• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

British Exit ou Brexit : Quels rejaillissements sur l’économie Marocaine ?

by Mustapha Maghriti 7 juillet 2016
written by Mustapha Maghriti

Les britishs ont filé à l’anglaise en disant oui au « Brexit ». Les favorables au retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne (pro-Brexit) l’ont emporté avec 51,9% contre 48,1% pour les pro-européens. La participation au scrutin a été forte, avec 72,2%, selon les chiffres officiels. 
C’est un événement majeur qui met en lumière le scepticisme de plus en plus grandissant des citoyens européens vis-à-vis des instances de Bruxelles. C’est aussi une apostasie cinglante à 60 ans de construction européenne. Les équivoques du Royaume-Uni vis-à-vis à l’Union européenne existent de longue date, et celui-ci n’a d’ailleurs jamais joué de rôle moteur dans la construction européenne, bien au contraire.
Au-delà, ce vote met en lumière l’incapacité des « élites  » européennes à se mettre au niveau des citoyens pour leur expliquer cette belle idée qui est l’Europe : Un destin commun, une ouverture sur le monde et un espace de paix et de tolérance. Ce vote, c’est aussi la victoire de la compagne sur la ville, du passé sur l’avenir, des crispations sur l’émancipation et des vieux sur les jeunes. Faut-il préciser que les deux tiers de plus de 60 ans ont voté en faveur de la sortie de la Grande Bretagne de l’Europe. 

Il est pour l’instant très épineux de supputer de façon précise les rejaillissements économiques de ce vote. Certes, la GB sera mortifiée par cette décision ; la volatilité des marchés financiers et par ricochet de celle de la croissance économique de la GB continueront à sévir dans le court et le moyen terme. Mais les estimations économiques des conséquences du Brexit sont discutables et sont tributaires des variables examinées, des méthodes de simulation ou économiques préconisées et de la période considérée dans le futur.
Néanmoins, dans le cas de l’économie Marocaine, on peut avancer que le Brexit aura un impact sur les échanges commerciaux entre le Maroc et la Grande-Bretagne. En effet, suite à la sortie du Royaume-Uni de l’UE, il y aura un rétablissement des droits de douane entre les deux pays et, de facto, il est à craindre une décrue des échanges commerciaux entre Rabat et Londres. A cet égard, le Maroc, qui possède un statut avancé avec l’UE, doit entamer des négociations avec la Grande-Bretagne pour sceller de nouveaux accords de libre-échange de façon à rétablir l’exonération des droits de douane. Aussi, Le Maroc devrait avoir une vision ouverte et être capable de négocier des accords Win-Win, surtout que la Grande-Bretagne sera un pays libre des restrictions européennes ; un processus qui risque de prendre du temps et d’affecter les échanges commerciaux entre les deux pays.

Toutefois, nous devons souligner que l’impact commercial sera minuscule. A l’appui de nos dires, nous n’avons pas une connexité économique forte avec le Royaume-Uni dans la mesure où le volume des importations est moins important (15éme fournisseur du Maroc) ; le déficit de la balance commerciale entre le Maroc et le Royaume-Uni est estimé à la fin de 2015 à 1,98 milliard de DHS, un faible chiffre au regard du solde de notre balance commerciale qui s’élève à 300 milliards de DHS en vertu des statistiques de l’Office de changes. 
Les exportations du Maroc vers la Grande-Bretagne sont estimées à 6,01 milliards de dirhams, alors que ses importations s’élevaient à 7,99 milliards de dirhams à fin 2015. Ce volume d’échange est analogue aux échanges avec des pays du MENA, à l’instar de l’Egypte à titre illustratif.
Devenu un pays hors UE, le Royaume-Uni pourrait aiguiller et brasser différemment ses relations avec le globe, en optant pour tel ou tel bloc commercial régional et on s’interpelle, dans le futur, si le Maroc figurera parmi les prévalences de la Grande-Bretagne ? D’où l’effort que le Maroc doit fournir en matière d’agressivité commerciale et de promotion de l’image du Maroc au pays du big ben. 

Sur un autre registre, si la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE causera une régression économique au niveau européen, la demande européenne adressée au Maroc connaîtra une baisse, qui sera émoussée et estompée par la diversification des débouchés du royaume.
Sur le volet des relations financières et monétaires internationales, le retrait du pays de Shakespeare de l’UE n’aura qu’un effet infime sur les Investissements Directs Etrangers IDE dans la mesure où le Royaume-Uni est le 62ème investisseur au Maroc et le Royaume du Maroc ne reçoit que 1% des investissements britanniques dans le monde.
Aussi, l’impact sera chétif au niveau de la balance des invisibles (services) étant donné la modestie du nombre de touristes qui passent leurs vacances au Maroc qui sont loin derrière les Français, les Espagnols ou les Allemands.
Au niveau de l’échange monétaire, Il n’y aura aucun impact à ce niveau, puisque le Maroc est arrimé à l’euro et compte un panier monétaire diversifié en fonction des liens commerciaux entre les partenaires économiques. Certes, ce facteur aura une légère incidence sur les exportations marocaines (agriculture et pêche) vers le Royaume-Uni en termes de valeurs mais pas en termes de volume qui restera, semble-t-il inchangé. 
Sur le plan des flux migratoires : La Grande Bretagne n’ayant jamais fait partie de l’espace Schengen, ne verra pas sa politique aux frontières modifiée fondamentalement, notamment pour ce qui est de la délivrance de visas. Il en est de même pour sa politique migratoire, puisque le pays n’a jamais connu une forte présence d’immigrants Marocains ; leur nombre est estimé en 2013 à peine 70.000, très loin des 1,3 million en France et de ce fait Le Brexit aura un ricochet dérisoire sur les transferts des MRE.

A long terme, le véritable risque, c’est qu’il y ait un regain des mesures de représailles et des réflexes protectionnistes, d’où un rejaillissement négatif sur nos accords avec l’UE, auquel cas on sortirait de la logique multilatérale à un ajustement de nos politiques commerciales dans un cadre bilatéral.

7 juillet 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Blasphème contre Ramadan, Blasphème contre l’humanité

by Mustapha Maghriti 4 juillet 2016
written by Mustapha Maghriti

Un diabétique Marocain rétamé et castagné à Rabat pour avoir bu en public n’est ce pas un blasphème contre Ramadan ? Une femme, à Marrakech, tyrannisée, rudoyée et terrifiée pour son rhabillage n’est ce pas un sacrilège contre Ramadan et l’humanité??? Un jeune homme a été roué de coups après avoir allumé une cigarette dans une salle de jeux à Marrakech n’est-ce pas flétrissure et opprobre contre l’humanité ???
Une religion si irascible, si spleenétique, un culte si neurasthénique à s’immiscer dans les affaires privées du commun des mortels. Je me rejoins à Ghandi quand il dit, noir sur blanc, que “Là où il y a la peur, il n’y a pas de religion.” Et j’adhère à Romain Rolland quand il prêche que “La violence n’est le Credo d’aucune religion.”
Ce comportement moyenâgeux qui statufie le quotidien ramadanesque du Marocain n’est que fanatisme et monstre qui ose se dire le fils de la religion pour reprendre une l’expression de Voltaire.Cette attitude médiévale qui méduse de plus en plus les Marocains est-il une réplique et nouvelle mouture de dire non à Al-Fassad ?

Al-Fassad est à piocher dans les rugosités sociales, il est à creuser dans la déprédation et les stellionats des deniers publics, dans l’injustice, l’iniquité, l’arbitraire et la partialité.Si Khalil Gibran disait que “Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion.”, je dirai que votre comportement au jour le jour est votre religion. Assez de blasphème contre l’humanité.
A l’extrême, “Une société d’athées inventerait aussitôt une religion.” disait Honoré de Balzac dans le catéchisme social. C’est le cas de John Lennon (Beatles) quand il chante « Imagine » en rimes et syllabes “Imagine qu’il n’y ait ni pays, ni religion.”
Pour donner âme à la religion, ne faudrait-il pas amorcer par l’étiquette de l’éthique et de la morale. Chateaubriand n’a-t-il pas dit, à cet effet, “que ce n’est pas la religion qui découle de la morale, c’est la morale qui naît de la religion.”

Pour donner âme à la religion, n’est-il pas temps d’instaurer la religion de l’amour pour paraphraser Louis Aragon, car, sans amour, toute religion n’est qu’une sorte de divertissement métaphysique pour citer André Esparcieux. A cet égard, faisons de notre morale notre religion, faisons de notre justice notre religion, faisons de notre humanité notre religion, faisons de notre humanité notre opium.
Pour épiloguer, j’exhume la célèbre sagesse du pamphlétaire british Thomas Paine “Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. ” car, in fine, il n y a qu’une seule religion : l’Humanité. 

4 juillet 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le bonheur c’est les autres : A la quête de la production d’ocytocine

by Mustapha Maghriti 16 juin 2016
written by Mustapha Maghriti

Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres incantatoires s’éclipsent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre. Il est le Graal irrévocable et définitif de l’humanité depuis deux mille ans: diversiforme, hétéromorphe, c’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence. 
Les chercheurs rappellent que le bonheur est si essentiel à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé. La thématique est indémodable et le desiderata du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La célébrité ou l’argent ? Une étude exceptionnelle menée depuis 75 ans auprès de 724 Américains en apporte une preuve édifiante et passionnante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps. 

Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est catégorique, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande apostrophe nous interpellé : Pourquoi ? 
Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la claustration subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes. 
Secundo, les bonnes relations protègent et entretiennent le cerveau : Les relations dignes et satisfaisantes préservent le cerveau. Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve difficile voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure. Robert Waldinger affirme que ces relations énergiques et conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement. Certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces querelles n’avaient pas d’implication sur leur mémoire. C’est la qualité qui compte et non pas la quantité. En effet, peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe. Vivre dans les conflits ne vaut pas mieux que se sentir seul. Ainsi, une relation maritale tumultueuse désargentée et dénuée d’affection peut être méphitique pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas « Il vaut mieux être seul que mal accompagné ». A l’inverse, des relations chaleureuses et affectueuses sont nourrissantes et protectrices.

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une sagesse vieille comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples. La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en singulier sur le plan de la communication). Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:
– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de pénibilité et avons tendance à anathématiser les autres– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’avons rien à nous reprocher– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des preuves de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière.– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations

Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.
Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent. En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit! 

Les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

16 juin 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Aziz Belal : Un économiste d’exception

by Mustapha Maghriti 23 mai 2016
written by Mustapha Maghriti

C’est comme ce jour du 23 mai de l’année 1982, que le célèbre économiste Marocain, Aziz Belal, s’est éteint à l’âge de 50 ans, à la suite d’un incendie qui s’est produit à l’hôtel «Conrad Hilton» de Chicago : Le regretté s’y est rendu dans le cadre de ses fonctions, en tant que vice président de la commune d’Ain Diab de Casablanca, pour participer aux cérémonies de jumelage entre Chicago et Casablanca.
Cet économiste exceptionnel et au parcours exceptionnel, a marqué de son empreinte toute une société, toute une génération d’étudiants, d’économistes de par ses réflexions et de par sa plume. Natif de Taza le 23 mai 1932, iIssu d’une famille modeste, il perdit son père à l’âge de huit ans, ce qui l’amena à affronter très tôt les difficultés de la vie. Il poursuivit ses études primaires à Oujda où il fut un élève studieux et brillant. Après avoir obtenu son baccalauréat, il regagna la Capitale Rabat pour y préparer sa licence en sciences économiques de 1951 à 1953. Par la suite, il se rendit à Toulouse où il obtint son diplôme d’études supérieures (1956).
Le contexte national dans lequel si Aziz a vécu et grandi l’a amené très vite à choisir son clan et à faire son choix : celui de la lutte pour l’indépendance du Maroc et pour l’émancipation des peuples opprimés. Ainsi, très jeune à 19 ans, il adhéra au parti communiste marocain, alors clandestin, (devenu successivement parti de libération et du socialisme, puis parti du progrès et du socialisme) pour devenir l’un de ses illustres dirigeants en tant que membre du bureau politique. Depuis, Aziz Belal n’a jamais dissocié son activité politique de son activité scientifique : pour lui les deux vont de pair et s’enrichissent mutuellement,

