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Mustapha Maghriti
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L’année 2015 : Un happy ending

by Mustapha Maghriti 26 décembre 2015
written by Mustapha Maghriti

On est à l’orée de l’année 2015, une année 2015 des plus orgastique, des plus douloureuse, des plus taciturne, insculpée et lithographiée par le décharnement de la folie humaine : la misanthropie sempiternelle en Palestine, l’apanthropie en Irak, le traumatisme au jour le jour en Syrie, l’effusion du sang de Charlie Hebo et Paris, l’anthropophobie en Tunisie, le primitivisme dans certains de nos pays africains et la rusticité en Asie.
Cependant si chaque pièce à son revers, la vie, aussi heureusement, a intrinsèquement sa propre dialectique, preuve en est, elle s’achève par un événement exceptionnel : La célébration de la naissance de deux Prophètes exceptionnels Sidna Mohamed Salla ALLAH alayhi wa Salam et Sidna Aissa Jésus alayhi salam et que le Salut et la Paix soient sur eux…Un signe du destin … On trouvera toujours des brins d’herbe entre les pavés. N’est ce pas ma définition de l’espoir ?

Il est temps et urgent, aujourd’hui, de penser au retour du raisonnable .C’est un must d’oser et espérer encore une fois vers un sursaut salutaire, passer enfin de l’ère de la hache de guerre à l’âge de la raison et c’est impérieux d’opposer aux pessimistes de la raison l’optimisme de la volonté. Amorçons par séparer le bon grain de l’ivraie, l’humanité d’un côté et la connerie humaine de l’autre.
Ce monde, nous le partageons tous, avec toutes ses diversités qui sont les nôtres. Le monde est fait de couleurs différentes, de senteurs, de multiples sons, de rires, de saveurs, de cultures et de religions qui en fait toute sa beauté.Ne laissons pas les endiablés et illuminés de tous genres vouloir le gangrener. Ne laissons pas les fanatiques et les pétulants  de tout bord vouloir le nécroser.

Nous célébrons la naissance du Prophète Sidna Mohamed Salla ALLAH alayhi wa Salam et nous célébrons, aussi, la naissance du Prophète sidna Aissa paix et bénédiction de DIEU soit sur lui, je tiens à souhaiter à toute la Famille Humaine en général et dans toute sa diversité et aux Musulmans en singulier tout ce qui ne se monnaye pas : Paix, Santé, Sérénité et Bonheur.
Pensée profonde à tous les malheureux et opprimés de la planète que les guérillas les a faits perdre la chaleur de leur famille en cette froideur d’hiver.

I have a dream : Passer d’un monde forminable vers un monde formidable.
A tous les musulmans : Aid Moubrak Said
A tous les chrétiens : Joyeux Noel
Et à toute la planète: Joyeux No War.

A toute l’humanité et en guise d’épilogue Abbé Pierre n’a-t-il pas dit sagement « L’homme reste toujours libre de croire ou de ne pas croire, de suivre les commandements de Dieu ou de ne pas les suivre. Cette liberté de conscience est fondamentale. C’est la condition même de l’amour » Point barre.

26 décembre 2015 0 comment
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La Mort et La fiscalité au Maroc

by Mustapha Maghriti 22 décembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Les Américains ont un illustre apophtegme qui fait très mal au portefeuille et froid dans le dos, qui n’est autre que le conciliabule du chef d’œuvre du cinéma du duo Brad Pitt/Anthony Hopkins « Rencontre avec Joe Black », « seules deux choses sont certaines en ce monde : La Mort et les Taxes ». Acrimonieuse maxime qui nous évoque l’inexorabilité de deux dogmes que l’humanité a mystiquement polémiquée (les Taxes) ou à temporiser (la Mort).

Au Maroc, il existe, au moins, une certitude mathématique qui prélude la mort de par son caractère indubitable : c’est la pression fiscale. En effet, en vertu du dernier rapport “Paying Taxes 2016” rendu public en ce Novembre dernier par la Banque mondiale et le cabinet d’audit PwC www.pwc.com/payingtaxes, les Marocains sont plus assujettis que la moyenne mondiale (40,8%), et plus taxés que la moyenne africaine (46,9%). Ils sont cependant moins imposés que les contribuables tunisiens (59,9%) et algériens (72,7%). 
49,1% : C’est le taux d’imposition total au Maroc, incluant notamment les impôts sur le travail (22,3%) et les impôts sur les bénéfices (25,4%). 

Sur un panel de 189 pays, le diptyque Banque mondiale/ Cabinet d’audit PwC classe le Maroc à la 62éme place , et de facto, le Royaume gagne 4 places par rapport à l’année dernière et 12 places par rapport à l’année 2013 et prend les devants sur des économies de l’OCDE à l’instar de l’Allemagne (72éme), la Belgique (90éme) et gagne de vitesse notre limitrophe l’Algérie (169éme), notre rival la Tunisie (81éme), et la Mauritanie qui ferme quasiment la marche à 187éme place. Toutefois des pays africains nous distancent tel la Namibie en 3 position avec un taux d’imposition de 21,3%, l’Egypte 28éme avec un taux de 45% et le Gabon 31éme 45,7%. 

Aussi, dans le dessein de fluidifier les démarches de paiement et dans l’ambition de redorer le blason du climat fiscal via la réduction du temps de paiement, le Maroc a déployé des efforts louables en introduisant ou/et en renforçant les systèmes électroniques de paiement des taxes : Si 232 heures étaient le nombre d’heures nécessaires pour le règlement fiscal en 2013, ce dernier nécessite d’ores et déjà 211 heures, soit environ 9 jours : Un résultat en-deçà de la moyenne mondiale, qui plafonne à 261 heures soit 2 jours de plus et de 4 jours de moins qu’en Afrique. 
La fluidité et le rapetissement du délai de paiements est imputable à l’informatisation des déclarations fiscales et des règlements par l’introduction et le boisage des systèmes électroniques à l’instar de la Direction Générale des Impôts DGI www.tax.gov.ma qui a mis en place la prestation Simpl-Ir www.tax.gov.ma/wps/portal/SimplIR ou service des impôts en ligne pour permettre aux usagers de s’acquitter de leurs obligations fiscales par voie électronique en procédant aux télé-déclarations et télé-versements ; une modernisation que seuls 84 pays parmi les 189 étudiés ont mené, dont uniquement 5 dans notre contient noir. 

En sus, la fiscalité Marocaine semble être plus coulante par rapport à nos concurrents dans la mesure où selon le rapport, le nombre de paiements fiscaux auxquels sont soumis les contribuables Marocains est de 6, soit un chiffre relativement faible par rapport à la moyenne mondiale (36,6) et africaine (25,6) résultant d’une compilation de plusieurs impôts et taxes similaires en un seul paiement ce qui permet au Maroc d’être au Pelton des pays Africains dans le critère relatif au nombre de paiements. 
Faudra-t-il s’attendre à une augmentation de la fiscalité en 2016 ? la réponse est vraisemblablement oui : Pour tenir ses engagements contenus dans le projet de la loi de finances 2016, notamment celles d’une élision du déficit budgétaire à 3,5% et d’une augmentation de l’investissement public de 189 Milliards de Dirhams, pour ne citer que ces deux exemples

L’allègement du joug fiscal s’avère capital au Maroc afin d’émousser l’abrasion du pouvoir d’achat, émorfiler la compétitivité, booster la dynamique économique, comme le souligne la courbe de Laffer : c’est la flexion de la pression fiscale qui conduira au rebondissement de l’exhortation à l’épargne et à l’investissement et de facto à celle de la croissance économique génératrice d’une crue continue de la matière imposable qui pondérera la moins value fiscale intrinsèque à la baisse de la pression fiscale, car en guise d’épilogue : Trop d’impôt tue l’impôt . 

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Vendredi 13 Vs Voyeurisme : Je ne suis pas Paris, je suis Humain

by Mustapha Maghriti 7 décembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Superstitieux ou incrédule, tout le monde connait Vendredi 13, faut-il rappeler que ce jour a pour singularité d’être associé à une superstition présente dans moult cultures et qui en fait un jour de malheur pour certains ou de chance pour d’autres. 
Au-delà de la paraskevidékatriaphobie, au-delà de la superstition, la réalité a fini par donner raison à la Triskaïdékaphobie et à la paraskevidékatriaphobie au vu du bilan indigeste de la série d’attentats meurtriers qui se sont déroulés à Paris faisant plus de 130 morts. 

Avec l’écho tous azimuts des médias partout dans le monde de cette damnation, un bémol m’apostrophe : Ce jour nous rappelle le 7 Janvier de l’attentat contre Charlie Hebdo et nous fait amnistier la torture quotidienne de la Palestine, ce jour nous fait songer aussi au 11 septembre 2001 et nous rend amnésique devant le traumatisme au jour le jour en Irak et en Syrie. Quel est le rhizome de cette apanthropie? S’il en est un, l’origine de cette misanthropie est à rechercher en dehors de la boutade du Jihad islamique car l’humanité est sacralisée pour DIEU et par DIEU. L’islam est venu interdire l’effusion du sang. Il est venu déclarer que l’âme humaine est inviolable, que la vie humaine est sacrée. 

Deux versets coraniques et un Hadith, il y a plus de 14 siècles confirment notre assertion : 

– DIEU n’a-t-il pas dit dans Sourate La table (Al-Maidah), verset 32 Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux « Quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ». 

– DIEU n’a-t-il pas dit dans Sourate An-Nisâ’, verset 93 Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux « Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l’Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l’a frappé de Sa colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment ». 

– Le Prophète Salla Allah ‘alayhi wa Salam ne fit-il pas la circumambulation autour de la Ka’ba quand il dit : « Qu’est ce que tu es belle et quelle belle odeur est la tienne ! Tu es si noble et si sacrée ! Par celui qui détient mon âme dans sa main, la sacralité du croyant est plus importante que la tienne : ses biens sont inviolables, de même que sa vie. Nous devons avoir à son égard que de bonnes pensées » ? 
Cette guerrilla est à perquisitionner du côté de la politique étrangère de l’Europe et de la France en particulier ces quarante dernières années. La démission de l’Europe sur la question palestinienne, l’alliance de la France avec les pétromonarchies sont autant d’erreurs qui n’ont fait qu’exacerber la tribulation, nourrir rancœur et cultiver bouillon de monstres, d’assassins, de terroristes, comme si nos ADN contenaient violence, cruauté et hypocrisie. 

D’ailleurs, après les attentas, au sommet dans les réunions, la communauté internationale abdique et destitue ; preuve en est : Ils ne discutent pas de tolérance et religion, ils débattent de donneurs d’ordre, d’hommes de mains, d’intermédiaires, de marchands d’armes, d’objectifs stratégiques, d’intérêts pétroliers.

Le débat sur le rôle des religions, ils le laissent à dessein et délibérément au quatrième pouvoir pour bluffer et galéjer les pauvres bougres que nous sommes au Nord comme au Sud. 
Qui a enfanté et proliféré ces monstres et kamikazes? 

Pour paraphraser Joseph E. Stiglitz , prix Nobel d’économie 2001 dans son fameux ouvrage « Quand le capitalisme perd la tête  » le 11 septembre a révélé une face encore plus sombre de la mondialisation. Le terrorisme aussi franchit aisément les frontières. Ses racines sont complexes, le désespoir et le chômage massif qui règnent dans tant de pays du monde lui offrent un terreau fertile pour faire éclore des autolyses et suicidant.
Sur l’arène mondiale maculée de sang, le monde est-il atteint de voyeurisme ? La sinistrose est-elle la seule réplique à ces crimes odieux ? L’irascibilité et l’acrimonie ne suffisent pas, il faut se poser des apostrophes, oser se les poser : Quelle est la différence entre le soldat américain qui bombarde des innocents en Irak et le guérillero qui flingue des coquebins à Paris, quel est le distinguo entre un soldat russe qui mitraille des candides en Syrie et le terroriste qui en tue dans les rues en Europe ou ailleurs ? 

Qu’on le veuille ou non, les fusillade à Paris ou sur d’autres cieux sont symbiotiquement liées ; qu’on le veuille ou non Daëch est lui-même ; deux faces d’une même médaille : la création cyclopéenne, monstrueuse et outrancière des intérêts de puissance d’un côté et d’argent de l’autre. Voltaire n’a-t-il pas dit « Quand il s’agit de l’argent, tout le monde est de la même religion » ? Et Friedrich Nietzsche n’a dit pas compris lucidement que « Les gens ne veulent pas entendre la vérité, parce qu’ils ne veulent pas que leurs illusions se détruisent. » ?
Il n’y a pas de Musulmans d’un bloc : il y a les gouvernants soucieux de leurs intérêts et les autres, souffreteux et labiles. Il n’y a pas d’occidentaux : il y a les grands groupes, les politiques à leur service et le citoyen occidental innocent qui débourse parce qu’il ne sera jamais suffisamment protégé. 

Ce qui s’est passé à Paris n’est que l’écho et la réverbération de ce qui se passe dans des pays nécrosés, ce qui s’est passé à dans la ville de Molière n’est que la tonalité des gens qui brament des cris stridents à cause des fulminations, ce qui s’est passée dans la ville de Baudelaire n’est que la réduplication des pays minés par les scélératesses, ce qui s’est passé dans la ville de Jean-Paul-Sartre n’est que l’assonance et consonance des innocents qui poussent des cris d’orfraie de la belligérance où les gens meurent par centaines de milliers, où la peur n’a plus de sentiment parce que la mort belliqueuse et l’exil sont au jour le jour. On est somme toute en face de l’acoustique de l’onomatopée, de la jérémiade et des criailleries. 

Avec ces pays affligés et infligés, je me déclare que je suis l’Irak, berceau civilisationnel décimé ; je suis la résistante Syrie livrée impitoyablement aux hordes armées ; je suis la Palestine, miroir de toutes les injustices et lâchetés ; je suis la Lybie dont les assassins tiennent encore tribune. J’ai mal là où souffre l’humanité dans ce monde qui est notre tribu. Je ne me vêtis pas dans l’emblème d’une autre nation pour afficher mon chagrin : Je me drape du ruban de l’Humanité où je me reconnais. Je ne porte pas le deuil des victimes : je porte les funérailles et les bsèques de l’humanité. 

Le terrorisme est là, l’anthropophobie l’a affûtée, encore faut-il l’assumer avec lucidité ? Et demain, si les Gouvernements en ont le courage, au-delà de leurs calculs politiciens, il faudra y faire face avec des réformes plus profondes que ce qu’on nous dit, plus radicales, en vue de plus d’altruisme et d’humanité dans le monde. Au risque de formuler un vœu pieu, je le formule quand même :  Je porte cependant un deuil qui, à lui seul, à présent, me suffit. Je porte le deuil de ce que je partage avec la France, ce que j’ai gagné chez elle, la grandeur de sa pensée des lumières, la pensée salvatrice de ses philosophes, le courage de ses révolutionnaires, la subversion de son esprit et la légèreté profonde de sa culture. 
Je crains pour cet acquis qui se perd, j’ai peur pour cet universel que foulent des pieds des politicards englués dans leur arithmétique électorale immonde. La France qui exportait la lumière ne doit pas devenir un fournisseur attitré d’obscurité. Les citoyens français ont aujourd’hui une mission qui leur pèse lourdement sur leurs épaules, ils sont en devoir de contraindre leurs élus à redresser la barre d’un navire en perdition. 

Si Victor HUGO disait « Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le Monde » je réplique non pas au nom de Paris, mais au nom de l’humanité « Sauver le Monde, c’est plus que sauver la France, c’est sauver l’Humanité  » car in fine, de par l’humanité, l’âme est un souffle de Dieu, il n’appartient à personne de lui porter atteinte.

7 décembre 2015 0 comment
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Quel profilage du projet de loi de Finances 2016 au Maroc au regard du dernier mandat du Gouvernement Benkirane ?

by Mustapha Maghriti 10 novembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Dans les finances publiques, la loi de finances détermine, pour un exercice, la nature, le montant et l’affectation des ressources et des charges de l’État, ainsi que l’équilibre budgétaire et financier qui en résulte. Elle constitue le cadre qui permet à la deuxième chambre d’approuver le budget de l’État. 

Au Maroc, Le PLF 2016 intervient dans une conjoncture internationale perturbée où la poursuite de la reprise de l’économie mondiale se fait à des rythmes différenciés selon les régions et les pays avec des perspectives prometteuses pour la région euro-méditerranéenne, favorisant la demande étrangère, et la baisse des prix du pétrole sur les marchés internationaux. 

Aussi, cette année, le projet de loi de finances 2016 se différencie de par la particularité qu’il est le dernier budget du Gouvernement Benkirane. Pareillement, le PLF 2016 intercéde au cours d’une année marquée notamment, par l’entrée en vigueur de deux grandes réformes structurelles, la régionalisation avancée scellant un rôle majeur aux collectivités territoriales, aux côtés de l’Etat en matière de développement socio-économique et la nouvelle Loi Organique relative à la loi de Finances qui offre de nouvelles perspectives de modernisation du processus de gestion des finances publiques. 

Le fait que ce projet de loi de finances estampille le dernier mandat du Gouvernement Benkirane, mise-t-il sur le social pour donner des clignotants positifs pour les nouvelles législatives 2016 ? Table-t-il sur de bons augures économiques et sociaux pour les prochaines législatives ? Ceci est d’autant plus vrai que d’un point de vue conceptuel et théorique, une loi de Finances est un moyen pour atteindre des objectifs préalablement fixés et non une fin en soi. 

D’emblée, l’Exécutif Benkirane a tranché le nœud gordien en menant à terme son mandat sans toucher aux sacro-saints équilibres macro-économiques. En effet, le projet de loi de Finances 2016 présage un taux de croissance de 3%, une élision du déficit budgétaire à 3,5% contre -4,3 % en 2015 après -6,8 % en 2012, -5,1 % en 2013 et – 4,6 % du PIB en 2014, l’ankylose du taux d’inflation à 1,7% du PIB et la création de 25.998 emplois. 

Le PLF 2016 prévoit un budget d’investissement public total de 189 Milliards de Dirhams, dont 61 Milliards relèvent du budget de l’Etat avec un soutien particulier au Programme d’accélération industrielle et au Plan Maroc Vert, lequel profitera d’une enveloppe globale de 11 Milliards de dirhams pour financer 497 projets dont 85 nouveaux. 

Pour 2016, le Team Benkirane table sur une croissance de 3 % contre 5 % attendu en 2015 et donc moins optimiste que le FMI et la banque Mondiale qui gagent respectivement sur 4,8% et 5%. Une décélération qui cadre avec la sinuosité attendue des activités agricoles sous l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne de 70 Millions de quintaux après un record de 115 Millions de quintaux en 2015. Cette prévision tient compte également des éléments d’incertitudes qui pèsent sur l’évolution de la conjoncture, en lien avec l’affairement économique chez nos principaux partenaires commerciaux et ses réverbérations sur la dynamique économique nationale, notamment, en matière d’activité touristique.

Le taux de croissance de 3% sur lequel mise le Gouvernement est supposable vu le contexte actuel de baisse des prix du baril de l’or noir sur les marchés internationaux. Ceci d’autant plus qu’il correspond peu ou prou à la boule de cristal du HCP (2,6%) et le CMC (2,8%). Quant au taux d’inflation, il reste dans l’ordre de l’acceptable bien que la baisse des prix du pétrole ne se soit pas indexée sur les prix des produits finaux. 

Le déficit budgétaire est présumable d’autant plus qu’il sera morigéné par la fiscalité comme c’est coutumièrement le cas et ceci est ostensible à travers déjà les augmentations de la TVA via la hausse des impôts, notamment des produits destinés au grand public, comme l’habitat social, les produits alimentaires et le transport ferroviaire, ainsi que l’augmentation de l’IS qui risque de dissuader les opérateurs économiques. 

A l’égard des investissements publics, nous notons qu’en dépit d’une légère augmentation des crédits qui leur sont alloués, ces derniers demeurent aiguillés vers les établissements et entreprises publics et, partant, il devient de plus en plus nécessaire de déféquer la part de leur contribution dans le BGE budget général de l’Etat. 

Faut’ il souligner que la supputation de l’impact de l’investissement n’a jamais été analysée en profondeur. Faut-il signaler que ce qui importe aujourd’hui, ce n’est pas le taux des investissements mais plutôt leur impact réel. Ne renvoit-il pas à une faiblesse dans la gouvernance de la mise en œuvre des projets à même d’assurer un juteux taux de réalisation des investissements ? 

L’annonce de la création des 25.998 emplois ne semble pas aller de concert avec l’hypothèse d’un minuscule taux de croissance de 3% pour au moins deux raisons : 

– Primo, le gouvernement a seulement ajouté 6.000 nouveaux postes budgétaires comparativement à l’année précédente, soit une sorte de clearing partiel au regard d’un taux de croissance de 3% qui n’est pas à même de permettre de créer un nombre de postes d’emploi d’envergure. 

– Secundo, le secteur privé risque d’être mis à fleur de peau par l’augmentation de l’IS et ne créera donc pas de postes de travail en nombre suffisant pour consumer et déglutir les milliers de demandeurs d’emploi qui arrivent annuellement sur le marché d’emploi et qui seront des laissé-pour-compte aussi bien pour l’administration publique que pour les entreprises privées ce qui détonne avec le peccavi de l’actuel Exécutif que la création d’emplois sera maintenue au minimum requis. L’Etat recourt au subterfuge du redéployer les fonctionnaires pour maintenir la qualité des services offerts aux citoyens et combler le déficit en effectifs au niveau territorial et sectoriel. 

Aussi, le taux de croissance à atteindre au cours de l’année prochaine ne permettra pas de réaliser les équilibres réels au niveau de l’emploi et l’équité entre les régions d’autant plus près de 68% des montants mobilisés bénéficient à deux régions, à savoir Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra ce qui exhibe une répartition géographique inéquitable des investissements. 

En sus, le PLF 2016 prévoit une taxation de la TVA sur le blé et le maïs ce qui n’est pas sans risque de créer des problèmes notamment pour le secteur de l’élevage dans la mesure où le maïs importé entre dans les intrants de plusieurs produits alimentaires et avec la taxation du secteur agricole, l’élevage ne sera pas à l’abri de subir les conséquences de la politique du gouvernement Benkirane et de les répercuter sur le prix d’achat en gros et au détail de certains produits alimentaires et viandes, notamment blanches, fortement consommés par les couches besogneuses. 

En guise d’épilogue, si comme comme à l’accoutumé, à chaque exercice de débat annuel du projet de loi de finances, faudrait-il s’attendre, en singulier, aux altercations et échauffourées de l’opposition politique et de certains partenaires socioéconomiques CGEM d’autant plus que 2016 est une année charnière coïncidant avec les prochaines législatives ? Pour le Team Benkirane, les considérations d’orde macroéconomique et macro financier ont pris le pas sur celles de surechères politiques politiciennes et n’ont pas rétrocédé au regard des prochaines législatives 2016.

10 novembre 2015 0 comment
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Après 40 chandelles de la Marche verte : vers une accolade entre le Sahara Marocain et le reste de l’Afrique

by Mustapha Maghriti 9 novembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Après l’indépendance du Maroc, l’immuable Marche verte a été un acte bâtisseur de l’identité Marocaine. Le génie de la démarche de Feu Hassan II a été majestueusement écrit en noir et blanc dans des livres et des documentaires. Aussi, les images plus que fortes des milliers de citoyens marocains, marchant pacifiquement vers le sud pour libérer leur Sahara avec avec seules armes le livre Sacré du Coran, la foi et le drapeau National , ont servi à sécréter la légende et à abreuver le mythe. 
La marche verte a été un élément édificateur de l’actuelle réalité marocaine. 40 chandelles après, il est inimaginable de réfléchir sur le devenir politique et économique du Maroc sans faire référence à cet événement qui a militarisé toutes les énergies et influencé toutes les orientations. En termes de séquences, la Marche verte avait signalé l’hémistiche historique: Après avoir eu son indépendance, la Maroc s’était lancé dans l’impérieuse nécessité du fignolage de son intégrité nationale. 

Cette approche innovante avait un prix : Économiquement, il était question littéralement de verdoyer le désert, de transsubstantier ces provinces pour les mettre à niveau et en eurythmie avec le reste du Maroc. Le prix était rocambolesque comme l’avait résumé le Souverain Marocain dans son discours du 6 novembre dernier « Pour chaque dirham des recettes de la région, le Maroc investit 7 dirhams dans son Sahara ». Cet investissement était une gigantesque oblativité et sacrifice consenti par toutes les composantes du Royaume pour venir en aide à cette région et sa population marocaine naguère esseulée . Pour le Maroc, il s’agissait de gagner le combat de la mue et de l’intégration économique. Pari largement réussi et triomphé, en témoigne les prouesses des projets structurants qui ont distingué ces territoires. 

Certes, faut-il rappeler qu’avant d’atteindre cet objectif, il a y eu l’affliction du feu et de la guerre. Les sacrifice humains consentis par les forces armées royales impliquées dans la bataille conte la rébellion armée et téléguidée par les voisins algériens et libyens ont été le prix à payer pour gagner militairement la guerre de l’unité nationale. Les bravoures de l’armée Marocaine à travers l’efficace stratégie du Mur défensif et celle offensive du retour des rebelles séparatistes ont sommé une réalité militaire nouvelle, à travers un cessez le feu durable, qui a permis au Maroc de faire parade de son argumentaire politique et diplomatique.  

Faut-il souiligner que le Maroc aurait pu enceindre irréversiblement ce conflit depuis longtemps et ne pas attendre la fin d’une quatrième décade pour le faire s’il ne devait compter avec la pathologie monomaniaque et obsessionnelle de son voisin algérien qui a en effet fait de l’amputation et l’abscission du Maroc de son Sahara un but stratégique vital pour la survie de son institution militaire et de ses intérêts. À travers cette politique belliqueuse assumée, Alger voulait réaliser deux objectifs : 

-Primo, avoir un accès à l’Atlantique à travers l’instauration d’une république tissée de son imagniaire. 

-Secundo, éreinter le Royaume du Maroc dont le leadership régional donne une agrypnie à la direction algérienne. Pour atteindre ce but, Alger n’a pas liardé sur les moyens. Elle mobilise des fonds immenses, souvent au préjudice du développement de sa propre population, pour soutenir les séparatistes du Polisario au point de faire de leur cause la principale préoccupation de son appareil diplomatique et sécuritaire. 
40 chandelles après la Marche verte lancée dans une grande euphorie populaire par Feu Hassan II, le Roi Mohammed VI a choisi de célébrer cet anniversaire en prononçant un discours historique dans la ville de Laâyoune. Une catilinaire qui a dévoilé l’euphorie économique de consolider l’unité nationale et l’enthousiasme de lancer des chantiers de développement de taille. Un panégyrique qui marque l’air du temps et donne à cette célébration un précieux relent d’histoire et une intonation particulière. D’ores et déjà, les affaires du Sahara opéreront une rupture avec l’économie de rente, et des privilèges et la défaillance de l’initiative privée, ainsi qu’un hiatus avec la mentalité de la concentration administrative.

Les provinces sahariennes du Maroc vont devenir l’épicentre économique de la politique de régionalisation avancée où  » L’application du modèle de développement de nos provinces du Sud traduit notre fidélité à notre engagement auprès des citoyens dans nos provinces du Sud pour ériger celles-ci en un véritable modèle de développement intégré » 
Ce modèle économique sera  » un pilier d’appui pour l’insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d’union entre le Maroc et son prolongement africain ». 

C’est pourquoi de grands moyens seront déployés pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim Oued Noun. 
A titre illustratif, dans le domaine des infrastructures, il sera procédé au renforcement du réseau routier de la région, à travers la réalisation d’une voie express, aux normes internationales, entre Tiznit, Laâyoune et Dakhla et la 
construction d’une ligne ferroviaire de Tanger à Lagouira, pour relier le Maroc au reste de l’Afrique.

Ces initiatives Royales seront confrontés avec la mise en place d’un cadre juridique incitatif pour l’investissement, garantissant au secteur privé national et étranger, la visibilité et les conditions de compétitivité nécessaires pour contribuer au développement de la région. 
Aussi, pour soutenir les entreprises et l’économie sociale et assurer l’emploi et un revenu stable, il sera créé un fonds de développement économique ayant pour vocation à renforcer le tissu économique.
Après 40 chandelles et pour paraphraser Feu Hassan II « Il ne faut pas perdre son temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi. », il n’est plus question de défendre le Sahara du Maroc , ça relève, à notre sens aussi bien d’un pléonasme que d’une périssologie. 

Il est question, dorénavant, d’un maillage économique et ce en ouvrant la porte à nos partenaires économiques internationaux, Etats et entreprises mondiales, pour profiter des opportunités d’investissement que recèle la région envue de raccorder le Sahara Marocain avec le reste de l’Afrique.

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Le Roi Mohammed VI à la conquête de l’Inde : Vers un raccordement entre l’Afrique et l’Asie

by Mustapha Maghriti 1 novembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Feu Hassan II n’a-t-il pas inscrit dans les anales de l’histoire son indélbile métaphore « Le Maroc est un arbre dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe ». Le Roi Mohammed VI met au large beaucoup plus large sa vision et pense que le Maroc peut, tout aussi, respirer par ses feuilles en Asie à travers sa participation au troisième Forum Inde-Afrique 2015.
Rétrospectivement, dès les années 1950, le partenariat indo-marocain a été placé sous les auspices de Mohammed V et de Jawaharlal Nehru, chevilles ouvrières du mouvement des non-alignés. Le grand-père du souverain Marocain Mohammed VI, se rapprocha de certains leaders et convia ces dirigeants africains à s’unir contre la puissance coloniale. Depuis Jawaharlal Nehru, qui était proche de Mohammed V, l’Inde considère l’Afrique comme un voisin proche et les grands groupes locaux s’y sont installés très tôt, dès les années 1960 pour le fameux conglomérat géant Tata. 

