• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • COLLOQUES ET CONFERENCES
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

Printemps arabe, Saison II : Genèse, Causes, Caractéristiques communes et Enseignements

by Mustapha Maghriti 15 mai 2019
written by Mustapha Maghriti

Nous n’avons pas tous cru que les révolutions du printemps arabe ne sont qu’un feu de paille de révoltes du 17 Décembre 2010 qui ont perdu leur enchantement ? Détrompez-vous, les remous politiques et les contestations sociales à Alger et à Khartoum nous font perdre nos illusions et attestent qu’il s’agit bel et bien d’un printemps Arabe dans sa saison II. 
Faut-il rappeler, en guise de prologue, que l’expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé, tout comme le Printemps de Prague, la chute du rideau de fer en 1989, ou encore le Risorgimento italien. 
Historiquement, ce Printemps Arabe a connu deux grandes phases : 
– La première « Wave » a émergé, avec les contestations dans différents pays Arabes, en 2011 et s’est poursuivie jusqu’à la fin de 2013. Il s’agit d’une phase d’espérance et de mobilisation sociale pour forger l’édifice du projet démocratique Arabe qui est été à l’origine de la déchéance de certains régimes totalitaires, à l’instar de la Tunisie, de la Libye, de l’Egypte et le Yémen qui, en faisant boule de neige, à chavirer d’autres systèmes politiques comme la Syrie et le Bahreïn.
Cette phase de l’histoire politique du monde arabe a été jalonnée par l’effloraison de plusieurs thèses universelles des droits de l’homme aspirant à la démocratie, à la dignité et à une vie décente. 
Aussi, cette phase a favorisé l’émersion d’une nouvelle dynamique politique qui s’est matérialisée par la manumission des citoyens Arabes de l’ère de l’effroi, de la peur et de la réclusion dans l’espace privé pour riposter au despotisme et à la dictature. De ce fait, les organisations et les rassemblements de la société civile se sont proliférées et ont secrété une nouvelle mobilité sociale sur les places publiques arabes en la consolidant après des décennies de refoulement et d’exclusion.
Cependant, autant en emporte le vent, cette ère qui a été porteuse d’optimisme et d’espérance céda la place en donnant libre cours à une nouvelle période d’instabilité politique, d’agitation, de guerres civiles et de terrorisme. 
Ainsi, après l’intervention des armées du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe CCG au Bahreïn et la destitution du Président Mahmoud Morsi en Egypte, la Syrie, la Libye et le Yémen vont succomber dans des guerres civiles d’une grande brutalité en ébranlant les soubassements du crédo démocratique. Seule, le pays de Jasmin a été épargné de ces guerres civiles, mais tout de même avec des attentats terroristes et des crises économiques et sociales profondes dont les séquelles perpétuent jusqu’ à ce jour.
Toutefois, la montée de la révolte et les guerres civiles, d’une part et les difficultés économiques et les remous sociaux, d’autre part ont eu des effets négatifs sur les révolutions démocratiques issues du printemps arabe. Le crédit des citoyens, dans le projet démocratique, a régressé et céda la place à une nostalgie des citoyens Arabes aux anciens régimes qui sont en mesure d’assurer la paix et la sécurité, nonobstant leur caractère despotique. 
L’échec, semble-t-il, du printemps arabe et sa dérivation oppressive a engendré une dissension et après l’espoir d’une véritable fissure avec l’absolutisme arabe, c’est désormais le pessimisme et le « Tædium-Vitae » qui l’emportent : Ce sont ces rétrogressions, voire même ces insuccès qui ont été à l’origine de la désocialisation des idées révolutionnaires du printemps arabe qui sont progressivement entrées dans l’effacement et l’oubli.

Or, de nouveau, les révolutions démocratiques ne vont-elles pas se ressusciter en frappant le Soudan depuis la fin de l’année 2018 et en Algérie avec les marches du Vendredi qui ont commencé le 22 février dernier contre un cinquième mandat du Président Bouteflika pour faire entrer le Printemps Arabe dans sa saison II? 
Les rassemblements de masse à Khartoum et à Alger ne nous ont-ils pas entré dans une nostalgie en nous rappelant ceux de la première vague des ébullitions arabes avec une requête de dignité, de démocratie contre un ordre politique anachronique ? 
Même si ces deux cataclysmes politiques au Soudan et en Algérie sont dans leurs premières germinations et que leur horizon est encore équivoque, il est possible de brosser les présomptions d’une nouvelle onde de révolutions démocratiques et d’un regain de l’orbe révolutionnaire de la première vague du Printemps Arabe.
Nous notons, qu’en dépit, des caractéristiques de ces pays et de leurs cheminements historiques différents, il est possible de souligner des similitudes entre la première et la seconde vague des révolutions arabes que nous sommes en train de vivre tant dans leurs origines que dans leurs dynamiques de développement.
Au niveau des origines des révolutions des printemps arabes, il est possible de mettre l’accent sur quatre mobiles principaux que l’on peut retrouver dans les différents pays du printemps Arabe en dépit de la multiplicité de leurs trajectoires politiques et historiques : 
– Le premier motif est d’ordre politique : Il réside dans la claustration des régimes politiques arabes dans une logique totalitaire qui était à l’origine d’une césure sans précédent contre les régimes de Ben Ali, de Moubarak et de Kadafi et leurs citoyens, qui sont devenus caduques par rapport à la dynamique économique, politique et sociale du monde et aux réquisitoires des classes moyennes. On retrouve, aujourd’hui, ce cloître en Algérie avec un président Bouteflika qui a atteint un stade de lassitude physique ne lui permettant plus de gouverner. Dans une telle situation, le pouvoir est confisqué par un petit cercle de proches et des membres de sa famille qui ont « blackboulé » toutes les institutions Algériennes. 

Idem, on retrouve le même schéma au Soudan où le président Omar el-Béchir avec un clan de proches et sa famille qui se sont appropriés le pouvoir politique et économique depuis le fiasco dans la gestion de la crise du Sud et son divorce avec le Nord.
Ces dérélictions ont été à l’origine d’importantes évolutions politiques poussant les populations à se mobiliser contre ces régimes arbitraires pour revendiquer une plus grande ouverture des systèmes politiques. 
– Le second mobile à l’origine du printemps arabe dans sa saison II est d’ordre économique : Elle concerne l’essoufflement des modèles de développement économique dans la plupart des pays arabes. 
A titre illustratif, en Algérie, si la dimension économique a concouru à lui épargner la première vague de la révolution du printemps arabe avec la hausse importante des salaires et des dépenses sociales, elle a joué un rôle majeur dans la seconde vague de révolutions et la chute du régime Bouteflika : En dépit des essais de diversification, le modèle économique reste rentier et son évolution est fortement tributaire de la dynamique erratique des cours internationaux de pétrole et de gaz. 
La flambée de ces cours mondiaux de l’or noir qui ont dépassé la barre de 120 $ au cours des années 2012-2014 a permis au pouvoir maitriser et contenir les mouvements sociaux à travers la hausse des dépenses sociales. Or, la volte-face de la conjoncture économique et la chute des cours internationaux, à partir de 2015, ont eu des impacts pervers sur l’économie algérienne dont le déficit des finances publiques a escaladé de 1,4% en 2013 à 15,7% en 2016. Les réserves de change ont connu une chute sans égale de 200 milliards de $ en 2013 à 60 milliards en 2018.
La dégradation de la situation économique et la succession des crises ont été à l’origine des politiques de rigueur financière qui ont été mises en place par les différents gouvernements à partir de 2014 et qui ont attisé les désaveux sociaux.
C’est le cas aussi du modèle Soudanais qui a commencé à connaître une crise économique profonde avec la sécession du Sud et la décrue des revenus de l’Etat du pétrole, ainsi que le blocus appliqué par les pays développés. Ceci a amené le Gouvernement Soudanais a appliqué des politiques d’austérité avec comme conséquence la réduction des dépenses de l’Etat, notamment en matière de subvention des produits de base. Ces politiques ont été à l’origine d’un embrasement des prix et d’une inflation estimée par les instances économiques Soudanaises à 70%. Cette spirale inflationniste a été à l’origine de la détonation des contestations avant la fin de l’année 2018.
– La troisième raison de cette seconde vague de révolution démocratique est la forte montée du chômage et l’accroissement des inégalités sociales. Ces évolutions ont contribué à la remise en cause de la légitimation de l’Etat moderne et au renforcement de la contestation sociale.

– La quatrième raison qui est commune aux deux vagues de révolutions démocratiques dans le monde arabe concerne la montée de la corruption, du népotisme et de la kleptocratie. Dans ces pays, ce sont les familles et le cercle proche du sérail qui sont au cœur de la corruption. Cette corruption galopante a eu des effets pervers, non seulement sur l’efficience et le rendement de l’investissement, mais aussi sur les valeurs et l’éthique avec comme corollaire la déconsidération du travail au profit des lobbys et des hommes d’influence. 
Au niveau des points de convergence des révolutions du printemps arabe, il est possible de mettre l’accent sur quatre caractéristiques communes : 
– La première spécificité concerne la grande mobilisation populaire. En effet, ces contestations ont réussi à regrouper de larges franges issues de différentes couches sociales dans une collusion historique réussissant à dépasser la peur des appareils de répression. Aussi, ces mouvements sociaux ont été marqués par un grand spontanéisme et l’absence totale des orientations des partis politiques et de la représentation des mouvements syndicaux, 
– La seconde spécificité concerne les côtés pacifiques et civils de ces mouvements résistant à toutes les tentatives des appareils répresseurs qui ont essayé de les acculer vers la violence. Cet engagement de maintenir le caractère pacifique du Printemps Arabe dans sa saison II s’est inspiré de l’expérience tragique de la première vague des révolutions où les apparitions de la violence ont été à l’origine de leurs dérivations et de leurs échecs. En Algérie, les émeutes et l’éclatement de la guerre civile du printemps de 1988 avec plus de 200 000 victimes n’ont-ils pas joué le rôle de repoussoir devant le recours à la violence ?
– La troisième spécificité concerne la grande participation des femmes en Algérie comme au Soudan où l’étudiante Ala Saleh est devenue l’une des icônes de la rébellion. Cette présence féminine nous rappelle que le rejet des régimes postcoloniaux ne se confine pas aux questions politiques et économiques, mais aussi aux questions du genre. Cette participation massive des femmes atteste de leur détermination à faire de ce mouvement, non seulement un affranchissement de la dictature, mais touche également la culture phallocentrique et macho dans notre société Arabe et qui est à l’origine de la marginalisation de la femme de l’espace public, 

– La quatrième spécificité concerne le côté récréatif et divertissant de ces mouvements sociaux marqué par une forte participation des artistes et des intellectuels. Ces mouvements ont connu également un développement de la satire, de l’ironie et de l’humour qui a touché tous les représentants du pouvoir, plus singulièrement les corrompus et le cercle du pouvoir. Ces dynamiques sociales sont devenues de grands « happenings » permettant aux citoyens de reconquérir l’espace public et de rebâtir la contestation sociale dans un cadre festif, caricatural et joyeux.
Quoiqu’il est difficile d’anticiper les évolutions futures des revendications en Algérie et au Soudan,  le degré de mobilisation, d’engagement, ainsi que le caractère civique et pacifique de ces mouvements nous laisse-t-ils pas augurer que ces pays sont entrain d’entamer une véritable transition démocratique ? 
Quatre enseignements essentiels peuvent être tirés des révolutions démocratiques du Printemps Arabe dans sa saison II : 
– Le premier enseignement est lié à la « justice de transition » ou « justice en transition et la nécessité d’en faire un véritable processus de reconnaissance, de réconciliation, de crédit et de consolidation de l’état de droit en remédiant au lourd héritage des abus des droits humains, 
– Le second enseignement est relatif à la nécessité de redéfinir les programmes économiques et sociaux et l’invention d’un nouveau modèle économique inclusif équitable qui mise sur la croissance économique, le développement, l’atténuation des inégalités sociales et la pauvreté une politique de revenus et de partage des richesse afin de répondre aux attentes des citoyensen leur assurant de meilleures conditions de vie, des emplois, de dignité, 
– Le troisième enseignement concerne la nécessité de pérenniser le caractère civil et pacifique de ces mouvements, et ce en retenant les leçons de la première vague et ses dérives afin que l’espoir du changement démocratique reste inaltérable et indestructible. 

Nous pensons, en guise d’épilogue, qu’en dépit de la dérivation des révolutions du printemps arabe dans son premier épisode, les mobilisations sociales dans un cadre pacifique et civil à Alger et au Khartoum ouvrent une nouvelle ère et redonnent un espoir au changement dans le monde Arabe aspirant à la démocratie et à l’honorabilité.

15 mai 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Une Algérie fiévreuse : Quelles leçons du tumulte politique ?

by Mustapha Maghriti 5 mai 2019
written by Mustapha Maghriti

Ne dit-on pas que les apparences sont trompeuses ? C’est le cas pour l’Algérie en plein tumulte politique, économique et social : Moult médias et observateurs internationaux se sont dupés sur notre limitrophe algérien puisque, depuis le 22 février, les manifestations, dans leur pluralité culturelle, nous ont donné l’image d’un peuple sage, mûr et surtout coalescent et soudé autour du drapeau algérien. 
Ceux qui imaginaient, que la consubstantialité algérien était dépravée par les 130 chandelles de l’impérialisme et l’expansionnisme français, que l’élite algérienne avait refui le pays, après tant de désenchantements depuis l’indépendance, que la dissidence kabyle était réfractaire, ont perdu leur illusion et sont obligés de revoir leur « sentence »; idem pour ceux qui prêchaient que l’itinéraire islamiste était le seul palliatif aux généraux, sont désavoués par la réalité des rues d’Alger. 
En dépit de la multiplicité culturelle de l’Algérie, la souveraineté plurielle s’extériorise par la solidarité et la confraternité perceptible dans les rues : Moult Kabyles n’ont-ils pas le drapeau Amazigh à la main, mais combien recouverts dans le drapeau algérien ? Ce qui corrobore que la sollicitation d’un singularisme culturel n’est pas antithétique avec le patriotisme. Au contraire, la diversité culturelle étoffe les nations et les fraternise quand elle est reconnue et fait parti du vécu du commun des Algériens. 
Elle se repère foncièrement dans un projet national aussi évasé que le « desideratum » algérien à la démocratie, portée par tout une Algérie qui a vu sa révolution dépossédée en 1962 par l’armée des frontières de Houari Boumediene. 

Certainement, il y a tant d’enseignements à tirer pour notre drapeau Marocain. Dans notre chère patrie, nous avons cru que l’affirmative de la diversité culturelle, dans la constitution de 2011, allait trancher le nœud gordien. Détrompez-vous, ce n’était pas le cas avec certaines Rifains au Maroc, mais surtout à l’étranger. Les images du drapeau de notre cher Maroc mâchuré par des Marocains ne sont-elles pas accablantes et incommodes ? 
Historiquement, nous savons pertinemment qu’une partie des subversifs gauchistes des années 70, après le fiasco politique du projet Marxiste-léniniste, s’est rétractée sur l’apostrophe identitaire rifaine. Ils s’imaginent comme les héritiers du héros de la bataille d’Anoual, qui, lui, faut-il le souligner, n’a jamais été dissident et séparatiste. 
Pour boiser leurs thèses, ils ont instrumentalisé les émeutes de la guerre du Rif de 1958 et, l’enclavement du Rif par l’omission explicite de tout projet de développement économique et social de cette région qu’ils surnommaient sarcastiquement le Maroc inutile. 
Au début, le Hirak d’Al Hoceima, porteur de pétitions et doléances légitimes, a été manipulé par des camarillas ? Ce qui frappe le plus, somme toute c’est la répulsion véhiculée, non pas contre le pouvoir politique, mais contre le Maroc et de facto le peuple Marocain dans son ensemble ? 
Nous avons besoin de nous regarder au miroir, de nous dire nos 4 vérités en face et de créer fort que la pluralité culturelle ne se décrète pas, elle surgit en s’exprimant au jour le jour par le vécu et le quotidien de tout un chacun et ce dans la trame d’un projet national aspirant au développement, à la démocratie et à la modernité. Tout différend s’inscrivant dans cette optique est démocratiquement acceptable. Toutefois et c’est le cas, dès qu’elle suscite le fanatisme et l’animadversion, elle ne peut qu’être impétueusement chassée, à l’instar de certains subversifs, qui ont poussé la protestation du retrait des forces de l’ordre d’Al Hoceima dans le seul dessein est de ressaisir les différents trafics. 
Le tumulte politique Algérien est riche de leçons et d’enseignements : Quelque soit le particularisme rifain ou autre, il ne peut accomplir et concrétiser ses ambitions à l’ex-voto et à la quittance que dans le cadre d’un projet économique, politique et social Marocain. 

En guise de conclusion, nous pensons que la diversité culturelle n’est pas un jeu à somme nul ; bien au contraire c’est un jeu à somme positive, ce n’est pas une sommation d’affluents introvertis, sclérosés et renfermés sur eux-mêmes, mais une dialectique et une interférence qui interagit entre eux, pour accoucher une identité nationale Marocaine. Toute autre spéculation est une épée de Damoclès sur la cohésion nationale de notre patrie. 
Plus de douze ans après sa suppression, le service militaire, qui s’inscrit ainsi dans la ligne des directives royales, n’est-il pas venu à point nommé pour consolider la promotion du patriotisme, le sens du civisme et de la solidarité au Maroc ? 

5 mai 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le grand oral du mi-mandat du Gouvernement El Othmani : Un oral aux pieds d’argile

by Mustapha Maghriti 29 avril 2019
written by Mustapha Maghriti

Nous savons pertinemment tous que le bilan du Gouvernement quelque soit sa nation, sa couleur et son sigle politique est toujours un bon exercice de réflexion, de constats, de diagnostics et même de proposition de pistes et des pistes d’amélioration. Qu’en est-il du bilan du mi-mandat du Gouvernement El Othmani, et quelles sont les horizons de la seconde moitié dudit mandat? 
De prime abord, qu’en est-il du diagnostic ? D’emblée, nous pensons que la complaisance et l’autosatisfaction du chef de l’exécutif Saâdeddine El Othmani, quant à son mi-mandat, d’outrancière au vu de la timidité des réalisations. Dans son oral, le chef de Gouvernement dénombra les prouesses des réalisations de sa bande en si peu de temps à l’instar de la charte de déconcentration qui aurait mis vingt chandelles pour voir le jour sous l’ère politique d’El Othmani. 
Nous alléguons qu’à ce jour, il n’y a que des « pronunciamientos » d’intentions paraphées par certains ministrables ; témoignages et déclarations ne signifient guère réalisations dont se vante Saâdeddine El Othmani. De ce fait, le chef du Gouvernement aurait dû présenter un rétro-planning de mise en œuvre, les moyens d’action et les instruments pour y déboucher. C’est le « Smig » et le minimum vital pour assurer le suivi de la mise en place de ladite déconcentration, et ce n’est qu’à partir de ce moment qu’on sera suffisamment outillé pour supputer et calibrer la fiabilité dudit projet. 

Ensuite le chef du PJD a complimenté l’augmentation des budgets sociaux de l’enseignement à 25% et de la santé à 16%. Sur ces deux dossiers aussi budgétivores, nous arguons que l’ascension de ces deux rubriques budgétaires n’est pas en soi une bravoure; bien au contraire: vu les moyens très limités de l’argentier du Royaume, le Maroc a besoin plus de rationalisation que d’augmentation des budgets, en s’endettant ou en affligeant davantage les Marocains d’impôts. Aussi, si ces budgets ont été effectivement augmentés, quels sont les corollaires économiques et sociaux sur le quotidien du Marocain ? Avouons-le : Pas besoin de consulting et de bureaux d’études évalués à des Millions de dirhams: Les Marocains ont bel et bien fait le choix du secteur privé étant donné que le service public est en quasi-fiasco avec comme conséquence une fonction publique en porte à faux. Des hôpitaux publics qui poussent des cris d’orfraie invitant les patients marocains à reposer en paix avec des rendez-vous renvoyés aux calendes grecs, dont la gestion est des plus opaques et corrompues et une école publique parmi les plus anémiques sur le globe. 
En sus, le chef de l’exécutif a fait moult éloges du climat de l’investissement et des affaires internationales où le Maroc s’est classé à la 60ème dans la 16ème édition du classement Doing Business de la Banque Mondiale
Sur ce registre de Doing Business 2019 dont le chef du Gouvernement s’illusionne : Le cabinet Saadine Elothmani s’est-il donné le temps de sonder, sur le terrain, l’opinion du milieu des affaires national et international ? S’est-il donné le recul d’aller faire un tour dans les tribunaux de commerce pour évaluer les tares qui obturent le climat de l’investissement et des affaires internationales: Les délais trop longs, la partialité ressentie et les difficultés d’obtenir gain de cause qui plombent tout crédit en la justice marocaine. Le cabinet de Saadine Elothmani a-t-il demandé aux promoteurs économiques ce qu’ils redoutent le plus dans l’acte d’investir ? 
Nous pensons que le chef du Gouvernement a occulté que le Maroc est mal classé à maints égards : 123éme dans l’Indice de développement humain du PNUD, 98éme dans le nouvel Indice du capital humain de la Banque mondiale et 75éme de l’indice de compétitivité avec à peine un score de 58 sur 100, en dessous de la moyenne mondiale qui est de 61 en vertu du World Economic Forum.

Par ailleurs, ce mi-mandat du Gouvernement barbu est caractérisé par l’aggravation de l’endettement de notre patrie en signant chaque année des lignes de précaution avec le FMI imputable à la mauvaise gestion des finances publiques. Ainsi, au regard de ces résultats faiblards et au vu deux années qui restent, Saadine Elothmani a-t-il le potentiel de redresser la barre vers une économie inclusive et durable?
Le chef du Gouvernement va-t-il transcender les querelles intestines et intra-majorité pour apporter des réponses et des solutions tangibles au renforcement du taux de croissance, l’amélioration du climat des affaires, le renforcement de la protection sociale, la promotion de l’emploi et l’élaboration d’un nouveau modèle de développement ? Le temps est révélateur disait Charly Teddy

29 avril 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Langue d’enseignement au Maroc : Langue de bois et débat sur le sexe des anges

by Mustapha Maghriti 21 avril 2019
written by Mustapha Maghriti

La polémique sur la langue d’enseignement au Maroc resurgit en prenant la tangente et ce, de la manière la plus adroitement incongrue qui soit. 
Les Marocains et le milieu de l’éducation s’attendaient à un débat de fond sur la langue d’apprentissage autour de l’école que nous rêvons et que nous escomptons pour notre progéniture actuelle et future et voilà encore une fois, les partis politiques glissent malheureusement dans des polémiques arides, desséchées et marginales qui suffoquent fondamentalement ce débat sensé être fructueux aboutissant à des résultats probants. 
En polarisant le débat autour de la langue d’enseignement avec des arrières pensées « bibliothécaires » et passéistes, voire populistes et sournois, l’élite politique cherche intentionnellement à végéter la réforme de notre système éducatif et à reproduire en corollaire le système actuel dont tout le monde récrimine le caractère infertile, injuste, et inéquitable. 
D’emblée, nous pensons qu’à l’heure de la globalisation et du développement sans précédent de l’économie cognitive, l’ouverture sur les langues étrangères est plus que jamais un « Must » pour tirer profit des acquis de l’essor économique et technologique et pour mettre l’élève. 
Aussi, Il ne faut pas voir dans la langue un simple outil de lexique et de thésaurus, mais surtout une courroie de transmission de connaissances, de science, de progrès et de civilisation 

Nous alléguons qu’il existe une dialectique entre notre langue et les autres langues dans la mesure où la langue arabe s’enrichit à partir des langues étrangères et le fait d’enseigner les matières scientifiques n’affecte en aucune manière notre identité Marocaine, arabe et musulmane comme le prétendent certains gourous des partis politiques. 
Apprendre et enseigner en langue étrangère est un moyen de préparer l’apprenant à poursuivre ses études supérieures, que ce soit au Maroc ou à l’étranger, avec succès et arrimer l’étudiant Marocain au tempo de la mondialisation.. 
À titre illustratif, n’est-il pas opportun pour un élève Marocain qui envisage de poursuivre des études de sciences économiques ou les statistiques en français ou en anglais ? N’est-il pas raisonnable pour un futur ingénieur d’étudier l’informatique dans une langue autre que l’arabe ? 
Avouons-le : Ça fait plus de 30 ans que le Maroc a adopté la langue arabe dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire jusqu’au baccalauréat. Un état de fait qui a sécrété une véritable lésion et dualité linguistique entre l’enseignement secondaire et supérieur où ces matières sont dispensées en français. Le résultat était lamentable : Selon les enquêtes du ministère de l’éducation nationale, seulement 1 étudiant sur dix parvient à décrocher la licence en 3 ans et plus que 30% des bacheliers scientifiques préfèrent s’inscrire dans des filières de sciences humaines et sociales en arabe pour contourner la question des langues. 
Un bachelier arabisé vit un véritable temps d’épreuves : S’il choisit une filière scientifique, il devra faire face à un changement de langue et se trouve rencogné entre des prérequis arabisés et un nouveau savoir dispensé en français ; une situation qui impactera son insertion, son rendement et ses chances de réussite ce qui explique le taux atterrant de déperdition où 25% des étudiants quitte l’Université sans avoir passé l’examen du 1er semestre selon les chiffres officielles du Ministère de l’éducation nationale. 
Pour mémoire, notre système éducatif n’-a-t-il pas bien fonctionné selon une séquence vertueuse et ce en privilégiant le qualitatif sur le quantitatif pendant des décennies et avec des résultats probants ? Ce faisant, on ne réinventera pas la roue : Tous les pays qui se développent ou qui se sont développés procèdent ainsi avec une dose plus ou moins forte d’ouverture sur les langues étrangères. Tel est l’enjeu de l’utilisation des langues étrangères. Soyons donc clairs, ne discutons pas de sexes des anges et débattons à visage découvert sur l’avenir de notre école et sa place dans le projet sociétal qui convient à notre pays à l’heure actuelle et futur. 

Soyons sincère et clair, je pense qu’à l’heure actuelle, la langue anglaise est devenue la lingua franca, elle est devenue la langue de sciences par excellence et assimiler cette langue par les élèves et les étudiants Marocains leur permettra d’exceller grâce à des rapports, des thèses, des ouvrages, des sites qui sont dans la plupart rédigés en anglais. 
La langue de Shakespeare est largement pratiquée dans le monde de l’entreprise et dans les sphères scientifique, technologique et économique, c’est la langue de la finance internationale, du commerce international et du tourisme. 
Dans le monde de la digitalisation économique et de l’intelligence artificielle, 80 % des données existantes sont en langue anglaise, ainsi que le sont une grande majorité des publications scientifiques (95 %). De ce fait, en assimilant l’anglais, l’élève et l’étudiant Marocain peuvent avoir accès à un nombre illimité de ressources économiques, techniques et scientifiques. 
Aussi, l’anglais est l’une des compétences les plus demandées sur le marché du travail ; elle est la plus sollicitée par les employeurs, les promoteurs et les investisseurs. A ce titre, elle permet d’accéder à des postes à plus haute responsabilité, de développer sa carrière et son entreprise. C’est la langue des affaires internationales 
Historiquement, à l’ère du rayonnement de l’empire arabo-musulman au 7éme et 8éme siècle, je pense que les occidentaux étaient intelligents en apprenant la langue Arabe : La langue du Saint Coran et du Paradis était la langue des sciences par excellence et de ce fait les occidentaux savaient pertinemment l’enjeu de l’apprentissage de la langue arabe pour accéder aux travaux scientifiques de Jabir ibn Hayyan, Al-Khwârizmî, Avicenne, Rhazès, Al-Battani, Ibn al-Haytham, Al-Fârâbî….etc. N’est-il pas le cas pour la langue anglais aujourd’hui. 

Ceci étant, sans occulter la langue française et arabe comme langue de communication quotidienne. Aussi, nous constatons, depuis plusieurs années, la langue de Molière connait un certain retrait et les responsables Français intègrent de plus en plus la langue anglaise comme langue d’apprentissage pour ne pas rater le train de l’économie cognitive. Même la Chine, qui est entrain devenir la première puissance économique mondiale intégra la langue anglaise dans toutes ses universités et dans les manuels d’étude. 
Hélas, au Maroc, nous sommes, devant un paradoxe, voire même une schizophrénie de ceux qui débattent de la langue d’enseignement : C’est connu, cette élite politique marocaine ne dispense-t-elle pas les études à leur géniture dans des écoles, des missions en langue anglaise ou française ? 
Les apostrophes qui doivent interpeller notre système éducatif : Sommes-nous pour une école qui assure une réelle égalité des chances, qui garantit une formation de qualité, une école ouverte sur son environnement local, national et international, une école ouverte compétitive et attractive, une école qui contribue à l’émancipation de l’esprit et au développement de la créativité, une école qui anticipe les contraintes économiques et technologiques du futur pour préparer les élèves et étudiants à cette nouvelle donne en leur imprégnant les méthodologies didactiques, pédagogiques et scientifiques pour exceller sur notre patrie et sur d’autres cieux ? Telles sont les vraies interpellations qui se posent à nous aujourd’hui et auxquelles la trame éducative doit apporter des répliques. 

21 avril 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le Maroc : Une âme pour une convergence de toutes les spiritualités

by Mustapha Maghriti 12 avril 2019
written by Mustapha Maghriti

D’emblée, nous pensons que la visite du leader religieux catholique le Pape François au Maroc ne peut être cantonnée à la seule dimension générique et classique de la tolérance entre les cultes. 
Fau-il rappeler que le Maroc a été le premier pays musulman, à recevoir le Pape : Je me rappelle en suivant les informations du JT sur l’écran de la RTM de la visite de Jean-Paul II dans le Royaume en Août 1985. 
Je me rappelle du geste emblématique et très expressif de Jean-Paul II en embrassant la terre marocaine à sa descente d’avion, qui véhicule, à mon sens, un message éloquent que la terre d’Islam n’est pas une terre d’ aversion et que les valeurs humanistes, sont universelles.
La visite du Pape François ne peut être abrégée à cette dimension de tolérance : Le monde entier le reconnait ; le Maroc est un pays de tolérance, d’ouverture. Pour mémoire, le Maroc était le premier pays à avoir accueillir les judaïque où le Sultan Mohammed V avait ouvert les portes du royaume aux juifs d’Europe. 
Le Roi du Maroc et le Pape sont des caporalismes religieux : D’une part, l’un, le Pape François en l’occurrence conduit l’église catholique, avec un Milliard de fidèles essaimés sur les cinq continents, d’autre p art, le Roi du Maroc est commandeur des croyants, non pas uniquement au Maroc, mais dans de larges contrées. Sur l’angle religieux, c’est donc une authentique intersection entre deux écoles représentatives installées depuis la nuit du temps.
Aussi, le Roi du Maroc et le Pape sont aussi des autorités politiques : Le Pape est le président du Vatican, très amenuisé géographiquement, mais qui par son emprise et son empreinte religieuse est un écho qui porte sur les 5 continents. Le Roi du Maroc est chef de l’État, Président du comité Al Qods et donc un écho qui porte à la fois dans la sphère arabo-musulmane, en Afrique et dans le monde.
Le Roi et le Pape ont des similitudes, parce que la vision philanthrope prédomine chez les deux chefs d’Etat, essentiellement parce que leur responsabilité de culte est d’abord humaniste.
Terrorisme, migration et protection de l’environnement sont les trois thématiques récurrentes au niveau international et sur lesquels le Roi Mohammed VI et le Pape François sont pratiquement sur la même longueur d’onde : 
– Sur le plan des flux migratoires, le Pape intercède pour un accueil digne des émigrés où il demande aux églises de les accueillir au nom d’une vision altruiste et humanitariste de la religion. Entre Juin et Juillet dernier, depuis le Vatican ou lors de déplacements, le pape François n’a-t-il pas insisté sur le besoin d’actions de la communauté internationale pour garantir la sécurité, le respect des droits et la dignité de tous ?
Le pape François n’a-t-il pas réaffirmé son soutien au pacte mondial sur les migrations des Nations unies adopté à Marrakech en décembre dernier ?

Le Roi du Maroc, pays de transition, tente selon les moyens disponibles, d’assurer tous les droits humains aux migrants. Sur ce plan, la politique volontariste du Souverain Marocain n’a-t-elle pas régularisée plus de 50.000 migrants ces dernières années dont 80 % d’Africains, confirmant en cela que le Maroc est une passerelle entre l’Afrique Subsaharienne et l’Europe ?
Sur le plan environnemental, les points de vue du pape interceptent et convergent tout à fait avec ceux du Maroc en ce qui concerne la préservation de la nature où les soucis de l’environnement fait partie de l’agenda des deux chefs d’État.
La lutte contre tous les terrorismes, contre toutes les antipathies essentialistes est une bataille au jour le jour pour le Vatican et le Maroc.
Enfin, l’Appel du Roi Mohammed VI et de celui du Pape François converge pour préserver la ville sainte de Jérusalem, patrimoine commun de l’humanité, surtout pour les fidèles des trois religions monothéistes, lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique dans lequel se cultivent le respect réciproque et le dialogue.

12 avril 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le renouveau des politiques fiscales dans le monde: Les raisons d’une revanche

by Mustapha Maghriti 1 avril 2019
written by Mustapha Maghriti

Les politiques fiscales ne sont-elles pas entrain de devenir les panacées universelles à même à cicatriser les maux sociaux dans le monde ? Les Gouvernements et les responsables politiques s’apprêtent-ils à emmancher un changement racinaire dans les politiques fiscales afin de racheter la paix et faire face aux crises économiques et aux protestations sociales ? Ces Gouvernements sont-ils en train de revenir sur les politiques fiscales néolibérales qui ont prévalu dans le monde depuis l’efflorescence libérale du début des années 80 à l’instar de la « Reaganomie » entre 1980-1989 aux USA, et le « Thatchérisme » entre 1979-1990 en Grande Bretagne ?
Sur le marbre des faits économiques et sociaux, tout semble l’attester : Les promesses d’un grand nombre d’élus et de candidats aux dernières et prochaines élections dans plusieurs pays en sont la meilleure pièce à conviction. 
Sur le vieux continent, l’apostrophe fiscale est au cœur du débat public. A titre illustratif, dans le pays de Molière, cette revendication n’a-t-elle pas été le catalyseur de la discorde des gilets jaunes dont on ne voit pas le bout du tunnel ? Ainsi, nonobstant des concessions de l’Elysée pour étancher les « desideratas » des gilets jaunes, la dénégation a été de retour sur l’annulation de l’impôt sur la fortune (ISF), promise par le Team Macron, lors de sa campagne électorale et votée par la majorité en décembre 2017, semble aujourd’hui cristalliser l’intérêt des manifestants qui en font le porte-étendard de leur offensive en faveur de la justice fiscale.
Cette querelle entre le Gouvernement et l’opinion publique n’est pas singulière à l’Europe, mais, elle semble également enfiévrer le débat outre-Atlantique : Dans le pays d’Oncle Sam, plusieurs candidats du parti démocrate mettent le bouton sur le levier fiscal et annoncent ostensiblement leur intention d’opérer d’importantes haussements des taxes sur les revenus aisés et les grandes fortunes.

Ces plaidoiries portant sur la fiscalité de certains responsables politiques ne sont-ils pas les précurseurs et les avant-coureurs du déclin d’une souveraineté libérale et les prémices d’une révolution qui remettraient en cause le credo des politiques fiscales néolibérales qui prédominaient durant le début des années 80 aux USA par Ronald Reagan, en Grande- Bretagne par la dame de fer Margaret Thatcher ou dans le cadre des réformes fiscales de 1984 au Maroc sous les auspices du FMI et de la banque mondiale et ce dans l’optique des Programmes d’Ajustement Structurel PAS ? 
Ces dissidences sociales ne sont-elles pas les signes prodromiques de la déconfiture de la social-démocratie et de ses doctrines de justice sociale chantée en chorale par les courants d’obédience libérale (économie de l’offre, le courant des anticipations rationnelles, le courant monétariste..) ? 
Dans cette mouvance néolibérale offensive, les gouvernements ont affiliés des politiques fiscales visant à minorer la pression fiscale sur les grandes fortunes qui étaient, la cible des politiques de l’Etat-providence jusqu’à la fin des années 70. Cette contre-révolution fiscale était étayée, faut-il rappeler, sur les théories d’un des plus farouches théoriciens libéraux et chef de file de l’économie de l’offre, Arthur Laffer en l’occurrence, qui a passé un séjour à la Maison blanche comme conseiller économique du Président Ronald Reagan. L’empreinte de Laffer et de sa fameuse courbe devenue l’évangile des politiques fiscales ultralibérales, qui spécule qu’après une hausse initiale, suite à une augmentation des taxes, les revenus ont tendance à baisser. 
Ces politiques libérales, ne se sont pas cantonnées aux Etats-Unis, mais vont faire tâche d’huile sur le monde entier pour devenir la bible des politiques fiscales. 
Ces politiques seront connues plus tard par la fameuse maxime « trop d’impôt tue l’impôt », qui sera la sérénade des apôtres des politiques fiscales libérales qui vont dominer le monde et devenir la norme et le dogme des politiques économiques publiques pour près de quatre décennies partout dans le monde.
Cependant, avec la grande dépression économique et financière des années 2008-2009, ces politiques fiscales vont devenir l’épicentre des critiques, des réquisitoires et des objurgations dans le monde. Plusieurs raisons expliquent cet infléchissement et cette virevolte annonçant, semble-t-il, le chant de cygne libéral dans le domaine fiscal : 

– La première raison est imputable à la crise des finances publiques qui se matérialise par la montée déficits publics dans la majorité des pays. Le creusage des déficits publics et la montée sans égale de la dette publique sont le contrecoup de la baisse des ressources publiques qui sont à leur tour, imputables aux politiques fiscales néolibérales ayant accouché une réduction substantielle des impôts sur les hauts revenus et la fortune. Aussi, les politiques d’austérité libérale n’ont pas réussi à maîtriser et compresser les dépenses des Etats, ce qui s’est systématiquement traduit par une montée en flèche des déficits publics. Cette problématique des déficits et de l’augmentation des dettes publiques sont devenue des questions axiales des politiques économiques, singulièrement après la grande crise de 2008 et 2009. 
A partir de cette date cruciale, Les Gouvernements à travers le levier des politiques économiques vont chercher à limiter les déficits publics et feront de la lutte contre l’évasion fiscale leur nouveau leitmotiv, abrogeant une ère de la baisse des impôts, chère aux sermonnaires de l’économie de l’offre, pour chercher à l’augmenter et à la renforcer.
– La seconde raison qui explique cette éclipse des politiques fiscales d’inspiration néolibérale est imputable à la montée fulgurante des inégalités sociales qui, depuis quelques années, sont devenues de véritables sources d’inquiétude et de crise de confiance dans les régimes démocratiques dans le monde. Ce « crescendo » des inégalités trouve ses germes dans les thérapeutiques fiscales néolibérales privilégiant les impôts sur les hauts revenus nourrissant par là des sentiments d’injustice fiscale. D’ailleurs, beaucoup de gouvernements commencent à revenir sur le dogme néolibéral qui a subjugué la scène fiscale depuis les années 80.
– La troisième raison derrière la stigmatisation des politiques fiscales néolibérales est relative à la montée des critiques de la société civile contre l’évasion fiscale. Le fameux scandale de 2016 dénommé « Panama Papers » révélé par le journal le Monde, en collaboration avec 108 médias internationaux, partenaires du Consortium international des journalistes d’investigation, ne montre-t-il pas la grande évasion fiscale du siècle et la nébulosité des circuits financiers mondiaux et ce en mettant les pleins phares sur le monde taciturne de la finance offshore et des paradis fiscaux comme le Panama ou les îles Vierges britanniques. 

La conjonction de ces 3 mobiles concourt vers un même faisceau de réprimandes à l’encontre des politiques fiscales libérales et la montée d’une « revanche » fiscale qui est en gestation dans beaucoup de pays du monde. 
Les revendications des gilets jaunes, en France, sur l’annulation de l’ISF, ne sont-elles des signes d’une quête à la péréquation fiscale ? Quoique le Président Français refuse de revenir sur l’une de ses principales promesses de campagne, le Gouvernement Macron est en train d’étudier les différentes options et scénarios pour taxer de plus en plus les grandes opulences, à travers, notamment, un accroissement de la ponction des hauts revenus et les droits de succession.
Cette requête de l’équité fiscale n’est pas intrinsèque aux pays Européens, elle bouillonne la législature bicamérale du Gouvernement Fédéral du Congress aux USA : La justice fiscale est au menu des programmes des candidats aux primaires du parti démocrate. Ainsi, Berne Sanders vient d’émettre des recommandations fiscales pour imposer une taxe de 45% sur les successions qui dépassent les 3,5 Millions de $ et de 77% pour celles dépassant le Milliard de $. Historiquement, cette proposition est un retour aux taux appliqués par l’Administration Américaine en 1976. Aussi, la sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren, soutien un impôt sur la fortune de 2% sur les 75 000 familles dont la fortune est supérieure à 50 Millions de $ et de 3% pour celle dont la fortune dépasserait le Milliard de $.  Alexandria Ocasio-Cortez, du parti démocrate, plus connue sous son l’acronyme AOC, a proposé des impositions plus radicales avec une taxe de 70% sur les 16 000 Américains qui gagnent plus de 10 Millions de $ par an. Selon des études économiques, ces propositions fiscales permettraient de mobiliser 250 Milliards de $ par an, ce qui représenterait 25% du déficit du budget des USA.
Au total, tous ces développements ne sont-ils pas évocatoires et expressifs d’une bifurcation radicale et d’une révolution fiscale à venir en disjonction avec l’héritage néolibéral du début des années 80 ? 
On ne peut pas appréhender cette obscuration des politiques fiscales de l’économie de l’offre en dehors des grandes métamorphoses globales que le monde traverse sur le plan politique et social faisant de l’égalité entre les couches sociales, une revendication majeure pour recomposer l’ordre démocratique. 

On ne peut pas comprendre, in fine, ce crépuscule des politiques néolibérales à l’extérieur de la riposte à une globalisation ayant distillé des inégalités sociales sans précédent enfantant un fossé abyssal qui se creuse de plus en plus entre des riches comme Crésus et des pauvres comme Job

1 avril 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Voyeurisme de la classe politique Marocaine au regard d’un modèle économique à bout de souffle

by Mustapha Maghriti 31 mars 2019
written by Mustapha Maghriti

Mercredi dernier 27 Mars 2019, j’ai assisté, à l’institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises ISCAE, à une conférence-débat de Réda Chami, nouveau président du Conseil Economique, Social et Environnemental CESE sur une thématique récurrente de l’économie Marocaine : Quel nouveau modèle de développement pour le Maroc. Un choix, nous semble-t-il, opportun et approprié qui a fait salle comble à l’amphithéâtre de l’ISCAE. 
Avouons-le, en dépit du S.O.S Royal, rien de substantiel, ni de concret n’a été entrepris à l’égard des alternatifs du modèle économique marocain. Faut-il le rappeler, le discours Royal du Vendredi 13 octobre lors de la nouvelle session parlementaire, le Souverain Marocain sonna le glas de notre modèle économique. « Si le Maroc a réalisé des progrès manifestes, mondialement reconnus, le modèle de développement national, en revanche, s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale » 
Après la taciturnité et le silence radio des partis politiques, il a fallu qu’une instance authentique et authentifiée réamorce le débat autour d’une thématique qui suscite l’intérêt des Marocains, mais qui, étonnamment, ne trouve aucune réplique de notre élite politique. 
Nous pensons que les tuteurs des partis politiques n’ont donc rien pigé à l’argumentaire du sérail qui a persisté sur l’évasement de la concertation nationale et ce dans l’ambition de décapsuler le meilleur modèle économique qui puisse servir notre patrie. 
La première sortie médiatique du patron du Conseil Economique, Social et Environnemental à l’ISCAE est la meilleure pièce à conviction de l’impotence et de l’inertie de la classe politique marocaine à faire preuve d’audace et d’inventivité cognitive pour mettre l’économie marocaine sur le sentier de la dynamique économique et la voie de l’émergence économique et ce non parce que les partis politiques ne servent à rien, loin de là, mais parce que l’antique et ancestrale vieille garde ne veut rien rétrocéder et la plupart des jeunes Marocaines rebutent de ne pouvoir prendre les rênes de leurs blocs politiques et de les mettre à niveau du troisième millénaire. 
Plus que jamais, aujourd’hui, le Maroc a besoin de leaders qui maîtrisent la sémiotique du troisième millénaire, qui comprennent les préoccupations de la jeunesse Marocaine et qui prédisposent de qualités leur permettant d’être créateurs et innovateurs. Bien plus, les partis politiques devront travailler de concert avec les institutions constitutionnelles, les centrales syndicales, ainsi que la société civile en faisant preuve de Know-how afin d’accoucher un modèle palliatif sans se figer sur la littérature Académicienne 

Coïncidant avec les 20 ans de règne du Souverain Marocain, l’année 2019 doit être celle de l’altesse de ce chantier vital, et ses jalons doivent être jetés dans les plus brefs délais de l’année 2019. Certes, Les différents blocs politiques pourront diverger sur quelques chaînons du modèle de développement économique à emprunter, mais ne doivent aucunement discorder sur la trame fondamentale pour quelconqu’obédience idéologique ou de surenchère politique et politicienne. Bon vent au nouveau modèle de développement économique Marocain !! 

31 mars 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quand l’essence se jette sur le feu entre l’Exécutif Marocain et le Conseil de la Concurrence

by Mustapha Maghriti 26 février 2019
written by Mustapha Maghriti

Oisif et inactif depuis 2013, le Conseil de la Concurrence a fait son come-back en fanfare. En effet, sous les auspices de Driss Guerraoui président du Conseil de la Concurrence et son nouveau staff, l’entité chargée de veiller au fair-play s’est penchée sur le bien-fondé de plafonner les prix où les marges des hydrocarbures va à l’antipode des promesses du Ministre des Affaires Générales et de la Gouvernance Lahcen Daoudi en l’occurrence. 
La mise à l’écart de l’hypothèse du plafonnement n’a fait que jeter l’essence sur le feu et l’Exécutif Saadine ElOthmani via le Ministre chargé du dossier du carburant Lahcen Daoudi n’a pas tardé à stigmatiser le Conseil de la Concurrence. Curieux de la part d’un Ministrable qui, des mois et des mois, justifiait la non-application du plafonnement par l’attente de l’avis du Conseil de la Concurrence quand celui-ci était en mode « Stand by », mais une fois ses structures succédées et renouvelées, celui-ci a émis à l’unanimité de ses membres un verdict à l’antithèse des espérances du Ministre des Affaires Générales et de la Gouvernance qui, selon l’Ex patron du Conseil Economique et Social, ne remplit pas les conditions de l’article 4 de la loi sur la liberté des prix et la concurrence. 
Sur les médias et les réseaux sociaux, le Ministre Lahcen Daoudi lui a reproché une immixtion politique et a promis d’exécuter le plafonnement. Rocambolesque et paradoxal, puisque le Ministre prédisposé de cette prérogative en vertu de la constitution : Pourquoi a-t-il attendu, près d’une chandelle, le verdict du conseil n’engageant en rien le Gouvernement étant donné que le jugement du Conseil est prononcé à titre consultatif et non décisionnel ? Ce faux-fuyant atteste tangiblement qu’il y a un collapsus dans le management de l’établissement de la loi de l’offre et la demande dans le secteur des carburants. 
D’ailleurs, le Patron du Groupement Marocain des Pétroliers, Adil Ziady, nostalgique quant à lui mît son grain de sel, en implorant un regain à la subvention. 

Devant les faits accomplis, le Gouvernement se trouve écartelé entre le marteau de la libéralisation économique et l’enclume de l’oligopolisme, puisque le marché de l’or noir est un marché oligopolistique et de ce facto, il ne peut y avoir « entente » sur les prix dans un secteur qui compte seulement 20 entreprises et que plus de 50% du marché est accaparé par trois entreprises. Sous cet angle et dans la logique de la concurrence et la liberté des prix, le plafonnement serait une clause discriminatoire et impactera surtout les petits distributeurs. 
Aussi, en Décembre 2015 le Gouvernement barbu light sous les commandes de Benkirane s’est « prosterné » avec un « Amen » aux orientations du Fond Monétaire International en mettant la charrue avant les bœufs et ce en accélérant hâtivement la libéralisation du marché des hydrocarbures sans aucune mesure d’accompagnement pour « immuniser » le pouvoir d’achat du consommateur Marocain et les marges des transporteurs. 
A notre sens, l’histoire économique est irréversible ; preuve en est, la manne financière de la compensation estimée à plus de 20 Milliards de Dhs s’est définitivement volatilisée des comptes du Budget Général de l’Etat, et une telle doléance ne ferait qu’entrer le loup dans la bergerie : Revenir en arrière, c’est acculer le Gouvernement dans une véritable contrariété, car il devrait affronter la calcination des prix lorsqu’ils vont s’enflammer sur les marchés mondiaux et remettre en place la subvention de manière forcée. 
Au regard de cette cacophonie économique, nous pensons, qu’aujourd’hui, le véritable pouvoir décisionnel est dans le camp de l’exécutif, et la réunion entre Daoudi et les professionnels du Carburant ne va pas certainement reluire et éclaircir les horizons du secteur ? En attendant, le prix à la pompe repart à la hausse constituant un désenchantement pour les automobilistes et les professionnels du transport et érode ipso facto le pouvoir d’achat du Consommateur. 

En guise d’épilogue, Mr le Ministre: Précipitamment une résolution conciliante, limpide, impartiale et surtout pérenne qui protégera le consommateur, sans occulter les intérêts économiques des distributeurs à travers l’entente et la négociation plutôt que par la discorde, car au vu que le secteur des hydrocarbures a somnolé, il y a un bail, sur les oreillers de la compensation, nous pensons que le secteur a besoin d’un véritable électrochoc pour reprendre les dires du président du Conseil de la Concurrence Driss Guerraoui , et une refonte globale est incontournable pour s’attaquer congrûment aux différentes distorsions structurelles dont pâtit le secteur.

26 février 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Libéralisme économique au Maroc : Quelle lecture du rapport de l’Heritage Foundation 2019 ?

by Mustapha Maghriti 13 février 2019
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith et David Ricardo sont souvent considérés comme les économistes symboliques du libéralisme économique à travers leurs théories respectives de la main invisible et les avantages comparatifs qui prêchèrent les vertus du marché et s’ensuit tout une vagues d’héritiers de courant ultralibéral, qui pour eux, le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d’optimum économique. 
Cette liberté économique est définie comme la levée de toute contrainte de la part du Gouvernement sur la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services. Cette liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en incitant à l’esprit d’entreprenariat et la création de valeur ajoutée. 
Chaque année, la fondation Américaine « The Heritage Foundation » publie son enquête annuelle « Index of Economic Freedom ». Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée de la fameuse métaphore  » La Main Invisible » du prophète du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », à savoir que « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble » Elle est mesurée à travers des indicateurs répartis en quatre catégories, qui sont eux-mêmes subdivisées en douze sous-catégories équi-pondérées qui sont : Autorité de la loi, Taille du gouvernement, efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l’étude. 

Dans son 25éme rapport, le classement de la fondation Américaine qui vient d’être publié en ce Mois de Février 2019 fait apparaître, que sur un panel de 186 pays, le Maroc, avec un score de 62,9 points, se positionne à la 75 éme place dans l’indice de la liberté économique, soit un rebond de 9 places par rapport à l’édition 2018. Avec un tel score, le Maroc se classe premier en Afrique devant la Mauritanie (119e), la Tunisie (125e), l’Egypte (144e) et l’Algérie (171e) 
Les auteurs du rapport notent que le Maroc a amélioré la politique budgétaire, les droits de propriété, obtenant, en revanche, des scores timides pour l’intégrité du gouvernement, la liberté du travail et la liberté des échanges. Le document souligne également que «les faibles coûts de main-d’œuvre et la proximité avec l’Europe» ont permis au Maroc de créer « une économie diversifiée et axée sur le marché. » Sur cette appréciation, nous portons notre réserve sur le fait que la liberté économique ne peut être étayée sur les deux critères cités ci-haut par « The Heritage Foundation » pour au moins deux raisons : 
– Primo, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’éroder au point que le travailleur marocain est devenu plus coûteux comparativement à d’autres économies comme la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie, 
– Secundo, la liberté économique ne peut se baser sur la proximité avec le vieux continent. En effet, selon une investigation de la Banque Mondiale portant sur la logistique, cette proximité n’est pas réelle si l’on appréhende par le coût du transport puisqu’un conteneur entre le Havre et Hong Kong est moins onéreux qu’entre Casablanca et Marseille. Aussi, selon la même étude, il faudrait 4 semaines minimum pour convoyer une marchandise du Maroc vers Rotterdam, alors qu’un conteneur de la Chine vers Rotterdam a besoin seulement de 3 semaines. De plus, plus de 20 % de la valeur ajoutée des produits manufacturiers est alourdie dans des frais de logistique. À cet égard, la Chine ne parait-elle pas plus proche de l’Europe que du Maroc ? 

Aussi, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande raideur et considère qu’un large part de la force de travail est marginalisé à cause d’une régulation inexorable du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. De surcroît,  » Les procédures de création et d’enregistrement d’une entreprise privée ont été simplifiées ces dernières années grâce à la fluidité des Centres Régionaux d’Investissement (CRI). Cependant, en dépit de certaines améliorations, la rigidité du marché du travail continue de plomber la croissance dynamique de l’emploi », détaille la Fondation Américaine. 
De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché onéreux aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se noyer dans de l’économie informelle. 
Certes, il y a eu des gains modestes en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce), néanmoins ils ont été balayés par la rétrogression de l’État de droit et la recrudescence de la corruption. En effet, l’organisme américain pointe du doigt le problème du respect de la règle de droit : La fondation de l’Uncle Sam considère « que le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant, que les fonctionnaires commettent des pratiques de corruption en toute impunité » et que « la corruption est un problème grave dans l’ensemble du gouvernement et de l’application de la loi ». De ce fait, même si le Maroc a adopté une politique de réforme du secteur privé, le progrès reste tributaire de la volonté du gouvernement d’affronter plusieurs défis urgents, en singulier la prépotence du droit. 
En outre, les critères sur les droits de propriété, l’intégrité du gouvernement et l’efficacité judiciaire ne sont donc pas bien notés puisque « le système judiciaire est inefficace et sujet à des retards », note le rapport. Autant dire une contreperformance très inquiétante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère. Cet excès d’arbitraire ne fait que « boiser » l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption. 
À ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleins phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

Il est temps que l’exécutif infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, ce qui passe inéluctablement par la redéfinition de ses missions dans le cadre d’un nouveau modèle de développement stimulant aussi bien l’offre que la demande, par le renforcement de l’état de droit non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant un parallèle entre le business et le politique et remettre à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité. 
Ce n’est pas en créant le conseil de la concurrence que le fair-play sera installé sur l’arène économique Marocaine car pour reprendre Feu Driss BenAli le marché est un état de culture et non pas un état de nature.

13 février 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Après Davos 2019, la nécessité impérieuse de repenser l’ordre multilatéral et national

by Mustapha Maghriti 12 février 2019
written by Mustapha Maghriti

Du 22 au 25 janvier écoulé, quelque 3 000 participants venus du monde entier et de toutes les sphères d’influence : Entreprises, gouvernements, société civile, universités, arts et culture, ainsi que les médias, ils se sont réunis dans la ville enneigée de Davos, en Suisse, pour discuter de la manière de construire une meilleure version de la mondialisation. 
Il faut dire que le sommet de Davos s’est déroulé dans un climat de remous et tumultes sociaux dans le monde : Le Mouvement de gilets jaunes et la révolte de la société française en plein Paris, l’Elysée et d’autres villes du pays des lumières. Il s’ensuit, en Amérique latine, une grande vague de protestations violentes contre le Gouvernement du Président vénézuélien Nicolas Maduro. Récemment, il y a cinq jours, en Haïti, des manifestations frénétiques contre le président Jovenel Moïse. Les causes de ces révoltes sont un secret de polichinelle : 
La première d’entre-elles et probablement la plus inquiétante concerne la montée fulgurante des inégalités sociales qui s’abreuvent en grande partie de la haine, les ressentiments, ainsi qu’une corrosion de la confiance dans le système démocratique. 
Les inégalités des revenus ont beaucoup gradué et qui sont en grande partie imputables aux politiques d’obédience Néolibérales qui ont accouché de flagrants clivages sociaux entre les franges sociales démunis qui sont de plus en plus marginalisées et les couches moyennes en panne d’inspiration et les nouvelles couches sociales nanties ayant accumulé d’importants revenus. 
Ces bipartitions sociales ont enclenché ressentiments, aversions et emballements qui pèsent d’un fardeau lourd sur l’authenticité et la légitimité des sociétés démocratiques.Nous pensons que c’est par l’instance économique, pour paraphraser Marx, qu’il faut relever le défi et rabaisser les tensions sociales. 
Certes, le début de l’année 2018 a connu une embellie de la situation économique du globe où beaucoup d’experts, institutions internationales et agences de rating ont prophétisé un rebond de la croissance. Cependant ces prévisions économiques ont été revues à la baisse au cours des derniers mois de l’année 2019 et la croissance économique a eu les plus grandes difficultés à récidiver et à retrouver sa cadence d’avant la crise des années 2008 et de facto cette faible dynamique économique a été à l’origine de grandes effrois qui se sont matérialisés par de grandes incertitudes dans l’avenir. Ces contretemps économiques ont été exacerbés par des mesures de représailles commerciales entre les USA, l’Europe et la Chine, la normalisation des politiques monétaires ainsi que la recrudescence des taux d’intérêt. 

Cette crise économique et sociale a ouvert la voie au développement des forces politiques populistes qui inquiètent de plus en plus les régimes politiques à l’instar des gilets jaunes en France et la rebelle contre les régimes Nicolas Maduro en Venezuela et Jovenel Moïse en HaïtiL’apostrophe qui nous interpelle est de savoir les issues de sortir de ce bout de tunnel et d’accoucher d’un nouvel ordre économique humaniste.
Deux éléments essentiels nous semble essentiels à cet égard : 
– Le premier défi est d’ordre national : Il doit mettre l’accent sur la nécessité de rebâtir les contrats sociaux et les conditions de vie dans les différentes sociétés. Ce projet présuppose de faire de l’équité sociale le noyau dur d’un nouveau contrat politique qui suppose, à son tour, la redéfinition de nouvelles formes de politiques économiques faisant de de l’inclusion économique et du développement durable, leurs grandes priorités stratégiques,
– Le second challenge est d’ordre international : Il concerne la nécessité de reconstruire un nouveau multilatéralisme étayé pour l’essentiel sur de nouvelles formes de coopération internationale entre les différents Etats car , faut-il le rappeler, les crises dont sévit le monde, la montée du populisme et du « self-government » ont été à l’origine de la montée sans précédent des politiques inquisitoriales et unilatérales ( comme l’Amérique d’abord de D. Trump) et des discordes entre les Nations dont certaines se sont soldées par des guerres commerciales à l’instar de celle entre les USA et la Chine. 

Nous pensons qu’il est incontournable de sortir de ces zones d’ombre afin de refaçonner de nouvelles dynamiques internationales de coopération, d’assistance et de solidarité permettant une « remoralisation » de la mondialisation.  La nouvelle année 2019 sera décisive à plus d’un titre. Si les perditions sont importantes, il est encore plus important de sortir des crises en redonnant crédit dans l’avenir, une confiance qui passe par la refondation des contrats sociaux nationaux et par l’édifice de nouvelles formes de coopérations, de solidarités et de réciprocités internationales à même d’accoucher une nouvelle architecture internationale d’un monde meilleur construisant des sociétés plus inclusives et mieux protéger les communautés vulnérables.. 

12 février 2019 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • COLLOQUES ET CONFERENCES
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications