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Mustapha Maghriti
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Le voyeurisme électoral au Maroc. Quelles sont les causes de l’abstinence au Scrutin ? 

by Mustapha Maghriti 14 octobre 2026
written by Mustapha Maghriti

D’emblée, les résultats des Urnes du 23 Septembre 2026 ne peuvent être réduits à une simple redistribution des cartes entre blocs politiques, ni en  rapport de force parlementaires, puisque, ce sont les mêmes 3 partis politiques qui ont gagné le scrutin de 2021 avec une simple permutation entre le PAM et le RNI. Aussi, les législatives du 23 Septembre 2026 ne peuvent être cantonnées à une simple équation de vainqueurs et de vaincus.

L’événement anguleux du Scrutin du 23 Septembre 2026 est le naufrage du taux de participation du citoyen Marocain : sur les 15,8 Millions d’inscrits, 38 % seulement se sont déplacés, soit à peine 6 Millions de votants et près de 10 Millions d’électeurs inscrits sont restés chez eux. Ce sont plus de 21 Millions de citoyens qui n’ont pas voté et qu’on considère comme un  parti qui n’a ni sigle, ni siège, ni tête de liste. C’est le parti des abstenus, des non-votants, des non-inscrits et qui ont voté Blanc. Les Urnes du 23 Septembre 2026 affiche un taux de participation le plus bas depuis celui des législatives du 7 Septembre 2007 au Maroc qui était de 37% en net recul par rapport aux 50,88% de 2021 et aux 42,27% de 2016.

Si l’on s’en tient aux chiffres officiels, le scrutin a mobilisé près de 6 millions d’électeurs sur 15,8 millions d’inscrits. Mais rapporté à une population adulte en âge de voter estimée à 26,7 millions de personnes, le taux réel de participation s’effondre à environ 22,5% ; un taux éloquent qui montre de façon saisissante le divorce des Marocains envers les urnes.

Aussi, les législatives du 23 Septembre 2026 ont été marquées par un contexte national de la crise migratoire de Ceuta exposant au grand jour de la fête du trône le manque de perspectives d’une écrasante partie de la jeunesse frustrée traduisant une défiance envers la classe politique avec comme toile de fond des inquiétudes autour du chômage, érosion du pouvoir d’achat, inégalités sociales et la corruption.  

Ce reflux de la participation électorale est amplement commenté, mais rarement discuté quant à ses causes structurelles. A notre sens, plusieurs raisons sont derrière cette neutralité électorale :

♦ Primo, le désenchantement vis-à-vis de la politique remonte loin avec l’expérience de l’alternance consensuelle du 16 Mars 1998 d’Abderrahman El Youssoufi . En effet, avant le Premier Gouvernement de l’alternance, les électeurs, ayant voté en faveur des candidats de la gauche, entretenaient un grand espoir de changement de leurs conditions de vie. L’alternance politique n’ayant pas engendré de véritables améliorations, la méfiance et le scepticisme à l’égard de la politique, déjà caractéristique des catégories populaires, s’est largement accrue occasionnant une grande suspicion à l’égard des urnes au Maroc, notamment avec les législatives de Septembre 2007 où le taux de participation s’effondra à 37%,

♦ Secundo, le scepticisme des Marocains envers les hommes politiques n’a pas cessé de foisonner : Les scandales politiques liés au détournement des fonds publics (CIH, Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance sociale, l’affaire dite des « Frakchia » liés à l’importation de bétail et le détournement de 280 Milliards de dhs,  l’affaire du dessalement liée au conflit d’intérêts….etc.) ont renforcé le sentiment de l’indifférence du citoyen Marocain envers  les urnes ; « Que gauche ou droite, ça ne changera rien et que si ça change, ce sera encore pire » martèle le votant Marocain. Ainsi, la réduction des espérances dans le changement a eu raison du sens civique d’une grande partie des Marocains,

♦ Tertio, le déclin du militantisme explique également la rétrogression à la complicité politique : Les jeunes deviennent moins participationnistes à l’urne électorale ; ils se désinvestissement de la politique et se consacrent à leurs études, à leur carrière professionnelle ou à la construction d’une vie conjugale décente. D’antan, ce moindre intérêt pour la politique a été contrebalancé par un véritable encadrement militant : Au sein de l’administration, à l’usine mais aussi dans les quartiers, des collègues et voisins politiquement engagés étaient des figures appréciées du quotidien et jouaient un rôle important dans l’animation des sphères publiques nationales, régionales et locales : Ils organisaient les fêtes de quartier, présidaient les clubs de foot, les associations de parents d’élèves, les amicales des locataires…. etc. Ils alimentaient un sentiment d’appartenance, contribuaient à politiser à minima les populations. Les jours de scrutins, leur seule présence représentait une exhortation à voter pour les moins prédisposés à le faire.

♦ Quarto, les désillusions conjoncturelles où certaines désabusements ponctuels ont aussi contribué à alimenter l’abstention ; ils sont relatifs à la déception liée au scrutin de 2012 : Avec la nouvelle mouture de la constitution de 2011, les Marocains, ayant massivement voté en faveur du Parti de la Justice et le Développement PJD, cultivaient un grand optimisme de changement de leur niveau de vie. Autant en emporte le vent, après 5 ans dans l’exécutif Benkirane, le changement promis n’ayant pas été au rendez-vous. Idem et même déception du citoyen Marocain pour le Rassemblement National des Indépendants RNI dans le gouvernement d’Aziz Akhnouch lors des législatives de 2021.  Le désintéressement et le pessimisme par rapport à la politique, s’est abondamment avivée causant une grande défiance au regard de la politique,

♦ Quinto, les difficultés économiques et sociales ont joué dans la rétrogradation à l’alliance électorale. En effet, ces dernières décades sont marquées par de profondes crises économiques qui ont impacté la dynamique sociale de tissu économique et qui s’est matérialisée par le renchérissement du coût de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat engendré par l’inflation non seulement au Maroc, mais partout dans le monde. La flambée du prix du pétrole causée par la fermeture du détroit d’Ormuz et ses conséquences géopolitiques, économiques et sociales en est la meilleure illustration. Aussi, les jeunes Marocains pâtissent de l’oisiveté causée par de fortes amplitudes de chômage qui caracolent à un niveau très inquiétant atteignant 37,2% chez les jeunes en milieu urbain selon les dernières statistiques annuelles officielles livrées par  le Haut-Commissariat au Plan (HCP). De ce fait, une partie de la population, souvent la plus diplômée, a le sentiment que son vote n’est qu’un coup d’épée dans l’eau ; qu’il n’aura pas d’effet sur sa situation sociale et que l’offre politique ne répond pas à ses besoins,

♦ Sexto, l’indifférence croissante pour le vote peut s’interpréter par d’autres facteurs : depuis les années 1980, les programmes des principaux partis se sont rapprochés ce qu’on nomme la « Convergence du discours politique ». Quel que soit la couleur politique, le taux de croissance économique, le taux de chômage, la qualité des services sociaux, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, ainsi que d’autres donnes économiques comme le taux d’investissement, le domaine rural à travers les promesses de son désenclavement, la lutte contre la précarité et le rétablissement de la justice sociale sont les mêmes principaux slogans des partis politiques lors de leur compagne électorale : A titre illustratif, lors de la compagne électorale de Septembre 2026, le Parti authenticité et modernité PAM s’est notamment fixé comme cible économique de hisser l’éducation au 6éme rang mondial selon les propos de Faouzi Lakjaa. Le Rassemblement National des Indépendants RNI  a misé  sur le salaire ; le parti voulait mettre en place un nouveau modèle pour booster le pouvoir d’achat et propose de ramener le SMIG à 5000dhs. 

Quel que soit le jugement de valeur qu’on y porte (réalisme pour les uns, renoncement pour les autres), l’importance de la « convergence du discours politique » est très évidente, ce qui a réduit l’enjeu du vote. 

♦ Septimo, Il existe une véritable crise de confiance au regard des institutions politiques Marocaines, cristallisée par le mouvement GenZ 212 en Octobre 2025. Selon une enquête de l’Arab Barometer réalisée en 2024, 2/3 des Marocains ne font pas confiance à leur gouvernement. Ce taux est à peu près constant depuis 2006. À titre illustratif, la réputation du Parlement a longtemps été ternie par le principe d’immunité parlementaire dont l’application permettait à certains de ses membres d’échapper aux poursuites judiciaires en toute impunité. A titre illustratif, entre 2021 et 2025, sous le Gouvernement Akhannouch, 30 députés sont poursuivis pour des délits financiers.

Par ailleurs, les logiques « claniques et opportunistes » des partis politiques, perçus comme servant « leurs propres intérêts », corrodent leur crédibilité auprès des citoyens. Quant au processus électoral, si l’intervention du Ministère de l’Intérieur n’est plus prépondérante comme sous le règne de de Driss Basri, certaines pratiques sournoises subsistent où l’achat de votes reflète la persistance d’une forme de corruption électorale, qui sévit dans les zones défavorisées et marginalisées, prenant la forme de distribution directe d’argent, de denrées alimentaires ou encore d’offres d’emplois.

♦ Octavo, les médias qu’elle soit presse écrite ou audiovisuelle et les réseaux sociaux, et leurs informations politiques en particulier ont aussi leur part de responsabilité dans la répudiation de la politique : La diffusion à outrance d’une forme tronquée du discours politique joue ; la mise en avant des petites phrases et des querelles de personnes vérifie un poncif à la politique. Aussi, la mise en scène des affaires, l’accent porté sur les sondages, l’obsession de la course pour tenir le gouvernail de l’exécutif contribue, somme toute, à dégrader la politique et à une prise de distance vis-à-vis des urnes.

♦ Si à la limite, certains citoyens Marocains manquent de motivation pour aller aux urnes et votent comme même, il s’agit d’un vote de sanction.  C’est le cas du vote de sanction aux législatives de Septembre 2026 pour le Rassemblement National des indépendants (RNI); une sanction qui exprime le rejet massif du bilan de la majorité sortante du quinquennat (2021-2026): inflation galopante, explosion du chômage au-delà des 13%, et crises sectorielles profondes (santé, éducation). Arrivé deuxième avec 66 sièges, le RNI accusa un écart abyssal si l’on compare ce score aux 102 sièges engrangés lors des Urnes de 2021.

En somme, quels que soient les facteurs de l’abstention évoqués ci-haut, les citoyens utilisent de plus en plus d’autres formes de mobilisation : Pétitions, manifestations. “Le silence n’est-il pas le dernier refuge de la liberté” selon les dires de Michel Campiche ?

Face à ce voyeurisme politique, vu que plus 70% des électeurs disent ne pas s’intéresser à la politique, le grand mystère n’est pas de savoir pourquoi les gens s’abstiennent, mais pourquoi ils vont voter! Philippe Bouvard disait que  « La panacée civique contre l’abstention ne consiste sans doute pas à rendre le vote obligatoire puisque la mesure aboutirait à demander leur avis aux gens qui n’en ont pas »

In fine, la réticence électorale du citoyen Marocain est manifeste au vu de l’effondrement du taux participation. Ceci véhicule plusieurs messages dont :

– Le citoyen place sa confiance ailleurs que dans l’exécutif Marocain,

– Le taux de participation est chétif pour un pays qui aspire à la démocratie,

–  le citoyen Marocain est frustré au regard de l’absence d’une élite porteuse d’un vrai projet de société,

– Le système électoral actuel exprime la rupture entre les profondeurs du social et la politique suivie,

–  La participation infime nous apostrophe à déplacer le regard de l’arithmétique électorale vers la question, plus subtile, de la crédibilité du lien entre le citoyen et l’institution parlementaire.

Le retrait électoral est devenu patent au Maroc, l’abstentionnisme devient par conséquent une épée de Damoclès pesant sur chaque échéance électorale. Les chiffres, même s’ils varient, trame la même tendance lourde de renoncement devant les urnes. Ce voyeurisme électoral est alarmant non seulement pour la légitimité des élus, mais surtout pour la qualité du processus démocratique du Maroc car quand la participation citoyenne Maroc s’érode, c’est tout le contrat social qui s’ébranle.

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La Promesse électorale d’un SMIG à 5000dhs : Quels scénarios d’impact sur l’économie Marocaine ?

by Mustapha Maghriti 22 septembre 2026
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle, qu’à l’approche de l’échéance électorale, les promesses politiques, économiques et sociales se multiplient et foisonnent à travers des annonces fortes et séduisantes hausse de l’emploi, amélioration du pouvoir d’achat pour les classes moyennes, revalorisation des pensions pour les retraités, aides pour les jeunes …etc.

Au Maroc et à l’approche du scrutin du 23 Septembre, le Rassemblement National des Indépendants RNI a promis aux Marocains, qu’en cas de victoire, le SMIG caracolera à 5.000 dhs contre 3.422,72dhs, soit une hausse de 46% par rapport au revenu actuel.

Il faut dire qu’avec la hausse du coût de la vie et l’inflation qui sévit au Maroc, le Rassemblement National des Indépendants RNI était plus qu’attentiste pour miser spécifiquement sur la cible sociale du pouvoir d’achat dont on reconnait la légitimité dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat, d’inflation et de vie chère. Toutefois, l’analyse économique de cette revalorisation salariale appelle à poser plusieurs apostrophes : Cette hausse du SMIG d’une telle ampleur n’a-t-elle pas des contrecoups sur le tissu économique ? L’économie Marocaine se résume-t-elle à l’évolution nominale des salaires ? Cette revalorisation peut-t-elle être épongée par les entreprises sans peser sur les prix, l’emploi et l’investissement ?

Schématiquement, l’augmentation des salaires du personnel de l’administration publique devrait améliorer le revenu, le pouvoir d’achat et la consommation des ménages, ainsi que l’investissement, l’emploi et relancerait l’activité économique par son impact sur la demande. En revanche, elle affecterait négativement le solde du budget de l’Etat.

Au plan des équilibres internes et externes, la hausse de la demande domestique aurait un effet multiplicateur en faveur des importations, accentuant le déficit commercial. Elle assurerait par ailleurs des recettes fiscales supplémentaires sans toutefois compenser l’impact sur le déficit budgétaire due à la hausse la des salaires des fonctionnaires.

Concrètement, la hausse du SMIG réduira le taux de marge des entreprises Marocaines, pèsera sur la compétitivité par l’alourdissement des charges patronales, en particulier pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) à forte intensité de main-d’œuvre (textile, services, agriculture) et affectera de facto l’investissement, l’emploi, la croissance et l’équilibre de la balance commerciale.

Une progression forte des salaires n’est préjudiciable que si elle s’accompagne d’une hausse de la productivité. Une hausse du SMIG accroît mécaniquement le coût du travail. Si l’entreprise ne peut compenser ce surcoût par des gains de productivité, elle devra l’absorber dans ses marges, à répercuter la hausse sur les prix finaux, différer certains recrutements ou à freiner leurs recrutements. La question n’est ni nominale, ni uniquement sociale. La revalorisation des salaires renvoie à la capacité de l’appareil productif à générer davantage de productivité et de valeur ajoutée.

En termes d’offre et de demande, la hausse salariale alimentera l’inflation et réduira une partie du gain de pouvoir d’achat recherché : Si l’offre de biens et services n’augmente pas au même rythme que les revenus, les tensions sur les prix peuvent s’accentuer. De ce fait, une mesure destinée à améliorer le revenu réel des ménages pourrait alors être partiellement neutralisée par la hausse des prix. Autrement dit, Le risque majeur réside dans un décalage où les revenus progressent plus rapidement que la production réelle, ce qui aurait pour effet pervers d’alimenter l’inflation et de neutraliser partiellement le gain de pouvoir d’achat escompté pour les ménages.

C’est dans ce contexte que la pensée de Thomas Piketty, spécialiste des inégalités économiques dans une perspective historique et comparative, trouve une résonance singulière. Dans son fameux ouvrage le Capital au XXIe siècle, Piketty démontre que lorsque la rémunération du travail progresse sans contrepartie dans la création de valeur, l’ajustement se fait rarement au détriment du capital. Il se fait par l’inflation, par la précarisation ou par la compression des marges des entreprises les moins capitalisées. Autrement dit : une hausse salariale déconnectée de la productivité ne redistribue pas la richesse — elle la déplace, souvent vers ceux qui peuvent déjà la capter. Les entreprises à forte intensité de main-d’œuvre, peu capitalistiques, sont les premières exposées. Celles qui disposent d’un pouvoir de marché suffisant pour répercuter la hausse sur les prix s’en sortent mieux. Les autres disparaissent ou basculent dans l’informel.

C’est pour cela que Piketty rappelle que la formalisation de l’économie est une condition sine qua non de toute politique redistributive efficace. Dans les pays où l’informel représente une part significative de l’emploi, la hausse du salaire minimum formel crée un dualisme accru : ceux qui sont dans le système bénéficient de la protection, ceux qui en sont exclus subissent la concurrence déloyale des entreprises non déclarées.

Une hausse rapide du coût salarial, si elle n’est pas compensée par davantage de productivité, peut altérer le positionnement compétitif du Maroc face à des pays concurrents. Cela ne signifie pas que la compétitivité doive reposer durablement sur de bas salaires. Mais sortir d’un avantage-coût suppose de gagner simultanément en compétences, en productivité et en valeur ajoutée. D’où l’importance de la productivité.

Une économie peut supporter des rémunérations plus élevées si chaque salarié crée davantage de productivité et de valeur ajoutée. Cela suppose de mieux former, mieux organiser, investir davantage dans les compétences, réduire les anomalies du système éducatif et améliorer l’efficacité des services publics.

La structure duale de l’économie marocaine appelle à davantage de vigilance en matière de hausse de salaire dans la mesure où le secteur formel, soumis aux contrôles et aux cotisations, porterait l’essentiel de l’effort, risquant ainsi d’élargir l’écart de compétitivité avec le secteur informel. Dès lors, la viabilité d’un tel relèvement est conditionnée par la capacité de l’État à intégrer une part plus large de l’économie informelle dans le giron réglementaire et fiscal. A défaut, le relèvement du SMIG pourrait léser davantage ceux qui respectent déjà la réglementation que ceux qui restent en dehors du système formel.

Si l’objectif est de tendre vers un SMIG à 5.000 dirhams, plusieurs conditions doivent être réunies. La première est d’accroître la productivité. Cela passe par l’éducation, la formation, la lutte contre l’analphabétisme, mais aussi par une meilleure allocation des ressources publiques et une organisation plus efficace du travail.

Un SMIG à 5.000 dirhams n’est pas économiquement impossible en soi. Sa viabilité dépend étroitement d’une stratégie globale articulant gains de productivité, réformes de l’éducation et de la dépense publique, réduction de l’informel et progressivité de la mise en œuvre, afin de bâtir un modèle de croissance capable de financer durablement le progrès social.

22 septembre 2026 0 comment
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La grande évasion : Une reproduction du dilemme du modèle économique Marocain

by Mustapha Maghriti 18 septembre 2026
written by Mustapha Maghriti

La Grande Évasion, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte (The Great Escape) de John Sturges incarné magistralement par le trio Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn. Il n’en est rien : Il s’agit de la grande évasion des milliers de candidats à l’émigration, principalement de jeunes Marocains vers le poste-frontière du Tarajal à Sebta.

Les images sont cataclysmiques. Jeunes, mineurs, filles, garçons nagent et se noient, même des familles entières affrontent le large, pour passer sous administration espagnole et tenter d’ouvrir, depuis Sebta, une route vers l’Europe, à la quête de l’eldorado, alors qu’ils vont dévotement à l’affrontement de la mort dans une zone balayée par de puissants courants maritimes et de forts remous le long de la jetée.

Le déluge et l’étendue de l’affluence a promptement secrété des Commotions en Espagne, attisant les dissimilitudes entre Rabat et Madrid sur le dossier des frontières, de l’immigration. Et la droite et l’extrême droite en Espagne disposent déjà de spectres et d’images dont elles avaient besoin pour instrumentalisation comme à l’accoutumé.

Lorsque des mômes optent pour la Grande Évasion contre la marée, le danger relève, outre du chômage et de l’exclusion, d’une fracture sociale plus abyssale, le manque de crédit d’un avenir décent au pays.

Cette Grande Évasion est d’autant plus affligeante à la notoriété du Maroc alors que notre économie est devenue plus proactive, plus opérante, plus résiliente, mieux connectée mondialement. Notre tissu économique est devenu plus industriel en bâtissant des ports, en forgeant des voies ferrées, en échafaudant des zones industrielles et en édifiant des infrastructures économiques et sportives. Son Soft Power fait écho sur l’arène mondiale. Hélas, une puissance nationale ne se cantonne pas aux seuls fondamentaux économiques, elle se calibre par le bien être du citoyen Marocain ou ce que François Perroux appelle la couverture des coûts de l’homme qui désigne l’ensemble des frais fondamentaux nécessaires pour garantir à tout être humain une existence digne, indépendamment de sa productivité ou de son travail.

Certes au cours de cette dernière décade, l’économie Marocaine a resplendi sur les palmarès internationaux : Le pays investit près de 32 % de son produit intérieur brut (PIB), l’un des taux les plus élevés au monde ; il n’est devancé que par la Chine et l’Inde,  l’inflation est maîtrisée (autour de 1 %), la dette est contenue (67,2 % du PIB), les investissements directs étrangers progressent (hausse de 31 % fin juin), et le Maroc s’est imposé comme une puissance industrielle dans l’automobile, l’aéronautique et les énergies renouvelables. Cependant, le Maroc a rétrogradé sur le plan social avec une oisiveté qui avoisine les 13% dépassant les 37 % chez les jeunes. En 2025, plus de 400 000 jeunes ont atteint l’âge de travailler, mais près de 230 000 n’ont même pas intégré le marché du travail et des territoires enclavés, ce que le Souverain Marocain a appelé dans son discours un Maroc à deux vitesses et c’est le dilemme de Sebta qui matérialise cette ambivalence chez les jeunes Marocains. 

L’expérience internationale montre que des sociétés confrontées à des niveaux parfois comparables, voire supérieurs, de pauvreté, d’inégalités ou de fragilité sociale n’entretiennent pas nécessairement le même rapport à la nation

L’Inde, première démocratie du monde par sa population, compte encore plus de 230 millions de personnes vivant dans la pauvreté multidimensionnelle. Le Pakistan, puissance nucléaire, reste confronté à une pauvreté structurelle. Le Brésil, grande puissance économique, demeure l’un des pays les plus inégalitaires de la planète. En Égypte, les difficultés sociales sont immenses. Dans ces pays, la critique du pouvoir peut être vive, parfois radicale. Elle vise la corruption, l’injustice, les inégalités ou l’inefficacité de l’État. Mais elle ne se confond pas nécessairement avec un rejet global du pays.

Ce drame est d’autant plus atroce qu’il s’est produit le jour de la Fête du Trône du 30 juillet. Une date emblématique dans la conscience collective des Marocains qui remémore les accolures abyssales qui allient le Trône et le peuple Marocain et l’attachement instinctif des Marocains à leur patrie.

Ce qui s’est produit le jour de la Fête du Trône du 30 juillet ne peut être traité comme un simple incident migratoire. Il interpelle la lucidité nationale et apostrophe tous ceux qui exercent une responsabilité publique et la bourgeoise à être une bourgeoise entreprenante au service de sa patrie. 

On ne risque pas sa vie parce qu’une frontière est plus perméable économiquement et socialement qu’une autre. On la risque parce que l’avenir semble fermé. C’est précisément ce que décrivait en son temps l’économiste et philosophe Albert Hirschman. Face aux dysfonctionnements d’une société, les individus disposent de deux options : tenter de transformer le système ou partir. Lorsque la confiance dans la capacité d’un pays à offrir des perspectives s’effondre, l’évasion devient une nécessité. 

Ceux et celles qui ont tenté la grande évasion vers Sebta aime leur patrie, son histoire, ses institutions, ses symboles et ne traduit en rien leur rupture avec le Maroc.

Le Souverain Marocain au cours de ses 27 ans de règne dans ses discours n’a pas cessé de la placer le jeune Marocain au cœur de l’action publique, à lui donner la chance d’entreprendre, d’agir, à garantir sa dignité.

On s’en souvient lors du discours de la 59ème anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple du 20 Août 2012, le Souverain Marocain sonna l’alarme que les questions de la jeunesse ne sont pas tributaires seulement de la sphère privée et familiale ou du champ de l’éducation, la formation et l’apprentissage. C’est l’affaire de toute la société, et des réponses doivent être trouvées à tous les problèmes que connaît la jeunesse. Le Souverain Marocain a bien déploré qu’il serait inacceptable de considérer la jeunesse comme une charge pour la société. Elle doit, au contraire, être traitée comme une force de dynamisation du développement.

Nous pensons que construire un stade en un laps de temps rayonne, certes, l’image du Maroc à l’international, mais ce n’est pas un projet sociétal, mais investir dans l’éducation, dans la santé, dans l’impartialité de la justice c’est un projet de société pour pouvoir édifier une vraie démocratie.

