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Mustapha Maghriti
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Apostrophes sur le triptyque  » Entrepreneuriat, Innovation, Territoire » au Maroc

by Mustapha Maghriti 4 décembre 2016
written by Mustapha Maghriti

La dynamique régionale et territoriale que connait le Maroc actuellement s’inscrit dans une mouvance restructurante à plusieurs niveaux. En effet, d’une simple circonscription administrative d’espaces géographiques, la tendance se fait progressivement vers des entités économiques plus animées et vigoureuses. Le processus d’opérationnalisation de la régionalisation avancée actuellement en gestation apostrophe tous les acteurs économiques et politiques intéressés par la nouvelle donne territoriale du Royaume . Le pari est donc de niveler et aplanir les disparités socio-spatiales, mais aussi de préserver les singularités faisant l’empreinte, l’authenticité, ainsi que la véridicité de chaque territoire Marocain. 
Dans ce contexte, les territoires qui gagnent sont ceux qui exhortent, stimulent, soutiennent et fédèrent l’innovation, une gouvernance de qualité et des structures territoriales où l’entrepreneuriat apparaît alors comme un adjuvant permettant de riposter à la double contrainte du développement et de la durabilité. 
Le triptyque « Innovation, Entrepreneuriat, Territoire » se situe ainsi au cœur d’une multiplicité de logiques et à la croisée de plusieurs dynamiques industrielles reconnectant le local au régional et raccordant le national à l’ international.

L’apostrophe qui nous interpelle : Quel sens donner à chacun des concepts de ce triptyque ? Et quelle logique d’ensemble sous-tend ce dernier dans le contexte précis des politiques industrielles au Maroc ?
Au regard de la nouvelle dynamique d’investissement où l’essor économique n’est plus « l’ectoplasme » de l’efficacité statique ni de la rente, les prouesses économiques ne se bâtissent-t-elles pas sur l’innovation dans les processus industriels ? la prospérité ne se greffe-t-elle pas sur les procédés cognitifs et la matière grise ? N’est ce pas dans un environnement national particulièrement concurrentiel, dynamique et efficient que l’on rencontre des entreprises innovantes ? 
Cependant, ce ne sont pas les segments économiques esseulés qui connaissent le succès, mais des grappes industrielles au sein desquelles circulent les informations, les savoir- faire et les technologies pour paraphraser Michael Porter. Or, isolées ou en grappes, les entreprises qui gagnent ne sont pas toutes détenues et/ou gérées exclusivement par des hommes. Un grand nombre de « firmes – bijoux ou intelligentes » sont assises sur les capacités de femmes compétentes, formées, informées et mues par la réussite de leurs projets et de leurs carrières.
L’intérêt assigné de plus en plus à l’entrepreneuriat féminin ne traduit-il pas la reconnaissance des femmes à innover ? D’ailleurs l’entrepreneur « Schumpetérien « capable de muer une idée ou une invention en une innovation » n’est-il pas sous-tendu sur un même pied d’égalité entre femme et homme ?
L’essentiel n’est-il pas la maestria d’attaquer, d’innover et d’épandre la perturbation pour geler l’action des concurrents pour reprendre Jean Claude Tarondeau ?

Dans ce contexte, l’innovation qui est souvent considérée comme la mise en œuvre d’un produit ou d’un procédé (nouveau ou sensiblement amélioré) ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, celle du lieu du travail ou les relations extérieures ont besoin d’écosystèmes propices aux regards innovants des acteurs et permettant une maîtrise des métiers, une bonne connaissance des marchés avec extraversion économique sur le social et le sociétal. 
Alliée et reliée alors au territoire , l’innovation ne désigne-t-elle pas l’intégration de nouveaux usages dans un modèle territorialisé de développement d’un groupe, d’une communauté ou d’une société ? Cette intégration ne nourrit-elle pas les mécanismes de régulation et de vivre ensemble pour paraphraser Sylvain FONTAN.
Mais, pour qu’elle soit atteinte et, surtout féconde et pérenne, une telle innovation n’exige-t-elle pas une bonne gouvernance ? Inscrite dans le sillage du nécessaire droit de regard sur les organismes par ceux qui les ont missionnés, la gouvernance territoriale n’est-elle pas un processus dynamique de synergie entre des acteurs publics et privés aux identités multiples et aux ressources asymétriques autour d’enjeux territorialisés visant le building collectif d’objectifs et d’actions en mettant en œuvre des dispositifs multiples qui sommeillent sur des apprentissages collectifs et des innovations institutionnelles et organisationnelles au sein des territoires pour commenter Champrigaud ?
En effet, un territoire innovant , bien gouverné, compétitif et attractif doit être en mesure d’intégrer, de manière fluide et synchrone, trois dimensions : une dimension identitaire, caractérisée par la sémiotique de sa désignation, ses limites, son histoire et son patrimoine, et par la manière dont les groupes sociaux qui l’habitent, se le représentent, se l’approprient et le font exister au regard des autres avec deux grandes dimensions incontournables :
-Primo, une dimension matérielle faisant dudit territoire un espace doté de propriétés naturelles ou matérielles qui sont caractérisées par leurs structures et leurs dynamiques temporelles et spatiales ;

– Secundo, une dimension organisationnelle comme entité dotée d’une organisation d’acteurs sociaux et institutionnels aux identités différentes mais à mission transversale ; dont l’objectif est la quête d’une homogénéité d’ensemble pour un développement réfléchi et mature du territoire en question. 
Sous cet angle, la compétitivité n’est plus le seul apanage des entreprises et des nations, mais interpelle de plus en plus toutes les entités territoriales infra-étatiques dont surtout les régions et les grandes métropoles. On n’aborde plus un marché de façon globale et indifférenciée mais grâce à des implantations région par région et localité par localité et territoire par territoire où L’Etat devrait se charger essentiellement des projets structurants comme ceux qui ont préludé sous le règne du Souverain Marocain Mohammed VI alors que les régions devraient s’attaquer aux projets régionaux en s’appuyant sur les différentes orientations de la politique industrielle de l’exécutif du Royaume.
In fine, l’entrepreneuriat intervient comme support, source et cible de l’innovation distillant à son tour la manumission des territoires. Chaque territoire est actuellement contraint de mettre en place une stratégie d’innovation lui permettant de mettre en valeur ses potentiels matériel, humain et patrimonial. 

À l’image des entreprises abstraction faite de leurs spécificités, les territoires peuvent concevoir et développer des systèmes d’innovation à leur échelle en s’appuyant sur les dynamiques endogènes mais aussi en connexité avec les réseaux similaires dans une logique partenariale tout en valorisant le capital immatériel.
Sous cette optique, l’innovation n’est-elle pas donc l’apanage des seules zones d’effervescence telles que «Casa Technoparc» ou « Rabat technopolis » espérant s’inscrire dans l’ambiance de Bangalore en Inde ou de la fameuse Silicone valley en France ? 
« Innover en entreprenant » et « Entreprendre en innovant » ne sont-elles pas deux dynamiques dialectiquement interconnectées et porteuses de développement territorial durable avec la condition sine qua non que l’institutionnel cadre toute la Chaîne de valeur industrielle dans sa globalité ? 
Tous les territoires peuvent être innovants mais une apostrophe de taille se pose surtout dans le contexte de l’économie Marocaine : Comment orchestrer et instrumenter innovation, entrepreneuriat et territoire pour que ce dernier cesse d’être un simple espace et support d’affectation et/ou de localisation des ressources et devenir un milieu émettant lui -même des ressources génériques et non transférables ? 

Manu Dibango n’a-t-il pas chanté “On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler.”, c’est idem pour Entreprenuariat, Innovation, Territoire.

4 décembre 2016 0 comment
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Francophonie entre partage du gâteau de la Croissance et changement climatique

by Mustapha Maghriti 27 novembre 2016
written by Mustapha Maghriti

Après Dakar en Novembre 2014, c’est la capitale Antananarivo à Madagascar, qui a hébergé le fameux sommet de la francophonie dans sa 16ème édition sous le signe de « La croissance partagée et développement responsable : Les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone ». Le choix d’Antananarivo pour l’organisation de ce sommet n’est pas fortuit, cette cooptation est une consécration pour l’île qui compte 24 millions d’habitants, soit le quatrième pays au monde le plus peuplé ayant le français comme langue officielle après la République démocratique du Congo, la France et le Canada. 
Cette kermesse économique était un grand moment de vérité pour hisser le message de la Francophonie au monde et pour apporter des solutions aux principaux défis du 21ème siècle qui sont la lutte contre les inégalités et la défense de l’environnement. En effet, Le thème du XVIème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie renvoie à deux problèmes que connaît l’espace francophone : 
– Des disharmonies dans le partage des fruits de la croissance au niveau national et international. 
– Une nécessité impérieuse de revoir notre modèle de développement au regard de l’enjeu climatique. 

Ces deux paris, s’ils sont différents, sont néanmoins intimement liés et doivent donc se voir apporter une réponse commune, afin que croissance et développement deviennent à la fois plus égalitaires et plus responsables vis-à-vis de la planète.
Aussi, Antananarivo a été un grand moment de débats sur les conditions et les moyens d’éradiquer la pauvreté et la faim dans la ceinture Francophone tout en maîtrisant le changement climatique. D’ailleurs, Madagascar qui pâtit de sécheresse, illustre ce besoin. A ce titre, les projets peuvent concerner l’énergie renouvelable, la gestion de l’eau, l’irrigation. Dans ces domaines, la démarche est de faire participer une grande partie de la population : Il s’agit d’améliorer l’accès des femmes à la formation et le marché du travail et d’inclure également les jeunes à même de promouvoir une économie solidaire et responsable.
Le sommet d’Antananarivo a porté un warning à la communauté francophone et le monde sur les impératifs économiques et politiques qui doivent concilier équité sociale et rentabilité économique, préservation de l’environnement et création de richesses. Une croissance économique inclusive, partagée et responsable est la seule qui permettra de distiller un monde plus juste, de secréter suffisamment d’emplois pour la jeunesse et de promouvoir un développement soutenable sous toutes les latitudes. Faut-il souligner qu’une croissance mondiale forte ne signifie pas nécessairement une diminution des inégalités entre pays du Sud et pays du Nord ; si la croissance apparaît comme une condition nécessaire à la rétrogression des inégalités, elle reste néanmoins insuffisante pour y parvenir. La redistribution des fruits de la croissance n’est jamais, ipso facto, égalitaire : le reflux des inégalités ne se produit réellement que s’il constitue un objectif social et politique durable. 

Selon une étude récente publiée par l’OCDE, l’accroissement des inégalités peut avoir un impact négatif sur la croissance. L’excavation généralisée des inégalités de revenu depuis plusieurs décennies a conduit des chercheurs à s’inquiéter de leurs ricochets potentiels sur nos économies. Ces récentes recherches de l’OCDE révèlent que toute amplification de ces inégalités fait chuter la croissance économique. L’une des raisons en est que les plus déshérités se trouvent moins à même d’investir pour s’instruire. Il apparaît donc que la réduction des inégalités, en plus de rendre nos sociétés plus justes, permet de rendre nos économies plus stables et plus fortes.
En sus, le 16ème Sommet de la Francophonie a porté une attention particulière sur le défi énergétique, notamment en Afrique où 621 millions d’habitants n’ont pas accès à l’eau et l’électricité. 
Nous pensons que les problèmes migratoires demeurent des sujets qui hantent les pays francophones, c’est pour cela que la déclaration d’Antananarivo a assigné un rôle important au ce sujet brûlant : L’enracinement démocratique, l’éducation pour tous et le dialogue entre les cultures doivent partie des répliques les plus efficaces pour instaurer un monde plus apaisé et moins dangereux pour l’agenda 2030 de l’Organisation Internationale de la Francophonie et faire face à l’épée de Damoclès de la crise migratoire dans l’espace francophone.

Le 16ème sommet d’Antananarivo, en guise d’épilogue, sera-t-il le point de départ d’un espace francophone économique exempt de droit de taxes dans les relations économiques internationales à l’instar du Marché commun de l`Afrique orientale et australe (COMESA)? Les résolutions ne devraient plus se limiter à la politique mais franchir courageusement l’aspect économique. Une résolution dans ce sens ne constituerait-il pas un grand pas en avant dans la modernisation des relations et le partage de croissance entre les pays membres de la Francophonie ?

27 novembre 2016 0 comment
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Commerce International : Le grand crépuscule

by Mustapha Maghriti 23 novembre 2016
written by Mustapha Maghriti

L’aura économique mondiale est à la taciturnité pour les responsables politiques, institutions internationales, dirigeants économiques, qui s’intéressent à l’évolution de Relations Commerciales Internationales. Il faut dire que les impulsions de la mélancolie économique internationale ne manquent pas. Il y a d’abord la croissance mondiale qui a du mal à retrouver sa véhémence et son ardeur économique d’avant la grande déconfiture économique, financière et sociale de 2008-2009. 
Les fiscal stimulus lancés par de nombreux pays, ainsi que les politiques monétaires latitudinaires, n’ont pas réussi à redonner à l’économie mondiale une dynamisation de croissance plus marquée. Du coup, et en dépit des appels à une plus grande synergie des efforts entre les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique OCDE, la dynamique économique globale est restée désespérément « médiocre » pour paraphraser Christine Lagarde, Directrice générale de l’instance de Washington, le FMI en l’occurrence.
La vulnérabilité de la croissance économique globale n’est pas le seul mobile des inquiétudes pour l’économie mondiale ; le commerce international est une des préoccupations actuelles. En effet, moult rapports ont décelé que le tempo de la croissance du commerce international a connu une sénescence depuis la seconde moitié de la décennie passée. 

Un Commerce mondial en crépuscule, puisque, selon l’OMC, la croissance du commerce mondial stagne à 2,8% et l’OCDE revoit depuis 6 ans ses prévisions à la baisse. Pour certains économistes, inutile de s’attendre à une véritable reprise du commerce mondial : la stagnation serait un fait durable auquel il faut adapter notre modèle économique. Une perte de vitesse qui bat en brèche les théories néoclassiques et leurs littératures à assurer une plus grande convergence économique entre les pays pauvres et les pays développés.Plusieurs pièces à conviction sont avancées sous forme d’indicateurs pour mettre l’accent sur cet emportement. Parmi eux, il y a la comparaison entre les taux de croissance du PIB global et celui du Commerce International qui, jusqu’à récemment, était jalonnée par une forte progression des échanges internationaux comparativement à la production. Cette disproportion est considérée pour beaucoup comme un important baromètre de la mondialisation et de la forte division internationale de la production de la chaîne des valeurs au niveau international qui sont au cœur de certaines spécialisations internationales entre différents pays selon leurs avantages comparatifs. Les dernières années n’ont pas échappé à ce penchant avec, selon les estimations du FMI, des prévisions de la croissance mondiale de 3,1% alors que celles du commerce mondial ne seront que de 2,7% pour l’année 2016.
Cette inflexion du commerce international n’est pas récente et remonte au début du siècle. Elle a été, par ailleurs, avivée par la grande crise des années 2008-09. 

Ainsi, l’examen de l’histoire récente du commerce international nous permet de déceler clairement deux grandes phases : La première qui s’étend du début des années 1980 jusqu’au début du siècle, a connu une importante euphorie des échanges internationaux représentant en quelque sorte l’âge d’airain du Commerce International. La croissance du commerce est alors plus intéressante que celle de la production et a fait des échanges commerciaux un important paramètre de globalisation de l’économie et de convergence globale.Plusieurs facteurs ont joué un rôle prééminent dans cette commotion du Commerce International : 
– Primo, la brise de réformes et d’ouvertures des économies nationales entamé au début des années quatre-vingts avec l’ouragan de la libéralisation et le triomphe des courants d’obédience libérale après la crise des courants keynésiens où coexistait le chômage et l’inflation ce qu’on appelle communément la stagflation, 
– Secundo, le grand rush de la division international du travail et la parcellisation des tâches des différents secteurs et des chaînes de valeurs au niveau international qui ont horripilé les flux du commerce international et les échanges entre les différents centres de production, 

– Tertio, la détente du prix du transport, de la logistique international et sa modernisation ont contribué à la forte croissance des échanges mondiaux, Cependant, cette phase sera suivie d’une nouvelle ère, au début du siècle, ponctuée par une convexité de cet infléchissement. En sus des facteurs structurels, des facteurs conjoncturels sont au cœur de cette vicissitude. Parmi ces facteurs, on peut souligner :
– L’impact de la grande dépression économique et financière des années 2008-09 qui a été à l’origine d’une grande récession assortie d’une forte incertitude rendant les promoteurs économiques plus réticents à investir et défavorisant le commerce international, 
– la fragilisation, la déstabilisation et la banqueroute des banques au moment de la crise qui a suffoqué le financement du Commerce International, 
– L’émergence de mesures de rétorsion et de certains comportements protectionnistes au moment de la crise ont contribué à laminer les échanges commerciaux. 
D’autres facteurs structurels sont aussi associés aux facteurs conjoncturels évoqués ci-haut comme le repli et le reflux des secteurs industriels et la montée des activités servicielles.En sus, la grisaille du commerce mondial est exacerbée par la crise des négociations multilatérales avec le Doha Round qui est devenu un mort-né et qui ne fait qu’électriser et aiguillonner les négociations bilatérales et la loi du plus fort.L’entretoise du commerce international est notoire et manifeste d’une crise plus molaire et qui concerne la capacité de la communauté internationale à étamper un nouveau contrat global de relations économiques internationales. 

En dépit des engagements des uns et des promesses autres, force est de constater que notre monde peine à fonder un nouveau modèle de développement soutenable et un contrat social inclusif. Des déboires qui débroussaillent et fertilisent le désespoir, la violence et peuvent acheminer le monde à la putride. 
Le commerce international soutient que la prospérité a rarement, voire jamais, été atteinte ou maintenue sans le concours des Etats et les institutions internationales. Néanmoins, à lui seul, il ne constitue pas une condition suffisante à l’obtention de cette prospérité. Des politiques orientées vers l’emploi, l’éducation, la santé et d’autres domaines encore sont nécessaires pour favoriser le bien-être et s’attaquer aux défis d’une économie mondialisée.

23 novembre 2016 0 comment
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Le Silence des Agneaux et les raisons d’un voyeurisme électoral au Maroc

by Mustapha Maghriti 14 novembre 2016
written by Mustapha Maghriti

Le Silence des Agneaux, à priori le titre sonne très fort et semble glisser l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte du fameux psychiatre Hannibal lecter ; le titre semble riper la fantaisie des passionnés du cinéma vers la trilogie légende (The Silence of the Lambs) de Jonathan Demme incarné magistralement par le trio Anthony Hopkins, célèbre psychopathe cannibale emprisonné à vie dans un hôpital psychiatrique, Clarice Starling, la jeune stagiaire du FBI Jodie Foster et Jack Crawford : Haut placé au FBI Scott Glenn. Il n’en est rien : Il s’agit du grand silence radio d’un Maroc taiseux, silencieux, indifférent, qui ne vote pas, qui déserte la politique. Ce Maroc est incarné par l’écrasant taux d’abstention, officiellement de 57% compte tenu des 6.75 millions de votants pour 15.7 millions d’inscrits sur les listes électorales. Ce sont les deuxièmes élections législatives depuis le Printemps Arabe et l’adoption de la nouvelle constitution du 1er Juillet 2011 qui ont été piquetées par une grande reconfiguration du champ politique marocain à cause du mouvement de protestation du 20 février, du Printemps Arabe et de la situation actuelle socio-économique du Maroc.
En réalité, ce taux frôle les 70% si on prend compte les 24 millions de Marocains en âge de voter selon le recensement 2014 du HCP ; un taux éloquent qui montre de façon saisissante le divorce des Marocains envers les urnes. Ce recul de la participation électorale est amplement commenté, mais rarement discuter quant à ses causes structurelles.

A note sens, les racines de ce reflux et repli réside et se résume dans les mobiles suivants :
♦ Primo, le désenchantement vis-à-vis de la politique, lié à l’alternance de la gauche à partir de la fin des années 90, en fait partie. En effet, avant le Premier Gouvernement de l’alternance du 16 mars 1998, les électeurs, ayant voté en faveur des candidats de la gauche, entretenaient un grand espoir de changement de leurs conditions de vie. L’alternance politique n’ayant pas engendré de véritables améliorations, la méfiance et le scepticisme à l’égard de la politique, déjà caractéristique des catégories populaires, s’est largement accrue occasionnant une grande suspicion à l’égard des urnes au Maroc,
♦ Secundo, la défiance des Marocains envers les hommes politiques n’a pas cessé de proliférer : Le foisonnement des scandales politiques et des cohabitations ont renforcé le sentiment de l’agnosticisme au regard de la politique ; « Que gauche ou droite, ça ne changera rien et que si ça change, ce sera encore pire » martèle le votant Marocain. Ainsi, la réduction des espérances dans le changement a eu raison du sens civique d’une grande partie des Marocains,

♦ Tertio, le désinvestissement militant ou le déclin du militantisme explique également le reflux et la rétrogression à la complicité politique : Les jeunes deviennent moins participationnistes à l’urne électorale ; ils se désinvestissement de la politique et se consacrent à leurs études, à leur installation professionnelle ou à la construction d’une vie conjugale décente. D’antan, ce moindre intérêt pour la politique a été contrebalancé par un véritable encadrement militant : Au sein de l’administration, à l’usine mais aussi dans les quartiers, des collègues et voisins politiquement engagés étaient des figures appréciées du quotidien et jouaient un rôle important dans l’animation des sphères publiques nationales, régionales et locales : Ils organisaient les fêtes de quartier, présidaient les clubs de foot, les associations de parents d’élèves, les amicales des locataires…. etc. Ils alimentaient un sentiment d’appartenance, contribuaient à politiser à minima les populations. Les jours de scrutins, leur seule présence représentait une exhortation à voter pour les moins prédisposés à le faire.
♦ Quarto, les désillusions conjoncturelles où certaines désabusements ponctuels ont aussi contribué à alimenter l’abstention ; ils sont relatifs à la déception liée au précédent scrutin de 2012 : Avec la nouvelle mouture de la constitution de 2011, les Marocains, ayant massivement voté en faveur du Parti de la Justice et le Développement PJD, cultivaient un grand optimisme de changement de leur niveau de vie. Autant en emporte le vent, après 5 ans dans l’exécutif, le changement promis n’ayant pas été au rendez-vous, la sinistrose et le pessimisme par rapport à la politique, s’est profusément enflammé causant un grand ombrage au regard de la politique,

♦ Quinto, les difficultés économiques et sociales ont joué dans le reflux à l’alliance électorale. En effet, ces dernières décades sont marquées par de profondes crises économiques qui ont impacté la dynamique sociale de tissu économique et qui s’est matérialisée par de fortes amplitudes de chômage qui se stabilisent depuis à un niveau très élevé atteignant en juin 2016 plus de 38,8 % chez les jeunes en milieu urbain selon les dernières statistiques livrées par la banque mondiale dans son rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord MENA (octobre 2016) sous le titre « Prévenir l’extrémisme violent par l’inclusion économique et sociale ». De ce fait, une partie de la population, souvent la plus diplômée, a le sentiment que son vote n’est qu’un coup d’épée dans l’eau ; qu’il n’aura pas d’effet sur sa situation sociale et que l’offre politique ne répond pas à ses besoins,
♦Sexto, les médias qu’elle soit presse écrite ou audiovisuelle, et en particulier leurs informations politiques ont aussi leur part de responsabilité dans la répudiation de la politique : La diffusion à outrance d’une forme tronquée et estropiée du discours politique joue ; la mise en avant des petites phrases et des querelles de personnes vérifie un poncif à la politique. Aussi, la mise en scène des affaires, l’accent porté sur les sondages, l’obsession de la course pour tenir le gouvernail de l’exécutif contribue, somme toute, à dégrader la politique et à une prise de distance vis-à-vis des urnes.

♦Septimo, le flegme et l’indifférence croissante pour le vote peut s’interpréter par d’autres facteurs : Depuis les années 1980, les programmes des principaux partis se sont rapprochés ce qu’on nomme la « Convergence du discours politique ». Quelque soit la couleur politique, le taux de croissance économique, le taux de chômage, la qualité des services sociaux, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, ainsi que d’autres donnes économiques comme le taux d’investissement, le domaine rural à travers les promesses de son désenclavement, la lutte contre la précarité et le rétablissement de la justice sociale sont les mêmes principaux slogans des partis politiques lors de leur compagne électorale : A titre illustratif, lors de la compagne électorale du dernier scrutin du 7 Octobre 2016, le Parti authenticité et modernité PAM s’est notamment fixé comme cible économique de ramener le taux de la dette publique de 81% du PIB à moins de 60%, ou encore de doubler le budget de la culture qui représente actuellement 3% du budget de l’Etat. 
Le Rassemblement National des Indépendants RNI, qui comptait dans ses rangs le ministère de l’Economie et des finances, ainsi que celui de l’Industrie, du commerce et de l’économie numérique, a misé gros sur l’emploi ; le parti voulait mettre en place un nouveau modèle pour l’intégration et la création d’emploi, et propose l’élaboration d’une charte sociale dans les domaines de l’emploi, ainsi que de réduire le taux de chômage à 8%. 

Le même taux a d’ailleurs été avancé par l’Union socialiste des forces populaires USFP. Ce dernier va encore plus loin et promettait de créer 150.000 emplois chaque année, soit 750.000 emplois sur 5 ans, en plus d’augmenter la valeur des exportations agricoles de 11 milliards de dirhams à 50 milliards de dirhams. Ambitieux. Plus à droite de la scène politique, l’Istiqlal (PI) a assuré, lors de la présentation de son programme, pouvoir faire passer l’investissement public de 29.6 % du PIB actuellement à 36%. Quel que soit le jugement de valeur qu’on y porte (réalisme pour les uns, renoncement pour les autres), l’importance de la « convergence du discours politique » est très évidente, ce qui a réduit l’enjeu du vote. 
En somme, quels que soient les facteurs de l’abstention évoqués ci-haut, les citoyens utilisent de plus en plus d’autres formes de mobilisation : Pétitions, manifestations. “Le silence n’est-il pas le dernier refuge de la liberté” selon les dires de Michel Campiche ?

Face à ce voyeurisme politique, vu que plus de la moitié des électeurs disent ne pas s’intéresser à la politique, le grand mystère n’est pas de savoir pourquoi les gens s’abstiennent, mais pourquoi ils vont voter! Philippe Bouvard disait que  » La panacée civique contre l’abstention ne consiste sans doute pas à rendre le vote obligatoire puisque la mesure aboutirait à demander leur avis aux gens qui n’en ont pas »

14 novembre 2016 0 comment
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Le Tissu économique et social marocain entre phallocratie économique et machisme politique

by Mustapha Maghriti 9 novembre 2016
written by Mustapha Maghriti

L’analyse des inégalités au travail entre femmes et hommes, ou ce qu’on appelle communément « Genre», est devenue incontournable pour comprendre les évolutions du développement des pays émergents.
Au Maroc, depuis la fin des années 1990, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé moult chantiers de réformes visant l’ancrage des principes de l’égalité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l’égalité et de l’équité et à en faire une réalité pratique et efficace.
L’égalité et l’équité des sexes, ainsi que la représentation équitable des femmes au niveau des emplois supérieurs et des postes de responsabilités, revêt une dimension transversale et répond aux objectifs nobles en vue de réduire les disparités entre les hommes et les femmes. La constitution de 2011 est un tournant décisif pour le cloutage des droits des Femmes et l’égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d’institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale.
Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? 
Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2016 de son rapport sur la parité hommes-femmes. Faut-il rappeler que l’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. 

D’emblée, on peut alléguer que le Maroc accuse des résultats très médiocres en se situant dans les derniers rangs. En effet, à l’appui de notre assertion, sur un panel de 144 pays étudiés, le Royaume se situe à la 137éme place, soit 0,597 points. Il se loge entre la Côte d’Ivoire qui se positionne à la 136éme place et le Mali au 138éme rang.
A l’égard de l’indicateur  » participation à la vie économique et opportunités », le Maroc accuse de timides résultats en se situant à la 139éme position ce qui nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.
Sur le volet  » représentativité politique », le royaume lui échoit la note de 0,110 en se positionnant à la 98éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement désigné de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espère ainsi que le Gouvernement Benkirane III qui sera désigné dans les jours prochains de faire mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième.
Sur le plan international, l’Islande se démarque en se positionnant en tête du classement avec un score de 0,874, suivi de la Finlande (0,845), de la Norvège (0,842) et de la Suède (0,815), le Rwanda, pays du continent Africain se hisse à la 10éme place avec note de 0,800.
Sur le plan maghrébin, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie se trouvent respectivement dans les 120éme, 126éme, 129éme rang.
Sur le plan des pays arabes, la République islamique d’Iran demeure parmi les pays les plus phallocentriques en se situe dans les derniers rangs (139éme position), suivie en queue du classement par le Tchad (0,587), l’Arabie saoudite (0,583), la Syrie (0,567), le Pakistan (0,556) et le Yémen (0,516).
Par ailleurs, en empruntant le rapport publié par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), le Maroc semble avoir du mal à convaincre l’Organisation Onusienne en faveur de l’égalité des Genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique : Le rapport d’Antonio Guterres classe le Royaume à la 126ème place au niveau mondial, 11ème dans le continent noir et 4ème au Maghreb en succédant à l’Algérie, à la Libye et à la Tunisie Ce qui montre les efforts que doit fournir le Maroc pour le développement Genre, la promotion de la place de la femme, l’autonomisation des femmes au travail, en matière de participation politique et de leadership économique.
Epineux, dans une société machiste et macho de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive.

Toutefois, en dépit de ces obstacles, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?
L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, « Ce que femme veut DIEU le veut. »

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Business international au Maroc 2016 : amélioration, mais l’essentiel reste à faire

by Mustapha Maghriti 2 novembre 2016
written by Mustapha Maghriti

C’était la semaine dernière, plus exactement Mardi 25 Octobre 2016, la publication officielle du fameux hit-parade du Benchmarking du Business international de la Banque Mondiale Doing Business 2017 sous le titre « Egalité des Chances pour Tous ». Faut-il signaler, en préambule, que le rapport “Doing Business” est un document consulté par la communauté du Business international et des affaires où son décodage permet, aux promoteurs économiques, au Maroc, de gagner en visibilité au niveau international et par ricochet en attractivité. 
Sur un échantillon de 190 économies, le Maroc enregistre, cette année, une légère amélioration grimpant à la 68éme position, soit 7 places par rapport à la précédente édition et de 8 places de mieux qu’en 2012. 
L’étalonnage porte sur 11 étapes du cycle de vie d’une entreprise : La création d’entreprise, l’obtention de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité et enfin l’embauche de travailleurs. 

A la lecture du rapport de la Banque mondiale et la Société Financière Internationale (SFI) en matière de business, l’amélioration de l’environnement des affaires économiques au Maroc est imputable au domaine des impôts. En effet, le Maroc est passé de la 41éme position à la 38éme, enregistrant un rebond de 3 places. Une bravoure qui s’explique par la réduction du nombre d’impôts à payer par les entrepreneurs, passant à 6, soit 211 heures par année. 
En simplifiant les paperasseries administratives, ainsi que le délai d’attente pour les promoteurs économiques, le Maroc s’est vu attribué la 40éme place ; une amélioration substantielle par rapport à l’année 2012 où il se plaçait à la 93éme position. 
Dans son investigation, l’instance de Washington note aussi que le Maroc a facilité le transfert de propriété des entreprises et des sociétés en amenuisant le temps d’enregistrement de l’acte de transfert de propriété passant , de facto, de la 82éme place à la 87éme rang. 
La protection des investisseurs s’est nettement améliorée se hissant de la 118éme rang en 2013 à la 87éme rang en 2016, soit 31 points. Il faut souligner que cet indicateur demeure un déterminant crucial aux yeux des acteurs économiques du milieu des affaires en raison de son caractère sécurisant lié à la protection du capital de l’investisseur national et étranger. 
Il semble que ces améliorations sont attribuables à la mise en place en 2010 du comité national de l’environnement des affaires (CNEA), comité placé sous les auspices du Ministère des Affaires Générales et de la Gouvernance du Maroc et la commission régionale Doing business de Casablanca qui triment de concert dans le dessein d’améliorer en perpétuel l’attractivité du Maroc. 

Ce  » box-office » du Business international 2017 a permis au Maroc de s’adjuger le haut du podium en Afrique du Nord, la 3éme place à l’échelle du continent et la 4éme dans la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) 
Cependant, toute médaille à son revers: Nonobstant les côtés positifs dont témoigne le climat de l’investissement en 2016, il demeure des failles à combler en matière d’attraction de l’investissement et des affaires internationales. En effet, l’épluchement du document de la SFI dénote que certains critères d’évaluation ont même régressé depuis le rapport précédent : le Maroc s’en sort, moins bien dans des domaines, tels l’octroi des prêts où le Royaume accuse un recul de trois places et se verrouille à la 101éme position, ainsi que le règlement de l’insolvabilité où il a chuté de la 67éme place en 2012 à la 131éme.D’autres références sont aussi cruciales pour les décisions des acteurs économiques, mais hélas ne sont pas pris en compte dans toutes les éditions de « Doing Business » de la première institution de Brettons Woods. 
Il s’agit de la justice qui demeure la grande gangrène de l’environnement des affaires au Maroc : Celle-ci demeure lymphatique et apathique en matière de report d’audiences et de délais de procédures, incertaine sur le plan des conflits de juridiction, coriace pour obtenir l’exécution des décisions de justice, opaque par le manque de diffusion de la jurisprudence. 

Le discrédit de l’appareil judiciaire, nous semble- Il, fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable digue à l’encouragement à l’investissement et autant la justice d’un pays est abrasée par la corruption, autant l’investissement est rachitique et autant le climat des affaires est rebutant et rébarbatif. Ce qui explique l’intérêt urgent que porte le Souverain Marocain Mohammed VI à ce brûlant dossier et accule, à chaque fois, l’exécutif à entreprendre une profonde refonte de l’acte juridique et judiciaire à même de redonner confiance à la mécanique judiciaire auprès du milieu du Business international au Maroc. 
« L’insémination » du domaine des affaires réside dans l’impartialité du système judiciaire. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2014, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

L’historien français du Siècle des Lumières Jules Michelet n’a-t-il pas dit que « La justice doit être impartiale et bienveillante pour être tout à fait juste ». Il nous semble que la mécanique judiciaire constitue le lubrifiant qui assure le bon fonctionnement de l’appareil productif et constitue un facteur déterminant pour la confiance des entrepreneurs, et de facto influence leur décision d’investissement. À défaut, si l’écrivain et politicien français, Marie-Joseph Chénier disait : « quand vous avez oublié la justice, ne vous étonne pas que le ciel vous punisse ». J’irai plus loin, sur le plan économique, pour avancer « Quand vous avez oublié la justice, ne vous étonnez pas que le désinvestissement vous punisse ».C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, cursive, courte, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 

De surcroît, la corruption demeure une grande flétrissure pour l’entourage des affaires, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption (IPC) 2016- de Transparency International qui méduse le Maroc dans la 88éme place sur échantillon de 168 pays. Incertain et ardu, dans une telle atmosphère d’iniquité et de corruption, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement fécond et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers. 
En outre, le joug de « l’économie occulte » exerce un impact méphitique sur le climat du Business au Maroc et sur la compétitivité des entreprises nationales et étrangères. La surcharge du secteur informel se situe, en moyenne, entre 20 et 30 % du Revenu National Brut, quoiqu’il est difficile et indéchiffrable d’établir des estimations fiables à un fléau économique et social qui se dérobe au Haut Commissariat au Plan (HCP) et sa comptabilité nationale, ainsi qu’au fisc. 
Aussi, la faible qualité du capital humain écluse le macrocosme de l’investissement du Royaume et dissuade les investisseurs à diriger les obélisques de leurs capitaux vers le système productif Marocain et ce en raison des transfigurations des relations économiques internationales qui ont impacté les déterminants du milieu du Business international : D’ores et déjà, les business-managers ne souhaitent pas s’implanter partout dans le monde ; ils ciblent des territoires où la main d’œuvre est « méga-qualifiée ». Des investigations économétriques ont corroboré le métissage que noue et renoue la qualification de la main d’œuvre avec la fertilisation du climat de l’investissement. 

Par-dessus le marché, l’aura du business international reste tributaire d’une bonne jonction entre les politiques publiques et le milieu des affaires. En d’autres termes, rien n’est acquis, en matière d’attractivité et climat des affaires internationales, tant que la collaboration entre le Gouvernement et le Patronat n’est pas optimale et cohérente. De son côté, la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM) plaide pour des réformes approuvées, mais toujours renvoyées aux Calendes Grecques. 
Le véritable calibrage du climat des affaires ne se confine pas au seul palmarès de Doing Business, la vraie évaluation de l’environnement de l’investissement ne se borne pas au hit-parade concocté par la Banque Mondiale et la SFI, la réelle supputation du milieu des affaires ne réside pas uniquement dans les sphères jusqu’à présent défrichées par les auteurs de Doing Business. Nous avons besoin de nous acculer au miroir, de nous déclarer nos quatre réalités en face et de proférer que la fécondité du climat des affaires est en nous : Elle se loge dans l’enterrement de la rente et l’érection des lois marché, dans les funérailles de l’ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l’investissement, dans l’élimination du favoritisme et l’inhumation de la corruption pour laisser voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence. 
Par ailleurs, la « pollinisation » du climat de l’investissement réside dans l’édification d’une administration Marocaine efficace, transparente et non corrompue. Toujours dans son discours du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain a énuméré les diverses entraves auxquelles butent l’investisseur où la lourdeur des procédures et la longueur des délais de délivrance de certains documents administratifs sont parmi les griefs fréquents à l’égard des divers services que rend l’Administration aux acteurs économiques nonobstant la création des Centres régionaux CRI et l’utilisation du guichet unique pour simplifier les procédures et accélérer le processus décisionnel. 
A ce sujet, le Souverain a appelé à en finir avec les restrictions et les contraintes qui se dressent devant les investisseurs et de s’en tenir à l’esprit des réformes au service de l’investissement générateur d’emplois et de richesses et de combattre les réflexes et comportements contre-productifs. Car, dans la conception royale, l’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s’il remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 

En outre, la séduction et l’attractivité du tissu industriel Marocain réside dans , la formation du capital humain, les politiques de soutien à la demande locale, le développement du savoir-faire et dans l’échafaudage d’un tissu industriel dense et robuste, et in fine, c’est autour de la dynamique économique et sociale intérieure du Maroc que se forge et s’érige l’attractivité de l’investissement et, de facto, hypnotise le capital étranger, fait appel au Business international et au milieu des affaires. Telles sont les affaires qui restent à faire en matière d’affaires.

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La fin de « l’Afrexit » du Maroc pour une réintégration de l’Union Africaine : Quelles éventuelles retombées sur l’économie Marocaine

by Mustapha Maghriti 31 octobre 2016
written by Mustapha Maghriti

Lundi 18 juillet 2016, la fin de « l’Afrexit » du Maroc: Le Royaume retrouve l’Union Africaine (UA), qui a pris le relais de la défunte Organisation de l’Union africaine (OUA) que Rabat a choisi de quitter, il y a plus de 32 ans pour protester contre l’adhésion illégale de la RASD (République arabe sahraouie démocratique), à travers la lettre adressée par le Souverain Marocain au 27ème Sommet de l’UA qui s’est déroulée à Kigali au Rwanda. Au regard de ce regain historique, plusieurs apostrophes nous interpellent des éventuelles retombées économiques sur le tissu économique Marocain.Une précision est à souligner en guise de prologue : Si, en 1984, le Royaume s’est retiré d’une organisation censée de par le nom qu’elle portait développer l’Union Africaine, il n’a jamais tourné le dos au continent ; on ne peut aller à contre-courant de considérations tenant d’une logique géographique mais aussi et surtout historique et culturelle. Sur ce registre, feu Hassan II ne se plaisait-il pas à répéter la célèbre métaphore que « Le Maroc est un arbre qui plonge ses racines en Afrique ». Aussi, son successeur le Souverain Mohammed VI n’a-t-il pas préludé, le 24 février 2014, le discours d’ouverture du Forum économique d’Abidjan que « la crédibilité veut que les richesses de notre continent bénéficient, en premier lieu, aux peuples africains. Cela suppose que la coopération Sud-Sud soit au cœur de leurs partenariats économiques (…) accompagnés par une action crédible et un engagement constant». En premier abord, le regain du Maroc à l’instance africaine permettra au Royaume d’élargir ses relations économiques avec d’autres pays Africains et ce en durcissant sa présence, cette fois ci, tant sur le plan institutionnel que sur le plan des instances Africaines.

En sus, le retour du Maroc à l’Union Africaine s’inscrit dans le cadre de la présence du Maroc dans la trajectoire africaine à travers les périples perpétuels du Souverain Marocain dans moult pays africains lithographiés, entre autres, par un accueil des plus chaleureux réservé à au Souverain, aussi bien au plan officiel que populaire et qui se sont concrétisés, sur le plan économique, par des investissements Marocains d’envergure dans les différentes sphères économiques africains ce qui atteste que le Maroc, malgré son retrait de l’OUA depuis plus de 30 chandelles, a perpétué sa stratégie d’ouverture sur le continent Africain en devenant le deuxième investisseur africain après l’Afrique du Sud et en jouant un rôle crucial dans les enjeux climatiques, migratoires et sécuritaires.Nous pensons que la reprise des relations du Maroc avec l’Union Africaine est un corollaire logique de la fortification des connexités économiques entre Rabat et les autres pays du continent noir et que le temps économique doit rattraper le temps politique à travers le raffermissement de la présence politique au sein de l’Union Africaine.Par ailleurs, la réactivation des relations de Rabat à l’Union Africaine va permettre au Maroc d’exporter les compétences Marocains en apportant assistance technique et managérial aux pays Africains dans plusieurs domaines notamment dans les infrastructures, les télécommunications et les énergies renouvelables.Aussi, le Maroc pourra miser et parier sur les ressources naturelles et minières que recèlent les pays Africains à travers des expériences, la présence et les investissements des Firmes Marocaines dans tels créneaux.

De surcroît, l’omniprésence du Maroc dans les marchés africains aura des répercussions sur le plan des recettes d’exportation et de devises et permettra de renforcer la coopération Sud/Sud pour ne pas se scléroser et se lapidifier à la logique unilatérale avec les débouchés Européens.Par ailleurs, la reviviscence des liens du Maroc avec l’Union Africaine permettra au Maroc, d’outrepasser le cadre bilatéral avec des pays comme le Mali, le Gabon ou le Côte d’Ivoire pour institutionnaliser des relations économiques internationales avec des pays africains dans le cadre d’accords multilatéraux.En guise d’épilogue, on ne peut que congratuler notre diplomatie économique et politique sous l’impulsion du Souverain Marocain pour cet acquis historique et qui aura des effets vertueux économiques d’abord puis l’instance politique rattrapera l’instance économique où le Maroc pourra jouer pleinement son rôle au sein de cette instance africaine, et arc-bouter mieux de l’intérieur la question du Sahara.

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Le Secteur Informel au Maroc entre nécrose économique et exutoire social

by Mustapha Maghriti 25 octobre 2016
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Le département de Lahlimi, en l’occurrence, le Haut Commissariat au plan HCP vient de livrer sa dernière investigation sur le secteur informel. Faut-il, en épilogue, souligner que ce secteur regroupe toutes les unités de production non agricoles qui exercent des activités de production de biens et services sans se conformer aux dispositions statutaires et comptables auxquelles sont soumises les entreprises opérant dans l’économie nationale. 
En s’appyant sur les résulats de cette enquête, on peut, d’emblée, affirmer que ce  » secteur occulte » continue à dépraver le tissu économique national, à gangrener le climat des affaires économiques et à déposséder l’Etat des plus values économiques estimées à à 410 Milliards de dirhams, en hausse de 6,5% par rapport à l’enquête de 2007. 
En effet, l’économie souterraine persiste à plomber le système productif marocain dans la mesure où le nombre des centres de production informels s’élève à 1,68 million, en progression moyenne de 19.000 nouvelles unités par an contre 40.000 en 2007. Des chiffres qui montrent que le secteur informel, qui se situe entre une fourchette de 20 % à 30 % du Revenu National Brut RNB, porte préjudice à la compétitivité des entreprises nationales et internationales. 
Une grande partie du secteur formel reste obstruée par le secteur non structuré tel qu’entendu par le Bureau international du travail BIT, plus singulièrement dans le secteur du commerce étant donné que plus de la moitié de production du secteur informel est enregistrée dans le commerce en accaparant près de 70% du chiffre d’affaires total, suivies des activités de l’industrie (13,1%), des services (9%) et du BTP (8,1%). 

Par ailleurs, l’économie parallèle s’obstine à plomber le climat de l’investissement au Maroc. En effet, à l’appui de notre allégation, les unités de production informelles (UPI) ont investi 3,366 milliards de DH, en accroissement annuel de 3,2% depuis 2007. Le secteur des services en a réalisé 50%, le commerce plus du tiers, l’industrie 12,2% et les BTP 5,3%. De ce fait, le secteur informel constitue une parasite à l’environnement des affaires économiques et exerce une concurrence déloyale envers les entreprises structurées, ainsi qu’un obstacle rédhibitoire à l’implantation des entreprises étrangères. 
Toutefois, au Maroc, l’économie clandestine demeure un filet de sécurité économique, sert d’exutoire social et constitue un facteur d’intégration et de solidarité en lien avec sa logique productive de survie. Pour preuve, le secteur informel continue à être une fertile soure d’emplois et de revenus ; la sphère informelle absorbe une main-d’œuvre de 2,4 Millions de personnes représentant 36,3% de l’emploi non-agricole à l’échelle nationale. Dans ce cadre, 233 000 indépendants employeurs ont recruté 420 000 salariés et distribué 11,4 milliards de DH de salaires correspondant à près de 4% de la rémunération salariale à l’échelle nationale et représentant 11% de la valeur ajoutée globale du secteur informel. 
L’éloquence des statistiques évoquées ci-haut nous incite à avancer les conclusions suivantes : 
– le secteur informel emploie, produit et distribue des revenus au tissu social Marocain, 
– Ce mode d’accumulation informel joue un rôle dans les mécanismes de reproduction et de cohésion des unités domestiques, 

– Avec une telle participation au PIB national, l’économie Marocaine fonctionne en deça de ses potentialités économiques, ce qui ne cesse d’impacter négativement la dynamique économique et sociale et la recomposition de ces différentes dimensions liens formel/informel en un ensemble structuré nous conduit à une nouveau défrichage du secteur informel et sa capacité à participer au développement économique du Maroc.

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Croissance économique et emploi au Maroc : démêler l’écheveau et l’énigme d’une déconnexion

by Mustapha Maghriti 17 octobre 2016
written by Mustapha Maghriti

Les économistes utilisent le terme de croissance économique pour modéliser une augmentation de la production sur le long terme. A titre illustratif, François Perroux définit la croissance économique comme « l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels. ». La définition de Simon Kuznets va au-delà et affirme qu’il y a croissance économique lorsque la croissance du PIB est supérieure à la croissance de la population. Arthur Okun en 1962 proposait une loi connue sous la loi d’Okun qui simule une relation linéaire empirique entre le taux de croissance du PIB et la variation du taux de chômage. En dessous d’un certain seuil de croissance, le chômage augmente. 
Au Maroc, les prévisions de croissance viennent d’être réajustées à la hausse : 4.5% en 2015 contre 2.8% en 2014. Cependant le chômage suit son trend haussier : Son taux effleure les 10% au niveau national, 14,6% en milieu urbain et 21,1% entre 25-34 ans, le taux d’activité de la population a baissé et le nombre de désœuvrés a accusé un accroissement de 86.000 personnes. L’économie marocaine n’a crée que 21.000 postes d’emploi nets. L’industrie et l’artisanat ont imputé des destructions d’emploi avec une perte qui excorie les 37.000 actifs. 

La croissance devient de moins en moins porteuse d’emplois. Certes depuis 2001, en moyenne arithmétique, l’économie marocaine a connu un nouveau palier de croissance atteignant 4.7% par an, ce qui a permis de générer 1.7 Millions d’emplois nets ramenant ainsi le taux de chômage à 9,7% en 2015 contre 9.5% en 2013 et 12.3% en 2001. 
Toutefois, la teneur en emplois de la croissance économique a enregistré un net ramollissement. Comment démêler l’écheveau et l’énigme de la carence en emplois de la croissance économique au Maroc ? 
– Primo, le taux de chômage moule et s’accouple avec le galbe de la transition démographique que connait le Maroc. En effet, en moyenne arithmétique, sur les sept dernières années, chaque estrade de croissance s’est traduite par une production de 24.000 emplois. Toutefois , à moyen terme, ce rythme de croissance reste lacunaire pour extravaser une baisse manifeste et expressive du chômage : Les perspectives du marché du travail qui se dessinent à la lumière de la croissance démographique laissent préfigurer une accession encore acérée de la population active due au développement de l’activité féminine. 
– Secundo, la littérature et les études empiriques sur les facteurs déterminants pour maintenir un taux de chômage faible semblent être le rythme et la stabilité du taux de croissance. Or, dans notre pays, l’ondoiement et l’ondulement de la croissance est toujours le même quoique qu’elle s’est atténuée cette dernière décennie. De plus, si la croissance stable s’accompagne d’une évolution de gains de productivité, le volume de l’emploi n’augmente que frugalement. 

– Tertio, autant en emporte le vent, la politique d’éducation et de formation n’a pas tenu ses promesses. Au regard des métamorphoses de l’appareil productif, une césure est apparue entre les besoins de formation de la part des entreprises et la formation des ressources humaines. L’approche globale de l’adéquation entre l’offre et la demande de formation néglige les difficultés au niveau national comme au niveau de l’entreprise, de calibrer de façon exacte les besoins en formation. 
– Quarto, la quatrième observation attire l’attention sur le rôle joué par les restructurations sectorielles de l’activité économique : L’aggiornamento de notre système socio-productif peut générer des pertes d’emploi. Les mutations en cours des entreprises, dictées par les nouvelles contraintes de compétitivité s’adjoignent nécessairement de nouveaux modes de production et d’organisation qui font primer le recours à un emploi plus qualifié, plus flexible. 
– Quinto , les dispositifs d’insertion mis en place ont fait déceler une efficacité variable par rapport à la montée du chômage. Les effets d’éviction ont diminué l’impact des programmes de formation/adaptation/reconversion destinés aux diplômés chômeurs. Les « mesurettes » favorables aux jeunes promoteurs, l’encouragement à la création de strat-up n’ont eu que peu d’effets. Il est primordial de quantifier et chiffrer de façon systématique et rigoureuse les corollaires de ces strates des dispositifs mis en œuvre au fil du temps. 
Concrètement, des études factuelles et des enquêtes sur le terrain corroborent la déconnexion entre croissance et emploi. En effet, le HCP a réalisé une étude sur le secteur Textile en vue d’apporter un éclairage sur la disjonction entre emplois et exportations dans le secteur de l’industrie du textile et du cuir, entre 2013 et 2014 qui attestent qu’en filigrane, le Textile ne génère plus d’emplois. 
Rappelons, en prodrome, l’ampleur de l’industrie du textile et du cuir qui contribue pour 20% en moyenne, à la valeur ajoutée des industries de transformation et occupe près de 42% de l’emploi industriel. 
Ainsi, la reprise des exportations n’aurait pas permis de réamorcer immédiatement de nouvelles créations d’emplois. En effet, une perte de 32 000 postes a été enregistrée entre 2013 et 2014, soit une réduction de 7% en variation annuelle. Ces pertes ont été, principalement, le fait d’une réduction de 14% des effectifs employés dans le textile, 4,6% dans l’habillement et 8,6% dans les activités de la chaussure. 

Ces pertes d’emplois s’inscrivent, globalement, dans le prolongement de la tendance baissière qui avait marqué les activités du textile et du cuir depuis 2007. En singulier, 120 000 emplois perdus entre 2007 et 2014, soit 21,4% du total alors qu’au même moment les exportations n’ont reculé que de 2,7%. 
Par ailleurs, en termes de composition des emplois générés, une part de 70% des actifs occupés ne dispose pas d’une couverture médicale et n’est constituée que de travailleurs saisonniers, occasionnels ou non- rémunérés. Aussi, plus de 3 employés sur 5 qui exercent dans la branche ne disposent pas d’un contrat de travail. En résumé, même les emplois existants sont kaléidoscopiques et constituent une bombe sociale potentielle. 
Pourtant, la valeur ajoutée des industries du textile et du cuir se serait améliorée, en 2014, de 1,2%, en variation annuelle, après avoir régressé de 2,7% en 2013. Cette reprise aurait été, principalement, portée par le redressement de la production des unités de l’habillement et du textile, notamment les vêtements, les tapis, les articles à maille et de voyage. 
De surcroît, les exportations du secteur ont progressé de 3,9% en 2014, profitant du raffermissement des importations en provenance de l’Espagne et des Etats-Unis. De même, la relance des activités du textile et cuir aurait été principalement attribuable à l’amélioration de la demande extérieure adressée aux produits de la branche. 

Il semble que les sociétés de textile ajustent probablement leurs coûts en misant sur les appareils modernes à faible intensité de main d’œuvre. Aussi, devant la volatilité des commandes, ils privilégient de fonctionner avec un effectif minimal. Enfin, la tentation de sous-déclaration n’est pas à exclure vu la recours structurel à des travailleurs saisonniers. 
En sus, l’étude menée par la banque africaine de développement (BAD) à la demande du Maroc, dans le cadre du programme Compact II du Millennium Challenge Corporation MCC, est allée dans le sens de plusieurs analyses, soulevant le problème de la productivité insuffisante des investissements au Maroc. Ce paradoxe est dû à plusieurs facteurs quasi-structurels. 
En effet, avec un ratio de 31,7% du PIB, le Maroc affiche un des taux d’investissement, les plus élevés au monde (30,2% en 2015). Toutefois, la croissance moyenne du PIB, n’est pas celles des dragons économiques et ne permet pas de résorber les déficits sociaux dont le chômage. De plus, ces investissements n’ont pu transformer la structure de l’économie marocaine qui demeure inféodée à la pluviométrie, à certains secteurs exportateurs ou à l’immobilier. 
Ce paradoxe s’explique selon la BAD par la productivité insuffisante des facteurs de production, les contraintes qui pèsent sur les IDE et les investissements privés en général et le cloisonnement de certaines régions et zones au Maroc. 

En effet, la productivité insuffisante s’explique par l’innovation insuffisante dans le secteur privé. Aussi, les faibles performances de l’Enseignement au Maroc font que le marché de travail peine à trouver certains profils. De même, les « Skills » de certains salariés sont limités, affligeant la productivité générale. 
Pour notre part, nous pouvons aussi souligner le fait qu’une partie des investissements publics a été orientée vers les infrastructures comme les autoroutes, les ports ou les énergies renouvelables. Naturellement, de tels investissements ne peuvent donner leurs fruits en termes de croissance économique que sur le long terme. Aussi, la rentabilisation de ces infrastructures passe par un effet d’entrainement avec un investissement privé important capitalisant sur les réalisations publiques. 
Schématiquement, pour lutter contre le chômage, deux voies complémentaires plus qu’antinomiques sont concevables : Celle du partage et celle de la croissance. 
Au Maroc, on peut résoudre la question en partageant le travail. Il est plus facile de départager lorsque les revenus sont élevés et en hausse et cela éviterait de poser la question du partage comme elle est l’est trop souvent débattue. Seule une croissance plus soutenue et pro-emploi fluidifierait la mise en œuvre d’une vraie politique de lutte contre le chômage. Le calcul et les estimations économétriques montrent que le taux de croissance nécessaire pour résorber le stock de chômeurs accumulé est hors portée. 

Par ailleurs, on ne décrète pas un taux de croissance et l’environnement régional ne permet d’envisager des retombées sensibles sur la croissance nationale. D’où la nécessité d’explorer les marges disponibles. Ce sont sans doute les éléments qui généreraient un rythme de croissance économique suffisant pour absorber l’offre croissante de travail qu’il s’agit d’inventer.

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Quand la rime culte knocking on heaven’s door est primée par le Comité Nobel

by Mustapha Maghriti 14 octobre 2016
written by Mustapha Maghriti

Contrairement à toutes les prophéties où on attendait le poète syrien Adonis, condamné à mort par les terroristes de Daech, ou encore le Kényan Ngugi wa Thiong’o qui avait les faveurs des parieurs quelques heures avant la remise du prix, ou encore le Japonais Haruki Murakami, c’est l’auteur de la prose culte »knocking on heaven’s door » qui a été déclaré lauréat de la prestigieuse récompense de stockholm, en l’occurrence le chanteur Américain légende Bob Dylan. 
Le Comité Nobel a justifié ce choix par la plaidoirie de la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius, qui a déclaré que l’auteur-compositeur-interprète Américian a été élu pour avoir créé, dans le cadre de la grande tradition de la musique de l’Uncle Sam, de nouveaux modes d’expression poétique. 
Il n’a jamais couru derrière les récompenses et les reconnaissances : En 2001, il avait reçu un oscar alors qu’il se trouvait en Afrique du Sud, et qu’on avait été le chercher au fond d’un bar pour lui annoncer la nouvelle, qui ne l’avait pas ému outre mesure. Depuis, il a également reçu le médaille présidentielle de la Liberté et aussi une mention spéciale du prestigieux prix Pulitzer, toujours dans sa plus grande indifférence. 
Bob Dylan est né le 24 mai 1941 à Duluth, dans le Minnesota, sous le nom de Robert Allen Zimmerman. Durant son enfance, qu’il passa à la frontière canadienne à Hibbing, il fait la connaissance du bluesman Big Joe Williams. Il se passionna dès lors pour le blues et commence à jouer de la guitare. A l’âge de vingt ans, il parcourt les Etats-Unis avant de commencer des études littéraires à l’université du Minnesota. Lors d’un passage à New-York, il rencontre son idole, Woody Guthrie, puis enregistre quelques titres avec la chanteuse Carolyn Hester. 

En 1962, il sort son premier album, intitulé Bob Dylan. C’est à ce moment-là que l’artiste prend ce nom de scène, en hommage au poète gallois Dylan Thomas. Cet album très marqué par le blues et le folk est suivi dès l’année suivante par « The Freewheelin’ Bob Dylan » qui dévoile les talents de poète de Bob Dylan. C’est un véritable succès, et dès ses débuts, Bob Dylan fait l’unanimité grâce à sa voix aiguë qui sort de l’ordinaire. En reprenant le titre « Blowin’ In The Wind » en 1963, le trio folk Peter, Paul & Mary élargissent encore son public. 
Blonde On Blonde, sorti en 1966, est le premier double album de l’histoire du rock. Bob Dylan tourne alors aux côtés de Joan Baez et joue dans les plus grands festivals, comme le Royal Festival Hall à Londres et le Festival de Newport. 
En 2008, Il a reçu le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury,  » pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire « . 

Bien qu’il n’ait scellé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois copié, jamais égalé. 
C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993. 

14 octobre 2016 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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