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Mustapha Maghriti
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Les relations économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique : Un Potentiel qui doit être optimisé

by Mustapha Maghriti 12 février 2017
written by Mustapha Maghriti

L’analyse des relations économiques internationales, en singulier entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne décèle un volume d’échanges graduels, réverbérerant une dynamique économique continuelle. Preuve en est, depuis 2009, les échanges commerciaux entre le Royaume et l’Afrique Subsaharienne connaissent un élan haussier enregistrant une croissance annuelle de 12,8% entre 2000 et 2015. Cependant, la teneur de l’Afrique subsaharienne dans le commerce extérieur du Maroc demeure molle comparativement avec notre partenaire classique l’Union Européenne (56,7%) ou la région MENA (15,3%) contre uniquement 3,4% avec l’Afrique subsaharienne. Un pourcentage infime qui montre paradoxalement le potentiel économique à exploiter avec l’Afrique. Cette impotence est imputable, entre autres, à la caducité des infrastructures des marchés financiers africains, du non application des protocoles commerciaux et de la quasi absence des lignes directes de transport terrestre ou maritime. 
En sus, le Maroc a conclu de nombreux accords avec les pays d’Afrique Subsaharienne, qui se concrétisent par des conventions tarifaires et commerciales, ou d’accords multilatéraux. Toutefois, la plupart de ces accords ne sont pas encore entrés en vigueur ou ratifiés. A titre illustratif, on peut énumérer les conventions multilatérales telles le projet d’accord de commerce et d’investissement avec l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) paraphé en 2008. D’autres conventions sont encore en cours de négociation telle la mise en place progressive de zones de libre-échange avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC). Derrière ces retards se dessine des gisements commerciaux importants qui devraient être débroussaillés avec l’Afrique subsaharienne et au commerce intra-africain à grande échelle. Le marché de la CEDEAO demeure un débouché méga-important qui compte plus de 300 millions de consommateurs, soit environ 9 fois la population marocaine, un marché composé pour la plupart d’une classe moyenne qui peut tirer la consommation intérieure de ces pays surtout que les dépenses de consommation sur le continent ont crû plus rapidement que le PIB africain selon les estimations du FMI. 

En outre, en vertu des rapports du commerce extérieur de l’Office des Changes, les relations commerciales entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne dénotent une asymétrie commerciale étant donné que les échanges commerciaux bénéficient davantage au Royaume qui peut être illustré par la balance commerciale, avec le continent noir, qui est devenue excédentaire depuis 2008. Le solde commercial a atteint 992,3 millions de dollars en 2015, soit 1% du PIB, après avoir enregistré des montants de 1 091,5 et 981,5 millions de dollars en 2014 et 2013 respectivement. Par ailleurs, alors que les exportations du Maroc vers l’Afrique subsaharienne connaissent une tendance haussière depuis 2009, les importations ont quant à elles suivi un trend baissier entre 2012 et 2014, pour rejaillir en 2015, enregistrant un taux de croissance de 70%. Une telle balance déficitaire ne peut que montrer les potentialités économiques et commerciales qui restent à optimiser encore une fois de plus avec les pays de l’Afrique notamment subsaharien. 
De surcroît, l’analyse des échanges internationaux entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne montre qu’elles demeurent polarisées sur un nombre restreint de pays à l’instar de la Côte d’Ivoire, le Sénégal et avec une tendance plus prononcée vers l’Ethiopie constitués essentiellement d’engrais minéraux ou chimiques. La concentration commerciale entre le Maroc avec ces seuls pays montre les minerais économiques et commerciaux qui restent encore en friche et doivent être explorés. A titre d’exemple, le Maroc et la Côte d’Ivoire, ainsi que le Sénégal et/ou avec d’autres partenaires subsahariens ne devraient-ils pas intensifier leurs échanges en établissant à titre indicatif des accords commerciaux préférentiels ? Aussi, l’offre exportable du Maroc envers l’Ethiopie peut être davantage consolidée via des mécanismes appropriés et un meilleur ciblage des branches et secteurs que recèle ce pays, tout en maximisant sa complémentarité commerciale afin de mieux subvenir à la demande d’importations issue d’autres débouchés subsahariens. 

Le Maroc Export pourra mettre ses moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion et d’encouragement de l’offre exportable, encourager la coopération entre opérateurs économiques marocains et leurs homologues Africains et améliorer la compétitivité marketing des sociétés exportatrices marocaines vers les marchés subsaharienne. Dans cette institution, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises africains. Aussi, sur ces marchés africains, le Maroc ne pourra-t-il pas répondre à la première angoissse du continent celle de la sécurité alimentaire ? Le Maroc ne pourra-t-il proposer une expertise mais aussi une place de leader sur le marché des fertilisants ? 
En somme, Il est indéniable qu’il existe d’énormes potentialités en termes de commerce extérieur qui méritent d’être explorées et développées entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne. A ce titre, il devient urgent d’adopter une approche plus offensive à l’égard de ces partenariats à travers le renforcement du cadre réglementaire et les accords régissant les relations commerciales entre les deux parties. Celles-ci devraient donc œuvrer conjointement pour l’accélération de la mise en pratique des accords de libre-échange avec l’UEMOA, la CEDEAO et la CEMAC d’une part, et l’instauration d’instances chargées de faire le suivi des protocoles et accords commerciaux d’autre part. Ces marchés de proximité constitue une opportunité énorme, d’autant plus que le Maroc souhaiterait se positionner en tant que plate-forme commerciale, de production et d’investissement au carrefour des espaces africain, atlantique, européen, méditerranéen et arabe. 

Reconnaissant le, le coût de transport vers l’Afrique subsaharienne constitue une pierre d’achoppement à la fluidification des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires Africains et ce dépit de la signature des accords de libre-échange. Dès lors, il devient urgent de renforcer le côté infrastructurel et de connexions économiques et commerciaux et ce dans l’ambition de libérer le potentiel commercial entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. De même, cet obstacle peut être atténuer par une diversification de l’offre exportable Marocaine vers d’autres débouchés de l’Afrique de l’est, une région dynamique, et vers les pays anglophones comme le Nigéria, le Ghana ou l’Afrique australe en Zambie où le Souverain Marocain reprend son périple Africain à partir de ce Lundi 13 Février 2017. 
Le terrain des relations, économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique reste en friche, le Roi Mohammed VI a balisé et défriché majestueusement et laborieusement le terrain à travers ses visites aux pays africains, 46 au total dans 25 pays et c’est aux entreprises privées de prendre le flambeau pour la course à la compétition africaine et ce, et sans prétendre à l’exhaustivité, à travers la diplomatie économique, la volonté des opérateurs économiques marocains, les caravanes de Maroc export, des missions B toB organisées par les banques ou des groupements professionnels pour donner une nouvelle impulsion aux relations économiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. 

Une telle compétition ne peut qu’impulser l’investissement intérieur, créer des emplois, nourrir les capacités productives et optimiser le potentiel africain dans le but de favoriser l’intégration régionale africaine avec le reste du monde. Cet ancrage du Maroc à l’économie africaine et l’arrimage de celle-ci à l’économie mondiale ne devrait-il pas servir en tant que voie d’émergence économique mutuelle, à même de garantir une synergie entre les partenaires et propulser l’économie marocaine et Africaine vers un nouveau sentier de croissance et de dynamique économique mondiale ? 

12 février 2017 0 comment
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L’argent ne dort jamais ou l’économie internationale entre dynamique des Fusions & Acquisitions et statique de la croissance

by Mustapha Maghriti 5 février 2017
written by Mustapha Maghriti

L’argent ne dort jamais, le titre semble riper l’imaginaire des passionnés du cinéma vers le film culte « Wall Street: Money Never Sleeps » d’Oliver Stone incarné magistralement par le trio Michael Douglas, Shia LaBeouf et Josh Brolin. Il n’en est rien, il s’agit de la grande opération jamais réalisée en bourse aux USA par les gourous de la finance. En effet, au moment où le monde disserte de l’anémie de la croissance économique et de l’entretoise de la globalisation économique, les dynamiques de fusions acquisitions Internationales ne cessent de foisonner et les concentrations économiques n’ont jamais été aussi importantes. Pièce à conviction en est, le 22 octobre 2016, les deux grands géants AT&T et le groupe de médias Time Warner annoncèrent leur fusion cyclopéenne, soit la plus grosse alliance que le monde des affaires économiques internationales ait connu cette année écoulée, tous secteurs confondus avec la somme de 85,4 milliards de dollars
Au niveau mondial et en vertu du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement CNUCED, les fusions-acquisitions internationales ont connu une hausse importante et se sont chiffrées à 721 milliards de dollars, contre 432 milliards de dollars en 2014. Ce montant record est derrière les flux mondiaux d’investissement étranger direct (IED) qui ont bondi de 38 % pour atteindre 1 760 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis la crise économique et financière mondiale de 2008-2009. 

A titre illustratif, le grand opérateur des télécoms a pris le contrôle, entre autres, des chaînes de télé HBO, CNN et des studios de cinéma Warner Bros à qui on doit un grand nombre de célébrité planétaires dont Harry Potter, Spotlight ou les Affranchis. 
Cette fusion trouve sa justification dans la volonté stratégique des grands opérateurs télécoms de s’allier avec des créateurs de contenu pour alimenter leurs réseaux.
Faut-il signaler que cette tendance ne se cantonne pas au seul créneau de de la communication et des médias: On la retrouve dans d’autres niches économiques dont l’industrie automobile, l’industrie pharmaceutique, ou l’industrie agroalimentaire. Cette dynamique nourrit une course au gigantisme et à l’acromégalie en dépit d’un climat tumultueux de la croissance économique.
Plusieurs mobiles expliquent ce mouvement de fusion & acquisition au sein de l’économie globale : 
-Le premier est d’ordre économique et constitue une rétorsion rationnelle des grands groupes économiques et financiers à la faible croissance via un accroissement de leurs parts de m

arché, 
-Le second est d’ordre technologique et explique également ces rapprochements avec de grands groupes traditionnels qui prennent le contrôle des start-up dans les nouvelles technologies, 
-Le troisième est d’ordre politique derrière cette course aux fusions de la part des géants mondiaux qui s’inquiètent de l’insatiabilité des mastodontes financiers chinois qui arrivent sur les grands marchés avec une force de frappe financière sans égal et parviennent à prendre le contrôle de quelques fleurons de l’industrie européenne ou américaine,
-Le quatrième est d’ordre fiscal : Les fusions-acquisitions internationales enregistrées, en 2015 sont imputables à des reconfigurations d’entreprises, notamment à des transferts de domiciliation fiscale. Ce phénomène a été singulièrement manifeste aux États-Unis et en Europe, où plusieurs entreprises multinationales ont conclu des mégatransactions pour transférer leur domicile fiscal dans des pays où l’impôt sur les sociétés est plus faible et où les bénéfices mondiaux ne sont pas imposés.
Cette omnium au gigantisme distille et secrète une véritable rivalité sur un marché relativement limité provoquant une surenchère sans précédent sur les débouchés économiques et financiers. Ainsi, les sommes déboursées par les grands groupes sont estimées entre 20 et 40% supérieures à la valorisation des entreprises achetées. 
En sus, dans moult cas, les fondamentaux ne sont guère respectés et les retours sur investissements restent visiblement en deça des moyennes exigées pour ce type d’investissement.il s’agit tout compte fait d’une concentration économique de nature particulière qui s’inscrit dans une stratégie défensive dont le dessein est de faire face à une croissance des débouchés et ce à travers une augmentation des parts des marchés.
Faut-il souligner que le souci financier est loin d’être la première préoccupation dans cette course au gigantisme mais il s’agit plutôt de cimenter et resserrer les positions et les parts de marché des grands groupes traditionnels, particulièrement dans un contexte jalonné par l’appétit des groupes asiatiques et surtout chinois.

Cette stratégie de fusions & acquisition est d’autant plus fluidifiée et lubrifiée par des mécanismes et des des conditions de financement laxistes. En effet, le rush d’acquisition des années 2000 a été financée par les fonds de private equipty et les LBO qui répondent bien à un modèle de financement très particulier où l’exigence d’un très bon retour sur investissement est essentielle. Or, cette nouvelle vague bénéficie des politiques monétaires expansionnistes et des taux d’intérêt bas qui prévalaient dans la plupart des pays développés permettant par là aux grands groupes de franchir le rubicon et d’opérer leurs investissements en escomptant que l’effet taille contribue à l’amélioration de la rentabilité de ces investissements.
Tout compte fait, en dépit d’un contexte économique fébrile et d’une croissance atone, les grands groupes continuent à foisonner et font de la course au gigantisme le moyen de renflouer leur rentabilité et de préserver leurs parts de marché. Toutefois, cette effervescence et cette forte concentration du pouvoir économique motionne au plus haut point les responsables politiques. Les dirigeants Américains n’ont-ils pas appelé les régulateurs à observer attentivement ces évolutions et à mettre les réglementations nécessaires à même d’éviter la formation de monopoles qui seront à l’origine de dysfonctionnements de marché qui peuvent avoir des effets pervers sur les consommateurs ?

Ainsi, au moment où la croissance est morose, les inégalités à leur apogée suscitant lassitude et désespoir, les malabars économiques et financiers continuent leur quête d’expansion. De telles attitudes n’appellent-ils pas les pouvoirs démocratiques à une plus grande vigilance afin que la liberté économique ne détruise pas les deux autres piliers des sociétés démocratiques : la justice et l’équité ?

5 février 2017 0 comment
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Quelles apostrophes sur le comeback du Maroc à l’Union Africaine ?

by Mustapha Maghriti 30 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Quelle ironie du sort!! on a perdu la Coupe Africaine et le lendemain on a gagné l’Union Africaine. En effet, c’était ce Lundi 30 Janvier 2017 enfin de journée à Addis Abeba, lors du 28éme sommet de l’Union Africaine et avec une majorité écrasante qu’a été prononcé l’admission du Maroc comme Etat membre. Après plus de 32 ans de vacances de poste et au regard de ce regain historique, plusieurs apostrophes nous interpellent des éventuels corollaires économiques sur le tissu économique Africain.
Une précision est à souligner en guise de prologue : Si, en 1984, le Royaume s’est retiré d’une organisation censée de par le nom qu’elle portait développer l’Union Africaine, il n’a jamais tourné le dos au continent ; on ne peut aller à contre-courant de considérations tenant d’une logique géographique mais aussi et surtout historique et culturelle. 
Sur ce registre, feu Hassan II ne se plaisait-il pas à répéter la célèbre métaphore que « Le Maroc est un arbre qui plonge ses racines en Afrique ». Aussi, son successeur le Souverain Mohammed VI n’a-t-il pas préludé, le 24 février 2014, le discours d’ouverture du Forum économique d’Abidjan que « la crédibilité veut que les richesses de notre continent bénéficient, en premier lieu, aux peuples africains. Cela suppose que la coopération Sud-Sud soit au cœur de leurs partenariats économiques (…) accompagnés par une action crédible et un engagement constant». 
Une première apostrophe qui nous interpelle, le regain du Maroc à l’instance africaine ne permettra-t-il pas au Royaume d’élargir ses relations économiques avec d’autres pays Africains et ce en durcissant sa présence, cette fois ci, tant sur le plan institutionnel que sur le plan des instances Africaines ?

Une seconde interpellation nous apostrophe, le retour du Maroc à l’Union Africaine ne s’inscrit-il pas dans le cadre de la présence du Maroc dans la trajectoire africaine à travers les périples perpétuels du Souverain Marocain dans moult pays africains lithographiés, entre autres, par un accueil des plus chaleureux réservé à au Souverain, aussi bien au plan officiel que populaire ? Des tournées qui se sont concrétisés, sur le plan économique, par des investissements Marocains d’envergure dans les différentes sphères économiques africains ce qui atteste que le Maroc, malgré son retrait de l’OUA depuis plus de 32 chandelles, a perpétué sa stratégie d’ouverture sur le continent Africain en devenant le deuxième investisseur africain après l’Afrique du Sud et en jouant un rôle crucial dans les enjeux climatiques, migratoires et sécuritaires.
Une troisième interrogation nous hèle, la reprise des relations du Maroc avec l’Union Africaine n’est-il pas un corollaire et un pendant logique de la fortification des connexités économiques entre Rabat et les autres pays du continent noir ? Avec un tel retour au sein de la famille Africaine, le temps économique rattrapera le temps politique à travers le raffermissement de la présence politique au sein de l’Union Africaine.

Une quatrième interpellation nous appelle: La réactivation des relations de Rabat à l’Union Africaine ne va-t-elle pas permettre au Maroc d’exporter les compétences Marocains en apportant assistance technique et managérial aux pays Africains dans plusieurs domaines notamment dans les infrastructures, les télécommunications et les énergies renouvelables ?
Aussi, le Maroc pourra miser et parier sur les ressources naturelles et minières que recèlent les pays Africains à travers des expériences de la présence des investissements des Firmes Marocaines dans tels créneaux.
Une cinquième apostrophe se pose : L’omniprésence du Maroc dans les marchés africains n’aura-t-elle pas des répercussions sur le plan des recettes d’exportation et de devises ? Ne permettra-t-elle pas de renforcer la coopération Sud/Sud pour ne pas se scléroser et se lapidifier à la logique unilatérale avec les débouchés classiques ?

La sixième interrogation qui nous questionne : La réviviscence des liens du Maroc avec l’Union Africaine ne permettra-t-elle pas au Maroc, d’outrepasser le cadre bilatéral avec des pays comme le Mali, le Gabon ou le Côte d’Ivoire pour institutionnaliser des relations économiques internationales avec des pays africains dans le cadre d’accords multilatéraux ?
En guise d’épilogue, on ne peut que congratuler notre diplomatie économique et politique sous l’impulsion du Madiba Marocain, le Roi Mohammed VI en l’occurrence, pour cet acquis historique et qui aura des effets vertueux économiques sur le tissu économique africain d’abord puis avec l’instance politique qui rattrapera l’instance économique où le Maroc pourra jouer pleinement son rôle au sein de cette instance africaine, et arc-bouter mieux de l’intérieur la question du Sahara. 

30 janvier 2017 0 comment
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La croissance économique au Maroc 2017 entre le mythe de l’inclusion et la réalité de l’exclusion

by Mustapha Maghriti 29 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

C’était le Lundi 15 Janvier 2017, la publication de la 47ème édition du Forum économique mondial de Davos sur la compétitivité mondiale et le développement inclusif. Faut-il, en prélude, souligner que bien qu’il n’existe pas de définition universellement acceptée de la croissance inclusive, il n’en reste pas moins que celle-ci ne se cantonne pas au seul niveau de la croissance économique. Bien au contraire, la croissance inclusive accorde une attention singulière à la qualité de la croissance, sa durabilité et sa capacité à profiter à de larges couches de la population.
Qu’en est- il de l’économie Marocaine en matière du développement inclusif ?
En se basant sur une pondération qui s’étaie sur trois piliers, à savoir la croissance et le développement, la participation de la main-d’œuvre et la productivité et l’espérance de vie, sur un panel de 78 pays, le Maroc a été classé à la 45ème place derrière la Tunisie 44 éme et avant la Jordanie 54 éme, l’Egypte 55 éme place. 
Selon le document Suisse, le Maroc occupe la 64ème place en matière de croissance et de développement et la 25ème en équité intergénérationnelle. Le rapport a dénoté, par ailleurs, que notre pays se positionne à la 27ème place sur 34 en matière d’éducation et des compétences avec un score de 3.53, 26ème sur 37 en terme d’emploi avec un score de 3.89 et 23ème sur 37 dans le domaine de l’intermédiation financière et des investissements économiques réels et la 35ème dans le domaine de l’inclusion. 
Difficile avec un tel classement prétendre être candidat au peleton des rangs des pays à économie inclusive. Dans ce contexte et dans la configuration des métamorphoses qui traversent la planète et notre région en particulier, le défi pour le Maroc est non seulement de foisonner les opportunités de création de richesse et d’emplois, mais d’en assurer le bénéfice aux plus larges couches de la population.Le Forum a épanché, par ailleurs, que notre pays se positionne à la 27ème place sur 34 en matière d’éducation. Ce classement du Maroc atteste de la quadrature du cercle du développement humain au Maroc .

Le dernier rapport des Nations Unies sur le Développement Humain PNUD a positionné notre pays au même rang, ceci est d’autant plus pertinent que ledit rapport a été établi sur la base des statistiques officielles conceptualisées par des institutions nationales quoiqu’il est difficile de se prononcer sur les rapports et études internationaux, car nombreuses sont les questions que suscitent des polémiques au niveau de la méthodologie, des critères et des définitions ainsi que de l’interprétation des chiffres. Pourtant, les résultats de l’étude du Forum Economique Mondial de Davos demeurent analogues à ceux révélés par nombre de rapports nationaux et internationaux. 
La croissance économique enregistrée ne se reflète pas en termes de développement humain et matériel. L’augmentation des volumes des échanges et des investissements étrangers plus importants au cours de la dernière décennie n’ont pas bénéficié du fléchissement de la pauvreté et du chômage et de la précarité ; Les progrès réalisés en termes de performance macroéconomique sont compromis par un manque d’inclusion dans le modèle de croissance. Les populations rurales restent embobinées dans la pauvreté, la précarité et la déréliction, et dans les villes, la fracture urbaine croissante laisse de nombreux citadins exclus des avantages de la modernisation et de la vie en ville, sans emplois et sans revenus. Non seulement la croissance n’a pas réussi à procréer des dividendes en termes de développement humain, mais il a pu contribuer à l’ exaspération des disparités extrêmes de la qualité de vie et des inégalités stupéfiantes qui empêchent moult Marocain de réaliser leur potentiel. En d’autres termes, en dépit de la croissance enregistrée et des progrès réalisés dans les domaines de la santé et de la lutte contre la pauvreté, le modèle de développement marocain reste accolé aux limites de ses capacités inclusives, notamment en termes de création d’emplois décents et de réduction des inégalités sociales, spatiales et de genre.

A cet égard, moult rapports du Haut Commissariat au Plan HCP relatifs aux inégalités et disparités sociales et économiques corroborent et montrent que malgré les avancées notables du taux de croissance économique, le Maroc reste encore loin de la mise en œuvre d’une véritable économie inclusive. 
Sur ce sillage et dans le discours Royal du trône à l’occasion du 15 ans de règne, le Souverain Marocain ne s’est-il pas interrogé de manière chevaleresque et magnanime en posant des apostrophes sur la schizophrénie et de la dualité du modèle économique marocain ? Le Roi Mohammed VI n’a-t-il pas reconnu que la richesse économique de la Nation ne profite pas à tous les citoyens ? Les tournées royales, les manifestations de pauvreté corroborent, aux yeux du Roi Mohammed VI, l’ampleur des distorsions et disproportions sociales entre les 35 millions de Marocains.
Les 15 ans de dynastie constituèrent, pour le Souverain Marocain, une heure de vérité pour mettre les pleins phares sur la géographie et la cartographie de la richesse marocaine. Une richesse mal répartie a déploré le King Marocain. Le Roi l’appréhenda bien : les comptes sociaux nationaux ne donnent qu’une image réductrice et tronquée en cas d’évaluation pour la construction d’une stratégie économique nationale. Pour en apprécier toute la richesse, il est incontournable de savoir analyser son capital immatériel à même d’affiner la fibre sociale, d’uniformiser géographiquement et sectoriellement le développement du Maroc.
C’est la raison pour laquelle, la conception des politiques publiques ne devrait plus prendre en compte uniquement la croissance stricto-sensu, mais s’intéresser également aux concepts de bien-être et d’inclusivité.

Le Maroc a désespérément besoin d’une autre voie de croissance pour relever les challenges à la fois d’inclusion et de durabilité. Pour atteindre une croissance inclusive, les dirigeants et les décideurs doivent mettre en place des politiques et des institutions, soutenues par la bonne gouvernance, garantissant que les résultats élevés de croissance économique aboutissent à un plus large accès aux opportunités socio-économiques durables pour un plus grand nombre de personnes, en protégeant les groupes les plus vulnérables de la société Marocaine.Un engagement à émousser les inégalités est un Must et il faudrait trouver les moyens de s’attaquer aux disparités sociales liées à la richesse, au sexe et au clivage rural-urbain ainsi que de faciliter la mobilité économique et sociale en fonction de la croissance. L’Initiative Nationale de Développement Humain INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrice de revenus, mais ne peut, à notre sens, être un succédané à une véritable politique de croissance endogène et des revenus. L’INDH ne saurait être une panacée pour cicatriser la pauvreté. Elle ne peut être qu’une pièce du puzzle du vaste champ de réformes à même d’assurer la croissance et le recul de la pauvreté. Le capitalisme dans lequel s’est engagé le Maroc, en tant que dynamique économique, est d’abord un processus d’extension du marché et du rapport salarial. Mais la dialectique de ces deux rapports, une fois engagée, enfante de façon endogène ses propres limites. La subtile question qui se pose au-delà de l’INDH : Comment assurer un maillage et une articulation cimentée de la dynamique du capitalisme avec celui de la société et les forces productives au Maroc ?

Le développement économique et social inclusif du Maroc doit passer inlassablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance. À ce titre, pour Amartya Sen, (prix Nobel d’économie en 1998) « le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique et pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active » ceci nous incite à déterrer une citation de Nelson Mandela : « La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité ».

29 janvier 2017 0 comment
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Quels challenges de l’économie Marocaine en 2017 ?

by Mustapha Maghriti 23 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Nous sommes déjà à l’orée du Mois de Janvier 2017, quel bilan de l’année 2016 peut-on faire de la situation économique, financière et sociale de l’économie Marocaine ? 
L’année 2016 a été économiquement acariâtre et tumultueuse. La croissance économique est restée atone gravitant dans l’orbite du chiffre rachitique de 1,1% en 2016 contre 4,5% en 2015. L’ investissement était flemmard et en net ralentissement depuis 2010 selon les dires même du patron du Haut commissariat au plan HCP. Aussi, cette année a été jalonnée surtout par la montée de grandes distorsions macroéconomiques qui sont à l’origine d’une augmentation de l’endettement et du déficit commercial. 
En effet, en tenant compte de la dette intérieure garantie, qui s’est établie à 21,2 Milliards de DH, la dette publique du Maroc caracole à quelque 828,3 Milliards de DH, soit environ 81,8% du PIB pour 2016, après 59,4% en 2010 marquant un accroissement de plus de 22 points du pourcentage du PIB.
Concernant le poste des échanges commerciaux, le déficit de la balance commerciale renoua avec la hausse, puisque, selon les derniers chiffres de l’Office de Change, il s’est creusé de 25,3 Milliards de DH, s’établissant ainsi à 184 Milliards de DH avec une dégringolade du taux de couverture des importations par les exportations qui a chuté de 58,7% à 55%.

Nous affrontons ainsi une situation économique escarpée et à laquelle il faut trouver des répliques économiques rationnelles urgentes. Notre pays a entamé une transition politique majeure avec la nouvelle constitution de 2011 qui en fait un exemple dans le monde arabe connu sous le nom de l’exception Marocaine. Nous avons franchi des étapes importantes sur cette voie de démocratie. Toutefois, la transition économique est toujours en panne. Cette entretoise se situe à un double niveau : macroéconomique avec une forte vétusté des grands équilibres et structurelle avec la difficulté de passer à un nouveau mode de développement. Cet état économique explique la situation sociale épineuse marquée par un niveau de chômage assez élevé et des situations sociales difficiles, singulièrement dans les régions désenclavées. 
En outre, il convient de noter trois développements importants durant l’année 2016 :
– Le premier concerne l’adoption du nouveau plan d’investissement qui était en discussion depuis de longues années. Cette réforme, qui a été présidée par le Souverain Marocain le 4 Juillet 2016 au palais Royal de Casablanca, s’articule autour du recalibrage de la charte de l’investissement, la redéfinition de son contenu, l’adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement. 

Les textes d’application doit être finalisés pour préciser les conditions d’application. A ce niveau, il convient de souligner qu’il reste encore du travail à accomplir, notamment du point de vue institutionnel avec un foisonnement d’institutions de promotion de l’investissement dont l’action n’est toujours pas coordonnée, notamment avec l’Agence Marocaine de développement des investissements AMDI, Maroc-export et l’Office des Foires et Expositions de Casablanca O.F.E.C. A cet égard, le nouveau plan d’investissement vise la restructuration des organes de promotion de l’investissement à travers une agence unique qui fusionnera l’AMDI, l’OFEC et Maroc Export et qui mettront en commun leurs moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion des investissements et d’encouragement de l’offre exportable. Dans ces institutions, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises.
– L’autre nouvel événement qui a scruté l’année écoulée est la réussite de la grande Conférence de la COP22 qui s’est déroulée dans la cité ocre Marrakech. Cette conférence a montré la mobilisation de toute la communauté internationale en faveur de notre pays. Il s’agit d’ores et déjà de nous assurer de la concrétisation de ces promesses en de vrais projets d’investissement. A ces deux développements, il faut ajouter la nette stabilité du Maroc au regard des troubles et remous politiques que connait l’arène mondiale et régionale et qui devrait exhorter les investissements et permettre au secteur touristique de booster davantage ses activités. L’année 2016, somme toute, a été mitigée : D’un côté, des difficultés à faire redémarrer la machine économique et, de l’autre, des promesses importantes en notre faveur. C’est à nous de capitaliser ces promesses pour les concrétiser en projets porteur d’investissement, de croissance et d’emploi.

Qu’en est-t-il , dans cette chronique, des perspectives d’avenir pour l’année 2017 ? 
L’année 2017 doit être celle du redressement économique : Le tissu économique et social Marocain ne peut continuer avec une situation économique taciturne, une croissance économique cacochyme et un fort obscurcissement des grands équilibres économiques. L’investissement doit aussi sortir de l’attentisme. A notre avis, nous devons cibler la flèche autour de trois points de mire : 
-La première, essentielle et incontournable, est celle du rétablissement de nos comptes publics et de nos grands équilibres macroéconomiques. Ceci passe par une politique industrielle performante et une politique commerciale offensive qui permettra de renflouer le poste des recettes en devises pour désamorcer la crise de la dette et de réserves de changes surtout que le Maroc ambitionne de bifurquer vers un régime de change flottant.
-Le deuxième défi inéluctable concerne le retour de l’investissement et la sortie des investisseurs de leur finasserie. Cette reprise est fondamentale dans la mesure où elle relancera la croissance et l’emploi. C’est à l’Etat et aux investissements publics de rompre cet attentisme et de baliser le terrain en termes d’investissements productifs qui serviront de signaux aux acteurs économiques et d’accélérer la sortie du tunnel. A ce titre, il est à signaler que le Maroc entama l’année 2017 sans loi de finances ; L’Etat fonctionna sur la base des décrets de dépenses et de recettes pris au cours du Conseil de gouvernement du 15 décembre 2016. C’est dire que l’année commenca sous le signe de la continuité, dans une large mesure, avec la politique du gouvernement sortant en matière économique. A cet égard, un Budget Général de l’Etat BGE ne permet-il pas de porter un regard sur la pertinence des choix et arbitrages présentés par le gouvernement en matière budgétaire et fiscale à court terme. N’offre-t-il pas aussi et surtout un moment privilégié pour s’interroger sur la cohérence de ces choix avec la stratégie de développement suivie sur le moyen et le long termes ?

– Le troisième enjeu est d’ordre structurel et concerne le développement d’une véritable stratégie de développement industriel. Nous croyons qu’un angle d’attaque serait de structurer une nouvelle stratégie de transformation structurelle autour des secteurs porteurs qui se développent dans notre pays comme les composants automobiles, l’industrie aéronautique sans pour autant occulter les secteurs classiques, à l’instar de l’agroalimentaire ou le textile. A ce niveau, l’une des priorités est de connecter les pôles de prodcuction aux pôles de commercialisation et d’exportation et de permettre la mise en œuvre réussie des différentes stratégies sectorielles.
– Le quatrième challenge pour lequel nous devons œuvrer est un changement d’attitude de notre administration à l’égard du secteur privé. Il est impératif que la mécanique administrative se mette réellement au service du secteur privé et de son développement. Sur ce sujet, dans son discours du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les diverses entraves auxquelles butent les acteurs économiques nonobstant la création des centres régionaux d’investissement CRI et l’utilisation du guichet unique pour fluidifier les procédures et accélérer le processus décisionnel relatif à l’acte d’investir ? L’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s’il remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 

En substance, l’année 2017 doit être celle du redressement économique, et de faire du rétablissement des grands équilibres macroéconomiques, de la relance de l’investissement et de la croissance et de la transformation structurelle de notre économie ses grandes précellences. Nous pensons que notre pays a le potentiel de devenir un pôle d’émergence économique dans la région MENA comme beaucoup d’autres pays de petite taille comme Singapour. Pour cela, nous devons disposer d’une vision et d’un projet économique et social clair, capable de mobiliser et militariser les forces économiques et sociales de notre pays. 

23 janvier 2017 0 comment
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Le warning du FMI sur la dette mondiale

by Mustapha Maghriti 9 janvier 2017
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Ce Mercredi dernier du 4 janvier 2017, le rapport semestriel alarmiste du FMI (Fiscal Monitor) fait froid dans le dos : Huit ans après la détonation de la bulle immobilière qui avait enfanté la pire crise financière depuis la Grande Dépression du Jeudi Noir 1929, la dette n’a fait que continuer de s’enfler. En effet, la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale (dette mondiale) a doublé (à prix courants) atteint son apogée avec le montant record de 152.000 milliards de dollars, soit plus du double (2,25) de la richesse mondiale.
Ce phénomène a été facilité par les taux d’intérêts très bas, voire négatifs, imposés par plusieurs grandes banques centrales. Beaucoup de Gouvernements se sont en effet endettés à travers des programmes de relance via des politiques d’assouplissement monétaire des grandes banques centrales pour tenter de faire relancer les économies nationales atones. 
Ce flamboiement de l’endettement est principalement imputable au secteur privé, qui a profité à plein de l’ère de « l’argent pas cher » alimentée par les politiques monétaires ultra-accommodantes des grandes banques centrales. 
La plus grande partie de la dette est polarisée dans les pays nantis, mais la Chine demeure le pays qui le plus emprunté qu’auparavant sur les dernières années. En effet, la dette chinoise a quadruplé depuis 2007 : Alimentée par le secteur de l’immobilier et le shadow banking, la dette totale de la Chine a escaladé de 7.000 milliards de dollars en 2007 à 28.000 milliards de dollars à la mi-2014. A 282% du PIB, la part de la dette chinoise par rapport au PIB mondial, est plus importante que peut représenter celle des Etats-Unis ou de l’Allemagne. 

D’autres pays ont également vu leur dette publique foisonner et pâtissent eux aussi de la conjoncture économique tumultueuse, qui les empêche d’écourter ce fardeau, souligne le FMI. La dette du Japon devrait atteindre 250 % de son PIB, celle de la Grèce 183 % tandis que celle de la France devrait frôler les 100 %, selon les nouvelles pronostics du FMI.
En outre, même si les pays les plus pauvres sont relativement moins endettés, beaucoup ont eu tendance à augmenter fortement leur recours au crédit.
Au niveau de la répartition sectorielle, les deux tiers de cette dette émanent du secteur privé, mais la dette publique de moult pays s’est aussi beaucoup développée depuis la crise financière. 
Nous pensons, en guise de conclusion, que la dette mondiale se révèle aujourd’hui un lourd handicap pour de nombreuses entreprises et constitue un grand frein à la reprise mondiale et un risque pour la stabilité financière. Une telle dette n’est pas sans nous laisser poser 4 sortes de problèmes :
– Le premier problème est le remboursement d’une telle dette : Comment rembourser une dette qui est plus de deux fois plus importante que la richesse de l’économie mondiale ?
– Le deuxième problème est le remboursement, par les pays riches, d’une telle dette au regard d’une croissance économique anémique

– le troisième problème tient au remboursement de la dette par les pays du Sud : Pour rembourser leurs dettes, les pays du Sud doivent puiser fortement dans les réserves de change qu’ils ont accumulées au cours des dernières années en raison de la hausse des prix de leurs exportations. Ces réserves menacent de fondre à un rythme plus ou moins rapide (c’était notamment le cas de la République démocratique du Congo, de l’Equateur, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh, 
– Le quatrième problème est le remboursement d’une telle dette au regard du scénario fort probable d’une reprise de la hausse des taux d’intérêt. L’épargne présente dans le secteur bancaire, au lieu de servir à l’investissement productif, que ce soit sous la responsabilité des pouvoirs publics ou celle des acteurs privés, est systématiquement déviée vers un comportement parasitaire de rentier.

9 janvier 2017 0 comment
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Le rapport Forbes sur le Business international au Maroc : Quelle analyse critique ?

by Mustapha Maghriti 4 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Le magazine Américain Forbes vient de publier son dernier hit-parade du Business international à travers le monde. Faut-il signaler, en préambule, que l’étalonnage de Forbes porte sur 11 indicateurs qui sont : Droits de propriété, l’innovation, les taxes, la technologie, la corruption, la liberté (personnelle, commerciale et monétaire), la bureaucratie, la protection des investisseurs et la performance du marché boursier. 
Sur un échantillon de 137 économies, le Maroc enregistra une légère amélioration grimpant à la 51éme position, soit 11 places de mieux par rapport à l’édition 2015 où il se situa à la 62éme position et de 28 place de plus par rapport à l’année 2014 où il occupa la 79éme place.
La répartition géographique montre que dans la région MENA, le Maroc se positionne dans la deuxième place après les Emirates Arabes Unies et laisse derrière l’Egypte 103éme place et la Jordanie 71éme position.
Sur le plan maghrébin, le Royaume se situe devant la Tunisie (87ème) et l’Algérie (131ème).
Sur le plan Africain, il est le 2ème meilleur pays africain pour faire des affaires derrière l’Afrique du Sud (48ème).

L’amélioration de l’environnement des affaires économiques au Maroc selon les auteurs du rapport de Forbes est imputable à la proximité avec l’Europe et son faible coût du travail pour construire une économie diversifiée, ouverte et tournée vers une économie de marché.
A notre sens, l’attractivité ne peut être étayée sur ces deux critères évoqués ci-haut par Forbes pour deux raisons :
Primo, l’attractivité du Business international ne peut se figer au seul coût du travail car eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.
De surcroît, compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers et fertiliser le climat de l’investissement, revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et une attractivité greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux et attirent plus d’IDE que les pays moins développés à l’instar de l’économie Allemande, Irlandaise ou Suisse? Si cette course existe, cela revient à nous interpeller qu’elle est viable uniquement pour des biens bas de gamme et confiner sa compétitivité à celle des bas salaires sclérose notre tissu économique dans des activités à faible valeur ajoutée et à faible contenu technologique. 

Secundo, l’attractivité ne peut se baser sur la proximité avec l’Europe. En effet, selon une étude de la Banque Mondiale portant sur la logistique, cette proximité n’est pas réelle si l’on appréhende par le coût du transport puisqu’un conteneur entre le Havre et Hong Kong est moins cher qu’entre Casablanca et Marseille. Aussi selon la même étude, il faudrait 4 semaines minimum pour acheminer une marchandise du Maroc vers Rotterdam, alors qu’un conteneur de la Chine vers Rotterdam a besoin seulement de 3 semaines. De surcroît, plus de 20% de la Valeur Ajoutée des produits manufacturiers est engloutie dans des frais de logistique. A cet égard, la Chine ne parait-elle pas plus proche de l’Europe que du Maroc ? 
En sus, d’autres critères sont aussi cruciaux pour les décisions des acteurs économiques, mais hélas ne sont pas pris en compte par le magazine Américain :
Il s’agit de la justice qui compromet le climat des affaires au Maroc ; il nous semble que le décri de l’appareil judiciaire fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable entrave à l’exhortation à l’investissement ce qui explique le souci que porte le Roi Marocain Mohammed VI à ce dossier où lors de son discours, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, il a mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur face à l’administration. 

De plus, la corruption, non pris en compte par le rapport Américain, demeure une grande gangrène à l’entourage des affaires, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption 2016 de Transparency International qui cadenasse le Maroc dans la 88éme place sur un échantillon de 168 pays. A notre sens, Incertain dans une telle aura d’iniquité, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement fécond et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers.
En outre, avec une charge qui tourne, en moyenne, autour de 20 à 30 % du Revenu National Brut, le secteur informel exerce un impact pestilentiel sur le climat du Business au Maroc et sur la compétitivité des entreprises nationales et étrangères. 
Aussi, la faible qualité du capital humain désaltère le macrocosme de l’investissement du Royaume et dissuade les investisseurs à diriger les commandes de leurs capitaux vers le système productif Marocain : Les business-managers ciblent des territoires où la main d’œuvre est « méga-qualifiée ». Des investigations économétriques de l’économiste Américain Robert Lucas (prix Nobel d’économie 1995) ont corroboré le métissage que noue et renoue la qualification de la main d’œuvre avec l’attractivité des IDE et la fertilisation du climat de l’investissement.
Par-dessus le marché, l’atmosphère du business international reste tributaire d’une bonne jonction entre les politiques publiques et le milieu des affaires. En d’autres termes, rien n’est acquis, en matière du climat des affaires internationales, tant que la collaboration entre le Gouvernement et le Patronat n’est pas optimale et cohérente. De son côté, la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM) plaide pour des réformes approuvées, mais toujours renvoyées à la Saint-Glinglin. 

Le véritable calibrage du climat des affaires ne se confine pas au seul palmarès du journal Américain, la vraie évaluation de l’environnement de l’investissement ne se borne pas au seul hit-parade concocté par Forbes, l’attractivité du Business international se loge dans l’enterrement de la rente et l’érection des lois marché, dans les funérailles de l’ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l’investissement, dans l’élimination du favoritisme et l’inhumation de la corruption pour laisser voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence. 
Par ailleurs, le « stakhanovisme » du climat de l’investissement réside dans l’édification d’une administration Marocaine efficace, transparente et non corrompue. Toujours dans son discours du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain a énuméré les diverses entraves auxquelles butent l’investisseur où la moiteur des procédures et la longueur des délais de délivrance de certains documents administratifs sont parmi les griefs fréquents à l’égard des divers services que rend l’Administration aux acteurs économiques nonobstant la création des Centres régionaux CRI et l’utilisation du guichet unique pour simplifier les procédures et accélérer le processus décisionnel relatif à l’acte d’investir.

A ce sujet, le Souverain n’a-t-il appelé à en finir avec les restrictions et les contraintes qui se dressent devant les investisseurs et de s’en tenir à l’esprit des réformes au service de l’investissement générateur d’emplois et de richesses et de combattre les réflexes et comportements contreproductifs ? Car, dans la conception royale, l’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s’il remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 
In fine, l’attractivité des affaires internationales réside dans le développement endogène, les politiques de soutien à la demande locale, le développement du savoir-faire et dans l’échafaudage d’un tissu industriel dense et robuste. Tel sont, entre autres, quelques critères omis par les auteurs de Forbes et qui sont, à nos yeux, vitaux au Business international au Maroc.

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L’éradication de l’idéologie de la haine : Un prélude incontournable contre le terrorisme

by Mustapha Maghriti 26 décembre 2016
written by Mustapha Maghriti

Lundi 19 Décembre 2016, après l’assassinat ignoble de l’ambassadeur Russe en Turquie, je suis entré sur mon compte facebook pour consulter l’actualité et subitement j’ai été sidéré par le comportement fanatique et téméraire de moult internautes originaires de plusieurs pays arabes, y compris le Maroc, saluant l’assassinat de l’ambassadeur Russe. N’est-ce pas l’apogée de la haine et du terrorisme ? Aussi, le problème du terrorisme revient sur le devant de la scène après l’immonde scène de Berlin avec le camion qui a percuté atrocement une innocente foule rassemblée près d’un marché de Noël. N’est-ce pas le pinacle de la subversion et du terrorisme?
D’emblée, nous pensons que la guerre contre le terrorisme est must, mais qu’elle reste miteuse. En sus, nous pensons qu’il existe une autre guerre, toute aussi violente qui est celle de l’éradication des idéologies de la haine. C’est un travail de bénédictin qui concerne toutes les sociétés de la planète. Inopportunément et malencontreusement, dans les pays occidentaux, ce sont les projets d’écluse et d’introversion, qui l’emportent. L’islam est peu ou prou anathématisé en tant que religion.
La laïcité est étalée comme une arme de guerre contre cette foi, alors qu’elle est censée la mithridatiser au même titre que les autres dogmes et credo. 
Ces impénitences musèlent les débats salvateurs qui sont relatifs à l’insertion des populations issues de l’immigration. Avouons-le, La ghettoïsation a distillé des effets pervers dont le plus préjudiciable est la radicalisation religieuse. Celle-ci n’est pas une quête spirituelle, mais une grotte identitaire contre le pays hôte, incriminé de tous les dommages collatéraux. Ce sont des jeunes qui sont nés, élevés en Europe qui commettent ces misanthropies. N’est-ce pas l’apothéose des échecs des politiques d’intégration ? 

L’aberration serait de mettre ces déconvenues sur le passif d’une religion ou d’une culture, ce que, malheureusement, plusieurs discours laissent entendre.
La mappemonde arabo-musulmane a un mandat pesant à jouer. Avant les armes et les fusils, il y a des idéologies à neutraliser, avant les fusils, il y a des cultes à désamorcer.
Nous devons reconnaître que l’éducation religieuse dans tous les pays musulmans n’est pas indemne de toute réprobation. Chez certains, elle saupoudre maladroitement ce qui relève de la foi, du divin et de l’humain. Ce nœud gordien doit être tranché si on veut ostraciser la Salafiya Jihadia et son obsession criminelle. 
Le combat contre le cataclysme du terrorisme doit être absolument global et international. La coopération existe mais elle n’est pas aussi optimisée que l’on voudrait ; la riposte sécuritaire ne suffit pas. Force est de constater que les guerres de la Syrie, d’Afghanistan, d’Irak et la création d’autres foyers de tension, ont plutôt exacerbé le phénomène jihadiste.
La Communauté internationale doit s’agglutiner à remettre la paix dans tous ces pays, les grandes puissances ont cette responsabilité à restaurer les Etats nationaux et d’exempter que d’autres Etats ne se contorsionnèrent. Mais, il appartient tout un chacun de nous d’apporter son écot par la lutte contre la haine, le racisme et l’incitation à la violence au quotidien.

Saluer l’assassinat de l’ambassadeur Russe est un indicateur qui montre incontestablement l’ocean qu’il nous reste à traverser en longueur et en largeur pour exorciser une pensée funéraire.
L’altruisme, la clémence, la magnanimité, la tolérance, le consentement sont les alexipharmaques dont dispose l’humanité. Manions-les. N’est-il pas le moment, en guise de conclusion, de décider d’opter pour l’amour, car la haine est un fardeau trop lourd à porter pour paraphraser Martin Luther King 

26 décembre 2016 0 comment
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Lutte contre la corruption pour un climat d’investissement juste et juteux

by Mustapha Maghriti 17 décembre 2016
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C’était le Vendredi écoulée du 9 Décembre 2016, la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption. Faut-il rappeler, en guise de prologue, que la corruption est un phénomène social, politique et économique très complexe, qui atterre toutes les Nations. Elle macère les institutions démocratiques, atrophie le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale. La corruption s’attaque aux fondements des institutions démocratiques en faussant les élections, en corrompant l’État de droit et en distillant des appareils bureaucratiques dont l’unique fonction réside dans la sollicitation des dessous-de-table. Elle obstrue considérablement le développement économique en dissuadant les investissements directs à l’étranger et en plaçant les PME/PMI dans l’impossibilité de surmonter les « coûts initiaux » liés à la corruption. Quelle est la position du Maroc sur l’échiquier mondial en matière de lutte contre la corruption ? Et quelle trame se tisse entre les fibres d’investissement au Maroc et le phénomène de la corruption ? Quelle osmose y a-t-il entre le climat de l’investissement sur le territoire économique Marocain et sa rectitude juridique ? Duo idyllique et intime assurément. Tel est le dessein de cette chronique. 

D’emblée, la corruption demeure une grande flétrissure pour l’entourage des affaires au Maroc, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption (IPC) 2016- de Transparency International. En effet, dans le rapport de Peter Eigen, notre pays a, une fois de plus, obtenu une place timide, qui le méduse dans la 88éme sur un panel de 168 pays. Dans ce dernier palmarès de l’indice de perception de la corruption (IPC) dans le monde, le Maroc, évalué sur les données de 11 institutions internationales comme la Banque mondiale, le Forum économique mondiale mais aussi sur l’avis d’experts, se trouve dans une position des plus déplaisantes, puisqu’elle obtient un score de 36/100. Par rapport à l’IPC 2014 et avec le même nombre de pays évalués, il a perdu 8 places au classement et 3 points au score. 
Incertain dans une telle atmosphère d’iniquité, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement plantureux et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers.
Au vu du classement timide du Maroc, la corruption demeure la grande gangrène de l’environnement des affaires au Maroc : Avec une telle souillure, la justice demeure lymphatique en matière de report d’audiences et de délais de procédures, incertaine sur le plan des conflits de juridiction, coriace pour obtenir l’exécution des décisions de justice, opaque par le manque de diffusion de la jurisprudence.
La corruption fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue une véritable entrave à l’ovation à l’investissement et autant la justice d’un pays est abrasée par la corruption, autant l’investissement est étiolé et autant le climat des affaires est rebutant. 
De ce fait, la corruption demeure un frein structurel majeur à la croissance en nuisant au fair-play, à la concurrence et à la méritocratie économique en faisant fondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté, car elle accouche les mêmes effets qu’une taxe cachée ou des frais généraux illégaux

Aussi, la corruption dissuade les investisseurs en ébranlant leur confiance ce qui procrée des pertes d’emplois et finit par verrouiller le pays dans la pauvreté et fait également écluse à la création de PME capables de « manufacturer » la richesse pour les pays.
Ce qui explique l’intérêt urgent que porte le Souverain Marocain à ce brûlant dossier et accule, à chaque fois, l’exécutif à entreprendre une profonde refonte de l’acte judiciaire à même de redonner crédit et assurance à la mécanique judicaire auprès du milieu du Business international au Maroc.
La fertilisation du domaine des affaires réside dans l’impartialité du système judicaire. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines lumières sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

La bataille contre la corruption est un travail de bénédictin, le combat contre la corruption est un travail de longue haleine et doit demeurer une riflette inéluctable que le Maroc doit triompher et targuer avec toute la véhémence et contre toutes les réluctances. La lutte contre la corruption doit être une véritable corrida pour donner le plein essor de l’économie marocaine et le plein sens aux règles de la diaphanéité, de la bonne gouvernance, et ce, en termes de meilleurs services, d’écoute et de proximité telle que préconisée par le Souverain Marocain, et qui constitue la matrice du projet sociétal, modèle bâti sur les principes de démocratie politique, d’efficacité économique, de meilleurs services au citoyen et d’un sens élevé de responsabilité à l’égard de la gestion de la chose publique.
La prévention de la corruption et la lutte contre ce phénomène exigent une approche globale qui n’est possible que dans un climat de transparence, de responsabilité et de participation de tous les acteurs de la Société : Le Gouvernement, le secteur privé, les médias, les organisations de la société civile et la population . 

L’historien français Jules Michelet n’a-t-il pas dit que « La justice doit être impartiale et bienveillante pour être tout à fait juste ». Il nous semble que la mécanique judiciaire constitue le lubrifiant qui assure le bon fonctionnement de l’appareil productif et constitue un facteur déterminant pour la confiance des entrepreneurs, et de facto influence leur décision d’investissement. À défaut, si l’écrivain et politicien français, Marie-Joseph Chénier disait : « quand vous avez oublié la justice, ne vous étonne pas que le ciel vous punisse ». J’irai plus loin, sur le plan économique, pour avancer « Quand vous avez oublié la justice, ne vous étonnez pas que le désinvestissement vous punisse ».C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, cursive, courte, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne. 

17 décembre 2016 0 comment
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Compétitivité et le pari aléatoire sur la baisse des Coûts salariaux au Maroc

by Mustapha Maghriti 12 décembre 2016
written by Mustapha Maghriti

Je me rappelle lors d’un colloque international, à l’occasion des 56 ans de l’Association des membres de l’Inspection Générale des Finances IGF, sous le thème  » Quel modèle de développement pour l’entrée du Maroc dans le concert des pays émergents? « , la patronne de la Confédération Générale des Entreprises Marocaines CGEM a déclaré par sa propre lexie « qu’aucun pays à travers l’histoire de l’industrie n’a bâti une économie pérenne sur des bas salaires ». Je réplique : Que diriez-vous des zones d’obédience confucianiste à savoir la Chine, la Corée du Sud et de toutes les tarasques asiatiques, qui ont profité de leur main d’œuvre qualifiée et bon marché pour en faire un avantage compétitif et concurrentiel dans la riflette à la compétitivité industrielle et commerciale ? Celle-ci ne porte-elle pas sur le prix de vente (compétitivité-prix) ? 
Certes, les pays du Sud-est asiatique se sont appuyés, sur la baisse des coûts salariaux dans leur stratégie d’exportation et d’attractivité des investisseurs étrangers. Néanmoins, une telle stratégie n’est ni viable ni soutenable sur le long terme, en l’occurrence pour le Maroc et ce pour les raisons suivantes : 
D’abord, parce que la compétitivité ne peut se calfeutrer au coût du travail. Celle basée sur le prix est aussi tributaire du coût du capital et des coûts de transactions liés aux intrications des cadres juridique et réglementaire. En sus, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effruiter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.

Aussi, même en l’absence de salaire minimum et en vertu de la loi de l’offre et la demande, le salaire horaire a tendance à augmenter. En effet, plus une économie se base sur la baisse du coût salarial, plus elle attire des investisseurs étrangers. Dans le même temps, la demande sur le marché du travail augmente et les salariés revendiquent une revalorisation du salaire. L’exemple de la Chine est éloquent à cet égard, puisqu’en moins de 10 ans (entre 2000 et 2009), le salaire horaire dans l’industrie chinoise a triplé ce qui explique pourquoi la Chine commença à délocaliser ses unités productives vers des pays où la main d’œuvre est moins chère, notamment au Vietnam, au Bangladesh, en Éthiopie ou encore en Égypte et actuellement vers le Maroc et l’Algérie pour en faire une porte d’entrée vers les marchés Africains.
De surcroît, compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers dans le dessein de relancer la croissance économique, revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux et attirent plus d’IDE que les pays moins développés à l’instar de l’économie Allemande, Irlandaise ou Suisse? Si cette course existe revient à nous interpeller qu’elle est viable uniquement pour des biens bas de gamme et confiner sa compétitivité à celle des bas salaires revient à se scléroser et se cantonner dans des activités à faible valeur ajoutée et à faible contenu technologique. 
En d’autres termes, avec l’ère de la globalisation marquée par l’économie du savoir, le bas salaire n’est plus un déterminant dans l’offensive de la compétitivité industrielle, étant donné que le coût du travail n’intervient pas dans des activités intensives en savoir et connaissances qui sont aujourd’hui déterminantes ; les firmes qui poursuivent des stratégies verticales de minimisation et pour lesquelles l’aplatissage des coûts est prioritaire sont de plus en plus rares et sont essentiellement dans les secteurs textile-confection, de la chaussure et des jouets. 

Par ailleurs, avec le progrès scientifique et technologique, les bas salaires ne peuvent plus s’imposer comme des déterminants pour la bataille de la conquête des marchés extérieurs : La fin des années quatre vingt a été caractérisée par une large diffusion des technologies et par une versatilité de la demande, les pays les plus avancés technologiquement sont tentés de relocaliser certaines activités, sinon d’arrêter les opérations de délocalisation vers les pays à faibles coûts salariaux. Le but est de faire revenir l’avantage comparatif dans les pays développés même dans les industries utilisant beaucoup de main d’œuvre. 
Faire valoir uniquement le bas salaire, ne peut que condamner l’économie Marocaine à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que sa croissance à long terme. À cet égard, la Chine, citée en modèle, et au regard à l’anhélation de sa croissance, tente de changer de modèle pour se diriger d’une économie bas de gamme étayée sur le bas salaire vers une économie de gamme moyenne tirée non seulement par les exportations ( Export Led Growth) mais aussi tirée par la demande intérieure et le jaillissement d’une classe moyenne. Dès lors, quand on s’inscrit dans une perspective de long terme, et quand on tient compte des différents aspects de la compétitivité (prix et qualité), les propos de la patronne des patrons de la CGEM sonnent fort juste. 

En plus, s’il est vrai que l’on peut obtenir des produits compétitifs grâce à des salaires bas, il est tout à fait possible de réduire le coût total sur un critérium essentiel qui est souvent passé sous silence, alors qu’il est déterminant, à savoir la productivité du travail , avec des travailleurs plus productifs, qui permettront non seulement d’avoir une production plus élevée, mais aussi de faire des économies dans l’utilisation des autres facteurs de production, grâce à leur efficacité et leur efficience économique. Ainsi, à terme, dans l’hypothèse d’une convergence économique (rapprochement des salaires dans tous les pays), ce qui fera le distinguo n’est plus le coût de travail mais bel et bien la productivité de travail. 
Or, si l’on observe la productivité du travail au Maroc, elle traîne loin derrière celle de ses principaux concurrents sur les marchés européens, tels que la Roumanie, la Turquie ou la Pologne, mais aussi très loin derrière les grands pays émergents Asiatiques, à savoir l’Inde et l’Indonésie. A l’appui de notre assertion, les estimations de la Banque Mondiale montrent que le rythme de progression de la productivité du travail dans les économies émergentes dépasse 4% alors qu’il ne se situe, dans le cas de l’économie Marocaine, qu’autour de 2,5% par an.

Somme toute, la productivité du travail ne dépend-telle pas de la qualité du capital humain et de la technologie et du management utilisé ? L’amélioration de la qualité du capital humain ne passe-t-elle pas par la refonte du système d’éducation et de la formation professionnelle. Sans une main d’œuvre qualifiée et efficace, le Maroc ne peut converger vers une économie productive à haute valeur ajoutée à l’instar de la Corée du sud ou le Taiwan.
Sans affermissement des procédés technologiques et de management utilisés, il est invraisemblable d’espérer un perfectionnement de la productivité au sein du tissu industriel Marocain. Celle-ci passe, par-dessus le marché, par la consolidation de l’ouverture de notre économie pour profiter des vertus de la concurrence et de transfert technologique. Faut-il rappeler, en guise de conclusion, que si les gains de productivité ont principalement bénéficié à un nombre de secteurs au Maroc tels que les télécommunications, les transports, les services financiers, c’est parce que des réformes considérables ont été introduites dans ces secteurs en les ouvrant à la privatisation et à la concurrence ce qui n’est pas le cas des secteurs comme l’agriculture, les BTP et l’industrie où les gains de productivité sont restés plus timides.

Somme toute, la compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance pérenne et inclusive. L’affûtage de la productivité du travail, permettra non seulement de raffermir notre compétitivité-prix, mais aussi et surtout de converger vers une compétitivité basée sur la qualité et l’innovation. Pour y arriver, la qualité du capital humain est incontournable. Il n’y a de richesses que d’hommes disait Jean Bodin in fine !

12 décembre 2016 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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