Les moments que nous traversons sont d’une importance considérable. Ils reposent sur l’équation du pouvoir politique et de sa légitimité en termes de soin et non de violence. C’est un message fort que notre jeunesse adresse à ceux qui veulent gouverner. Elle demande la mise en place d un nouveau contrat social et politique qui place en son centre de gravité la question de la dignité, du soin, de l’éducation et de la justice.

Le Souverain Marocain n’a-t-il pas conscient des soucis de la jeunesse en leur accordant  toute une épopée lors de la 59ème anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple où à travers cette fête, le Sultan mit en exergue le rôle qui incombe à la jeunesse Marocaine prometteuse dans la construction d’un avenir digne des gloires et de la grandeur du passé. En effet, les grands chantiers que le Roi a lancés pour parachever l’aménagement du modèle singulier qui a été conçu pour une société Marocaine attachée à son identité et fondée sur la solidarité entre l’ensemble de ses composantes, ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en s’appuyant sur la force et la créativité de la jeunesse Marocaine, et en tirant parti des potentialités dont elle est porteuse.

« Jeunes du Maroc, vous êtes la vraie richesse de la nation, compte tenu du rôle le que vous assumez en tant que partie prenante dans le processus d’évolution sociale de votre pays. Vous jouissez de la citoyenneté pleine et entière, avec les droits et les obligations qui en découlent, et la nécessité de vous investir de manière constructive dans les transformations que connaît la société, tout en demeurant attachés aux constantes de l’identité nationale et ouverts aux idéaux universels. Voilà pourquoi nous n’avons eu de cesse d’être à l’écoute de vos préoccupations spécifiques et réceptifs à vos attentes légitimes, où que vous soyez et quelles que soient vos appartenances. »

Parler des jeunes, c’est évoquer les défis du présent et aborder les perspectives d’avenir. Et pour parler d’avenir, il faut, outre une grande probité intellectuelle pour scruter les horizons futurs, que soient élaborées des stratégies propres à préparer nos jeunes pour des lendemains meilleurs.

La nouvelle Constitution du Royaume accorde une importance capitale à la démocratie représentative et participative impliquant tous les citoyens, et prévoit, à cet égard, la création des différents mécanismes favorisant leur participation efficiente à la vie publique du pays.


Pour cela le Souverain Marocain soutient majestueusement que la Jeunesse ne peut s’insérer dans ce jeu démocratique que par la condition sine qua non de l’apprentissage, de l’éducation et de la formation. En effet,
« Nul doute que l’adhésion des jeunes à ce choix stratégique reste tributaire de leur niveau de qualification et de la manière avec laquelle ils sont préparés pour l’avenir. Ceci nous renvoie ipso facto au système d’éducation et à sa capacité à former les générations montantes et à les préparer à s’investir pleinement dans le processus de développement et de progrès démocratique de la société. »

 

Il est donc impératif de se pencher avec sérieux et résolution sur ce système » que nous plaçons, d’ailleurs, en tête de nos priorités nationales. Car ce système, qui nous interpelle aujourd’hui, se doit non seulement d’assurer l’accès égal et équitable à l’école et à l’université pour tous nos enfants, mais également de leur garantir le droit à un enseignement de qualité, doté d’une forte attractivité et adapté à la vie qui les attend. »

Par ailleurs, ce système doit également permettre aux jeunes d’affûter leurs talents, de valoriser leur créativité et de s’épanouir pleinement, pour qu’ils puissent remplir les obligations de citoyenneté qui sont les leurs, dans un climat de dignité et d’égalité des chances, et pour qu’ils apportent leur concours au développement économique, social et culturel du pays. C’est là, du reste, que réside le défi majeur du moment.

Le Maroc, notre chère patrie, vacille mais ne ploiera pas. Il doit rester debout, et il le restera. Car sa jeunesse est sa sève, son souffle et son avenir. À elle de transformer la colère en ambition, l’impatience en énergie créatrice, l’inquiétude en espérance. Et à nous, collectivement, de lui tendre la main, pour qu’elle bâtisse non sur des cendres du vandalisme, mais sur la lumière d’un destin retrouvé.

Le Maroc doit retrouver la voix, non pas celle de la propagande, mais celle de sa vérité. Il doit recréer l’espace du débat, de l’intelligence collective, de la pédagogie politique et médiatique où la voix résonne plus fort que le bruit de la rue, combien même légitime et fondé.

L’image d’un pays ne se défend pas par des slogans. Elle se mérite, par la clarté, la cohérence et la dignité. Et si cette crise a une vertu : nous rappeler que le silence n’est plus une option, ni à l’intérieur, ni face au monde.

Rappelons le, en guise de conclusion, que notre jeunesse a attesté qu’elle est responsable et a bien démontré un grand niveau de maturité et de solidarité, durant la période du covid19, il faut l’avouer, dans notre patrie, a été exprimée de manière spontanée, bénévole et bienveillante à des niveaux que peu de pays connaissent ou peuvent même espérer relevant que notre pays a été cité en exemple en matière de patriotisme et de fraternité durant le tremblement de le Haouz avec une mobilisation des jeunes, des associations des jeunes  pour fournir aide et soutien aux sinistrés démontrant leur rôle actif dans le soutien à la nation. 

Ce moment est historique pour la jeunesse Marocaine qui ne doit pas laisser voie libre aux vandales de l’espoir, les vandales du futur, qui veulent profiter des dérapages de quelques voyous pour jeter l’opprobre sur toute la jeunesse Marocaine et tenter d’étouffer son cri, sa soif de justice, sa soif d’équité. Le cri de cette jeunesse ne soit pas être détourné par ceux qui préfèrent s’attarder sur les débordements, et sur les interventions des forces de l’ordre.

La démocratie ne se sclérose pas aux urnes seulement. Elle repose sur ces droits que manifeste la Jeunesse, et il était temps que ce cri d’orfraie, coercible par tout un peuple, éclore in fine.

Il est donc impératif de mettre au point une stratégie globale qui mettrait fin à la dispersion des prestations fournies actuellement à notre jeunesse, et d’adopter une politique intégrée qui associe, dans une synergie et une convergence, les différentes actions menées en faveur des jeunes.

18 septembre 2026 0 comment
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27 ans de règne, 27 années au service de la prospérité de l’Afrique

by Mustapha Maghriti 2 août 2026
written by Mustapha Maghriti

L’histoire retient que le Maroc a mené indivisiblement avec l’Afrique la lutte pour l’Indépendance : L’un des moments forts de ce combat a été l’immuable conférence de Casablanca de 1961 initiée par Feu Mohammed5. Un an avant, Mohammed5, se rapprocha de certains porte-drapeaux de l’Afrique, comme le Congolais Patrice Lumumba, le Malien Modibo Kéita, le Guinéen Ahmed Sékou Touré. Feu Mohammed5 convia ces protagonistes Africains à s’unir contre la puissance coloniale.

Plus d’un demi-siècle après, son petit fils, le Roi Mohammed6 exhuma l’histoire à travers sa tournée en Février 2014 en Afrique qui cristallisa l’engagement pour une Afrique vénérable, digne et forte. On s’en souvient, Mali, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry et Gabon étaient  les 4 escales de la tournée royale Africaine.   

C’est par Bamako que le Souverain Marocain ouvrit le bal de son périple Africain avec le paraphe de plusieurs accords économiques attestant de l’ampleur du potentiel de coopération et de l’ambition de Rabat à ancrer ces relations avec les contrées Africaines.

En côte d’ivoire, seconde phase de la diplomatie Royale, le Souverain Marocain discourut  une rhétorique historique à maints égards :

– Primo, le Souverain Marocain sort l’Afrique de la dimension passéiste pour la loger sur la voie Royale de l’avenir.

– Secundo, c’est une apothéose porteuse d’une nouvelle vision de coopération du sud   Win/Win.

– Tertio, c’est un apogée révélateur d’une nouvelle approche multidimensionnelle de développement qui veut métamorphoser l’Afrique, coutumièrement passive en acteur dynamique de la géopolitique économique mondiale.

On s’en souvient en 2014, dans sa plaidoirie royale, le Souverain Marocain n’a pas manqué de dire les 4 vérités aux Africains : l’Afrique ne doit pas rester otage de son passé, ni sclérosée à ses problèmes politiques, économiques et sociaux et si le 20éme siècle a été celui de l’émancipation des Etats Africains, ce siècle devrait être celui de la consécration des peuples Africains contre les affres de la pauvreté, de l’exclusion et du sous-développement.

Outre la portée politique de l’apologie royale, c’est la place assignée au développement économique et plus singulièrement au co-développement : Nombre d’entreprises ont fait crédit à l’Afrique ; N’était-ce les sensationnelles percées réalisées par les promoteurs Marocains en site Africain dans les secteurs des télécoms, des banques, des assurances, de l’immobilier et du BTP.

A cet égard, on ne manqua pas de souligner la vision optimiste du Roi Mohammed6 sur l’Afrique : Là où les occidentaux ne voient que la moitié vide du verre qui est le risque et l’instabilité, le Souverain Marocain voit au contraire la partie pleine du verre qui est l’opportunité économique. Cet optimisme Béa sur l’Afrique et cet engagement économique enclenchera une dynamique macro-économique vertueuse porteuse d’investissement, de production et de croissance économique.

En Guinée Conakry, l’odyssée Africaine du Souverain Marocain a été scellée par la signature  de plusieurs accords de coopération accordant une attention particulière au capital humain. A cet égard, le génie du Souverain Marocain sait que l’investissement dans le capital humain est l’un des meilleurs moyens de barrer la voie aux tendances de radicalisation extrémiste en Afrique et tarit les sources dans lesquelles s’abreuve l’islamisme radical. Sur ce registre, Feu Hassan II, en Mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que  » L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ».

Au Gabon, le Souverain Marocain  signa à Libreville une vingtaine d’accords de coopération, ainsi que par le paraphe d’un partenariat stratégique dans le domaine des engrais : Cette coentreprise de dimension stratégique a pour ambition de consolider la sécurité alimentaire en Afrique. Aussi, ce méga projet a pour vocation d’exhiber l’expression d’un authentique leadership dans le domaine de la valorisation agricole sur un continent où plus de 80% des terres agricoles sont inexploitées et vise en sus à valoriser le potentiel agricole au profit du développement durable de l’Afrique.

Le Souverain Marocain veut surtout croire en la capacité du continent Africain à se positionner sur l’échiquier international par :

– Une offre commerciale additive qui reste en deçà des 2 %,

– Une overdose d’investissements lourds, productifs et porteurs de croissance et placer le Maroc en position de trait d’union entre l’Europe et l’Amérique d’une part, et le continent Africain d’autre part

Le Souverain Marocain reprendra ses tournées en Afrique en se rendant le 19 Octobre 2016 à Kigali, capitale Rwandaise, puis à Dar Es-Salam en Tanzanie, écourtée à cause de la tenue de la COP22 dont l’une des étapes phares est le Sommet Maroc-Afrique présidé par le Souverain Marocain à Marrakech qui a réuni une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des partenaires internationaux. Un geste Royal à teneur politique d’autant plus forte qu’il replace l’Afrique au cœur des enjeux stratégiques internationaux, conformément à l’intérêt que le Roi Mohammed VI n’a eu de cesse d’attacher à ce continent.

Un intérêt qui n’a d’égal que cette forte détermination Royale à développer, renforcer et diversifier ses partenariats avec les pays africains frères. Le Souverain Mohammed VI, aussitôt après la clôture de ce sommet planétaire sur les changements climatiques (COP22), reprit son périple dans la Corne de l’Afrique, en Ethiopie où le souverain a présidé le lancement d’un projet de construction d’une plateforme industrielle de production d’engrais qui permettra à l’Ethiopie de devenir autosuffisante à l’horizon 2025.

Par la suite, le Roi Mohammed VI entreprit le 19 novembre 2016 une visite historique à Madagascar. Un périple malgache qui, au-delà de sa portée socio-économique, garde une symbolique d’autant plus forte que Madagascar avait été la terre d’exil pour les défunts rois Mohammed V et Hassan II.

Après cette projection en Afrique de l’Est, le souverain entama début décembre 2016 une première visite historique dans la République du Nigeria couronnée par la mise en chantier d’une plateforme industrielle de production d’engrais et le lancement d’un méga-projet de gazoduc.

On se rappelle de Bob Marley, une légende qui se battait pour la cause Africaine par ses rimes et syllabes du  Reggae n’a-t-il pas dit que « Il faut plus que des idées pour changer l’Afrique, il faut quelqu’un pour les porter », voici le Roi Mohammed6 porte ces idées en gageant sur l’Afrique, en tablant sur son développement, en pariant sur l’aspiration démocratique du peuple Africain et en misant sur le succès d’une vision qui transcende le conjoncturel et le mercantile pour s’intéresser au structurel, au fondamental avec comme trame de fond l’Homme Africain.

Via cette odyssée royale, le Souverain Marocain inhume la conception restrictive et figée de la coopération Africaine étayée pour l’essentiel sur les relations diplomatiques changeant au gré des aléas politiques et certifie majestueusement au Monde que le Maroc est le protagoniste de la coopération intercontinentale Win-Win.

Pour réussir cette dynamique régionale enclenché par le Souverain Marocain, le secteur privé Marocain est interpelé à s’inscrire dans la nouvelle mouture de coopération entre Rabat et ses voisins africains que le Roi Mohammed6 a balisée, car il nous semble que le secteur privé Marocain se cantonne encore à jouer le rôle de bénéficiaire des actions de la diplomatie étatique. Certes, il participe aux délégations officielles et aux commissions mixtes, mais son rôle se confine à l’accompagnement de l’action de l’État. C’est pourquoi il est difficile de parler d’une diplomatie privée indépendante de la diplomatie officielle. C’est toute la différence avec le secteur privé Turc qui est devenu un leader incontournable de rapprochement diplomatique avec les pays de l’Afrique : Les tigres anatoliens ne représentent-ils pas une nouvelle classe d’entrepreneurs qui exercent de plus en plus d’influence dans le processus de prises de décision entre Ankara et les pays Africains ? 

Avec cette virtuosité royale, le Souverain Marocain écrit en eau d’or dans les annales de l’histoire que le 21éme siècle sera celui de l’Afrique et qu’il est prédisposé à devenir la motrice de l’économie mondiale.

Si le défunt président et poète Africain Léopold Sédar Senghor narrerait que « Vous êtes les témoins de l’Afrique immortelle, vous êtes les témoins du monde nouveau qui sera demain », le Souverain Mohammed VI invite la communauté internationale à imaginer ce que serait le continent Africain ôté de ses fardeaux à travers son épique allocution prononcée à Abidjan dans le Forum  Economique Maroco-Ivoirien « J’invite chacun de vous à imaginer ce que serait, alors, notre continent Africain, libéré de ses pesanteurs » ce qui m’incite, en guise de conclusion à ressusciter une célèbre phrase du Père de l’unité Africaine des peuples Marcus Garvey « Soyez autant fiers de votre race aujourd’hui que l’étaient vos pères dans le passé. Nous avons une histoire magnifique, et nous allons en créer une autre dans l’avenir qui étonnera le monde »

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La portée économique et géopolitique de la signature de l’accord du Gazoduc Nigeria-Maroc par les Etats membres de la CEDEAO

by Mustapha Maghriti 27 juillet 2026
written by Mustapha Maghriti

Dimanche 19 Juillet 2026 à Freetown en Sierra Leone, les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont paraphé l’Accord intergouvernemental portant sur la construction d’une infrastructure énergétique de près de 6.800 kilomètres destinée à acheminer 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont jusqu’à 15 milliards de mètres cubes pourraient être exportés vers le Maroc et l’Europe, le reste étant destiné aux marchés régionaux.

Faut-il souligner que cet accord a été initié par le Souverain Marocain Mohammed 6 lors de son déplacement à Abuja en 2016 et l’ancien Président nigérian, feu Mohammadu Buhari.

Cette étape importante franchie à Freetown, intervient en amont des prochaines étapes de lancement, qui porteront notamment sur la création de la société de projet, qui sera basée à Casablanca, ainsi que de l’autorité de gouvernance du Gazoduc (Pipeline Higher Authority), dont le siège est prévu à Abuja, avant la mobilisation des investisseurs et la préparation de la décision finale d’investissement.

Cette séquence sera clôturée par la signature conjointe du Royaume du Maroc et de la République Islamique de Mauritanie, États non-membres de la CEDEAO, lors d’une cérémonie distincte qui se tiendra ultérieurement, en présence du Président de la République fédérale du Nigéria.

Au-delà de l’aspect institutionnel, l’adhésion des États de la CEDEA constituera :

– Une souveraineté énergétique Africaine : En actant l’adhésion de tous les États de la CEDEAO, ce méga-projet offre une alternative de développement à plus de 400 millions d’habitants. Il garantit l’électrification des pays côtiers ouest-africains, favorisant une indépendance énergétique Africain accrue vis-à-vis du reste du monde.

– Une recomposition énergétique face à l’Europe : En offrant une nouvelle voie d’exportation vers l’Europe, le projet répond aux besoins des pays européens en matière de diversification de leurs approvisionnements en gaz, dans le sillage des crises géopolitiques globales

– Dynamique concurrentielle avec l’Algérie : L’itinéraire atlantique concurrencera le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) porté par Alger, dont la voie traverse des zones du Sahel en proie à une forte instabilité sécuritaire

– Un positionnement stratégique du Maroc : le Royaume s’érige en pont incontournable entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe. En connectant ce futur gazoduc au réseau européen, le Maroc sécurise son propre approvisionnement et devient un « hub » énergétique majeur sur la scène euro-méditerranéenne.

L’appropriation du projet par les États membres de la CEDEAO renforce son assise politique et institutionnelle, tout en confortant l’impulsion fondatrice donnée par ses deux pays promoteurs, qui estiment que la sécurité énergétique de l’Afrique constitue un levier essentiel de souveraineté, d’industrialisation et de prospérité partagée. En consacrant l’adhésion collective des États membres de la CEDEAO, le Sommet de Freetown confirme ainsi la portée africaine de cette initiative et son inscription au cœur des politiques d’intégration du Continent.

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Quelle insertion industrielle du Maroc dans les chaînes de valeurs mondiale ?

by Mustapha Maghriti 21 juillet 2026
written by Mustapha Maghriti

Depuis la crise de l’endettement extérieur et les programmes d’ajustement structurels PAS qui s’ensuivaient, le Maroc ne cesse de prôner sa constance de s’insérer de plus belle sur l’arène des relations économiques internationales. L’inconditionnel d’insertion a été présenté récursivement comme une condition nécessaire à la croissance économique et comme une riposte réaliste aux différents challenges de la globalisation.

Aussi, la politique économique pilotée depuis l’intronisation du Souverain Marocain mohammed6  en Juillet 1999 a-t-elle pris des mesures en introduisant tout un éventail de réformes économiques et politiques et la conclusion d’accords  notamment avec l’Union Européenne, les États-Unis, la Turquie, et plusieurs pays Arabes via l’accord d’Agadir.  Le Maroc, à travers ces accords, vise à diversifier ses partenaires, stimuler ses exportations et pourvoir une plus grande insertion du Maroc dans le bateau de la mondialisation pour reprendre la métaphore de Robert Reich.

En effet, au cours des deux dernières décennies, le Maroc a érigé en choix stratégique le développement et la diversification de son tissu industriel, avec la mise en place d’un ensemble de stratégies (Plan Émergence 2005, Pacte national pour l’émergence industrielle 2009-2015, Plan d’accélération industrielle PAI 2014-2020 et PAI 2021-2023), lesquelles ont permis de développer des métiers comme l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, le textile et cuir, l’agroalimentaire et l’offshoring connus sous le nom des Métiers Mondiaux du Maroc.

Ces métiers ont généré des retombées très positives dans la balance commerciale sur la période 2014-2023 : les exportations du secteur de l’automobile ont marqué une hausse annuelle moyenne de 14,1%, à 148,2 milliards de dirhams. Idem pour les exportations de l’aéronautique et de l’électronique et l’électrique, qui se sont accrues respectivement en moyenne annuelle de 12,9% et de 11%.

Ces prouesses ont permis au Maroc de s’intégrer graduellement dans les chaînes de valeur mondiales. D’après l’édition 2023 du classement annuel de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) en matière de compétitivité industrielle, le royaume figure au 26ème rang (sur 153 pays) selon le critère «part des exportations de produits manufacturés de moyenne et haute technologie dans les exportations totales de produits manufacturés». Récemment, le Maroc s’impose comme la principale plateforme industrielle du continent dépassant l’Afrique du sud et l’Égypte dans plusieurs filières stratégiques, selon l’«Indice de l’industrialisation en Afrique 2025» publié par la Banque africaine de développement BAD.

Si le développement des Métiers Mondiaux du Maroc et de leurs écosystèmes contribue au renforcement de la résilience de la position extérieure du pays, notamment à travers l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) et la dynamique des exportations, la balance nette en devises de ces secteurs et leurs effets d’entraînement sur l’économie nationale restent encore incertains.

Et pour cause, ces évolutions seraient imputables à un recours important à l’importation d’intrants pour la production de certains Métiers Mondiaux du Maroc. Selon la base de données sur le commerce en valeur ajoutée de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le contenu en valeur ajoutée étrangère des exportations brutes ressort relativement élevé. Il se situe à 53,5% pour la fabrication de matériels électriques, 49,9% pour la construction de véhicules automobiles, de remorques et semi-remorques et à 30% pour la fabrication d’autre matériel de transport ; un déséquilibre qui met en lumière la vulnérabilité de la transformation locale, toujours tributaire des matières premières importées. Aussi, la productivité et la compétitivité de ces secteurs sont certes en amélioration, mais restent en deçà des niveaux des pays concurrents comme la Pologne, l’Ukraine ou la Turquie.

En outre, malgré l’embellie du secteur de l’aéronautique (qui connait une croissance de 8,8%, atteignant 14,13 milliards de dirhams), cette niche reste dominée par le segment de l’assemblage aéronautique ce qui confirme le statut du Maroc de plateforme régionale de sous-traitance aéronautique.

Sur un autre volet, l’insertion de l’économie Marocaine dans les chaînes de valeurs mondiales s’accompagne d’une accentuation de ses contraintes externes alimentant le déficit de la balance commerciale ; un déficit de la balance commerciale atteignant -161,9 milliards de dirhams et un taux de couverture des importations par les exportations de l’ordre de 59,3%. Ces chiffres traduisent une fragilité persistante au regard des déséquilibres extérieurs ; des déséquilibres qui mettent en lumière la difficulté de l’offre industrielle marocaine à se positionner sur le marché mondial, ce qui pose le problème de la compétitivité de l’offre marocaine.

A ce titre, l’intégration dans les chaînes de valeurs mondiales processionne par une plus grande diversification de notre offre exportable, laquelle passe intarissablement par l’amélioration de notre compétitivité qui exige, à son tour, une hausse de notre productivité. La stimulation de la productivité du travail, permettra non seulement de consolider notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité, le know-how et l’innovation gage d’une croissance soutenue et inclusive. D’où la nécessité d’investir dans les compétences et le capital humain.

En sus, l’insertion industrielle internationale passe par l’intégration régionale qui aurait pour effet de réduire considérablement le handicap de la petite taille des différents marchés nationaux tout en permettant d’accélérer le mouvement de restructuration du tissu économique et social et de réduire les contraintes extérieures, parce qu’elle s’appuie sur les dynamiques intérieures et se nourrit de la croissance économique.

Par ailleurs, l’économie Marocaine doit viser une plus grande diversification commerciale en s’ouvrant davantage sur l’ensemble des acteurs de l’économie mondiale loin des schémas classiques largement dominés par les accords commerciaux avec l’Union Européenne en s’ouvrant davantage sur l’Afrique Subsaharienne, en consolidant les rapports d’ancrage commercial avec la Chine et la Russie tout en lorgnant sur les opportunités actuelles avec l’Amérique Latine et les pays de l’Europe Centrale et Orientale PECOS. Le Maroc occupe une place géopolitique distinguée qui lui permet de s’insérer davantage dans l’économie régionale, tant sur le plan méditerranéen, que moyen-oriental, arabe et africain, ce qui lui permet de devenir une localisation stratégique d’attraction des IDE et de production pour un vaste marché.

L’insertion industrielle internationale passe à travers une coordination avec la politique commerciale laquelle refile à travers des rencontres sectorielles avec les fédérations et les professionnels et des tournées régionales, ainsi qu’une étude rigoureuse visant à identifier les opportunités spécifiques pour chaque marché, chaque produit et chaque segment à même d’offrir aux exportateurs un cadre clair et visible pour choisir les outils adaptés à la diversification de leur offre, à l’optimisation de la qualité, et à l’accès à de nouveaux débouchés.

L’offre exportable industrielle Marocaine dans la dynamique mondiale passe par plusieurs chantiers, dont le renforcement de la diplomatie commerciale, la réalisation d’études de marché approfondies, des actions promotionnelles, une offre de formation adaptée, des dispositifs de suivi et d’accompagnement des projets exportateurs.

De surcroît et au regard des bouleversements géostratégiques et protectionnistes qui fragilisent le commerce mondial, notre Gouvernement, le département chargé du Commerce Extérieur et les organismes sous tutelle doivent insister sur la nécessité de donner aux exportateurs Marocains les moyens de réussir, en consolidant leur présence sur les marchés internationaux pour tirer pleinement profit des immenses potentialités dont dispose la nouvelle géopolitique mondiale et ce pour faire du commerce extérieur un moteur de croissance durable, de création d’emplois, une intégration renforcée dans les chaînes de valeur mondiales et un rayonnement du « label made in morocco » à l’international.

Le seul aléa que le Gouvernement et les responsables du commerce extérieur, à tous les niveaux, essaient de maîtriser c’est celui de l’évolution des données macro-économiques mondiales qu’il s’agisse de l’évolution de la demande internationale ou des comportements économiques. L’importance de cet aléa, au regard des mutations profondes de la géopolitique mondiale, crée une asymétrie singulièrement contraignante entre les délais souvent longs des processus d’ajustement et les variations erratiques de la conjoncture internationale. Dans ce contexte en mutation continuelle, la quête de la compétitivité industrielle et la dynamisation du Commerce Extérieur, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe.

En somme au regard de la nouvelle géopolitique mondiale (qui est un phénomène dynamique remettant sans cesse en cause les acquis), maitriser le déficit commercial, dynamiser les exportations industrielles Marocaines, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de la compétitivité de l’économie Marocaine est une affaire de longue haleine. Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation acquise dans la compétitivité internationale ; qu’il faut toujours se remettre en cause et ne pas craindre les évaluations périodiques permettant de moduler, au jour le jour si cela est nécessaire, les impératifs de l’ajustement.

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Le Partenariat d’exception Maroc-France : la profondeur des siècles

by Mustapha Maghriti 20 juillet 2026
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Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé l’illustre métaphore pour définir   « le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe. »

le Premier ministre Français, Sébastien Lecornu accompagné de 8 Ministres ont fait leur cette métaphore de Feu Hassan II de façon pragmatique ; sa visite le 15 et le 16 Juillet 2026 confirme le partenariat, vital pour les deux pays, essentiel pour les deux continents, les faits et la réalité qui confirment l’importance du Maroc pour la France, et pour l’Europe mettent tout l’éclairage et le pragmatisme sur cette célèbre allégorie de Feu Hassan II.  

Ce Partenariat d’exception Maroc-France a été couronné par la signature de onze conventions de coopération couvrant plusieurs niches, allant de la création d’une ligne Réseau Express Régional (RER) à Rabat aux ressources hydriques, en passant par la décentralisation. Ces accords viennent compléter les 22 accords stratégiques, représentant près de 10 milliards d’euros, signés devant le Souverain Marocain Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron, en octobre 2024.

Cette dynamique, en sus de la profondeur des liens historiques unissant le Royaume du Maroc et la République française, s’inscrit dans le cadre d’une vision stratégique commune, étayée sur une convergence politique claire, une confiance renouvelée et une ambition partagée afin d’apporter des ripostes aux grands challenges de la géopolitique mondiale actuelle.

Ce rapprochement s’inscrit également dans une évolution du contexte régional : Les crises au Sahel, les enjeux de sécurité, de migration et d’énergie poussent Rabat et Paris à renforcer leur coopération. La France cherche également à redéfinir sa présence en Afrique, et le Maroc s’impose aujourd’hui comme un partenaire crédible et stable.  

Paris pense, en terme dialectique : La stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que sa dynamique économique et productive, passent indéniablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée et de l’Afrique ; que le progrès économique du Maroc est liée à celle de la France et inversement. Sous cet angle, Paris pense qu’il est impérieux de refonder les conditions économiques et sociales à même de créer de nouvelles synergies économiques pérennes et inclusives qui seront plus fructueux au Maroc et à la France.

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HCP et le moral économique des Marocains au plus bas !

by Mustapha Maghriti 19 juillet 2026
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Les alertes liées au niveau de vie, au chômage et au pouvoir d’achat continuent de peser sur le moral des Marocains, c’est ce que révèle la récente enquête du Haut-commissariat au Plan HCP : l’Indice de Confiance des Ménages (ICM) s’est dégradé à 60,1 points au deuxième trimestre 2026, contre 64,4 points au trimestre précédent, confirmant un climat de taciturnité et de morosité chez les ménages Marocains.

Ce reflux est imputable à un climat économique que les ménages Marocains continuent de juger difficile. En effet, près de huit ménages sur dix (78,3%) estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois contre seulement 5,2% qui constatent une amélioration. L’inflation impacte directement le coût de la vie et le pouvoir d’achat des ménages Marocains, entraînant ainsi un surenchérissement des prix, qui affecte particulièrement les produits de première nécessité, notamment dans le secteur alimentaire, et rend la gestion des dépenses quotidiennes plus embarrassante  pour de nombreux foyers Marocains.

Aussi, 51% anticipent une nouvelle dégradation dans l’année à venir, présage que les perspectives économiques restent largement obscurcies.

En outre, les inquiétudes concernent le marché de l’emploi où plus de la moitié des ménages (57,2%) s’attendent à une hausse du chômage dans les douze prochains mois. Si cette perception est moins pessimiste qu’il y a un an, elle s’est néanmoins dégradée par rapport au premier trimestre 2026, confirmant un regain d’incertitude sur les perspectives économiques.

Dans ce contexte, la consommation reste sous pression : 65,3% des ménages Marocains considèrent que la période n’est pas propice à l’achat de biens durables. Cet indicateur affiche toutefois une légère amélioration, aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport à la même période de l’année dernière, laissant entrevoir une timide amélioration du sentiment de consommation.

La situation financière des ménages demeure, elle aussi, vulnérable où seuls 2,6% déclarent pouvoir épargner une partie de leurs revenus, tandis que 38,7% indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour couvrir leurs dépenses et boucler la fin du mois. Plus de quatre ménages sur dix estiment que leur situation financière s’est détériorée au cours des douze derniers mois. En revanche, les anticipations économiques pour les douze mois à venir apparaissent quasiment à l’équilibre, signe que les ménages ne prévoient pas d’amélioration significative, mais n’anticipent pas non plus une forte aggravation.

En sus, le département de Chakib Benmoussa met en évidence la persistance des inquiétudes et des soucis liés au coût de la vie. Les ménages restent très pessimistes quant à leur capacité future à épargner, tandis que la perception de la hausse des prix alimentaires demeure extrêmement négative. Le solde d’opinion sur l’évolution passée des prix des produits alimentaires atteint ainsi -97 points, illustrant le fardeau durable de l’inflation alimentaire dans le ressenti des consommateurs. En revanche, les anticipations concernant l’évolution future des prix s’améliorent légèrement par rapport aux trimestres précédents.

Au final, le moral des ménages reste fortement affecté par les préoccupations liées au pouvoir d’achat, au niveau de vie et à l’emploi, confirmant que la confiance des consommateurs demeure fragile.   Ce qui nous invite à se poser, in fine, l’apostrophe du rôle des politiques publiques et leurs répercussions sur le bien être du citoyen Marocain !

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L’investissement international dans une géopolitique turbulente et fragmentée

by Mustapha Maghriti 13 juillet 2026
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L’organisme Onusien ONU Commerce et Développement exCNUCED vient de publier le dernier rapport sur l’investissement sous le titre « l’investissement international dans une époque turbulente »

Ce document onusien montre que l’investissement direct étranger mondial a augmenté de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars en 2025 après deux années de recul. Toutefois, ce rebond reste limité, fragile et inégal, selon les auteurs du Rapport sur l’investissement dans le monde 2026.

Sur le plan géographique, les flux d’investissement vers les économies développées ont progressé de 11%, tandis que ceux destinés aux économies en développement n’ont enregistré qu’une croissance de 2 %, atteignant 901 milliards de dollars.

Les économies à revenu élevé ont représenté la majeure partie de la hausse en 2025, tandis que les flux d’investissement à destination des économies en développement n’ont progressé que légèrement.

L’Asie en développement est restée la première région récipiendaire, avec 644 milliards de dollars. Les flux vers l’Amérique latine et les Caraïbes ont progressé de 14 % pour atteindre 188 milliards de dollars, tandis que l’Afrique a reçu environ 70 milliards de dollars, un montant encore supérieur d’un tiers à sa moyenne 2010-2024 malgré un recul par rapport au niveau exceptionnel atteint en 2024. Les pays les moins avancés ont vu leur flux d’IED progresser de 21 % pour atteindre 43 milliards de dollars, mais ils ne représentaient encore que 2,7 % de l’IED mondial, avec des flux concentrés dans un petit nombre d’économies, principalement riches en ressources.

Sur le volet sectoriel, l’investissement est en pleine envolée dans cinq secteurs stratégiques : infrastructures pour l’intelligence artificielle, technologies avancées, minerais essentiels, technologies liées à la transition énergétique et semi-conductrice représentant 44 % de la valeur mondiale des projets de création d’activités en 2025, contre 16 % en 2020.

L’investissement manufacturier en dehors des cinq secteurs stratégiques recule : L’investissement direct étranger dans les industries traditionnelles a diminué de 17% entre 2015–2019 et 2021–2025. Le recul atteint 20 % dans les économies en développement et 65% dans les pays les moins avancés.

Ces chiffres montrent un rebond qui ne se traduit pas de manière uniforme en opportunités de développement. Pour les auteurs du rapport de l’investissement dans le monde, la question n’est pas seulement de savoir combien de capitaux circulent, mais où ils vont, ce qu’ils construisent et s’ils élargissent les capacités productives, créent des emplois, renforcent les compétences et soutiennent le transfert de technologie.

Par nature, les fusions-acquisitions transfrontalières ont chuté de 7 %. Les annonces de nouveaux projets (greenfield) sont restées proches des niveaux de 2024, portées principalement par des mégaprojets dans les centres de données, le pétrole et gaz et les semi-conducteurs.

Les annonces de nouveaux projets (greenfield) dans ces secteurs sont passées de 109 milliards de dollars en 2020 à 576 milliards en 2025. Leur part de l’investissement greenfield mondial est passée de 16 % à 44 %.

Aussi, la politique d’investissement devient de plus en plus ciblée, sélective et conditionnelle où les gouvernements jouent un rôle plus actif dans l’orientation des investissements étrangers : En 2025, ils ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d’investissement où la plupart étaient favorables aux investisseurs, mais de plus en plus ciblées sur des priorités, au lieu d’une ouverture générale. A titre illustratif, Les incitations représentaient la moitié des mesures favorables ciblant l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels. Par ailleurs, les économies développées ont mis principalement l’accent sur les restrictions à l’entrée, notamment le filtrage des investissements.

Les experts de l’ONU Commerce et Développement estime que les pays en développement ont besoin de davantage que de la promotion de l’investissement pour être compétitifs dans cet environnement turbulent. Ils ont besoin de points d’entrée réalistes dans des chaînes de valeur en évolution, d’une facilitation de l’investissement renforcée, d’infrastructures fiables, de compétences de la main-d’œuvre, du développement de fournisseurs et de marchés régionaux qui rendent les projets plus viables. La coopération internationale sera également nécessaire pour veiller à ce que les partenariats d’investissement soutiennent à la fois la résilience des investisseurs et les priorités de développement des économies d’accueil.

Les perspectives pour 2026 restent difficiles. L’incertitude liée aux politiques commerciales, les tensions géopolitiques, les conflits, les coûts de financement élevés et la fragmentation économique continuent de peser sur les décisions d’investissement. Dans le même temps, la concurrence pour les projets liés aux industries stratégiques devrait s’intensifier, les gouvernements cherchant à sécuriser les sources futures de croissance et d’avantages technologiques.

13 juillet 2026 0 comment
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Le Baccalauréat Marocain et le mystère des Mentions

by Mustapha Maghriti 18 juin 2026
written by Mustapha Maghriti

Le Mercredi 17 Juin 2026 était le jour J qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat : Ils étaient 262.442 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du Baccalauréat pour cette année 2026 contre 250.075 un an auparavant, soit un taux réussite de 64,8% contre 66,8% lors de la session ordinaire de 2025. Celui des filles s’élève à 68,7%, tandis que celui des garçons est de 60%. Ultime sésame pour les lycéens, l’obtention du Baccalauréat enclore le cycle éducatif secondaire ouvrant ainsi les portes des études supérieures, dernière étape – et non la plus facile- avant l’emploi et la vie professionnelle active.

L’affichage des résultats du Baccalauréat de ce jour J donna lieu à des scènes qui témoignent de l’importance que continue à constituer cette « schibboleth » pour les lycéens et leurs familles. Entre pleurs et détresse des recalés et bonheur des nouveaux bacheliers, le Baccalauréat est un phénomène sociétal qui continue à impacter viscéralement, les vies et les parcours.

Rétrospectivement, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a gravi, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a sauté de 28 points et de 17 points en 2 ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

Par ailleurs, le nombre de candidats ayant obtenu une mention parmi les candidats scolarisés et libres s’est élevé à  161.657, soit un taux de 57% contre 152.261, (54,9%) , soit une hausse de 2,1% par rapport à 2025 et 3,44% par rapport à 2023.

Même en France, la hausse spectaculaire du taux de réussite est accompagnée par une recrudescence du taux de mentions délivrées aux résultats du Baccalauréat. La croissance du taux de réussite au Baccalauréat s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de mentions. En 1967, seulement 32% des bacheliers obtenaient une mention. En 2022, ce sont 58,8 % des candidats (toutes filières confondues) ont décroché une mention, soit presque un candidat sur deux. 

Au Maroc, il y a plus dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions BIEN et très BIEN soient distribuées à discrétion ? 
Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisanesque ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

Ou serait-il le signe d’un investissement accru des élèves mieux préparés, et plus motivés, entraînant de fait ce crescendo de niveau des mentions ? La réforme du Baccalauréat à travers la valorisation du contrôle continu et le développement des cours particuliers a pu-t-elle aider bon nombre d’élèves en le permettant d’obtenir plus aisément une mention ?  

L’enjeu d’obtention de bonnes notes au baccalauréat a eu une conséquence que nous  considérons négative, à savoir la focalisation excessive des familles sur la préparation en quantité et non en qualité de l’examen et de ce fait nous nous sommes malheureusement retrouvés avec des étudiants qui sont plus préparés pour affronter l’examen, que préparés à affronter la vie.

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser plusieurs interrogations. 
Avec un indice de développement de 0,683, le Maroc occupe la 120éme rang, derrière notre limitrophe l’Algérie qui se classe au 96éme rang,  ou l’Egypte (100éme rang),  ou notre rival la Tunisie qui se classe au 105éme rang, le Gabon (108éme rang), le Botswana (111éme rang) ou la Libye en pleine reconstruction qui se range au 115éme place.

Parmi les principaux facteurs expliquant cette performance figurent les déficits significatifs en matière d’éducation. D’ailleurs, les auteurs du PNUD estiment que nonobstant le passage du Maroc au club des pays à développement humain élevé, les efforts du Maroc doivent se focaliser sur l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché de l’emploi à même d’assurer une dynamique économique et sociale inclusive et durable.

D’autres rapports taxent le système éducatif Marocain de toutes les épithètes péjoratives et ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cette frénésie des mentions dont s’adjugent 54,9%  des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au Baccalauréat sont servies à profusion et à volonté. 
Naguère, le taux de réussite durant les années 70 n’excédait pas les 15% puisque le système à l’époque était beaucoup plus rigide et sélectif. Il n’y avait pas durant cette phase de possibilités de rattrapage et il n’existait alors qu’une seule session d’examen.

En outre, il y a plus de 40 ans, décrocher son Baccalauréat avec mention Assez bien, Bien ou « très bien » était une grande distinction personnelle et une démonstration du sérieux et de la recherche de réussite. A ce titre, le cercle des poètes disparus des années 70 ou des années 80 auraient eu autant de valeur d’excellence avec l’augmentation du nombre d’élèves obtenant des mentions.

Devant cette profusion des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

En France, la valeur d’une mention est devenue subjective : Alors que la grande majorité des formations du supérieur ont intégré le calendrier de Parcoursup, elles sélectionnent leurs étudiants sans connaître leur mention au bac. C’est notamment le cas des classes préparatoires. « La question des mentions ne se pose pas, puisque les élèves reçoivent leurs propositions d’admission avant le résultat du baccalauréat ».

Du côté de Sciences po Paris, la mention « très bien » au bac permettait auparavant d’accéder au cycle Bachelor sans passer par les concours, mais cela a été supprimé en 2014. Intégrée au calendrier de Parcoursup, l’admission des étudiants se fait désormais avant les résultats du Bac.

Même si la mention reste un « gage de qualité », elle est donc devenue « inutile pour beaucoup de formations ». Ce ne sont plus que les notes qui comptent aujourd’hui, et la mention perd sans doute de son utilité. Elle devient de plus en plus une satisfaction personnelle par rapport au travail fourni pendant toutes ces années ». 

Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions.

18 juin 2026 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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