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Mustapha Maghriti
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Quelle insertion industrielle du Maroc dans les chaînes de valeurs mondiale ?

by Mustapha Maghriti 21 juillet 2026
written by Mustapha Maghriti

Depuis la crise de l’endettement extérieur et les programmes d’ajustement structurels PAS qui s’ensuivaient, le Maroc ne cesse de prôner sa constance de s’insérer de plus belle sur l’arène des relations économiques internationales. L’inconditionnel d’insertion a été présenté récursivement comme une condition nécessaire à la croissance économique et comme une riposte réaliste aux différents challenges de la globalisation.

Aussi, la politique économique pilotée depuis l’intronisation du Souverain Marocain mohammed6  en Juillet 1999 a-t-elle pris des mesures en introduisant tout un éventail de réformes économiques et politiques et la conclusion d’accords  notamment avec l’Union Européenne, les États-Unis, la Turquie, et plusieurs pays Arabes via l’accord d’Agadir.  Le Maroc, à travers ces accords, vise à diversifier ses partenaires, stimuler ses exportations et pourvoir une plus grande insertion du Maroc dans le bateau de la mondialisation pour reprendre la métaphore de Robert Reich.

En effet, au cours des deux dernières décennies, le Maroc a érigé en choix stratégique le développement et la diversification de son tissu industriel, avec la mise en place d’un ensemble de stratégies (Plan Émergence 2005, Pacte national pour l’émergence industrielle 2009-2015, Plan d’accélération industrielle PAI 2014-2020 et PAI 2021-2023), lesquelles ont permis de développer des métiers comme l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, le textile et cuir, l’agroalimentaire et l’offshoring connus sous le nom des Métiers Mondiaux du Maroc.

Ces métiers ont généré des retombées très positives dans la balance commerciale sur la période 2014-2023 : les exportations du secteur de l’automobile ont marqué une hausse annuelle moyenne de 14,1%, à 148,2 milliards de dirhams. Idem pour les exportations de l’aéronautique et de l’électronique et l’électrique, qui se sont accrues respectivement en moyenne annuelle de 12,9% et de 11%.

Ces prouesses ont permis au Maroc de s’intégrer graduellement dans les chaînes de valeur mondiales. D’après l’édition 2023 du classement annuel de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) en matière de compétitivité industrielle, le royaume figure au 26ème rang (sur 153 pays) selon le critère «part des exportations de produits manufacturés de moyenne et haute technologie dans les exportations totales de produits manufacturés». Récemment, le Maroc s’impose comme la principale plateforme industrielle du continent dépassant l’Afrique du sud et l’Égypte dans plusieurs filières stratégiques, selon l’«Indice de l’industrialisation en Afrique 2025» publié par la Banque africaine de développement BAD.

Si le développement des Métiers Mondiaux du Maroc et de leurs écosystèmes contribue au renforcement de la résilience de la position extérieure du pays, notamment à travers l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) et la dynamique des exportations, la balance nette en devises de ces secteurs et leurs effets d’entraînement sur l’économie nationale restent encore incertains.

Et pour cause, ces évolutions seraient imputables à un recours important à l’importation d’intrants pour la production de certains Métiers Mondiaux du Maroc. Selon la base de données sur le commerce en valeur ajoutée de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le contenu en valeur ajoutée étrangère des exportations brutes ressort relativement élevé. Il se situe à 53,5% pour la fabrication de matériels électriques, 49,9% pour la construction de véhicules automobiles, de remorques et semi-remorques et à 30% pour la fabrication d’autre matériel de transport ; un déséquilibre qui met en lumière la vulnérabilité de la transformation locale, toujours tributaire des matières premières importées. Aussi, la productivité et la compétitivité de ces secteurs sont certes en amélioration, mais restent en deçà des niveaux des pays concurrents comme la Pologne, l’Ukraine ou la Turquie.

En outre, malgré l’embellie du secteur de l’aéronautique (qui connait une croissance de 8,8%, atteignant 14,13 milliards de dirhams), cette niche reste dominée par le segment de l’assemblage aéronautique ce qui confirme le statut du Maroc de plateforme régionale de sous-traitance aéronautique.

Sur un autre volet, l’insertion de l’économie Marocaine dans les chaînes de valeurs mondiales s’accompagne d’une accentuation de ses contraintes externes alimentant le déficit de la balance commerciale ; un déficit de la balance commerciale atteignant -161,9 milliards de dirhams et un taux de couverture des importations par les exportations de l’ordre de 59,3%. Ces chiffres traduisent une fragilité persistante au regard des déséquilibres extérieurs ; des déséquilibres qui mettent en lumière la difficulté de l’offre industrielle marocaine à se positionner sur le marché mondial, ce qui pose le problème de la compétitivité de l’offre marocaine.

A ce titre, l’intégration dans les chaînes de valeurs mondiales processionne par une plus grande diversification de notre offre exportable, laquelle passe intarissablement par l’amélioration de notre compétitivité qui exige, à son tour, une hausse de notre productivité. La stimulation de la productivité du travail, permettra non seulement de consolider notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité, le know-how et l’innovation gage d’une croissance soutenue et inclusive. D’où la nécessité d’investir dans les compétences et le capital humain.

En sus, l’insertion industrielle internationale passe par l’intégration régionale qui aurait pour effet de réduire considérablement le handicap de la petite taille des différents marchés nationaux tout en permettant d’accélérer le mouvement de restructuration du tissu économique et social et de réduire les contraintes extérieures, parce qu’elle s’appuie sur les dynamiques intérieures et se nourrit de la croissance économique.

Par ailleurs, l’économie Marocaine doit viser une plus grande diversification commerciale en s’ouvrant davantage sur l’ensemble des acteurs de l’économie mondiale loin des schémas classiques largement dominés par les accords commerciaux avec l’Union Européenne en s’ouvrant davantage sur l’Afrique Subsaharienne, en consolidant les rapports d’ancrage commercial avec la Chine et la Russie tout en lorgnant sur les opportunités actuelles avec l’Amérique Latine et les pays de l’Europe Centrale et Orientale PECOS. Le Maroc occupe une place géopolitique distinguée qui lui permet de s’insérer davantage dans l’économie régionale, tant sur le plan méditerranéen, que moyen-oriental, arabe et africain, ce qui lui permet de devenir une localisation stratégique d’attraction des IDE et de production pour un vaste marché.

L’insertion industrielle internationale passe à travers une coordination avec la politique commerciale laquelle refile à travers des rencontres sectorielles avec les fédérations et les professionnels et des tournées régionales, ainsi qu’une étude rigoureuse visant à identifier les opportunités spécifiques pour chaque marché, chaque produit et chaque segment à même d’offrir aux exportateurs un cadre clair et visible pour choisir les outils adaptés à la diversification de leur offre, à l’optimisation de la qualité, et à l’accès à de nouveaux débouchés.

L’offre exportable industrielle Marocaine dans la dynamique mondiale passe par plusieurs chantiers, dont le renforcement de la diplomatie commerciale, la réalisation d’études de marché approfondies, des actions promotionnelles, une offre de formation adaptée, des dispositifs de suivi et d’accompagnement des projets exportateurs.

De surcroît et au regard des bouleversements géostratégiques et protectionnistes qui fragilisent le commerce mondial, notre Gouvernement, le département chargé du Commerce Extérieur et les organismes sous tutelle doivent insister sur la nécessité de donner aux exportateurs Marocains les moyens de réussir, en consolidant leur présence sur les marchés internationaux pour tirer pleinement profit des immenses potentialités dont dispose la nouvelle géopolitique mondiale et ce pour faire du commerce extérieur un moteur de croissance durable, de création d’emplois, une intégration renforcée dans les chaînes de valeur mondiales et un rayonnement du « label made in morocco » à l’international.

Le seul aléa que le Gouvernement et les responsables du commerce extérieur, à tous les niveaux, essaient de maîtriser c’est celui de l’évolution des données macro-économiques mondiales qu’il s’agisse de l’évolution de la demande internationale ou des comportements économiques. L’importance de cet aléa, au regard des mutations profondes de la géopolitique mondiale, crée une asymétrie singulièrement contraignante entre les délais souvent longs des processus d’ajustement et les variations erratiques de la conjoncture internationale. Dans ce contexte en mutation continuelle, la quête de la compétitivité industrielle et la dynamisation du Commerce Extérieur, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe.

En somme au regard de la nouvelle géopolitique mondiale (qui est un phénomène dynamique remettant sans cesse en cause les acquis), maitriser le déficit commercial, dynamiser les exportations industrielles Marocaines, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de la compétitivité de l’économie Marocaine est une affaire de longue haleine. Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation acquise dans la compétitivité internationale ; qu’il faut toujours se remettre en cause et ne pas craindre les évaluations périodiques permettant de moduler, au jour le jour si cela est nécessaire, les impératifs de l’ajustement.

21 juillet 2026 0 comment
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Le Partenariat d’exception Maroc-France : la profondeur des siècles

by Mustapha Maghriti 20 juillet 2026
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Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé l’illustre métaphore pour définir   « le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe. »

le Premier ministre Français, Sébastien Lecornu accompagné de 8 Ministres ont fait leur cette métaphore de Feu Hassan II de façon pragmatique ; sa visite le 15 et le 16 Juillet 2026 confirme le partenariat, vital pour les deux pays, essentiel pour les deux continents, les faits et la réalité qui confirment l’importance du Maroc pour la France, et pour l’Europe mettent tout l’éclairage et le pragmatisme sur cette célèbre allégorie de Feu Hassan II.  

Ce Partenariat d’exception Maroc-France a été couronné par la signature de onze conventions de coopération couvrant plusieurs niches, allant de la création d’une ligne Réseau Express Régional (RER) à Rabat aux ressources hydriques, en passant par la décentralisation. Ces accords viennent compléter les 22 accords stratégiques, représentant près de 10 milliards d’euros, signés devant le Souverain Marocain Mohammed VI et le Président Emmanuel Macron, en octobre 2024.

Cette dynamique, en sus de la profondeur des liens historiques unissant le Royaume du Maroc et la République française, s’inscrit dans le cadre d’une vision stratégique commune, étayée sur une convergence politique claire, une confiance renouvelée et une ambition partagée afin d’apporter des ripostes aux grands challenges de la géopolitique mondiale actuelle.

Ce rapprochement s’inscrit également dans une évolution du contexte régional : Les crises au Sahel, les enjeux de sécurité, de migration et d’énergie poussent Rabat et Paris à renforcer leur coopération. La France cherche également à redéfinir sa présence en Afrique, et le Maroc s’impose aujourd’hui comme un partenaire crédible et stable.  

Paris pense, en terme dialectique : La stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que sa dynamique économique et productive, passent indéniablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée et de l’Afrique ; que le progrès économique du Maroc est liée à celle de la France et inversement. Sous cet angle, Paris pense qu’il est impérieux de refonder les conditions économiques et sociales à même de créer de nouvelles synergies économiques pérennes et inclusives qui seront plus fructueux au Maroc et à la France.

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HCP et le moral économique des Marocains au plus bas !

by Mustapha Maghriti 19 juillet 2026
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Les alertes liées au niveau de vie, au chômage et au pouvoir d’achat continuent de peser sur le moral des Marocains, c’est ce que révèle la récente enquête du Haut-commissariat au Plan HCP : l’Indice de Confiance des Ménages (ICM) s’est dégradé à 60,1 points au deuxième trimestre 2026, contre 64,4 points au trimestre précédent, confirmant un climat de taciturnité et de morosité chez les ménages Marocains.

Ce reflux est imputable à un climat économique que les ménages Marocains continuent de juger difficile. En effet, près de huit ménages sur dix (78,3%) estiment que leur niveau de vie s’est dégradé au cours des douze derniers mois contre seulement 5,2% qui constatent une amélioration. L’inflation impacte directement le coût de la vie et le pouvoir d’achat des ménages Marocains, entraînant ainsi un surenchérissement des prix, qui affecte particulièrement les produits de première nécessité, notamment dans le secteur alimentaire, et rend la gestion des dépenses quotidiennes plus embarrassante  pour de nombreux foyers Marocains.

Aussi, 51% anticipent une nouvelle dégradation dans l’année à venir, présage que les perspectives économiques restent largement obscurcies.

En outre, les inquiétudes concernent le marché de l’emploi où plus de la moitié des ménages (57,2%) s’attendent à une hausse du chômage dans les douze prochains mois. Si cette perception est moins pessimiste qu’il y a un an, elle s’est néanmoins dégradée par rapport au premier trimestre 2026, confirmant un regain d’incertitude sur les perspectives économiques.

Dans ce contexte, la consommation reste sous pression : 65,3% des ménages Marocains considèrent que la période n’est pas propice à l’achat de biens durables. Cet indicateur affiche toutefois une légère amélioration, aussi bien par rapport au trimestre précédent que par rapport à la même période de l’année dernière, laissant entrevoir une timide amélioration du sentiment de consommation.

La situation financière des ménages demeure, elle aussi, vulnérable où seuls 2,6% déclarent pouvoir épargner une partie de leurs revenus, tandis que 38,7% indiquent devoir s’endetter ou puiser dans leur épargne pour couvrir leurs dépenses et boucler la fin du mois. Plus de quatre ménages sur dix estiment que leur situation financière s’est détériorée au cours des douze derniers mois. En revanche, les anticipations économiques pour les douze mois à venir apparaissent quasiment à l’équilibre, signe que les ménages ne prévoient pas d’amélioration significative, mais n’anticipent pas non plus une forte aggravation.

En sus, le département de Chakib Benmoussa met en évidence la persistance des inquiétudes et des soucis liés au coût de la vie. Les ménages restent très pessimistes quant à leur capacité future à épargner, tandis que la perception de la hausse des prix alimentaires demeure extrêmement négative. Le solde d’opinion sur l’évolution passée des prix des produits alimentaires atteint ainsi -97 points, illustrant le fardeau durable de l’inflation alimentaire dans le ressenti des consommateurs. En revanche, les anticipations concernant l’évolution future des prix s’améliorent légèrement par rapport aux trimestres précédents.

