• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

Le génie de Princeton, John Nash, une vie trépidante d’un Homme d’exception

by Mustapha Maghriti 23 mai 2016
written by Mustapha Maghriti

Le destin a voulu que deux économistes meurent ce même jour du 23 Mai, deux économistes qui partageaient un même dénominateur commun : Exception économique et économie d’Exception, d’une part un économiste Marocain Feu Aziz Belal à qui on a rendu hommage avec une chronique, d’autre part, le mathématicien américain John Nash.

John Nash Prix Nobel d’économie en 1994 est mort dans un accident de voiture lui et sa femme Alicia, comme ce jour du 23 mai 2015, aux Etats-Unis. Il était âgé de 86 ans. Sa femme est également décédée dans cet accident, qui a eu lieu sur une autoroute du New Jersey, sur la côte Est des Etats-Unis. Tous deux ont été éjectés du taxi dans lequel ils se trouvaient et dont le chauffeur a perdu le contrôle. Il rentrait, en effet, tout juste de l’aéroport après avoir reçu en Norvège le prix Abel, à Oslo, des mains de Harald V.
La vie trépidante de John Nash a été portée au grand écran par une incarnation majestueuse de Russell Crowe dans le film culte « Un Homme d’exception » ou « Beautiful Mind » réalisé, en 2001, par Ron Howard à partir du livre « Un cerveau d’exception » de Sylvia Nasar.
Pour beaucoup, le nom de Nash est associé à un résultat mathématique qu’il a découvert et exposé à 21 ans dans son doctorat à l’université de Princeton et qui concernait la théorie des jeux : Son mémoire de thèse, soutenu en 1950, sur les jeux non coopératifs détaillait déjà la définition et les propriétés de ce qui allait par la suite s’appeler l’équilibre de Nash. Il s’agissait alors d’une toute jeune branche des mathématiques en plein essor depuis les travaux de John Von Neumann et Oskar Morgenstern exposés en 1944 dans une somme impressionnante intitulée Théorie des jeux et du comportement économique (Theory of Games and Economic Behavior).

Il faut souligner, dans cette chronique, que la thèse de Nash n’a été que seulement de 27 pages et une bibliographie à deux références : c’est ce qui peut suffire pour obtenir le prix Nobel et être l’un des plus grands mathématiciens du 20ème siècle. 
En tout et pour tout, l’œuvre scientifique de Nash tient en une cinquantaine de pages. Cela peut sembler étonnant, tant les thèses actuelles doivent être longues (et citer une cohorte de prédécesseurs en bibliographie…) mais c’est la marque du génie. Les concepts de Nash ont irrigué toutes les branches de l’économie notamment les relations économiques internationales, mais aussi la biologie, la stratégie militaire.
Ce mathématicien de génie souffrait de schizophrénie paranoïde, une maladie mentale qui allait le contraindre à être plusieurs fois interné dans des hôpitaux psychiatriques tout au long de sa vie : En 1958, les symptômes de sa maladie se font sentir : John Nash est admis au McLean Hospital en avril-mai 1959 où il subissait les traitements les plus terribles de la psychiatrie de l’époque. Le film ne montre-t-il pas les séances d’électrochocs ? Le pire traitement que Nash ait subi est probablement la thérapie de choc à l’insuline. Cela consistait en une surdose massive d’insuline, qui provoquait chez lui un coma diabétique.
Après des séjours difficiles à Paris et à Genève, Nash entre à Princeton en 1960. Il fait des séjours réguliers à l’hôpital jusqu’en 1970 et occupe un poste de chercheur à la Brandeis University de 1965 à 1967 et ne publie rien pendant trente ans. 
Sa santé mentale ne s’améliorera que très lentement. Son intérêt pour les mathématiques ne lui est revenu que très progressivement, ainsi que sa capacité à raisonner logiquement. Les années 1990 ont permis d’assister à un retour de son génie, desservi par un esprit très affaibli où il obtient en 1978 le prix de théorie John Von Neumann pour ses découvertes sur les équilibres non coopératifs.

Ses travaux sur la théorie économique des jeux, la géométrie différentielle et les équations aux dérivées partielles lui ont valu le Prix Nobel d’économie en 1994 qui lui a été décerné des mains de Lloyd Shapley, camarade d’université à Princeton, qui a obtenu le Nobel d’économie en 2012.
Ses travaux ont été publiés dans trois articles :
– « Equilibrium Points in N-person Games », dans Proceedings of the National Academy of Sciences (1950), 
-« The Bargaining Problem » dans Econometrica (avril 1950),
-« Two-person Cooperative Games » dans Econometrica (janvier 1953).
Russell Crowe qui avait campé le rôle du mathématicien, a rendu un grand hommage aux disparus sur Twitter, se disant «sous le choc». «Mes pensées vont à John et Alicia et à leur famille. Ce fut une collaboration extraordinaire. Des esprits d’exception, de très grands cœurs», écrit-il. 
In fine, la vie de Nash fut souffrante et productive : Il nous a légué un trésor de connaissances et un patrimoine heuristique immortel. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage. 