Plus d’un demi-siècle après, le Roi Mohammed VI ressuscite et exhume l’histoire à travers sa participation au Forum Inde-Afrique après sa première visite en tant que prince héritier en Inde en 1983, à la tête de la délégation du Maroc à la conférence des non-alignés, et aussi celui de ma première visite officielle en tant jeune Roi en 2001.

Dans cette 3ème édition du Forum Inde-Afrique , le Souverain Marocain prêcha un discours historique à maints égards : 

– Primo, il sort l’Afrique de la dimension passéiste pour la placer sur la voie Royale de l’avenir. 

– Secundo, c’est un éloge porteur d’une nouvelle vision de partenariat afro-indien Win/Win. 

– Tertio, c’est une apothéose révélatrice d’une nouvelle approche multidimensionnelle de développement qui veut métamorphoser l’Afrique, habituellement passive en acteur dynamique de la globalisation économique. 

En sus de la portée politique du dithyrambe royal, c’est la place assignée au développement économique et plus singulièrement au co-développement : Tata Chemicals est d’ailleurs en joint-venture avec l’OCP dans IMACID qui produit de l’acide phosphorique à Jorf Lasfar. L’Inde est un des plus gros clients de l’OCP: Premier importateur d’acide phosphorique (avec plus de 40% des exportations), deuxième importateur de phosphate brut.

Aussi, Les entreprises indiennes s’intéressent tout particulièrement aux secteurs textile, pharmaceutique, sidérurgique et phosphatier, autant de domaines où les Marocains ont développé une certaine maîtrise aussi bien en amont qu’en aval. C’est à cet effet que le patronat marocain, représenté par sa présidente Miriem Bensalah Chaqroun, a scellé un partenariat avec la fédération indienne des chambres de commerce et d‘industrie dans l’ambition de remplumer les relations économiques et financières ente le Maroc et le géant Indien. L’objectif escompté est de foisonner l’échange des missions commerciales, et à se communiquer mutuellement toutes les informations susceptibles de féconder le climat des affaires entre les deux pays en vue de promouvoir en osmose et réciprocité, dans une logique de gagnant-gagnant. 

En sus, Le Maroc peut leur offrir cette possibilité et, ce faisant, en tirera profit pour diversifier ses débouchés et ses partenaires : Le président de la Chambre indienne de l’Industrie et du Commerce Saurabh Sanyal qui a reconnu que les entrepreneurs de son pays ne réussissent pas pénétrer le continent africain et que leurs homologues marocains peuvent les y aider. Les Indiens profiteront de l’implantation des Marocains sur leur continent et les Marocains bénéficieront de la puissance économique, financière et technologique du géant asiatique, avec son 1,2 milliard d’habitants et un PIB brut de 1 171 Mds de $, soit 2,15 % du PIB mondial, ce qui en fait la 12ème puissance économique. 

A cet égard, on ne manque pas de souligner la vision optimiste du Roi Mohammed VI sur le continent noir : Là où les occidentaux ne voient que la moitié vide du verre qui est le risque, le Souverain Marocain voit au contraire la partie pleine du verre qui est l’opportunité économique. Cet optimisme Béa sur l’Afrique et cet engagement économique aura pour corollaire d’enclencher une dynamique macro-économique vertueuse porteuse de stimulation de la croissance économique. 

Via cette odyssée royale, le Souverain Marocain inhume la conception restrictive et figée de la coopération internationale étayée pour l’essentiel sur les relations diplomatiques changeant au gré des aléas politiques. A cet égard, le Souverain n’a-t-il pas dit que  » Il est donc impératif que cette coopération s’affranchisse de l’héritage du passé, et qu’elle soit dédiée au service des intérêts stratégiques de nos pays. La coopération sud–sud que nous appelons de nos vœux n’est pas un simple slogan ou un luxe politique superfétatoire. C’est plutôt une nécessité impérieuse, imposée par l’acuité et l’ampleur des défis qui se posent à nos pays. De fait, il est impossible de compter sur les formes traditionnelles de coopération, qui sont désormais incapables de répondre aux besoins croissants de nos peuples » 

A l’image de ce partenariat et dans son dithyrambe royal, le Roi ambitionne de dilater la coopération entre les deux pays, notamment dans la recherche scientifique, technologique et de la formation des cadres. A ce titre, le génie du Souverain Marocain sait que l’investissement dans le capital humain est l’un des meilleurs moyens de barrer la voie aux tendances de radicalisation extrémiste en Afrique et tarit les sources dans lesquelles s’abreuve l’islamisme radical. Sur ce registre, Feu Hassan II, en Mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que  » L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ». 

Si le Souverain a tenu à participer en personne à ce forum c’est bel et bien pour matriculer et immatriculer,  » urbi et orbi « , les potentialités que recèle l’Afrique et prouver que New Delhi avait fait le judicieux choix dans sa quête d’un partenaire fiable, crédible et responsable en Afrique en tablant sur son développement, en pariant sur l’aspiration démocratique du peuple Africain et en misant sur le succès d’une vision qui transcende le conjoncturel et le mercantile pour s’intéresser au structurel, au fondamental avec comme trame de fond l’Homme Africain. 

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Quand la pauvreté et la consommation sont primées par l’Académie Royale Suédoise

by Mustapha Maghriti 26 octobre 2015
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Lundi 12 octobre 2015, Angus Deaton s’est vu décerner, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel.Faut-il rappeller que le Prix Nobel en Sciences Economiques a été crée 1968 par la Banque Centrale de la Suède (en mémoire à Alfred Nobel, un chimiste, industriel, fabricant d’armes suédois et inventeur de la dynamite où dans son testament, rédigé en 1895, il laisse sa fortune de 32 millions de Couronnes Suédoises (environ 3,5 millions d’Euro) comme héritage pour créer le prix Nobel.
L’élément chimique nobélium a été nommé ainsi en son honneur.

Les travaux de cet économiste américano-britannique portent sur l’inégalité des revenus et la consommation.Agé de 69 ans, professeur à la prestigieuse université de Princeton, Angus Deaton a été révéré pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être.
Du côté de la consommation : Angus Deaton a édifié son modèle sur trois piliers principaux :

– Comment les consommateurs répartissent leurs dépenses- Combien dans une société est consommé et épargné – Comment mesurer le bien-être individuel.
Ces interpellations économiques l’ont poussé à une analyse minutieuse de la relation entre le revenu et la quantité de calories consommées, et l’importance de la discrimination entre les sexes au sein de la famille.

Du côté de la pauvreté, dans son livre « The Great Escape: Health, and the Origins of Inequality » Angus Deaton s’interroga sur les pistes économiques d’aider les populations disgraciées à sortir de l’anathème de la pauvreté. Il « moucharde » les limites des programmes internationaux d’aide au développement menés au cours des dernières décennies par les pays occidentaux. Selon l’auteur, de telles initiatives ont souvent de minuscules impacts, voire parfois des effets pervers. La mainmise de gouvernements, souvent corrompus, sur l’argent versé dans le cadre de ces programmes a nui au développement économique local, offusquant la création et le maintien d’infrastructures économiques et sociales de qualité.Une fois ce constat posé, Angus Deaton recommande d’autres pistes prometteuses : Il suggère la mise en œuvre de mesures pour exhorter les entreprises pharmaceutiques à investir dans des médicaments destinés à soigner des maladies comme le paludisme, qui dévastent les populations des pays les plus démunis. En sus, Il conseille de fluidifer quoique temporairement les flux migratoires en provenance de ces pays, en permettant aux jeunes d’obtenir des bourses pour étudier à l’étranger.Il développa, par ailleurs, des analyses plus pointues du niveau et de l’évolution de la pauvreté dans les pays en voie de développement à partir du suivi de données de consommation au lieu de ne compter que sur des statistiques agrégées de PIB par habitant ne reproduisent pas forcément une image fidèle du bien-être de la population.

Le primé de l’Académie Royale Suédoise a également ajouté que le problème de la pauvreté est encore aujourd’hui une grande tare de le mondialisation. Pour rappel, l’augmentation des inégalités dans le monde est devenue progressivement un réel problème de société : Une étude publiée il y a quelques mois par l’ONG Oxfam affirmait que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches dépasserait en 2016 celui des 99% restants. Cette hausse des dénivellations sociales était également au cœur du Capital au XXIe siècle écrit par l’économiste Thomas Piketty. L’ancien prix Nobel, Joseph E. Stiglitz, a également publié il y a quelques semaines, le livre La grande fracture, dans lequel il étudie la montée des sociétés inégalitaires. Le jury a expliqué vouloir gratifier un économiste qui plus que quiconque a amélioré la compréhension des choix individuels de consommation. En reliant ces choix à de nombreux résultats globaux, sa recherche a contribué à métamorphoser les domaines de la microéconomie, de la macroéconomie, et du développement de l’économie.Faut-il évoquer que Angus Deaton est l’héritier d’une longue tradition britannique d’économistes empiristes comme Richard Stone, lauréat du prix en 1984.

Angus Deaton recevra son prix le 10 décembre 2015, jour de l’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, et percevra la somme de huit millions de couronnes (environ 860.000 euros). Il sera le deuxième économiste à recevoir la récompense pour des travaux sur le développement après la nomination de Theodore Schultz en 1979.

26 octobre 2015 0 comment
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Climat des Affaires Internationales 2015 et IDE en Afrique : Quels impacts ? Quels liens ?

by Mustapha Maghriti 24 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

L’ouverture, à travers le Commerce International et l’assainissement du climat des affaires semble être aujourd’hui un catalyseur de la croissance économique et de l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) tant dans les pays émergents que dans les pays développés. On peut donc affirmer qu’un consensus se dégage, sous certaines conditions, aussi bien parmi les chercheurs que les décideurs, ainsi que les Organisations internationales (FMI, Banque Mondiale, MIGA, CNUCED, FIAS) sur la pertinence de cette relation. 

La CUCED www.unctad.org justement vient de publier, hiere Mercredi dernier 24 juin 2015, son fameux et volumineux rapport vert sur l’investissement dans le monde qui dresse un panorama d’ensemble sur les grandes tendances de l’IDE dans les 4 coins du Globe. Qu’en est-il du Contient Noir en matière de cette symbiose entre le climat des affaires et les IDE ?

Les auteurs du rapport répliquent que pour l’année 2014, ce sont les grandes unités interterritoriales, selon l’expression de Maurice Byé, des pays en développement comme la Chine et l’Inde qui boostent les activités dans le continent Africain. Pour l’ensemble de l’Afrique, les flux des IDE sont dans l’ensemble restés stables, à 54 milliards de dollars. 
En sus, les fusions-acquisitions africaines ont augmenté de 32%, passant de 3,8 milliards de dollars en 2013 à 5,1 milliards de dollars en 2014, surtout dans les activités financières et dans les secteurs pétrolier et gazier suite et corollaire d’un grand retrait de grands mastodontes Français, Nord-Américains et British qui se sont dégagés de l’Afrique.Par ventilation sectorielle, les services représentent la plus grande part des IDE vers l’Afrique et se concentrent dans un nombre relativement restreint de pays, notamment le Maroc, le Nigeria et l’Afrique du Sud.Les projets dans l’infrastructure, les activités financières et le transport gagnent en importance. C’est le cas aussi dans le réseau en expansion des technologies de l’information et de la communication.

Le Maroc, l’un des rares pays de la zone Africaine à avoir échappé à la crise et du printemps Arabe, est devenu de fait l’un des pays les plus alléchants en matière d’investissements directs étrangers (IDE) : les entrées d’IDE en 2014, ont augmenté de 9% au Maroc pour s’élever à 3,6 milliards de dollars.D’après les auteurs du rapport de l’investissement dans le Monde de l’année 2015, le Royaume s’est démarqué en tant que pôle de services et se positionne comme un « bridge » vers le continent noir : Les opportunités offertes par Casablanca Finance City www.casablancafinancecity.com ont contribué à attirer les grandes entreprises multinationales telles que BNP Paribas, AIG, Boston Consulting Group, Microsoft et Ford. Les investissements dans les infrastructures, dans les TIC, la stabilité politique, la proximité de l’Europe et surtout l’assainissement du climat des affaires constituent aux yeux des rapporteurs du rapport vert les atouts du Maroc pour attirer les IDE sur le contient Africain.

Aussi, L’engouement du Maroc a été aussi relevé par l’étude «Africa Attractiveness Survey 2015» du cabinet Ernst & Young www.ey.com qui le classe comme troisième destination des investissements directs étrangers en Afrique en 2014.
Faut-il rappeler, selon les investigations économiques antérieures du Ministère du Commerce, de l’Industrie, de l’investissement et l’économie numérique www.mcinet.gov.ma , que 26% de ces IDE ont été captés par l’industrie grâce entre autres, à l’arrivée de Renault à Tanger en 2011 qui a entraîné avec elle depuis, un cortège de sous-traitants. À cela se sont ajoutés des projets dans l’aéronautique (Bombardier), la pharmacie (Sanofi) ou l’aéronautique (Figeac Aero).

Par ailleurs, les IDE en Afrique et grâce à la toute récente implantation de PSA Peugeot Citroën avec qui, le Maroc, a signé un accord pour l’implantation d’un Complexe industriel avec un:- Un investissement industriel de 6 milliards de dirhams au Maroc,- Une production de véhicules à partir de 2019,- Une capacité de 200 000 véhicules et 200 000 moteurs à terme,- Un taux d’intégration de 60% au démarrage et de 80% à terme.Certes, l’assainissement du climat des affaires internationales a eu un impact sur l’attractivité des IDE en Afrique et en particulier pour le Maroc nonobstant que les flux des entrées d’IDE en Afrique ont diminué de 15% à 11,5 milliards de dollars en raison des tumultes et conflits qui sapent plusieurs pays.Le débat reste ouvert quant à l’identification des canaux de transmission à travers lesquels l’ouverture affecte la croissance économique et stimule la captation des capitaux étrangers.Des études récentes ont montré que le capital humain est une condition nécessaire, mais non suffisante pour qu’un pays puisse profiter des effets bénéfiques du commerce et de l’attractivité des investissements extérieurs.

Le capital humain apparaît comme un complément du commerce et des IDE. Ces derniers sont susceptibles d’influencer positivement les ressources humaines en encourageant une éducation de qualité. Dans certains cas, les étudiants choisissent des filières scientifiques ou de management pour anticiper la demande des firmes multinationales (FMN) en main-d’œuvre qualifiée, car, in fine encore faut-il que le pays hôte arrive à « absorber » la technologie importée par les investisseurs étrangers : Une dimension importante de la diffusion de l’innovation concerne la « capacité d’absorption des firmes ». C’est l’aptitude des firmes à apprendre à utiliser les technologies développées ailleurs ou à convertir ces technologies en des savoir-faire. La capacité d’absorption des firmes dépend du niveau de connaissances ainsi que du processus d’apprentissage. Tout compte fait, « Il n’est de richesse que d’hommes » pour exhumer le célèbre aphorisme de l’économiste Jean Boudin !!

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Le futur du secteur informel au Maroc entre gangrène et aubaine

by Mustapha Maghriti 21 octobre 2015
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La boule de cristal de Lahlimi, en l’occurrence, le Haut commissariat au plan (HCP) n’a-t-elle pas prophétisée qu’en 2050 le Maroc comptera plus de 24,1 millions de jeunes en âge de travailler, contre 21 millions actuellement. 

Ces projections « antimathusiennes » remettent sur le marbre de l’actualité et de l’analyse la quadrature du cercle de l’emploi en devenant la « psychose » des Etats partout dans le monde. Cette « paranoïa » découle de moult déprédations que tend à sécréter le chômage parmi les jeunes, une paresse qui rend leur employabilité de plus en plus épineuse et leur insertion de plus en plus problématique. 

La singularité de cette réalité du marché marocain du travail est qu’à l‘heure actuelle le chômage s’inscrit dans cette quadrature du cercle de la réalisation concomitante de la croissance/plein-emploi. Cette réalité morose et déprimée est d’ailleurs admise partout dans les pays du Sud comme dans les pays du Nord pour des raisons somme toutes différentes. 

Au Nord, en dépit du développement sensationnel du progrès technologique, un progrès qui distille à plus ou moins long terme sur une substituabilité du facteur capital au facteur Travail sans commune mesure avec les compensations qu’il secrète en terme d’emploi dans les nouveaux créneaux, plus particulièrement les niches des services. 

Au Sud, du fait que le trend de la croissance de la population active demeure inférieure à la cadence de la création de l’emploi par l’ensemble des secteurs et plus singulièrement le secteur secondaire et ce, en raison de ses faibles capacités d’absorption en main d’œuvre, rendues inéluctables par le rythme lent du développement industriel. 

Selon les différentes approches, l’informel peut être interprété comme un renouveau de l’économie de marché ou au contraire comme une réponse « institutionnaliste » à la crise de l’économie de marché. La multidimentionnalité du phénomène appréhendé jusqu’ici de façon toujours monodisciplinaire et souvent comptable, explique sans nul doute une telle ambivalence. 

Au Maroc, sur une moyenne de demande d’emplois évalués approximativement à plus de 700.000, auquel il faut ajouter l’hémorragie de 500.000 personnes qui quittent annuellement le monde rural à l’escapade de l’épée de Damoclès de l’oisiveté et à la quête d’un avenir meilleur et décent en milieu urbain. 

De telles réalités ont pour corollaire le pullulement et le foisonnement de ce qu’il est convenu d’appeler communément emploi informel, souterrain, invisible, parallèle et qui absorbe près de 60 % de la population active non agricole. 

Parmi les définitions de cette forme d’emploi, celle de M. Hughes nous paraît être des plus englobantes et des plus pertinentes. M. Hughes dans  » Emploi typique et représentation du travail , 1981) définit l’emploi informel par référence et par opposition à l’emploi typique qui se discerne par les faits suivants : C’est un emploi salarié régi par un lien salarial ferme (garantie de l’emploi et protection sociale), Il est stable par un lien et permet éventuellement une carrière : Il est à temps plein, il procure l’essentiel du revenu familial, il relève d’un seul employeur, il s’exerce sur un lieu de travail spécifique et est individuellement affecté. 

L’emploi informel serait donc le contre-pied de l’emploi typique tel qu’il évolue dans les sociétés où l’ensemble des composantes de leurs systèmes économiques est homogénéisé sous le rapport salarial. 

Sous cette forme d’emploi, le Maroc comme l’ensemble du pays du Sud semblent fonder en partie leur espoir aussi bien pour la création de nouveaux emplois que par un apprentissage industriel. 

Cette hypothèse est mise en évidence par les indicateurs de l’emploi au Maroc qui montent que l’emploi informel rentre pour un ratio élevé (près de 42,5%) dans la population active occupée non agricole selon les données du Haut Commissariat au Plan HCP. 

Notre apostrophe économique a pour dessein de s’interroger sur le devenir de l’emploi informel à la lumière des exigences du marché et des contraintes de l’Etat. 

Ce propos gravitera dans l’orbite de trois axes : 

– L’un ayant trait au mode de traitement du secteur informel ; 

– Un autre concernant la faisabilité des politiques économiques à destination de ce secteur ; 

– Et un dernier portant sur le statut particulier de l’emploi dans les stratégies de développement à venir ; 

Primo, L’emploi informel est-il une forme d’entreprenariat ? 

Le mode de traitement du secteur invisible reste encore dominé par l’idée selon laquelle ce créneau constitue une forme d’entreprenariat. 

Sur ce registre, il y a lieu de remarquer de prime abord que l’importance que tend à prendre le secteur souterrain un peu partout dans le monde est certes une réalité qui n’est pas nouvelle et que son analyse fait de l’économie une réalité ancienne, à savoir que l’informel est avant tout le pendant de la société marchande. En corollaire, sa genèse et sa germination ne sont pas indépendants de la logique de production et d’échange qui y dominent. 

C’est justement par ce que cette logique est celle du développement différencié entre les secteurs et entre les agents que l’informel trouve sa raison d’être. 

An Nord comme au Sud, il est donc foncièrement une forme d’expression du développement inégal selon la terminologie de S Amin de la société marchande. Certes, la lutte sans trêve des hommes, des femmes et des enfants qui animent la vie de ce secteur constitue la seule réplique possible à ce développement, mais si cette réponse permet de contenir dans des limites supportables leur exclusion du circuit économique, elle n’empêche pas pour autant la précarité de leur rapport au travail. La Fragilisation de leur statut social et leur marginalisation croissant. Doit-on pour autant assimiler cette rationalité à une forme d’entreprenariat ??? 

D’emblée, nous ne pensons pas que l’emploi informel soit une forme d’entreprenariat car celle-ci se définit par référence à des structures économiques, politiques et sociales et des comportements culturels précis :
▪ Economiquement, l’entreprenariat renvoie à l’existence d’un environnement matériel indispensable pour entreprendre (moyens de transport, circuits de commercialisation) et à l’existence d’un véritable marché régulé par le principe de la concurrence et animés par des opérateurs supposés égaux à l’échange et supposés agir librement pour tout acte de vente et/ou d’achat; 

▪ Politiquement, il s’inscrit dans le cadre des modalités institutionnelles de gestion des intérêts de l’entreprise, qu’animent des groupements de producteurs dans la perspective d’infléchir la politique générale de la nation en conformité avec ces intérêts ; 

▪ Socialement, il renvoie à un statut privilégié de l’entreprise qui découle d’un partage de la valeur ajoutée à son profit, avec comme corollaire une répartition favorable du produit social et un standard de vie compatible avec cet état de la répartition ; 

▪ Culturellement, l’entreprenariat s’intègre dans le cadre de pratiques sociales quotidiennes mues par le risque de l’innovation, la recherche du profit comme finalité et l’accumulation comme mobile principal. Or, tel n’est pas le cas pour l’homme de l’informel dans le souci principal est surtout la reproduction simple à l’image du salarié, même si l’espoir d’un avenir meilleur l’anime au quotidien. Mais entre le désir et la réalité, il y a un hiatus abyssal, combien difficile à franchir ; 

▪ Idéologiquement, l’entreprenariat évolue dans un système social où les individus et les groupes sont animés par la croyance au capitalisme comme modèle de société le plus approprié pour le genre Humain, par l’affirmation du besoin individuel ( de consommation et de production) comme l’idéal principal de l’homme et par la conviction en l’existence d’un ordre naturel légitimant, à priori, l’état dominant de l’allocation des facteurs de production et de la répartition des richesses dans la société. 

Secundo, Quelle est la faisabilité des politiques économiques en direction de l’informel ?
La régulation du fonctionnement du secteur informel est certainement l’un des problèmes fondamentaux auquel piétineront les économies du Sud, dont le Maroc, en raison des contraintes que pose sa faisabilité. Au-delà de la contrainte politique (puisque les gouvernements du Sud sont parfaitement conscients que des réformes apportées au fonctionnement du secteur informel risquent de rompre les équilibres économiques, politiques et sociaux actuels sans garantir pour autant de nouveaux équilibres demain) une comparaison entre l’état de ce qu’il est convenu d’appeler emploi informel au Sud et l’emploi atypique au Nord permet d’éclairer sur des aspects essentiels de cette faisabilité. 

En effet, le secteur informel au Sud est avant tout une stratégie de survie pour une frange importante de la collectivité dont l’essentiel des besoins minimums n’est pas couvert. Dès lors, nous nous trouvons devant la situation qui correspond à la réplique de la collectivité à une tendance croissante à sa marginalisation dans un environnement de précarité totale. 

Or l’emploi informel atypique au Nord constitue une réponse à la société civile aux mutations qu’elle connaît dans le cadre d’un projet de société rassemblant l’ensemble de ses composantes autour de lui. 

Considéré comme vecteur essentiel du fonctionnement du marché de l’emploi, le secteur informel impulse une dynamique amenant le monde de la décision au Maroc à mettre en place des politiques appropriées dans sa direction qui devrait, à notre sens, prendre au moins 2 orientations (offre et demande) : 

▪ Concernant l’offre, il s’agit de mettre en place un système de crédit en direction du secteur informel qui définirait les modalités d’accès aux acteurs du secteur, étudierait la question des garanties et agirait dans le sens de la simplification des procédures d’octroi des crédits. 

Il s’agirait, en sus, de responsabiliser les acteurs du secteur en stimulant leur auto organisation via la formation, l’offre d’appuis techniques, leur organisation en associations ou en coopératives ; 

▪ Concernant la demande, il conviendrait essentiellement de permettre au secteur informel un meilleur accès aux marchés publics et privés et de le mettre au service de la promotion des exportations. Ce que suppose, en prélude, la réalisation pour son compte d’études de marché et la mise en place de moyens institutionnels et réglementaires adéquats à cette fin. Il est suggéré, en outre, de raffermir les expériences en cours tout en les rendant opérationnelles et de définir les rôles respectifs de l’Etat, des ONG et des autres opérateurs. 

L’édification de ce projet s’opère dans un environnement où l’ensemble de la collectivité bénéficie d’un minimum de ressources permettant la couverture de ses besoins socialement reconnus comme fondamentaux. Ainsi, à la rationalité de tout un système s’oppose une rationalité individuelle, impulsée par les contraintes de la survie. 

De ce fait, ce n’est pas seulement une politique d’offre et/ ou demande en direction du secteur informel qu’il convient de mettre en place mais bel et bien une politique volontariste de couverture des besoins essentiels de l’homme, de redistribution des richesses et de développement local afin de transformer nos villes et nos villages en espaces de création de véritables gisements d’emplois afin de canaliser les énergies créatrices que recèle ce secteur. 

Or, la démographie du Maroc aidant, cela suggère de poser en termes nouveaux non seulement la question de la régularisation de l’informel mais bel et bien celle du statut particulier de l’emploi dans les stratégies de développement à venir. 

Tertio, Quel statut pour l’emploi de demain ? 

L’un des enseignements majeurs que l’on peut tirer de l’analyse du secteur informel est la difficulté, voire l’impossibilité au Maroc comme un peu partout dans le monde de la réalisation du carré magique de la croissance et du plein-emploi, ce qui incite à poser en termes nouveaux la problématique du développement elle-même. 

En effet, nous pensons que le défi qui est lancé à l’heure actuelle au Maroc n’est pas tant de trouver un travail pour tous, mais plutôt de réunir les conditions permettant d’aiguillonner et revitaliser son système productif afin de produire un surplus appelé à être partagé entre ceux qui sont occupés et ceux qui ne le sont pas, et cela à travers des mécanismes redistributifs et des réseaux de solidarités mis en place à l’échelle nationale, régionale et locale. Au-delà de la loi du grand nombre, le Maroc pourra-t-il relever ce défi ? 

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Le Maroc entre capacité de changement économique et opportunités d’investissement

by Mustapha Maghriti 19 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Mardi 16 Juin 2015, le prestigieux réseau mondial de prestations de services d’audit et de conseil KPMG www.kpmg.com et Oxford Economics group www.oxfordeconomics.com ont publié le fameux rapport Change Readiness Index 2015 qui suppute la capacité des gouvernements, des entreprises et des sociétés civiles à gérer le changement économique et tirer parti des opportunités d’investissement.

Ce calibrage du Change Readiness Index porte sur 127 pays et s’étaie sur trois pylônes : 

– Le premier concerne, entre autres, l’environnement des affaires, le marché du travail et les infrastructures, 

– le second porte notamment sur la réglementation, la sécurité financière et la gestion du changement. 

– Le troisième pilier évalue principalement la croissance inclusive, l’éducation, la santé, l’accès à la technologie et le capital humain.

Selon ce document réalisé conjointement pas le Big Four KPMG et Oxford Economics group, le Maroc tire bien son épingle du jeu. En effet, le Royaume du Maroc se positionne à la 56ème place sur l’échiquier mondial, 6ème dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), 3ème sur le continent noir et premier sur le Pelton du Maghreb avec un score de 0,532. 
Le Maroc est respectivement classé 44ème, 56ème et 78ème sur ces trois piliers : S’agissant du premier, il se démarque surtout en matière de diversification et d’ouverture économique (34ème et 33ème), du climat de l’investissement et des affaires internationales (36ème) et d’infrastructures (30ème). Cependant, le Maroc accuse de mauvais points sur le plan de fiscalité et de budget (94ème).

Sur le volet de l’environnement et de changement climatique, le Maroc affiche une place peu reluisante, soit 87ème position ce qui interpelle notre politique d’environnement et en singulier le département de Hakima El HAITE, Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement chargée de l’Environnement

Sur le deuxième pilier, le royaume est le 24ème en matière de cadre macroéconomique, 27ème en termes de sécurité, et 38ème pour ce qui est des droits fonciers. Quant au troisième pilier, il réalise son meilleur score sur l’accès à l’information (43ème), mais accuse de timides scores sur le volet de la démographie (104ème), du genre (124ème) et de l’utilisation de la technologie (89ème) ce qui apostrophe notre politique d’innovation technologique.

Si le royaume reste devancé par les Emirats Arabes Unis (5éme), le Qatar (7éme), Israël 21éme, l’Arabie Saoudite 22émé et la Jordanie 37éme dans la région MENA, il arrive en 3ème position en Afrique derrière le Cap-Vert (51ème) et la Namibie (53ème), le Botswana qui est 58ème et l’Afrique du Sud, 61ème. Le pays de la révolution du Jasmin atterrit à la deuxième place au Maghreb et arrive en 64ème position mondiale, devant le Kenya (65ème), le Rwanda (69ème), la Zambie, (73ème) et l’Ouganda (74ème). Quant à l’Egypte et l’Algérie, elles arrivent respectivement à la 83ème et 85ème, réalisant la meilleure progression en 2015. 

Selon la cartographie mondiale, le Singapour arrive en tête avec un score de 0,838, suivi par la Suisse (0,818), Hong Kong (0,804), Norvège (0,794) et les Emirats Arabes Unis (0,787). La Nouvelle-Zélande (0,771), le Qatar (0,771), le Danemark (0,769), la Suède et la Finlande (0,768) ferment le top 10.

Selon le Change Readiness Index, l’inégalité économique a été considérée comme l’épée de Damoclès pour de nombreux pays, les laissant vulnérables aux chocs financiers : L’indice souligne que la Namibie, Haïti et le Guatemala avaient réalisé la croissance économique la moins inclusive.

19 octobre 2015 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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