Au final, le moral des ménages reste fortement affecté par les préoccupations liées au pouvoir d’achat, au niveau de vie et à l’emploi, confirmant que la confiance des consommateurs demeure fragile.   Ce qui nous invite à se poser, in fine, l’apostrophe du rôle des politiques publiques et leurs répercussions sur le bien être du citoyen Marocain !

19 juillet 2026 0 comment
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L’investissement international dans une géopolitique turbulente et fragmentée

by Mustapha Maghriti 13 juillet 2026
written by Mustapha Maghriti

L’organisme Onusien ONU Commerce et Développement exCNUCED vient de publier le dernier rapport sur l’investissement sous le titre « l’investissement international dans une époque turbulente »

Ce document onusien montre que l’investissement direct étranger mondial a augmenté de 6 % pour atteindre 1 600 milliards de dollars en 2025 après deux années de recul. Toutefois, ce rebond reste limité, fragile et inégal, selon les auteurs du Rapport sur l’investissement dans le monde 2026.

Sur le plan géographique, les flux d’investissement vers les économies développées ont progressé de 11%, tandis que ceux destinés aux économies en développement n’ont enregistré qu’une croissance de 2 %, atteignant 901 milliards de dollars.

Les économies à revenu élevé ont représenté la majeure partie de la hausse en 2025, tandis que les flux d’investissement à destination des économies en développement n’ont progressé que légèrement.

L’Asie en développement est restée la première région récipiendaire, avec 644 milliards de dollars. Les flux vers l’Amérique latine et les Caraïbes ont progressé de 14 % pour atteindre 188 milliards de dollars, tandis que l’Afrique a reçu environ 70 milliards de dollars, un montant encore supérieur d’un tiers à sa moyenne 2010-2024 malgré un recul par rapport au niveau exceptionnel atteint en 2024. Les pays les moins avancés ont vu leur flux d’IED progresser de 21 % pour atteindre 43 milliards de dollars, mais ils ne représentaient encore que 2,7 % de l’IED mondial, avec des flux concentrés dans un petit nombre d’économies, principalement riches en ressources.

Sur le volet sectoriel, l’investissement est en pleine envolée dans cinq secteurs stratégiques : infrastructures pour l’intelligence artificielle, technologies avancées, minerais essentiels, technologies liées à la transition énergétique et semi-conductrice représentant 44 % de la valeur mondiale des projets de création d’activités en 2025, contre 16 % en 2020.

L’investissement manufacturier en dehors des cinq secteurs stratégiques recule : L’investissement direct étranger dans les industries traditionnelles a diminué de 17% entre 2015–2019 et 2021–2025. Le recul atteint 20 % dans les économies en développement et 65% dans les pays les moins avancés.

Ces chiffres montrent un rebond qui ne se traduit pas de manière uniforme en opportunités de développement. Pour les auteurs du rapport de l’investissement dans le monde, la question n’est pas seulement de savoir combien de capitaux circulent, mais où ils vont, ce qu’ils construisent et s’ils élargissent les capacités productives, créent des emplois, renforcent les compétences et soutiennent le transfert de technologie.

Par nature, les fusions-acquisitions transfrontalières ont chuté de 7 %. Les annonces de nouveaux projets (greenfield) sont restées proches des niveaux de 2024, portées principalement par des mégaprojets dans les centres de données, le pétrole et gaz et les semi-conducteurs.

Les annonces de nouveaux projets (greenfield) dans ces secteurs sont passées de 109 milliards de dollars en 2020 à 576 milliards en 2025. Leur part de l’investissement greenfield mondial est passée de 16 % à 44 %.

Aussi, la politique d’investissement devient de plus en plus ciblée, sélective et conditionnelle où les gouvernements jouent un rôle plus actif dans l’orientation des investissements étrangers : En 2025, ils ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d’investissement où la plupart étaient favorables aux investisseurs, mais de plus en plus ciblées sur des priorités, au lieu d’une ouverture générale. A titre illustratif, Les incitations représentaient la moitié des mesures favorables ciblant l’énergie propre, les infrastructures numériques, la fabrication avancée et les minerais essentiels. Par ailleurs, les économies développées ont mis principalement l’accent sur les restrictions à l’entrée, notamment le filtrage des investissements.

Les experts de l’ONU Commerce et Développement estime que les pays en développement ont besoin de davantage que de la promotion de l’investissement pour être compétitifs dans cet environnement turbulent. Ils ont besoin de points d’entrée réalistes dans des chaînes de valeur en évolution, d’une facilitation de l’investissement renforcée, d’infrastructures fiables, de compétences de la main-d’œuvre, du développement de fournisseurs et de marchés régionaux qui rendent les projets plus viables. La coopération internationale sera également nécessaire pour veiller à ce que les partenariats d’investissement soutiennent à la fois la résilience des investisseurs et les priorités de développement des économies d’accueil.

Les perspectives pour 2026 restent difficiles. L’incertitude liée aux politiques commerciales, les tensions géopolitiques, les conflits, les coûts de financement élevés et la fragmentation économique continuent de peser sur les décisions d’investissement. Dans le même temps, la concurrence pour les projets liés aux industries stratégiques devrait s’intensifier, les gouvernements cherchant à sécuriser les sources futures de croissance et d’avantages technologiques.

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Le Baccalauréat Marocain et le mystère des Mentions

by Mustapha Maghriti 18 juin 2026
written by Mustapha Maghriti

Le Mercredi 17 Juin 2026 était le jour J qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat : Ils étaient 262.442 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du Baccalauréat pour cette année 2026 contre 250.075 un an auparavant, soit un taux réussite de 64,8% contre 66,8% lors de la session ordinaire de 2025. Celui des filles s’élève à 68,7%, tandis que celui des garçons est de 60%. Ultime sésame pour les lycéens, l’obtention du Baccalauréat enclore le cycle éducatif secondaire ouvrant ainsi les portes des études supérieures, dernière étape – et non la plus facile- avant l’emploi et la vie professionnelle active.

L’affichage des résultats du Baccalauréat de ce jour J donna lieu à des scènes qui témoignent de l’importance que continue à constituer cette « schibboleth » pour les lycéens et leurs familles. Entre pleurs et détresse des recalés et bonheur des nouveaux bacheliers, le Baccalauréat est un phénomène sociétal qui continue à impacter viscéralement, les vies et les parcours.

Rétrospectivement, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a gravi, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a sauté de 28 points et de 17 points en 2 ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

Par ailleurs, le nombre de candidats ayant obtenu une mention parmi les candidats scolarisés et libres s’est élevé à  161.657, soit un taux de 57% contre 152.261, (54,9%) , soit une hausse de 2,1% par rapport à 2025 et 3,44% par rapport à 2023.

Même en France, la hausse spectaculaire du taux de réussite est accompagnée par une recrudescence du taux de mentions délivrées aux résultats du Baccalauréat. La croissance du taux de réussite au Baccalauréat s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de mentions. En 1967, seulement 32% des bacheliers obtenaient une mention. En 2022, ce sont 58,8 % des candidats (toutes filières confondues) ont décroché une mention, soit presque un candidat sur deux. 

Au Maroc, il y a plus dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions BIEN et très BIEN soient distribuées à discrétion ? 
Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisanesque ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

Ou serait-il le signe d’un investissement accru des élèves mieux préparés, et plus motivés, entraînant de fait ce crescendo de niveau des mentions ? La réforme du Baccalauréat à travers la valorisation du contrôle continu et le développement des cours particuliers a pu-t-elle aider bon nombre d’élèves en le permettant d’obtenir plus aisément une mention ?  

L’enjeu d’obtention de bonnes notes au baccalauréat a eu une conséquence que nous  considérons négative, à savoir la focalisation excessive des familles sur la préparation en quantité et non en qualité de l’examen et de ce fait nous nous sommes malheureusement retrouvés avec des étudiants qui sont plus préparés pour affronter l’examen, que préparés à affronter la vie.

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser plusieurs interrogations. 
Avec un indice de développement de 0,683, le Maroc occupe la 120éme rang, derrière notre limitrophe l’Algérie qui se classe au 96éme rang,  ou l’Egypte (100éme rang),  ou notre rival la Tunisie qui se classe au 105éme rang, le Gabon (108éme rang), le Botswana (111éme rang) ou la Libye en pleine reconstruction qui se range au 115éme place.

Parmi les principaux facteurs expliquant cette performance figurent les déficits significatifs en matière d’éducation. D’ailleurs, les auteurs du PNUD estiment que nonobstant le passage du Maroc au club des pays à développement humain élevé, les efforts du Maroc doivent se focaliser sur l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché de l’emploi à même d’assurer une dynamique économique et sociale inclusive et durable.

D’autres rapports taxent le système éducatif Marocain de toutes les épithètes péjoratives et ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cette frénésie des mentions dont s’adjugent 54,9%  des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au Baccalauréat sont servies à profusion et à volonté. 
Naguère, le taux de réussite durant les années 70 n’excédait pas les 15% puisque le système à l’époque était beaucoup plus rigide et sélectif. Il n’y avait pas durant cette phase de possibilités de rattrapage et il n’existait alors qu’une seule session d’examen.

En outre, il y a plus de 40 ans, décrocher son Baccalauréat avec mention Assez bien, Bien ou « très bien » était une grande distinction personnelle et une démonstration du sérieux et de la recherche de réussite. A ce titre, le cercle des poètes disparus des années 70 ou des années 80 auraient eu autant de valeur d’excellence avec l’augmentation du nombre d’élèves obtenant des mentions.

Devant cette profusion des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

En France, la valeur d’une mention est devenue subjective : Alors que la grande majorité des formations du supérieur ont intégré le calendrier de Parcoursup, elles sélectionnent leurs étudiants sans connaître leur mention au bac. C’est notamment le cas des classes préparatoires. « La question des mentions ne se pose pas, puisque les élèves reçoivent leurs propositions d’admission avant le résultat du baccalauréat ».

Du côté de Sciences po Paris, la mention « très bien » au bac permettait auparavant d’accéder au cycle Bachelor sans passer par les concours, mais cela a été supprimé en 2014. Intégrée au calendrier de Parcoursup, l’admission des étudiants se fait désormais avant les résultats du Bac.

Même si la mention reste un « gage de qualité », elle est donc devenue « inutile pour beaucoup de formations ». Ce ne sont plus que les notes qui comptent aujourd’hui, et la mention perd sans doute de son utilité. Elle devient de plus en plus une satisfaction personnelle par rapport au travail fourni pendant toutes ces années ». 

Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions.

18 juin 2026 0 comment
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Émission obligataire à l’international de 2,25 Milliards d’Euros : Contexte et raisons d’une Sortie du Trésor Marocain à l’international

by Mustapha Maghriti 31 mai 2026
written by Mustapha Maghriti

Le Maroc avait rendez-vous avec les investisseurs étrangers à l’occasion d’une sortie du Trésor Marocain sur le marché international. En effet, le Trésor a levé 2,25 Milliards d’euros à travers une émission obligataire souveraine libellée en euros réussissant une nouvelle sortie sur le marché international de la dette structurée en deux tranches de maturités différentes.

La première tranche à 8 ans, la plus importante en volume avec 1,25 Milliard d’euros, a été fixée à Mid-Swap plus 170 points de base — contre une indication initiale de 200 points de base. La tranche à 12 ans, d’un milliard d’euros, a été arrêtée à Mid-Swap plus 200 points de base, contre 230 en début de processus. Ce resserrement uniforme de 30 points de base sur les deux lignes est le résultat du processus de construction du livre d’ordres, durant lequel les soumissions des investisseurs ont permis au Trésor de comprimer les conditions de rémunération offertes.

La sortie du trésor Marocain à l’intervient dans un environnement international tumultueux marqué par la remontée des primes de risque dues aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des inquiétudes sur les flux énergétiques, rendant l’arbitrage des marchés plus strict avec une demande engendrant un livre d’ordres atteignant 5,2 milliards d’euros, soit une sursouscription de plus de 2,3 fois.

En sus, cette opération, conduite par Nadia Fettah, Ministre de l’économie et des finances, accompagnée d’une délégation de la Direction du Trésor et des finances extérieures DTFE, s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’arbitrage entre les sources de financement intérieur et extérieur, tout en  permettant à notre pays d’établir de nouvelles références sur le compartiment de l’euro ; une levée en euros qui permettra d’alléger le recours du Trésor au marché intérieur, évitant de trop solliciter la liquidité bancaire locale.

Par ailleurs, cette émission a bénéficié d’une large diversification géographique, traduisant ainsi la qualité de la signature du Maroc et la confiance dont il jouit auprès de la communauté financière internationale. «Exécutée pour la première fois en mode Intraday, cette transaction est intervenue après le non-deal roadshow organisé en septembre 2025 en Asie. Elle a constitué une nouvelle occasion de mettre en avant la stabilité politique dont jouit le Maroc et  la résilience de son cadre macroéconomique.

Cette nouvelle sortie intervient quelques semaines après une notation positive des agences internationales. En effet, l’agence de notation Moody’s Ratings a révisé de «stable» à «positive» la perspective de la note «Ba1» du Maroc pour sa dette à long terme en devises et en monnaie locale. Cette révision de la perspective est soutenue par l’amélioration des perspectives de croissance du pays, portée par la hausse de l’investissement ainsi que par la poursuite des réformes structurelles visant à transformer l’économie et à relever son potentiel de croissance.

Par ailleurs, La levée intervient aussi dans un contexte budgétaire particulier. Le gouvernement a acté une rallonge de 20 milliards de dirhams au profit du budget général, destinée, notamment, à soutenir la Caisse de compensation, à préserver le pouvoir d’achat, à couvrir des dépenses exceptionnelles, à renforcer les fonds propres de certains établissements publics et à faire face aux conséquences des récentes inondations. Dans le détail, 8 milliards de dirhams sont destinés à la Caisse de compensation, 6 milliards à des dépenses exceptionnelles non prévues dans la loi de Finances 2026, 4 milliards au renforcement des fonds propres d’Établissements et entreprises publics, et 2 milliards aux dépenses liées aux intempéries.

Le lien entre l’Eurobond et la rallonge budgétaire ne doit pas être lu comme une simple opération de trésorerie. Il traduit surtout la volonté de l’État de préserver plusieurs équilibres à la fois. Il s’agit de contenir la pression sur les prix, d’éviter une transmission brutale des chocs externes aux ménages, de maintenir l’effort d’investissement public et de soutenir certains opérateurs stratégiques engagés dans des programmes lourds.

Cette émission du Trésor Marocain à l’international permettra de consolider la position extérieure du pays et de renforcer ses réserves en devises afin de maintenir une stabilité macroéconomique face aux chocs extérieurs.

 

31 mai 2026 0 comment
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Concurrence et compétition de l’économie Marocaine : Une contestabilité des marchés mise à mal !!!

by Mustapha Maghriti 12 mai 2026
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith est souvent considéré comme le pape du libéralisme qui incarne la foi dans les vertus du marché et s’ensuit tout un rush d’apôtres et de courant libéral, néolibéral et ultralibéral, pour qui le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d’optimum économique et que la liberté économique améliore aussi la situation des plus démunis, les libéraux considèrent que la métaphore d’Adam Smith la « main invisible » permet d’améliorer la situation de tous et
c’est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises en  établissant les vrais rapports entre elles selon Montesquieu dans « De l’esprit des lois ».

Cette liberté économique est définie comme l’absence de toute capacité d’oppression ou d’entrave de la part du Gouvernement sur l’investissement, la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens. La liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en incitant l’esprit d’entreprise et la création de valeur ajoutée. 

La fondation Américaine The Heritage Foundation et le Wall Street Journal publient chaque année son étude annuelle « Index of Economic Freedom ». Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée du père fondateur du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », à savoir que « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble.

L’indice de liberté économique, se fondant sur les statistiques des institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale et  le FMI,  de l’Economist Intelligence Unit,   est un indicateur fondé sur un ensemble de critères économiques, regroupés en 4 catégories principales dont l’objectif étant de mesurer la liberté économique dans les différents pays du Monde reposant sur la taille du gouvernement , l’état de droit, les marchés  ouverts et l’efficacité réglementaire.

Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l’étude.
Qu’en est-il de la liberté d’entreprendre, de la concurrence et de la compétition de l’économie Marocaine ?

Dans l’édition de l’année 2026, le classement de la fondation Américaine « The Heritage Foundation » dans son étude annuelle « Index of Economic Freedom » publié au mois de Février 2026, fait apparaître, d’emblée, qu’aucun pays du continent Africain ne figure dans la catégorie des économies  » libres ». L’étude de la Foundation révèle que les économies Africaines ne sont pas libres dans l’ensemble, en raison notamment de la forte prévalence de la corruption, des niveaux élevés de pression fiscale et du faible degré d’ouverture des marchés.

Le Maroc, sur un panel de 186 pays, et avec un score de 61,8, se positionne à la 83éme place dans l’indice de la liberté économique. L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap-Vert demeurent  les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice qui mesure des critères tels que la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption.

Aussi, bien que régionalement, le Maroc soit reconnu comme l’un des pays du Moyen-Orient/Afrique du Nord (MENA) qui entreprend le plus de réformes pour soutenir le développement du secteur privé, plusieurs obstacles continuent de freiner les investissements privés. En effet, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande rigidité et considère qu’une large part de la force de travail est marginalisée à cause d’une régulation inexorable du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché difficile aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se diriger vers le secteur informel.

Certes, il y a eu des avancées en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce) en se positionnant 7ème sur 14 dans la région MENA, néanmoins ils ont été balayées par le la corruption et la faiblesse de l’État de droit et l’efficacité judiciaire dont les scores sont inférieurs à la moyenne mondiale selon le Think tank Américain. Autant dire une contreperformance intimidante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère.
Cet excès d’arbitraire ne fait que d’attiser l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption. En sus, la compétition est plombée par la lourdeur des licences dans certains secteurs et de la taille de l’économie informelle.                                              

Cette problématique de la carence du jeu concurrentiel et de la compétition de l’économie Marocaine est d’autant plus d’actualité que le dernier rapport de la banque mondiale de Mars 2026 « Maroc : Diagnostic-pays du secteur privé » met les pleins phares sur la faiblesse du business privé où l’investissement privé représentait seulement 1/3 de la formation totale du capital fixe et que l’investissement public reste prédominant où les entreprises publiques sont présentes dans des secteurs stratégiques du tissu économique marocain tels que l’énergie, le transport et les phosphates, et bénéficient souvent d’un accès préférentiel au financement, aux infrastructures et aux autorisations réglementaires. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques OCDE, ce traitement de faveur menace d’exclure les investissements privés, de réduire la contestabilité du marché et de fausser les signaux du marché, ce qui est particulièrement désavantageux aux PME.

Par ailleurs, le checkup de la Banque Mondiale souligne que l’initiative privée présente une structure duale, caractérisée par la coexistence d’un petit nombre de grandes entreprises formelles et d’un tissu majoritairement informel. Cette dernière catégorie représente plus de 77 % de l’emploi total et environ un tiers du PIB, en singulier dans le commerce de détail, les services, le bâtiment et l’agriculture.

En outre et en vertu du diagnostic de la Banque Mondiale, les risques liés à l’absence de concurrence semblent entraver la dynamique des marchés au Maroc. En termes de politique de concurrence sur le marché, le Maroc est perçu comme étant à la traîne par rapport à ses pairs régionaux. Comparativement à leurs homologues régionaux, de nombreux marchés marocains se caractérisent par une plus grande concentration du marché. La part des monopoles est élevée dans des secteurs qui se caractérisent généralement par une faible concentration du marché ailleurs à l’appui du rapport de la Banque Mondiale « Créer des marchés au Maroc : une deuxième génération des réformes » publié en Octobre 2019 à la demande de la Société financière internationale (SFI)

Aussi et à titre illustratif, selon l’enquête de la banque Mondiale de 2013, près de 40 % des entreprises manufacturières sont en concurrence sur les marchés oligopolistiques. La concentration des marchés peut aussi résulter d’interventions gouvernementales qui restreignent l’entrée, facilitent la dominance des certains opérateurs ou créent des conditions de concurrence inégales.

La concurrence limitée sur certains marchés marocains peut provenir de réglementations restrictives ou de l’application discrétionnaire du cadre réglementaire qui rendent l’entrée et l’exploitation de nouvelles entreprises difficiles ou de distorsions du marché dues à un traitement inégal de certains opérateurs  ou d’une mise en œuvre inefficace de la politique de concurrence.

Pour exploiter ce potentiel émergent, les auteurs de la Banque Mondiale, dans le bulletin d’information économique de la région  Moyen Orient et Afrique du Nord, Banque mondiale Octobre 2019, intitulé « Promouvoir une concurrence loyale — pour atteindre de nouveaux sommets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord » suggèrent que la concurrence loyale et la contestabilité sont de puissants moyens d’assurer une efficacité allocative, productive et dynamique, et peuvent également être d’efficaces remèdes à l’inégalité en créant des opportunités économiques et en rendant les biens plus abordables. L’intensification de la concurrence entraîne également une accélération de la croissance de la production par travailleur (productivité) et constitue donc un élément clé du développement durable à long terme.

Il s’agit là d’objectifs clés pour la région MENA, confrontée au problème d’une économie dualiste caractérisée par un secteur officiel stagnant coexistant avec un secteur informel et un chômage généralisés, qui prive les citoyens, surtout les plus jeunes, de tout espoir. L’entrée sur le marché de nouvelles entreprises et la sortie de sociétés peu rentables sont d’importantes sources de concurrence. Cependant, les obstacles aux nouveaux entrants et les protections accordées aux opérateurs peu performants sont considérables et fréquents dans la région MENA selon les experts de la Banque Mondiale.

Pour que les marchés fonctionnent mieux, il est nécessaire de s’attaquer aux réglementations et pratiques gouvernementales qui restreignent la concurrence sur le marché ou affaiblissent l’application des politiques de concurrence. À cette fin, il est essentiel de coordonner les efforts politiques des organismes publics et privés pour créer un environnement commercial compétitif et promouvoir des marchés ouverts et contestables, afin de créer des incitations à l’entrepreneuriat et d’accroître les pressions pour innover.

En sus, l’efficience des marchés passe par le renforcement de la neutralité concurrentielle, l’élimination des distorsions du marché, l’uniformisation des règles du jeu entre les opérateurs publics et privés et par la limitation des privilèges réglementaires des entreprises publiques dans des secteurs particuliers. idem, des réformes seront nécessaires pour encourager la concurrence, réduire les obstacles à la participation des PME et renforcer les liens entre les entreprises étrangères et nationales.

Friedrich Hayek, grand sectaire du libéralisme et un invétéré de l’économie du marché, dans « La Route de la servitude », n’a-t-il pas dit que « La justice n’a pas à considérer les conséquences des diverses transactions, mais à vérifier que les transactions elles-mêmes ont été loyales. ». Loyal envers lui-même et envers son peuple, le Souverain Marocain Mohammed VI, dans le discours Royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

Il est temps que l’exécutif terrasse avec ces constantes et infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, stimulant aussi bien l’offre que la demande, par l’implémentation de l’état de droit, non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant l’orthogonalité entre le business et le politique et en remettant à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité, ainsi que par un essaimage de la confiance de toutes les composantes de la collectivité nationale dans le cadre du nouveau contrat social, qu’appelle le Souverain Marocain Mohammed VI.

In fine, Feu Driss Benali n’a-t-il pas dit que le marché n’est pas un état de nature, mais un état de culture ? Défrichons-nous cette culture !

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ADIEU « MANA  ILLA BACHAR», ADIEU Abdelwahab Doukkali

by Mustapha Maghriti 9 mai 2026
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Ce n’est un secret pour personne que non seulement le monde de l’art Marocain est en deuil, mais aussi tout le Maroc, la Grande émotion du décès du grand artiste Abdelwahab Doukkali s’est éteint ce Vendredi 08 Mars 2026 à l’âge de 85 ans dans une clinique à Casablanca, où il devait subir une opération chirurgicale.

Sa voix a accompagné des générations entières, bercé les joies, et transmis une certaine idée de la beauté et de la sagesse.

La scène Marocaine a perdu une icône de la chanson Marocaine et l’une de ses voix éternelles qui a profondément jalonné la scène artistique Marocaine par des œuvres raffinées et des paroles sincères, porteuses des valeurs de beauté, de spiritualité et d’engagement.

Né à Fès dans une famille modeste de treize enfants, Abdelwahab Doukkali a tracé son destin bien au-delà des murs de la médina. À seulement 19 ans, il quitte sa ville natale pour s’installer à Rabat, où il intègre la RTM (Radio Télévision Maroc), marquant le début d’une aventure artistique qui le mènera aux quatre coins du monde arabe.

Dès 1965, Abdelwahab Doukkali s’impose comme l’une des figures majeures de la chanson Marocaine. Ses mélodies, interprétées en arabe littéraire et en darija, explorent des thèmes universels: l’amour, les relations sociales, mais aussi la mémoire collective et les défis d’une société en mutation.

Parmi ses plus célèbres chansons, Kan ya makan, un hymne poétique et intemporel, Marsoul el houb, un tube romantique au succès planétaire, Ma ana illa bachar, une réflexion sur la condition humaine, Souk al bacharia et Allah Hay, une chanson spirituelle. Son répertoire, à la fois intime et engagé, résonne bien au-delà des frontières du royaume, lui valant une reconnaissance dans tout le monde arabe.

Au-delà de la musique, Abdelwahab Doukkali a également laissé son empreinte dans le 7ème art. Compositeur de plusieurs bandes originales, dont celle du film A la recherche du mari de ma femme, il a également joué dans plusieurs films, dont Al Hayat kifah, Rimal min dahab et Khafaya.

Le défunt a reçu de son vivant de nombreux prix et distinctions, dont le disque d’or pour sa chanson « Mana Illa Bachar », le grand prix du Festival de la chanson marocaine de Mohammedia en 1985 pour sa chanson « Kan ya makan », ainsi que le grand prix du Festival de la chanson marocaine de Marrakech, en 1993, pour la chanson « Agharo Alayki ».

Honoré par le Vatican à deux reprises, feu Doukakli a également remporté le Grand Prix du Festival du Caire en 1997 pour sa chanson « Souk El Bacharia ».

Il a été élu meilleure personnalité du monde arabe pour l’année 1991, lors d’un sondage réalisé par le magazine « Al Majalla », publié par la société saoudienne des recherches.

Abdelwahab Doukkali était également artiste peintre et collectionneur d’objets et œuvres d’art.

Ce n’est pas seulement sa famille qui a perdu Abdelwahab Doukkali, c’est tout le Maroc, sa famille artistique et à l’ensemble des fans qui ont perdu Abdelwahab Doukkali, un artiste d’une grande exception, d’un grand talent qui a jalonné la scène artistique par sa créativité, son style, qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique Marocain.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des artistes disparus, lui, Abdelwahab Doukkali en fait partie. Certes, il nous a quittés, mais ses rimes charismatiques et sa voix resteront immortelles et indélébiles. A DIEU MANA ILLA BACHAR.

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Le Roi Mohammed VI et la revanche des Territoires au Maroc

by Mustapha Maghriti 19 avril 2026
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Les approches des problèmes structurels de développement PSD nous enseignent que si la croissance apparait comme une condition nécessaire au recul des inégalités sociales et territoriales, elle reste néanmoins insuffisante pour y parvenir. Le partage des fruits de la croissance n’est jamais forcément démocratique et égalitariste : Le recul des inégalités ne se produit authentiquement que s’il constitue un objectif social et politique durable. Selon une étude publiée par l’Organisation de Coopération et de Développement OCDE, l’accroissement des inégalités peut avoir un impact négatif sur la croissance. En outre, le creusement généralisé des inégalités depuis plusieurs décennies a conduit des chercheurs à s’inquiéter de leurs répercussions potentielles pour nos sociétés et nos économies. Ces récentes recherches de l’OCDE révèlent que toute amplification de ces inéquations fait chuter la croissance économique. De ce fait, il apparaît que la réduction des inégalités, en plus de rendre nos sociétés plus justes, permet également de rendre nos économies plus stables et plus fortes.

Ainsi, faire bénéficier de la croissance à toute la population et à tous les territoires constitue un pari politique majeur. Et c’est dans ce sens que le Souverain Marocain tranche pour une approche transversale, inclusive à même d’assurer un replâtrage de la justice spatiale et territoriale, ce qui cadre avec les investigations économiques de l’économiste Américaine Weitzman M.L. dans son livre « L’économie du partage » édité le 5 Février 1986.

Croissance et développement sont deux concepts économiques qui interférèrent invariablement en dialectique. A-t-on appris dans les cours des problèmes structurels de développement que le développement humain est une fin dont la croissance et ses fruits économique sont le moyen. Cela implique notamment la valorisation des atouts locaux, le renforcement des services publics, la promotion de l’économie territoriale et circulaire et des mobilités durables, la participation citoyenne, et une gouvernance locale décentralisée. 

D’autres parts, les recherches et les thèses de démocratie sociale nous apprennent que la justice sociale est intrinsèquement liée au développement humain et territorial sans discrimination où l’on supprime les misères les plus profondes et où l’on satisfait les besoins urgents de l’être humain, ce que l’économiste Français François Perroux appelle la couverture des coûts de l’homme.

C’est dans cet esprit que le Souverain Marocain se dolente  que certaines régions du Maroc, surtout en milieu rural, pâtissent encore des formes de pauvreté et de précarité du fait du manque d’infrastructures et d’équipements de base qui ne reflète en rien la vision Royale de ce que devrait être le Maroc d’aujourd’hui et ne donne pas non plus la pleine mesure des efforts que le Souverain déploie pour renforcer le développement social et territorial. Le Souverain Marocain constate que « le modèle de développement national […] s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale  » discours Royal du 13 Octobre 2017.

A l’appui, les derniers chiffres livrés par le département de Chakib Benmoussa le Haut-commissariat au plan HCP sont plus qu’éloquents : les inégalités du niveau de vie s’accentuent et se sont creusées entre 2014 et 2022, passant de 39,5% à 40,5%. Aussi, les indicateurs continuent de révéler un Maroc à deux vitesses, avec l’essentiel du PIB national porté par les trois régions du Royaume (Près de 60% est généré par Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima), exacerbant un déséquilibre démographique et territorial, lui-même amplifié par des flux migratoires soutenus vers les principales métropoles du pays.

A cet égard, pensé au sommet de la pyramide du pouvoir au Maroc, structuré avec précision, puis décliné avec rigueur et méthode sur l’ensemble du territoire, le Souverain Marocain, au Conseil des Ministres du 9 Avril 2026, injecte une enveloppe colossale de 210 Milliards de dirhams (MMDH), soit près de 15 % du PIB, sur une période de 8 ans pour la concrétisation de la nouvelle génération des programmes de développement territorial reconfigurant en substance l’architecture régionale du Royaume, érigeant le territoire en acteur central du développement économique.  

Cette clairvoyance Royale se détache des instinctifs administratifs et bureaucratiques pour se tailler sur les nécessités exprimées à l’échelle locale des préfectures et des provinces, nourris par la concertation et l’écoute, avant de remonter vers le régional, puis le central au niveau national. Cela traduit la constance Royale de faire de l’amélioration des conditions de vie des citoyens Marocains et de la préservation de leur dignité le point mire de toute politique publique. Car en filigrane de ce protocole financier ambitieux se dessine une vision intégrée du développement économique et social. Croissance, emploi, justice sociale et spatiale, accès aux services publics, attractivité territoriale où toutes ces dimensions ne peuvent plus être pensées en silos.

Le Maroc opère d’ores et déjà une détermination structurante, celui de substituer à la fragmentation sectorielle une dynamique d’ensemble, où les territoires deviennent des unités de synergie, de programmation et d’impact. Cette chaîne de décision et d’exécution, clairement définie, marque un hiatus avec les logiques diffuses du passé pour recomposer et redessiner les dynamiques territoriales.

En sus, cette territorialisation intègre dorénavant un élément longtemps resté en retrait dans la conduite de la chose publique : la culture de l’évaluation via des indicateurs de performance, audits annuels croisés, tableaux de bord, plateforme digitale de suivi ouverte ; autant d’outils qui traduisent une exigence nouvelle, celle d’un État qui accepte désormais de se mesurer, de s’observer en action, et, in fine, de rendre compte à travers des audits annuels menés conjointement par l’Inspection générale des finances IGF et l’Inspection générale de l’administration territoriale relevant du Ministère de l’intérieur, afin d’évaluer les performances.  

En somme, le Souverain Marocain sait pertinemment que la planification du territoire constitue la condition sine qua non pour le développement économique, social et culturel dans toutes ses dimensions, tant quantitatives que qualitatives à même de satisfaire les besoins essentiels des citoyens dans quelque territoire qu’ils se trouvent. Et afin d’assurer aux générations actuelles et futures de meilleures conditions de vie décentes dans une géopolitique mondiale tumultueuse, le Souverain Marocain, conscient des déroutages et des dérivations d’obédience néolibérale durant les années 1980, escompte promouvoir un modèle économique étayé sur une croissance inclusive et surtout partagée, créatrice d’emplois, et assurément distributrice de richesses pour tous les citoyens Marocains.

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Les nouvelles reconfigurations de la géopolitique mondiale : de la globalisation à la régionalisation du commerce international  

by Mustapha Maghriti 12 avril 2026
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Depuis que D.Trump a débuté son premier mandat de 45éme Président des États-Unis le 20 Janvier 2017, sa mission à la Maison Blanche a été marquée par la renégociation des accords de libre échange. En effet, l’économie de l’Oncle Sam entra dans une ère nouvelle le Mardi 4 Mars 2025, avec l’application des droits de douane ordonnés par Donald Trump sur les produits émanant du Mexique et du Canada. Ces taxes vinrent de mettre en brèche le fameux Accord de libre-échange Nord-Américain alena.

Faut-il rappeler que Donald Trump comme lors de son premier mandat, réutilise son fameux leitmotiv « America First » avec sa promesse d’un retour au protectionnisme et à l’unilatéralisme Américain pour relancer l’économie nationale. N’a-t-il pas invoqué lors de son speech de son investiture « Au lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d’autres pays, nous imposerons des droits de douane et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens. »

On s’en souvient, Donald Trump revendiqua ce spot protectionniste où à peine réinstallé dans le bureau ovale entendit mettre en œuvre sa promesse de surimposer à 25 % les droits de douane sur les importations en provenance du Mexique et du Canada. Aussi, les produits Chinois se virent assujettis d’un supplément de taxes ainsi que l’Europe, une punition douanière qui, aux yeux de Donald Trump n’importe pas assez de voitures, ni de produits agricoles Made in USA. Cela reflète la réalité d’un monde géopolitiquement plus fragmenté, mû par les rapports de force et de puissance. Cette approche fragilise le multilatéralisme, paralyse l’OMC et pousse le reste du monde à se réorganiser loin des USA.

A ce titre, les pays ripostent à ce protectionnisme outrancier en rejoignant et en signant des accords de libre-échange sans l’Amérique. En effet, malgré l’opposition de la France et d’autres États Européens (Irlande, Pologne, Hongrie, Autriche), l’Union Européenne a scellé le 17 Janvier 2026 au Paraguay, un accord avec les quatre pays d’Amérique latine Mercosur qui regroupe Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay. Le but du traité avec le Mercosur est d’intensifier les échanges de biens et de services entre l’UE et les économies latino-américaines et donner un coup de fouet au commerce transatlantique.

Ce contrat commercial représente le cinquième de l’économie mondiale et plus de 700 millions de consommateurs, de quoi donner une idée de l’ampleur de l’accord de libre-échange entre ces deux mastodontes commerciaux au regard des murs tarifiables érigés par D.Trump.

En outre, l’Inde et l’Union Européenne (UE) ont officialisé Mardi 27 Janvier 2026, au cœur de la capitale Indienne, New Delhi la conclusion d’un ambitieux accord de libre-échange qui, au terme de 20 ans de négociations, créera une zone de libre-échange de 2 Milliards de consommateurs, représentant 25 % du PIB mondial et un 1/3 du commerce international. 

Cet accord commercial inde-ue s’inscrit dans une vision stratégique de long terme, dont l’accélération a été catalysée par les dynamiques de recomposition de commerce mondial et se veut une riposte à l’administration Trump, dont l’Inde et l’UE subissent les contrecoups d’une politique commerciale protectionniste agressive et une remise en cause unilatérale des équilibres commerciaux.

La posture protectionniste de Donald Trump « fonctionne comme un aiguillon sur le reste du monde en incitant les pays à se rapprocher « , explique l’économiste Américain, Richard Baldwin, professeur à l’IMD Business School de Lausanne et chercheur au Centre for Economic Policy Research CEPR, de passage à Paris pour présenter ses travaux. Il les exposera dans son dernier ouvrage intitulé « World War Trade » ou « La guerre commerciale mondiale ».

De son côté, le Royaume-Uni, qui entendait, avec le Brexit, devenir un « Singapour-sur-Tamise », selon l’expression de l’ancien Premier ministre Boris Johnson, a rejoint à la fin 2024 le partenariat de libre-échange transpacifique CPTPP où Londres supprime les droits de douane sur 99 % de ses exportations vers ce bloc, stimulant le commerce avec 11 pays de la zone Pacifique.

En sus, l’Allemagne, la grande économie Européenne la plus extravertie et la plus fortement exportatrice, est favorable à cette perception des Accords de libre Echange loin des USA. Le chancelier Friedrich Merz a même déclaré au Bundestag qu’il envisageait à long terme, un accord avec la République populaire de Chine.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne n’a-t-elle pas argué qu’un nouvel ordre commercial est en train d’émerger, sur la base des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce omc, mais sans les Etats-Unis et même contre eux, résume cette choriste du libre-échange qui a travaillé dans l’administration de George Bush père du 20 Janvier 1989 au 20 Janvier 1993.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, aucun Etat ne veut perdre les dividendes de la mondialisation. De l’autre, aucun Etat ne veut que ses approvisionnements soient tributaires de la volonté d’un Etat considéré comme un adversaire qui est les USA à travers la montée des approches unilatérales via des droits de douane unilatéraux, remettent en cause les règles fondamentales de l’OMC.

En effet, la multiplication des tensions géopolitiques et la montée des politiques protectionnistes ont profondément fragilisé le multilatéralisme et contribué à la fragmentation du système commercial international. Fondée pour réguler les échanges mondiaux et réduire les barrières douanières, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) devait offrir un cadre commun de règles et concourir à la stabilisation des relations commerciales internationales. Son rôle apparaît aujourd’hui moins pertinent et son autorité affaiblie.

Cette perte d’efficacité alimente une désorganisation des échanges et renforce l’instabilité structurelle du commerce mondial où les États privilégient la conclusion d’accords bilatéraux ou la consolidation de blocs régionaux, au détriment d’une gouvernance économique véritablement mondiale.

Tout cela concourt à une régionalisation du commerce international, un phénomène que le patron de Coface Xavier Durant, résumait lors de son allocution d’ouverture au colloque Risque pays « décrypter les risque dans un monde incertain » organisé par la Coface le 17 Février 2026   « Il y a moins d’échanges commerciaux entre les grands blocs mais de plus en plus à l’intérieur des blocs. »

Par ailleurs, les petites nations ne doivent-ils pas utiliser le régionalisme pour pallier leur vulnérabilité économique, notamment en s’assurant un accès garanti à un plus grand marché, réduisant ainsi leur dépendance aux fluctuations tarifaires des grandes puissances, comme l’explique la théorie de Triffin. Cela permet de créer du trafic, d’abaisser les prix des biens régionaux et de structurer l’intégration économique.

Sous cet angle, l’économie Marocaine doit viser une plus grande diversification commerciale en s’ouvrant davantage sur l’ensemble des acteurs de l’économie mondiale loin des schémas classiques largement dominés par les accords commerciaux avec les USA et l’UE. La nouvelle stratégie commerciale du Maroc doit s’ouvrir davantage sur l’Afrique Subsaharienne, consolider les rapports d’ancrage commercial avec la Chine et la Russie tout en lorgnant sur les opportunités actuelles avec l’Amérique Latine. Le Marc, doit également renforcer ses liens avec la Grand Bretagne Post-brexit et les pays de l’Europe Centrale et Orientale PECOS et groupe de visegrad v4 (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie)

En somme, la montée du protectionnisme Américain a déclenché des guerres tarifaires généralisées initialement redoutées et ce dans un contexte de fragmentation des échanges où le reste du monde a poursuivi sa trajectoire d’intégration. La plupart des grandes économies continuent de considérer le commerce comme un pilier de leur modèle de croissance et cherchent activement à approfondir leur intégration via de nouveaux accords ou le renforcement d’accords existants.

Parmi ces initiatives, l’accord de libre-échange ue-Mercosur est perçu comme un outil géopolitique majeur pour contrer la montée du protectionnisme mondial, notamment Américain. Le traité pourrait créer l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde, couvrant 31 pays, 721 millions d’habitants et près de 21 % du PIB mondial.

La revitalisation de dynamiques régionales au sein d’autres États s’inscrit dans la même perspective visant à sécuriser l’accès aux matières premières, diversifier les chaînes d’approvisionnement et ouvrir des débouchés pour contrer le protectionnisme Américain de Donald Trump qui a fracturé le cadre géopolitique actuel.

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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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