Il fut chargé de mission au plan où il participa à l’élaboration du premier plan quinquennal (1960-1964). En 1959, il accéda – dans le cadre d’un gouvernement de coalition nationale présidé par Abdellah Ibrahim – au poste de secrétaire général du ministère du Travail. Et c’est grâce en grande partie à lui que la législation du travail, datant de la colonisation, fut révisée et améliorée à la demande de son parti, il démissionna de son poste pour ne pas cautionner les déviations du gouvernement par rapport aux orientations de départ.
En 1960, il intégra la faculté de droit de Rabat, la seule à l’époque, où il enseigna l’économie tout en œuvrant à la mise en place de la section de langue arabe et à la création du syndicat national de l’enseignement supérieur. 
Parallèlement à son activité en tant qu’enseignant et son engagement politique sur tous les fronts, il s’est mis à préparer une thèse d’Etat en sciences économiques sur «l’investissement au Maroc 1912-1964, et ses enseignements en matière de développement économique ». C’est grâce à cette thèse que j’ai découvert Feu Aziz Belal et ses œuvres heuristiques quand je préparais, à l’époque, mon diplôme de troisième cycle et par la suite mon Doctorat sur l’attractivité de l’investissement étranger au Maroc à la Faculté de Droit de Rabat-Agdal. 

L’amour de sa patrie est tellement fort dans ses veines et son ADN qu’après des études universitaires en économie à Grenoble en France, thèse soutenue brillamment à l’université de Grenoble en 1965, fit date dans les anales de la recherche socio-économique du pays faisant de Aziz Belal le premier économiste marocain titulaire d’une thèse d’Etat.
Nommé professeur d’université, il poursuivait inlassablement son activité académique et politique : présent dans tous les débats scientifiques et politiques aussi bien au Maroc qu’à l’étranger; partisan acharné du travail organisé; ardent défenseur de la cause des déshérités. Grâce à ses qualités d’intellectuel talentueux, d’humaniste sans faille et d’orateur hors pair, il a acquis une facilité à argumenter et à convaincre à lui seul, il constituait une école : l’école Aziz Belal à laquelle ses anciens étudiants et ses nombreux amis qui occupèrent et occupent de grands postes dans la sphère publique et privée. Il n’a eu de cesse de professer que la culture et l’argent font rarement bon ménage ! Tel est brièvement si Aziz en tant qu’homme. 
Son apport scientifique est tout est aussi fécond que riche et diversifié : Il enlace des champs de connaissance variés.
Les aspects qui nous paraissent toujours d’actualité sont :1- Le bilan de la colonisation : le travail de Belal sur la période coloniale constitue, avec celui réalisé par Albert Ayache, une référence incontournable pour connaitre les effets de la colonisation française sur l’économie et la société marocaines. Le bilan que dresse l’auteur est implacable et nous donne une image nette sur les 50 années de colonisation : Au cours de cette période, l’économie marocaine a connu la croissance sans connaitre le développement ; c’est une croissance « estropiée», écrit Aziz Belal, croissance dont l’objectif est de servir les intérêts de l’économie du centre métropolitaine dominante et dont la progression se trouvait conditionnée par l’accentuation du  » satellisation  » économique et monétaire de la périphérie (le Maroc) par rapport au centre ( l’économie de la métropole). 
2- L’économie de développement : une lecture attentive des travaux de Belal nous autorisent à le considérer comme un véritable théoricien du développement et l’un des fondateurs de «l’économie de développement». La stratégie de développement qu’il a préconisée pour le Maroc au milieu des années 60 du siècle dernier n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité : un investissement efficace aux effets multiplicatifs élevés; un rôle dominant du secteur public ; des institutions démocratiques, décentralisées et dotées de larges attributions en matière économique et sociale ; la conciliation des impératifs d’efficacité économique et de justice sociale ; 3- Les facteurs non-économiques de développement : cette question centrale a été déjà esquissée par Feu Aziz Belal dans sa thèse en donnant une place de choix aux facteurs culturels et idéologiques dans l’enclenchement du processus de développement économique. Et ce fut en 1980 qu’il présenta une construction théorique élaborée sur cette problématique dans un ouvrage intitulé: «développement et facteurs non économiques». Après avoir critiqué les théories dominantes de développement fondées sur le «rattrapage» selon le schéma « Rostowien » et montré les limites de l’idéologie de la «troisième voie» prônée en Afrique et dont on voit aujourd’hui les déboires et les dégâts, Aziz Belal a opté pour une conception large du concept de développement intégrant l’ensemble des facteurs économiques, culturels, idéologiques voire civilisationnels. Il s’agit pour lui de s’attaquer aux quatre problèmes fondamentaux intimement liés : libération nationale, révolution sociale, développement et civilisation. Et partant, il définit le développement comme étant «un processus cumulatif socialement maîtrisé et continu de croissance des forces productives, englobant l’ensemble de l’économie et de la population, à la suite de mutations structurelles profondes permettant la mise à jour de forces et de mécanismes internes d’accumulation et de progrès ». Tel qu’il est défini, un tel développement «n’est pas possible sans l’élimination des blocages sociaux, politiques et idéologiques qui l’entravent, c’est-à-dire de la domination externe-interne qui ronge et inhibe les formations sociales périphériques. Ce qui signifie, en bref, la réalisation d’un processus de libération nationale authentique et de révolution sociale profonde – dans les structures socio-économiques, les rapports sociaux et les valeurs idéologiques et culturelles – et sa consolidation persévérante dans le temps».

D’autres apostrophes économiques ont retenu l’attention de Aziz Belal dans ses écrits dont notamment : l’unité maghrébine, les relations entre le Maroc et la CEE Ainsi, a-t-il pensé les blocages à l’intégration maghrébine en s’étayant sur les tendances lourdes et les raisons structurelles auxquelles viennent se greffer les raisons contingentaires :
Primo, les forces socio- politiques qui avaient dirigé la lutte pour l’indépendance des trois pays et la façon dont elles l’imposèrent n’étaient pas les mêmes, 
Secundo, certaines différences dans l’évolution socio-historique antérieure à la colonisation européenne ont également joué un rôle négatif dans l’unité maghrébine. 
Ultimo, la découverte et l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz en Algérie jouaient un facteur «déséquilibrant» dans les relations intermaghrébines en donnant à ce pays un sentiment de supériorité voire d’hégémonie. Ces facteurs continuent de faire obstacle à l’édification du grand Maghreb.Par ailleurs, Aziz Belal a consacré une large littérature aux relations Maroc/Maghreb-CEE en considérant celles-ci comme une nouvelle forme de domination «néo- coloniale» qui s’est substituée à la domination directe. Il était favorable à une autre forme de relations fondées plutôt sur la coopération et le partenariat dans une optique «Win-Win». Et l’histoire économique a fini par donner raison à Aziz Belal.En substance, la vie de Feu Aziz Belal fut dense et productive : Il nous a légué un trésor de connaissances et un patrimoine scientifique immortel. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage. 
S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des économistes disparus. Certes, il nous a quittés, mais ses proses économiques l’ont rendu immortel.

23 mai 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le génie de Princeton, John Nash, une vie trépidante d’un Homme d’exception

by Mustapha Maghriti 23 mai 2016
written by Mustapha Maghriti

Le destin a voulu que deux économistes meurent ce même jour du 23 Mai, deux économistes qui partageaient un même dénominateur commun : Exception économique et économie d’Exception, d’une part un économiste Marocain Feu Aziz Belal à qui on a rendu hommage avec une chronique, d’autre part, le mathématicien américain John Nash.

John Nash Prix Nobel d’économie en 1994 est mort dans un accident de voiture lui et sa femme Alicia, comme ce jour du 23 mai 2015, aux Etats-Unis. Il était âgé de 86 ans. Sa femme est également décédée dans cet accident, qui a eu lieu sur une autoroute du New Jersey, sur la côte Est des Etats-Unis. Tous deux ont été éjectés du taxi dans lequel ils se trouvaient et dont le chauffeur a perdu le contrôle. Il rentrait, en effet, tout juste de l’aéroport après avoir reçu en Norvège le prix Abel, à Oslo, des mains de Harald V.
La vie trépidante de John Nash a été portée au grand écran par une incarnation majestueuse de Russell Crowe dans le film culte « Un Homme d’exception » ou « Beautiful Mind » réalisé, en 2001, par Ron Howard à partir du livre « Un cerveau d’exception » de Sylvia Nasar.
Pour beaucoup, le nom de Nash est associé à un résultat mathématique qu’il a découvert et exposé à 21 ans dans son doctorat à l’université de Princeton et qui concernait la théorie des jeux : Son mémoire de thèse, soutenu en 1950, sur les jeux non coopératifs détaillait déjà la définition et les propriétés de ce qui allait par la suite s’appeler l’équilibre de Nash. Il s’agissait alors d’une toute jeune branche des mathématiques en plein essor depuis les travaux de John Von Neumann et Oskar Morgenstern exposés en 1944 dans une somme impressionnante intitulée Théorie des jeux et du comportement économique (Theory of Games and Economic Behavior).

Il faut souligner, dans cette chronique, que la thèse de Nash n’a été que seulement de 27 pages et une bibliographie à deux références : c’est ce qui peut suffire pour obtenir le prix Nobel et être l’un des plus grands mathématiciens du 20ème siècle. 
En tout et pour tout, l’œuvre scientifique de Nash tient en une cinquantaine de pages. Cela peut sembler étonnant, tant les thèses actuelles doivent être longues (et citer une cohorte de prédécesseurs en bibliographie…) mais c’est la marque du génie. Les concepts de Nash ont irrigué toutes les branches de l’économie notamment les relations économiques internationales, mais aussi la biologie, la stratégie militaire.
Ce mathématicien de génie souffrait de schizophrénie paranoïde, une maladie mentale qui allait le contraindre à être plusieurs fois interné dans des hôpitaux psychiatriques tout au long de sa vie : En 1958, les symptômes de sa maladie se font sentir : John Nash est admis au McLean Hospital en avril-mai 1959 où il subissait les traitements les plus terribles de la psychiatrie de l’époque. Le film ne montre-t-il pas les séances d’électrochocs ? Le pire traitement que Nash ait subi est probablement la thérapie de choc à l’insuline. Cela consistait en une surdose massive d’insuline, qui provoquait chez lui un coma diabétique.
Après des séjours difficiles à Paris et à Genève, Nash entre à Princeton en 1960. Il fait des séjours réguliers à l’hôpital jusqu’en 1970 et occupe un poste de chercheur à la Brandeis University de 1965 à 1967 et ne publie rien pendant trente ans. 
Sa santé mentale ne s’améliorera que très lentement. Son intérêt pour les mathématiques ne lui est revenu que très progressivement, ainsi que sa capacité à raisonner logiquement. Les années 1990 ont permis d’assister à un retour de son génie, desservi par un esprit très affaibli où il obtient en 1978 le prix de théorie John Von Neumann pour ses découvertes sur les équilibres non coopératifs.

Ses travaux sur la théorie économique des jeux, la géométrie différentielle et les équations aux dérivées partielles lui ont valu le Prix Nobel d’économie en 1994 qui lui a été décerné des mains de Lloyd Shapley, camarade d’université à Princeton, qui a obtenu le Nobel d’économie en 2012.
Ses travaux ont été publiés dans trois articles :
– « Equilibrium Points in N-person Games », dans Proceedings of the National Academy of Sciences (1950), 
-« The Bargaining Problem » dans Econometrica (avril 1950),
-« Two-person Cooperative Games » dans Econometrica (janvier 1953).
Russell Crowe qui avait campé le rôle du mathématicien, a rendu un grand hommage aux disparus sur Twitter, se disant «sous le choc». «Mes pensées vont à John et Alicia et à leur famille. Ce fut une collaboration extraordinaire. Des esprits d’exception, de très grands cœurs», écrit-il. 
In fine, la vie de Nash fut souffrante et productive : Il nous a légué un trésor de connaissances et un patrimoine heuristique immortel. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage. 

23 mai 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Autant en emporte le vent : Doléances sociales, revendications syndicales et promesses gouvernementales

by Mustapha Maghriti 3 mai 2016
written by Mustapha Maghriti

C’était il y a plus de 4 chandelles, un jeudi 19 janvier devant le Parlement que le chef du Gouvernement Benkirane a présenté le programme de son Team en faisant des primautés sociales l’une de ses priorités sociales. Mois de 5 mois nous sépare de la fin du mandat du Team Benkirane, le Gouvernement a-t-il tenu sa promesse ? Tel est le dessin de cet article. Nous dissertons cette chronique une journée avant le dernier round du dialogue social qui affrontera le chef de l’exécutif et les principales centrales syndicales du Royaume. D’emblée, Nous pensons que le Gouvernement Benkirane ne peut satisfaire les doléances sociales ni les revendications syndicales et ce pour des raisons purement économique : 

– Primo, la soutenabilité de la dette publique:La déliquescence des deniers publics, ces dernières années, a relevé les interventions du Trésor sur les marchés et auprès des créanciers bilatéraux et multilatéraux pour renflouer le déficit budgétaire. Lors de la période 2007-2012, la dette du trésor représentait 50,4% du PIB en moyenne. En outre, en faisant égard à la dette garantie par l’Etat contractée par les entreprises publiques, le poids de la dette réelle devient plus lourd puisqu’elle frôle les 81% du PIB. Socialement, le remboursement de la dette est une hypothèque qui accable les 34 millions de Marocains : Chaque marocain paie chaque année au titre du service de la dette 5000 DH/marocain. Qu’il soit un enfant, une personne âgée, un chômeur, femme, toutes les catégories de la population participent au financement de la dette. Le service de la dette’ s’abreuve une partie importante des ressources nécessaires pour les besoins en éducation, santé, logement décent, investissement dans les infrastructures publiques de base, les programmes nécessaires à la croissance économique et au développement social, …Son paiement aiguise et exacerbe la crise sociale dont souffre notre peuple et devient en corollaire un obstacle devant le dialogue social. Le chef du Gouvernement n’a-t-il pas soutenue l’idée que la situation actuelle des finances publiques ne permet pas l’adoption de mesures dont les répercussions financières risquent de peser sur le budget de l’Etat? 

-Secundo, le fardeau de la masse salariale : L’évolution des niveaux des salaires a été l’origine d’une croissance substantielle de la masse salariale qui a augmenté en moyenne de 6,5% par an au cours de la période 2007-2014. Les charges salariales de l’Etat deviennent affolantes et plombent les comptes publics. En tenant compte de la part patronale (retraites et assurance-maladie) et de l’impôt, le poste charge du personnel atteint le montant de 140 milliards de dirhams soit 13 % du PIB et 33% du budget. Dans la région MENA, la rémunération moyenne dans le secteur public représente 3,5 fois le PIB par habitant au Maroc contre 2,5 fois dans la région et 1,5 fois au niveau mondial en vertu du rapport des experts du FMI.

En sus, l’analyse des recrutements dans la fonction publique révèle que sur la période 2007-2014, 146.961 postes ont été créés pour une enveloppe budgétaire de près de 12,8 milliards de dirhams. Lors d’une séance plénière au parlement consacrée à la séance mensuelle sur la politique générale et en particulier sur le dysfonctionnement du dialogue social, Benkirane n’a-t-il pas souligné que les revendications de la plupart des centrales syndicales ne sont pas adaptées à la conjoncture économique du Maroc ? Sur ce registre et concernant l’augmentation des salaires, l’exécutif prend la tangente pour revoir les allocations familiales via la hausse de la prime de naissance dans le secteur public. Selon l’exécutif Benkirane, la hausse de 25% des salaires impliquera 27 milliards DH par an, soit 3% du PIB, la révision de l’impôt général sur le revenu nécessitera 5 milliard DH et le relèvement du seuil minimal de retraite de 600 dirhams/mois engendra près de 4,2 milliards DH supplémentaires par an. Le total du cahier revendicatif des syndicats pèse lourd en termes de dépenses pour l’Etat car il oscille entre 30 et 37 milliards de dirhams de financement total.

Autant en emporte le vent, le gouvernement barbu light n’a pas tenu sa promesse : il a forcé la dose en imposant sa propre vision ultralibérale dont l’objectif se résume à réduire le déficit budgétaire et les subventions et réformer les retraites.

3 mai 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quand le Maroc gagne 7 crans dans la pénombre gouvernementale

by Mustapha Maghriti 25 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

La 3ème édition du Baromètre sur la transparence des données vient d’être publiée par la World Web Foundation. Le rapport donne un panorama d’ensemble de l’état d’ouverture des données gouvernementales dans 92 pays à travers le monde.
Pour établir ce classement, World Web Foundation (WWF) établit le classement des pays en se basant sur 3 critères: la bonne volonté du gouvernement, sa capacité de mise en œuvre et les impacts de la politique de la transparence et de l’accessibilité des données. La bonne volonté du gouvernement se mesure à sa volonté d’œuvrer à des politiques, des actions, de rendre l’information disponible pour les entrepreneurs et les businessmen, pour les citoyens et la société civile. Le critère de mise en œuvre comprend la responsabilité, l’innovation et la politique sociale. Il s’ajoute à cela les impacts politiques, économiques et sociaux de la transparence des données gouvernementales. 
Le Maroc se retrouve cette année à la 62ème place en ex-æquo avec l’Ukraine, le Paraguay et la Thaïlande alors notre Royaume occupait la 55ème place l’année dernière, soit un affalement de 7 points. Une glissade qui est imputable aux mauvais scores obtenus par le Royaume dans les critères de classement. La bonne volonté du Maroc se chiffre à une moyenne de 36/100 avec 26/100 pour la politique gouvernementale en la matière, 45/100 pour son action, 44/100 pour l’accessibilité de l’info aux membres de la société civile et des citoyens et 38/100 pour son accès aux entrepreneurs et businessmen. 

Le score est faible au niveau de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale avec des chiffres de 13/100 pour l’innovation en matière d’accès aux données, 28/100 pour la politique sociale et 13/100 pour la responsabilité du gouvernement. Il semble que les très bas scores des indicateurs d’impacts qui ont acculé le Maroc, 7 places en arrière dans le palmarès mondial : L’impact politique est de 10/100 tandis que les impacts économiques et sociaux sont nuls (0/100 dans chacun des indicateurs).
Dans la région MENA, Israël domine le classement régional, suivi de la Tunisie, des Emirats-Arabes-Unis, du Bahreïn, de l’Arabie-Saoudite, du Qatar. Le royaume quant à lui se retrouve à la 7ème place devant la Jordanie, l’Egypte et le Yémen qui ferment le Top10.
Au niveau du classement continental, le Maroc finit au pied du Top 5 à la 6ème place. C’est la Tunisie qui prend la 1ère place en Afrique, suivi du Kenya, du Rwanda, de l’Afrique du Sud et de l’Ile-Maurice.
Au niveau mondial, les pays les plus opaques dans le partage des informations gouvernementales sont Haïti, Yémen, le Zimbabwe, Myanmar et le Mali. A l’inverse, les pays où les données gouvernementales sont le plus disponibles sont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la France, le Canada et le Danemark qui se hissent au Top 5 mondial.

Le score timide obtenu par le Maroc atteste d’un grand déficit de communication où les données en amont et en aval sont de plus en plus opaques.
Ce que le Gouvernement Benkirane ignore ce sont les retombées et les bénéfices attendus des données publiques ouvertes : les citoyens ont besoin de savoir ce que fait leur gouvernement. Ils doivent être en mesure d’accéder aux données et aux renseignements gouvernementaux et de partager cette information avec d’autres citoyens librement.
L’ouverture des données publiques peut aider à la création d’entreprises et de services innovants. Aussi, les données ouvertes permettent aux citoyens d’être beaucoup plus informés et impliqués dans la prise de décision ce qui facilite leur contribution au processus de gouvernance
La transparence était, entre autres, une promesse électorale du parti barbu light PJD. Ils ont tenu leur promesse, le Maroc gagne en effet 7 places dans l’opacité de gouvernance.

25 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Contrefaçon : une adultération et scélératesse à l’économie Marocaine

by Mustapha Maghriti 20 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

ls sont partout les Tee-shorts aux marques internationales Boss, Dolce & Gabbana. Elle concerne de nombreux types de produits, des chaussures aux sacs à main, en passant par les parfums. Elle touche la quasi-totalité des domaines de la production industrielle : horlogerie (montres) made in Swiss Swatch, reproduction musicale sur les côtés du trottoir à la souiKa de Rabat et Derb Ghallaf avec des DVD des films du box office Américain, CD musical, production de vêtements pantalons, tricots, de marques réputées Diesel , Levis 501, Timberland, Lacoste, accessoires de luxe tel maroquinerie, médicaments (destinés à soigner le cancer, troubles de l’érection, infections), etc. Les œuvres d’art et les objets archéologiques ou historiques sont également concernés. Aussi, elle n’a pas épargné la production alimentaire. Vous l’avez deviné, il s’agit bel et bien de la contrefaçon. 

Faut-il en guise de prologue y donner une définition : La contrefaçon est la reproduction ou l’imitation d’une œuvre ou d’une marchandise, soit en indiquant ou en laissant présumer que la chose est authentique, soit en violation d’un droit de propriété intellectuelle ou du droit d’auteur .
A ce sujet, avant-hier le 18 Avril 2016, l’Organisation de Coopération et de Développement économiques OCDE et de l’Office de l’Union Européenne pour la Propriété Intellectuelle ont publié leur rapport sur la contrefaçon et le piratage industriel “Trade in Counterfeit and Pirated Goods: Mapping the Economic Impact”, qui établit un classement mondial des pays qui produisent et commercialisent, le plus, les produits contrefaits et piratés. Dans ce rapport qui utilise des données statistiques recueillies entre 2011 et 2013, le Maroc apparait en premiers rangs, du classement des pays où sévit ce fléau . Ainsi, le royaume est arrivé 6éme plus gros producteur et échangeur de produits de la contrefaçon qui violent les droits d’auteurs et les brevets industriels. 

Le Royaume arrive derrière, la Chine première avec 63.2% des produits contrefaits saisies dans le monde en 2013. La Turquie arrive 2éme mondiale avec 3.3%. Singapour 3éme avec 1.9%. Thaïlande 4éme avec 1.6%. Inde 5éme avec 1.2% et le Maroc 6éme avec 0.6% des marchandises contrefaites saisies dans le monde. Le rapport de l’OCDE chiffre la valeur mondiale des importations de biens contrefaits à 461 milliards dollars en 2013, soit l’équivalent du produit intérieur brut de l’Autriche.Les importations totales au niveau mondial s’élevant, pour leur part, à 17 900 milliards de dollars. Leur poids est encore plus important dans les importations des pays développés ; il est ainsi estimé à 5 % du total des importations de l’Union européenne (UE), soit 116 milliards de dollars.
Le classement fait état qu’en 2013, 0,6% des saisies totales de produits contrefaits effectuées dans le monde sont d’origine marocaine. Elles sont d’une valeur de 2,7 milliards de dollars, soit 26 milliards de dirhams. Le Maroc est devancé par l’Inde (1,2%), la Thaïlande (1,6%) Singapour (1,9%), la Turquie (3,3%). Le champion dans la catégorie reste incontestablement la Chine avec 63,2% des saisies totales dans le monde. Les marques américaines, italiennes, françaises et suisses sont les plus touchées par les contrefaçonsC’est un secret de polichinelle que la contrefaçon a des effets pervers sur les économies, le phénomène de contrefaçon fait l’objet de nombreuses études qui s’accordent sur les effets néfastes qu’engendre une telle activité sur les différents acteurs économiques qu’on peut résumer ses corollaires sur le consommateur, l’entreprise et l’État.

-Pour le consommateur : Le risque d’utiliser un produit dangereux ou nocif, qui ne corresponde pas à ce qu’il devrait être.
-Pour l’entreprise : Pour une industrie : une diminution globale des ventes, une perte de valeur et prestige des produits légaux, l’infraction à leurs propriétés intellectuelle et une perte des avantages que donne la recherche.
-Pour l’État : une perte des revenus perçus par les taxes, une diminution de la protection de la propriété intellectuelle, un risque d’utilisation de produits contrefaits potentiellement moins fiables dans des secteurs critiques comme la défense et la santé.
Pour l’économie dans son ensemble : un ralentissement de la croissance dû à une perte des avantages apportés par l’innovation, une perte de revenu à cause des pays où la protection de la propriété intellectuelle n’est pas ou peu appliquée. 

C’est pour cela, en guise d’épilogue,l’avantage de la laideur morale, c’est qu’il n’en existe point de contrefaçon disait le moraliste Jean Rostand

20 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

La grande évasion ou la Panama papers: Leçons d’une Bourgeoisie clandestine

by Mustapha Maghriti 12 avril 2016
written by Mustapha Maghriti

La Grande Évasion, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte (The Great Escape) de John Sturges incarné magistralement par le trio Steve McQueen , Charles Bronson et James Coburn. Il n’en est rien : Il s’agit de la grande évasion fiscale dénommée « Panama papers » qui exhibe la grande ignominie financière révélée par le journal le Monde en collaboration avec 108 médias internationaux partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation .

Le prestigieux journal le Monde et 108 autres rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation, ont eu accès à plus de 11 millions de documents provenant d’une firme panaméenne de domiciliation de sociétés offshore, Mossack Fonseca. Les 11,5 millions de fichiers émanent des archives du cabinet panaméen, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, entre 1977 et 2015. Il s’agit de la plus grosse échappée d’informations jamais exploitée par des médias.Quels leçons tirés de cette esclandre, quels enseignements tirés de ce scandale ?
-Primo, la masse d’informations inédites émanant de la firme panaméenne met les pleins phares sur le monde Taciturne de la finance offshore et des paradis fiscaux,
-Secundo, le document panaméen met en lumière le rôle trouble joué par les juridictions offshores comme le Panama ou les îles Vierges britanniques dans la nébulosité des circuits financiers mondiaux.

-Tertio, ces documents permettent de mettre en lumière les avoirs neurasthéniques de milliardaires, de chefs d’État, de sportifs, de réseaux criminels de plus de 200 pays,
-Quarto, les « Panama papers » révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshores pour travestir leurs actifs.
– Quinto, le scandale « Panama papers » prouve qu’une bonne partie des sociétés offshores enregistrées par Mossack Fonseca ont pour seule activité que plutôt ouvrir un compte directement à leur nom dans une banque suisse ou luxembourgeoise, les clients passent par l’intermédiaire d’une société-écran, à laquelle ils rattachent leur compte en tout anonymat. De la même façon, au lieu d’acheter directement une maison ou un yacht en leur nom, les clients peuvent le faire avec leur société offshore pour dissimuler leur identité du fait que l’un des principaux avantages des sociétés offshores est leur opacité, qui permet de camoufler l’identité réelle des ayants droit des sociétés. 

-Sexto, dans les pays politiquement ou économiquement instables, les élites recourent souvent à des sociétés offshores rattachées à des comptes pour protéger leur patrimoine des expropriations, de l’hyperinflation ou des règlements de comptes en cas d’alternance politique – sans forcément vouloir frauder le fisc. C’est pourquoi, dans les « Panama papers », les fichiers internes de la firme panaméenne Mossack Fonseca, on retrouve énormément d’oligarques russes, de membres de l’élite politique du Parti communiste chinois, ainsi que plusieurs hauts dirigeants des cinq continents. Avouons le l’offshore est également un moyen efficace d’esquiver des sanctions économiques internationales.
-Ultimo, Panama Papers : 2015 pays sont concernés. On y trouve des blancs, des blacks, des jaunes, des européens, des arabes, des asiatiques, des africains, en bref le reste du Monde, et curieusement pas de noms du pays d’Uncle Sam car les noms des américains sont protégées par un mot de passe , des chrétiens, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des athées. Voltaire n’a-t-il pas dit « Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » et effectivement tout ce beau monde arrive à s’unir autour d’une seule religion, la religion MONNAIEthéiste avec pour seul Dieu, Mammon le dieu ARGENT…Et ne peuvent s’entendre sur les questions primordiales que sont : La Paix dans le monde, la lute contre la famine, le racisme etc. 

In fine, entre Paradis et Enfer : Les pauvres ne sont pas emmerdés par les paradis fiscaux, ils se contentent de l’enfer de ses impôts.

12 avril 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

PIB potentiel : Un outil heuristique aux décideurs publics pour un vrai potentiel de l’économie Marocaine

by Mustapha Maghriti 31 mars 2016
written by Mustapha Maghriti

Comment supputer le sentier d’une économie? Comment estimer s’il croît trop vite ou trop lentement, s’il dispose de marges de croissance inutilisées ou si au contraire il est sur le point de rassasier ses capacités de production? S’il y a lieu de soutenir l’activité ou au contraire de la freiner? A priori, ces apostrophes peuvent surprendre. Ne dispose-t-on pas de mesures de la croissance économique, du chômage et de l’inflation? Ne peut-on considérer simplement qu’un niveau élevé de chômage dénote d’une sous-exploitation des ressources de l’économie, qui appelle une politique de relance? Et qu’à l’inverse, une inflation qui s’accélère est l’énonciation d’une surchauffe de l’économie, qui justifie une politique de stabilisation? 
La réponse réside dans le PIB potentiel : Au moment où le PIB réel mesure la croissance telle qu’elle est à travers la sommation des valeurs ajoutées, le PIB potentiel enseigne sur le niveau de croissance qu’une économie pourrait atteindre si toutes ses ressources productives étaient exploitées. 
Il résulte d’une modélisation de l’économie, étayée sur une estimation de l’évolution de la quantité de travail disponible, de l’évolution du capital disponible et des gains de productivité réalisés par les entreprises (« productivité globale des facteurs »), souvent assimilés au progrès technique. Si la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle, l’économie bénéficie d’une série de facteurs favorables au budget de l’Etat : création d’emplois, baisse du chômage, diminution des aides sociales et des indemnités chômage, augmentation des rentrées fiscales.

Quel est l’intérêt du PIB potentiel pour l’économie marocaine?
D’abord, la mesure du PIB potentiel est essentielle au pilotage des politiques économiques et plus singulièrement la politique budgétaire, puisque les programmes de consolidation budgétaire s’accoudent sur son estimation afin de prédéfinir une cible de déficit conjoncturel puis structurel. A titre illustratif, une baisse du PIB potentiel diminue le déficit conjoncturel (PIB potentiel – PIB observé ; ou « output gap ») et lamine ainsi le déficit structurel (déficit observé – déficit conjoncturel) rendant nécessaire une consolidation des finances publiques. De ce fait, le PIB potentiel détermine quand et à quel seuil le déficit public doit être corrigé.
En sus, c’est un indicateur qui permet aux pouvoirs public de mesurer le seuil maximum que la production Marocaine pourrait atteindre avec un meilleur suivi des fluctuations conjoncturelles et partant de conduire plus efficacement la politique économique à moyen et long terme. L’écart entre PIB réel et potentiel est donc un indicateur de la capacité inutilisée d’une économie. La distinction entre les deux aide aussi les décideurs politiques à choisir la politique à adopter : si le potentiel de croissance est faible il faut agir sur l’offre et non sur la demande. 
Il est inutile de comparer le taux de croissance d’un pays à fort potentiel, comme le Maroc, compte tenu, précisément- ce peut paraître paradoxal- de son gap économique, à des taux de croissance des pays développés dont les économies ont atteint leurs summums, en termes de facteurs de production et de technologies et leurs productions réelles ayant dépassé le niveau de leurs productions potentielles. A titre illustratif et pour s’en rendre compte, il suffit d’observer les taux de croissance économique enregistrés dans les pays émergents qui sont de l’ordre de 5 à 7%, au moment où dans les pays de l’UE, les taux avoisinent zéro et la croissance se recroqueville. 

Notre pays pâtit d’une sous-exploitation de ses ressources, qui représentent autant de marges de croissance pour relancer son économie. A l’appui de notre assertion, imaginez si notre pays parvenait à normaliser le secteur de l’informel qui génère un PIB de 70% du PIB réel ; imaginez si les entreprises du secteur formel s’en tenaient à la transparence financière pour cesser de ne déclarer que 75% de leurs chiffres d’affaires effectifs ; imaginez si l’on mettait un terme à l’évasion fiscale ; imaginez si notre pays arrivait à mettre en valeur ses terres arables, qui ne sont exploitées qu’à concurrence de 20% ; imaginez …….et imaginez. Notre taux de croissance ne sera pas moins de 7 à 9% et c’est notre taux de PIB potentiel. Or, jusqu’ici le Maroc peine à faire des taux de 1,5 à 2% très loin de son potentiel, ce qui converge avec l’étude « Diagnostic de croissance du Maroc – Analyse des contraintes à une croissance large et inclusive » réalisée conjointement entre le Royaume du Maroc, la Banque Africaine de Développement (BAD) avec le Millenium Challenge Corporation (MCC) américain qui souligne que l’économie Marocaine affiche un taux de croissance qui demeure en deçà de son potentiel, nourrie surtout par la consommation (publique et privée), alors même que le Maroc peut se targuer d’afficher un taux d’investissement parmi les plus élevés au monde.
Il sied donc mieux à nos décideurs publics Marocains de raisonner en termes de taux de croissance potentiel avec des points d’étapes annuels pour apprécier le comportement de notre économie pour, in fine, mieux régenter les politiques économiques.

31 mars 2016 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications