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Mustapha Maghriti
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La Société Marocaine demeure phallocentrique en 2017

by Mustapha Maghriti 10 novembre 2017
written by Mustapha Maghriti

L’analyse Genre est devenue inéluctable pour appréhender le trend du développement des pays émergents.Faut-il souligner, en guise de prologue, que le concept « Genre » utilisé pour nommer la différence des sexes nous émane de l’anglais : Les auteurs anglophones utilisent « Gender » parce que « sex » en anglais renvoie beaucoup plus strictement qu’en Français à une définition biologique du masculin et du féminin. Gender renvoie à la dimension culturelle de la sexuation du monde à laquelle correspondent les termes français de masculin et féminin Le terme « genre » renverrait donc plus directement à l’ensemble de règles implicites et explicites régissant les relations femmes/hommes et leur attribuant des travaux, des valeurs, des responsabilités et des obligations distinctes. Ces règles s’appliquent à trois niveaux : le substrat culturel (normes et valeurs de la société), les institutions (famille, système éducatif et de l’emploi… etc) et les processus de socialisation, notamment au sein de la famille.Au Maroc, depuis le nouveau règne du Souverain Marocain, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé plusieurs chantiers de réformes à même d’ancrer des principes de la parité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l’égalité et de l’équité et à en faire une réalité pratique et efficace.La constitution de 2011 n’a-t-elle pas jalonnée un tournant décisif pour le clavetage des droits des Femmes et l’égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d’institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale ?

Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2017 de son rapport sur la parité hommes-femmes. L’édition 2017 du rapport mondial sur la parité hommes-femmes, «Global Gender Gap Report», publié pour la première fois en 2006 par le Forum économique mondial, a été publiée ce 2 novembre 2017. Sur le panel de 144 pays étudiés, le Maroc occupe le 136éme rang, enregistrant une note de 0,598 sur une échelle allant de 0 à 1.A l’échelle mondiale, l’Islande occupe la première place du classement, suivie de la Norvège, la Finlande, le Rwanda et la Suède. En bas de la liste, le Yémen, derrière le Pakistan (143 éme), la Syrie (142éme), le Tchad (141éme), l’Iran (140éme) et le Mali (139éme).L’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. Le Maroc est 133éme en termes de participation économique et d’opportunités, avec une note de 0,391, de tel timide score nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.Sur le volet  » représentativité politique », le royaume lui échoit la note de 0,117 en se positionnant à la 100éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espéra ainsi que l’actuel Gouvernement fasse mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième. Autant en emporte le vent, les auteurs du rapport constatent un écart grandissant entre les sexes concernant l’autonomisation politique : Le Maroc enregistre une très légère progression par rapport à l’édition précédente, qui le classait au 137éme rang mondial avec une note de 0,597.
Sur le plan de l’éducation, le Maroc se situe à 122éme position avec une note de 0,92 et pour l’indicateur de la santé et la survie, le Royaume arrive dans la 128éme place avec un score de 0,965
Au vu du rapport, le royaume reste l’un des Etats les moins performants de la région MENA. Il arrive à la 12éme place, suivi par le Liban, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Syrie et le Yémen. Il est précédé par la Tunisie, qui se hisse en tête de liste dans la région 117éme à l’échelle mondiale, les Emirats Arabes Unis (120éme), Bahreïn (126éme) et l’Algérie (127éme). En Afrique du Nord, le Royaume se situe à la 4éme place, tandis que la Tunisie caracole à la première position, suivie par l’Algérie et la Mauritanie. Difficile, dans une société machiste de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive. Toutefois, en dépit de ces entraves, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, « Ce que femme veut DIEU le veut. »

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A la quête de la molécule de la sérotonine : Le bonheur c’est les autres.

by Mustapha Maghriti 10 septembre 2017
written by Mustapha Maghriti

Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres incantatoires s’éclipsent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre. Il est le Graal irrévocable et définitif de l’humanité depuis deux mille ans: diversiforme, hétéromorphe, c’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence. Les chercheurs rappellent que le bonheur est si essentiel à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé. La thématique est indémodable et le desiderata du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La célébrité ou l’argent ? Une étude exceptionnelle menée depuis 75 ans auprès de 724 Américains en apporte une preuve édifiante et passionnante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est catégorique, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande apostrophe nous interpellé : Pourquoi ? 

Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la claustration subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes. Secundo, les bonnes relations protègent et entretiennent le cerveau : Les relations dignes et satisfaisantes préservent le cerveau. Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve difficile voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure. Robert Waldinger affirme que ces relations énergiques et conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement. Certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces querelles n’avaient pas d’implication sur leur mémoire. C’est la qualité qui compte et non pas la quantité. En effet, peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe. Vivre dans les conflits ne vaut pas mieux que se sentir seul. Ainsi, une relation maritale tumultueuse désargentée et dénuée d’affection peut être méphitique pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas « Il vaut mieux être seul que mal accompagné ». A l’inverse, des relations chaleureuses et affectueuses sont nourrissantes et protectrices.

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une sagesse vieille comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples. La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en singulier sur le plan de la communication). Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:
– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de pénibilité et avons tendance à anathématiser les autres
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’avons rien à nous reprocher
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des preuves de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière.
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations
Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.

Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent. En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit! 
Les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

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Le Roi Mohammed VI : le Madiba de l’Afrique

by Mustapha Maghriti 31 juillet 2017
written by Mustapha Maghriti

Dans un trône marocain séculaire où officie une monarchie exécutive, dresser un bilan à l’orée de 18 chandelles de royauté, peut sembler légitime de la part de la presse, mais ne se justifie ni politiquement ni économiquement dans la mesure où l’action menée par le Roi Mohammed VI, depuis son accession au trône en 1999, s’inscrit dans la pérennité et la continuité. Nous nous focalisons, dans cette tribune, sur le règne du Souverain Marocain et son combat chevaleresque pour l’Afrique.
Plus d’un 1/2 siècle après la conférence de Casablanca de 1961 initié par Feu Mohamed 5, le Roi Mohammed VI ressuscite l’histoire à travers ses multiples périples en Afrique. En effet, depuis son accession au trône, plusieurs escales ont scruté les tournées royales africaines avec le sceau de moult accords économiques démontrant l’étendue du potentiel de coopération et de l’ambition de Rabat à pérenniser et ancrer ces relations avec les contrées africaines où :
– Primo, le Souverain Marocain fait sortir l’Afrique de la dimension passéiste pour la placer sur la voie Royale de l’avenir où le King Marocain n’a’pas manqué de dire les quatre vérités aux Africains : Le contient noir ne doit pas rester otage de son passé, ni sclérosée à ses problèmes politiques, économiques et sociaux et si le XXe siècle a été celui de l’émancipation des États Africains, ce siècle devrait être celui de la victoire des peuples africains contre les effrois et les affres de la pauvreté, de l’exclusion et du sous-développement

– Secundo, c’est une apothéose révélatrice d’une nouvelle approche multidimensionnelle de développement qui veut métamorphoser l’Afrique, habituellement passive en acteur dynamique de la globalisation économique.
En sus de la portée politique des péripless royales en Afrique, c’est la place assignée au développement économique et plus singulièrement au codéveloppement qui prime : nombre d’entreprises n’ont-elles pas fait crédit à l’Afrique ? N’était-ce les sensationnelles percées réalisées par les promoteurs marocains en site africain dans les niches des télécoms, des banques, des assurances, de l’immobilier et du BTP ?
Durant ces 18 ans de règne, on ne manque pas de souligner la vision optimiste du Roi Mohammed VI sur le continent noir : Là où les occidentaux ne voient que la moitié vide du verre qui est le risque, le Souverain Marocain voit au contraire la partie pleine du verre qui est l’opportunité économique. Cet optimisme Béa sur l’Afrique et cet engagement économique aura pour corollaire d’enclencher une dynamique macro-économique vertueuse porteuse de stimulation de la croissance économique.
Aussi, le génie du Souverain Marocain sait que l’investissement dans le capital humain est l’un des meilleurs moyens de barrer la voie aux tendances de radicalisation extrémiste en Afrique et tarit les sources dans lesquelles s’abreuve l’islamisme radical. Sur ce registre, Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ».
Bob Marley, une légende qui se battait pour la cause africaine par ses rimes et syllabes du Reggae n’a-t-il pas dit qu’ »Il faut plus que des idées pour changer l’Afrique, il faut quelqu’un pour les porter », voici le Roi Chérifien Mohammed VI porte ces idées en gageant sur l’Afrique, en tablant sur son développement, en pariant sur l’aspiration démocratique du peuple africain et en misant sur le succès d’une vision qui transcende le conjoncturel et le mercantile pour s’intéresser au structurel, au fondamental avec comme trame de fond l’Homme africain.

Avec cette doigté et virtuosité royale, le Souverain Marocain écrit en eau d’or dans les annales de l’histoire que le XXIe siècle sera celui de l’Afrique et qu’il est prédisposé à devenir la motrice de l’économie mondiale.
Si Léopold Sédar Senghor définissait Ahmed Sékou Touré comme « un grand Africain qui avait pour son continent un amour tyrannique », je définis Notre Roi Mohammed VI comme « Le Madiba de l’Afrique qui a le continent noir dans ses veinures, son sang, ses nucléoles et son ADN ».

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Apostrophes sur l’attractivité des Investisseurs Extérieurs au Maroc

by Mustapha Maghriti 31 juillet 2017
written by Mustapha Maghriti

Durant la dernière décennie, l’attractivité des investissements directs extérieurs (IDE) est devenue le leitmotiv des dissertations économiques : Tout un pullulement d’écrits lui y est consacré et dédié. Elle est devenue la tarte à la crème du paysage écrit et audiovisuel mondial : Toute une profusion d’articles foisonne et abonde, dans les journaux et les revues économiques internationales, pour cette fervente thématique. Et c’est le mouton de panurge des gouvernements : Tous les Etats y courent après. 
– Une première apostrophe nous interpelle : Pourquoi une telle sollicitude pour ces promoteurs étrangers ? Pourquoi une telle bienveillance pour ces multinationales ? Pourquoi ce « welcome » pour ces investisseurs étrangers alors que, paradoxalement, durant les années 60 et 70, elles étaient mal désirées, elles étaient considérées comme les néocolonialistes qui extorquaient et pillaient les richesses des pays du tiers monde, terme en vogue à l’époque. La réponse réside dans le fait que ces mannes financières extérieures sont perçues, aujourd’hui, comme la panacée universelle à même de cicatriser et guérir tous les maux économiques et sociaux dont pâtissent et tarent les sociétés : Chômage, exclusion sociale, tarissement des ressources intérieures, hiatus technologique, fracture numérique, déficit du compte de la balance des paiements…………..etc. 
Du coup, une corrida et une course sans trêve, une rivalité féroce et une concurrence rude s’est développée entre les Etats, par le biais des politiques d’attractivité, pour appâter les entreprises étrangères. Au regard de cette surenchère entre les Gouvernements, pour envoûter les promoteurs étrangers et acculé aux problèmes économiques et sociaux, le Maroc joue le Don Juan et le charmeur pour fasciner et séduire les entreprises étrangères à travers toute une panoplie d’appâts alléchants dont on évoque l’amélioration de l’environnement juridique des affaires ( nouvelle législation en matière de droit des sociétés, de la concurrence, du code de commerce et de la protection de la propriété intellectuelle) , politique de privatisation dans certains secteurs stratégiques (les télécommunications, l’assainissement et la distribution de l’eau et de l’électricité, etc.), la mise en place d’une gestion déconcentrée de l’investissement conformément à la Lettre Royale adressée au Premier Ministre le 9 janvier 2002 instituant les Centres Régionaux de l’Investissement (CRI), la création de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI, l’adoption d’un cadre fiscal captif en matière d’investissement avec notamment la refonte encours de la Charte de l’investissement …………..etc. 

– Une seconde interpellation nous apostrophe: Les promoteurs étrangers mordent-ils à l’hameçon des appâts évoqués ci haut ? Dit autrement, les mesures donjuanesques ont-elles secrété un Maroc de prédilection pour les entreprises étrangères et s’adjuge-t-il, en corollaire, d’un flux d’investissement d’envergure ? La réponse est que si on fait litière des prouesses exceptionnelles des mannes financières des licences GSM, de la privatisation de Maroc-télecom, de la régie des tabacs …….. etc qui ont euphorisé les montants des IDE, le Maroc demeure encore non alléchant pour les investissements extérieurs, en atteste l’éloquence des chiffres.
En effet et à l’appui de nos allégations, les derniers rapports portant l’autographe de la Conférence des Nations Unis pour le Commerce et le Développement (CNUCED) exhibe que le Maroc ne draine que la part minuscule de 0,1% du total des flux des investissements extérieurs dirigés vers l’Afrique, 0,01% par rapport au total mondial. 
– Une troisième interrogation nous hèle : Pourquoi cette médiocrité de l’IDE au Maroc ? Quels sont les écueils sur lesquels les entreprises étrangères achoppent ? Quelles sont les tares et les entraves sur lesquelles piétinent les promoteurs étrangers ? Quels sont les gisements d’attractivité que le Maroc doit piocher et creuser pour figurer sur le short-List des investisseurs étrangers ? Certes, le Maroc a déployé des efforts louables et laborieux en initiant ces dernières années un certain nombre de réformes dans des chantiers touchant le climat de l’investissement extérieur (Fond Hassan II, l’échafaudage des CRI, Commission des investissements, plan d’accélération industrielle…………..etc.). Toutefois, les dividendes en termes de flux des IDE restent en deçà des espérances escomptées. Plusieurs travaux émanant de l’Administration (Département du commerce et de l’industrie), des organisations internationales (Ernest&Young, FIAS…etc.), de l’université ont cherché à apporter des éléments de réponse à cette quadrature de cercle, en l’occurrence la faible attractivité de l’IDE au Maroc et sa promotion.
Une quatrième interpellation nous appelle : Est-ce que les éléments de réponse apportés sur les pierres d’achoppement des investissements extérieurs et leur promotion résident uniquement dans les sphères jusqu’à présent défrichées ? La réponse est que, dans ce contexte de métamorphoses sempiternelles de l’environnement économique, le nec plus ultra, nous semble-t-il, serait de scruter d’autres horizons relatifs à la médiocrité des flux des IDE tout en apportant des évaluations périodiques aux impératifs de l’attractivité.

– Une dernière apostrophe se pose : Pourquoi ces évaluations au jour le jour des exigences de l’attraction des IDE ? La réponse réside dans le fait est qu’au regard de la globalisation économique (qui est un phénomène dynamique remettant sans cesse en cause les acquis), gérer l’attractivité d’une nation, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de l’attractivité est un travail de bénédictin et une affaire de longue haleine. La quête de l’attractivité, dans ce contexte de mondialisation, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe. Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation statique, figée et acquise dans l’attractivité des investissements extérieurs. Le terrain des obstacles et des générateurs de l’attractivité reste en friche. 

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Quand les USA démissionnent de la planète : Quelles retombées économiques et écologiques ?

by Mustapha Maghriti 10 juin 2017
written by Mustapha Maghriti

Choses promises choses dues, comme il l’avait promis durant sa campagne électorale, Donald Trump a annoncé ce jeudi 1er juin que les Etats-Unis démissionneraient de l’accord de Paris sur le climat scellé en décembre 2015 par de 195 pays sous les auspices de l’ONU, cet accord vise à contingenter la hausse des températures mondiales en rationnant les émissions de gaz à effet de serre.
La décision de Donald Trump de se démettre du pacte de Paris sur le climat a suscité une commotion auguste et des anathèmes internationaux unanimes. Au-delà de ses répercussions politiques, quelles sont les conséquences écologiques et économiques d’un tel retrait ? 
Soulignons, en guise de prologue, qu’une telle décision n’est pas une première. Rétrospectivement, en 2001, George Bush Jr n’avait-il pas ratifié le protocole de Kyoto que son prédécesseur, Bill Clinton, avait soutenu ? Ce choix repose sur des raisons homologues à celles de Donald Trump : inquiétude pour la compétitivité des Etats-Unis, dénonciation d’un accord multilatéral qui remet en cause la souveraineté nationale, incertitudes sur la réalité du changement climatique, fulminations et colère sur l’emploi dans les secteurs carbonés.
Les conséquences écologiques :
Selon des prophéties réalisées par des chercheurs de l’organisation Climate Interactive, la quantité de gaz à effet de serre pourrait accroître de 3 Milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an, d’ici à 2030, en cas de retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Le pays d’Uncle Sam serait alors responsable d’une recrudescence de 0,3 degré sur les 3 degrés globalement prévus par les scientifiques.
Une autre projection, réalisée par l’organisation Climate Action Tracker, table sur un réchauffement de 0,1 à 0,2 degré imputable aux Etats-Unis. 

En sus de la hausse des températures dont le pays serait directement responsable, l’abandon du deuxième pollueur mondial représente une très mauvaise illustration à d’autres pays. Même en Europe, il existe des groupes industriels inquiets de leur compétitivité. 
Si les Etats-Unis ne fournissent pas les 3 Milliards de dollars promis, des pays à l’instar de l’Inde, Indonésie et Philippines notamment qui s’appuient sur l’aide financière des pays développés, ne seront probablement pas en mesure de tenir leurs engagements. 
Toutefois, des Etats américains (Californie, New-York) soucieux des problèmes sérieux d’une telle démission, ont en effet annoncé leur intention de poursuivre leurs programmes de réduction des émissions provenant des centrales électriques et des véhicules, même en cas de retrait fédéral.
Aussi, moult grandes puissances (dont l’Union européenne, la Chine et l’Inde) ont aussi promis qu’elles continueraient leurs efforts, peu importe la décision des Etats-Unis.
Les conséquences économiques :
Moins de deux ans après sa conclusion, l’annonce du retrait de l’accord par les Etats-Unis, est un très mauvais signal envoyé aux partenaires du pays qui pourront recourir à des mesures de représailles en imposant une taxe carbone sur les produits qu’ils importent des Etats-Unis. Le montant de celle-ci serait au prorata de la pollution carbone couplée à la production de chaque bien.
Aussi, le retrait des Etats-Unis du traité risque d’avoir aussi des incidences pour les pays signataires, qui devront s’acquitter de 3 milliards de dollars supplémentaires (la contribution des Etats-Unis) sur les 100 milliards prévus (89 milliards d’euros) pour les pays en développement à partir de 2020. 
Les constructeurs américains conçoivent ainsi des véhicules pour un marché mondial en matière de normes d’émission de plus en plus intransigeant. Ramollir les efforts en matière de réduction des émissions signifierait pour eux se fermer l’accès à ces marchés. Le même raisonnement prévaut pour tous les industriels américains qui exportent sur des marchés mondiaux où l’efficacité énergétique constitue désormais un critère d’achat primordial.
Au vu de ces différents éléments, il est fort à parier que la hardiesse de Donald Trump ne modifiera pas profondément la transition bas carbone engagée aux Etats-Unis et partout dans le monde. Au pire, maintiendra-t-elle artificiellement en vie, quoique de façon éphémère, un ensemble d’activités en mauvaise posture, comme la production de charbon.

En corollaire, L’ukase de Donald Trump est avant tout de nature idéologique. Le climat n’est ici qu’un faux-fuyant et subterfuge. Il s’agit d’abord de déplisser le multilatéralisme qui, à ses yeux, est une gangrène qu’il faut neutraliser par tous les armoiries dans le dessein de fortifier la suzeraineté américaine. Les mobiles économiques n’ont joué qu’un rôle très subsidiaire dans ce reflux américain comme les climatériques unanimes du secteur privé le corroborent. Faut-il dire que l’incertitude politique et réglementaire a toujours fait mauvais ménage avec la décision managériale qui a besoin de constance et de crédibilité des règles du jeu. A Copenhague lors de la COP15, Hugo Chàvez n’a-t-il pas dit solennellement que si le climat était une banque, il serait déjà sauvé ? 
Dans cette prise de parole engagée, M.Chàvez n’a-t-il pas fait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques? Le capitalisme n’est-il pas intrinsèquement lié à la crise environnementale et combattre l’un ne peut-il se faire sans combattre l’autre? Cette maxime de Chàvez ne met-elle pas en garde contre les échecs répétés des grandes conférences climatiques, qui sont toujours d’actualité?

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12 chandelles de l’Initiative Nationale du Développement Humain INDH : Quel calibrage ?

by Mustapha Maghriti 30 mai 2017
written by Mustapha Maghriti

Naguère, les institutions d’obédience ultralibérale, banque Mondiale, fonds Monétaire International, évangélisaient à cor et à cri les programmes d’ajustement structurel au Maroc afin de voir le boulot du tunnel. Cependant, ces électuaires économiques se sont révelées impuissants pour mettre le Maroc sur les rails du développement et ont exsudé, au rebours, une fente sociale abyssale. Les maux sociaux : Oisiveté, désœuvrement, chômage, ainsi que l’exclusion sociale en sont la meilleure pièce à conviction de notre assertion. 

Ainsi, le Maroc, obturé par le fardeau de ses altérations sociales, allotit au capital humain un rôle central dans sa politique de développement. Le discours du Souverain Marocain du 18 mai 2005 sur l’Initiative nationale du développement humain appelée communément INDH fut conçu pour porter suture à la précarité sociale au Maroc. 

A l’orée de ce mois de Mai, l’INDH souffla, sa 12éme bougie. Des apostrophes nous interrogent sur sa supputation et son calibrage à cet égard. 

Après 12 chandelles, les indicateurs sociaux perpétuent dans le rouge, en témoignent l’éloquence des chiffres scellés par les derniers rapports sur le développement humain PNUD. En effet, le rapport de l’administrateur du PNUD, Helen Clark coagule le Maroc dans le lot des pays à développement humain moyen avec un classement timide (123éme position parmi 188 pays). La Libye 102 éme rang, suivie de l’Algérie (83 éme) et de la Tunisie (97 éme) creusent respectivement le fossé en se repositionnant dans les pays à développement humain élevé. 

La santé n’est-il pas un indicateur avec lequel on jauge le niveay de développement économique et social : Concernant, le ratio médecin/population, et au niveau des pays du Maghreb, le Maroc n’est pas mieux loti. Il ne dispose que de 6.2 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Algérie et notre rival économique la Tunisie est de 13 médecins. L’Égypte et la Jordanie échancrent le gap avec plus de soins médicaux par des quotients respectifs de 24 et 26 docteurs. On est bien loin derrière l’Espagne avec qui on était sur le même lot des pays en développement durant les années 70, qui affiche une bonne santé avec 37.1 médecins. 

Le récent mémorandum économique 2017 de l’institution de Washington DC sur l’état du secteur de la santé au Maroc relève, que près de 8.5% des Marocains n’ont pas accès aux soins les plus primordiaux, ce qui représente plus de 25% de la population globale bien que 60 % de la population bénéficie de la couverture médicale dans le cadre de l’Assurance médicale obligatoire (AMO) et le régime d’assistance médicale pour les démunis (RAMED). 

Bien plus, l’institution de Jim Yong Kim noircit le tableau en indiquant qu’au niveau des infrastructures des hôpitaux psychiatriques, le Maroc devra faire énormément d’efforts pour atteindre la norme internationale qui est de 4.4 lits pour 10.000, alors qu’il ne dispose à présent que d’un lit. 

Bien plus, la Banque mondiale ne s’arrêta pas à ces seuls chiffres, elle dénonce toute une série de dysfonctionnements qui minent le secteur de la santé partant du manque flagrant en ressources humaines et arrivant à la corruption en passant par le clientélisme, le népotisme et la négligence. Un tableau pas du tout resplendissant qu’a dressé l’institution internationale de brettons woods et qui interpelle le ministre de la santé, qualifié par le chef de l’exécutif sortant comme le meilleur ministre de son gouvernement. 

Aussi, un autre dénonciateur nous nous claustre dans le pays à développement humain moyen : le Revenu National Brut par tête d’habitant exprimé en parité de pouvoir d’achat PPA qui est de 3500 dollars ce que révèle l’Institut Arabe de Garantie de l’Investissement et des Exportations. Le Royaume arrive en effet à la 13 éme position au niveau du monde arabe en termes de revenu par tête de la population. Le Botswana et la Turquie érodent l’élision en se plaçant dans les pays à développement élevé avec un RNB/tête d’habitant respectif de 13 204 et 13 359 dollars. Avec plus 45 000 dollars par an, le Qatar et le Koweït sont les pays avec le revenu annuel moyen par habitant le plus élevé du monde arabe 

Sur le registre de la pauvreté et en s’étayant sur l’indice multidimensionnel de pauvreté IPM créé par le Centre de recherche économique pour le développement international de l’université d’Oxford (qui pondère dix indicateurs dont le taux de scolarité, la mortalité infantile, le degré de malnutrition, l’accès à l’électricité et la possession de quelques biens de consommation) donne un diorama plus complet sur la pauvreté, et fait hisser le taux de pauvreté à 28,5 % ce qui déplaira au Patron du HCP qui, à l’en croire, le taux de pauvreté (mesuré uniquement par le Revenu) n’est que de 9 %. 

Selon la nouvelle étude publiée par le par le Haut-commissariat au plan (HCP) en marge de la Journée nationale de l’enfant, le Maroc compte 1,2 million d’enfants pauvres. Pour réaliser cette étude, une approche « multidimensionnelle » a été suivie, basée sur l’observation chez l’enfant de plusieurs facteurs à savoir l’éducation, la santé, l’accessibilité à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement, les moyens de communication et les conditions d’occupation du logement. 

Il en ressort que la « pauvreté multidimensionnelle des enfants » a toutefois baissé entre 2001 et 2014. Le nombre d’enfants en situation de pauvreté est ainsi passé de 4,9 millions d’enfants en 2001 à 1,2 millions d’enfants en 2014, soit une réduction annuelle moyenne de 10,0% à l’échelle nationale. En pourcentage, sa prévalence est passée de 43,6% en 2001 à 24,1% en 2007, avant d’atteindre 11,0% en 2014, souligne le HCP. 

Avouons-le, la conception galvaudée ainsi l’approche Marketing qui entourèrent l’INDH font ôter l’INDH de son essence qui est le capital humain : faire impliquer, valoriser et responsabiliser les bénéficiaires aurait été le Must pour distiller un cercle vertueux de dynamique sociale locale, régionale et nationale. 

En sus, le compte à rebours dont pâtissait l’INDH et la flamme de l’obligation à des résultats se répercutent négativement sur la qualité du produit social. On ne peut pas bannir et exorciser en 12 ans une misère qui a sévi plus de 50 ans. 

Repenser l’économie est une condition sine qua non pour refréner le Maroc à la locomotive du développement social : Pour juguler la fracture sociale, le Maroc doit maintenir un taux de croissance économique strictement supérieur de 7%. Toutefois, la dynamique du capitalisme ne peut être envisagée du seul point de vue économique, les forces nées du capitalisme et les institutions politiques interfèrent aussi. 

Le capitalisme dans lequel s’est engagé le Maroc, en tant que dynamique économique, est d’abord un processus d’extension du marché et du rapport salarial. Mais l’interaction de ces deux rapports, une fois engagée, produit de façon endogène ses propres limites. L’accumulation du capital s’effectue de manière contradictoire. La subtile question qui se pose au-delà de l’INDH : comment assurer un maillage et une articulation cimentée de la dynamique du capitalisme avec celui de la société et les forces productives au Maroc ? 

Remédier, dans sa globalité, l’esprit INDH est un Must pour inscrire le Maroc dans la trajectoire du développement social. L’INDH ne saurait être une panacée pour cicatriser la pauvreté. Elle ne peut être qu’une pièce du puzzle du vaste champ de réformes à même d’assurer la croissance et le recul de la pauvreté. À ce jour, l’INDH n’a pas réussi à réduire la pauvreté et les indicateurs de santé et d’éducation sont cauchemardesques. Cette pauvreté est la première source du terrorisme, de l’exclusion et de l’émigration clandestine. La subtile question est celle de savoir pourquoi l’INDH n’arrive pas à faire reculer la misère. Quels sont les goulots d’étranglement qui empêchent l’INDH à promouvoir le développement social ? Quels sont les mobiles de la persistance de cette dualité entre la sphère macro financière et la sphère sociale ? 

L’hydre de la pauvreté est un prisme à multiples facettes faisant intervenir des facteurs économiques (croissance, investissement… ) et non économiques (institutionnels, politiques et sociaux). 

Nous pensons qu’il faudrait « recontempler » l’âme de l’INDH dans sa phase 2 selon une approche intégriste : La réduction de la pauvreté et des causes d’exclusion sociale dépendent impérativement d’une stratégie de développement social fortement imbriquée en amont et en aval avec la garantie des droits humains fondamentaux, la coordination de l’intersectorialité dans la conduite des politiques publiques et des interventions privées en matière de développement social, le système productif, la politique de l’emploi et du partage des fruits de la croissance, ainsi que les politiques sectorielles prenant mieux en compte les intérêts des franges sociales au Maroc. 

Reconnaissons le, in fine, l’INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrice de revenus, ne peut être un succédané à une véritable politique de croissance et des revenus. Le développement économique et social du Maroc doit passer inlassablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance. À ce titre, pour Amartya Sen, « le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique et pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active » ceci nous incite à exhumer une citation de Nelson Mandela : « La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité ».

30 mai 2017 0 comment
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Le Maroc, un Hub de l’Afrique : Quelles sont les conditions économiques ?

by Mustapha Maghriti 3 mai 2017
written by Mustapha Maghriti

Je me rappelle que le 5ème forum international « Afrique Développement » organisé les 16 et 17 mars dernier par le club Afrique développement du groupe Attijari-Wafabank sous le titre « Les nouveaux modèles de croissance inclusive en Afrique » a réuni depuis son édification, plus de 5.500 opérateurs de 36 pays et a fait générer près de 13.000 réunions d’affaires. Un chiffre et un événement qui montre, si besoin en est, l’intérêt stratégique que revêt désormais l’Afrique pour notre pays. 
Après avoir remporté majestueusement la bataille diplomatique de la réintégration de l’Union Africaine, le Maroc peut-il gagner celle de devenir un hub continental raccordant le continent noir à l’Europe? 
A l’heure actuelle, on peut dire que le potentiel est là. D’antan, au XIIème siècle le Maroc servait d’entrecroisement commercial entre l’Europe et l’Afrique, avec l’accession des Almohades et de l’Espagne musulmane, un grand itinéraire de commerce corrélait le sud de l’Europe au Niger, via le Maroc. Celui-ci est aussi le seul territoire du Maghreb à avoir eu des relations commerciales depuis des siècles avec l’Afrique subsaharienne, notamment via les routes commerciales partant de Sijilmassa au Tafilalet vers le sud de l’actuelle Mauritanie et allant jusqu’au au Ghana. 

En sus de ce licol historique, le Maroc recèle moult atouts lui permettant de prétendre à ce rôle. En effet, le Maroc a entrelacé un partenariat privilégié avec les pays européens au travers de l’accord de libre-échange et le statut avancé, ce qui constitue une plate-forme pour les investisseurs qui sont à la quête de la conquête des débouchés africains et européens en partant du Maroc. A l’appui de notre allégation :
La vague d’implantations de bureaux régionaux pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest à Casablanca, ou encore de filiales dédiées, n’ a-t-elle pas été révélatrice du potentiel de ce marché, mais surtout du caractère stratégique de la plateforme marocaine pour percer les marchés africains avec des avantages , tel la proximité géographique et la proximité linguistique, notamment concernant les marchés francophones ?
Cisco, leader mondial des réseaux, présent au Maroc à travers sa filiale Cisco Maroc, n’a-t-elle pas annoncé il y a quelques années, l’ouverture d’un centre d’excellence régional à Casablanca qui est amené à utiliser la dernière technologie pour assurer la vente et la couverture des pays africains francophones, y compris le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et les pays de l’Afrique francophone ?
De son côté, Sage, troisième éditeur mondial de logiciels de gestion, n’a-t-il pas choisi le Maroc, pour s’approcher du marché africain, jugé à fort potentiel de croissance ? L’entreprise ne développe-t-elle pas, aujourd’hui, son métier dans plus d’une dizaine de pays de l’Afrique de l’Ouest ? 

Récemment, le Ministre Hongrois des Affaires étrangères et du Commerce Peter Szijjarto en visite au Maroc ce 25 avril dernier n’a-t-il pas indiquer que son pays pouvait servir de hub logistique pour les produits marocains à destination de l’Europe, la Russie et des pays des Balkans, tout comme il a assuré que le Maroc représentait une porte d’entrée pour l’Afrique du côté des exportations hongroises?
Et puis, la maestria et le know-how national sont de plus en plus reconnus en Afrique, ce qui permettra aux entreprises marocaines d’être les maîtres d’ouvrage de projets en Afrique financés par des bailleurs européens dans l’ambition de projets de coopération triangulaires. Sans occulter que, de par sa position géostratégique à la fois propylée d’Afrique et d’Europe, le Maroc dispose de son port Tanger Med, plus grand port à conteneurs en Afrique et dans le podium du top 50 mondial, se situant sur la second trajet maritime la plus courtisée au monde, à savoir le détroit de Gibraltar. Néanmoins, pour prétendre devenir un hub régional, il faut aussi être un croisement commercial et financier compétitif, ce qui constitue un manquement encore au Maroc:

– Primo, sur le plan financier, Casablanca Finance City CFC, en devenant première place financière africaine et 33ème mondiale, est sur la bonne voie pour au moins servir l’axe « Grand Nord-Ouest » du continent. Cependant, sans une bourse robuste et performante, il sera épineux de prétendre attirer des capitaux étrangers pour les acheminer vers les terres africaines. Ainsi, il est besoin et urgent de réformes permettant notamment le raffermissement de la stabilité du secteur financier, la diversification de l’offre de produits, la mise en place d’infrastructures dédiées aux PME, l’accélération de la sécurisation juridique et l’amélioration des mécanismes de gouvernance pour réhabiliter la confiance dans l’écosystème financier marocain,

– Secundo, au niveau commercial, le coût de la logistique au Maroc est encore l’un des plus onéreux au monde, soit 20% du PIB, un taux supérieur aux 10% des pays européens et aux 15% et 17% du Brésil et de la Chine. En corollaire, il faut agir sur les différentes maillures de la chaîne logistique de l’amont de la frontière jusqu’à l’aval via la gestion des stocks en passant par la gestion documentaire, le dédouanement et le transport local,

– Tertio, sur le plan tarifaire, le Maroc ne peut prétendre devenir un hub commercial africain tout en maintenant des clôtures et barricades tarifaires exorbitantes. En effet, au cours des 20 dernières années, la politique tarifaire, en matière de commerce extérieur, a conduit à exsuder, involontairement, un hiatus de taux désavantageux pour les pays d’Afrique. Ainsi, selon les dernières statistiques de la Banque Africaine pour le Développement BAD, l’écart entre le taux moyen appliqué aux pays européens et la moyenne la plus élevée appliquée aux pays Africains est d’environ de 17 points de pourcentage.
Assurément, le Maroc, via les périples royaux, a scellé plusieurs conventions avec plusieurs Etats Africains. Toutefois, la prudence nous incite à apporter deux précisions : D’une part, tous ces accords ne sont pas encore opérationnels et à ce jour, il n’y a quasiment pas d’accord commercial actif entre le Maroc et les pays subsahariens d’autre part. En corollaire, pour capitaliser sur tous les accords et conventions déjà conclus, et faciliter le positionnement du hub commercial entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc a intérêt à négocier avec les pays subsahariens une politique tarifaire commune qui va dans le sens de la minimisation des barrières tarifaires,

Ultimo, être un hub interpelle l’économie Marocaine à se doter d’un environnement des affaires favorable à même d’attirer des capitaux étrangers. Sur ce registre, si le Maroc a fait des avancées notables, il n’empêche qu’il subsiste des écueils dissuasifs qui démotivent les investisseurs étrangers qu’il faudra d’urgence réformer, notamment en matière de justice, d’État de droit, exécution des contrats, transfert de propriété, commerce transfrontalier, et règlement de l’insolvabilité.
En somme, pour que le Maroc devienne un véritable hub Africain, il doit immoler un environnement propice à la liberté de circulation des personnes, des biens et services, mais aussi des capitaux. Une telle propitiation permettra deux séquences vertueuses : D’une part, relancer la croissance et la dynamique du système productif économique, et d’autre part, arc-bouter mieux de l’intérieur la question du Sahara auprès de ses nouveaux partenaires économiques car, in fine, la coopération économique n’est-elle pas le vestibule et l’antichambre du rapprochement politique ?

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Chronicité du déficit de la balance Commerciale au Maroc : Quel apport analytique ?

by Mustapha Maghriti 25 avril 2017
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La balance commerciale d’un État est l’élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens, et de services marchands. Le solde de la balance commerciale est la différence entre les valeurs des exportations et des importations de biens et de services. Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : on parle alors d’« excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Quand elle est négative, on parle de « déficit commercial ».
Au Maroc, le déficit commercial a été toujours caractérisé par la chronicité de l’écart entre les exportations et les importations. En effet, le déficit de la balance commerciale renoue avec la hausse puisque, selon les derniers chiffres de l’office de change, il s’est excavé de 25,3 MMDH, se chiffrant ainsi à 184,38 milliards de dirhams ce qui représente une hausse de 19,6% par rapport à 2015, où ce déficit avait atteint son niveau le plus bas depuis dix ans, pour se situer à 152,27 milliards de dirhams. 
Le taux de couverture des importations par les exportations a ainsi chuté en se hissant de 58,7% à 55%. Faut-il pour autant s’en tourmenter ?

D’emblée, nous avançons que le creusement du déficit commercial en soi ne doit pas porter une connotation péjorative sur la santé économique d’un pays ; il n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : Le déficit commercial des USA, première puissance mondiale, n’est-il pas la meilleure pièce à conviction ? Un tel trou commercial ne caracole-t-il pas à 502,2 Milliards de dollars selon les statistiques publiées, Février dernier, par le Département Américain du commerce ?A notre sens, le danger du déficit commercial dépend plutôt de l’ossature commerciale d’une économie donnée. A titre illustratif, selon que le déficit soit déclenché par une chute des exportations ou par une hausse des importations de biens d’investissement, il peut-être considéré comme une mauvaise ou une bonne nouvelle.
En réalité, notre réflexe à la « Keynésienne » de considérer les importations comme une fuite du système économique et de la richesse d’un Etat, n’est pas toujours justifiée, surtout lorsque l’on considère la nature et la structure du commerce mondial dans le contexte de la globalisation. En effet, avec la mondialisation et le morcellement du processus de production, c’est de plus en plus rare de trouver une économie pouvant produire tout seul un bien de l’amont à l’aval puisque, pour exporter, les producteurs sont astreints d’importer les autres inputs pour l’output en question. Ainsi, davantage d’importations peuvent être nécessaires pour nourrir plus d’investissement, de production et d’exportations nationales. C’est ce raisonnement, au demeurant pertinent, qui semble justifier la position qui considère que l’aggravation de l’hiatus commercial pourrait être le miroir d’une dynamique d’investissement et d’exportation. Cette spéculation peut-elle s’appliquer au cas Marocain? 
Concrètement, dans le cas de l’économie Marocaine, quand on appréhende que les importations en biens d’équipements et en demi-produits aient cru respectivement de 21,7 et 4,6 milliards de dhs, on pourrait être tenté d’y voir un signe de dynamisme économique. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe dans le cas Marocain. En effet, le rehaussement des importations des demi-produits est étiré principalement par l’usine de Renault-Tanger. 

Celle-ci, profitant du rebond de la demande européenne, connaît une euphorie à l’export, ce qui se traduit par plus d’importations des pièces nécessaires à la production. Ainsi, des importations de demi-produits en hausse sont le reflet de la reprise, mais en même temps révélateur d’un timide taux d’intégration locale qui est encore assez modeste gravitant autour de 38%. En effet, plus de la moitié (60%) des composantes automobiles nécessaires à la production de chaque véhicule sortant de l’usine de Tanger sont importées. Donc si la dynamique des exportations du secteur de l’automobile est une bonne nouvelle, la mauvaise est que le faible taux d’intégration, symptôme de la vulnérabilité et déficience du tissu productif Marocain, fait exploser les importations liées à cette industrie. 
Aussi la montée des importations des biens d’équipement traduit manifestement une dynamique d’investissement sauf que dans le cas du Maroc, cette propulsion est surtout focalisée sur les grands programmes, notamment la ligne de TGV, les centrales solaires qui engloutissent l’essentiel des importations en biens d’équipement (chaudières, turbines à usage industriel, des moteurs à pistons, pièces détachées, etc.). Dit autrement, l’embellie d’investissement dont on disserte dans la presse écrite et audio-visuelle Marocaine demeure biaisée, ponctuelle et non généralisée et son effet d’entraînement reste très modeste. En effet, les PME/PMI Marocaines seraient moins concernées par ce dynamisme des achats de biens d’équipement, et ce eu égard à la baisse du coût du crédit. En effet, les bilans des banques commerciales Marocaines le corroborent : Hormis les grands groupes, les PME investissent peu ou prou sachant qu’elles représentent 90% du tissu productif Marocain. Dès lors, la dynamique de reprise et/ou d’investissement annoncée est surestimée, alors qu’elle reste cantonnée à quelques acteurs et secteurs, ce qui exige de notre part de la prudence et de la nuance en matière de jugement de valeur.

Si l’ébauche de cette dynamique partielle est réelle, elle est inopportunément anémiée par les fissures structurelles du système productif Marocain. L’une d’elles est l’inféodation de notre agriculture aux aléas climatiques : Les importations de produits alimentaires n’ont-elles pas augmenté de 7 MMDH, suite à la mauvaise campagne agricole ? Au Maroc gouverner n’est-il pas pleuvoir pour paraphraser Le maréchal Hubert Lyautey ? 
En sus, une autre carence aussi et non des moindres est l’anémie de notre compétitivité appuyée, sur la baisse des coûts salariaux à des fins de stratégie d’exportation. La compétitivité internationale ne peut se confiner au coût du travail. En effet, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux en comparaison à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.
Notre déficit commercial est tangible à travers la hausse de nos importations de produits finis de consommation de 10 MMDH, ainsi que l’impuissance des exportations marocaines à contrebalancer la hausse des importations surtout avec une conjoncture propice atténuant la facture énergétique. D’ailleurs, la hausse des importations de biens (28 milliards de dhs) est dix fois plus importante que celle des exportations (2,8 milliards de dhs). Assurément, les secteurs de l’automobile, de l’agroalimentaire, de l’aéronautique et du textile, soutiennent le tempo. Leur volée a été fracturée par la timide prouesse des exportations marocaines en phosphate, qui ont chuté de 5 milliards de dhs. Si la bonne nouvelle aujourd’hui est la montée en puissance des métiers mondiaux du Maroc ou ce qu’on appelle communément les 3M, en singulier l’automobile, il n’en demeure pas moins que leur essor reste limitée pour contrepeser la faible tenue des exportations classiques.

D’où la nécessité d’une plus grande diversification de notre offre exportable qui se situe dans une phase transitoire. Une telle diversification passe inlassablement par l’amélioration de notre compétitivité, laquelle exige une hausse de notre productivité. L’ancrage du taux d’intégration pour les nouvelles industries installées au Maroc devrait être une précellence et un Must pour déchaîner des spillovers conséquents sur le reste des secteurs rivés directement ou indirectement aux investissements étrangers. Pour se faire, le système productif a besoin d’un climat des affaires plus fertile et favorable aussi bien pour les investisseurs étrangers que locaux pour cultiver et défricher une meilleure division international du travail et une large spécialisation mondiale.
Présentement, si l’on doit conjecturer que le déficit commercial marocain commence à peine à changer de nature, il n’en demeure pas moins qu’il reste structurel en raison de la double obédience climatique et énergétique, en sus de la démission d’une compétitivité à fleur de peau étayée pour l’essentiel sur les bas salaires. Il nous semble que compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critère du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux que les pays moins développés à l’instar de l’économie allemande, irlandaise ou suisse ? 
Faire valoir uniquement le bas salaire ne peut que damner le tissu économique marocain à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que la percée Des marchés internationaux. 

S’il est vrai que l’on peut obtenir des produits compétitifs grâce à des salaires bas, il est tout à fait possible de réduire le coût total sur un critérium essentiel qui est souvent passé sous silence, alors qu’il est déterminant, à savoir la productivité du travail, avec des travailleurs plus productifs, qui permettront non seulement d’avoir une production plus élevée, mais aussi de faire des économies dans l’utilisation des autres facteurs de production, grâce à leur efficacité et leur efficience économique. Or, si l’on observe la productivité du travail au Maroc, elle traîne loin derrière celle de ses principaux concurrents sur les marchés européens, tels que la Roumanie, la Turquie ou la Pologne, mais aussi très loin derrière les grands pays émergents asiatiques, à savoir l’Inde et l’Indonésie. À l’appui de notre assertion, les estimations de la Banque Mondiale montrent que le rythme de progression de la productivité du travail dans les économies émergentes dépasse 4 % alors qu’il ne se situe, dans le cas de l’économie marocaine, qu’autour de 2,5 % par an.L’atténuation du déficit commercial passe infailliblement par l’amélioration de la compétitivité. Une telle compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance pérenne et inclusive. L’affûtage de la productivité du travail, permettra non seulement de consolider notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité et l’innovation.In fine, à l’allégorie du bon et du mauvais cholestérol, exorciser le déficit commercial passe inexorablement par la baisse du mauvais et l’augmentation du bon.

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Gouvernement Psy au Maroc 2017:Quelles sont les « Psy-causes » des opérateurs économiques?

by Mustapha Maghriti 17 avril 2017
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D’emblée, le Souverain Marocain a tranché le nœud gordien en mettant fin à un suspens hitchcockien qui a tenu en haleine l’arène politique Marocaine durant plus de 6 Mois. En effet, ce 6 Avril 2017, le Souverain Marocain a nommé le nouveau Gouvernement avec à sa tête un psychiatre et Fqih Soussi bardé de diplômes en théologie, en l’occurrence Saad-Eddine El Othmani le nouveau « psy-chef » de l’exécutif Marocain. 
L’éviction de Benkirane et la nomination de Saad-Eddine El Othmani ont donné lieu à une série d’exégèses et d’anagogies. Il paraît nécessaire de s’atteler à l’essentiel dans l’ambition de permettre au débat politique de décapsuler, enfin sur des solutions économiques et sociales probantes et de leur bonne marche. 
L’issue choisie par le Souverain Marocain s’inscrit parfaitement dans l’essence, la souche et l’âme de la constitution de 2011 qui stipule que le Roi nomme une personnalité politique du parti arrivé premier, sans l’obliger à prendre le chef. Le Roi, parrain de la marche des institutions avait la possibilité d’opter pour d’autres options, il a préféré continuer à s’inscrire dans la pérennité du respect de la constitution de Juillet 2011. Ce n’est pas rien et il faut le saluer. Sur la scène politique, nous avons assisté pendant plus de 6 Mois à un blocage, qui au fil des jours n’avait plus rien de politique. C’est devenu une polémique, voire même une guérilla d’égos ressentie par les Marocains comme telle écimant et mutilant, au niveau de l’opinion publique, la démocratie. Ensuite, cette catalepsie a eu des corollaires pervers au niveau économique, mettant en jeu la pérennisation et la survie des entreprises et PME/PMI Marocaines. La nomination du psychiatre Saad-Eddine El Othmani respecte la démarche démocratique et déverrouille la serrure politique d’une solution rapide où en moins de 5 jours ce Fqih issu de la région de Souss est arrivé à débloquer la situation et à former la majorité en parvenant à un accord de coalition avec cinq partis, le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), l’Union constitutionnelle (UC) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). 

Présentement, il faut que tous les acteurs s’élèvent : Les Marocains escomptent et aspirent à un Gouvernement qui réponde à des aspirations économiques, politiques et sociales légitimes et urgentes. Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.
Saad-Eddine El Othmani doit tenir compte de ces aspirations et doléances. Le Roi du Maroc, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route en soutenant majestueusement que l’alliance gouvernementale n’est pas le partage d’un gâteau ? Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent dans la durabilité des choix de la Nation.
Les acteurs économiques attendent des réponses à des questions, récurrentes, qu’ils se posent de manière formelle, explicite et latente. De telles préoccupations revêtent une stridence singulière dans le contexte du nouveau Gouvernement et qui marque la fin de la première expérience gouvernementale conduite à l’ère de la nouvelle constitution de Juillet 2011. Dans ce sens, le corps social tout entier Entreprises et Ménages attend avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par l’exécutif Saad-Eddine El Othmani issu de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies et les layons destinées à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

Pour le monde des affaires, la principale imploration réside dans le renforcement des mesures destinées à fertiliser le climat des affaires économiques et du business international, seule hypothèque et gage d’une économie productive efficiente car génératrice de gains de productivité et d’amélioration de compétitivité. Aussi, des politiques plus incitatives en direction du secteur privé sont de nature à aider l’entreprise marocaine à jointoyer et cimenter son positionnement sur les marchés traditionnels ceux de L’Union Européenne et tirer profit des opportunités de croissance offertes par les marchés de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec un PIB de 674,34 milliards de dollars US ce qui en fait la 20éme puissance économique du monde, marchés avec lesquels le Maroc compte développer une véritable coopération Sud-Sud. Outre, les perspectives de croissance à l’international, cette « nouvelle politique » de l’entreprise aurait également au moins deux séries d’incidences positives au plan interne. D’abord, de telles perspectives de développement des marchés sont des prérequis incontournables à tout essor de l’investissement et partant au redressement de la démographie des entreprises caractérisée, ces derniers temps, par une forte mortalité. Coïncidant, ensuite, avec la mise en œuvre du « programme d’accélération industrielle », cette nouvelle politique contribuerait, à coup sûr, à la reprise des activités économiques qui n’ont progressé que de 3,2% sur le quinquennat 2012-2016 en perte de 1,5 point du PIB en comparaison à la période 2004-2011 où la création des richesses avait crû de 4,8% par an.
En sus, selon les statistiques puisées dans le dernier rapport du Recensement Général de la Population et de l’Habitat GRPH, les 7,4 Millions de ménages aspirent et espèrent une amélioration de leurs niveaux de vie et un engagement ferme et affirmé pour la réalisation des objectifs du développement humain. De telles attentes nécessitent des politiques publiques audacieuses pour éponger ou, autant que faire se peut, amenuiser de manière persuasive les déficits antérieurs. Toujours, selon la même source, le taux d’analphabétisme de 32% touchant les 10 ans et plus est encore trop élevé en 2014 ; il en est de même du taux de sous-emploi qui est passé de 11,3% à 11,5% au niveau national selon les dernières statistiques du Haut Commissariat au Plan HCP.

En définitive, c’est dans la capacité des futures politiques du Gouvernement Psy Saad-Eddine El Othmani d’apporter des répliques à ces  » spleens » et  » psy-causes » émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine pourrait renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique. A défaut, tout hiatus entre ces préoccupations du corps social électoral Marocain et la pertinence des réponses inscrites dans les programmes du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani et les stratégies qui en découlent ne feraient que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve voire de méfiance du citoyen à l’égard de toue opération électorale future.

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L’aggiornamento des stratégies concurrentielles de Michael Porter à l’ère du digital

by Mustapha Maghriti 12 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

A l’ère de la révolution numérique, Michael Porter a effectué un aggiornamento important des concepts qui l’ont rendu incontournable, il y a plus de 35 chandelles dans l’analyse des stratégies concurrentielles. Cette véritable mise à jour de la pensée « Porterienne » a été publiée initialement dans la Harvard Business Review de Novembre 2014. 
Selon le professeur très réputé de Harvard, l’Internet des objets transmute en profondeur le paysage concurrentiel. En effet, se scléroser à affronter la concurrence par la production d’objets physiques ou en mettant en œuvre des technologies pour automatiser la chaîne de valeur ne serait plus une approche pertinente. Selon Michael Porter, dans tous les secteurs, les entreprises vont devoir se concurrencer en offrant des objets connectés à des plateformes digitales et reliées au réseau internet. 
De ce fait et au regard de cette nouvelle donne économique et technologique, les firmes sont astreintes à reconsidérer totalement leur approche et leur stratégie. Cela transforme profondément : 
• L’ordonnancement des compétences et des savoir-faire, 
• La perception par les consommateurs des usages et des fonctionnalités essentielles, 
• Les stratégies de différenciation, 
• Le choix des business models, 
• La définition même du secteur d’activité de l’entreprise. 
L’auteur de l’avantage concurrentiel des nations, conceptualise ainsi la révolution des objets connectés comme la troisième grande vague de transfiguration de la stratégie et de la concurrence introduite par les technologies de l’information. 

Faut-il rappeler que rétrospectivement et historiquement: 
• La première vague, celle des années 60 et 70, consistait à informatiser des éléments de la chaîne de valeur, comme la gestion des commandes, la conception des produits ou la facturation, 
• La seconde marée, celles des années 80 et 90, fut celle de la coordination et de l’intégration des différents éléments de la chaîne de valeur, dans et hors de l’entreprise. C’est celle qui a permis la désintégration et la globalisation des chaînes de valeur, 
• La troisième, celle qui assoit l’information au cœur du produit même : Elle transformera non seulement le produit, mais aussi la chaîne de valeur, les modalités de la concurrence et la structure des marchés. 
Michael Porter décline ainsi l’incidence prévisible d’un monde d’objets connectés sur son modèle des cinq forces concurrentielles, quitte parfois à risquer d’en faire fulminer le cadre conceptuel. Le professeur de Harvard concède notamment que la définition du champ concurrentiel doit être mise à jour. Une telle mise à jour prophétise trois tendances majeures introduites par l’avènement des objets connectés : 
• Primo, une phase de raffermissement et de consolidation au niveau des marchés : la hausse de la barrière à l’entrée exigée par la complexité des produits et l’avantage conséquent du premier entrant en matière de données excluront de nombreux opérateurs, et dresseront de puissantes barrières à l’entrée. 
• Secundo, une phase de consolidation entre des marchés jadis distincts, mais désormais fédérés autour d’un système de produits ou d’un système de systèmes. 
• Tertio, l’arrivée de nouveaux entrants, notamment issus du logiciel ou du conseil. Ces derniers ne seront pas confrontés au dilemme de l’innovateur et ne seront pas encombrés d’actifs, de process ou d’organisation héritées du modèle antérieur. 

Sur le fond, il ne s’agit que d’une mise à jour des concepts de Michael Porter. Pour autant, en voulant intégrer les stratégies de l’ère numérique dans sa conception de la concurrence développée depuis les années 80, Michael Porter bifurque d’une vision souvent défensive de la concurrence où les entreprises cherchent à améliorer leur rentabilité en se protégeant de la pression des rapports de forces concurrentielles, à une approche beaucoup plus offensive en insistant sur la nécessité pour nombre d’entreprises d’une remise en cause radicale de leur stratégie. 
In fine, la question qui nous apostrophe, c’est de savoir dans quelle mesure les firmes en place peuvent remettre en cause aussi profondément leurs compétences-clés, leur chaîne de valeur, leur culture d’entreprise mais aussi leur business model ? Cela remet de facto, en guise de conclusion, la question des barrières à la mobilité. 

12 avril 2017 0 comment
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Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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