harvard, Princeton….)  de premier plan, leur mode de vie et l’esprit d’entreprise, leur aide financière et leur coopération au développement, …..Etc.

Le Soft Power à travers la diplomatie culturelle est dorénavant devenu un pilier sur l’échiquier des relations internationales. Définie comme l’utilisation des échanges de produits culturels et des médias créatifs pour favoriser la compréhension mutuelle et renforcer les relations entre les peuples, la diplomatie culturelle est devenue plus inéluctable : À une époque où les challenges mondiaux requièrent altruisme et coopération, les langues et les arts constituent de puissants leviers  pour colmater les hiatus entre les peuples et instituer un dialogue qui transcende les frontières.

Par ailleurs, le culte joue aussi un rôle crucial en transmettant des valeurs rituelles. C’est le cas dans la région Arabo-musulmane, et en Asie, qui véhiculent par le biais de leur Soft Power la pratique de l’Islam, élargissant ainsi leurs réseaux d’influence, et en imprimant de leurs empreintes le cours des évènements au niveau régional ou même mondial.

En outre, par leur politique étrangère, les pays qui s’engagent dans l’aide humanitaire, le maintien de la paix et la coopération multilatérale, acquièrent souvent une influence, une autorité morale et une bonne image à l’international. De surcroît, les pays développés qui disposent de moyens financiers conséquents n’hésitent pas à promouvoir leur image pour s’assurer des alliances, des soutiens politiques, des partenariats économiques et délayer l’influence sur tel ou tel pays ou région.

L’exemple du Qatar est éloquent à cet égard. Ce pays, si petit par sa taille géographique et démographique, a su se faire une place de choix parmi les pays de la planète, grâce à une vision stratégique de très long terme.

A titre d’exemple, Le 1er juin ne restera-t-il pas une date marquante pour le Qatar où le Paris Saint-Germain, propriété du fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI), a remporté pour la première fois de son histoire la Ligue des Champions. Pour Doha, cette victoire est bien plus qu’un exploit sportif : il représente la consécration d’un projet de puissance par l’image, avec le rachat du club en parallèle du lancement de la chaîne BeIn Sports et de la montée en puissance d’Al Jazeera.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de « Soft Power  » à travers l’investissement dans les vecteurs d’influence (sport, éducation, médias) pour repositionner l’image du pays à l’international. La Coupe du monde 2022 ne fut-elle pas la vitrine ultime de cette stratégie.

Aussi, le Qatar a investi massivement dans plusieurs universités américaines, notamment via le campus Education City à Doha, et s’est invité dans les débats géopolitiques grâce à ses relais diplomatiques et médiatiques, ainsi que le soutien politique et financier à des partis politiques et groupes religieux dans différentes régions.

Par ailleurs, le Maroc offre un exemple éloquent et de plus en plus reconnu au niveau international.

Sous la Vision éclairée du Souverain Marocain, le Maroc a su construire une diplomatie fondée sur l’ouverture, la modération, le dialogue interculturel, et une capacité unique à relier les mondes africain, arabe, méditerranéen et occidental. Le Maroc a transformé son identité plurielle et la richesse de son capital humain en un levier d’influence stratégique.

Qu’il s’agisse de ses institutions culturelles, de son leadership religieux reconnu, de son Soft Power Africain en pleine ascension, ou de sa capacité à accueillir des événements internationaux majeurs, le Maroc démontre qu’un modèle de stabilité, d’ouverture et d’ambition peut devenir lui-même un message au monde.

De telles illustrations montrent comment une influence, non coercitive, peut façonner la manière dont le monde perçoit un pays et la façon dont d’autres nations interagissent avec lui.

Dans une géopolitique mondiale où l’incursion militaire est souvent onéreuse et contestée, le Soft Power offre un outil stratégique, à long terme, pour parvenir à des objectifs nationaux à travers  l’établissement de partenariats, la prévention des conflits ou à améliorer la notoriété d’une nation. En outre, le soft power peut apporter des réponses aux problèmes mondiaux tels que l’épineuse problématique du  changement climatique, les pandémies et les cyber-menaces, le radicalisme religieux et le terrorisme, qui nécessitent une coopération plutôt qu’une rivalité entre les États.

Mais le Soft Power n’est cependant pas sans poser de défis. C’est une stratégie qui peut être compromise par des incohérences ou contradictions dans les politiques de mise en œuvre, comme la promotion des droits de l’homme à l’étranger tout en les violant sur le plan national. Il est également vulnérable à la désinformation, aux malentendus culturels et à la concurrence, régionale ou mondiale, de rivaux qui peuvent utiliser la propagande ou des cyber-campagnes pour nuire à la réputation du pays source.

De plus, le Soft Power est en grande partie une affaire de moyens financiers considérables, et partant, ce ne sont pas tous les pays que peuvent s’offrir le luxe de mener une politique étrangère qui combine la diplomatie classique et le Soft Power.

Cependant, depuis le début du 21ème siècle, la Communauté Internationale connait de nombreux défis et de nouvelles pratiques. L’aggravation de la situation environnementale par le réchauffement climatique, la pandémie du Covid19, la succession de crises financières, la guerre en Ukraine et celle d’Israël à Gaza, les migrations et le terrorisme n’ont pas manqué de bouleverser la perception des modes traditionnels de relations entre États et les attitudes des peuples envers différentes puissances mondiales. Les opinions publiques au niveau international commencent à juger les actions des différents États influents en fonction de l’impact sur la coopération internationale et à la solidarité plutôt qu’à la puissance des armées.

La présidence de Donald Trump aux USA pour son deuxième mandat joue un rôle central dans ce changement, portant une croyance idéologique profonde en la suprématie et la volonté Américaine d’hégémonie. Avec sa politique et son slogan de ‘’America First’’, il a mis en œuvre sa décision d’anéantir un grand symbole du Soft Power et un bras efficient de l’influence Américaine dans le monde, par la dissolution de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), dans le cadre de la politique des réductions draconiennes de l’aide des États-Unis à l’étranger. Cette action a été décriée dans de nombreux pays et par les organisations humanitaires notamment, nationales et internationales, qui ont tellement bénéficié des largesses et des aides américaines.

Globalement, et malgré les péripéties de la situation internationale, la HARD Power continueront à jouer  un rôle essentiel dans la définition des relations internationales d’aujourd’hui et de demain : L’invasion Russe en Ukraine ne replonge-t-elle pas le Vieux Continent dans une idéologie guerrière très incertaine ? 4 ans de guerre en Ukraine n’ont-elles pas radicalement transformé la posture stratégique de l’Union européenne ? Face à un conflit de grande ampleur et de haute intensité dans son aire géographique d’intérêt direct, l’UE  n’exerce-telle pas un hard power à la hauteur de son poids économique ? La guerre en Ukraine ne fait-elle enfin émerger une puissance Européenne, prête au rapport de force, y compris militaire, sur la longue durée ?

Face aux guerres dans plusieurs coins de la planète et à l’instabilité géopolitique, les Etats n’ont-ils pas amorcé un tournant majeur dans leur politique de défense, avec une hausse significative des dépenses militaires ?

Aussi, la crise au Moyen-Orient ne se caractérise-t-elle pas par un usage intense du HARD Power (frappes militaires, missiles, opérations directes), redéfinissant la géopolitique régionale via l’affrontement Israël-Iran et leurs alliés. Cette guerre par procuration, exacerbée par des tensions énergétiques, n’intensifie-t-elle pas l’instabilité et reconfigure les alliances, impliquant une intervention militaire Américaine directe, en redessinant, in fine, les rapports de force entre puissances régionales et internationales ?

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8 MARS ET LA FEMME : SPOT PUBLICITAIRE DE L’ONU, CLICHÉ DE MARKETING  OU ÉCRAN DE FUMÉE DE SERVITUDE ET D’ENDURANCE ?

by Mustapha Maghriti 8 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

8 Mars de chaque année c’est le même show, la même chanson et le même Markenting : Une journée où les marques vendent aux femmes de l’électroménager  et leur offrent du Glam House, Spa ou massage de bien-être. 8 Mars de chaque annuité, dans le secteur public, les Ministres offrent aux Femmes des roses et dans le secteur privé, les chefs d’entreprises offrent aux Femmes du chocolat ou des fleurs, un certain Saint-Valentin bis où les Femmes seront inondées de compliments, de galanterie et de bonnes intentions.

8 Mars de chaque année, c’est la même sérénade et la même chorale : Bouquetière de roses, magasins de Make up et romanesque féminine pour commémorer la fête de la rose. Tous les 8 Mars de chaque année, la fête de la Femme revient manifestement de bonne affectivité sur un ton suave.

8 Mars de chaque année, c’est le même tapage médiatique : Une journée où les médias (presse écrite audiovisuelle ou digitale) lancent des débats et des discours de s’intéresser aux batailles des Femmes. 8 Mars de chaque chandelle, c’est le même récital où le refrain « bonne fête » résonnera manifestement dans les oreilles des Femmes et vont entendre des lancés remplies de bonne affectivité sur un ton suave.

D’emblée, toutes ces affichettes publicistes raffinées ornementées de fleurettes rouges ne camouflent-elles pas les désolations d’une féminité à fleur de peau ? La lutte contre les inégalités salariales persistantes (le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 22,2 % inférieur à celui des hommes en 2023, selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques  INSEE), les féminicides et la montée des discours  » masculinistes  » où le collectif Grève féministe, responsable de l’organisation des manifestations à l’occasion de la Journée internationale pour les droits des Femmes, a comptabilisé 250.000 manifestants en France Samedi 8 mars, dont 120 000 à Paris.

Tous ces posters parés de fleurs galantes ne dissimulent-ils pas un féminisme en sursis où la tonalité politique visant selon elles à offrir une  » riposte féministe » à une  » épidémie fasciste » avec une brève action de  » Femen » qui, peintes de drapeaux Américains, Européens ou Russes barrés d’une croix gammée, ont fait des saluts nazis en criant  » Heil Trump »,  » Heil Meloni  » ou encore  » Heil Poutine » devant les caméras ?

Tous ces panneaux publicitaires avec, en prime, les  opérations Marketing et Sexistes vantant vernis à ongles, « chocolats réservés aux femmes » ou bouquets de fleurs ne camouflent-elles pas des cris d’orfraie exhibant les douleurs d’une féminité en supplice à travers des coups et blessures, agressions, viols, rapts, kidnappings, harcèlement moral, stress et violence psychologique et physique ?

Pièces à conviction: Affaire Pelicot (devenue une icône féministe à l’occasion du procès des viols de Mazan où son ex-mari, Dominique Pelicot, a été jugé aux côtés de 50 coaccusés, des hommes qu’il avait recrutés sur Internet pour qu’ils viennent violer son épouse, droguée aux anxiolytiques et totalement inconsciente, à leur domicile de Mazan  n’est-elle pas devenue emblématique des questions de violences sexistes et sexuelles, en France comme à l’étranger ? Ou encore le drame de l’affaire  Scouarnec où des centaines de femmes dont la plupart des mineurs ont subi un viol ou une agression sexuelle commis par le docteur Joël ou encore l’affaire de Bétharram où  la nomination de Darmanin mis en cause pour des violences sexistes et sexuelles comme Garde des Sceaux sont autant d’illustrations dans l’actualité attestant des violences sexistes et sexuelles présentes partout sur le pays de Molière.

En Afghanistan, le régime des talibans qui ont repris le pouvoir à Kaboul, le 15 Août 2021, les femmes Afghanes subissent un régime misogyne qui les macère les femmes Afghanes sur leur quotidien à travers des comportements réprimants et punitifs  à aller à l’école, de travailler, pâtissaient des mariages forcés, devaient porter le voile intégral, ne pouvaient sortir de chez elles sans un protecteur masculin ou l’accès aux parcs et aux salles de sport, les écoles, les universités et les emplois.

Sur d’autres cieux, des femmes Palestiniennes, Soudanaises, Kurdes, Ukrainiennes sont encore aujourd’hui emmurées, exécutées, faisant face à des bombardements massifs, au génocide, à l’exode, et qui sont victimes de viols de guerre, peinent à nourrir leur famille et à se nourrir elles-mêmes, de toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits, qui sont confrontées aux conflits armés, aux régimes fascisants. Ces exemples  et non le moindre révoltant et à peine illustre le traumatisme psychologique, sociale, et l’humiliation quotidienne des Femmes  partout dans le monde.

Au Maroc, chaque 8 Mars, la femme Marocaine est haussée sur un piédestal avec des syllabes galantes, des slogans qui dérobent l’écran de fumée d’une Société Marocaine phallocrate dans l’offense, non pas d’une journée solennisée une fois chaque année, mais des temps de calvaire sans toutefois arriver à la péréquation des chances avec la virilité, dans tous les domaines de la vie. 

À coup de clichés sociaux, la « HACHOUMA », hérités au fil du temps, la ségrégation de genre évince notre patrie le Maroc de la contribution de la Femme. Or, aujourd’hui plus que jamais, l’appréciation de l’efficacité doit répondre à une logique asexuée. Certes, la Constitution de 2011 avait jeté les jalons d’une meilleure onction de la femme, mais leur concrétisation sur le terrain pointe encore à l’horizon.

Ne doit-on pas alléguer que le 8 Mars doit transcender l’aspect Marketing de la journée de la Femme ; il doit être une opportunité d’appréciation, de critique et de visibilité pour les associations de défense des droits des Femmes. En sus, le 8 Mars doit être un moment de vérité « en flashant » les médias, les intellectuels sur les inégalités et les injustices dont les femmes sont proies à travers les 4 coins de la planète, car il reste, du chemin à patrouiller pour que l’équité́ genre soit vraie.

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleure rouge d’une journée éphémère 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien épisodique pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

Très loin de tout abus, très loin de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, il est un devoir de remmailler les préceptes de l’Islam, colmater les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater un subconscient humain gravitant dans l’orbite des valeurs de la familiarité, de l’attachement et la dévotion.

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous recommande, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles, pour preuve, il les fait comparer à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités.

Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : « Je vous conseil la bonté envers les Femmes. » 

Faut-il rappeler que le 8 Mars, en guise de conclusion, est une journée, non de distribution à discrétion de fleurs et de romanesque, mais de mise en avant de lutte pour les droits des femmes et de la fin des inégalités par rapport aux hommes qui est issue de l’histoire des luttes féministes menées sur les continents Européen et Américain en revendiquant le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail.

Faut-il rappeler que la genèse du 8 Mars s’ancre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du xxe siècle et non la distribution à volonté des fleurettes rouges et rouges d’une journée épisodique.

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleure rouge d’une journée éphémère 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien épisodique pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

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Après 37 années, la nécessité d’une intégration Maghrébine -UMA- dans une géopolitique protectionniste et multipolaire

by Mustapha Maghriti 19 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier 17 Février 2026 aurait pu être une journée commémorative et pleine de festivités. Mais elle ne l’était pas. Ce n’était pas la date de mon anniversaire ou la date de l’indépendance de mon pays, mais la date de la constitution de l’Union du Maghreb Arabe UMA. En effet,  c’est comme ce jour du 17 Février 1989, soit 37 années que fut l’édification de l’Union du Maghreb Arabe UMA suite à un traité scellé par les 5 pays membres (Algérie, Lybie, Maroc, Mauritanie et Tunisie)  pour réaliser la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux entre les Etats membres, l’adoption d’une politique commune dans tous les domaines en mettant en évidence ‘la stratégie Maghrébine pour le développement commun.

Depuis cette date, de profondes métamorphoses géopolitiques mondiales se sont opérées sur l’arène internationale (chute du mur de Berlin, effondrement du bloc Soviétique Communiste, mondialisation…..Etc.). Ainsi au regard de la globalisation marquée par une libéralisation commerciale à outrance, 5 pays avec plus de 120 Millions d’habitants ayant la même histoire, la même langue, la même religion, des richesses naturelles et humaines importantes, et une complémentarité confirmée, et pourtant c’est l’une des régions les moins intégrées du monde en termes d’échanges intra-régionaux à l’échelle mondiale où le commerce global intra-maghrébin se limite à moins de 5% alors que la part du commerce intrarégional atteint 16% environ en Afrique, 19 % en Amérique latine, 51 % en Asie, 54 % en Amérique du Nord et 70% en Europe. Les échanges entre les pays de l’Union du Maghreb Arabe UMA ne dépassaient guère les 3,1% des exportations globales de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Le commerce intra-Maghrébin demeurait encore chétif par rapport aux échanges des pays de l’UMA avec l’Union Européenne. En moyenne, les pays de la région exportaient près de 70 fois plus vers l’Union Européenne que vers le Maghreb. De ce fait, le gros des échanges du Maghreb s’effectue avec l’Europe, pour des raisons qui tiennent à la fois aux liens historiques, à la nature des produits échangés et, plus récemment, aux efforts déployés par chacun des pays pour libéraliser ses échanges avec l’Europe.

L’orientation traditionnelle des échanges vers l’Europe, les efforts récents de diversification en direction de l’Afrique subsaharienne et, plus récemment, l’émergence de la Chine comme marché d’exportation ont, nous semble-t-il, détourné l’attention des pays du Maghreb de l’intégration intra-régionale. Des facteurs géopolitiques ont freiné l’intégration Maghrébine. Les causes profondes des tensions sont complexes et varient d’un pays à l’autre. L’UMA est inopérante depuis des années du fait de désaccords entre ses pays membres, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Les menaces terroristes ont aussi provoqué un durcissement des contrôles frontaliers. La frontière longue de quelque 1.600 kilomètres qui sépare l’Algérie du Maroc est fermée depuis 1994.

Face à cette situation, le Souverain Marocain, dans son discours Royal au 3ème Sommet Arabe de développement économique et social à Ryad, en Arabie Saoudite, n’a-t-il pas regretté le statu quo au Maghreb en soulignant que « nous ne pouvons que regretter à nouveau de voir que l’Union Maghrébine ne s’acquitte pas de son rôle naturel qui lui incombe de promouvoir un développement commun des Etats maghrébins, notamment en garantissant la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services »

L’intégration de l’Union du Maghreb Arabe est devenue une nécessité économique incontournable, vu la concurrence et la rivalité féroce que se livrent les différents blocs régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE…..). En effet, compte tenu des défis occasionnés par les échéances charnières auxquelles les économies Maghrébines devraient faire face, le coût du non-Maghreb s’avère insoutenable pour les économies de la région. Ainsi, de par son rôle de moteur de croissance et d’intensification des échanges commerciaux entre pays de la région, l’intégration Maghrébine pourrait constituer un facteur d’appui pour une insertion plus efficiente des pays membres à l’économie mondiale.

La singularité de la région Maghrébine est qu’elle s’insère dans la continuité du courant libre échangiste qui devrait relier progressivement les deux rives de la Méditerranée, au même titre que celui impliquant les pays de la déclaration d’Agadir auquel l’Algérie ne fait pas partie. Ainsi, au-delà de la discontinuité géographique qui en découle, une relance du projet d’intégration Maghrébine serait propice pour redimensionner la libéralisation commerciale entre les pays de l’Accord d’Agadir.

L’intégration Maghrébine permettrait de créer des chaînes de valeurs régionales et de mieux les intégrer dans l’échiquier des chaînes de valeur mondiales. Pour le Maghreb, la mise en place d’un ensemble de règles communes en matière de commerce et d’investissement offrirait un meilleur environnement non seulement aux investisseurs intéressés par le marché intérieur de la région, mais aussi à ceux qui souhaitent exporter leur production vers les marchés voisins, tels que l’Union Européenne.

Par ailleurs, elle aiderait les entreprises locales à mieux s’intégrer dans les chaînes de production mondiales, en assurant la libre circulation des pièces et composants chez les partenaires régionaux et entre eux. Ce n’est que par une plus grande intégration que le Maghreb pourrait atteindre la taille nécessaire pour attirer des IDE à la recherche de marchés durables. En outre, les chaînes de valeur mondiales peuvent également servir de circuits de diffusion du savoir, tant à partir des pays avancés qu’entre ceux du Maghreb, de la même manière que les circuits traditionnels du commerce et de l’investissement. Le Maghreb pourrait devenir une plaque tournante du commerce et des investissements entre l’Afrique subsaharienne et l’UE.

Lors des travaux de la conférence sur l’intégration économique maghrébine à Nouakchott, Christine Lagarde, Ex-directrice générale du FMI, soulignait « qu’une meilleure intégration permettra de développer plus de croissance, d’avoir une capacité d’offre mieux coordonnée, en particulier pour les investissements directs étrangers et permettra de se concentrer de manière stratégique sur les secteurs créateurs d’emplois »

Face aux risques liés au retour au protectionnisme à l’échelle mondiale, à l’instabilité des marchés financiers et à la turbulence géopolitique que connaissent la donne mondiale, la Coopération Maghrébine s’avère incontournable. Et pour s’intégrer, les pays de l’UMA devraient s’appuyer sur la dynamique impulsée par la crue actuelle de l’économie internationale, des échanges commerciaux et de l’investissement. Un renforcement de la demande provenant de leurs partenaires commerciaux générerait un surplus de recettes douanières. Une plus grande libéralisation des mouvements de capitaux entre les pays de l’UMA permettrait de développer les investissements directs étrangers IDE.

Aussi, pour cueillir les dividendes de la reprise mondiale et limiter les contrecoups négatifs des agitations commerciales internationales actuelles, les pays de l’UMA devraient collaborer sur le commerce dans la région et sur le système multilatéral plus vaste étayé sur des règles.

Dans cet environnement extérieur relativement favorable mais vulnérable et tendu, l’apostrophe importante qui interpelle les décideurs Maghrébins est de savoir comment faire de l’UMA un moyen d’action supplémentaire pour sécréter une dynamique économique porteuse de croissance, de production, d’investissement et d’emploi.

Un Co-développement Maghrébin et un partenariat économique et financier ne sont-ils pas d’une nécessité impérieuse pour porter une réplique à une géopolitique mondiale fragmentée en ce en négociant l’accord régional Maghrébin, en coordonnant les mesures, en libéralisant les marchés et en améliorant le climat de l’investissement et des affaires économiques internationales, et en échafaudant des solutions efficaces adaptées à chaque pays de l’UMA et pour créer des avantages comparatifs dans de nouveaux domaines.

Cette question est d’autant plus d’actualité que les nouveaux moteurs de la croissance à l’exemple de l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables seront d’une grande aubaine aux économies Maghrébins pour propulser une croissance économique, garantir le basculement vers des modèles économiques inclusifs et durables, se greffer sur les standards économiques internationaux et s’atteler sur la dynamique économique mondiale.

En 2020, la précarité du Covid-19 n’a-t-elle pas révélée que nous Marocains, Maghrébins, Européens et Sud-méditerranéens, nous sommes réunis par le même destin ? L’UMA ne doit-elle pas tirer les leçons de la crise sanitaire, économique et sociale causée par la Covid-19, et ce à travers la réduction de sa dépendance au niveau des chaines de valeur mondiales avec le lointain (la chine, l’Inde……) et créer des interdépendances solides avec sa proximité Maghrébine ?

Aussi, la géopolitique mondiale actuelle fissurée et fragmentée, ne doit-elle pas nous amener et nous animer à prendre conscience de la valeur inestimable du voisinage Maghrébin comme un bien commun, à ouvrir nos frontières, créer les socles et les piédestaux de réconciliation et de rapprochement, pour boiser et blinder nos positions de négociation dans la gestion de la nouvelle géostratégie ?

L’Union Européenne ne doit-elle promouvoir la relocalisation des activités industrielles pour les incorporer dans un maillage régional Maghrébin permettant, de donner à l’uma une certaine centralité en tant qu’espace géopolitique Africain pour mieux négocier sa position dans les chaines de valeur mondiales et démontrer sa capacité à maîtriser ses rapports avec toutes les grandes puissances et à bâtir, dans la cadre de la multipolarité future et dans une approche de régionalisation avec l’Europe voisine, une zone de coproduction.

En guise de conclusion, le partenariat Maghrébin doit être considéré comme une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes et ce en aplanissant les divergences, en restant unis, pour façonner une région capable de tirer le meilleur parti de son énorme potentiel et qui contribue à la paix et à la sécurité mondiales.

 Le Souverain, dans son discours Royale  du 31 juillet 2021, ne s’attacha-t-il pas à poursuivre ses efforts sincères et louables pour cimenter la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus singulièrement dans son voisinage Maghrébin et où il déplore la nature prochronique et désuète des éréthismes actuels, en singulier l’enclos des frontières entre nos deux jumeaux pour reprendre l’expression du Souverain Marocain. Une muraille héritée du passé et qui n’a plus lieu d’être eu égard à l’interdépendance et la complémentarité irrécusable entre nos deux pays autant au niveau historique et civilisationnel qu’au niveau économique, stratégique et géopolitique pour toute la région que ce soit la coopération verticale Nord/Sud (la méditerrané et l’Europe) ou les échanges horizontaux Sud/Sud avec le reste de l’Afrique. 

La seule alternative viable pour le pouvoir Algérien serait donc de serrer une fois pour toutes la main qui lui est tendue par le Maroc, et de contribuer activement à jeter les jalons d’un nouveau pacte de développement, de stabilité régionale fertile et propice à la géopolitique Maghrébine évoluant dans son environnement régional et international, qui en plus de profiter irrémédiablement à peuples Maghrébins, mettra fin à la déperdition des points de croissance, desserrera l’étau de la contrainte de la dépendance structurelle à l’égard de l’Europe et renforcera la stabilité dans la région au détriment des ingérences étrangères dont les agendas vont à l’encontre de nos intérêts les plus vitaux, malgré le caractère fallacieux et mielleux de leurs discours officiels.

Avec une telle nouvelle reconfiguration géopolitique Maghrébine et pour d’évidentes raisons géostratégiques, les puissances mondiales, l’ensemble des acteurs régionaux et extra-régionaux ne se trouveraient pas dans l’obligation de prendre en considération un rapport de force régional entièrement nouveau ?

19 février 2026 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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