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Mustapha Maghriti
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Quel financement du développement en Afrique dans une géopolitique en fragmentation ?

by Mustapha Maghriti 23 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

Dans une globalisation en pleine réfection jalonnée par le fractionnement potentiel de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord -OTAN-, le retour de Donald.Trump au bureau ovale, les antagonismes systémiques entre grandes puissances, et la fragmentation du multilatéralisme, l’Afrique s’expose et endure les rétroactions des crises multidimensionnelles de la géopolitique mondiale, spécifiquement l’aggravation de la pauvreté, l’exclusion sociale et inégalités entre pays et régions. Ces fragilités émincent l’efficacité des actions menées pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable ODD à l’horizon 2030, et réduisent à peau de peau le dénouement de l’ambition d’une Afrique prolifique, florissante et opulente.

Toutefois, ces défis ne doivent pas dissuader les décisionnaires Africains de la quête d’aller de l’avant. Encore plus, l’Afrique doit reconvertir et réorienter ces obstacles en opportunités de dynamique économique et sociale et de prendre le contrôle complet de sa mission et destinée, propos du discours Royal Souverain Marocain adressé aux participants à l’édition 2025.

Aussi, face au jaillissement d’un ordre économique mondial fragmenté, marqué par de fortes tumultes géopolitiques, les irrégularités dans les chaînes d’approvisionnement et un retour des murailles protectionnistes matérialisés par la montée des droits de douane, repenser l’intégration régionale économique de l’Afrique, intensifier ses envergures financières et élargir son potentiel commercial s’avère une ambition  inéluctable invoquée à Abuja au Nigeria lors des 32éme Assemblées annuelles d’Afreximbank autour d’un thème évocateur « Construire l’avenir sur des décennies de résilience » qui ont réunis les dirigeants Africains pour poser les jalons d’un nouveau modèle de résilience continentale. Sous cet angle, l’intégration commerciale de l’Afrique est une exigence pressante et inévitable dans une géopolitique mondiale mouvementée et de plus en plus protectionniste  où le prorata du commerce de l’Afrique dans l’échiquier mondial ne dépasse guère les 3%. Aussi, nonobstant le commerce intra-africain a progressé de 12,4 %, atteignant 1.500 Milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque Afreximbank, ces flux commerciaux participent seulement de 16% au volume total du commerce dans le continent, contre plus de 60% en Europe et 50% en Asie.

De ce fait, le lançage de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECAF représente une véritable aubaine pour aiguiser le commerce inter et intra-africain et en faire un catalyseur de croissance et de développement inclusif perdurable pour l’Afrique, promouvoir l’industrialisation  des pays Africains et renforcer la fertilité du climat des affaires et son attractivité pour les investissements directs étrangers IDE, ainsi que la consolidation de la flexibilité des économies Africaines face aux chocs exogènes d’une géopolitique en crise.

En sus, il est impérieux d’accélérer les réformes en lien avec à la bonne gouvernance, l’amélioration du climat de l’investissement des affaires économiques internationales, à la protection des investisseurs nationaux et étrangers, à la lutte contre la corruption, et à l’impartialité du système judicaire afin de garantir un entreprenariat Africain transparent, féconde, dynamique vertueuse porteuse d’investissements productifs, de croissance, et d’emplois.

En outre, avec un gisement incommensurable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques que recèle le continent, les économies Africaines  ne doivent plus se contenter et se cantonner à exporter ses matières brutes. L’Afrique doit exploiter  amplement ses inouïs richesses naturelles à travers une industrialisation de 2éme génération garantissant l’investissement dans la transformation, la valorisation locale de ses opulences minières, ainsi que l’industrialisation de 3éme génération utilisant et exploitant les cercles vertueux de l’intelligence artificielle à même de secréter des valeurs ajoutées cognitives, des emplois, de générer des revenus destinés à financer son développement et s’aligner à l’économie du savoir et de la connaissance.

Dans ce contexte, notre patrie ne s’affirme-t-il pas, dorénavant, comme un catalyseur stratégique des partenariats Africains et joue, de ce fait, un rôle raccordement entre les différentes régions du continent et les pays du Sud à travers le lancement des projets structurants qui vont moduler robustement le paysage économique et social de l’Afrique à l’instar du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) qui constitue une véritable coursive d’intégration et de développement économique ou récemment l’Initiative Atlantique qui va changer la géopolitique de l’Afrique via  l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. A ce titre, faut-il souligner que l’Afrique atlantique comme espace de partenariat ne peut en aucun cas être en concurrence avec l’Union Africaine et les organisations sous régionales. Elle devrait être perçue comme une dynamique complémentaire au processus d’institutionnalisation de la gouvernance de l’Afrique.

Et pertinemment, pour assurer une telle dynamique économique et mener à bien ses réformes économiques, politiques et sociales, la mobilisation des ressources financières demeure une condition sine qua non pour la réalisation d’une croissance perdurable et inclusive des économies Africaines.

Sous cet angle, l’Afrique est interpellée à une plus grande mobilisation de ses ressources financières domestiques et à l’édification de réformes structurelles pour consolider les fondamentaux économiques. En sus, elle doit mettre au point des mécanismes innovateurs de financement du développement et profiter diligemment des transferts financiers de la diaspora Africaine. A cet égard, le continent Africain ne peut pas compter intrinsèquement sur l’Aide publique au développement ou les financements externes qui sont, par essence, engendreurs d’endettement.

A cet égard, les efforts doivent être déployés sur les volets national, régional et international pour colmater les carences du financement de la gouvernance pour accoucher une Afrique resplendissante et dynamique.

Néanmoins, à l’approche de l’agenda 2030 du Programme de Développement Durable adopté par les Nations Unies en 2015 visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et protéger la planète d’ici 2030, l’apostrophe du financement du développement de l’Afrique doit interpeller les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants politiques et intellectuels pour le prochain Sommet sur les ODD ; objectifs qui s’enlisent dans la crise climatique, les fluctuations économiques, les conflits et les tensions géopolitiques.

L’accès aux financements concessionnels à des prêts à taux d’intérêt bonifiés, le renforcement des capacités des institutions financières régionales pour soutenir les économies Africaines, l’amélioration de la représentativité de l’Afrique, dans toute sa diversité, au sein du système financier international, la réduction des taxes sur les transferts de fonds de la diaspora Africaine, ne sont-ils pas autant de réclamations et des doléance légitimaires et justifiées auxquelles il convient d’apporter des répliques ?

Sous cette option, La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) qui se tient  au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville en Espagne, du 30 Juin au 3 Juillet 2025 représentera une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, en donnant une impulsion à la réforme de la charpente financière internationale, et de relever les challenges qui obstruent et retardent l’investissement impératif immanquable et infaillible à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Dans le même ordre d’idées, 10 ans après l’Agenda d’Addis-Abeba, cette 4ème Conférence Internationale sur le Financement du Développement visant à répondre aux défis actuels (crise de la dette, inégalités croissantes, urgence climatique et fragmentation des financements) est une occasion inouïe à établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût et permettra aux pays Africains, confrontés à des taux d’endettement trop importants, qui consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à des secteurs essentiels, de poursuivre leur dithyrambe en faveur de solutions urgentes comme la santé, l’éducation.

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement doit  repenser les instruments financiers mondiaux au service du développement durable de l’Afrique à travers un débat substantiel sur la refonte de l’ossature financière internationale en adoptant une approche multilatérale, engageant fondamentalement les économies Africains qui sont trop souvent exclues dans le processus d’élaboration des règles du système financier international en garantissant l’intégration des financements climatiques et de la biodiversité dans une approche cohérente pour une transition écologique juste de l’Afrique.Ce remodelage financier inéluctable doit assurer, plus singulièrement, la consolidation de la représentation légitime de l’Afrique au sein des instances financières internationales, permettant d’avoir des solutions innovantes, solidaires et adaptées aux réalités des économies Africaines.

23 juillet 2025 0 comment
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Après  50 chandelles, quels challenges de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO ?

by Mustapha Maghriti 6 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

La Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest connue sous l’acronyme CEDEAO vient  de commémorer ses 50 chandelles d’existence à Abuja. La CEDEAO est née le 28 Mai 1975 suite à la signature du Traité de Lagos formée par quinze pays membres sous forme d’organisation intergouvernementale. Et les cérémonies continuent à se dérouler depuis plusieurs mois dans l’espace Ouest-Africain, malgré que cet anniversaire soit flétri par le retrait de trois pays Burkina-Faso, Mali et le Niger, désormais regroupés au sein de la Confédération des États du Sahel CES appelée aussi Alliance des États du Sahel AES, et qui entendent mettre en œuvre leur propre programme économique.  

Après 50 bougies, le principal acquis de la CEDEAO est la libre circulation des biens et des personnes ; un acquis qui a permis spécifiquement de consolider le homogénéité et la cohésion économique entre les États membres où un seul document de voyage est aujourd’hui nécessaire pour franchir les frontières des 12 pays fluidifiant les déplacements de plus de 400 Millions de citoyens contrairement aux années 1970 connues par des expulsions massives des ressortissants Ouest-Africains. Aussi, dans l’espace CEDEAO, les investisseurs peuvent créer des unités de production dans n’importe quel tissu économique des 15 États membres.

Par ailleurs, parmi les principales concrétisations de l’organisation intergouvernementale, on note des investissements dans l’approvisionnement énergétique, la sécurité alimentaire de la région grâce à l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation qui gère le stock de céréales permettant d’approvisionner les États membres en cas de famine. Ces réalisations de la CEDEAO ont permis de raffermir la résistance à l’extrémisme haineux, à la criminalité transnationale organisée, aux chocs économiques liés à la croissance démographique. Paix, sécurité et prospérité de la région sont liées à une CEDEAO plus intégrée.

En outre, la CEDEAO se félicite du renforcement de son marché commun avec une union douanière au sein de son espace régional et de la structuration d’une stratégie régionale de valorisation du capital humain permettant d’exploiter les compétences des jeunes et à combler l’hiatus hommes/femmes au sein de l’espace CEDEAO .

Parmi les réussites de la CEDEAO, il y a notamment le système d’échange d’énergie électrique Ouest-Africain West African Power Pool WAPP qui a permis de mutualiser la production et le transport d’électricité en Afrique de l’Ouest. Au total, 7.000 Kilomètres de lignes électriques sont à ce jour interconnecté, soit 4 terawatts-heure par an, le double de ce qui est échangé entre les pays d’Afrique de l’Est. L’ambition de la CEDEAO dans cinq ans est d’atteindre 16.000 Km de lignes interconnectées.

Toutefois ces acquis évoqués ne doivent pas occulter les difficultés et les défis qui attendent l’espace CEDEAO. En effet, beaucoup reste à faire en matière d’intégration économique : les échanges commerciaux entre les pays membres restent limités (à moins de 15%) par rapport à d’autres blocs régionaux comme l’Union européenne, le MERCOSUR et l’ASEAN. Parmi les entraves, le coût élevé des transactions, la carence des infrastructures de transport, les complexités administratives, la spécialisation commerciale limitée avec une production étayée pour l’essentiel sur les matières premières, le commerce informel et la faible diversification des exportations.

En sus, le problème de la monnaie commune continue à diviser les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine Uemoa, ayant le franc CFA comme monnaie commune, et ceux de la CEDEAO qui ont leurs propres monnaies, dont le Nigeria et le Ghana, deux puissances économiques et démographiques de la région.

A ces divisions s’ajoutent des évolutions récentes, la sortie des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Mali, Burkina-Faso, Niger) ; une sortie qui fragilise non seulement la CEDEAO qui se voit réséquer de près de 5°% de sa superficie, mais aussi menace l’avènement de la monnaie unique de la région. En dépit de ces écueils, la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réitéré son engagement à introduire une monnaie régionale unique, l’Eco, d’ici 2027. Ce plan ambitieux, discuté lors de la récente réunion du Conseil de convergence de la CEDEAO à Nigeria, vise à remplacer les monnaies nationales des douze États membres de l’Union par l’Eco. Une monnaie unique qui pourrait amortir les chocs des fluctuations des taux de change qui gonflent le coût des biens importés, pourrait encourager le commerce entre les 12 pays membres, réduire les coûts de transaction et renforcera l’intégration économique et la stabilité financière, ce qui est particulièrement crucial dans le contexte actuel d’instabilité régionale et mondiale.

Autres menaces, la CEDEAO est confrontée à une violence extrême et à des attaques terroristes qui déstabilisent les États membres, ainsi que l’instabilité politique, les flux d’armes illicites et la criminalité transnationale organisée  qui s’étendent également à des pays limitrophes.

En somme, après 50 années d’existence, plusieurs challenges attendent la CEDEAO, à l’instar des entraves liées à l’intégration économique régionale, notamment la faible intégration commerciale, la pauvreté et les inégalités socio-économiques entre les États membres. De surcroit, l’Organisation intergouvernementale est confrontée aux multiples problèmes de changement climatique et ses conséquences, notamment la sécheresse et les inondations qui affectent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations. Aussi, la CEDEAO doit gérer les tensions internes, comme le retrait récent de plusieurs pays membres et les transitions politiques militaires, ainsi que le terrorisme et l’instabilité politique.

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Quel financement de la Gouvernance en Afrique à l’ère d’une géopolitique mondiale en recomposition?

by Mustapha Maghriti 29 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Après quatre années de stagnation presque totale, la gouvernance globale en moyenne sur le continent Africain a cessé de progresser depuis 2022, alors que la montée des conflits et de l’insécurité ainsi que le rétrécissement de l’espace démocratique ne cessent de se dégrader. En effet, selon le dernier rapport Ibrahim Governance présenté à Marrakech,  à l’occasion de l’édition 2025 du «Ibrahim Governance Weekend », qui s’est tenu sous le Haut Patronage du Souverain Marocain, l’Indice Ibrahim de la Gouvernance IIAG en Afrique 2024 qui évalue les performances et les tendances de la gouvernance publique dans les 54 pays Africains portant sur la décennie 2014- 2023, la gouvernance sur le continent africain a cessé de progresser, alors que sécurité et démocratie continuent de se dégrader, compromettant les avancées substantielles réalisées en matière de développement humain et économique.

Faut-il rappeler que la Fondation Mo Ibrahim a été crée en 2006 par l’homme d’affaires Mo Ibrahim. Basée à Londres et à Dakar, au Sénégal, elle œuvre au renforcement de la gouvernance et du leadership en Afrique à travers ses initiatives clés: stimuler le débat sur la gouvernance, fournir des critères permettant aux citoyens et aux gouvernements de mesurer les progrès accomplis en matière de gouvernance, saluer la réussite en matière de leadership sur le continent Africain et fournir aux dirigeants d’excellence les moyens de continuer à contribuer à l’avenir de leur continent à l’issue de leur mandat national, et, enfin, conforter les futurs dirigeants du continent Africain. Et Commentant les résultats de l’IIAG 2024, Mo Ibrahim, fondateur et président de ladite Fondation, a déclaré : « L’IIAG 2024 nous rappelle froidement la menace que l’aggravation de la crise sécuritaire et le rétrécissement de l’environnement participatif font peser sur les progrès de l’Afrique. Certes, cette situation reflète aussi la crise mondiale. L’escalade des conflits et la méfiance croissante à l’égard des institutions et des valeurs démocratiques ne sont pas le seul apanage de l’Afrique. Ils s’observent partout dans le monde. Mais cette situation est particulièrement préoccupante en Afrique, car elle remet en jeu les progrès accomplis en matière de développement économique et social et les challenges du futur.

Aussi, dans une géopolitique mondiale en pleine recomposition, dans un contexte international marqué par l’incertitude stratégique, le retour de la guerre en Europe bouleversée par la guerre en Ukraine, la fragmentation potentielle de l’OTAN et la montée des tensions sino-américaines, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les rivalités systémiques entre grandes puissances et la fragmentation du multilatéralisme, l’Afrique subit de plein fouet les rejaillissements des crises multidimensionnelles de l’économie mondiale, notamment l’aggravation de la pauvreté, l’exclusion sociale et les dissonances entre pays et régions. Ces vulnérabilités amenuisent l’efficience des contenances menées pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable ODD à l’horizon 2030, et réduisent à peau de chagrin, la concrétisation de l’objectif d’une Afrique florissante et prospère.

Toutefois, ces challenges conjoncturels ne doivent pas dissuader les décideurs Africains de l’ambition d’aller de l’avant. Encore plus, l’Afrique doit transsubstantier ces contraintes en opportunités de croissance, de développement et prendre le contrôle complet de sa destinée, propos du discours Royal Souverain Marocain adressé aux participants à l’édition 2025 du Forum « Ibrahim Governance Weekend » qui a ouvert ses travaux dimanche 1 Juin 2025 à Marrakech dont la lecture a été donnée par le conseil Royal André Azoulay.

Aussi, au regard de l’émergence d’un ordre mondial fragmenté, marqué par de fortes tensions géopolitiques, des réalignements économiques, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement un retour du protectionnisme incarné par la montée des droits de douane, repenser l’intégration économique de l’Afrique, renforcer ses capacités financières et libérer son potentiel commercial s’avère un objectif incontournable évoqué à Abuja au Nigeria lors des 32éme Assemblées annuelles d’Afreximbank autour d’un thème évocateur « Construire l’avenir sur des décennies de résilience » qui ont réunis les dirigeants Africains pour poser les bases d’un nouveau modèle de résilience continentale. A ce titre, l’intégration économique du continent noir  est une nécessité impérieuse dans une géopolitique mondiale agitée où la part de l’Afrique dans le commerce mondial ne dépasse pas les 3%. De même, quoique le commerce intra-africain a progressé de 12,4 %, atteignant 1 500 Milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque Afreximbank, ces échanges représentent seulement 16% du volume total du commerce dans le continent, contre 60% en Europe et 50% en Asie.

De ce fait, le lancement de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECAF constitue une réelle aubaine pour aiguillonner le commerce entre les pays africains et en faire un catalyseur de croissance et de développement durable pour l’Afrique, promouvoir l’industrialisation et renforcer la flexibilité des économies africaines et leur attractivité pour les investissements directs étrangers IDE.

Par ailleurs, dans l’ambition de créer une séquence vertueuse porteuse de croissance, d’investissements et d’emplois, il est primordial d’accélérer les réformes relative à la bonne gouvernance, à l’amélioration du climat de l’investissement des affaires, au renforcement de la transparence, à la protection des investisseurs, à la lutte contre la corruption, à l’indépendance et l’impartialité du système judicaire afin de garantir un entreprenariat fertile et dynamique

En outre, avec un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques, ainsi que  40 % des réserves mondiales de matières premières et 30% des minéraux critiques, l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières. L’Afrique de tirer pleinement parti de ses énormes richesses à travers une industrialisation garantissant l’investissement dans la transformation et la valorisation locale de ses richesses naturelles, la création de chaines de valeur régionales à même de créer des valeurs ajoutées et des emplois, de générer des revenus destinés à financer son développement comme il a été souligné dans la rhétorique Royale.

Dans ce contexte, le Royaume ne s’affirme-t-il pas, dorénavant, comme un catalyseur stratégique des partenariats Africains et joue, de ce fait, un rôle raccordement entre les différentes régions du continent et les pays du Sud à travers  lancement des projets structurants qui vont moduler robustement le paysage économique et social de l’Afrique à l’instar du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) qui constitue une véritable coursive d’intégration et de développement économique ou récemment l’Initiative Atlantique qui va changer la géopolitique de l’Afrique via  l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. A ce titre, faut-il souligner que l’Afrique atlantique comme espace de partenariat ne peut en aucun cas être en concurrence avec l’Union Africaine et les organisations sous régionales. Elle devrait être perçue comme une dynamique complémentaire au processus d’institutionnalisation de la gouvernance de l’Afrique.

Et pertinemment, pour assurer une telle dynamique économique et mener à bien ses réformes économiques, politiques et sociales, la mobilisation des ressources financières demeure une condition sine qua non à la réalisation d’une croissance perdurable et inclusive des économies Africaines.

Sous cet angle, le Souverain Marocain appelle à un changement de paradigme dans le financement du développement où l’Afrique est interpellée à une plus grande mobilisation de ses ressources financières domestiques et à l’édification de réformes structurelles pour consolider le cadre macroéconomique. En sus, elle doit mettre au point des mécanismes innovants de financement du développement et bénéficier diligemment des transferts financiers de la diaspora Africaine. A cet égard, l’Afrique ne peut pas compter exclusivement sur l’Aide publique au développement ou les financements externes qui sont, par essence, engendreurs de dettes.

A cet égard, les efforts doivent donc être déployés sur les volets national, régional et international pour colmater les carences du financement de la gouvernance pour accoucher une Afrique resplendissante et dynamique.

Néanmoins, à l’approche de l’agenda 2030 du Programme de Développement Durable adopté par les Nations Unies en 2015 visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et protéger la planète d’ici 2030, l’apostrophe du financement du développement de l’Afrique doit interpeller les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants politiques et intellectuels pour le prochain Sommet sur les ODD ; objectifs qui s’enlisent dans la crise climatique, les fluctuations économiques, les conflits et les tensions géopolitiques.

L’accès aux financements concessionnels à des prêts à taux d’intérêt bonifiés, le renforcement des capacités des institutions financières régionales pour soutenir les économies africaines, l’amélioration de la représentation de l’Afrique, dans toute sa diversité, au sein du système financier international, la réduction des taxes sur les transferts de fonds de la diaspora africaine, ne sont-ils pas autant de réclamations et des doléance légitimes auxquelles il convient d’apporter des répliques ?

Sous cette option, La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) qui se tiendra au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville en Espagne, du 30 juin au 3 Juillet 2025 représentera une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, y compris en donnant une impulsion à la réforme de l’architecture financière internationale, et de relever les défis qui freinent l’investissement urgent nécessaire à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Dans le même ordre d’idées, 10 ans après l’Agenda d’Addis-Abeba, cette 4ème Conférence Internationale sur le Financement du Développement visant à répondre aux défis actuels (crise de la dette, inégalités croissantes, urgence climatique et fragmentation des financements) sera une occasion inouïe à établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût et permettra aux pays Africains, confrontés à des taux d’endettement trop importants, consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à des secteurs essentiels comme la santé ou l’éducation, de poursuivre leur dithyrambe en faveur de solutions urgentes.

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement doit  repenser les mécanismes financiers mondiaux au service du développement durable à travers un débat substantiel sur la refonte de l’ossature financière internationale qui devrait adopter une approche multilatérale, engageant fondamentalement les économies Africains qui sont trop souvent exclues dans le processus d’élaboration des règles du système monétaire et financier mondial.

Ce remodelage financier inéluctable doit assurer, plus singulièrement, la consolidation de la représentation légitime de l’Afrique au sein des instances financières internationales, permettant d’avoir des solutions innovantes, solidaires et adaptées aux réalités des économies Africaines.

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Baccalauréat 2025 et l’énigme des Mentions au Maroc

by Mustapha Maghriti 19 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le Samedi 14 Juin 2025 était le jour J qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat : Ils étaient 250.075 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du Baccalauréat pour cette année 2025, soit un taux réussite de 66,8% contre 67,86% lors de la session ordinaire de 2024. Celui des filles s’élève à 71,3%, tandis que celui des garçons est de 61,81%.

Concernant les filières internationales du baccalauréat marocain, le taux de réussite s’est établi à 68,95% contre 76,15% pour les filières professionnelles.

Ultime sésame pour les lycéens, l’obtention du Baccalauréat enclore le cycle éducatif secondaire ouvrant ainsi les portes des études supérieures, dernière étape – et non la plus facile- avant l’emploi et la vie professionnelle active.

L’affichage des résultats du Baccalauréat de ce jour J donna lieu à des scènes qui témoignent de l’importance que continue à constituer cette « schibboleth » pour les lycéens et leurs familles. Entre pleurs et détresse des recalés et bonheur des nouveaux bacheliers, le Baccalauréat est un phénomène sociétal qui continue à impacter viscéralement, les vies et les parcours.

Rétrospectivement, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a gravi, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a sauté de 28 points et de 17 points en 2 ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

La meilleure moyenne a été obtenue au niveau de l’Académie régionale de Casablanca-Settat dans la branche Sciences physiques– option française (19,61 sur 20) selon les chiffres officiels du département de Saad Berrada. 

La deuxième meilleure moyenne nationale a été obtenue dans la région de l’Oriental, avec une moyenne de 19,59 en Sciences physiques, option française. La troisième moyenne nationale a été obtenue dans la région Dakhla-Oued Eddahab avec une moyenne de 19,51.

Par ailleurs, le nombre de candidats ayant obtenu une mention parmi les candidats scolarisés et libres s’est élevé à 152.261, soit 54,9% du total des admis.

152.261candidats ont obtenu leur Baccalauréat avec mention, soit 54,9% de l’ensemble des bacheliers avec une hausse de 3,44% par rapport à 2023.

Même en France, la hausse spectaculaire du taux de réussite est accompagnée par une recrudescence du taux de mentions délivrées aux résultats du Baccalauréat. La croissance du taux de réussite au Baccalauréat s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de mentions. En 1967, seulement 32% des bacheliers obtenaient une mention. En 2022, ce sont 58,8 % des candidats (toutes filières confondues) ont décroché une mention, soit presque un candidat sur deux. 

Au Maroc, il y a plus dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions BIEN et très BIEN soient distribuées à discrétion ? 
Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisanesque ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

Ou serait-il le signe d’un investissement accru des élèves mieux préparés, et plus motivés, entraînant de fait ce crescendo de niveau des mentions ? La réforme du Baccalauréat à travers la valorisation du contrôle continu et le développement des cours particuliers a pu-t-elle aider bon nombre d’élèves en le permettant d’obtenir plus aisément une mention ?  

L’enjeu d’obtention de bonnes notes au baccalauréat a eu une conséquence que nous  considérons négative, à savoir la focalisation excessive des familles sur la préparation en quantité et non en qualité de l’examen et de ce fait nous nous sommes malheureusement retrouvés avec des étudiants qui sont plus préparés pour affronter l’examen, que préparés à affronter la vie.

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser plusieurs interrogations. 
Avec un indice de développement de 0,683, le Maroc occupe la 120éme rang, derrière notre limitrophe l’Algérie qui se classe au 96éme rang,  ou l’Egypte (100éme rang),  ou notre rival la Tunisie qui se classe au 105éme rang, le Gabon (108éme rang), le Botswana (111éme rang) ou la Libye en pleine reconstruction qui se range au 115éme place.

Parmi les principaux facteurs expliquant cette performance figurent les déficits significatifs en matière d’éducation. D’ailleurs, les auteurs du PNUD estiment que nonobstant le passage du Maroc au club des pays à développement humain élevé, les efforts du Maroc doivent se focaliser sur l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché de l’emploi à même d’assurer une dynamique économique et sociale inclusive et durable.

D’autres rapports taxent le système éducatif Marocain de toutes les épithètes péjoratives et ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cette frénésie des mentions dont s’adjugent 54,9%  des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au Baccalauréat sont servies à profusion et à volonté. 
Naguère, le taux de réussite durant les années 70 n’excédait pas les 15% puisque le système à l’époque était beaucoup plus rigide et sélectif. Il n’y avait pas durant cette phase de possibilités de rattrapage et il n’existait alors qu’une seule session d’examen.

En outre, il y a plus de 40 ans, décrocher son Baccalauréat avec mention Assez bien, Bien ou « très bien » était une grande distinction personnelle et une démonstration du sérieux et de la recherche de réussite. A ce titre, le cercle des poètes disparus des années 70 ou des années 80 auraient eu autant de valeur d’excellence avec l’augmentation du nombre d’élèves obtenant des mentions.

Devant cette profusion des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

En France, la valeur d’une mention est devenue subjective : Alors que la grande majorité des formations du supérieur ont intégré le calendrier de Parcoursup, elles sélectionnent leurs étudiants sans connaître leur mention au bac. C’est notamment le cas des classes préparatoires. « La question des mentions ne se pose pas, puisque les élèves reçoivent leurs propositions d’admission avant le résultat du baccalauréat ».

Du côté de Sciences po Paris, la mention « très bien » au bac permettait auparavant d’accéder au cycle Bachelor sans passer par les concours, mais cela a été supprimé en 2014. Intégrée au calendrier de Parcoursup, l’admission des étudiants se fait désormais avant les résultats du Bac.

Même si la mention reste un « gage de qualité », elle est donc devenue « inutile pour beaucoup de formations ». Ce ne sont plus que les notes qui comptent aujourd’hui, et la mention perd sans doute de son utilité. Elle devient de plus en plus une satisfaction personnelle par rapport au travail fourni pendant toutes ces années ». 

Au Maroc, paradoxalement, si jadis, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau Bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 

Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions. 

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Carnivores !!!

by Mustapha Maghriti 16 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le titre de la chronique « Carnivores » risque dévier l’imaginaire des cinéphiles vers le thriller franco-belge  interprété par les actrices Leïla Bekhti, Zita Hanrot, Bastien Bouillon et réalisé par Jérémie et Yannick Renier. Détrompez-vous, il s’agit plutôt de l’empressement outrancier de moult Marocains devant les bouchers à la veille de l’AID ALADHA. En effet, à quelques jours du rituel du sacrifice, la précipitation et la stupéfaction devant les charcuteries : Les prix de la viande atteignent des sommités, la tension et la queue devant les boucheries ne cessa de croître. À Casablanca par exemple, les boucheries enregistrent jusqu’à 40 clients par jour, du jamais vu en temps normal. Résultat : un déséquilibre net entre l’offre et la demande.

Beaucoup pointent du doigt ceux qui, selon eux, ont sciemment provoqué cette hausse, dénonçant une spéculation inavouable de la part des bouchers engendrant des tarifs atteignant jusqu’à 150 Dhs le kilogramme, un niveau très peu observé ces dernières années.

Cette subite amplification des prix s’explique par plusieurs facteurs.

-Primo, une demande exceptionnelle de la part des consommateurs Marocains, qui redoublent les achats en prévision des festivités de l’AID  ALADHA,

-Ensuite, une capacité logistique limitée des abattoirs, où les quotas d’abattage quotidiens freinèrent l’ajustement de l’offre, une offre rigide d’autant plus que les volumes importés, notamment en provenance d’Espagne, se révélèrent insuffisants.

A cet égard, dans les marchés et souks du Royaume, la viande rouge atteint des niveaux de prix rarement observés. Le kilogramme de viande d’agneau dépasse facétieusement les 150 DH.

La viande bovine, de son côté, gravit jusqu’à 120 DH/kg. Et ce n’est pas tout : les abats, très prisés durant l’AID ALADHA, connaissent aussi un envolement spectaculaire. Le foie, la panse « douara », ou encore les tripes s’arrachent à des prix qui fluctuent entre 500 et 600 DH et même 700Dhs dans certaines boucheries.

Au-delà des chiffres, c’est le comportement d’achat des consommateurs qui interpelle. Beaucoup de familles achètent en trop, parfois 5 à plus de 10 kilos de viande d’un seul coup, de peur d’en manquer  afin de préserver l’esprit de fête en cuisinant les plats traditionnels de l’AID ALADHA.

Faut-il évoquer, dans cette chronique, qu’une telle concupiscence des Marocains pour la viande n’était pas même dans les années où Feu Hassan II décida de suspendre le sacrifice de l’AID ALADHA en 1963 avec la guerre des Sables, premier conflit armé du Maroc indépendant avec l’Algérie où il fallait les chétives ressources financières à l’effort de guerre, ou l’annulation de l’AID en 1981 avec la sécheresse accompagnée de mouvements de grève et de protestations sociales ou 1996 marquée par un long cycle de sécheresse où il fallait préserver le cheptel et le pouvoir d’achat des Marocains.   

Au regard de comportement de gloutonnerie, de nombreuses voix se sont élever pour dénoncer une situation jugée indisciplinée. Pour eux, la décision Royale appelant cette année à renoncer au sacrifice de l’AID ALADHA visait avant tout à soulager les Marocains, en particulier les plus vulnérables, déjà durement affectés par l’envolée des prix des moutons l’an dernier.

En effet, Cette année, conformément aux instructions Royales, le Maroc a officiellement annulé l’AID ALADHA qui est le 4éme depuis l’indépendance, le sacrifice rituel islamique du bétail ou la fête du mouton, en raison des 7 années consécutives de sécheresse qui affectent les saisons agricoles dans le pays qui ont entraîné une baisse de 38% du cheptel (par rapport au dernier recensement de 2016.

Le Ministre des Affaires Islamiques, a transmis au peuple Marocain le message télévisé de l’annulation de la fête religieuse, précisant qu’il s’agissait d’une décision prise en application des orientations du Roi Mohammed VI. 

Cette décision, motivée par des défis climatiques et économiques, vise à préserver le cheptel national en crise et à limiter l’inflation liée à la flambée des prix des viandes rouges. 

De ce fait, les autorités ont mis en place des mesures pour endiguer toute tentative de contournement de la décision Royale, notamment en déployant des services de sécurité pour contrôler la vente et le transport de moutons. Aussi, les établissements hôteliers ont également adapté leurs offres pour tenir compte de l’absence de sacrifice, en proposant des forfaits, des packages spéciaux et des activités pour les familles. 

À titre illustratif, à Casablanca et dans sa périphérie, les campagnes de contrôle se sont intensifiées. Les autorités locales, en coordination avec les services de sécurité et la Gendarmerie Royale, ont mis en place des barrages routiers aux principales entrées de la ville afin de bloquer l’acheminement de moutons vers les marchés hebdomadaires ou les lieux de vente improvisés.

Avec cette avidité et une telle fringale, même la viande blanche n’est pas épargnée : La tension sur les viandes rouges a logiquement entraîné un effet de substitution via un report massif vers la viande blanche. Résultat : une hausse rapide et marquée des prix du poulet. Le kilogramme a bondi de 17 à 22 DH en l’espace de trois jours seulement. Le poulet rouge atteint les 16 DH/kg, tandis que le beldi, plus rare, se négocie entre 75 et 80 DH/kg.

Cette augmentation est le fruit d’un double phénomène :

-D’une part, une demande croissante des familles à la recherche d’alternatives abordables à la viande rouge.

-D’autre part, une série de facteurs structurels qui pèsent sur l’ensemble de la filière avicole : flambée des prix des aliments pour bétail, hausse des coûts d’élevage, et les perturbations climatiques affectant l’ensemble des chaînes d’approvisionnement.

Au-delà de ces considérations économiques et sociales, l’apostrophe spirituelle qui nous interpelle, les Marocains ont-ils occulté la véritable essence du sacrifice de l’AID ALADHA?

Au-delà du rite du sacrifice d’un animal, l’AID ALADHA ne véhicule-t-il pas des valeurs spirituelles profondes telles que l’obéissance Divine dans la foi Musulmane ? 

Des Marocains n’ont-ils pas oublié que l’AID ALADHA est une occasion et une opportunité spirituelle de se rapprocher de Dieu, de renouveler leur foi et de renforcer leur engagement envers les valeurs de l’islam.

En somme, l’AID ALADHA est une fête riche en symbolisme spirituel, invitant les Musulmans à réfléchir sur leur foi, leur engagement envers Dieu. Et n’oublions pas, en guise de conclusion,  que le Prophète SIDNA MOHAMMED que le SALUT et le SALAM soit sur LUI a accompli non seulement un sacrifice personnel, mais aussi un sacrifice au nom des membres de sa communauté et sa Oumma qui ne pouvaient pas se le permettre, ceux de qui n’avaient pas les moyens d’en faire.

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Pour une dynamisation du Commerce Extérieur du label Maroc : Apport analytique

by Mustapha Maghriti 12 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le Commerce Extérieur désigne l’ensemble des échanges commerciaux de biens et de services entre des pays différents. Il est composé des importations (achats de biens ou services marchands à l’étranger) et des exportations (ventes de biens ou services marchands à l’étranger). Ces échanges permettent aux pays de se procurer des produits qu’ils ne produisent pas localement ou en quantités insuffisantes, et de vendre leurs propres produits à l’étranger. Et parmi les objectifs de la politique économique, de chaque Gouvernement, un équilibre de la balance commerciale ou le nec plus ultra un excédent commercial via une maitrise des importations et une dynamisation des exportations à travers une compétitivité des produits locaux.

Aussi, le Commerce Extérieur, qui occupe une place stratégique dans le processus de développement, reflète la compétitivité du tissu productif national et illustre la capacité du pays à attirer les investissements étrangers et renforce son positionnement dans les chaînes de valeur mondiales.

Exporter plus, exporter mieux, n’est-ce pas là la préoccupation de tous, pouvoirs publics, entreprises,  associations, fédérations, organismes multilatéraux, l’Organisation Mondiale du Commerce  OMC, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement CNUCED, Centre Islamique de Développement du Commerce (CIDC)…….etc.

C’est dans ce contexte que le Maroc se dote d’une nouvelle feuille de route ambitieuse pour dynamiser son commerce extérieur sur la période 2025–2027 où le chef de l’exécutif Aziz Akhannouch a présidé, Mercredi 28 Mai 2025 à Casablanca, la cérémonie de lancement officiel de la Feuille de route du secteur du Commerce Extérieur pour la période 2025–2027 ; une « Road Map » s’articulant autour de 3 objectifs stratégiques qui sont la création de quelque 76.000 postes d’emploi nouveaux, l’élargissement de la base des exportations à travers la création, chaque année, de 400 nouvelles sociétés d’export et la réalisation de 84 Milliards de dirhams (MMDH) supplémentaires dans le secteur de l’export.

Certes, le Maroc a réalisé des avancées notables en matière des exportations Marocaines qui ont grimpées de 185 Milliards de dirhams en 2012 à 455 Milliards en 2024, tirées pour l’essentiel par le secteur automobile avec 157,6 Milliards de DH, en hausse de 6,3%en 2024 notamment avec la construction automobile et le câblage, le phosphate et dérivés  86,75 Milliards de DH (+13,1%) et l’aéronautique  26,44 milliards de DH (+ 14,9%). Cependant, moult challenges structurels persistent. Les exportateurs demeurent vigoureusement polarisées tant sur le plan géographique où plus 75 % sont cantonnées sur le contient Européen, que sur le plan sectoriel où 92 % des produits exportés sont concentrées sur six filières.

En outre, 85 % de l’offre exportable provient de l’axe Tanger-Casa, ce qui révèle une distorsion territoriale que la nouvelle feuille de route du commerce extérieur doit de reconsidérer.

En sus, le taux de couverture des importations par les exportations au Maroc demeure très limité (59,8% en 2024). Dit autrement sur 100 dhs des importations, 40,2 dhs sont financées par les recettes d’exportation, ce qui signifie que les exportations compensent médiocrement les importations et qu’elles continuent à éroder les recettes en devises.

En outre, ce taux de couverture montre que les importations augmentent plus rapidement que les exportations, ce qui s’est traduit par une aggravation du déficit commercial de l’ordre de 108 Milliards de dirhams  à fin Avril 2025, contre 88 Milliards de dirhams par rapport à 2024, marquant ainsi une aggravation de 22,8%.

A ce titre, nous avançons que le creusement du déficit commercial en soi ne doit pas porter une connotation péjorative sur la santé économique d’un pays ; il n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : Le déficit commercial des USA, première puissance mondiale, n’est-il pas la meilleure pièce à conviction ? Un tel hiatus commercial n’ascensionne-t-il pas à 140,5 Milliards de dollars en Mars 2025, selon les statistiques publiées par le Département Américain du Commerce ?

A notre sens, le danger du déficit commercial est tributaire plutôt de la structure du Commerce Extérieur d’une économie donnée. A titre illustratif, selon que le déficit soit déclenché par une chute des exportations ou par une hausse des importations de biens d’investissement, il peut-être considéré comme une mauvaise ou une bonne nouvelle.
En réalité, notre réaction à la  » Keynésienne  » de considérer les importations comme une fuite du système économique et de la richesse d’un Etat, n’est pas toujours justifiée, surtout lorsque l’on considère la nature et l’ossature du commerce mondial dans le contexte de la géopolitique mondiale. En effet, avec la globalisation et le fractionnement du processus de production, c’est de plus en plus rare de trouver une économie pouvant produire tout seul un bien de l’amont à l’aval puisque, pour exporter, les producteurs sont obligés d’importer les autres inputs pour l’output en question. Ainsi, davantage d’importations peuvent être nécessaires pour nourrir plus d’investissement, de production et d’exportations nationales. C’est ce raisonnement, au demeurant pertinent, qui semble justifier la position qui considère que l’aggravation du déficit commercial pourrait être le miroir d’une dynamique d’investissement et d’exportation. Cette spéculation peut-elle s’appliquer au cas Marocain ? 

Concrètement, dans le cas de l’économie Marocaine et en vertu des dernières statistiques de l’Office de Change, quand on appréhende que les produits finis d’équipement ont enregistré la hausse plus marquée avec +13,3% ou +7,27 MMDH, on pourrait être tenté d’y imaginer un signe de dynamisme économique. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe dans le cas Marocain. En effet, la crue des importations des demi-produits est étirée notamment par les usines de construction Automobile et Aéronautique.

C’est dans ce sens que la feuille de route vise à améliorer le taux de couverture des importations par les exportations et ce en renforçant les exportations nationales par la percée des marchés extérieurs et en orientant nos politiques commerciales vers la préservation de la soutenabilité financière et commerciale.

En sus, une autre carence aussi et non des moindres est l’insuffisance de notre compétitivité étayée, sur la baisse des coûts salariaux à des fins de stratégie d’exportation. A nos sens, la compétitivité internationale ne peut se cloîtrer au coût du travail. En effet, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux comparativement à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.

Il nous semble que compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critérium du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux que les pays moins développés à l’instar de l’économie allemande, irlandaise ou suisse ? 
Faire valoir exclusivement le bas salaire ne peut que condamner le tissu économique marocain à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que la percée des débouchés internationaux. 

La dynamisation du Commerce Extérieur passe immanquablement par l’amélioration de la compétitivité. Une telle compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance soutenue et inclusive. L’aiguisement de la productivité du travail, permettra non seulement de resserrer notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité, le know-how et l’innovation.

L’ancrage du taux d’intégration pour les nouvelles industries installées au Maroc devrait être un Must pour galvaniser des spillovers conséquents sur le reste des secteurs rivés directement ou indirectement aux investissements étrangers. Pour se faire, le tissu productif Marocain a besoin d’un climat des affaires plus fertile et propice aussi bien pour les investisseurs étrangers que locaux pour cultiver et débroussailler une meilleure division international du travail et une large spécialisation mondiale.

Aussi, la consolidation de notre Commerce Extérieur processionne par une plus grande diversification de notre offre exportable qui passe intarissablement par l’amélioration de notre compétitivité, laquelle exige une hausse de notre productivité.

Par ailleurs, le renforcement du Commerce Extérieur refile à travers des rencontres sectorielles avec les fédérations et les professionnels et des tournées régionales, ainsi qu’une étude rigoureuse visant à identifier les opportunités spécifiques pour chaque marché et chaque produit à même d’offrir aux exportateurs un cadre clair pour choisir les outils adaptés à la diversification de leur offre, à l’optimisation de la qualité, et à l’accès à de nouveaux débouchés. A cet égard, l’un des outils clés présentés à l’occasion de la cérémonie  de lancement officiel de la  nouvelle feuille de pour dynamiser son commerce extérieur sur la période 2025–2027 est la plateforme numérique « One Shop Store Export », pensée pour centraliser les démarches administratives et améliorer l’accès aux dispositifs de soutien à l’export.

Par ailleurs, le raffermissement passe par plusieurs chantiers, dont le renforcement de la diplomatie commerciale, la réalisation d’études de marché approfondies, des actions promotionnelles, une offre de formation adaptée, des dispositifs de suivi et d’accompagnement des projets exportateurs, ainsi que l’assurance à l’exportation pour les entreprises exportatrices Marocaines.

C’est dans ce sens et en marge du lancement de la feuille de route du commerce extérieur sur la période 2025–2027, une convention de partenariat a été signée pour la mise en place d’un dispositif national d’assurance-crédit à l’export entre, le Ministère de l’Industrie et du Commerce – Maroc, le Secrétariat d’État chargé du Commerce Extérieur, le Ministère délégué auprès de la Ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations  AMDIE. Ce dispositif constitue une avancée majeure pour permettre aux entreprises Marocaines de conquérir de nouveaux marchés, notamment en Afrique. Il vise à :

– Renforcer la protection des entreprises exportatrices contre les aléas liés au commerce international, en couvrant à la fois les risques commerciaux et politiques ;
– Sécuriser leurs engagements contractuels à l’export, notamment sur des marchés nouveaux ou peu couverts;

– Encourager la diversification géographique des exportations, en facilitant l’accès à 15 marchés africains prioritaires dans une première phase pilote.
Ce mécanisme, adossé à une garantie de l’État, repose sur une collaboration étroite de l’ensemble des parties prenantes et sur l’implication directe des assureurs-crédit et du réassureur national.

En guise de conclusion, face aux bouleversements géostratégiques qui fragilisent le commerce mondial, le Gouvernement, le département chargé du Commerce Extérieur et les organismes sous tutelle doivent insister sur la nécessité de donner aux exportateurs Marocains les moyens de réussir, en consolidant leur présence sur les marchés internationaux pour tirer pleinement profit des immenses potentialités dont dispose l’économie mondiale et ce pour faire du Commerce Extérieur un moteur de croissance durable, de création d’emplois, une intégration renforcée dans les chaînes de valeur mondiales et un rayonnement du Maroc à l’international.

Les projets d’investissements productifs en cours ou de gestation, les infrastructures déjà  planifiées ou en cours de réalisation DAKHLA

Le seul aléa en définitive, en définitive que les responsables, à tous les niveaux, essaient de maîtriser c’est celui de l’évolution des données macro-économiques mondiales qu’il s’agisse de l’évolution de la demande ou des comportements économiques. L’importance de cet aléa, au regard des mutations profondes de l’économie mondiale, crée une asymétrie singulièrement contraignante entre les délais souvent longs des processus d’ajustement et les variations erratiques de la conjoncture internationale. La quête de la compétitivité et la dynamisation du Commerce Extérieur, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe.

En somme notre réflexion est qu’au regard de la globalisation (qui est un phénomène dynamique  remettant sans cesse en cause les acquis), « gérer la compétitivité d’une nation, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de la compétitivité est une affaire de longue haleine.

Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation acquise dans le Commerce International ; qu’il faut toujours se remettre en cause et ne pas craindre les évaluations périodiques permettant de moduler, au jour le jour si cela est nécessaire, les impératifs de l’ajustement. Il n’y a pas non plus de petits détails, de grandes mesures ou de mesures à négliger. Tout participe à la compétitivité et la consolidation du Commerce Extérieur.

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La Ligue Arabe entre fragmentation et fracture géopolitique

by Mustapha Maghriti 26 mai 2025
written by Mustapha Maghriti

Assurément le 34éme Sommet de la ligue Arabe accueilli Samedi 17 Mai 2025 dans la Capitale Irakienne Bagdad. Faut-il rappeler que la ligue Arabe est une organisation régionale possédant le statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Elle est fondée le 22 Mars 1945 au Caire par six États qui sont  l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak, la Transjordanie (devenue en 1949 la Jordanie), le Liban et la Syrie. Le Maroc a rejoint la Ligue Arabe le 22 Mars 1958. La Ligue regroupe, depuis 1993, vingt-deux États Arabes.

Ce 34éme Sommet se déroula sous le slogan « Dialogue, solidarité et développement » dans un contexte tumultueux avec la déliquescence de l’Accord de cessez-le feu à Gaza, où la situation des Palestiniens est plus qu’atroce et plus qu’inhumaine »,  fustigea le manitou de l’ONU, Antonio Guterres et a demandé un « cessez-le-feu permanent ». Certains dirigeants espérèrent qu’une telle intervention puisse ouvrir la voie à un processus politique sérieux et essentiel pour instaurer une paix durable dans la région.

A cet égard, la Ligue Arabe a exhorté la Communauté Internationale à intensifier ses efforts pour garantir l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien. Cette aide est cruciale pour répondre aux besoins urgents des populations affectées par le conflit.

A ce titre, le Souverain Marocain, dont la lecture du discours Royal a été donnée par le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’étranger Nasser Bourita, a tenu à réaffirmer la nécessité d’ouvrir les perspectives d’une solution politique pour instaurer une paix réelle et juste dans la région, garantissant au peuple Palestinien ses droits légitimes et permettant l’établissement d’un Etat Palestinien indépendant sur les frontières de juin 1967, ayant Al-Qods oriental comme capitale et comptant la Bande de Gaza comme une partie intégrante de son territoire.

Aussi, ce sommet se tient dans un environnement morose avec des attaques israéliennes au Sud du Liban et sur le territoire Syrien, ainsi que des situations alarmantes au Soudan, le Yémen, et la Libye sont toujours en proie à des conflits internes avec un avenir de la Syrie qui peine à se profiler.

Face de cette infraction manifeste du droit international humanitaire et au regard des incidences affligeantes et épineuses, dans lesquelles se tient le 34éme Sommet, les décideurs Arabes doivent  faire preuve d’un engagement politique sérieux à même d’édifier un projet Arabe unanime, le dévouement aux principes de bon voisinage et le respect de la souveraineté nationale. Cette prédétermination tira ses soutènements dans le principe de non-ingérence dans les affaires internes.

De ce fait, l’Action Arabe conjointe ne saurait être pleinement efficace que si le chantier de réforme de l’Organisation de la Ligue Arabe, entamé depuis des années, est mené à terme, d’une manière qui répond aux aspirations de nos pays Arabes et dans un souci de concorde et d’harmonie a tenu le Souverain Marocain dans sa rhétorique adressé aux chefs d’Etat membre de la ligue Arabe.

En sus, pour endiguer la crise induite par le rebond des prix des produits alimentaires et de l’énergie et par la pénurie d’eau, notre patrie, aux yeux du King Marocain apportera son soutien à toute initiative susceptible de développer la coopération Arabe, de telle sorte que soit menée de toute urgence afin de lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Les statistiques des échanges commerciaux et le flux des investissements interarabes restent ostensiblement minuscules en vertu des données de la Banque Islamique de Développement BID, de la Société Arabe pour l’Investissement et la Garantie des crédits à l’exportation. Selon les experts du Centre du Commerce International CCI, la Ligue des États Arabes LEA connaît un des plus faibles taux d’échanges intrarégionaux au monde malgré un accès préférentiel aux marchés Arabes et une forte homogénéité culturelle.

Aussi, comparativement à d’autres marchés communs, tels l’Union Européenne et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, l’intégration commerciale régionale entre États membres de la Ligue Arabe reste modeste. A l’appui de nos dies, les échanges commerciaux inter-Arabes ne représentent que 11%, soit une fraction infime du commerce réalisé avec les États membres de l’OCDE ou d’autres pays en développement, et une  part infinitésimale comparativement à d’autres régions, l’UE notamment, où plus de 70% des échanges se font entre États membres.

De surcroît, et en dépit de l’existence d’entités économiques officielles, à l’instar de l’Organisation Arabe pour l’Industrialisation (OAI), l’Organisation Arabe du Développement Industriel et des Mines (OADIM) ou l’Organisation Arabe pour le Développement Administratif (OADA), nos Etats Arabes capitalisent modiquement sur les différentes expériences industrielles et servicielles.

Par ailleurs, eu égard aux impacts d’une décrue de productivité, de carence de compétitivité économique et de vulnérabilité du secteur privé, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Middle East and North Africa en anglais (MENA) et Arabe reste en deçà des prouesses des économies émergentes : A l’appui des dernières statistiques fournies dans les  rapports 2025 du Fond Monétaire International FMI et de la Banque Mondiale, le monde Arabe a enregistré un timide taux de croissance de moins de 1,9% en 2024.

Au regard de cette léthargie économique Arabe, les nouveaux moteurs de la croissance à l’exemple de l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables seront d’une grande aubaine aux économies Arabes pour propulser une croissance économique, garantir le basculement vers des modèles économiques inclusifs et durables, se greffer sur les standards économiques internationaux et s’atteler sur la dynamique économique mondiale.

Sur ce registre, la région Maghrébine demeure la moins intégrée économiquement et la moins dynamique en termes d’échanges intra-régionaux à l’échelle du monde Arabe en dépit de ses ressources naturelles et de ses potentialités économiques. En effet, Le commerce global intra-maghrébin se cantonne à moins de 5% alors que la part du commerce intrarégional atteint 16% environ en Afrique, 19 % en Amérique latine, 51 % en Asie, 54 % en Amérique du Nord et 70 % en Europe. Les échanges entre les pays Maghrébins ne dépassaient guère les 3,1% des exportations globales de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. Le commerce intra-Maghrébin demeurait encore faible par rapport aux échanges des pays de l’UMA avec l’Union Européenne. En moyenne, les pays de la région exportaient près de 70 fois plus vers l’Union Européenne que vers le Maghreb. De ce fait, le gros des échanges du Maghreb s’effectue avec l’Europe, pour des raisons qui tiennent à la fois aux liens historiques, à la nature des produits échangés et, plus récemment, aux efforts déployés par chacun des pays pour libéraliser ses échanges avec l’Europe.

Les raisons du manque d’intégration au Maghreb sont complexes et nombreuses. On peut notamment citer l’application de politiques restrictives en matière d’échanges et d’investissement, la présence d’obstacles tarifaires et non tarifaires aux échanges, l’insuffisance des infrastructures régionales et des facteurs géopolitiques.

L’orientation traditionnelle des échanges vers l’Europe, les efforts récents de diversification en direction de l’Afrique subsaharienne et, plus récemment, l’émergence de la Chine comme marché d’exportation ont en outre détourné l’attention des pays du Maghreb de l’intégration intra-régionale. Des facteurs géopolitiques ont freiné l’intégration maghrébine. Les causes profondes des tensions sont complexes et varient d’un pays à l’autre. L’UMA est inopérante depuis des années du fait de désaccords entre ses pays membres, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Les menaces terroristes ont aussi provoqué un durcissement des contrôles frontaliers. La frontière longue de quelque 1.600 kilomètres qui sépare l’Algérie du Maroc est fermée depuis 1994.

Face à cette situation, le Souverain Marocain, dans sa parénèse  Royale, n’a-t-il pas déploré le fait que l’Union du Maghreb Arabe ne remplisse pas son rôle naturel de levier de développement commun pour les pays Maghrébins, en garantissant, notamment, la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services entre ses cinq Etats membres ?

Faut-il rappeler, dans cette chronique, que l’intégration du Maghreb est devenue une nécessité économique incontournable, vu la concurrence et la rivalité féroce que se livrent les différents blocs régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE…..). En effet, compte tenu des défis occasionnés par les échéances charnières auxquelles les économies maghrébines devraient faire face, le coût du non-Maghreb peut s’avérer insoutenable pour les économies de la région. Ainsi, de par son rôle de moteur de croissance et d’intensification des échanges commerciaux entre pays de la région, l’intégration Maghrébine pourrait constituer un facteur d’appui pour une insertion plus efficiente des pays membres à l’économie mondiale.

La singularité de la région Maghrébine est qu’elle s’insère dans la continuité du courant libre échangiste qui devrait relier progressivement les deux rives de la Méditerranée, au même titre que celui impliquant les pays de la déclaration d’Agadir auquel l’Algérie ne fait pas partie. Ainsi, au-delà de la discontinuité géographique qui en découle, une relance du projet d’intégration maghrébine serait propice pour redimensionner la libéralisation commerciale entre les pays de l’Accord d’Agadir.

L’intégration Maghrébine permettrait de créer des chaînes de valeurs régionales et de mieux les intégrer dans les chaînes de valeur mondiales. Pour le Maghreb, la mise en place d’un ensemble de règles communes en matière de commerce et d’investissement offrirait un meilleur environnement non seulement aux investisseurs intéressés par le marché intérieur de la région, mais aussi à ceux qui souhaitent exporter leur production vers les marchés voisins, tels que l’Union Européenne. Par ailleurs, elle aiderait les entreprises locales à mieux s’intégrer dans les chaînes de production mondiales, en assurant la libre circulation des pièces et composants chez les partenaires régionaux et entre eux. Ce n’est que par une plus grande intégration que le Maghreb pourrait atteindre la taille nécessaire pour attirer des IDE à la recherche de marchés durables. En outre, les chaînes de valeur mondiales peuvent également servir de circuits de diffusion du savoir, tant à partir des pays avancés qu’entre ceux du Maghreb, de la même manière que les circuits traditionnels du commerce et de l’investissement. Le Maghreb pourrait devenir une plaque tournante du commerce et des investissements entre l’Afrique subsaharienne et l’UE.

En 2010, dans son rapport sur les nouvelles multinationales africaines Boston Consulting Group  BCG quoiqu’il est ancien, mais d’une grande pertinence et d’une grande actualité, le Boston Consulting Group a souligné l’émergence de puissantes entreprises transnationales dans la région, qui comptait 10 des 40 entreprises africaines étudiées (six marocaines, deux algériennes et deux tunisiennes). En fait, les entreprises marocaines et tunisiennes investissent dans tout le Maghreb, devenant ainsi des acteurs majeurs dans les pays d’accueil. Les autorités devraient soutenir cette source croissante d’IDE en encourageant une plus grande intégration régionale. Une telle stratégie rendrait les pays du Maghreb moins dépendants de l’Europe tout en leur permettant de mieux tirer parti de leur position entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Au vu de la situation pitoyable et malencontreuse que vivent certains pays Arabes frères, le Souverain Marocain, dans sa plaidoirie Royale a soutenu majestueusement qu’il  ne ménagera aucun effort pour enrayer toute forme de division en apportant son concours au règlement des crises dans lesquelles est empêtrée notre région Arabe. Le Souverain Marocain compte s’y employer en faisant prévaloir le dialogue et les initiatives pacifiques sur la logique de la force et des options militaires où il souscrit activement aux efforts régionaux et internationaux engagés en direction des acteurs politiques locaux, en vue de créer une médiation et de faciliter un dénouement de la crise, à l’instar du son soutien au peuple Syrien frère dans sa quête de liberté, de sécurité et de stabilité, ainsi que son attachement à la préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Syrie. D’ailleurs, preuve à l’appui et joindre le geste à la parole, notre patrie a décidé la réouverture de son ambassade à Damas, fermée en 2012, ce qui permettra manifestement d’ouvrir de plus larges perspectives dans les relations historiques entre nos deux pays et nos deux peuples.

Autres illustrations et au regard des situations déplorables qui sévit dans d’autres pays Arabes, comme le Yémen, le Soudan et le Liban. Notre patrie itère et redouble ses efforts laborieux  à même de stimuler le processus politique devant conduire au rétablissement de la paix et de la stabilité, à dépasser les différends et les conflits par les moyens pacifiques et les voies diplomatiques, à préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale des pays Arabes frères.

En outre, l’instance économique est primordiale pour une cohésion Arabe cimentée et comme fer de lance de développement de l’Union Arabe, ainsi que pour son insertion dans l’échiquier géopolitique mondial.

Sous cet angle, la mise en place de la coopération économique et le développement du commerce intra-arabe et interarabe solide est inéluctable pour ouvrir aux peuples Arabes d’immenses potentialités de dynamique économique et de partage de fruits de la croissance qui en résultent. Dans une déclaration exclusive à la « Nation Africaine » (promotion nationale, Maghreb Uni -rôle de la presse) à Rabat le 5 Juin 1962, Feu Hassan II n’a-t-il pas soutenu que  » la voie de l’unité passe d’abord par le resserrement des liens économiques, ce qui suppose à l’intérieur une planification intégrée du développement »  

Face aux risques liés au retour au protectionnisme à l’échelle mondiale, à l’instabilité des marchés financiers et à la turbulence géopolitique que connaissent la donne mondiale, la Coopération Arabe s’avère incontournable. Et pour s’intégrer, les pays de l’Union Arabe devraient s’appuyer sur la dynamique impulsée par la crue actuelle de l’économie internationale, des échanges commerciaux et de l’investissement. Un renforcement de la demande provenant de leurs partenaires commerciaux générerait un surplus de recettes douanières. Une plus grande libéralisation des mouvements de capitaux entre les pays Arabes permettrait de développer les investissements directs étrangers IDE et de raffermir les chaînes de valeur ajoutée Arabes et leur intégration dans les Chaines de Valeurs Mondiales.

Aussi, pour cueillir les fruits de la reprise mondiale et limiter les contrecoups négatifs des agitations commerciales internationales actuelles, les pays de la ligue Arabe devraient collaborer sur le commerce dans la région et sur le système multilatéral plus vaste étayé sur des règles.

Dans cet environnement extérieur relativement favorable mais vulnérable et tendu, l’apostrophe importante qui interpelle les décideurs Arabes est de savoir comment faire de la Coopération Arabe un moyen d’action supplémentaire pour sécréter une dynamique économique porteuse de croissance, de production, d’investissement et d’emploi.

Un Co développement Arabe et un partenariat économique et financier ne sont-ils pas d’une nécessité impérieuse pour porter une réplique à une géopolitique mondiale fragmentée en ce en négociant l’accord régional, en coordonnant les mesures, en libéralisant les marchés et en améliorant le climat de l’investissement et des affaires économiques internationales, et en échafaudant des solutions efficaces adaptées à chaque pays Arabe et pour créer des avantages comparatifs dans de nouveaux domaines ?

En guise de conclusion, le partenariat Arabe doit être considéré comme une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes et ce en aplanissant les divergences, en particulier au Maghreb, car « Les divisions ouvrent la voie à l’ingérence étrangère, non arabe, au terrorisme, à la manipulation et aux conflits interconfessionnels. Toutefois, en restant unis, vous pouvez façonner une région capable de tirer le meilleur parti de son énorme potentiel et qui contribue à la paix et à la sécurité mondiales. Une région où les divergences se règlent par le dialogue et où règnent le respect et l’intérêt mutuels  » tels ont été les propos tenus par Secrétaire général de l’ONU António Guterres,  lors de son discours le 01 Novembre 2022 à Alger, au Sommet de la Ligue Arabe en Algérie.

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ADIEU Pepe : Un politicien d’exception, une justice sociale sans égale, une démocratie sans détour

by Mustapha Maghriti 18 mai 2025
written by Mustapha Maghriti

L’ancien Président de l’Uruguay José « Pepe » Mujica, star modeste de la gauche Latino-Américaine, s’est éteint Mardi dernier 13 Mai 2025 à l’âge de 89 ans.

Né le 20 Mai 1935 à Montevideo (Capitale de l’Uruguay), ancien guérillero et adepte d’un mode de vie austère, José Mujica, dit « Pepe », charismatique président de l’Uruguay entre 2010 et 2015, est mort d’un cancer dans sa modeste ferme de la périphérie de Montevideo, là même où doivent reposer ses cendres.

Apôtre de la justice sociale et pourfendeur de la surconsommation, Pepe Mujica était une figure de proue de la gauche Latino-Américaine, qui perd une de ses légendes. On le surnommait le « président le plus pauvre du monde », pour avoir reversé la quasi-totalité de ses revenus de dirigeant à un programme de logement social. Il vivait avec son épouse (l’ancienne vice-présidente Lucía Topolansky) dans une ferme très modeste en périphérie de la capitale, où il s’est d’ailleurs éteint. Des images de sa modeste demeure avaient fait le tour du monde et conforté son image de politique humble, resté proche du peuple. « Il fut un président “atypique” », souligne Claude Morin, professeur honoraire de l’Université de Montréal, dans un courriel. « Il fut sans doute le président le plus frugal de la planète. Il ignorait le protocole et la langue de bois, ne portait pas la cravate, chaussait de vieux souliers. Son langage populaire faisait appel à des métaphores issues de l’imaginaire gaucho. »

À personnage atypique, vie atypique. Avant d’entrer en politique, Pepe Mujica a connu au moins deux autres vies et non les moindres. Dans les années 1960, il est l’un des fondateurs de la guérilla urbaine d’extrême gauche Mouvement de libération nationale Tupamaros. Blessé par balle en 1970, il est emprisonné pendant toute la dictature (1973-1985) et torturé. Après sa libération en 1985, il se lance en politique et fonde en 1989 le Mouvement de participation populaire (MPP), une des composantes du Front large (Frente Amplio) qu’il dirigera jusqu’à sa mort. Sa présidence a bousculé les conventions, avec des mesures considérées comme très progressistes en Amérique latine.

Élu député en 1995 et sénateur en 2000, il est nommé en 2005 Ministre de l’Agriculture du gouvernement Vázquez. En 2009, il remporte la primaire présidentielle au sein de la coalition de gauche du Front large, puis est élu au second tour de l’élection présidentielle contre le candidat du Parti national, Luis Alberto Lacalle.

En matière de politique économique, Pepe Mujica s’inscrit dans la continuité de la politique de la mandature précédente. La part des dépenses sociales dans le total des dépenses publiques passe ainsi de 60,9 % à 75,5 % entre 2004 et 2013. Selon le sociologue Denis Merklen, lorsque José Mujica rend le pouvoir à son successeur, l’Uruguay est à nouveau « champion de l’Amérique latine en matière sociale. En décembre 2013, le chômage représente 6,3 % de la population active. L’emploi non déclaré concerne seulement 16 % des salariés. La pauvreté passe de 40 % en 2005 à 11,5 % de la population et elle est inférieure à 3 % dans les zones rurales. L’indigence touche 0,5 % des personnes. Sur la totalité de ces indicateurs, l’Uruguay est alors le pays le mieux placé de l’Amérique latine. » Le salaire minimum est rehaussé de 250 %.

Pepe Mujica soutient, par ailleurs, le renforcement des syndicats. D’après la Confédération syndicale internationale, l’Uruguay est devenu le pays le plus avancé d’Amérique en matière de respect « des droits fondamentaux du travail, en particulier la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et le droit de grève ».

Il annonce en Mai 2010 le dépôt d’un projet de loi devant limiter le secret bancaire pour lutter contre l’évasion fiscale, conformément aux standards de l’OCDE. Selon la Banque centrale de l’Uruguay, près de 18 % des dépôts appartiendraient à des non-résidents, soit 2 500 Millions de dollars, détenus pour la plupart par des Argentins.

La loi est votée par les 2 chambres du parlement uruguayen en décembre 2010, la plus importante loi en matière fiscale depuis celle de 2007 qui avait institué l’impôt sur le revenu.

Du côté de la politique étrangère, Pepe Mujica renouvelle en avril 2010 avec le Venezuela l’accord commercial de 2005, signé par Tabaré Vazquez, qui prévoit notamment l’approvisionnement en pétrole de l’Uruguay à des conditions favorables. Il est proche du président vénézuélien Hugo Chávez, qu’il considère comme « le gouvernant le plus généreux qu’il ait jamais connu ». En 2011, il s’exprime contre les opérations militaires déclenchées par plusieurs pays occidentaux contre la Libye.

Sur le volet de la politique sociétale, en Octobre 2012, le Parlement vote la légalisation de l’avortement. Contrairement à son prédécesseur, qui avait mis son veto à cette légalisation, Mujica fait approuver la loi. L’Uruguay devient ainsi le deuxième pays d’Amérique latine à autoriser l’avortement après Cuba. En Avril 2013, les parlementaires approuvent définitivement une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.

En juin 2012, le gouvernement propose de légaliser et réguler la vente de marijuana. Malgré des critiques venues du monde entier, la revue britannique Monocle salue cette décision, et le magazine américain Time se demande ensuite si ce n’est pas un exemple à suivre pour le reste du monde. Le 6 Mai 2014, Pepe Mujica signa une loi légalisant le cannabis et régulant toute sa chaîne de production sous l’autorité de l’État.

A l’échelle internationale, Pepe Mujica se distingue, par son mode de vie, très éloigné du faste habituel de la fonction présidentielle. Il délaisse le palais présidentiel pour habiter la petite ferme de son épouse, « au bout d’un chemin de terre » en dehors de Montévidéo. Il continue à y cultiver avec son épouse des fleurs à des fins commerciales et donne environ 90 % de son salaire présidentiel à un programme de logement social, conservant pour lui-même l’équivalent du salaire moyen en Uruguay (environ 900 € par mois). Le couple présidentiel bénéficie de la protection de deux policiers à la ferme.

Certains pensent qu’il est végétarien, mais il semblerait que ce soit une erreur fréquemment commise, due à une expression qu’il a utilisée. Il existe des preuves qu’il mange bien de la viande. Il est athée. Le patrimoine du couple présidentiel provient pour la majeure partie de son épouse (Pepe Mujica n’ayant comme seul bien qu’une voiture Coccinelle de 23 ans) et est évalué en 2012 à 4,2 millions de pesos uruguayens (environ 19 000 €).

Son engagement va encore beaucoup plus loin : Lors de la vague de froid que subit le pays en juin 2012, il inscrit immédiatement la résidence présidentielle sur la liste des refuges pour les sans-abris.

La disparition de Pepe Mujica n’est pas une mince affaire en Uruguay. Exprimant sa profonde douleur, l’actuel président de gauche de ce petit pays sud-américain de 3,5 Millions d’habitants, Yamandú Orsi, a décrété trois jours de deuil national et annoncé une veillée funèbre dans le Palais législatif de la capitale, Montevideo. Mercredi, des milliers d’Uruguayens sont venus saluer le charismatique ancien dirigeant au passage du cercueil placé sur une charrette en criant « Merci, Pepe ! ».

A l’émotion témoignée par des dizaines de milliers d’Uruguayens s’est ajoutée celle des présidents Chilien et Brésilien dans l’après-midi, représentants comme José Mujica de la gauche latino-américaine. Lula a loué devant la presse un « être humain supérieur, une personne qui a essayé de changer le monde avec sa singularité, sa compétence politique, avec la capacité de dialoguer surtout avec la jeunesse ».

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Plateforme de réserves de première nécessité : Une vision monarchique proactive de gestion des risques et prolongement Royal de la protection sociale

by Mustapha Maghriti 10 mai 2025
written by Mustapha Maghriti

Avec les changements climatiques aux conséquences complexes et hypothétiques sur le futur des aléas, la planète subit des inondations diluviennes et des séismes sans signal. On s’en souvient du séisme de Haouz et bien avant celui plus meurtrier le séisme de 2004 à Hoceïma ou récemment des inondations de la région du Sud à TATA qui ont fait beaucoup de dégâts, de morts et de blessés. A cet égard, il fallait penser à des techniques, procédures, méthodes qui peuvent être mises en œuvre pour réduire les conséquences éventuelles d’un séisme ou d’une inondation, et ce, à n’importe quel niveau (groupe social, territoire institutionnel, etc.). Assurément, il n’est pas possible de supprimer une inondation ou un séisme, mais l’on peut en réduire les impacts en faisant en sorte qu’ils soient  » gérables » aussi bien  ex ante qu’ex post.

Conscient que la gestion du risque est précisément que l’événement – mineur ou majeur – entre dans le champ du possible et que ses conséquences soient gouvernables, le Souverain Marocain, accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan, a procédé, ce Mercredi dernier 7 Mai 2025 a édifié une première en Afrique et dans le monde Arabe, un modèle marocain anticipatif de résilience et de déploiement rapide des secours en cas de catastrophes à la commune Ameur (préfecture de Salé), au lancement des travaux de construction de la plateforme de réserves de première nécessité de la région de Rabat-Salé-Kénitra.

Chacune des 12 régions du Royaume sera dotée d’une grande plateforme de réserves de première nécessité (tentes, couvertures, lits, médicaments, denrées alimentaires, etc.) afin de faire face de façon immédiate aux catastrophes (inondations, séismes, crues, risques chimiques, industriels ou radiologiques.

La plateforme Ameur qui vient d’être lancée sera réalisée sur un terrain de 20 Ha, dans un délai de 12 mois, avec un budget total estimé à 287,5 Millions de DHS. Ce projet consistera notamment en la construction de quatre entrepôts (5.000 m2 chacun), de deux abris pour matériel hors gabarit (2.500 m2 chacun), d’un héliport et de parkings.

Cette plateforme régionale fait partie d’un programme global, présenté à cette occasion au Souverain, et qui prévoit la réalisation de douze plateformes sur les 12 régions du Maroc pour un investissement global de l’ordre de 7 Milliards de DHS, dont 2 Milliards de DHS pour la construction et 5 Milliards de DHS pour l’acquisition des produits et équipements.

Mobilisant un foncier total estimé à 240 Ha, ces plateformes devront abriter 36 entrepôts répartis en fonction de la densité démographique de chaque région et des risques encourus. Ainsi, pour les six régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Souss-Massa, les plateformes seront constituées de quatre entrepôts, d’une superficie totale de 20.000 m2 chacune. Les plateformes des six autres régions, à savoir l’Oriental, Béni Mellal-Khénifra, Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed Dahab, seront constituées de deux entrepôts d’une superficie totale de 10.000 m2 chacune.

Les produits et équipements qui y seront stockés visent à assurer, en cas de catastrophe, une riposte rapide au profit des populations sinistrées et une couverture diligente et raisonnable des besoins en termes de sauvetage, d’aide et de prise en charge conformément à la Vision proactive du Souverain Marocain.

A ce titre, ces produits et équipements, destinés au déploiement immédiat après la survenance éventuelle d’une catastrophe naturelle, couvrent les principales catégories suivantes :

¨ L’hébergement par la mise à disposition de 200.000 tentes polyvalentes et d’équipements associés (lits de camps, matelas, couvertures, …)

¨ La restauration des populations sinistrées grâce à des boulangeries et des cuisines mobiles, ainsi que des kits alimentaires pour les besoins des familles sinistrées

¨ La couverture des besoins des populations sinistrées en eau potable et en électricité par la mise à disposition d’équipements de purification et de potabilisation de l’eau et de production d’énergie électrique par des générateurs remorquables

¨ Le développement des capacités de sauvetage et d’intervention en cas de sinistre. Il s’agit en particulier de constituer des stocks d’équipements de lutte contre les inondations, de sauvetage en cas de séismes, de glissements de terrain et de coulées de boues et de lutte contre les risques chimiques, industriels ou radiologiques.

¨ La prise en charge sanitaire des populations sinistrées à travers la mise en réserve, durant une première phase, de 6 hôpitaux de campagne de 50 lits chacun, et de six autres durant une seconde phase, comprenant des modules opératoires d’urgence et des modules de prestations médicales de diverses spécialités. Cette infrastructure hospitalière mobile sera complétée par l’installation sur les sites sinistrés de postes médicaux avancés pour le tri et les premiers soins. Il s’agira également, dans ce cadre, de la mise à disposition de réserves en médicaments pour les besoins immédiats des personnes sinistrées.

En outre, le stockage des produits alimentaires et des médicaments sera géré par des équipes spécialisées et soumis à des règles très strictes, répondant aux normes et standards en la matière. La mise en place de ces plateformes participera au développement des infrastructures nationales d’urgences, à l’amélioration du dispositif global d’intervention en cas de crises, à assurer une plus grande diligence dans l’acheminement des secours et des aides aux sinistrés et à renforcer la résilience du Maroc face à différents types de crises.

Le programme global relatif à la mise en place des plateformes régionales de réserves de première nécessité permettra également de disposer de réserves stratégiques permettant de répondre à l’équivalent de trois fois les besoins satisfaits suite au séisme d’Al Haouz, outre le développement d’un écosystème national de production d’équipements et de matériels nécessaires au déploiement immédiat des opérations de secours en cas de catastrophes.

Ces plateformes régionales, dont les sites d’implantation ont été sélectionnés selon des critères de sécurité, ont été conçues sur la base d’une analyse approfondie des besoins de chaque région du Royaume au regard des risques encourus, appuyée d’une étude des meilleures pratiques et standards internationaux.

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Le Maroc dans le club des pays à développement humain élevé

by Mustapha Maghriti 9 mai 2025
written by Mustapha Maghriti

C’est ce Mardi dernier 6 Mai 2025 que les auteurs du  Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD ont présenté, dans la ville verticale -New York-, le Rapport Global 2025 sur le Développement Humain sous la thématique « Une question de choix : Les personnes et les possibilités à l’ère de l’intelligence artificielle ». Pour le Maroc, cette parution marque une saillie manifeste. Notre patrie, qui maintient son 120éme rang dans le palmarès mondial pour la deuxième année consécutive, outrepassant néanmoins un palier emblématique où l’Indice de Développement Humain IDH dépasse le seuil de 0,700, considérée comme une première dans les rapports du PNUD en faveur du Maroc. Cette prouesse reflète des percées significatives dans les dimensions fondamentales du développement humain qui sont la santé, l’éducation et le niveau de vie.

Rejoignant ainsi le club des pays à développement humain élevé n’est pas casuel, mais sciemment le fruit de politiques publiques cheminées dans le temps et dans l’espace. En effet, sous le règne du Souverain Marocain entre 1999 et 2025, notre patrie a suivi un sentier éminemment haussier, transmuant incessamment ses structures politiques, sociales et économiques. Ce parachèvement n’a-t-il pas été reconnu dès 2010, lorsque le PNUD avait placé le Royaume parmi les dix pays ayant enregistré la plus forte hausse de leur IDH depuis 1970 ?

Ce level se matérialise par les abonnissements irrécusables pour la population, en singulier l’espérance de vie à la naissance qui a connu un bond sensationnel, avec un gain de 10,5 années entre 1990 et 2023 qui reflète l’efficience des politiques de santé publique et l’amélioration de l’accès aux soins dans l’ensemble du Maroc.

En sus, sur le volet éducatif, les résultats sont tout aussi attrayants où les années moyennes de scolarité ont progressé de 3,4 années sur une période de 35 années. Aussi, les années de scolarité attendues connaissent également une évolution positive, renforçant les perspectives d’avenir pour les nouvelles générations des Marocains.

En outre, Cette évolution est le fruit de politiques publiques orientées vers le renforcement et la promotion du capital humain, condition inéluctable à une croissance inclusive et durable où les tendances de l’IDH du Maroc illustrent cette progression, mettant en évidence la consolidation des efforts de développement humain engagés par le Royaume sous la conduite éclairée du Souverain Marocain.

L’intégration du Maroc dans le club des pays à développement humain élevé reflète une approche holistique du développement, transcendant la simple considération des performances économiques : Le Rapport Global 2025 sur le Développement Humain positionne le Royaume parmi les pays à faible incidence de pauvreté multidimensionnelle, témoignant d’une amélioration générale des conditions de vie pour une large part de la population. Cette approche multidimensionnelle du développement humain permet de mieux appréhender les véritables avancées sociales.

Sur le plan régional, le Maroc s’inscrit désormais dans la moyenne de la région Arabe, tout en poursuivant sa dynamique de progression. Cette consécration contraste avec le fléchissement global observé à l’échelle mondiale. En effet, le rapport du PNUD mentionne une décélération du progrès en matière de développement humain au niveau mondial dû aux tensions commerciales croissantes, à l’aggravation de la crise de la dette et à l’essor d’une industrie qui ne crée pas d’emplois qui sont autant de problèmes qui parasitent le développement des pays dont l’IDH est actuellement le plus faible avec des marques des revers durant la pandémie du Covid19.

Sous cet angle, Achim Steiner, Administrateur du PNUD, a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dans le Rapport Global 2025 sur le Développement Humain où « Pendant des décennies, nous avons été sur la bonne voie pour atteindre un niveau de développement humain très élevé à l’horizon 2030, mais ce ralentissement fait peser une menace bien réelle sur le progrès mondial. » Dans ce contexte international taciturne, la bravoure Marocaine n’apparaît-elle pas d’autant plus prestigieuse ?

Toutefois, si le Maroc a réalisé un tel exploit, des pays du même niveau de développement font mieux que nous, à l’instar de notre limitrophe l’Algérie qui se classe au 96éme rang,  ou l’Egypte (100éme rang),  ou notre rival la Tunisie qui se classe au 105éme rang, le Gabon (108éme rang), le Botswana (111éme rang) ou la Libye en pleine reconstruction qui se range au 115éme place. C’est sous cette optique que les Rapporteurs du PNUD 2025 avertissent que si le Maroc a franchi la barre de 0,700, ils mettent en lumière les défis qui subsistent : L’Indice d’inégalité de genre (qui mesure les inégalités de genre dans trois dimensions clés : la santé reproductive, l’autonomisation et le marché du travail) montre certes un trend à la baisse, ce qui indique une amélioration progressive en matière de parité des sexes. Nonobstant cette évolution, les auteurs du PNUD estiment que les efforts du Maroc doivent se focaliser sur la réduction des taux de mortalité maternelle, l’augmentation de la représentation des femmes dans les instances décisionnelles et l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché de l’emploi à même d’assurer une dynamique économique et sociale inclusive et durable.

9 mai 2025 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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