23 mai 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Autant en emporte le vent : Doléances sociales, revendications syndicales et promesses gouvernementales

by Mustapha Maghriti 3 mai 2016
written by Mustapha Maghriti

C’était il y a plus de 4 chandelles, un jeudi 19 janvier devant le Parlement que le chef du Gouvernement Benkirane a présenté le programme de son Team en faisant des primautés sociales l’une de ses priorités sociales. Mois de 5 mois nous sépare de la fin du mandat du Team Benkirane, le Gouvernement a-t-il tenu sa promesse ? Tel est le dessin de cet article. Nous dissertons cette chronique une journée avant le dernier round du dialogue social qui affrontera le chef de l’exécutif et les principales centrales syndicales du Royaume. D’emblée, Nous pensons que le Gouvernement Benkirane ne peut satisfaire les doléances sociales ni les revendications syndicales et ce pour des raisons purement économique : 

– Primo, la soutenabilité de la dette publique:La déliquescence des deniers publics, ces dernières années, a relevé les interventions du Trésor sur les marchés et auprès des créanciers bilatéraux et multilatéraux pour renflouer le déficit budgétaire. Lors de la période 2007-2012, la dette du trésor représentait 50,4% du PIB en moyenne. En outre, en faisant égard à la dette garantie par l’Etat contractée par les entreprises publiques, le poids de la dette réelle devient plus lourd puisqu’elle frôle les 81% du PIB. Socialement, le remboursement de la dette est une hypothèque qui accable les 34 millions de Marocains : Chaque marocain paie chaque année au titre du service de la dette 5000 DH/marocain. Qu’il soit un enfant, une personne âgée, un chômeur, femme, toutes les catégories de la population participent au financement de la dette. Le service de la dette’ s’abreuve une partie importante des ressources nécessaires pour les besoins en éducation, santé, logement décent, investissement dans les infrastructures publiques de base, les programmes nécessaires à la croissance économique et au développement social, …Son paiement aiguise et exacerbe la crise sociale dont souffre notre peuple et devient en corollaire un obstacle devant le dialogue social. Le chef du Gouvernement n’a-t-il pas soutenue l’idée que la situation actuelle des finances publiques ne permet pas l’adoption de mesures dont les répercussions financières risquent de peser sur le budget de l’Etat? 

-Secundo, le fardeau de la masse salariale : L’évolution des niveaux des salaires a été l’origine d’une croissance substantielle de la masse salariale qui a augmenté en moyenne de 6,5% par an au cours de la période 2007-2014. Les charges salariales de l’Etat deviennent affolantes et plombent les comptes publics. En tenant compte de la part patronale (retraites et assurance-maladie) et de l’impôt, le poste charge du personnel atteint le montant de 140 milliards de dirhams soit 13 % du PIB et 33% du budget. Dans la région MENA, la rémunération moyenne dans le secteur public représente 3,5 fois le PIB par habitant au Maroc contre 2,5 fois dans la région et 1,5 fois au niveau mondial en vertu du rapport des experts du FMI.

En sus, l’analyse des recrutements dans la fonction publique révèle que sur la période 2007-2014, 146.961 postes ont été créés pour une enveloppe budgétaire de près de 12,8 milliards de dirhams. Lors d’une séance plénière au parlement consacrée à la séance mensuelle sur la politique générale et en particulier sur le dysfonctionnement du dialogue social, Benkirane n’a-t-il pas souligné que les revendications de la plupart des centrales syndicales ne sont pas adaptées à la conjoncture économique du Maroc ? Sur ce registre et concernant l’augmentation des salaires, l’exécutif prend la tangente pour revoir les allocations familiales via la hausse de la prime de naissance dans le secteur public. Selon l’exécutif Benkirane, la hausse de 25% des salaires impliquera 27 milliards DH par an, soit 3% du PIB, la révision de l’impôt général sur le revenu nécessitera 5 milliard DH et le relèvement du seuil minimal de retraite de 600 dirhams/mois engendra près de 4,2 milliards DH supplémentaires par an. Le total du cahier revendicatif des syndicats pèse lourd en termes de dépenses pour l’Etat car il oscille entre 30 et 37 milliards de dirhams de financement total.

Autant en emporte le vent, le gouvernement barbu light n’a pas tenu sa promesse : il a forcé la dose en imposant sa propre vision ultralibérale dont l’objectif se résume à réduire le déficit budgétaire et les subventions et réformer les retraites.

3 mai 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quand le Maroc gagne 7 crans dans la pénombre gouvernementale

by Mustapha Maghriti 25 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

La 3ème édition du Baromètre sur la transparence des données vient d’être publiée par la World Web Foundation. Le rapport donne un panorama d’ensemble de l’état d’ouverture des données gouvernementales dans 92 pays à travers le monde.
Pour établir ce classement, World Web Foundation (WWF) établit le classement des pays en se basant sur 3 critères: la bonne volonté du gouvernement, sa capacité de mise en œuvre et les impacts de la politique de la transparence et de l’accessibilité des données. La bonne volonté du gouvernement se mesure à sa volonté d’œuvrer à des politiques, des actions, de rendre l’information disponible pour les entrepreneurs et les businessmen, pour les citoyens et la société civile. Le critère de mise en œuvre comprend la responsabilité, l’innovation et la politique sociale. Il s’ajoute à cela les impacts politiques, économiques et sociaux de la transparence des données gouvernementales. 
Le Maroc se retrouve cette année à la 62ème place en ex-æquo avec l’Ukraine, le Paraguay et la Thaïlande alors notre Royaume occupait la 55ème place l’année dernière, soit un affalement de 7 points. Une glissade qui est imputable aux mauvais scores obtenus par le Royaume dans les critères de classement. La bonne volonté du Maroc se chiffre à une moyenne de 36/100 avec 26/100 pour la politique gouvernementale en la matière, 45/100 pour son action, 44/100 pour l’accessibilité de l’info aux membres de la société civile et des citoyens et 38/100 pour son accès aux entrepreneurs et businessmen. 

Le score est faible au niveau de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale avec des chiffres de 13/100 pour l’innovation en matière d’accès aux données, 28/100 pour la politique sociale et 13/100 pour la responsabilité du gouvernement. Il semble que les très bas scores des indicateurs d’impacts qui ont acculé le Maroc, 7 places en arrière dans le palmarès mondial : L’impact politique est de 10/100 tandis que les impacts économiques et sociaux sont nuls (0/100 dans chacun des indicateurs).
Dans la région MENA, Israël domine le classement régional, suivi de la Tunisie, des Emirats-Arabes-Unis, du Bahreïn, de l’Arabie-Saoudite, du Qatar. Le royaume quant à lui se retrouve à la 7ème place devant la Jordanie, l’Egypte et le Yémen qui ferment le Top10.
Au niveau du classement continental, le Maroc finit au pied du Top 5 à la 6ème place. C’est la Tunisie qui prend la 1ère place en Afrique, suivi du Kenya, du Rwanda, de l’Afrique du Sud et de l’Ile-Maurice.
Au niveau mondial, les pays les plus opaques dans le partage des informations gouvernementales sont Haïti, Yémen, le Zimbabwe, Myanmar et le Mali. A l’inverse, les pays où les données gouvernementales sont le plus disponibles sont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Canada et le Danemark qui se hissent au Top 5 mondial.

Le score timide obtenu par le Maroc atteste d’un grand déficit de communication où les données en amont et en aval sont de plus en plus opaques.
Ce que le Gouvernement Benkirane ignore ce sont les retombées et les bénéfices attendus des données publiques ouvertes : les citoyens ont besoin de savoir ce que fait leur gouvernement. Ils doivent être en mesure d’accéder aux données et aux renseignements gouvernementaux et de partager cette information avec d’autres citoyens librement.
L’ouverture des données publiques peut aider à la création d’entreprises et de services innovants. Aussi, les données ouvertes permettent aux citoyens d’être beaucoup plus informés et impliqués dans la prise de décision ce qui facilite leur contribution au processus de gouvernance
La transparence était, entre autres, une promesse électorale du parti barbu light PJD. Ils ont tenu leur promesse, le Maroc gagne en effet 7 places dans l’opacité de gouvernance.

25 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Contrefaçon : une adultération et scélératesse à l’économie Marocaine

by Mustapha Maghriti 20 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

ls sont partout les Tee-shorts aux marques internationales Boss, Dolce & Gabbana. Elle concerne de nombreux types de produits, des chaussures aux sacs à main, en passant par les parfums. Elle touche la quasi-totalité des domaines de la production industrielle : horlogerie (montres) made in Swiss Swatch, reproduction musicale sur les côtés du trottoir à la souiKa de Rabat et Derb Ghallaf avec des DVD des films du box office Américain, CD musical, production de vêtements pantalons, tricots, de marques réputées Diesel , Levis 501, Timberland, Lacoste, accessoires de luxe tel maroquinerie, médicaments (destinés à soigner le cancer, troubles de l’érection, infections), etc. Les œuvres d’art et les objets archéologiques ou historiques sont également concernés. Aussi, elle n’a pas épargné la production alimentaire. Vous l’avez deviné, il s’agit bel et bien de la contrefaçon. 

Faut-il en guise de prologue y donner une définition : La contrefaçon est la reproduction ou l’imitation d’une œuvre ou d’une marchandise, soit en indiquant ou en laissant présumer que la chose est authentique, soit en violation d’un droit de propriété intellectuelle ou du droit d’auteur .
A ce sujet, avant-hier le 18 Avril 2016, l’Organisation de Coopération et de Développement économiques OCDE et de l’Office de l’Union Européenne pour la Propriété Intellectuelle ont publié leur rapport sur la contrefaçon et le piratage industriel “Trade in Counterfeit and Pirated Goods: Mapping the Economic Impact”, qui établit un classement mondial des pays qui produisent et commercialisent, le plus, les produits contrefaits et piratés. Dans ce rapport qui utilise des données statistiques recueillies entre 2011 et 2013, le Maroc apparait en premiers rangs, du classement des pays où sévit ce fléau . Ainsi, le royaume est arrivé 6éme plus gros producteur et échangeur de produits de la contrefaçon qui violent les droits d’auteurs et les brevets industriels. 

Le Royaume arrive derrière, la Chine première avec 63.2% des produits contrefaits saisies dans le monde en 2013. La Turquie arrive 2éme mondiale avec 3.3%. Singapour 3éme avec 1.9%. Thaïlande 4éme avec 1.6%. Inde 5éme avec 1.2% et le Maroc 6éme avec 0.6% des marchandises contrefaites saisies dans le monde. Le rapport de l’OCDE chiffre la valeur mondiale des importations de biens contrefaits à 461 milliards dollars en 2013, soit l’équivalent du produit intérieur brut de l’Autriche.Les importations totales au niveau mondial s’élevant, pour leur part, à 17 900 milliards de dollars. Leur poids est encore plus important dans les importations des pays développés ; il est ainsi estimé à 5 % du total des importations de l’Union européenne (UE), soit 116 milliards de dollars.
Le classement fait état qu’en 2013, 0,6% des saisies totales de produits contrefaits effectuées dans le monde sont d’origine marocaine. Elles sont d’une valeur de 2,7 milliards de dollars, soit 26 milliards de dirhams. Le Maroc est devancé par l’Inde (1,2%), la Thaïlande (1,6%) Singapour (1,9%), la Turquie (3,3%). Le champion dans la catégorie reste incontestablement la Chine avec 63,2% des saisies totales dans le monde. Les marques américaines, italiennes, françaises et suisses sont les plus touchées par les contrefaçonsC’est un secret de polichinelle que la contrefaçon a des effets pervers sur les économies, le phénomène de contrefaçon fait l’objet de nombreuses études qui s’accordent sur les effets néfastes qu’engendre une telle activité sur les différents acteurs économiques qu’on peut résumer ses corollaires sur le consommateur, l’entreprise et l’État.

-Pour le consommateur : Le risque d’utiliser un produit dangereux ou nocif, qui ne corresponde pas à ce qu’il devrait être.
-Pour l’entreprise : Pour une industrie : une diminution globale des ventes, une perte de valeur et prestige des produits légaux, l’infraction à leurs propriétés intellectuelle et une perte des avantages que donne la recherche.
-Pour l’État : une perte des revenus perçus par les taxes, une diminution de la protection de la propriété intellectuelle, un risque d’utilisation de produits contrefaits potentiellement moins fiables dans des secteurs critiques comme la défense et la santé.
Pour l’économie dans son ensemble : un ralentissement de la croissance dû à une perte des avantages apportés par l’innovation, une perte de revenu à cause des pays où la protection de la propriété intellectuelle n’est pas ou peu appliquée. 

C’est pour cela, en guise d’épilogue,l’avantage de la laideur morale, c’est qu’il n’en existe point de contrefaçon disait le moraliste Jean Rostand

20 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

La grande évasion ou la Panama papers: Leçons d’une Bourgeoisie clandestine

by Mustapha Maghriti 12 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

La Grande Évasion, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte (The Great Escape) de John Sturges incarné magistralement par le trio Steve McQueen , Charles Bronson et James Coburn. Il n’en est rien : Il s’agit de la grande évasion fiscale dénommée « Panama papers » qui exhibe la grande ignominie financière révélée par le journal le Monde en collaboration avec 108 médias internationaux partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation .

Le prestigieux journal le Monde et 108 autres rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation, ont eu accès à plus de 11 millions de documents provenant d’une firme panaméenne de domiciliation de sociétés offshore, Mossack Fonseca. Les 11,5 millions de fichiers émanent des archives du cabinet panaméen, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, entre 1977 et 2015. Il s’agit de la plus grosse échappée d’informations jamais exploitée par des médias.Quels leçons tirés de cette esclandre, quels enseignements tirés de ce scandale ?
-Primo, la masse d’informations inédites émanant de la firme panaméenne met les pleins phares sur le monde Taciturne de la finance offshore et des paradis fiscaux,
-Secundo, le document panaméen met en lumière le rôle trouble joué par les juridictions offshores comme le Panama ou les îles Vierges britanniques dans la nébulosité des circuits financiers mondiaux.

-Tertio, ces documents permettent de mettre en lumière les avoirs neurasthéniques de milliardaires, de chefs d’État, de sportifs, de réseaux criminels de plus de 200 pays,
-Quarto, les « Panama papers » révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshores pour travestir leurs actifs.
– Quinto, le scandale « Panama papers » prouve qu’une bonne partie des sociétés offshores enregistrées par Mossack Fonseca ont pour seule activité que plutôt ouvrir un compte directement à leur nom dans une banque suisse ou luxembourgeoise, les clients passent par l’intermédiaire d’une société-écran, à laquelle ils rattachent leur compte en tout anonymat. De la même façon, au lieu d’acheter directement une maison ou un yacht en leur nom, les clients peuvent le faire avec leur société offshore pour dissimuler leur identité du fait que l’un des principaux avantages des sociétés offshores est leur opacité, qui permet de camoufler l’identité réelle des ayants droit des sociétés. 

-Sexto, dans les pays politiquement ou économiquement instables, les élites recourent souvent à des sociétés offshores rattachées à des comptes pour protéger leur patrimoine des expropriations, de l’hyperinflation ou des règlements de comptes en cas d’alternance politique – sans forcément vouloir frauder le fisc. C’est pourquoi, dans les « Panama papers », les fichiers internes de la firme panaméenne Mossack Fonseca, on retrouve énormément d’oligarques russes, de membres de l’élite politique du Parti communiste chinois, ainsi que plusieurs hauts dirigeants des cinq continents. Avouons le l’offshore est également un moyen efficace d’esquiver des sanctions économiques internationales.
-Ultimo, Panama Papers : 2015 pays sont concernés. On y trouve des blancs, des blacks, des jaunes, des européens, des arabes, des asiatiques, des africains, en bref le reste du Monde, et curieusement pas de noms du pays d’Uncle Sam car les noms des américains sont protégées par un mot de passe , des chrétiens, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des athées. Voltaire n’a-t-il pas dit « Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » et effectivement tout ce beau monde arrive à s’unir autour d’une seule religion, la religion MONNAIEthéiste avec pour seul Dieu, Mammon le dieu ARGENT…Et ne peuvent s’entendre sur les questions primordiales que sont : La Paix dans le monde, la lute contre la famine, le racisme etc. 

In fine, entre Paradis et Enfer : Les pauvres ne sont pas emmerdés par les paradis fiscaux, ils se contentent de l’enfer de ses impôts.

12 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

PIB potentiel : Un outil heuristique aux décideurs publics pour un vrai potentiel de l’économie Marocaine

by Mustapha Maghriti 31 mars 2016
written by Mustapha Maghriti

Comment supputer le sentier d’une économie? Comment estimer s’il croît trop vite ou trop lentement, s’il dispose de marges de croissance inutilisées ou si au contraire il est sur le point de rassasier ses capacités de production? S’il y a lieu de soutenir l’activité ou au contraire de la freiner? A priori, ces apostrophes peuvent surprendre. Ne dispose-t-on pas de mesures de la croissance économique, du chômage et de l’inflation? Ne peut-on considérer simplement qu’un niveau élevé de chômage dénote d’une sous-exploitation des ressources de l’économie, qui appelle une politique de relance? Et qu’à l’inverse, une inflation qui s’accélère est l’énonciation d’une surchauffe de l’économie, qui justifie une politique de stabilisation? 
La réponse réside dans le PIB potentiel : Au moment où le PIB réel mesure la croissance telle qu’elle est à travers la sommation des valeurs ajoutées, le PIB potentiel enseigne sur le niveau de croissance qu’une économie pourrait atteindre si toutes ses ressources productives étaient exploitées. 
Il résulte d’une modélisation de l’économie, étayée sur une estimation de l’évolution de la quantité de travail disponible, de l’évolution du capital disponible et des gains de productivité réalisés par les entreprises (« productivité globale des facteurs »), souvent assimilés au progrès technique. Si la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle, l’économie bénéficie d’une série de facteurs favorables au budget de l’Etat : création d’emplois, baisse du chômage, diminution des aides sociales et des indemnités chômage, augmentation des rentrées fiscales.

Quel est l’intérêt du PIB potentiel pour l’économie marocaine?
D’abord, la mesure du PIB potentiel est essentielle au pilotage des politiques économiques et plus singulièrement la politique budgétaire, puisque les programmes de consolidation budgétaire s’accoudent sur son estimation afin de prédéfinir une cible de déficit conjoncturel puis structurel. A titre illustratif, une baisse du PIB potentiel diminue le déficit conjoncturel (PIB potentiel – PIB observé ; ou « output gap ») et lamine ainsi le déficit structurel (déficit observé – déficit conjoncturel) rendant nécessaire une consolidation des finances publiques. De ce fait, le PIB potentiel détermine quand et à quel seuil le déficit public doit être corrigé.
En sus, c’est un indicateur qui permet aux pouvoirs public de mesurer le seuil maximum que la production Marocaine pourrait atteindre avec un meilleur suivi des fluctuations conjoncturelles et partant de conduire plus efficacement la politique économique à moyen et long terme. L’écart entre PIB réel et potentiel est donc un indicateur de la capacité inutilisée d’une économie. La distinction entre les deux aide aussi les décideurs politiques à choisir la politique à adopter : si le potentiel de croissance est faible il faut agir sur l’offre et non sur la demande. 
Il est inutile de comparer le taux de croissance d’un pays à fort potentiel, comme le Maroc, compte tenu, précisément- ce peut paraître paradoxal- de son gap économique, à des taux de croissance des pays développés dont les économies ont atteint leurs summums, en termes de facteurs de production et de technologies et leurs productions réelles ayant dépassé le niveau de leurs productions potentielles. A titre illustratif et pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les taux de croissance économique enregistrés dans les pays émergents qui sont de l’ordre de 5 à 7%, au moment où dans les pays de l’UE, les taux avoisinent zéro et la croissance se recroqueville. 

Notre pays pâtit d’une sous-exploitation de ses ressources, qui représentent autant de marges de croissance pour relancer son économie. A l’appui de notre assertion, imaginez si notre pays parvenait à normaliser le secteur de l’informel qui génère un PIB de 70% du PIB réel ; imaginez si les entreprises du secteur formel s’en tenaient à la transparence financière pour cesser de ne déclarer que 75% de leurs chiffres d’affaires effectifs ; imaginez si l’on mettait un terme à l’évasion fiscale ; imaginez si notre pays arrivait à mettre en valeur ses terres arables, qui ne sont exploitées qu’à concurrence de 20% ; imaginez …….et imaginez. Notre taux de croissance ne sera pas moins de 7 à 9% et c’est notre taux de PIB potentiel. Or, jusqu’ici le Maroc peine à faire des taux de 1,5 à 2% très loin de son potentiel, ce qui converge avec l’étude « Diagnostic de croissance du Maroc – Analyse des contraintes à une croissance large et inclusive » réalisée conjointement entre le Royaume du Maroc, la Banque Africaine de Développement (BAD) avec le Millenium Challenge Corporation (MCC) américain qui souligne que l’économie Marocaine affiche un taux de croissance qui demeure en deçà de son potentiel, nourrie surtout par la consommation (publique et privée), alors même que le Maroc peut se targuer d’afficher un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde.
Il sied donc mieux à nos décideurs publics Marocains de raisonner en termes de taux de croissance potentiel avec des points d’étapes annuels pour apprécier le comportement de notre économie pour, in fine, mieux régenter les politiques économiques.

31 mars 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quand les oignons deviennent nos oignons

by Mustapha Maghriti 16 mars 2016
written by Mustapha Maghriti

L’oignon fait actuellement le buzz sur les réseaux sociaux en raison d’une augmentation spectaculaire de son prix. En effet, alors que le prix du kg se situait généralement entre 2,5 et 3 DH, il culmine actuellement aux alentours de 15 DH sur de nombreux marchés notamment dans les grandes villes. Il s’agit là d’une hausse de prix record que les consommateurs trouvent énigmatiques. Les intermédiaires sont montrés du doigt par certains, les considérant comme bouc émissaire de ce décuplement des prix. D’autres expliquent cette hausse du prix par l’inadéquation entre l’offre et la demande, due au retard des pluies. 
Selon les responsables du Ministère de l’Agriculture, la flambée du prix de l’oignon n’est pas due à la spéculation. A l’en croire, même quand il y en a, il est impossible que les prix connaissent une telle envolée, sachant que son prix ne dépasse pas les 3 DH. S’agit-il d’une rareté causée par l’exportation de l’oignon vers les marchés extérieurs, notamment Africains ? L’augmentation des prix n’est pas non plus due aux exportations : Leur poids dans la production globale n’excède pas 20% selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture. 

Ainsi les responsables du département d’Akhouch, il n’y a qu’une seule explication à la flambée du prix de l’oignon : les pluies tardives : Le retard des pluies entre le Mois de Novembre et de Janvier ont entraîné un retardement de la production. Et cela a eu de facto un impact négatif sur l’offre. En gros, la demande est restée stable, et en parallèle, l’offre a beaucoup baissé ce qui a engendré une augmentation des prix de l’oignon. 
En cette période de l’année, le marché est alimenté par les cultures sous pluie. Cependant, les récoltes ont été maigres cette année en raison du manque des précipitations enregistré en cette année agricole, et donc la demande a rapidement dépassé l’offre. 
En substance, la hausse des prix des oignons sur le marché est le résultat de la pluviométrie déficitaire qui a sapé les régions productrices de l’oignon en cette saison agricole 2015-2016. 

Cette hausse des prix devrait se poursuivre encore un moment. Les prochaines cultures d’arrosage, notamment celles de Béni Mellal, ne seront sur le marché qu’à partir de ce mois de mars. Il va donc falloir attendre pour voir les prix des oignons revenir à des niveaux normaux. Avec une telle hausse des prix, le dicton Marocain « ça ne vaut même un oignon  » n’a plus aucun sens et l’oignon fait pleurer les ménages non par son allinase lacrymogènes mais par son prix. 

16 mars 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quand le Roi Mohamed VI met Bruxelles dans un grand moment de vérité et de clarification

by Mustapha Maghriti 10 mars 2016
written by Mustapha Maghriti

L’histoire économique regorge de jeudis noirs tel le fameux Jeudi noir du 24 octobre 1929 qui marqua la grande crise en ébranlant le système capitaliste mondial. Aussi et à très moindre degré, le Jeudi 25 Février 2016 marqua un  tumulte entre le Maroc et l’Union Européenne où Rabat a suspendu tout contact avec les institutions européennes et en premier lieu avec la Commission et le Parlement européens. 
Avec cette décision, le Maroc condamne l’arrêt de la Cour de justice européenne annulant l’accord de l’agriculture et de la pêche qui liait l’UE au Maroc et fustige l’absence de transparence et de clarté de certains membres de l’UE dénonce encore aujourd’hui le caractère hautement politique et contraire au droit international.

De ma part, je repêche totalement la décision chevaleresque et intrépide du Roi Mohammed VI de suspendre tous les contacts avec les institutions européennes (Commission et Conseil). Le Royaume, comme rappelé par le Souverain Marocain, le 6 novembre dernier à Laayoune, ne saurait être capitulée sur son intégrité territoriale et sur la crédibilité de sa démarche au Sahara. En effet, le Maroc est légitime lorsqu’il récuse d’être un simple objet d’une procédure judiciaire. Il l’est d’autant plus lorsqu’il refuse d’être tangué et cahoté entre les différents services de la bureaucratie européenne. En 2016, plusieurs facteurs comme les crises économiques, financières et migratoires ajoutées à la coopération en matière de lutte anti-terroriste font que le rapport de force entre l’UE et le Maroc, s’est largement équilibré, voire même de plus en plus en faveur du Royaume. Par ailleurs, depuis quelques années, le Maroc a proliféré et a largement diversifié ses relations économiques et politiques de la sphère mondiale (Golfe, Afrique et BRIC notamment). Nous sommes aujourd’hui de moins en moins connexes de l’UE et de ses institutions, qui ont pourtant de plus en plus besoin du Maroc. Le Royaume fait donc preuve aujourd’hui de fermeté justifiée en appelant l’UE à prendre ses responsabilités.

L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique, c’est notre réplique à cette attitude européenne. A notre sens, la coopération avec le reste de l’Afrique est un levier efficient pour desserrer la contrainte de la dépendance du Maroc envers l’UE en matière de diversification des marchés. Le Forum international Afrique développement organisé par Attijariwafa Bank et Maroc Export les 25 et 26 février à Casablanca est une pièce à conviction qui montre les différentes facettes de coopération du Maroc avec l’Afrique. En effet, l’expérience réussie du Plan Maroc vert (PMV) peut être partagé avec les États africains. Sur ce registre, la coopération du Maroc avec le Mali pour développer sa filière bovine (don de semences, assistance technique, formation de cadres…) en est une.
En matière de politique industrielle et surtout avec les prouesses marocaines dans les secteurs automobile et aéronautique, le Maroc peut accompagner les pays Africains sur la chaine de valeur économique de l’assemblage de pièces détachées, construction de voitures et de moteurs, 
Je gage que l’attitude de Bruxelles n’est qu’un feu de paille : la décision tombe à un moment critique où le vieux continent, aux prises avec le démon du terrorisme international, veut pouvoir compter sur l’allié chérifien pour contrer la montée en puissance du mal.

Le moment de vérité a fini par donner raison au Maroc, car le Royaume Chérifienne est un pilier extrêmement crucial pour stabiliser la ceinture méditerranéenne, il est un axe économique important entre l’Afrique et l’Europe. D’ailleurs, la diplomatie européenne a reconnu certaines erreurs commises côté européen et rappelé que le Conseil de l’Europe s’opposait à la décision de la Cour de Justice Européenne d’annuler l’accord qui lie Bruxelles et rabat sur le plan agricole. Un désaveu qui a valeur de « mea culpa » qui souligne le manque de cohésion dans les décisions de l’Europe et la multiplicité des centres de décision

10 mars 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le 8 Mars : Quelles Contraintes au business féminin au Maroc ?

by Mustapha Maghriti 8 mars 2016
written by Mustapha Maghriti

Le 8 Mars, officialisée par les Nations Unies en 1977, Journée Internationale des Femmes. Il trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. 
La Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité pour une quête d’une parité Homme/Femme. C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion pour nous d’écrire une missive qui met en exergue les obstacles qui piétinent la réussite de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. 
Placé en 13ème position au niveau du développement de l’entrepreneuriat féminin, le Maroc devance plusieurs pays émergents et s’impose comme pays dominant sur le plan du continent Africain. Or, malgré ce classement, l’entreprise féminine demeure chétive en témoigne la faiblesse du pourcentage d’entrepreneurs féminins au Maroc 5000 femmes entrepreneurs, soit 0,5% de l’emploi des femmes dans le secteur formel et environ 10% du nombre total des entreprises. Ces pourcentages occultent une dynamique entrepreneuriale féminine qui malheureusement reste cantonnée au secteur non structuré. Ces entreprises sont essentiellement des PME/PMI couvrant le secteur des services (37%), le commerce (31%) et l’industrie (21%) essentiellement le textile.

En filigrane de ce pourcentage infime se dessine plusieurs embûches freinant le développement et la promotion de la femme entrepreneure marocaine. Il s’agit :
– Primo, la carence du réseautage de soutien : Malgré l’existence au Maroc de plusieurs organismes de soutien et de promotion de l’entreprise féminine, on décèle que peu ou prou de femmes Marocaines adhèrent à ces groupements. Et pourtant, ces associations peuvent encourager et appuyer la création d’entreprises pour les femmes, les informer, les encadrer et les assister dans la gestion et la pérennisation de leurs entreprises, ainsi que de développer les compétences managerielles des femmes entrepreneurs en leur assurant des formations de Know-how et constituer, in fine, un réseau pesant à même de jouer un rôle de lobbying auprès des pouvoirs public et des instituions internationales à l’instar de la fameuse Association des Femmes Entrepreneures du Maroc (AFEM). Aussi, ces institutions s’avèrent un espace de rencontre, d’échange d’information, de formation et de solidarité visant l’amélioration du climat des affaires aux entreprises féminines Marocaines.
Cependant, la modique implication des femmes entrepreneures marocaines dans ce type de réseaux est due à leur méconnaissance de ces organismes et à leur manque de temps et d’intérêt.

Sur un autre registre, l’administration publique ainsi que les formalités nécessaires pour la création d’une nouvelle entreprise, constituent un autre écueil pour les femmes marocaines : La corruption, la lenteur des formalités administratives ainsi que les attitudes bureaucratiques sont toutes des pierres d’achoppement lourdes à supporter pour une jeune entrepreneure.
– Secundo, les pratiques socioculturelles s’avèrent, semble-t-il, des récifs ressentis par les femmes entrepreneures marocaines avec plus d’acuité à l’illustration de la discrimination sexiste ou l’harcèlement.
En sus, le manque de crédibilité et la réticence des différents partenaires (client, fournisseurs, etc.) sont aussi des barrières dont pâtissent les femmes marocaines au démarrage de leur projet. 
L’entourage familial semble également être un impédimenta culturel malgré que, légalement, la femme marocaine n’est plus astreinte à demander l’aval de son père ou/et à son mari, comme dans les cas de déplacements répétitifs à l’étranger ou en cas de rencontres avec des clients à des heures tardives. Ces pratiques sociales sont justifiées par les us et coutumes caractérisant la société Marocaine, qui imposent à la femme de s’incliner devant certaines règles de conduite au regard de sa famille et de la société Marocaine. Ardu et difficile dans une société macho et machiste tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc.

Si quelques dirigeantes de grandes entreprises apparaissent régulièrement dans la presse, où le caractère exceptionnel de leur présence est systématiquement souligné, si quelques actrices du milieu de la production culturelle ou artistique parviennent à se faire un nom, les milliers de femmes travaillant à leur compte, commerçantes, chefs de petites entreprises, associées de coopératives, vendeuses à la sauvette demeurent la variable inconnue du monde entrepreneurial marocain. Les contours de la figure féminine de l’entrepreneur au Maroc restent flous
– Tertio, le duel vie privée/vie professionnelle pose, à certains égards, des problèmes aux entrepreneures féminines : Les femmes issues d’un milieu pauvre ou très modeste déclarent qu’elles disposent de peu de moyens financiers pour engager une aide-ménagère qui s’occuperait à la fois des tâches ménagères ainsi que de leurs enfants. Toutefois, dans certains cas, ces femmes comptent sur leur entourage familial (parents et beaux parents) pour garder leurs enfants pendant qu’elles travaillent.

– Quarto, l’accès au Financement se révèle une cloison importante pour la femme entrepreneure marocaine pour obtenir des crédits bancaires. Ces contraintes peuvent se résumer en deux points : le coût exorbitant du crédit (taux de base, durée, etc.) imposé aux femmes entrepreneurs, ainsi que les garanties exigées. Elles fustigent que ces cautions exigées par les banques marocaines sont trop élevées et vitupérèrent que les banques ne prennent pas en considération d’autres critériums tels que l’expérience professionnelle, les diplômes et les compétences. Ainsi, dans la culture de la PME marocaine, l’essentiel du financement de l’entreprise féminine est constitué par l’autofinancement, l’épargne personnelle et l’aide familiale et que le recours au crédit bancaire reste très minuscule.
– Ultimo, le manque d’information sur les institutions publiques de soutien à la création d’entreprise demeure encore peu connu pour la femme entrepreneur marocaine à l’instar de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI ou les Centres Régionaux de l’Investissement CRI. Malheureusement, plusieurs femmes qui souhaitent entreprendre ignorent l’existence de ces structures. A cet égard, des campagnes d’information s’avèrent inéluctables pour faire rapprocher ces d’organismes des aux femmes entrepreneures marocaines. 

En dépit de ces obstacles, nous sommes optimiste quand au développement de l’entrepreneuriat féminin au Maroc, preuve en est des Success stories au féminin existe, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Nourries de leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines, de l’industrie aux services. Elles ont osé franchir le pas, créer leurs entreprises et les diriger avec succès. Les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?

La volonté des femmes et leur acharnement à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise d’épilogue, « Ce que femme veut DIEU le veut. »

8 mars 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le deuil de la candeur

by Mustapha Maghriti 18 février 2016
written by Mustapha Maghriti

Aujourd’hui, près de 2­­60 millions d’enfants travaillent dans le monde, dont plus de 170 millions dans des conditions perfides. Par ailleurs, chaque année, plus d’1 million de ces mômes seraient victimes de la traite d’êtres humains. Faut-il rappeler que le travail des gamins fait référence à tout travail qui les exhérède de leur enfance tout en portant préjudice à leur santé physique et mentale et entravant leur bon développement personnel et psychologique.
En Amérique du Nord et en Amérique Latine, les enfants sont victimes de la prostitution pour assouvir l’appétit pervers des touristes, et sont de plus en plus exploités par les trafiquants de drogue.
En Europe, des enfants sont enlevés, servant de main d’œuvre bon marché ou approvisionnant les réseaux de prostitution qui foisonnent en Europe de l’Est.
Au Maroc, le travail des mouflettes n’est pas un épiphénomène. C’est une réalité saignante vécue au quotidien par une grande frange de la population enfantine. En effet, plus de 69.000 gosses continuent d’être concernés par ce fléau social, selon les derniers chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Ce nombre reste toutefois en deçà de la réalité ; Il avoisine les deux millions d’enfants si l’on prend en compte les innocents qui, tout en fréquentant l’école, exercent en parallèle un travail, ceux dont le travail n’est pas déclaré, et ceux qui s’acquittent de tâches ménagères durant au moins quatre heures par jour.

Selon la même enquête sur l’emploi réalisée par le HCP, 1,5% des angéliques âgés de 7 à moins de 15 ans travaillaient, contre 9,7% en 1999. Le problème reste singulièrement pléonastique dans le milieu rural, où 62.000 naïfs travaillent, contre 7.000 en milieu urbain. Le phénomène dévore davantage les garçons (60,1%) que les filles (39,9%) où les fillettes domestiques (petites bonnes) en majorité dans le milieu urbain sont des migrantes rurales, analphabètes ou d’un niveau scolaire faible. 
Les mobiles de mise au travail de ces candides sont la pauvreté(où le salaire est empoché par les parents), la non-scolarisation, et le minuscule revenu des familles dont elles sont issues. Récemment, l’intervention des intermédiaires ou médiateurs dans l’embauche attise davantage ce fléau et exaspère encore la vulnérabilité des plus jeunes. 
La servitude à laquelle s’attelle ces mineures au quotidien n’est pas sans risque : Avec plus de 32 heures de travail par semaine en moyenne ( chiffre révélé par le HCP), la difficulté des tâches et les conditions affligeantes de travail fécondent de moult problèmes tels que le vieillissement précoce, la malnutrition, la dépression, la dépendance aux drogues,……….. etc.

Ces crédules, issus de milieux déshérités, de groupes minoritaires, ou enlevés de leur famille, ne bénéficient d’aucune protection. Les employeurs font le nécessaire pour les rendre complètement indécelables et de pouvoir ainsi disposer d’une mainmise sur eux. Ces pigeons travaillent dans des conditions serviles et ignominieuses, tympanisant tous les principes et droits fondamentaux de la nature humaine.
Par ailleurs, en termes de projection du devenir de cet impubère, un enfant qui travaille ne pourra pas suivre une scolarité normale et sera voué à devenir un adulte analphabète n’ayant aucune possibilité d’évoluer dans sa vie professionnelle et sociale. Dans certains cas, le travail des immaculés nuit aussi à leur dignité et à leur moralité, notamment lorsqu’il s’agit d’activités à des fins obscènes. De surcroît, un enfant qui travaille sera davantage exposé à la maltraitance. Ces puretés sont très souvent victimes de violences physiques, mentales, et sexuelles.

La représentante de l’UNICEF Regina De Dominicis, n’a-t-elle pas citée dans un communiqué sévère que le travail des enfants, quel que soit leur âge, les prive de leurs droits d’éducation, à la protection, à la participation, au développement et à la santé, comme il les expose à différentes formes de vulnérabilité économique et sociale et à différentes formes d’exploitation . 
la majorité à la Chambre des représentants, faisant litière des avis du Conseil national des droits de l’Homme et du Conseil économique social et environnemental, a présenté des amendements ( conditionné l’autorisation des bonnes de 16 et 17 ans d’exercer dans les maisons par le consentement par écrit et dûment légalisé à l’arrondissement de leurs parents ou tuteurs) mais sans interdire le travail des mineures.

En pleine discussion législative sur la question, l’UNICEF a rappelé au gouvernement et aux parlementaires marocains leurs devoirs en matière d’âge légal de travail pour les enfants, qui doit être fixé à 18 ans, une mesure qui ne fait qu’effleurer une réalité plus crue, puisque ce sont les petites mineures de 8 à 12 ans qui sont les plus demandées par les employeurs au Maroc. 
Elles se réveillent à l’aube et ne se couchent que très tard le soir. Elles ne dorment toujours que d’une oreille, prêtes à anticiper les besoins des membres de la famille dont elles ne font pas partie. On les reconnaît à leurs mains de petites vieilles. Des paumes ridées, usées, élimées, meurtries, à force de nettoyer, astiquer, éplucher, porter. Les visages semblent plus âgés, empreints d’une immense lassitude. Les regards plus durs. Mais ces bras-là, ces visages, sont bien ceux de fillettes de sept ans. Epineux d’imaginer la souffrance et le martyre derrière ces yeux baissés et ces épaules voûtées.
Seule une paupérisation extrême doublée d’une grande ignorance peuvent pousser des parents à se séparer de leur enfant, le livrant aux mains d’inconnus.
Les députés du PJD, RNI, MP et PPS ont demandé d’excommunier le travail des domestiques mineures pendant la nuit ou de porter des objets lourds. Mais qui sera l’organisme habilité à s’assurer du respect des engagements des employeurs ? La question reste posée.

Certes, l’école joue un grand rôle dans la réduction du nombre des enfants qui travaillent, mais tant que l’on n’a pas résolu le problème à la source de la pauvreté et des revenus des ménages, tout l’effort ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. In fine, l’Etat Marocain, même en ratifiant la convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui interdit le travail des enfants de moins de 15 ans, ne peut jamais appliquer à la lettre, ni lutter contre toutes les formes d’emploi des mineurs et ils restent en guise épilogue trop jeune pour mûrir et trop jeune pour mourir.

18 février 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications