• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

Quand les USA démissionnent de la planète : Quelles retombées économiques et écologiques ?

by Mustapha Maghriti 10 juin 2017
written by Mustapha Maghriti

Choses promises choses dues, comme il l’avait promis durant sa campagne électorale, Donald Trump a annoncé ce jeudi 1er juin que les Etats-Unis démissionneraient de l’accord de Paris sur le climat scellé en décembre 2015 par de 195 pays sous les auspices de l’ONU, cet accord vise à contingenter la hausse des températures mondiales en rationnant les émissions de gaz à effet de serre.
La décision de Donald Trump de se démettre du pacte de Paris sur le climat a suscité une commotion auguste et des anathèmes internationaux unanimes. Au-delà de ses répercussions politiques, quelles sont les conséquences écologiques et économiques d’un tel retrait ? 
Soulignons, en guise de prologue, qu’une telle décision n’est pas une première. Rétrospectivement, en 2001, George Bush Jr n’avait-il pas ratifié le protocole de Kyoto que son prédécesseur, Bill Clinton, avait soutenu ? Ce choix repose sur des raisons homologues à celles de Donald Trump : inquiétude pour la compétitivité des Etats-Unis, dénonciation d’un accord multilatéral qui remet en cause la souveraineté nationale, incertitudes sur la réalité du changement climatique, fulminations et colère sur l’emploi dans les secteurs carbonés.
Les conséquences écologiques :
Selon des prophéties réalisées par des chercheurs de l’organisation Climate Interactive, la quantité de gaz à effet de serre pourrait accroître de 3 Milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an, d’ici à 2030, en cas de retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Le pays d’Uncle Sam serait alors responsable d’une recrudescence de 0,3 degré sur les 3 degrés globalement prévus par les scientifiques.
Une autre projection, réalisée par l’organisation Climate Action Tracker, table sur un réchauffement de 0,1 à 0,2 degré imputable aux Etats-Unis. 

En sus de la hausse des températures dont le pays serait directement responsable, l’abandon du deuxième pollueur mondial représente une très mauvaise illustration à d’autres pays. Même en Europe, il existe des groupes industriels inquiets de leur compétitivité. 
Si les Etats-Unis ne fournissent pas les 3 Milliards de dollars promis, des pays à l’instar de l’Inde, Indonésie et Philippines notamment qui s’appuient sur l’aide financière des pays développés, ne seront probablement pas en mesure de tenir leurs engagements. 
Toutefois, des Etats américains (Californie, New-York) soucieux des problèmes sérieux d’une telle démission, ont en effet annoncé leur intention de poursuivre leurs programmes de réduction des émissions provenant des centrales électriques et des véhicules, même en cas de retrait fédéral.
Aussi, moult grandes puissances (dont l’Union européenne, la Chine et l’Inde) ont aussi promis qu’elles continueraient leurs efforts, peu importe la décision des Etats-Unis.
Les conséquences économiques :
Moins de deux ans après sa conclusion, l’annonce du retrait de l’accord par les Etats-Unis, est un très mauvais signal envoyé aux partenaires du pays qui pourront recourir à des mesures de représailles en imposant une taxe carbone sur les produits qu’ils importent des Etats-Unis. Le montant de celle-ci serait au prorata de la pollution carbone couplée à la production de chaque bien.
Aussi, le retrait des Etats-Unis du traité risque d’avoir aussi des incidences pour les pays signataires, qui devront s’acquitter de 3 milliards de dollars supplémentaires (la contribution des Etats-Unis) sur les 100 milliards prévus (89 milliards d’euros) pour les pays en développement à partir de 2020. 
Les constructeurs américains conçoivent ainsi des véhicules pour un marché mondial en matière de normes d’émission de plus en plus intransigeant. Ramollir les efforts en matière de réduction des émissions signifierait pour eux se fermer l’accès à ces marchés. Le même raisonnement prévaut pour tous les industriels américains qui exportent sur des marchés mondiaux où l’efficacité énergétique constitue désormais un critère d’achat primordial.
Au vu de ces différents éléments, il est fort à parier que la hardiesse de Donald Trump ne modifiera pas profondément la transition bas carbone engagée aux Etats-Unis et partout dans le monde. Au pire, maintiendra-t-elle artificiellement en vie, quoique de façon éphémère, un ensemble d’activités en mauvaise posture, comme la production de charbon.

En corollaire, L’ukase de Donald Trump est avant tout de nature idéologique. Le climat n’est ici qu’un faux-fuyant et subterfuge. Il s’agit d’abord de déplisser le multilatéralisme qui, à ses yeux, est une gangrène qu’il faut neutraliser par tous les armoiries dans le dessein de fortifier la suzeraineté américaine. Les mobiles économiques n’ont joué qu’un rôle très subsidiaire dans ce reflux américain comme les climatériques unanimes du secteur privé le corroborent. Faut-il dire que l’incertitude politique et réglementaire a toujours fait mauvais ménage avec la décision managériale qui a besoin de constance et de crédibilité des règles du jeu. A Copenhague lors de la COP15, Hugo Chàvez n’a-t-il pas dit solennellement que si le climat était une banque, il serait déjà sauvé ? 
Dans cette prise de parole engagée, M.Chàvez n’a-t-il pas fait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques? Le capitalisme n’est-il pas intrinsèquement lié à la crise environnementale et combattre l’un ne peut-il se faire sans combattre l’autre? Cette maxime de Chàvez ne met-elle pas en garde contre les échecs répétés des grandes conférences climatiques, qui sont toujours d’actualité?

10 juin 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

12 chandelles de l’Initiative Nationale du Développement Humain INDH : Quel calibrage ?

by Mustapha Maghriti 30 mai 2017
written by Mustapha Maghriti

Naguère, les institutions d’obédience ultralibérale, banque Mondiale, fonds Monétaire International, évangélisaient à cor et à cri les programmes d’ajustement structurel au Maroc afin de voir le boulot du tunnel. Cependant, ces électuaires économiques se sont révelées impuissants pour mettre le Maroc sur les rails du développement et ont exsudé, au rebours, une fente sociale abyssale. Les maux sociaux : Oisiveté, désœuvrement, chômage, ainsi que l’exclusion sociale en sont la meilleure pièce à conviction de notre assertion. 

Ainsi, le Maroc, obturé par le fardeau de ses altérations sociales, allotit au capital humain un rôle central dans sa politique de développement. Le discours du Souverain Marocain du 18 mai 2005 sur l’Initiative nationale du développement humain appelée communément INDH fut conçu pour porter suture à la précarité sociale au Maroc. 

A l’orée de ce mois de Mai, l’INDH souffla, sa 12éme bougie. Des apostrophes nous interrogent sur sa supputation et son calibrage à cet égard. 

Après 12 chandelles, les indicateurs sociaux perpétuent dans le rouge, en témoignent l’éloquence des chiffres scellés par les derniers rapports sur le développement humain PNUD. En effet, le rapport de l’administrateur du PNUD, Helen Clark coagule le Maroc dans le lot des pays à développement humain moyen avec un classement timide (123éme position parmi 188 pays). La Libye 102 éme rang, suivie de l’Algérie (83 éme) et de la Tunisie (97 éme) creusent respectivement le fossé en se repositionnant dans les pays à développement humain élevé. 

La santé n’est-il pas un indicateur avec lequel on jauge le niveay de développement économique et social : Concernant, le ratio médecin/population, et au niveau des pays du Maghreb, le Maroc n’est pas mieux loti. Il ne dispose que de 6.2 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Algérie et notre rival économique la Tunisie est de 13 médecins. L’Égypte et la Jordanie échancrent le gap avec plus de soins médicaux par des quotients respectifs de 24 et 26 docteurs. On est bien loin derrière l’Espagne avec qui on était sur le même lot des pays en développement durant les années 70, qui affiche une bonne santé avec 37.1 médecins. 

Le récent mémorandum économique 2017 de l’institution de Washington DC sur l’état du secteur de la santé au Maroc relève, que près de 8.5% des Marocains n’ont pas accès aux soins les plus primordiaux, ce qui représente plus de 25% de la population globale bien que 60 % de la population bénéficie de la couverture médicale dans le cadre de l’Assurance médicale obligatoire (AMO) et le régime d’assistance médicale pour les démunis (RAMED). 

Bien plus, l’institution de Jim Yong Kim noircit le tableau en indiquant qu’au niveau des infrastructures des hôpitaux psychiatriques, le Maroc devra faire énormément d’efforts pour atteindre la norme internationale qui est de 4.4 lits pour 10.000, alors qu’il ne dispose à présent que d’un lit. 

Bien plus, la Banque mondiale ne s’arrêta pas à ces seuls chiffres, elle dénonce toute une série de dysfonctionnements qui minent le secteur de la santé partant du manque flagrant en ressources humaines et arrivant à la corruption en passant par le clientélisme, le népotisme et la négligence. Un tableau pas du tout resplendissant qu’a dressé l’institution internationale de brettons woods et qui interpelle le ministre de la santé, qualifié par le chef de l’exécutif sortant comme le meilleur ministre de son gouvernement. 

Aussi, un autre dénonciateur nous nous claustre dans le pays à développement humain moyen : le Revenu National Brut par tête d’habitant exprimé en parité de pouvoir d’achat PPA qui est de 3500 dollars ce que révèle l’Institut Arabe de Garantie de l’Investissement et des Exportations. Le Royaume arrive en effet à la 13 éme position au niveau du monde arabe en termes de revenu par tête de la population. Le Botswana et la Turquie érodent l’élision en se plaçant dans les pays à développement élevé avec un RNB/tête d’habitant respectif de 13 204 et 13 359 dollars. Avec plus 45 000 dollars par an, le Qatar et le Koweït sont les pays avec le revenu annuel moyen par habitant le plus élevé du monde arabe 

Sur le registre de la pauvreté et en s’étayant sur l’indice multidimensionnel de pauvreté IPM créé par le Centre de recherche économique pour le développement international de l’université d’Oxford (qui pondère dix indicateurs dont le taux de scolarité, la mortalité infantile, le degré de malnutrition, l’accès à l’électricité et la possession de quelques biens de consommation) donne un diorama plus complet sur la pauvreté, et fait hisser le taux de pauvreté à 28,5 % ce qui déplaira au Patron du HCP qui, à l’en croire, le taux de pauvreté (mesuré uniquement par le Revenu) n’est que de 9 %. 

Selon la nouvelle étude publiée par le par le Haut-commissariat au plan (HCP) en marge de la Journée nationale de l’enfant, le Maroc compte 1,2 million d’enfants pauvres. Pour réaliser cette étude, une approche « multidimensionnelle » a été suivie, basée sur l’observation chez l’enfant de plusieurs facteurs à savoir l’éducation, la santé, l’accessibilité à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement, les moyens de communication et les conditions d’occupation du logement. 

Il en ressort que la « pauvreté multidimensionnelle des enfants » a toutefois baissé entre 2001 et 2014. Le nombre d’enfants en situation de pauvreté est ainsi passé de 4,9 millions d’enfants en 2001 à 1,2 millions d’enfants en 2014, soit une réduction annuelle moyenne de 10,0% à l’échelle nationale. En pourcentage, sa prévalence est passée de 43,6% en 2001 à 24,1% en 2007, avant d’atteindre 11,0% en 2014, souligne le HCP. 

Avouons-le, la conception galvaudée ainsi l’approche Marketing qui entourèrent l’INDH font ôter l’INDH de son essence qui est le capital humain : faire impliquer, valoriser et responsabiliser les bénéficiaires aurait été le Must pour distiller un cercle vertueux de dynamique sociale locale, régionale et nationale. 

En sus, le compte à rebours dont pâtissait l’INDH et la flamme de l’obligation à des résultats se répercutent négativement sur la qualité du produit social. On ne peut pas bannir et exorciser en 12 ans une misère qui a sévi plus de 50 ans. 

Repenser l’économie est une condition sine qua non pour refréner le Maroc à la locomotive du développement social : Pour juguler la fracture sociale, le Maroc doit maintenir un taux de croissance économique strictement supérieur de 7%. Toutefois, la dynamique du capitalisme ne peut être envisagée du seul point de vue économique, les forces nées du capitalisme et les institutions politiques interfèrent aussi. 

Le capitalisme dans lequel s’est engagé le Maroc, en tant que dynamique économique, est d’abord un processus d’extension du marché et du rapport salarial. Mais l’interaction de ces deux rapports, une fois engagée, produit de façon endogène ses propres limites. L’accumulation du capital s’effectue de manière contradictoire. La subtile question qui se pose au-delà de l’INDH : comment assurer un maillage et une articulation cimentée de la dynamique du capitalisme avec celui de la société et les forces productives au Maroc ? 

Remédier, dans sa globalité, l’esprit INDH est un Must pour inscrire le Maroc dans la trajectoire du développement social. L’INDH ne saurait être une panacée pour cicatriser la pauvreté. Elle ne peut être qu’une pièce du puzzle du vaste champ de réformes à même d’assurer la croissance et le recul de la pauvreté. À ce jour, l’INDH n’a pas réussi à réduire la pauvreté et les indicateurs de santé et d’éducation sont cauchemardesques. Cette pauvreté est la première source du terrorisme, de l’exclusion et de l’émigration clandestine. La subtile question est celle de savoir pourquoi l’INDH n’arrive pas à faire reculer la misère. Quels sont les goulots d’étranglement qui empêchent l’INDH à promouvoir le développement social ? Quels sont les mobiles de la persistance de cette dualité entre la sphère macro financière et la sphère sociale ? 

L’hydre de la pauvreté est un prisme à multiples facettes faisant intervenir des facteurs économiques (croissance, investissement… ) et non économiques (institutionnels, politiques et sociaux). 

Nous pensons qu’il faudrait « recontempler » l’âme de l’INDH dans sa phase 2 selon une approche intégriste : La réduction de la pauvreté et des causes d’exclusion sociale dépendent impérativement d’une stratégie de développement social fortement imbriquée en amont et en aval avec la garantie des droits humains fondamentaux, la coordination de l’intersectorialité dans la conduite des politiques publiques et des interventions privées en matière de développement social, le système productif, la politique de l’emploi et du partage des fruits de la croissance, ainsi que les politiques sectorielles prenant mieux en compte les intérêts des franges sociales au Maroc. 

Reconnaissons le, in fine, l’INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrice de revenus, ne peut être un succédané à une véritable politique de croissance et des revenus. Le développement économique et social du Maroc doit passer inlassablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance. À ce titre, pour Amartya Sen, « le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique et pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active » ceci nous incite à exhumer une citation de Nelson Mandela : « La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité ».

30 mai 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le Maroc, un Hub de l’Afrique : Quelles sont les conditions économiques ?

by Mustapha Maghriti 3 mai 2017
written by Mustapha Maghriti

Je me rappelle que le 5ème forum international « Afrique Développement » organisé les 16 et 17 mars dernier par le club Afrique développement du groupe Attijari-Wafabank sous le titre « Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique » a réuni depuis son édification, plus de 5.500 opérateurs de 36 pays et a fait générer près de 13.000 réunions d’affaires. Un chiffre et un événement qui montre, si besoin en est, l’intérêt stratégique que revêt désormais l’Afrique pour notre pays. 
Après avoir remporté majestueusement la bataille diplomatique de la réintégration de l’Union Africaine, le Maroc peut-il gagner celle de devenir un hub continental raccordant le continent noir à l’Europe? 
A l’heure actuelle, on peut dire que le potentiel est là. D’antan, au XIIème siècle le Maroc servait d’entrecroisement commercial entre l’Europe et l’Afrique, avec l’accession des Almohades et de l’Espagne musulmane, un grand itinéraire de commerce corrélait le sud de l’Europe au Niger, via le Maroc. Celui-ci est aussi le seul territoire du Maghreb à avoir eu des relations commerciales depuis des siècles avec l’Afrique subsaharienne, notamment via les routes commerciales partant de Sijilmassa au Tafilalet vers le sud de l’actuelle Mauritanie et allant jusqu’au au Ghana. 

En sus de ce licol historique, le Maroc recèle moult atouts lui permettant de prétendre à ce rôle. En effet, le Maroc a entrelacé un partenariat privilégié avec les pays européens au travers de l’accord de libre-échange et le statut avancé, ce qui constitue une plate-forme pour les investisseurs qui sont à la quête de la conquête des débouchés africains et européens en partant du Maroc. A l’appui de notre allégation :
La vague d’implantations de bureaux régionaux pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest à Casablanca, ou encore de filiales dédiées, n’ a-t-elle pas été révélatrice du potentiel de ce marché, mais surtout du caractère stratégique de la plateforme marocaine pour percer les marchés africains avec des avantages , tel la proximité géographique et la proximité linguistique, notamment concernant les marchés francophones ?
Cisco, leader mondial des réseaux, présent au Maroc à travers sa filiale Cisco Maroc, n’a-t-elle pas annoncé il y a quelques années, l’ouverture d’un centre d’excellence régional à Casablanca qui est amené à utiliser la dernière technologie pour assurer la vente et la couverture des pays africains francophones, y compris le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et les pays de l’Afrique francophone ?
De son côté, Sage, troisième éditeur mondial de logiciels de gestion, n’a-t-il pas choisi le Maroc, pour s’approcher du marché africain, jugé à fort potentiel de croissance ? L’entreprise ne développe-t-elle pas, aujourd’hui, son métier dans plus d’une dizaine de pays de l’Afrique de l’Ouest ? 

Récemment, le Ministre Hongrois des Affaires étrangères et du Commerce Peter Szijjarto en visite au Maroc ce 25 avril dernier n’a-t-il pas indiquer que son pays pouvait servir de hub logistique pour les produits marocains à destination de l’Europe, la Russie et des pays des Balkans, tout comme il a assuré que le Maroc représentait une porte d’entrée pour l’Afrique du côté des exportations hongroises?
Et puis, la maestria et le know-how national sont de plus en plus reconnus en Afrique, ce qui permettra aux entreprises marocaines d’être les maîtres d’ouvrage de projets en Afrique financés par des bailleurs européens dans l’ambition de projets de coopération triangulaires. Sans occulter que, de par sa position géostratégique à la fois propylée d’Afrique et d’Europe, le Maroc dispose de son port Tanger Med, plus grand port à conteneurs en Afrique et dans le podium du top 50 mondial, se situant sur la second trajet maritime la plus courtisée au monde, à savoir le détroit de Gibraltar. Néanmoins, pour prétendre devenir un hub régional, il faut aussi être un croisement commercial et financier compétitif, ce qui constitue un manquement encore au Maroc:

– Primo, sur le plan financier, Casablanca Finance City CFC, en devenant première place financière africaine et 33ème mondiale, est sur la bonne voie pour au moins servir l’axe « Grand Nord-Ouest » du continent. Cependant, sans une bourse robuste et performante, il sera épineux de prétendre attirer des capitaux étrangers pour les acheminer vers les terres africaines. Ainsi, il est besoin et urgent de réformes permettant notamment le raffermissement de la stabilité du secteur financier, la diversification de l’offre de produits, la mise en place d’infrastructures dédiées aux PME, l’accélération de la sécurisation juridique et l’amélioration des mécanismes de gouvernance pour réhabiliter la confiance dans l’écosystème financier marocain,

– Secundo, au niveau commercial, le coût de la logistique au Maroc est encore l’un des plus onéreux au monde, soit 20% du PIB, un taux supérieur aux 10% des pays européens et aux 15% et 17% du Brésil et de la Chine. En corollaire, il faut agir sur les différentes maillures de la chaîne logistique de l’amont de la frontière jusqu’à l’aval via la gestion des stocks en passant par la gestion documentaire, le dédouanement et le transport local,

– Tertio, sur le plan tarifaire, le Maroc ne peut prétendre devenir un hub commercial africain tout en maintenant des clôtures et barricades tarifaires exorbitantes. En effet, au cours des 20 dernières années, la politique tarifaire, en matière de commerce extérieur, a conduit à exsuder, involontairement, un hiatus de taux désavantageux pour les pays d’Afrique. Ainsi, selon les dernières statistiques de la Banque Africaine pour le Développement BAD, l’écart entre le taux moyen appliqué aux pays européens et la moyenne la plus élevée appliquée aux pays Africains est d’environ de 17 points de pourcentage.
Assurément, le Maroc, via les périples royaux, a scellé plusieurs conventions avec plusieurs Etats Africains. Toutefois, la prudence nous incite à apporter deux précisions : D’une part, tous ces accords ne sont pas encore opérationnels et à ce jour, il n’y a quasiment pas d’accord commercial actif entre le Maroc et les pays subsahariens d’autre part. En corollaire, pour capitaliser sur tous les accords et conventions déjà conclus, et faciliter le positionnement du hub commercial entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc a intérêt à négocier avec les pays subsahariens une politique tarifaire commune qui va dans le sens de la minimisation des barrières tarifaires,

Ultimo, être un hub interpelle l’économie Marocaine à se doter d’un environnement des affaires favorable à même d’attirer des capitaux étrangers. Sur ce registre, si le Maroc a fait des avancées notables, il n’empêche qu’il subsiste des écueils dissuasifs qui démotivent les investisseurs étrangers qu’il faudra d’urgence réformer, notamment en matière de justice, d’État de droit, exécution des contrats, transfert de propriété, commerce transfrontalier, et règlement de l’insolvabilité.
En somme, pour que le Maroc devienne un véritable hub Africain, il doit immoler un environnement propice à la liberté de circulation des personnes, des biens et services, mais aussi des capitaux. Une telle propitiation permettra deux séquences vertueuses : D’une part, relancer la croissance et la dynamique du système productif économique, et d’autre part, arc-bouter mieux de l’intérieur la question du Sahara auprès de ses nouveaux partenaires économiques car, in fine, la coopération économique n’est-elle pas le vestibule et l’antichambre du rapprochement politique ?

3 mai 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Chronicité du déficit de la balance Commerciale au Maroc : Quel apport analytique ?

by Mustapha Maghriti 25 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

La balance commerciale d’un État est l’élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens, et de services marchands. Le solde de la balance commerciale est la différence entre les valeurs des exportations et des importations de biens et de services. Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : on parle alors d’« excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Quand elle est négative, on parle de « déficit commercial ».
Au Maroc, le déficit commercial a été toujours caractérisé par la chronicité de l’écart entre les exportations et les importations. En effet, le déficit de la balance commerciale renoue avec la hausse puisque, selon les derniers chiffres de l’office de change, il s’est excavé de 25,3 MMDH, se chiffrant ainsi à 184,38 milliards de dirhams ce qui représente une hausse de 19,6% par rapport à 2015, où ce déficit avait atteint son niveau le plus bas depuis dix ans, pour se situer à 152,27 milliards de dirhams. 
Le taux de couverture des importations par les exportations a ainsi chuté en se hissant de 58,7% à 55%. Faut-il pour autant s’en tourmenter ?

D’emblée, nous avançons que le creusement du déficit commercial en soi ne doit pas porter une connotation péjorative sur la santé économique d’un pays ; il n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : Le déficit commercial des USA, première puissance mondiale, n’est-il pas la meilleure pièce à conviction ? Un tel trou commercial ne caracole-t-il pas à 502,2 Milliards de dollars selon les statistiques publiées, Février dernier, par le Département Américain du commerce ?A notre sens, le danger du déficit commercial dépend plutôt de l’ossature commerciale d’une économie donnée. A titre illustratif, selon que le déficit soit déclenché par une chute des exportations ou par une hausse des importations de biens d’investissement, il peut-être considéré comme une mauvaise ou une bonne nouvelle.
En réalité, notre réflexe à la « Keynésienne » de considérer les importations comme une fuite du système économique et de la richesse d’un Etat, n’est pas toujours justifiée, surtout lorsque l’on considère la nature et la structure du commerce mondial dans le contexte de la globalisation. En effet, avec la mondialisation et le morcellement du processus de production, c’est de plus en plus rare de trouver une économie pouvant produire tout seul un bien de l’amont à l’aval puisque, pour exporter, les producteurs sont astreints d’importer les autres inputs pour l’output en question. Ainsi, davantage d’importations peuvent être nécessaires pour nourrir plus d’investissement, de production et d’exportations nationales. C’est ce raisonnement, au demeurant pertinent, qui semble justifier la position qui considère que l’aggravation de l’hiatus commercial pourrait être le miroir d’une dynamique d’investissement et d’exportation. Cette spéculation peut-elle s’appliquer au cas Marocain? 
Concrètement, dans le cas de l’économie Marocaine, quand on appréhende que les importations en biens d’équipements et en demi-produits aient cru respectivement de 21,7 et 4,6 milliards de dhs, on pourrait être tenté d’y voir un signe de dynamisme économique. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe dans le cas Marocain. En effet, le rehaussement des importations des demi-produits est étiré principalement par l’usine de Renault-Tanger. 

Celle-ci, profitant du rebond de la demande européenne, connaît une euphorie à l’export, ce qui se traduit par plus d’importations des pièces nécessaires à la production. Ainsi, des importations de demi-produits en hausse sont le reflet de la reprise, mais en même temps révélateur d’un timide taux d’intégration locale qui est encore assez modeste gravitant autour de 38%. En effet, plus de la moitié (60%) des composantes automobiles nécessaires à la production de chaque véhicule sortant de l’usine de Tanger sont importées. Donc si la dynamique des exportations du secteur de l’automobile est une bonne nouvelle, la mauvaise est que le faible taux d’intégration, symptôme de la vulnérabilité et déficience du tissu productif Marocain, fait exploser les importations liées à cette industrie. 
Aussi la montée des importations des biens d’équipement traduit manifestement une dynamique d’investissement sauf que dans le cas du Maroc, cette propulsion est surtout focalisée sur les grands programmes, notamment la ligne de TGV, les centrales solaires qui engloutissent l’essentiel des importations en biens d’équipement (chaudières, turbines à usage industriel, des moteurs à pistons, pièces détachées, etc.). Dit autrement, l’embellie d’investissement dont on disserte dans la presse écrite et audio-visuelle Marocaine demeure biaisée, ponctuelle et non généralisée et son effet d’entraînement reste très modeste. En effet, les PME/PMI Marocaines seraient moins concernées par ce dynamisme des achats de biens d’équipement, et ce eu égard à la baisse du coût du crédit. En effet, les bilans des banques commerciales Marocaines le corroborent : Hormis les grands groupes, les PME investissent peu ou prou sachant qu’elles représentent 90% du tissu productif Marocain. Dès lors, la dynamique de reprise et/ou d’investissement annoncée est surestimée, alors qu’elle reste cantonnée à quelques acteurs et secteurs, ce qui exige de notre part de la prudence et de la nuance en matière de jugement de valeur.

Si l’ébauche de cette dynamique partielle est réelle, elle est inopportunément anémiée par les fissures structurelles du système productif Marocain. L’une d’elles est l’inféodation de notre agriculture aux aléas climatiques : Les importations de produits alimentaires n’ont-elles pas augmenté de 7 MMDH, suite à la mauvaise campagne agricole ? Au Maroc gouverner n’est-il pas pleuvoir pour paraphraser Le maréchal Hubert Lyautey ? 
En sus, une autre carence aussi et non des moindres est l’anémie de notre compétitivité appuyée, sur la baisse des coûts salariaux à des fins de stratégie d’exportation. La compétitivité internationale ne peut se confiner au coût du travail. En effet, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.
Notre déficit commercial est tangible à travers la hausse de nos importations de produits finis de consommation de 10 MMDH, ainsi que l’impuissance des exportations marocaines à contrebalancer la hausse des importations surtout avec une conjoncture propice atténuant la facture énergétique. D’ailleurs, la hausse des importations de biens (28 milliards de dhs) est dix fois plus importante que celle des exportations (2,8 milliards de dhs). Assurément, les secteurs de l’automobile, de l’agroalimentaire, de l’aéronautique et du textile, soutiennent le tempo. Leur volée a été fracturée par la timide prouesse des exportations marocaines en phosphate, qui ont chuté de 5 milliards de dhs. Si la bonne nouvelle aujourd’hui est la montée en puissance des métiers mondiaux du Maroc ou ce qu’on appelle communément les 3M, en singulier l’automobile, il n’en demeure pas moins que leur essor reste limitée pour contrepeser la faible tenue des exportations classiques.

D’où la nécessité d’une plus grande diversification de notre offre exportable qui se situe dans une phase transitoire. Une telle diversification passe inlassablement par l’amélioration de notre compétitivité, laquelle exige une hausse de notre productivité. L’ancrage du taux d’intégration pour les nouvelles industries installées au Maroc devrait être une précellence et un Must pour déchaîner des spillovers conséquents sur le reste des secteurs rivés directement ou indirectement aux investissements étrangers. Pour se faire, le système productif a besoin d’un climat des affaires plus fertile et favorable aussi bien pour les investisseurs étrangers que locaux pour cultiver et défricher une meilleure division international du travail et une large spécialisation mondiale.
Présentement, si l’on doit conjecturer que le déficit commercial marocain commence à peine à changer de nature, il n’en demeure pas moins qu’il reste structurel en raison de la double obédience climatique et énergétique, en sus de la démission d’une compétitivité à fleur de peau étayée pour l’essentiel sur les bas salaires. Il nous semble que compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux que les pays moins développés à l’instar de l’économie allemande, irlandaise ou suisse ? 
Faire valoir uniquement le bas salaire ne peut que damner le tissu économique marocain à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que la percée Des marchés internationaux. 

S’il est vrai que l’on peut obtenir des produits compétitifs grâce à des salaires bas, il est tout à fait possible de réduire le coût total sur un critérium essentiel qui est souvent passé sous silence, alors qu’il est déterminant, à savoir la productivité du travail, avec des travailleurs plus productifs, qui permettront non seulement d’avoir une production plus élevée, mais aussi de faire des économies dans l’utilisation des autres facteurs de production, grâce à leur efficacité et leur efficience économique. Or, si l’on observe la productivité du travail au Maroc, elle traîne loin derrière celle de ses principaux concurrents sur les marchés européens, tels que la Roumanie, la Turquie ou la Pologne, mais aussi très loin derrière les grands pays émergents asiatiques, à savoir l’Inde et l’Indonésie. À l’appui de notre assertion, les estimations de la Banque Mondiale montrent que le rythme de progression de la productivité du travail dans les économies émergentes dépasse 4 % alors qu’il ne se situe, dans le cas de l’économie marocaine, qu’autour de 2,5 % par an.L’atténuation du déficit commercial passe infailliblement par l’amélioration de la compétitivité. Une telle compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance pérenne et inclusive. L’affûtage de la productivité du travail, permettra non seulement de consolider notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité et l’innovation.In fine, à l’allégorie du bon et du mauvais cholestérol, exorciser le déficit commercial passe inexorablement par la baisse du mauvais et l’augmentation du bon.

25 avril 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Gouvernement Psy au Maroc 2017:Quelles sont les « Psy-causes » des opérateurs économiques?

by Mustapha Maghriti 17 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

D’emblée, le Souverain Marocain a tranché le nœud gordien en mettant fin à un suspens hitchcockien qui a tenu en haleine l’arène politique Marocaine durant plus de 6 Mois. En effet, ce 6 Avril 2017, le Souverain Marocain a nommé le nouveau Gouvernement avec à sa tête un psychiatre et Fqih Soussi bardé de diplômes en théologie, en l’occurrence Saad-Eddine El Othmani le nouveau « psy-chef » de l’exécutif Marocain. 
L’éviction de Benkirane et la nomination de Saad-Eddine El Othmani ont donné lieu à une série d’exégèses et d’anagogies. Il paraît nécessaire de s’atteler à l’essentiel dans l’ambition de permettre au débat politique de décapsuler, enfin sur des solutions économiques et sociales probantes et de leur bonne marche. 
L’issue choisie par le Souverain Marocain s’inscrit parfaitement dans l’essence, la souche et l’âme de la constitution de 2011 qui stipule que le Roi nomme une personnalité politique du parti arrivé premier, sans l’obliger à prendre le chef. Le Roi, parrain de la marche des institutions avait la possibilité d’opter pour d’autres options, il a préféré continuer à s’inscrire dans la pérennité du respect de la constitution de Juillet 2011. Ce n’est pas rien et il faut le saluer. Sur la scène politique, nous avons assisté pendant plus de 6 Mois à un blocage, qui au fil des jours n’avait plus rien de politique. C’est devenu une polémique, voire même une guérilla d’égos ressentie par les Marocains comme telle écimant et mutilant, au niveau de l’opinion publique, la démocratie. Ensuite, cette catalepsie a eu des corollaires pervers au niveau économique, mettant en jeu la pérennisation et la survie des entreprises et PME/PMI Marocaines. La nomination du psychiatre Saad-Eddine El Othmani respecte la démarche démocratique et déverrouille la serrure politique d’une solution rapide où en moins de 5 jours ce Fqih issu de la région de Souss est arrivé à débloquer la situation et à former la majorité en parvenant à un accord de coalition avec cinq partis, le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), l’Union constitutionnelle (UC) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). 

Présentement, il faut que tous les acteurs s’élèvent : Les Marocains escomptent et aspirent à un Gouvernement qui réponde à des aspirations économiques, politiques et sociales légitimes et urgentes. Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.
Saad-Eddine El Othmani doit tenir compte de ces aspirations et doléances. Le Roi du Maroc, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route en soutenant majestueusement que l’alliance gouvernementale n’est pas le partage d’un gâteau ? Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent dans la durabilité des choix de la Nation.
Les acteurs économiques attendent des réponses à des questions, récurrentes, qu’ils se posent de manière formelle, explicite et latente. De telles préoccupations revêtent une stridence singulière dans le contexte du nouveau Gouvernement et qui marque la fin de la première expérience gouvernementale conduite à l’ère de la nouvelle constitution de Juillet 2011. Dans ce sens, le corps social tout entier Entreprises et Ménages attend avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par l’exécutif Saad-Eddine El Othmani issu de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies et les layons destinées à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

Pour le monde des affaires, la principale imploration réside dans le renforcement des mesures destinées à fertiliser le climat des affaires économiques et du business international, seule hypothèque et gage d’une économie productive efficiente car génératrice de gains de productivité et d’amélioration de compétitivité. Aussi, des politiques plus incitatives en direction du secteur privé sont de nature à aider l’entreprise marocaine à jointoyer et cimenter son positionnement sur les marchés traditionnels ceux de L’Union Européenne et tirer profit des opportunités de croissance offertes par les marchés de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec un PIB de 674,34 milliards de dollars US ce qui en fait la 20éme puissance économique du monde, marchés avec lesquels le Maroc compte développer une véritable coopération Sud-Sud. Outre, les perspectives de croissance à l’international, cette « nouvelle politique » de l’entreprise aurait également au moins deux séries d’incidences positives au plan interne. D’abord, de telles perspectives de développement des marchés sont des prérequis incontournables à tout essor de l’investissement et partant au redressement de la démographie des entreprises caractérisée, ces derniers temps, par une forte mortalité. Coïncidant, ensuite, avec la mise en œuvre du « programme d’accélération industrielle », cette nouvelle politique contribuerait, à coup sûr, à la reprise des activités économiques qui n’ont progressé que de 3,2% sur le quinquennat 2012-2016 en perte de 1,5 point du PIB en comparaison à la période 2004-2011 où la création des richesses avait crû de 4,8% par an.
En sus, selon les statistiques puisées dans le dernier rapport du Recensement Général de la Population et de l’Habitat GRPH, les 7,4 Millions de ménages aspirent et espèrent une amélioration de leurs niveaux de vie et un engagement ferme et affirmé pour la réalisation des objectifs du développement humain. De telles attentes nécessitent des politiques publiques audacieuses pour éponger ou, autant que faire se peut, amenuiser de manière persuasive les déficits antérieurs. Toujours, selon la même source, le taux d’analphabétisme de 32% touchant les 10 ans et plus est encore trop élevé en 2014 ; il en est de même du taux de sous-emploi qui est passé de 11,3% à 11,5% au niveau national selon les dernières statistiques du Haut Commissariat au Plan HCP.

En définitive, c’est dans la capacité des futures politiques du Gouvernement Psy Saad-Eddine El Othmani d’apporter des répliques à ces  » spleens » et  » psy-causes » émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine pourrait renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique. A défaut, tout hiatus entre ces préoccupations du corps social électoral Marocain et la pertinence des réponses inscrites dans les programmes du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani et les stratégies qui en découlent ne feraient que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve voire de méfiance du citoyen à l’égard de toue opération électorale future.

17 avril 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

L’aggiornamento des stratégies concurrentielles de Michael Porter à l’ère du digital

by Mustapha Maghriti 12 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

A l’ère de la révolution numérique, Michael Porter a effectué un aggiornamento important des concepts qui l’ont rendu incontournable, il y a plus de 35 chandelles dans l’analyse des stratégies concurrentielles. Cette véritable mise à jour de la pensée « Porterienne » a été publiée initialement dans la Harvard Business Review de Novembre 2014. 
Selon le professeur très réputé de Harvard, l’Internet des objets transmute en profondeur le paysage concurrentiel. En effet, se scléroser à affronter la concurrence par la production d’objets physiques ou en mettant en œuvre des technologies pour automatiser la chaîne de valeur ne serait plus une approche pertinente. Selon Michael Porter, dans tous les secteurs, les entreprises vont devoir se concurrencer en offrant des objets connectés à des plateformes digitales et reliées au réseau internet. 
De ce fait et au regard de cette nouvelle donne économique et technologique, les firmes sont astreintes à reconsidérer totalement leur approche et leur stratégie. Cela transforme profondément : 
• L’ordonnancement des compétences et des savoir-faire, 
• La perception par les consommateurs des usages et des fonctionnalités essentielles, 
• Les stratégies de différenciation, 
• Le choix des business models, 
• La définition même du secteur d’activité de l’entreprise. 
L’auteur de l’avantage concurrentiel des nations, conceptualise ainsi la révolution des objets connectés comme la troisième grande vague de transfiguration de la stratégie et de la concurrence introduite par les technologies de l’information. 

Faut-il rappeler que rétrospectivement et historiquement: 
• La première vague, celle des années 60 et 70, consistait à informatiser des éléments de la chaîne de valeur, comme la gestion des commandes, la conception des produits ou la facturation, 
• La seconde marée, celles des années 80 et 90, fut celle de la coordination et de l’intégration des différents éléments de la chaîne de valeur, dans et hors de l’entreprise. C’est celle qui a permis la désintégration et la globalisation des chaînes de valeur, 
• La troisième, celle qui assoit l’information au cœur du produit même : Elle transformera non seulement le produit, mais aussi la chaîne de valeur, les modalités de la concurrence et la structure des marchés. 
Michael Porter décline ainsi l’incidence prévisible d’un monde d’objets connectés sur son modèle des cinq forces concurrentielles, quitte parfois à risquer d’en faire fulminer le cadre conceptuel. Le professeur de Harvard concède notamment que la définition du champ concurrentiel doit être mise à jour. Une telle mise à jour prophétise trois tendances majeures introduites par l’avènement des objets connectés : 
• Primo, une phase de raffermissement et de consolidation au niveau des marchés : la hausse de la barrière à l’entrée exigée par la complexité des produits et l’avantage conséquent du premier entrant en matière de données excluront de nombreux opérateurs, et dresseront de puissantes barrières à l’entrée. 
• Secundo, une phase de consolidation entre des marchés jadis distincts, mais désormais fédérés autour d’un système de produits ou d’un système de systèmes. 
• Tertio, l’arrivée de nouveaux entrants, notamment issus du logiciel ou du conseil. Ces derniers ne seront pas confrontés au dilemme de l’innovateur et ne seront pas encombrés d’actifs, de process ou d’organisation héritées du modèle antérieur. 

Sur le fond, il ne s’agit que d’une mise à jour des concepts de Michael Porter. Pour autant, en voulant intégrer les stratégies de l’ère numérique dans sa conception de la concurrence développée depuis les années 80, Michael Porter bifurque d’une vision souvent défensive de la concurrence où les entreprises cherchent à améliorer leur rentabilité en se protégeant de la pression des rapports de forces concurrentielles, à une approche beaucoup plus offensive en insistant sur la nécessité pour nombre d’entreprises d’une remise en cause radicale de leur stratégie. 
In fine, la question qui nous apostrophe, c’est de savoir dans quelle mesure les firmes en place peuvent remettre en cause aussi profondément leurs compétences-clés, leur chaîne de valeur, leur culture d’entreprise mais aussi leur business model ? Cela remet de facto, en guise de conclusion, la question des barrières à la mobilité. 

12 avril 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Positionnement du Maroc en matière d’innovation 2017; peut mieux faire

by Mustapha Maghriti 12 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que l’innovation joue un rôle crucial dans la dynamique économique et sociale des économies et ce en stimulant la productivité et la croissance économique. Les technologies de l’information et de la communication constituent une illustration parfaite de la capacité de transformation et le potentiel de croissance de l’innovation. En effet, le pays d’uncle Sam a connu une période de croissance rapide dans les années 1990 (près de 5 % par an entre 1995 et 2000), nettement supérieure aux accomplissements des autres pays développés et des décennies précédentes. Cette dynamique économique s’est accompagnée d’une augmentation remarquable des gains de productivité, qui a permis de concilier stabilité des prix et plein-emploi. Cette croissance a été tirée par les nouvelles technologies de l’information et de la communication l’informatique, la téléphonie mobile, Internet. 

Qu’en est-il de la réalité de l’innovation au Maroc ? Quel est le positionnement du Maroc par rapport à des pays similaires en termes de développement ? 
Pour y répondre, on s’est référé à l’indice mondial de l’innovation qui a été crée conjointement par l’Université Cornell, l’Institut Européen d’administration des Affaires INSEAD et l’Organisation Mondiale de la propriété intellectuelle WIPO.

Cet indice mondial de l’innovation établit un classement des résultats de l’innovation dans environ 140 pays et économies du monde entier et classe les économies mondiales depuis 2007 sur la base de leur capacité d’innovation en se basant sur plus de 80 indicateurs dont l’institution, les ressources humaines, la recherche scientifique, la sophistication de l’environnement des affaires, le rendement universitaire…..etc. 
Publié le 26 Mars dernier et conçu pour calibrer les prouesses des pays en matière d’innovation, le rapport  » the global innovation index 2016 : Winning with global innovation  » et avec un score moyen de 32,26 fait passer le Maroc de la 78éme place en 2015 à la 72éme place en 2016. 
Avec un tel classement, le Maroc devance la Tunisie (77éme), l’Egypte (107éme) et l’Algérie (113éme) et fait figurer le Royaume parmi les économies à revenu intermédiaire moyen les mieux classées vu des critères principaux d’analyse comme la qualité de l’innovation et les dépenses en la matière. Ces performances confirment les avancées enregistrées par le Maroc en termes de propriété industrielle.
Parmi les critères pris en compte par ce classement, la bonne performance concernant les actifs immatériels (36éme mondial), et ce notamment grâce aux indicateurs relatifs aux dépôts de marque par origine et PIB (36éme) et aux dessins et modèles industriels par origine et PIB (8éme place). D’après l’étude détaillée, la force du Maroc serait aussi la qualité de ses infrastructures, classées 45éme mondiales. Les principaux indices analysés sont les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services en ligne des institutions gouvernementales ou encore l’e-participation. 
En revanche, le Maroc demeure moyen quand il s’agit du capital humain (61éme) ou de création de la connaissance (78éme). Le secteur où le pays perd beaucoup de points dans la moyenne est la sophistication du business, comprenant la connaissance des travailleurs, les relations pour l’innovation et l’absorption des connaissances. Il se classe 125éme, presque en fin du tableau.

Sur le plan continental, l’analyse montre que le Maroc se hisse au top 3 africain du classement, après l’ile Maurice et l’Afrique de Sud et premier en Afrique du nord. 
Au niveau régional notamment dans l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale NAWA, le Maroc se positionne à la 73éme place derrière le Qatar 50éme, Bahreïn 57éme, Arménie 60éme, Géorgie 64éme, Koweit 67éme et le Liban 70éme. 
A l’échelle planétaire, la Suisse demeure le meilleur pays au monde en termes d’innovation. Aussi, en tête du classement 2016, on trouve quatre pays, à savoir le Japon, les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui sortent du lot notamment en ce qui concerne la “qualité de l’innovation”, un indicateur de haut niveau qui tient compte de la qualité des universités, du nombre de publications scientifiques et du nombre de dépôts internationaux de demandes de brevet. 
Cet année, la Chine rejoint le groupe des 25 nations les plus innovantes au monde ce qui reflète les résultats positifs de ce pays en matière d’innovation et l’utilisation d’indicateurs améliorés en matière d’innovation. 
Dans cette édition, le rapport étudie les répercussions des politiques axées sur l’innovation sur la croissance économique et le développement. Les pays à revenus élevés tout comme les pays en développement cherchent à assurer une croissance étayée sur l’innovation en mettant en œuvre différentes stratégies. 
Par ailleurs, le rapport souligne que l’innovation nécessite des investissements permanents. Avant la crise de 2009, les dépenses en Recherche Développement (R‑D) augmentaient chaque année de 7% environ. Les données 2016 indiquent que la R‑D mondiale a augmenté de 4% seulement en 2014. Ce chiffre résulte du fléchissement de la croissance dans les pays émergents et du resserrement des budgets consacrés à la R‑D dans les pays à revenu élevé.

En somme, le Maroc peut mieux faire pour améliorer son positionnement sur l’échiquier mondial. Difficile avec un ratio dépenses en R&D/PIB qui tourne autour de 0,8% et à peine 1,87 chercheur pour 1.000 actifs, une production scientifique nationale constitue seulement 0,122% de la production mondiale, prétendre rivaliser des économies émergentes comme la Turquie. 
Aussi, la faible contribution du secteur privé à l’effort R&D est pointée du doigt. Et pour cause, le faible développement de la filière du capital risque privé. Ce qui ne favorise pas l’émergence de start-up innovantes. Faut-il rappeler à cet titre qu’au Maroc, la R&D demeure financée par le secteur public à hauteur de 73% contre 22% pour le secteur privé, 1% pour le partenariat public-privé, 1% pour le partenariat public-public et 3% pour la coopération. A cet égard, le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) devrait s’ouvrir davantage aux entreprises Marocaines porteuses de projets d’innovation à même d’assurer de nouvelles perspectives de croissance inclusive et créatrice d’emploi.

