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Mustapha Maghriti
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Taux directeur et l’illusion de la maîtrise de l’inflation

by Mustapha Maghriti 22 mars 2023
written by Mustapha Maghriti

Naguère critiqué par les économistes pour ses vocations classiques de ne plus se limiter au ciblage de l’inflation, la Banque Centrale est aujourd’hui interpellée plus que jamais à l’épineuse problématique de juguler l’inflation dans la mesure où cette dernière est devenue le premier nuisible qui obsède les Banques Centrales contrairement à ce qu’il prévalait il y a quelques années années de la Stagflation qui prédominaient au cours des années 1970, à la suite du premier choc pétrolier de 1973).

Cependant au regard de la récursivité des crises économiques et financières et du boom de l’inflation, BANK AL-MAGHRIB évolue vers des missions duales de médiation entre la stabilité des prix et du stimulus de la croissance économique.  

Lors du dernier conseil de BANK AL-MAGHRIB, qui suit de près la conjoncture économique et les pressions inflationnistes, tant au niveau national qu’international, tenu le 21 Mars 2023

20 Décembre 2022, le Patron de l’Institut d’Emission 
Abdellatif Jouahri a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base, soit  à 3%  une troisième fois après la hausse du 20 Décembre 2022 et ce dans l’ambition d’exorciser le spectre de l’inflation qui pèse rudement sur les entreprises et les ménages, puisque l’inflation exprimée par l’Indice du Prix à la Consommation (IPC) se situa à 5,5% en 2023.

Et tenant compte des données les plus récentes du Haut Commissariat au Plan, En 2024, sous l’hypothèse que les pressions aussi bien internes qu’externes continueraient de s’atténuer, la tendance fondamentale des prix se situerait à 2,3%, mais le démarrage programmé de la décompensation des prix des produits subventionnés devrait maintenir l’inflation globalement à un niveau élevé, soit 3,9%.

Notre propos dans cette chronique  est que non seulement BANK AL-MAGHRIB, mais plusieurs Banques centrales tombent dans le Piège insidieux de riposter aux pressions inflationnistes en adoptant des politiques monétaires rigoureuses, notamment à travers l’augmentation de leurs taux directeurs, dans le dessein de rendre plus rébarbatifs les coûts de financement des ménages et du secteur privé et faire baisser ainsi la demande agrégée, pour par la suite contenir l’inflation. 

Cette transmissibilité nous semble très schématique et réductrice de la réalité économique : Ce schéma pourrait assurément fonctionner si l’inflation était toujours et intrinsèquement un phénomène monétaire. Toutefois, la réalité économique est toute autre, elle n’est pas aussi simple que ça et une réflexion sur les sources de l’inflation montre qu’elle est transmissible par les coûts sur les marchés internationaux.

En effet, Il n’est pas douteux, qu’il s’est développée ces dernières années une propagation générale de l’inflation où les experts internationaux remarquaient qu’il y a eu au cours des dernières années, un synchronisme nettement plus étroit entre les mouvements de prix dans les différents pays qu’entre les changements dans l’intensité de la demande.

Outre, des causes internes, plus ou moins particulières expliquant l’inflation, il serait apparue des causes externes communes à l’origine, ou favorisant la poursuite de ce mouvement général ; les poussées inflationnistes se sont propagées de pays à pays, et elles se sont jusqu’à un certain point, renforcées mutuellement .

En première analyse, il est facile d’attribuer ce phénomène au développement croissant des échanges internationaux, qu’ils s’agissent de mouvements de biens et services.

Cette question étant à la fois complexe et controversée, relevons simplement quelques éléments qui paraissent essentiels : Ces effets prix sautent aux yeux quand ils prennent la forme d’une hausse des prix à l’importation.

Dans ce cas des importations, s’il s’agit de produits non concurrentiels, une hausse se répercute sur les prix de revient des industriels pour les matières premières et produits intermédiaires, sur les prix de détail dans le cas de produits finis. S’il s’agit de produits concurrentiels, il se produit des influences réciproques entre importations et concurrents intérieurs.

A titre illustratif, les fortes pressions inflationnistes au Maroc durant le premier semestre 2022 sont d’origine externe que par des facteurs intrinsèques notamment suite à l’augmentation des prix des produits énergétiques et alimentaires, mais aussi à la hausse de l’inflation chez les principaux partenaires économiques. Ceci dit que c’est une inflation importée et Bank Al-Maghrib l’a bien souligné dans les deux derniers rapports de politique monétaire. 

De ce fait, BAM s’aligne sur la trajectoire des grandes Banques Centrales à l’international pour lutter contre une inflation usuellement importée au Maroc où plus de 50% des importations du Maroc se font en Dollar et concernent principalement les produits énergétiques et céréaliers. Cette situation a propulsé l’hiatus entre le cours de référence du Dirham et son Mid panier à plus de +3,60%, soit un plus haut depuis la mise en place de la réforme de change en 2018 où ce dernier se rapproche ainsi du seuil haut de la bande de fluctuation du dirham fixé à 5%. Dans ces conditions, la parité Dollar/Dirham atteint son apogée de plus de 10 ans, à 10,81, en hausse de +17% depuis le début de l’année.

Au niveau du circuit économique, les prix échangeables représentent plus de 90% de la structure des prix au Maroc. C’est pour dire que toute oscillation à la hausse ou à la baisse des prix des inputs affecte le niveau de l’inflation. L’arme dont dispose Bank Al-Maghrib pour juguler l’inflation n’est autre que la politique monétaire à travers la hausse ou la baisse des taux directeurs pour prévenir tout désencrage des anticipations d’inflation et assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.

Bien que les prévisions de la Banque Centrale tablent sur un taux d’inflation de 2,3% en 2024, nous pensons que le revirement du cycle inflationniste dépend encore des effets de la guerre en Ukraine qui persiste encore parce que si le conflit russo-ukrainien prend une autre tournure , les hypothèses retenues par la Banque Centrale seraient perturbées et l’inflation repartirait à la hausse.

D’ailleurs, Fitch Solutions avait anticipé cette nouvelle hausse, portée à 3% en raison notamment d’une Banque centrale européenne (BCE) plus belliqueuse (étant donné que l’euro a la pondération le plus élevé dans le système monétaire géré du Maroc) et de pressions inflationnistes soutenues, et des performances économiques plus fortes que prévu, ainsi que la baisse des réserves de change qui pèsent davantage sur le Dirham.

Bank Al-Maghrib justifie la dernière hausse du taux directeur à 3% par ses prévisions du retour de l’inflation à des niveaux modérés en 2024 et non pas par ses sources qui ne sont pas monétaires. Cependant, avec les incertitudes que connait le monde actuellement, le scénario de la perpétuité de la hausse générale des prix est fort probable. Un tel synopsis pousserait les autorités monétaires, à nouveau, à relever leur taux directeur, dans le souhait de faire face à l’inflation, qui n’est pas monétaire, chose qui ne va que préjudicier davantage l’économie Marocaine. 

22 mars 2023 0 comment
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A la recherche du Bonheur

by Mustapha Maghriti 21 mars 2023
written by Mustapha Maghriti

« A la recherche du Bonheur », le titre semble dévier  l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte « The Pursuit of Happyness » de Gabriele Muccino incarné magistralement par Will Smith, Thandiwe Newton et Jaden Smith. Il n’en est rien, il s’agit de ce Lundi 20 Mars 2023, c’est le premier jour du printemps, mais c’est aussi la journée mondiale du bonheur. A cet égard, le net et les médias foisonnent de rapports relatifs aux classement des pays sur le bonheur dans le monde tel que la Sustainable Development Solutions Network,  le think-tank Britannique Legatum Institute, ou le Happiness Research communément appelé le rapport sur le Bonheur dans le Monde, ou le Happiness Research Happiness Report, en se basant sur plusieurs indicateurs tel que le PIB par habitant, l’entraide sociale, l’espérance de vie, la liberté, la générosité, la perception de la corruption.

Faut-il souligner en guise d’épilogue que les chercheurs rappellent que le bonheur est si vital à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé OMS le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé. La thématique est indémodable et le besoin du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est édifié sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur.

D’emblée, nous pensons que ces classements restent subjectifs. A l’appui de nos dires, comment des Etats d’Afrique possédant les indices du Bonheur des plus élevés comme les iles Maurice, la Libye (que l’actualité présente chaque jour comme un pays à guérilla et de dissension), la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Congo.

A notre sens, la méthode, voire le principe même de calibrer le bonheur, reste très discutable et même réfutable : On pense qu’il convient de séparer de manière tranchée et nette, d’une part la mesure objective du développement, du bien être et du bonheur collectifs et, d’autre part, la mesure subjective du bonheur individuel. Dans notre esprit, le bonheur collectif constitue un ensemble de conditions qui rendent plus facile l’accession au bonheur individuel.

Aussi et surtout, nous soutenons l’idée que ce n’est pas parce que la Finlande est en tête du classement que tous les Finlandais sont heureux, ni même qu’ils sont forcément plus heureux que les Marocains.

A l’appui de notre allégation, le classement de la Finlande au peloton des pays de la délectation et du Bonheur est fumeux en s’étayant sur les chiffres alarmants de l’Institut Statistique Européen Eurostat qui dénombre plus de 13 suicides pour 100.000 habitants, soit un taux supérieur à la moyenne européenne. Difficile avec un tel ratio de suicide et d’autodestruction prétendre à la sérotonine et au bonheur : Le suicide n’ jamais fait bon ménage avec le bonheur, l’annihilation n’a jamais fait bon flirt avec l’ascèse, le suicidaire n’a jamais fait bonne cavalière avec l’allégresse.

En sus, le rapport sur le bonheur, depuis sa première apparition, ne cesse de mettre en piédestal les pays scandinaves comme les nations qui savourent la Dolce Vita et les auteurs qui dissertent sur le bonheur, brandissent en permanence le package bonheur des vikings : équité sociale, politique familiale paritaire, économie florissante et on les décrit comme des lieux de plénitude et on en occulte presque qu’ils ont des taux de suicide parmi les plus élevés du Monde .

Cette année, le Happiness Research Institute qui siège à Copenhague au Danemark  pointe un taux de divorce et un taux de suicide tous deux assez importants, à même d’entacher la réputation du paradis du bonheur, de l’aubaine et de l’enchantement en Finlande ce qui met de manière tangible l’absence de corrélation entre développement économique et sentiment de bien-être connu communément sous l’appellation du paradoxe d’Easterlin.

Pour le cas du Maroc, rigueur scientifique nous l’oblige, nous pouvons être d’accord sur des facteurs qui rendent les Marocains moins heureux ou plus rigoureusement des soucis qui préoccupent les Marocains. A cet égard, l’étude menée par le département de Lahlimi, le Haut commissariat au Plan HCP en l’occurrence, nous renseigne sur les différentes inquiétudes dont se soucient les Marocains qui sont le logement, les questions de santé, et surtout au niveau de l’accessibilité et de la qualité des soins qui leur sont prodigués, l’éducation qui est aussi une source de chagrin et de préoccupation, les conditions de travail, le niveau de salaire et celui du système de retraite, la stabilité ou la Famille.

D’autres facteurs s’ajoutant à ceux évoqués par le HCP, nous paraissent importants, qui mettent de l’endorphine dans le quotidien des Marocains. Il en est ainsi de la religion qui apparaît comme créatrice de béatitude en apportant sérénité, réconfort et confiance aux Marocains. L’étude a démontré que 80% des Marocains estiment que la pratique du culte procure du bonheur. Ce pourcentage traduit la profondeur spirituelle de la personnalité marocaine qui, en dépit de la modernisation de sa société, reste une personnalité attelée à l’histoire avec toute sa connotation religieuse.

Cette adoration spirituelle du Marocain représente sous un angle d’analyse religieuse la nature de la personnalité de l’Homme Marocain qui, à travers la pratique religieuse, tente de se réconcilier avec soi.

DIEU n’a-t-il pas dit dans Sourate AR-RA’D (LE TONNERRE) (Verset 28), Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux “Ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah”. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs? “. A défaut, Dieu n’a-t-il pas dit dans Sourate TAHA (Verset 124), Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux “Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne”.

Bonheur et bien-être devraient donc être érigés en tant qu’objectifs de politique publique, non seulement pour leur finalité en tant que tels mais aussi pour leurs nombreux effets secondaires et leurs externalités positives car le bonheur des uns fait le bonheur des autres ; Le bonheur des gens dépendrait du bonheur de ceux qui les entourent : c’est une des conclusions des recherches menées pendant plus de 20 ans par deux scientifiques américains, dont l’étude est publiée, en décembre 2015, par le British Medical Journal (BJM).

Ce serait pourtant dans l’intérêt de tout le Maroc, car, à notre sens, plus un Marocain est heureux, plus il est productif, gagne davantage et se comporte plus civilement en société : On n’est plus, in fine, dans le Produit National Brut (PNB) ; l’économie n’a pas à elle seule la clé du Bonheur, mais bel et bien dans le Bonheur National Brut (BNB) du Maroc.

Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La notoriété, réputation ou l’argent ? Une investigation exceptionnelle menée depuis 75 années auprès de 724 Américains en apporte une preuve instructive et envoûtante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.

Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est sans équivoque, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: Ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives.

En effet, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps.

En revanche, la solitude, la réclusion subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé.

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une vieille sagesse comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples.

La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en particulier sur le plan de la communication.

Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent.

En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit !

En guise de conclusion, les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

L’Amitié : C’est magnifique quand un étranger devient un ami, mais O combien triste quand un ami devient un étranger ! .

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8 Mars et la Femme : Un panneau publicitaire Onusien aux pieds d’argile

by Mustapha Maghriti 8 mars 2023
written by Mustapha Maghriti

8 mars de chaque année, c’est la même mélodie, le même poème et le même refrain : Fleuristes, boutiques de maquillage et magasins de mode féminine s’en donnent pleinement avec la fête de la rose, la fête des cadeaux, la fête des Cœurs. Tous les 8 Mars de chaque année, la fête de la Femme revient immanquablement à grand cloutage de bons sentiments à intonation doucereuse.

Tous ces panneaux publicitaires roses enjolivées de fleurs rouges dérobent les gémissements et les afflictions d’une féminité à fleur de peau, toutes ces simagrées émaillées de fleurettes romanesques camouflent une féminitude en supplice.

Pour preuve : En Iran, tout récemment, des dizaines de filles collégiennes ont été empoisonnées. Une série d’attaques misogynes attribuées à des opposants à la scolarisation des femmes, alors que le slogan « Femmes vie liberté » continue de faire écho dans le pays. Aussi, on s’en souvient de la torture de l’innocente Iranienne Mahsa Amini par la police des mœurs chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique Iranienne ; un  martyre qui a enflammé la toile dont les images les plus virales sur les réseaux sociaux sont celles où l’on voit des Iraniennes brûler leur foulard et couper leur cheveux sur d’autres cieux.

Sur d’autres cieux, au large de l’Italie, le naufrage d’un bateau de migrants a fait 65 morts où parmi les victimes, des femmes Afghanes qui fuyaient l’oppression du régime taliban. Les Hirondelles de Kaboul pour reprendre Yasmina Khadra, principalement dans les villes, craignent un régime misogyne qui afflige la femme Afghane sur son quotidien des comportements répressifs et inquisitoriaux à aller à l’école, de travailler, subissait des mariages forcés, devait porter le voile intégral, ne pouvait sortir de chez elles sans un chaperon masculin. 

Au Maroc, chaque 8 Mars, la femme Marocaine est hissée sur un piédestal avec des proses en eau de rose sur un ton doucereux, des slogans qui dissimulent l’écran de fumée d’une réalité phallocrate dans le gémissement et la souffrance, non pas d’une journée célébrée, mais des temps d’épreuves et de chemin de croix sans parvenir à l’équité des chances, dans tous les domaines de la vie. 

À coup de préjugés, de clichés, d’idées reçues odieusement héritées au fil des générations, la discrimination de genre dépouille notre société de l’apport féminin. Or, aujourd’hui plus que jamais, l’évaluation de la performance doit répondre à une logique asexuée. Le corpus de la Constitution de 2011 avait jeté les bases d’une meilleure consécration de la femme, mais leur traduction sur le terrain reste encore lacunaire.

On s’en souvient au Maroc de la fameuse affaire  » sexe contre bonnes notes » qui a embrasé les réseaux sociaux à la Faculté des sciences de l’éducation de Rabat, l’Université Moulay Ismaïl de Meknès et l’Université Abdelmalek Essaâdi de Tétouan, à l’université de Settat dans laquelle plusieurs professeurs débauchés, jouisseurs et noceurs ont été impliqués dans des avances indécentes contre validation de notes.  » Sexe contre bonnes notes » ne constitue qu’une partie émergée de l’Iceberg ; ce phénomène ne passe-t-il pas sous silence et sous le joug d’une culture machiste et mieux encore inculquée de misogynie à l’égard des femmes et crée un climat d’impunité et reloge la Femme dans une situation d’être humain offensé et dessaisi dans ses droits fondamentaux sans que justice soit rendue.

Combien de femmes éventuellement silencieuses sous plusieurs sujétions ont-elles été victimes du corps professoral avant que les gouttes d’eau ne font déborder le vase pour que des témoignages et aveux finissent par faire surface ? Combien de manœuvres ordurières analogues se déroulent au jour le jour dans des établissements d’éducation, supérieure ou universitaire, publique ou privée, mais aussi dans le monde professionnel ? Combien de femmes, de sœurs, de filles, de mères, allons-nous sacrifier en nous rendant coupables de couvrir leurs silences de bourreaux, alors même que partout dans le monde les voix s’élèvent contre la prédation des femmes.

Avec le foisonnement des nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’hémorragie des réseaux sociaux, le Haut Commissariat au Plan, dans ces derniers rapports, invoque la cyber-violence, comme étant une nouvelle forme de violence ayant éclore qui touche plus de 1,5 Million de femmes au Maroc avec une prévalence par le biais de courriels électroniques, d’appels téléphoniques, de SMS, …etc. 

En France, les violences intrafamiliales physiques ou sexuelles, ont augmenté de 16% en un an. Une large majorité des victimes sont des femmes. Et selon les Nations unies qui dénoncent un revers majeur pour la santé maternelle, toutes les deux minutes une femme meurt dans le monde à cause de complications dues à la grossesse ou à l’accouchement.

En sus, les progrès en matière d’égalité de traitement pour les femmes ont été les plus faibles depuis 20 ans selon le dernier rapport de la Banque Mondiale « Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2023», un rapport qui mesure les lois et règlementations de 190 pays dans huit domaines ayant un impact sur la participation économique des femmes : mobilité, travail, rémunération, mariage, parentalité, entrepreneuriat, actifs et retraite. Ces données fournissent des repères objectifs et mesurables quant aux progrès mondiaux en matière d’égalité des sexes où près de 2,4 Milliards de femmes n’ont toujours pas les mêmes droits juridiques que les hommes : Plus de la moitié d’entre elles vivent dans les régions d’Asie de l’Est et Pacifique (710 Millions) et Asie du Sud (610 Millions).

Le 8 Mars doit être un point d’orgue de réflexion et de visibilité pour les associations de défense des droits des Femmes. C’est aussi une opportunité de focaliser l’attention des médias, des politiques et de l’opinion publique sur les inégalités et les injustices dont les femmes sont victimes à travers le monde, car il reste, du chemin à parcourir pour que l’équité́ genre soit totale : Selon le Rapport mondial sur l’écart entre les sexes 2022 du Forum économique mondial, au rythme où vont les choses, il faudra attendre encore 132 ans pour combler l’hiatus entre les genres dans les domaines de la politique, de l’économie, de la santé et de l’éducation.

Les Femmes avec un grand F Majuscule, dans leurs profondes différences, relèvent de grands challenges, au jour le jour sans attendre un 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur dignité et leur intégrité.

Pour preuve, faisons un flash-back sur le rôle chevaleresque et héroïque de la Femme Marocaine lors de la pandémie du Covid-19 : Les Femmes n’ont-elles pas été aux premières lignes de la crise COVID-19, en tant que travailleuses de la santé, pourvoyeuses de soins médecins, soignantes, innovatrices, organisatrices communautaires et parmi les leaders nationaux les plus exemplaires et les plus efficaces dans la lutte contre la pandémie ? La crise du Coronavirus n’a-t-elle pas mis en évidence à la fois le caractère central de leurs contributions et la charge disproportionnée que les femmes portent ?

La pandémie du Covid-19 n’a-t-elle pas montré les incroyables efforts déployés par les femmes Marocains et les femmes du monde entier pour façonner un avenir et une relance plus égalitaires à l’heure du Coronavirus et post COVID-19 ?

Sur d’autres cieux, les Femmes dirigeantes et les organisations de femmes ont fait montre de leurs compétences, de leurs connaissances et de leurs réseaux pour mener efficacement des plans de lutte et de relance face à la Covid-19.

Aujourd’hui plus que jamais, chacun reconnaît que les femmes apportent des expériences, perspectives et compétences différentes, ainsi que des contributions irremplaçables en faveur de décisions, de politiques et de lois qui fonctionnent mieux et profitent à tous.

La plupart des pays qui ont mieux réussi à contenir la vague de la pandémie de Covid-19 et à répondre à son impact sanitaire ainsi qu’à l’ensemble de ses répercussions socio-économiques sont dirigés par des femmes.

A titre illustratif, les Cheffes de gouvernement du Danemark, de l’Éthiopie, de la Finlande, de l’Allemagne, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande et de la Slovaquie n’ont-elles pas été largement reconnues pour la rapidité, la détermination et l’efficacité de leur réponse nationale à la Covid-19, ainsi que pour la compassion dont elles ont fait preuve dans leur communication d’informations factuelles sur la santé publique ?

Loin de tout abus de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, il est un Must de raccommoder les préceptes de l’Islam, réconcilier les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater un subconscient humain gravitant dans l’orbite des valeurs de la familiarité, de l’attachement et la dévotion.

Ne doit-on pas poser ces apostrophes qui montrent les valeurs de la Femme à travers notre histoire ? Qui était le premier à croire à la mission ardue et noble de tous les temps et de toute l’humanité du Prophète SIDNA MOHAMMED que la prière d’ALLAH et son salut soient sur LUI ? N’est pas une femme ?

C’est une Femme qui est la première épouse du prophète de l’islam, la mère des croyants et croyantes, KHADIJA bint Khuwaylid qu’Ibn Kathir la décrit comme une femme noble et d’une grande intelligence. La SAINTE KHADIJA bint Khuwaylid crut tout de suite à la mission de SIDNA MOHAMMED que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI, et devient la première convertie après la révélation du Prophète. 

Aussi, quelle est la personne qui a été le plus aimé chez notre prophète ? N’est ce pas une Femme qui est la Sainte AICHA : Selon Amr ibn al ‘Ass, il demanda au Prophète -Prières et bénédiction d’Allah sur LUI- : « Quelle est la personne que tu aimes le plus ? Il dit : « ‘AICHA » 

En sus, sur qui le prophète SIDNA MOHAMMED que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI s’est rendu l’âme ? N’est ce pas sur les pieds d’une Femme, en l’occurrence sur les saints pieds d’Oummouna AICHA. 

Le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim “Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes.” 

Aussi, d’après Abou Houreira qu’ALLAH l’agrée, le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur lui a dit : “Les croyants ayant la foi la plus parfaite sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes”. 

Au regard de cette agression à l’encontre des femmes, le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, nous recommande dans ce récit, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles, pour preuve, il les fait ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant son décès : ” Je vous conseil la bonté envers les Femmes”. 

8 mars 2023 0 comment
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Géopolitique Sud-Méditerranéenne envers le Maroc : Quels sont les dessous d’une géostratégie Espagnole?

by Mustapha Maghriti 22 février 2023
written by Mustapha Maghriti

Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé l’illustre allégorie pour définir  » le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe. »

Le chef de l’Exécutif Espagnol a fait sienne cette phrase de Feu Hassan II de façon pragmatique ; la 12ème Réunion de Haut Niveau mixte Morocco-Espagnole tenue à Rabat le 2 février 2023, les récentes déclarations du Souverain Espagnol Felipe VI et du Chef du Gouvernement Espagnol Pedro Sanchez, sur le partenariat avec le Maroc vital pour les deux pays, essentiel pour les deux continents, les faits et la réalité qui confirment l’importance du Maroc pour l’Espagne, et pour l’Europe mettent tout l’éclairage et le pragmatisme sur cette célèbre métaphore de Feu Hassan II.  

Déjà, Mercredi 25 Janvier 2023 à Madrid, le Souverain Espagnol Felipe VI, dans une allocution à l’occasion d’une réception accordée aux Ambassadeurs accrédités en Espagne,  affirma que la réunion de haut niveau entre le Maroc et l’Espagne permettra d’approfondir « les vastes relations bilatérales » tout en rappelant que le voisinage naturel de l’Espagne et les liens étroits qui nous unissent dans différents domaines ne doivent pas être négligés et ce en replaçant le partenariat dans la permanence du fait de l’histoire et de la géographie.   

Certes, la décision de lubrifier la mécanique économique entre le Maroc et l’Espagne n’est pas primesautière, mais judicieusement réfléchie par l’Exécutif Espagnol et ce pour plusieurs raisons économiques et géopolitiques : 

– Primo, l’Espagne sait opportunément que le Maroc est le trait d’union géostratégique entre la Méditerranée et l’Afrique à travers une clairvoyance Royale persuasive qui apostrophe les Espagnols, Méditerranéens, les Européens et les Africains,

– Secundo, le Royaume d’Espagne a appréhendé les séquences vertueuses porteuses de co-développement, de coproduction et du partenariat (avec la signature d’une vingtaine d’accords destinés à faciliter les investissements espagnols au Maroc) avec un pied au Nord (Europe) et un pied au Sud (Afrique) de leur chaîne de valeur industrielle. Cette stratégie permettra à Madrid, de bénéficier de la proximité géographique, d’une part, et de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents au Sud, d’autre part,

– Tertio, l’Espagne sait indubitablement que face à la concurrence des USA et de la Russie, la Chine courtise l’Afrique en délocalisant plus de 85 Millions d’emplois manufacturés en Afrique, une offensive géopolitique menée à la fois par les entreprises publiques et privées, les décideurs politiques et les diplomates, lui permettant de s’ancrer sur la rive Sud Méditerranéenne pour approvisionner l’Europe. De ce fait, l’Espagne pointe le Maroc, car il est l’itinéraire géostratégique vers les créneaux chinois,

– Quarto, l’Espagne sait que le terrain entre l’Europe, à travers l’Espagne et l’Afrique via le Maroc est toujours en friche ; un raccordement en jachère qui accouplera  l’Afrique du Nord à l’Afrique Subsaharienne en pleine ébullition économique à travers des secteurs tel que le transport, la logistique, l’énergie, ainsi que le développement des provinces du Sud du Maroc qui sont entrain d’être enrichies et fortifiées de zones industrielles, de zones franches, de technopoles et de clusters industriels. L’Espagne sait immanquablement que l’axe Rabat-Madrid est le pivot fructueux des relations entre le Nord, le Sud de la Méditerranée et le reste de l’Afrique.

A ce titre, l’Espagne, en complémentarité avec le Maroc et ses partenaires de la rive Sud, est plus que jamais interpellée à peser dans la région Méditerranéenne, notamment à travers l’Union pour la Méditerranée UPM qui, faut-il rappeler, est une organisation intergouvernementale fondée le 13 juillet 2008, lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée qui est destinée à renforcer les acquis du Partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone regroupant 43 pays sur la base d’une co-présidence  paritaire entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée.   

– Quinto, Madrid sait que le Maroc recèle d’énormes gisements économiques et de potentialités, humaines et naturelles, pouvant être un relais de croissance et de dynamique économique pour l’Espagne et l’Europe.

Une telle vertu géostratégique impliquerait, de la part de Madrid, une coopération plus engagée et plus responsable, en concordance avec les priorités de l’agenda du Maroc, tout en fédérant le rôle de Rabat en tant que protagoniste incontournable dans le reformatage de la Politique Européenne de voisinage.

Madrid pense, en terme dialectique : La stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que sa dynamique économique et productive, passent indéniablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée et de l’Afrique ; que le progrès économique du Maroc est liée à celle de l’Espagne et inversement, termes qui ont été d’ailleurs utilisés dans l’épître adressée au Souverain Marocain par le chef de l’exécutif Espagnol Pedro Sanchez.

Sous cet angle, Madrid pense qu’il est impérieux de refonder les conditions économiques et sociales à même d’enfanter de nouveaux modèles de dynamique économique, plus endogènes, plus durables et plus inclusifs porteurs d’investissement, de croissance, de revenus et d’emploi qui seront altruistes et plus avantageux au Maroc à l’Espagne et à toute la ceinture Sud-Méditerranéenne.

Aussi, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda de l’Espagne ? Madrid l’a bien pressentie, en se dotant d’une vision agencée sur des orientations aspirant à la consolidation de la coopération régionale en Méditerranée, bâtie sur la création d’opportunités économiques en faveur des jeunes. Cependant, cette orientation ne doit pas nous faire inculquer une vision fataliste et apathique de la part du Maroc et des pays Africains; ils doivent réaliser de manière intrinsèque leur propre “ suée ” économique, sociale et politique en termes de réformes économiques, de gouvernance, de démocratie, d’État de droit, d’inclusion et d’équité sociale. 

– Sexto, Madrid, qui se trouve acculée à l’épée de Damoclès de l’immigration illégale, sait inévitablement que le Maroc est l’allié stratégique pour tamponner ce fléau ; le Maroc est le seul associé fédéré sur lequel l’Europe pour s’accouder pour amplifier son omniprésence en mer Méditerranéenne dans le dessein de dissuader les prétendants à « l’Eldorado Européen « .

Madrid n’a-t-elle pas mis en avant la baisse de plus de 25 % de l’immigration illégale en 2022 grâce à sa coopération policière avec Rabat, avec 31 219 migrants entrés illégalement en Espagne en 2022 ?

Madrid tout comme l’Europe sait que sans planification et sans coordination avec le Maroc en  rive Sud du Méditerranée, ce mécanisme rénové dans sa nouvelle mouture du « Pacte Européen sur la Migration et l’Asile », comme ceux qui l’ont précédé, serait un coup d’épée dans l’eau. Ne s’agit-il pas d’un même destin pour les deux rives ?

L’Espagne doit amener l’Europe à s’impliquer davantage dans le processus de co-développement qui, en garantissant la prospérité en Afrique, limitera les flux migratoires en convaincant les partenaires Européens que la stabilité de la rive sud et les prouesses économiques du Maghreb constitueraient la meilleure armature et le véritable rempart contre l’immigration clandestine. Pour ce faire, le nec plus ultra serait d’aider les pays du pourtour sud Méditerranéen pour accélérer rapidement l’émergence économique de leur tissu industriel, une émergence porteuse de croissance et d’emploi.

Le Maroc est irréprochablement dans cette posture : Le Royaume dispose d’un tissu économique qui permet d’en faire un Hub Euro-africain capable de contribuer à une meilleure redistribution des richesses et des hommes entre les deux rives. Surtout, que le Maroc est réputé sur le plan  mondial, africain par sa tolérance grâce à un Islam du milieu et, de ce facto, il constitue un blindage contre les extrémismes de tout bord.

Avouons le dans cette chronique : La jeunesse Africaine n’est pas une souche particulière, la jeunesse Africaine n’est pas délétère par nature, elle ne s’expatrie pas par amour d’émigration à la quête de l’eldorado, elle ne succombe pas au terrorisme parce qu’elle y est une fatalité.

Nous croyons fermement que la jeunesse Africaine  a juste besoin d’emploi, d’opportunités économiques, de stabilité, d’investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes . A défaut, elle hallucine que le pays de cocagne est en Europe.

A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme et l’immigration clandestine, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper. Feu Hassan II, en Mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ».

C’est tout le sens que doit donner l’Europe à la vision Africaine, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social. L’Europe doit cesser de continuer à faire la politique de l’autruche !!

La promotion d’une approche sécuritaire régionale pour la pérennité de la paix et de la dynamique du développement n’appelle-elle pas à la prise en compte de toutes les dimensions stratégiques du Maroc, du bloc Sud-Méditerranéen et Africain?

Penser ainsi, le Maroc n’exige-t-il pas de concevoir cet espace régional non pas comme une région perclus, mais comme une interface dynamique, capable d’assurer la connexité des territoires qui l’entourent ? Reconnaissant le, l’Espagne l’a bien appréhendée en faisant le pari de se réconcilier avec Rabat et l’ouverture sur son continent et ce en optimisant sa position géostratégique le Maroc . La 12ème Réunion de Haut Niveau mixte Morocco-Espagnole en est la meilleure illustration.

– Ultimo, l’Espagne sait notoirement que l’Afrique, de part en part du Maroc, est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient de revaloriser au profit du développement durable.

André Frossard n’a-t-il pas dit que “L’Europe cherche avec raison à se donner une politique et une monnaie commune, mais n’a-t-elle pas surtout besoin d’une âme” ? Cette âme et sœur ne peut être que l’Afrique à travers le pont qui est le Royaume Chérifien du Maroc.

Voilà pourquoi l’Espagne entend profiter de cette géostratégie Sud-Méditerranéenne, tant ses ressources et son ancrage qu’il trame avec l’Afrique, à travers le Maroc, lui lotit un rôle géopolitique. dans le cadre d’une approche fondée sur la complémentarité et la convergence des intérêts.

22 février 2023 0 comment
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Une géopolitique Méditerranéenne Française sournoise contre le Maroc

by Mustapha Maghriti 30 janvier 2023
written by Mustapha Maghriti

 » L’amitié se fortifie dans les épreuves et grandit avec le temps » dit l’adage français. Ce qui s’est passé récemment avec l’attitude sournoise du Gouvernement Français vient de sceller au contraire une belle preuve d’indignation envers le Maroc : Notre voisin, la France complote sur le dos du Royaume, et accueille, en catimini, dans la capitale française, l’Élysée, le logographe du régime répressif Algérien, Saïd Chengriha confirmant les intentions de l’axe Paris-Alger.

Ne s’agit-il pas d’une altération et d’une déchéance qui stigmatise et ternit une géopolitique millénaire et séculaire entre Paris et Rabat en exhibant les cryptographies serpentines et  sinueuse de la politique étrangère Française, où l’Elysée paraphe des contrats d’armement au nom des « micmacs » et spéculations politiciennes.

Cette félonie Française qui borde l’accueil ésotérique de Saïd Chengriha révèle l’écran de fumée, la gueule taciturne et l’ambivalence du Gouvernement Français qui, d’une part, tambourine le Maroc et, de l’autre, adule l’Algérie, avec une irrévérence insidieuse et une certaine immoralité politique, une cause Nationale pour le Royaume et son peuple : La ferme Souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud. N’est-ce pas le substrat du cachet des contrats fructueux de fusillade où l’on sait congrûment à quoi vont servir les 23 Milliards de pétrodollars réservés par le régime Algérien à l’armement au titre de la seule année 2023 avec une envolée de plus de 120% par rapport au budget 2022.

En effet, les récents contrats d’artillerie livrés par l’Elysée, l’exhaussement colossal du budget militaire de la junte militaire intrépidement belliqueuse en 2023 et la visite de Saïd Chengriha à Paris pour décaisser les caisses du complexe militaro-industriel français viennent corroborer, un chavirage irréfutable de l’Elysée sous Mandat présidentiel de Macron vers l’Algérie au préjudice du Maroc et de ses intérêts géostratégiques. De ce fait, ce qui s’est avéré être de la tergiversation française est dorénavant un choix manifeste qui alerte sur les irréfragables desseins géopolitiques de l’axe Paris-Alger.  

Regardons-nous en face, disons les 4 vérités en face à la France : Que représente la visite de Said Chengriha à Paris et le contrat du siècle de l’armement signé avec l’Elysée ? Assurément, des fusils pour flinguer et ébranler notre Patrie et attiser le feu du conflit stéréotypé et chimérique autour des sables d’Or du Maroc.

Avouons-le, aujourd’hui, il y a une vérité diplomatique sournoise et insidieuse à éclipser où Paris est écartelé entre sa relation stratégique avec le Maroc, ses équivoques profondes avec le Maroc au sujet des fondamentaux et des invariantes du Royaume et ses liaisons contraintes avec l’Algérie.

Plusieurs apostrophes interpellent notre politique de Voisinage avec la France, en particulier et avec l’Union Européenne en général :

Pourquoi Paris a-t-elle préféré de tourner les armes françaises contre le Maroc ? La France n’est-elle pas entrain de préjudicier le voisinage à cause de juteux contrats avec Alger ?

La visite du chef d’état-major de l’armée Algérienne par l’achat des armes contre notre Patrie ne constitue-t-elle pas un test de fiabilité de nos relations et de leur sincérité, et de savoir si elles ne sont pas réduites à un simple slogan ? Historiquement, aux temps d’épreuve du voisinage, le Maroc n’a-t-il pas soutenu la France lors de la Seconde Guerre mondiale par les « GOUMIERS MAROCAINS » soldats d’élite ?

Curieusement, quand il s’agit de se coaliser avec l’Algérie, le Maroc sort du radar de la France, mais quand il s’agit de la politique migratoire ou de terrorisme, le Maroc redevient le gendarme de l’Union Européenne. Étonnamment, Alger dont le régime est d’une grande précarité, dépourvue de toute légitimité politique, confronté à un désaveu interne sans précédent, d’un pouvoir militaire maladroitement récusé par les Algériens eux-mêmes, combien apparaît, au contraire, très fréquentable aux yeux de l’Elysée.

La fréquence de ces errances Algériens en France est qu’elles interférèrent avec un contexte politique singulier où la dextérité diplomatique Marocaine cherche à persuader Paris de trancher le nœud gordien de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ses sables comme l’avait fait ostensiblement et sans détour la maison blanche lors du mandat du républicain Donald Trump et confirmé par le démocrate Joe Biden.

La génuflexion d’Alger pour Paris a bel et bien une raison : Les généraux Algériens savent indubitablement que Paris possède la dernière cheville pour mettre en sarcophage le phantasme séparatiste du Polisario. Dit autrement, les militaires Algériens savent pertinemment que si la diplomatie Française scelle à découvert l’orientation de Washington, elle entraînera derrière elle l’ensemble de l’armature Européenne.

Et pertinemment le fait que Paris carotte cette carte et sa capacité d’entraînement Européen que le régime militaire Algérien est en train de s’incliner à l’Elysée en lui consentant toutes les privilèges politiques économiques et stratégiques à même d’empêcher Paris de se rallier du côté de Rabat pour son droit irréversible de son Sahara.

Pour reprendre, in fine, les proses du Souverain su 20 Aout 2022 à l’occasion du 69ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple,  le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international. C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit. S’agissant de certains pays comptant parmi nos partenaires, traditionnels ou nouveaux, dont les positions sur l’affaire du Sahara sont ambiguës, Nous attendons qu’ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement, d’une manière qui ne prête à aucune équivoque.

Avec de vrais partenaires, on ne manœuvre pas derrière le dos sur une question fondamentale, enraciné dans l’ADN de plus de 36 Millions Marocains qui est le SAHARA.

30 janvier 2023 0 comment
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Davos 2023 : un Forum économique et une mondialisation aux pieds d’argile

by Mustapha Maghriti 24 janvier 2023
written by Mustapha Maghriti

Le Forum économique mondial, qui réunit chaque année le milieu du Business International, responsables politiques, organisations internationales, intellectuels, et journalistes afin de débattre des paris et des challenges de la mondialisation, a fermé ses rideaux Vendredi 20 Janvier 2023 sur des débats de la géopolitique mondiale d’après Covid et d’après guerre Ukraino-Russe.

Les débats de Davos 2023 ont peu porté sur les solutions et les partenariats public-privé pour relever les défis mondiaux les plus impérieux telque les disettes énergétiques et alimentaires dans un contexte de changement climatique , de l’envolée de l’inflation , des risques de dettes publiques non honorées et de récession économique, du conflit russo-ukrainien et des bouleversements géopolitiques qui l’accompagnent, des aides humanitaires et de la reconstruction alors qu’on a cru qu’ils ambitionneront dans la  53éme édition d’améliorer l’état du monde et de tenter de trouver des solutions impératives aux grands problèmes urgents de la géopolitique internationale. 

Les discussions ont basculées et centrées sur comment les 3 premières puissances mondiales USA, Europe et la Chine vont cohabiter ensemble dans une nouvelle ère économique d’après Covid et Post guerre en Ukraine de façon plus ou moins autonome. De ce fait, les masqués sont tombés au Davos 2023 et d’ores et déjà  il n’y a plus de grandes puissances que ce soit les USA ou la Chine qui veut jouer à la philanthropie de l’Organisation Mondiale du Commerce OMC.

Dans cette kermesse des riches, on a remarqué comment la Chine et les USA défendirent farouchement leur intérêt ; des intérêts qui s’apparentent à des stratégies d’équilibre de Nash, dans lequel chacune des parties ne peut rompre l’équilibre qu’en s’exposant à être détruit ou ce qu’on appelait à l’époque de la guerre froide, l’équilibre de la terreur ou destruction mutuelle assurée entre, d’une part par l’Union soviétique (et ses satellites au sein du Pacte de Varsovie), et d’autre part par les États-Unis (et ses alliés au sein de l’OTAN).

L’Union Européenne aussi dans ce Forum économique fustigea la loi IRA « Inflation Reduction Act » et son volet protectionniste, laquelle conjugue non seulement des investissements massifs dans le secteur de l’énergie et en faveur du climat, mais aussi de fortes subventions de 400 Milliards de Dollars d’aides à la relocalisation sur le sol Américain, comme les véhicules électriques, les batteries ou encore les projets d’énergie renouvelable.

De telles subventions font craindre à l’Europe une distorsion de concurrence et un exode de ses industriels de l’autre côté de l’Atlantique. Venant d’un Etat allié, le coup sera rude pour les industriels Européens. A défaut de subventions équivalentes, Paris cherche à convaincre Bruxelles d’imposer des mesures de rétorsion.  

L’IRA va amplifier la prise de conscience de la part des Européens qu’ils sont de plus en plus pris en étaux entre deux superpuissances avec les Etats-Unis qui prennent le chemin comme la Chine d’une économie de plus en plus dirigée et protectionniste  pour paraphraser Elvire Fabry, experte de politique commerciale à l’Institut Jacques Delors. 

De telles désagrégations sont à la base des lignes de fracture géopolitiques, une fragmentation géoéconomique qui pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 7% du PIB, voire jusqu’à 8 à 12% dans certaines économies et pourrait réduire le PIB mondial de 0,2% selon le dernier rapport du Fonds monétaire international FMI publié le 15 Janvier 2023, un jour avant l’ouverture du forum.

Le Forum de Davos n’est plus considéré comme le temple de la mondialisation, il est plutôt un sommet post-mondialisation : La crise sanitaire, le retour de la guerre en Europe, la menace chinoise sur Taïwan, la flambée des prix de l’énergie et le dérèglement climatique ont mis fin à la perception d’un monde ouvert. 

Les mots récurrents au Forum Davos 2023 sont : résilience, adaptation ou souveraineté économique nationale où la Ministre du Commerce et de l’Industrie des Pays-Bas défendait la souveraineté industrielle de l’Europe dans le secteur des semi-conducteurs qui est un équipementier fondamental sur l’échiquier de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Dans une interview diffusée sur la chaîne Américaine CBS le premier Janvier 2023, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a anticipé une année difficile pour l’économie mondiale, dont 1/3 devrait entrer en récession en 2023. Les trois principales économies – les États-Unis, l’Union Européenne et la Chine – ralentissent toutes simultanément. Si « les États-Unis sont en mesure d’éviter la récession », l’Union européenne a quant à elle été très durement touchée par le conflit Russo-Ukranien, la moitié de l’UE sera en récession.

Ces multiples « Ouragans » politiques, économiques et les remous sociaux dans une époque où l’hiatus entre les riches et les pauvres se creusent un peu partout sous l’effet des crises, comme l’a montré le rapport de l’ONG Oxfam où selon ses auteurs les inégalités économiques ont atteint des niveaux alarmants et proposent une taxation « platonique » des riches pour imposer les revenus et le capital des plus aisés et les incertitudes créèrent une fragmentation accrue aux niveaux mondial et national, comme il a souligné Klaus Schwab, Fondateur et Président exécutif du conseil d’administration du WEF, lors de la cérémonie d’ouverture du Forum.

Ainsi, au regard d’une « Coopération dans un monde fragmenté » pour reprendre l’intitulé de la 53éme édition du Forum de Davos 2023 qui reflète la réalité épineuse de la géopolitique mondiale, seule une coopération accrue peut épauler l’économie mondiale et chaque économie à surmonter la crise selon les propos même du fondateur et président exécutif du WEF, Klaus Schwab afin de freiner l’érosion de la confiance que connaît le monde.

En outre, sans une implication plus audacieux et énergique des prépotences économiques et  politiques c’est comme un coup d’épée dans l’eau pour réussir les transitions écologiques, économiques et sociales incontournables. Certes, l’on peut fulminer, protester, plaider pour une démondialisation à cor et à cri, les possesseurs des espaces économiques et politiques hégémonique ont grappillé surabondamment de capital, de know-how, de technologie pour qu’une nouvelle gouvernance mondiale et une plus répartition seyante des richesses se fasse avec les damnés de la mondialisation.

Cependant, face à une fragmentation que connait l’économie mondiale, et pour paraphraser Dani Rodrik : A la place de récriminer des espaces fermés et de plaider pour le protectionnisme et des mesures de représailles et de rétorsions économiques et commerciales,  nous devons reformater et réédifier un équilibre circonspect entre gouvernance nationale et gouvernance mondiale à travers des moyens initiateurs pour réconcilier les actuelles tendances inégalitaires de la géopolitique et des technologies avec la démocratie et l’inclusion sociale par une géopolitique mondiale pluraliste où les États-nations conservent décemment d’autonomie pour rebâtir leur propre contrat social et développer des stratégies économiques à la mesure de leurs besoins.

24 janvier 2023 0 comment
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Le Forum de Davos 2023 à l’ère d’une géopolitique mondiale fragmentée

by Mustapha Maghriti 18 janvier 2023
written by Mustapha Maghriti

Créé en 1971, le fameux Forum économique mondial de Davos réunit chaque année le milieu des affaires, responsables politiques et d’organisations internationales, intellectuels, et journalistes afin de débattre des enjeux de la mondialisation, a ouvert son bal hier Mardi à Davos pour sa 53éme édition après deux années de reports et d’annulations pour cause de Covid19.

Le Forum de Davos, qui a longtemps chanté en chorale les vertus du libre échange en  donnant le ton d’une mondialisation heureuse, a entrouvert ses portes dans un climat diamétralement différent : La mondialisation est en panne d’inspiration, la guerre est en Europe, et la géopolitique mondiale érige de nouvelles murailles. 

La normalité n’est plus ce qu’elle était. Les crises foisonnent et s’entremêlent comme l’a souligné le bâtisseur du Forum, Klaus Schwab : L’économie mondiale est accolée à des antagonismes immenses. La croissance s’est essoufflée où selon les dernières prophéties de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques OCDE publiées hier Mardi 17 Janvier 2023 de l’économie mondiale va subir un coup de frein passant de 3,1% en 2022 à 2,2% en 2023, avant de rebondir à 2,7% en 2024, tandis que la forte inflation s’est généralisée à l’ensemble des pays et des produits et s’avère persistante.

Les ruptures d’approvisionnement énergétique pourraient faire encore ascensionner les prix. Les hausses en cascade de taux directeurs nécessaires pour endiguer l’inflation, accentuent les fragilités financières. La guerre que mène la Russie contre l’Ukraine a provoqué un choc de très grande ampleur sur les prix de l’énergie, sans précédent depuis les années 1970.

L’économie mondiale paie une lourde « fustigation » à la hausse des prix de l’énergie, qui risque de s’aggraver en cas d’insuffisance des stocks de gaz européens et exacerbe les risques de surendettement dans les pays à faible revenu, mais aussi d’insécurité alimentaire.

Dans un tel contexte tumultueux, un rationnement de l’énergie pourrait s’imposer en Europe et les pays du monde entier pourraient en pâtir, sur fond de renchérissement du gaz à l’échelle mondiale. Il en résulterait une atrophie de la croissance et une augmentation des prix en Europe et dans le reste du monde.

En substance, Davos 2023 est acculé à des défis qui se chevauchent et s’entremêlent : la crise climatique, une pandémie mondiale, des conflits armés, l’insécurité alimentaire généralisée, une inflation généralisée et des millions de personnes étranglés par les bas salaires ou le chômage.

D’antan, Davos rêva d’une libre circulation des marchandises et des capitaux, une intégration des chaînes de production à l’échelle mondiale, et de la technologie pour le bien commun, mais, hélas, autant en emporte le vent, s’est heurté à des obstacles géopolitiques mondiales: L’incertitude est partout, le libre-échange, prôné par les ultralibéraux de DAVOS, est mal en point, la guerre hante l’Europe et la récession semble être l’horizon commun à tous.

Pour preuve, le milieu des affaires qui converge vers la Mecque du business est sans boussole où après avoir fait preuve d’un optimisme débordant l’an dernier, les dirigeants d’entreprise sont passés à l’extrême inverse de pessimisme : Près de 80 % des PDG mondiaux anticipent une baisse de la croissance économique mondiale au cours de l’année à venir, selon la 26éme édition de l’enquête « Global CEO Survey » du cabinet PwC réalisée auprès de plus de 4.400 dirigeants de 105 pays et publiée à l’occasion du forum de Davos.

D’ailleurs l’intitulé de la thèmatique de cette année 2023 est très révélatrice   « La coopération dans un monde fragmenté » où le forum de Davos escompte ressouder un monde qui se fragmente et où les participants à Davos analyseront comment le double déclenchement de la pandémie de COVID19 et de la guerre en Ukraine ont ébranlé un système mondial déjà velléitaire.

En somme Davos dans sa 53éme édition n’a jamais été rencogné à des enjeux et des défis aussi inédits qu’en 2023 où le monde se remet d’une pandémie globale, en s’efforçant de contenir les contrecoups ravageurs de l’anathème climatique et surfe dans un typhon géopolitique mondile en Burn-Out suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une invasion qui n’a pas manqué de préoccuper, non seulement le milieu des affaires et les organisations syndicales, mais aussi les différents responsables nationaux et internationaux, réunis au Forum Economique Mondial de Davos, et à leur tête les institutions de Brettons Woods, le Fonds Monétaire international (FMI) qui s’interpellent sur la manière de réprimer ce qu’on appelle la fragmentation géopolitique marquée par un affaiblissement de multilatéralisme et un retour vers le protectionnisme, à même à réformer les systèmes de la gouvernance mondiale, afin de rétablir la confiance et le renforcement de la coopération internationale déjà émiettée.

La Chine et sa « maniaquerie » politique “zéro Covid” : Alors que la plupart des autres pays sont revenus à une situation normale, la Chine est submergée en ce mois de janvier 2023 par une importante vague d’infections et de décès due au Covid19 et la population subit jusqu’à ce jour les affres d’un confinement extrêmement draconien qui ne cesse d’avoir des effets pervers sur l’économie mondiale où le pays est en train de propager ses difficultés d’approvisionnement au reste du monde et attise une géopolitique mondiale déjà compliquée et fragmentée.

L’économie mondiale ne peut se soustraire de l’instabilité  d’une géopolitique internationale dispersée et disloquée battant en brèche la rémission de l’économie internationale, d’autant plus qu’outre la contorsion des finances publiques, du durcissement des politiques monétaires, du regain du protectionnisme et des pressions inflationnistes, suite, notamment, aux augmentations des prix des carburants, d’autres produits d’importation essentiels comme les produits alimentaires et l’épineuse problématique de l’énergie.

Dani Rodrik avait raison de critiquer impétueusement la mondialisation économique portée à outrance, et suggère une explication plus pondérée des raisons pour lesquelles la psychose hyper-mondialiste des gratins et des technocrates a calfeutré les nations dans la réalisation d’objectifs économiques et sociaux légitimes à l’intérieur de leurs espaces nationaux : prospérité économique, stabilité financière et équité.

Dani Rodrik plaide pour une économie mondiale pluraliste où les États-nations conservent suffisamment d’autonomie pour élaborer leur propre contrat social et développer des stratégies économiques à la mesure de leurs besoins.

Au lieu de réclamer des frontières fermées et de défendre le protectionnisme, Dani Rodrik montre comment nous pouvons restaurer un équilibre raisonnable entre gouvernance nationale et gouvernance mondiale et trace une feuille de route d’avenir en proposant des moyens novateurs pour réconcilier les actuelles tendances inégalitaires de la géopolitique et des technologies avec la démocratie et l’inclusion sociale.

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« NIYA » entre l’héritage islamique du passé et coaching et loi de l’attraction du présent 

by Mustapha Maghriti 12 janvier 2023
written by Mustapha Maghriti

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Si les Lions d’Atlas ont épaté le monde lors du Mondial 2022, ils ont tout aussi internationalisé le concept « NIYA ». En effet, c’est grâce à l’entraîneur technique Marocain Walid Regragui qui a emprunté le concept de « NIYA »  pour enthousiasmer et exalter les Lions d’Atlas tout en gravant les échelons pour arriver au carré magique du quart de finale de la coupe du monde .  

Faut-il rappeler que la « NIYA » est un concept foncièrement islamique utilisé par سيدنا محمد رسول الله صلى الله عليه وسلم : Le Commandeur des Croyants, Abou Hafs Omar ben El-Kattab رضي الله عنه a dit : J’ai entendu l’Envoyé de DIEU صلى الله عليه وسلم سيدنا محمد  dire  إنما الأعمال بالنيات « ، وإنما لكل امرئ ما نوى   qui veut dire que  » Les actions ne valent que par leurs intentions. Chacun ne recevra la récompense qu’il mérite que selon ce qu’il a entendu faire.  La « NIYA » en Islam fait partie intégrante de l’éthique, basée sur la bonne foi.

Elle a occupé une place de choix dans la littérature religieuse des Érudits des hadiths علماء الحديث. Cette dernière qui peut être traduite étymologiquement par le vocable « Intention », « Détermination » est considérée comme la base sur laquelle s’étaie l’action, la foi et la ferme Volonté d’agir sans aucune hésitation.   

La « NIYA »  n’a jamais été autant ravivée et revigorée où moult Coachs internationaux s’interpellent et s’interrogent sur l’explication de  cette notion miraculeuse qui, après les prouesses des Lions d’Atlas contre l’Espagne, la Belgique et le Canada, est sur toutes les langues et parait sur tous les manchettes, sur les drapeaux, car ils semblaient croire en le spiritisme et de l’archimagie de la « NIYA »   pour avoir accès et atteindre l’excellence et la gloire.

Les missives de Walid Regragui à son Team les Lions d’Atlas, appelant à croire en la « NIYA », ont été repris par les médias qui ont inondé la coupe du monde Qatar 2022. La « NIYA »  est devenue internationale, rattachée au succès, à la gloire.

La mouture ultramoderne de la « NIYA » c’est une variante récente qui puise son essence dans la conception islamique où les Coachs enseignent, aujourd’hui, en développement personnel destinée à améliorer les compétences et la performance d’un individu, d’un groupe ou d’une organisation, grâce à l’amélioration des connaissances, l’optimisation des processus et des méthodes d’organisation et de contrôle.

Cette méthode moderne est utilisée afin de ressourcer l’être humain par une détermination invincible, une opiniâtreté ferme en se focalisant sur le triomphe et non les obstacles, sur le succès et non l’échec. Elle est aujourd’hui présent dans tous les domaines de la vie, sportif, professionnel, nutritionnel, parental, scolaire, etc.

la « NIYA » notion fondamentalement islamique, c’est ce qu’on appelle actuellement la loi de l’Attraction qui est la croyance qu’en se polarisant sur des pensées positives, les personnes peuvent apporter des expériences positives et édifiantes dans leur vie.

Notre conscience influence nos résultats où il y a une connectivité directe entre nos pensées et la réalité. Si nous nous concentrons sur nos désirs et nos rêves, ils deviennent réalité. Si nous sommes positifs et croyons fermement en nos habilités, nous attirons la réussite et le succès.

Les adeptes de ce credo associent généralement des techniques de recadrage cognitif avec des affirmations et des visualisations créatrices pour substituer des pensées défaitistes ou auto-destructrices -négatives- par des pensées plus autonomes et adaptées -positives-.

Cette croyance est bâtie sur l’idée que les personnes et leurs pensées sont à la fois de la  » pure énergie », et que, par le processus de  » l’énergie attire une énergie semblable » une personne peut améliorer ses performances, sa propre santé, sa richesse, et ses relations personnelles.

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C’est ce qui est arrivé avec la sélection Saoudienne en coupe du monde Qatar 2022 où avant le match contre l’Argentine, Hervé Renard a interpellé l’Equipe de l’Arabie Saoudite en changeant leur subconscient défaitiste à l’égard de la sélection de Léon Missi considérée dans leur inconscient comme une équipe imbattable et favori à la coupe du Monde: « Vous ne sentez rien ? Vous ne croyez pas qu’on peut les rejoindre ? Ils jouent comme ça, détendus… Allez les gars, c’est une Coupe du monde, donnez-tout ! ». C’est une intervention en anglais, traduite en arabe mais dont on comprend les ressorts émotionnels de croire en  la « NIYA » des talents de Team Saoudien.

Dans le vestiaire, à la pause, Hervé Renard a délivré une tirade qui restera gravée dans les annales de la Coupe du monde. Une périphrase enragée et sans concession pour ses joueurs Saoudiens, dans le but de les doper et revivifier de pensées positives de réussite et de prédétermination, ce qui leur a galvanisé de fermeté, de foi, d’acharnement, de frénésie, d’émotion, de  « NIYA » en la réussite et en effet la « NIYA » ou dit autrement la loi de l’Attraction a joué son jeu où en juste l’espace de 5 minutes, la séléction Saoudienne marqua  deux buts ; le plus grand exploit de l’histoire de l’Arabie Saoudite qui a battu le détenteur de la coupe du monde par une victoire 2 buts à 1 face à l’Argentine de Lionel Messi.  

D’ailleurs, cette vidéo du discours saisissant et vibrant d’Hervé Renard a été visionnée des Millions de fois, un speech qui a enflammé en faisant sensation sur les réseaux sociaux du quatre coins de la planète.

Ainsi, Hervé Renard, à travers la « NIYA » ou dit autrement la loi de l’Attraction a changé ou a effacé efficacement les schémas de pensée négative des joueurs Saoudiens ( que Léon Messi et sa bande sont inattaquable en « ressentant » (par la visualisation créatrice) que les changements souhaités se sont déjà produits. Cette combinaison de pensée et d’émotion positives permettrait d’« attirer » des expériences et des opportunités positives en se mettant en résonance avec la « Loi » énergétique proposée. 

 En substance, la « NIYA »  un héritage du passé purement islamique est toujours d’actualité et qu’elle apporte à chaque personne les conditions et les expériences objets de leurs pensées, attentes et désirs prédominants. 

La « NIYA », c’exactement la loi de l’attraction qui fonctionne universellement sur tous les plans d’action, et nous attirons tout ce que nous désirons ou attendons. Si nous désirons une chose et en attendons une autre, nous nous divisons en un conflit intérieur, et ceci amène rapidement à des résultats désolants. Déterminez-vous résolument à n’attendre que ce que vous désirez, alors vous n’attirerez que ce que vous désirez. 

la « NIYA » permet de reprendre le pouvoir sur sa vie et sur son destin prétendant faussement être négatif. 

Adhérer à cette conviction consiste à penser que rien n’est impossible. Il s’agit avant tout d’une question d’état d’esprit : Les obstacles ne sont pas des dangers, car elle aide l’être humain à mieux les appréhender et la transformer en opportunités. Par ailleurs, la « NIYA »  a un effet bénéfique au niveau de la pensée, c’est-à-dire que la personne développe de plus en plus de pensées positives et de moins en moins de pensées négatives. Se répéter ces pensées positives contribue non seulement à développer une émotion positive mais aussi à améliorer la confiance en soi et l’estime de soi. 

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La « NIYA »  agit sur la puissance de l’esprit subconscient en proposant à l’être Humain de prendre le plein contrôle de ses pensées, dans le but de réaliser des choses dans la vie, avec l’esprit, autant que par l’action.  

En somme, la « NIYA » avec la condition sine qua non quand on y croit, donne des ailes, permet d’affronter le risque, d’être audacieux et croire que tout est possible.  La « NIYA » booste l’ambition, stimule la détermination et l’énergie positive et permet de croire en soi et en la réussite. C’est in fine (تفاءلوا بالخير تجدوه وتوقعوا الأجمل يقع بإذن الله).

 

 

 

12 janvier 2023 0 comment
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A DIEU ABDERRAOUF: Un Humour et une Comédie d’exception

by Mustapha Maghriti 3 janvier 2023
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Ce n’est un secret pour personne que non seulement le monde de l’art et de la comédie  Marocain est en deuil, mais aussi les téléspectateurs Marocains, la Grande émotion du décès du grand ABDERRAOUF qui s’est éteint ce Lundi 2 Janvier 2023 à Casablanca, suite à une longue maladie, à l’âge de 86 bougies.

Connu du grand public, ces arlequinades étaient satiriques, il était doté d’une grande clownerie et d’une farce sans égale. Né le  27 décembre 1936 à Casablanca, qui a découvert sa passion pour le théâtre et la comédie en détention par les autorités coloniales : Emprisonné par les autorités coloniales au début des années 1950, ce précurseur du stand-up au Maroc dévoile son talent théâtral pour égayer la froideur de la prison. Une fois libéré, Abderraouf quitta sa ville et forme une troupe de théâtre avec des anciens codétenus. Ils jouent dans des cafés en adaptant des textes de Molière. Abderraouf exerça plusieurs métiers avant de revenir à l’art et en faire son métier après un grave accident de voiture.

Le virus de la comédie lui a été transmis durant les années 1960, en créant le personnage burlesque ABDERRAOUF inspiré d’un camarade de classe, véritable incarnation de la sottise. D’ailleurs son nom Abderraouf est devenu synonyme de ridicule dans le langage populaire Marocain. Il est devenu l’une des figures comiques les plus populaires au Maroc à travers le personnage clownesque Abderraouf, qui, avec beaucoup de dérision, de sarcasme et d’ironie, traitait des sujets les plus outrecuidants.

Je n’ai malheureusement jamais rencontré ABDERRAOUF, cependant je l’ai côtoyé à travers ses farces et comédies burlesques, caricaturales et clownesques en allant au Théâtre, sur le petit écran dans feuilletons, séries et sitcoms et surtout depuis ma tendre enfance, je l’écoutais beaucoup avec tant d’attention et d’admiration sur les vieux disques 33 tours et 45 tours où  je passais des heures et des heures à l’écouter. Mon Dieu qu’il nous a fait passer comme moments merveilleux dans la simplicité la plus totale avec souvent juste un modeste bureau et une rudimentaire chaise.

Figure emblématique du grand père des Arts, le théâtre. Pour pièce à conviction, le public Marocain se souviendra d’ABDERRAOUF  par son « tarbouche rouge « , ses sketches qui font toujours rire petits et grands même ceux qui n’ont pas vécu l’époque de ses spectacles à guichet fermé, ses sketches à succès enregistrés sur cassettes et ses rendez-vous attendus avec impatience sur la télévision nationale et j’en fait partie.

Il suffit d’écouter une réplique d’ABDERRAOUF pour plonger dans le rire. Cette icône de l’humour au Maroc remémorera toujours de bons moments de réunions familiales et surtout un talent qui a inspiré des générations d’humoristes et d’acteurs Marocains. Avec son saroual coloré, son gilet, son tarbouche rouge, sa voix spéciale, sa personnalité touchante et son humeur hors pair, le personnage d’Abderraouf ou «Ouf» est gravé dans notre imaginaire collectif. Avec un air naïf et ridicule, une comédie populaire, il abordait des thématiques qui touchent la culture de la société Marocaine.

En dépit de son seul et unique personnage ABDERRAOUF, il ne tombait jamais dans la monotonie. Le parrain des humoristes Marocains avait une vision sur la société. Il savait passer le message par son corps, sa voix avant son texte.

La voix nasillarde, le style bouffon et la chéchia rouge de «Si Ouf» sont devenus une allégorie et emblème de l’humour Marocain. Il a porté le Maroc à travers l’Europe où son talent a séduit les Marocains et les Marocains du Monde.

Une grande apothéose lui a été consacrée en le nommant à Anvers en 2011 «Meilleur humoriste Marocain du 20éme siècle» par la Fondation des Nuits de l’humour Arabe. ABDERRAOUF a rencontré un grand succès à la télévision avant d’être un peu oublié par la presse et les professionnels de la comédie. Mais le grand « Louis de Funès du Maroc » a refusé de tomber dans les oubliettes : Il revint dans les années 2000 avec de premiers rôles sur les grands écrans grâce au réalisateur Nassim Abassi où ABDERRAOUF a joué dans «Mon oncle» et «Majid», ainsi que « BILA HOUDOUD », le Chauffeur,  et la bicyclette de Ba Larbi..

Aussi, le 16éme Festival International du Film de Marrakech avait rendu un vibrant hommage au césar de la comédie ABDERRAOUF connu pour son style sans égale qui secrète toujours la sérotonine et l’endorphine.

Cet artiste précautionneux et attentif au grand Feeling apportait de sa personne pour son personnage. Derrière le personnage spécifique d’ABDERRAOUF connu pour ses grimaces se dissimulait un homme au tempérament et à l’instinct bien affirmé et un père de famille qui communique le modèle pour ses enfants comme pour beaucoup de jeunes Marocains. 

La disparition d’ABDERRAOUF a suscité un grand émoi parmi la famille artistique, les professionnels des médias et surtout chez le grand public, comme le démontrent les larges réactions de sympathie sur les réseaux sociaux.

Le Public Marocain, la presse écrite et audiovisuelle ici au Maroc et ailleurs se remémoreront d’un comédien qui avait le cœur sur la main, altruiste qui a transmis les dédales de ses sketchs et ses gags qu’il savait manier avec habileté et maestria à toute une progéniture de comédiens.

De l’avis de ceux qui l’ont côtoyé, ABDERRAOUF était une hybridation de philanthropie, de simplicité, artiste dans l’âme, apprécié pour ses qualités humaines et comédiennes, marqué les esprits tant par son humour que par son engagement.

Ce n’est pas seulement sa famille qui a perdu ABDERRAOUF, c’est tout le Maroc , sa famille artistique et à l’ensemble des fans qui ont perdu ABDERRAOUF, un comédien d’une grande exception, d’un grand talent qui a jalonné la scène artistique par sa créativité, son style, ainsi que les rôles qu’il a interprétés et qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique Marocain.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il y a un cercle des comédiens disparus, lui, ABDERRAOUF en fait partie. Certes, il nous a quittés, mais ses gags, ses scènes caricaturistes resteront immortelles et indélébiles. Tu nous manqueras tant ABDERRAOUF. Puisse le tout Puissant t’accueillera en sa Sainte Miséricorde. A DIEU ABDERRAOUF.

3 janvier 2023 0 comment
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Taux directeur et le mirage de la maîtrise de l’inflation

by Mustapha Maghriti 1 janvier 2023
written by Mustapha Maghriti

Longtemps battu en brèche par les économistes pour ses sacerdoces classiques de ne plus se cantonner au ciblage de l’inflation, la Banque Centrale est aujourd’hui sollicitée plus que jamais à l’épineuse question de juguler l’inflation dans la mesure où cette dernière est devenue le premier ennemi qui obnubile les Banques Centrales contradictoirement à ce qu’il prévalait il y a quelques années, les années de la Stagflation qui prévalaient au cours des années 1970, à la suite du premier choc pétrolier de 1973).

Cependant au regard de la récurrence des crises économiques et financières et de l’envolée de l’inflation, BANK AL-MAGHRIB évolue vers des missions duales de conciliation entre la stabilité des prix et celle de la  stimulation de la croissance économique.  

Lors du dernier conseil de BANK AL-MAGHRIB, qui suit de près la conjoncture économique et les pressions inflationnistes, tant au niveau national qu’international, tenu le 20 Décembre 2022, le Patron de l’Institut d’Emission 
Abdellatif Jouahri a décidé de relever le taux directeur de 50 points de base, soit  à 2,50%  une seconde fois après la hausse du Mois de Septembre à un moment où les banques centrales du monde notamment la FED Américaine et la BCE de l’Union européenne ont serré la vis face à une inflation ascendante, en révisant à la hausse de manière conséquente leurs taux directeurs et ce dans l’ambition d’exorciser le spectre de l’inflation qui pèse d’un poids lourd sur les entreprises et les ménages, puisque l’inflation exprimée par l’Indice du Prix à la Consommation (IPC) a gravi à 8,3% le Mois de Novembre selon le département de Lahlimi Haut Commissariat au Plan  (HCP), un élan jugé alarmiste par le milieu des affaires et les analystes de la conjoncture économique.

Et tenant compte des données les plus récentes du Haut Commissariat au Plan, l’inflation devrait rechuter à 6,6% en 2022, après 1,4% en 2021, tirée considérablement  par la dynamique de la hausse des prix des produits alimentaires, des carburants et lubrifiants. Par la suite, elle se stabiliserait à 3,9% en moyenne en 2023 avant d’accuser un nouveau rebond en 2024 à 4,2%, en lien avec la décompensation programmée des prix des produits subventionnés.

Notre propos dans cette chronique  est que non seulement BANK AL-MAGHRIB, mais moult Banques centrales tombent dans la « chausse-trape » de répliquer aux pressions inflationnistes en avisant d’adopter des politiques monétaires rigoureuses, notamment à travers l’augmentation de leurs taux directeurs, dans le dessein de rendre plus rebutantes les coûts de financement des ménages et du secteur privé et faire baisser ainsi la demande agrégée, pour par la suite juguler l’inflation. 

Cette transmission nous semble très schématique et réductrice de la réalité économique : Ce schéma pourrait assurément fonctionner si l’inflation était toujours et intrinsèquement un phénomène monétaire. Toutefois, la réalité économique est toute autre, elle n’est pas aussi simple que ça et une réflexion sur les sources de l’inflation montre qu’elle est transmissible par les coûts sur les marchés internationaux.

En effet, Il n’est pas douteux, qu’il s’est développée ces dernières années une propagation générale de l’inflation où les experts internationaux remarquaient qu’il y a eu au cours des dernières années, un synchronisme nettement plus étroit entre les mouvements de prix dans les différents pays qu’entre les changements dans l’intensité de la demande.

Outre, des causes internes, plus ou moins particulières expliquant l’inflation, il serait apparue des causes externes communes à l’origine, ou favorisant la poursuite de ce mouvement général ; les poussées inflationnistes se sont propagées de pays à pays, et elles se sont jusqu’à un certain point, renforcées mutuellement .

En première analyse, il est facile d’attribuer ce phénomène au développement croissant des échanges internationaux, qu’ils s’agissent de mouvements de biens et services.

Cette question étant à la fois complexe et controversée, relevons simplement quelques éléments qui paraissent essentiels : Ces effets prix sautent aux yeux quand ils prennent la forme d’une hausse des prix à l’importation.

Dans ce cas des importations, s’il s’agit de produits non concurrentiels, une hausse se répercute sur les prix de revient des industriels pour les matières premières et produits intermédiaires, sur les prix de détail dans le cas de produits finis. S’il s’agit de produits concurrentiels, il se produit des influences réciproques entre importations et concurrents intérieurs.

A titre illustratif, les fortes pressions inflationnistes au Maroc durant le premier semestre 2022 sont d’origine externe que par des facteurs intrinsèques notamment suite à l’augmentation des prix des produits énergétiques et alimentaires, mais aussi à la hausse de l’inflation chez les principaux partenaires économiques. Ceci dit que c’est une inflation importée et Bank Al-Maghrib l’a bien souligné dans les deux derniers rapports de politique monétaire. 

De ce fait, BAM s’aligne sur la trajectoire des grandes Banques Centrales à l’international pour lutter contre une inflation usuellement importée au Maroc où plus de 50% des importations du Maroc se font en Dollar et concernent principalement les produits énergétiques et céréaliers. Cette situation a propulsé l’hiatus entre le cours de référence du Dirham et son Mid panier à plus de +3,60%, soit un plus haut depuis la mise en place de la réforme de change en 2018 où ce dernier se rapproche ainsi du seuil haut de la bande de fluctuation du dirham fixé à 5%. Dans ces conditions, la parité Dollar/Dirham atteint son apogée de plus de 10 ans, à 10,81, en hausse de +17% depuis le début de l’année.

Au niveau du circuit économique, les prix échangeables représentent plus de 90% de la structure des prix au Maroc. C’est pour dire que toute oscillation à la hausse ou à la baisse des prix des inputs affecte le niveau de l’inflation. L’arme dont dispose Bank Al-Maghrib pour juguler l’inflation n’est autre que la politique monétaire à travers la hausse ou la baisse des taux directeurs pour prévenir tout désencrage des anticipations d’inflation et assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.

Bien que les prévisions de la Banque Centrale tablent sur un taux d’inflation de 2,4% en 2023, nous pensons que le revirement du cycle inflationniste dépend encore des effets de la guerre en Ukraine qui persiste encore parce que si le conflit russo-ukrainien prend une autre tournure , les hypothèses retenues par la Banque Centrale seraient perturbées et l’inflation repartirait à la hausse.

D’ailleurs, Fitch Solutions avait anticipé une nouvelle hausse, cette fois plus forte, du taux directeur de 100 points de base, pour le porter à 3% cette fin d’année en raison notamment d’une Banque centrale européenne (BCE) plus belliciste (étant donné que l’euro a la pondération le plus élevé dans le système monétaire géré du Maroc) et de pressions inflationnistes soutenues, et des performances économiques plus fortes que prévu, ainsi que la baisse des réserves de change qui pèsent davantage sur le Dirham.

Bank Al-Maghrib justifie la dernière hausse du taux directeur à 2,50% par ses prévisions du retour de l’inflation à des niveaux modérés en 2023 et non pas par ses sources qui ne sont pas monétaires. Cependant, avec les incertitudes que connait le monde actuellement, le scénario de la perpétuité de la hausse générale des prix est fort probable. Un tel synopsis pousserait les autorités monétaires, à nouveau, à relever leur taux directeur, dans le souhait de faire face à l’inflation, qui n’est pas monétaire, chose qui ne va que préjudicier davantage l’économie Marocaine. 

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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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