12 avril 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le projet Méditerranéen : Un Must, une nécessité impérieuse dans les Relations Europe- Maroc-Afrique

by Mustapha Maghriti 6 mars 2017
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que la région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le projet Méditerranéen s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. Reconnaissant-le, en prélude, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne de Voisinage, le building et l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Méditerranée. Rétrospectivement et historiquement depuis la chute du mur de Berlin et de l’ancien bloc soviétique, les Européens se sont tournés vers l’Europe centrale et orientale en oubliant leur sud, il revient le mérite au ex-président de la République française d’avoir replacé la Méditerranée au centre des géométries politiques en lançant le projet d’une union pour la Méditerranée destinée à remplacer un Processus de Barcelone poussif et peu satisfaisant. L’Europe, en complémentarité avec ses partenaires de la rive Sud, est plus que jamais interpellée à peser dans la région méditerranéenne, notamment à travers l’Union pour la MéditerranéeFaut-il rappeler que l’Union pour la Méditerranée est une organisation intergouvernementale qui regroupe 43 pays sur la base d’une co-présidence paritaire entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée. Il a été fondée le 13 juillet 2008, lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée qui est destinée à renforcer les acquis du Partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone.

Nous pensons qu’il est un Must de jeter l’ancre sur le Sud Méditerranéen, car le Mare Nostrum recèle d’énormes potentialités économiques, humaines et naturelles, pouvant être une véritable courroie de transmission de croissance et la dynamique économique pour l’Europe. Une tel vertu géostratégique impliquerait, de la part de cette dernière, une coopération plus engagée et plus cimentée, en synergie avec les prévalences de l’agenda des pays du Sud et le durcissement de ses capacités d’action dans cet espace régional, tout en fédérant le rôle de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant qu’instrument vital et inéluctable dans la future configuration de la Politique européenne de voisinage. Cela nous semble nécessaire pour aplanir les inégalités économiques et sociales, mutiler les tétanies identitaires qui germent et fécondent au Nord comme au Sud, car nous pensons, en terme dialectique, que la stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que son redressement économique et productif, passent indubitablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. A cet égard, il est impérieux et péremptoire d’élucubrer les conditions économiques et sociales à même d’accoucher de nouveaux modèles de dynamique économique, plus endogènes et durables qui seront altruistes et plus fructueux à toute la région. Ceux-ci passent irréversiblement par la valorisation des potentialités de la rive du Sud, et ce en intronisant des investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes de la ceinture Sud-Méditerranéenne. Aussi, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Méditerranéen ? Avouons-le, l’Union pour la Méditerranée l’a bien arquepincée, en se dotant d’une vision agencée sur des orientations visant le raffermissement de la coopération régionale en Méditerranée, étayée sur la création d’opportunités économiques en faveur des jeunes. 

Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays du Sud; ils doivent réaliser intrinsèquement leur propre « sueur » économique, sociale et politique en termes de réformes économiques, de gouvernance, de démocratie et d’État de droit en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. La promotion d’une approche régionale pour l’immuabilité de la paix et de la dynamique du développement n’appelle-elle pas à la prise en compte de toutes les dimensions stratégiques, notamment africaine ? Penser la Méditerranée n’exige-t-il pas de concevoir cet espace non pas comme une région terne et effacée mais comme une interface dynamique et tangible, capable d’assurer la connexion et la mise en étroite relation des territoires qui l’entourent ?Reconnaissant le, le Maroc l’a bien appréhendé en faisant le pari de l’ouverture sur son continent et ce en optimisant sa position géostratégique entre l’Afrique et l’Europe. En effet, le Madiba Marocain, le Souverain Marocain en l’occurrence, a eu toujours le souci d’ancrer l’Afrique dans une séquence vertueuse porteuse d’espoir, car l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable.C’est tout le sens qui a été donné à la vision Africaine du Royaume voulue par le Souverain Marocain, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour le continent car , il ne peut y avoir de développement sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement. C’est dans ce sens que le Maroc a toujours accompagné les pays d’Afrique dans la consolidation de la paix et de la sécurité régionales : Même en dehors de plus de 32 ans des institutions de l’Union Africaine, le Maroc n’a-t-il pas œuvré pour la paix en participant aux missions Onusiennes en initiant des processus en Lybie et au Mali ? Lorsqu’il était membre non permanent du conseil de sécurité, le Maroc n’a-t-il pas défendu l’approche Africaine pour la résolution des conflits ?

Somme toute, la pérennité, la sérénité et la placidité de l’Europe, ainsi que sa consolidation économique passe notoirement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. L’Afrique du Nord a autant besoin des solidarités de la rive septentrionale que l’Europe intérêt à ne pas s’isoler de son environnement méridionale.Dans une telle dialectique, le projet Méditerranéen s’impose de facto pour les deux rives de la Méditerranée et ce en cristallisant la mission de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant que maillon décisif dans l’expectative physionomie de la Politique européenne de voisinage. Gageons et augurons-nous, en guise de conclusion d’une constellation d’une rive, d’un rêve celui d’une Méditerranée plurielle, généreuse qui ne cessera pas de se raconter d’elle-même pour paraphraser l’éminent historien de la Méditerranée Fernand Braudel.
Bataillons-nous pour la pérennité de l’esprit méditerranéen et faire en sorte que la Méditerranée s’assemble plus qu’elle ne dissemble.

6 mars 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le Maroc est-il une économie concurrentielle et libérale en 2017 ?

by Mustapha Maghriti 27 février 2017
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith est souvent considéré comme l’auteur allégorique et le pape du libéralisme qui incarnerait la foi dans les vertus du marché et s’ensuit tout une ruée de disciples et de courant libéral, néolibéral et ultralibéral, qui à l’en croire, le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d’optimum économique et que la liberté économique améliore aussi la situation des plus démunis, les libéraux considèrent que la métaphore d’Adam Smith la « main invisible » permet d’améliorer la situation de tous.
Cette liberté économique est définie comme l’absence de toute capacité de coercition ou de contrainte de la part du Gouvernement sur la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens. La liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en exhortant l’esprit d’entreprise et la création de valeur ajoutée. 
La fondation Américaine The Heritage Foundation publie chaque année son étude annuelle « Index of Economic Freedom ». Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée du père fondateur du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », à savoir que « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble. Elle est mesurée à travers des indicateurs répartis en quatre catégories, qui sont elles-mêmes divisées en douze sous-catégories équi-pondérées qui sont : Autorité de la loi, taille du gouvernement, efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l’étude.
Qu’en est-il de la liberté et du libéralisme économique au Maroc en 2017 ?

Dans son 23ème édition, le classement de la fondation Américaine « The Heritage Foundation » dans son étude annuelle « Index of Economic Freedom » publié en début de ce Mois de Février 2017 sous le titre « Promotion des opportunités économiques et renforcement du pouvoir de l’individu et de la prospérité », fait apparaître que sur un panel de 186 pays, le Maroc, avec un score de 65,1, se positionne à la 86éme place dans l’indice de la liberté économique, soit +0,2 par rapport à l’édition précédente. 
Le Royaume se retrouve bien loin devant ses riverains d’Afrique du Nord. Le pays du Jasmin occupe le 123éme rang, tandis que l’Algérie se classe à 172éme place avec une note de 61,5 contre 61,3 l’année dernière. Le Maroc arrive à la 9éme place au niveau de la région MENA juste avant la Tunisie, le Liban, l’Égypte, l’Iran et l’Algérie.
L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap-Vert sont les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice qui mesure des critères tels que la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption.
Sur les aspects positifs, l’investigation de The Heritage Foundation salue le Maroc sur son engagement en faveur des réformes économiques galvanisant un secteur privé qui évolue de façon dynamique ». Le point fort, selon la fondation Américaine, réside dans un marché ouvert où le niveau des libertés commerciales, financière, et d’investissement est élevé. 
Aussi, le commerce est important dans l’économie marocaine. En effet, la valeur des imports-exports pris ensemble correspond à plus de 81% du PIB, constate l’enquête qui est un outil heuristique pour les chercheurs, les enseignants et aux étudiants, mais surtout qui donne une visibilité pour les décideurs politiques, le milieu des affaires, du business et la finance. 
En sus, les investisseurs domestiques et étrangers sont souvent traités de façon égale par la loi, en l’occurrence la charte de l’investissement promulguée en 1995 et qui est, faut-il le rappeler, sujet à un recalibrage , à la redéfinition de son contenu et l’adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement
Toutefois chaque médaille a son revers, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande inexorabilité et considère qu’un large tronçon de la force de travail est marginalisé à cause d’une régulation inflexible du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. 
Par ailleurs, avec une note de 71,7, la charge fiscale globale est égale à 22,0% du produit intérieur brut. Au cours des trois dernières années, les dépenses publiques, les déficits budgétaires et la dette publique se sont élevés à, respectivement, 31,9%, 4,8% et 63,7% du PIB.
De surcroît, « Les procédures de création et d’enregistrement d’une entreprise privée ont été simplifiées ces dernières années grâce à la fluidité des Centres Régionaux d’Investissement CRI. Cependant, en dépit de certaines améliorations, la rigidité du marché du travail continue de détourner la croissance dynamique de l’emploi », détaille le Think tank Américain.
De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché inhibitoires aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se noyer dans l’océan de l’informel.

Certes, il y a eu des gains modestes en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce), néanmoins ils ont été annihilés par le recul de l’État de droit et la recrudescence de la corruption. En effet, l’organisme américain pointe du doigt le problème du respect de la règle de droit : Le think tank de l’Uncle Sam considère « que le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant, que les fonctionnaires commettent des pratiques de corruption en toute impunité » et que « la corruption est un problème grave dans l’ensemble du gouvernement et de l’application de la loi ». De ce fait, même si le Maroc a adopté une politique de réforme du secteur privé, le progrès reste tributaire de la volonté du Gouvernement d’affronter plusieurs défis urgents, en particulier la primauté du droit.
Outre plus, les critères sur les droits de propriété, l’intégrité du gouvernement et l’efficacité judiciaire ne sont donc pas bien notés puisque « Le système judiciaire est inefficace et sujet à des retards », note le rapport. Autant dire une contreperformance très inquiétante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère.
Cet excès d’iniquité et d’arbitraire ne fait que consolider l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption.
Friedrich Hayek, grand sectaire du libéralisme et un invétéré de l’économie du marché, dans « La Route de la servitude », n’a-t-il pas dit que « La justice n’a pas à considérer les conséquences des diverses transactions, mais à vérifier que les transactions elles-mêmes ont été loyales. ». Loyal envers lui-même et envers son peuple, le Souverain Marocain Mohammed VI, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

Il est temps que l’exécutif prochain culbute avec ces constantes et infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, ce qui passe inéluctablement par la redéfinition de ses missions dans le cadre d’un nouveau concept de développement stimulant aussi bien l’offre que la demande, par le cloutage de l’état de droit non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant l’orthogonalité entre le business et le politique et en remettant à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité. In fine, Feu Driss Benali n’a-t-il pas dit que le marché n’est pas un état de nature, mais un état de culture ? Défrichons-nous cette culture !

27 février 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le Maroc à l’entrecroisement des chemins économiques : Du Mare Nostrum à l’abysse Africain

by Mustapha Maghriti 19 février 2017
written by Mustapha Maghriti

Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé la célèbre allégorie, la fameuse métaphore pour définir le Maroc comme  » Un arbre dont les racines nourricières plongent profondément dans la terre d’Afrique, et qui respire grâce à son feuillage bruissant au vent de l’Europe ».
Le Maroc n’est-il pas en passe de retrouver son destin de grande capacité entre le Mare Nostrum et l’Afrique ? Sans commotions intempestifs, l’économie Marocaine et les mentalités se métamorphosent en profondeur et se dessine une vision historique ambitieuse pour les Marocains, mais aussi une vision éloquente qui doit parler aux Méditerranéens, aux Européens et aux Africains.Le Maroc puise deux itinéraires qui transpercent son territoire. La première voie Sud-Sud est celle de l’industrialisation du Nord de l’Afrique, de l’Egypte à l’Algérie, avec le Maroc au centre. La seconde voie, selon un axe Nord-Sud, est celui du gazoduc Ouest-africain, le West African Gas Pipeline (WAGP), futur tronçon sur 5 000 km qui longera la côte Ouest-africaine, de Tanger à Lagos, contribuant au développement du Sahel, tout en reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne. Faut-il rappeler que le 3 décembre 2016, le Madiba Marocain, le Roi Mohammed VI en l’occurrence, et le Président Nigérian, ont donné le coup d’envoi de ce projet de gazoduc offshore qui devrait relier le Nigeria, troisième producteur de gaz naturel en Afrique, au Maroc, puis à l’Europe. 

Le premier chemin est horizontal, c’est celui de l’industrialisation du Nord de l’Afrique, de l’Égypte au Maroc. En effet, depuis 1980, presque tous les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée s’industrialisent. Ils usèrent de la politique d’industrialisation par substitution aux importations ; ils substituèrent la production intérieure (voiture, mécanique, biens d’équipements…) aux importations. Sans rupture, le Maroc, la Tunisie, le Liban, la Turquie, et la Jordanie sont devenus exportateurs de produits manufacturés, de machines et d’équipement de transport etc…
Avec le pacte national pour l’émergence industrielle, désormais considérés comme prioritaires les métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, textile et cuir, agroalimentaire) et à les doter de nouveaux espaces de 3éme génération : les Plateformes industrielles intégrées (P2I). Celles-ci offrent à tout industriel, du foncier à prix compétitif et des services mutualisés (guichet administratif unique, maintenance, restauration, formation, etc.). 
Faut-il rappeler que le pacte national pour l’émergence industrielle est un contrat programme visant à développer l’industrie au Maroc à travers le développement des métiers mondiaux du Maroc, à mettre à niveau le tissu de PME marocain, à améliorer la formation professionnelle et le climat des affaires. C’est un pacte signé le 13 février 2009 à Fès sous la présidence du Souverain Marocain et vise à faire du Maroc une plateforme d’investissements industriels. 

Ce mouvement d’industrialisation est conforté par les nouveaux comportements des entrepreneurs européens qui commencent à comprendre les bienfaits du codéveloppement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied au Sud de leur chaîne de valeur industrielle. Cette stratégie leur permet d’une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle, et d’autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents au Sud. Enfin ce mouvement est fortement accéléré par les Chinois qui vont délocaliser 85 millions d’emplois manufacturés en Afrique, et se positionner sur la rive sud de la Méditerranée pour approvisionner l’Europe. Ce mouvement est irréversible – le capital est à l’œuvre. Voilà pourquoi le Maroc entend profiter de ce mouvement, tant ses richesses humaines et son abysse africain lui attribuent un rôle stratégique. Ce premier chemin d’industrialisation est d’autant plus pertinent pour engager le pays qu’il se croise avec un deuxième chemin Nord/Sud que les Marocains veulent et vont construire avec l’Europe.
Le second chemin, en chantier, est vertical Nord/Sud. C’est celui du transport, de la logistique et du développement des provinces du Sud du Maroc qui doivent être enrichie de zones industrielles, de zones franches, de technopoles et de clusters industriels. Une Jonction qui reliera l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne en pleine effervescence économique. Le terrain entre l’Europe à l’Afrique via le Maroc est toujours en friche. Défrichons-le ! 

Le dicton ancestral Africain à travers la prose de Manu Dibango ne dit-il pas « On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler » ? C’est idem pour l’Europe, Maroc, Afrique. André Frossard n’a-t-il pas dit que « L’Europe cherche avec raison à se donner une politique et une monnaie commune, mais elle a surtout besoin d’une âme » ? Cette âme et sœur ne peut être que l’Afrique à travers le viaduc qui est le Royaume Chérifien du Maroc 

19 février 2017 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications