Des économistes de tout bord, se sont hasardés jusqu’à prophétiser l’apocalypse du capitalisme et appellent à refondre les accords de Brettons Woods.
Faut-il rappeler que la conférence de Brettons Woods, connue sous le nom de conférence monétaire et financière des Nations-Unies s’est tenue du 1er au 22 Juillet 1944 dans l’ambition était d’échafauder un édifice économique du capitalisme capable de réamorcer l’économie mondiale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Cette conférence avait accouché un système monétaire international (SMI) indexé sur le prix de l’or à travers l’enfantement du Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale ayant pour mandat de financer la remise sur les rails des pays ébranlés par la guerre mondiale.
La conférence de Brettons Woods a aussi édicté la royauté du pays de l’oncle Sam et que le billet vert, le Dollar Américain en l’occurrence était la devise de référence, à un moment où l’économie Américaine pesait d’un poids lourd avec plus de 45% de l’économie mondiale. Cet exposé succinct est certes de la protohistoire mais qui explique en bonne partie ce qui se trame aujourd’hui.
Avec les dommages collatéraux du Covid-19, le monde a-t-il besoin d’une nouvelle feuille de route loin de l’armature de Brettons Woods ? Sur ce point, c’est le mystère absolu, le monde ne va-t-il plus être ce qu’il était, à commencer par cette globalisation exubérante? Sur cette interrogation, c’est l’équivoque totale.
Déjà, la boule de cristal de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) annonça dans une étude publiée au mois de Mars que les investissements directs étrangers (IDE) dans le monde vont baisser de 30 à 40% pour les deux prochaines années, tout en précisant que le Covid-19 n’est pas uniquement un problème de logistique et de commerce mais aussi de confiance dans le modèle actuel. C’est peut-être ce qui explique le foisonnement, dans plusieurs pays, des courants politiques prônant le nationalisme économique et le rapatriement des investissements à l’étranger.
Cette pandémie a engendré un séisme économique, financier et social d’une grande amplitude jalonnée par une contraction brutale de l’économie mondiale ; ces désordres mondiaux ont sapé d’un seul coup les pays développés prétendant être riche comme Crésus, les puissances émergentes et les Etats les plus démunis. A présent, les sociétés doivent affronter une crise globale d’une intensité immense et dont la durée paraît sine die et imprévisible :
– Globale, parce que tous les acteurs étatiques et non étatiques sont concernés en chaque point du globe ;
– Globale, en sus, car toutes les dimensions des activités humaines sont impliquées, aussi bien économiques, politiques, sociales, et culturelles.
Autant de données qui exigent de rappeler dans un premier temps les germes et les enjeux des mécanismes économico financiers mis en cause avant de pouvoir proposer un cadre d’analyse opératoire.
Historiquement, lors de la réunion du G7 tenue en Novembre 1998, l’Ex-président B. Clinton n’avait-il pas souligné l’impérieuse et urgente nécessité d’humaniser la mondialisation ? Plus de 22 ans plus tard, le propos s’impose avec plus d’acuité et d’actualité encore. En effet, au cours de cette dernière décade, la mondialisation n’a pas été synonyme, loin s’en faut, de croissance générale et solidaire d’une économie mondiale unifiée et pacifiée. A l’échelle internationale, elle n’a pas non plus permis de colmater et de rétrécir l’hiatus abyssal des inégalités les plus criantes où moult pays ont ainsi été évincés de la redistribution des richesses et progressivement marginalisés. Aussi avec les différentes répercussions dangereuses en longueur et en largeur, des exclusions sociales existent-ils aussi, au plan interne, dans les pays développés, au point d’entraîner des « sécessions sociales » pour paraphraser Robert Reich.
Qu’en sera-t-il à présent en termes de disparités sociales, que ce soit le clivage Nord/Sud et Sud/Sud, alors même que la finance mondiale connaît une crise majeure attisée par la pandémie du Corona-Virus pointant l’épée de Damoclès sur la sécurité humaine ?
Au fil de ces dernières années et au regard de cette tragédie sanitaire mondiale, les institutions de Brettons-Woods se sont montrées impuissantes à prévenir les crises, mettant ainsi en évidence la vulnérabilité d’un système financier étayé pour l’essentiel sur une très large dérégulation. Aussi, un grand nombre d’experts préconisent-ils l’échafaudage d’une gouvernance mondiale de la finance. Mais ceci suppose de mener au préalable une radioscopie et un check-up de la mainmise, de l’exceptionnalisme Américain et des limites d’une gouvernance impériale et léonine qui aurait dû maintenir la finance sous contrôle- si l’on croit des gourous de la stabilité hégémonique comme Charles Kindlberger ou Robin Glipi. Avec la pandémie du Covid19 et le voyeurisme de la communauté internationale qui s’ensuit, l’échec de ce crédo libéral ne paraît-il pas à présent avéré ?
Pour autant, moult options stratégiques s’affrontent quant à la mise en place d’une gouvernance mondiale avec deux grandes apostrophes :
1- Les Etats doivent-ils s’orienter vers plus de multilatéralisme ?
2- Ou les Etats doivent-ils tirer révérence des pans entiers de leur souveraineté, à même de permettre l’éclosion d’une autorité supra étatique transcendant et imposant une régulation internationale de la finance ?
Difficile d’augurer d’un consensus en témoigne les divergences et les guerres intestinales politiques, les bras de fer et les enjeux de pouvoir que révèlent le duel USA Vs Chine.
A la faveur des bouleversements récents de la pandémie du covid19, les populations ont fait l’expérience d’un système libéral qui ne leur a finalement offert aucune garantie d’équité, ni de solidarité internationale. Au contraire c’est le » chaqu’un pour soi » qui prédomine où différents courants politiques, dans plusieurs pays, à travers le monde, prônent le nationalisme économique et le rapatriement des investissements à l’étranger.
En outre, il règne toujours une grande nébulosité, une incertitude dans les échanges et une perte de sens face à laquelle le monde politique reste comme frappé de tétanie conceptuelle.
Tout concourt à affûter et à accentuer celle-ci : Aussi bien l’impossibilité d’anticiper les micro-actions individuelles d’acteurs innombrables et apparemment erratiques, que le retrait continu de la puissance étatique et de ses moyens de régulation.
A l’heure de l’existence d’une présumée communauté internationale, il convient assurément d’examiner la redéfinition de valeurs communes si souvent évoquées. En effet, la brutalité de la crise économique nous invite à aborder les impératifs du développement durable au regard de la crise économique, financière et de ses contraintes systémiques, impératives sans lesquels toute référence à l’existence de biens communs ne serait que pure rhétorique et placerait l’économie mondiale en sursis.
Les Relations Financières Internationales du Maroc avec le FMI au temps du Corona
Quelle Stratégie de Gouvernance Nationale de lutte contre le Covid-19 au Maroc ? Quelles sont les grandes priorités ?
A ce titre, nous devons entamer notre réflexion dès aujourd’hui sur trois questions essentielles :
Un anathème sanitaire a sapé l’humanité avec une telle célérité qu’elle semble avoir médusé tous les dirigeants de la planète. Nous perdons nos illusions : Ce qui semblait être le monde dominant et commandant la nature avec les rushs et les ruées des révolutions cognitives, biotechnologiques, de la microbiologie et de la biologie moléculaire a sombré subitement d’un coup. Ces édifices architecturés sur les dogmes du libéralisme, de la mondialisation, de la royauté du marché, de la main invisible et l’Etat gendarme voire même voyeuriste a laissé libre cours à une métempsycose pure et dure du Keynésianisme, voire même d’un nouveau socialisme de réconciliation sociale.
Ainsi, la leçon est patente, le postulat est clair : le marché que chantait en chorale les courants d’obédience ultralibérale à lui seul, ne peut être à lui seul le régulateur de l’économie pour régenter les crises partout dans le monde.
Il a fallu que la razzia d’une pandémie planétaire (Covid 19) affecte l’humanité pour que nous nous rendions compte que moult choses auraient pu être faites et depuis longtemps afin que le Maroc soit différent, sinon meilleur : Crise d’analphabétisme, de pauvreté, de déficit de santé, de citoyenneté …
A quelque chose malheur est bon : Avec cette pandémie, près de 31 Milliards de Dhs ont été recueillis en quelques jours pour servir à équiper des hôpitaux, à réapprovisionner et ravitailler les besoins des familles les plus démunies, à approvisionner des stocks de médicaments pour étancher nos déficits sociaux. Cette mobilisation sociale sans précédent n’aurait-elle été pas faite naguère ?
Depuis avant-hier Mardi 7 Avril 2020, les familles et les personnes touchées par la crise ayant perdu leurs emplois et déclarés dans le système de la sécurité sociale, ainsi que les personnes disposant du RAMED ont commencé à percevoir leurs pensions issues du fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie de coronavirus crée le 15 Mars 2020 sous les auspices du Souverain Marocain.
Aussi, toutes les personnes faisant partie de la trame de l’économie informelle ne disposant pas de RAMED percevront dans les jours prochains des indemnités sociales en fonction du nombre de personnes à charge dans chaque famille.
Ainsi, le Maroc s’est montré, sur l’arène internationale, capable de mettre en place un dispositif de revenu universel qui permettrait à tous ses citoyens de se sentir prémunis, insérés et intégrés dans la société Marocaine.
Nous ne sommes pas en train d’écrire une autre page de l’histoire pour les générations nouvelles et futures ? Nous y inscrivons la manière dont nous traversons ce moment scénique de notre époque ou d’une nouvelle ère qui s’invente chaque jour, chaque heure. Nous avons ainsi l’opportunité de leur démontrer et attester que nous faisons preuve de solidarité, de tolérance, de compassion et d’entraide les uns envers les autres.
Cette cohésion à la Marocaine ne suscite-t-elle pas le lyrisme non seulement par la vivacité de sa mise en action, mais surtout par l’implication de toutes les franges de la société ? Une prouesse sociale d’envergure qui en dit long sur le degré d’adhésion pour obstruer la prolifération de la pandémie Covid-19.
Cette adhérence authentifie que nous faisons Nation. Nous serons une pléiade Marocaine irréductible tant que la solidarité prédominera. Nous gageons que nous devrons garder cet état d’âme quelle que soit la durée de la pandémie Covid-19 et même une fois la tempête du Corona est passée.
La bataille contre le Coronavirus Covid-19 au Maroc : Un combat national
L’anathème du Coronavirus a chambardé et chamboulé toutes les évidences et les manifestes des prévisionnistes, des scientifiques, des chercheurs, des médecins, même des plus érudits. Une unique et seule contre-offensive : Démolir et détraquer le maillon de la contagion et de l’infection, puisqu’à ce jour, il n’y a aucune sérothérapie, ni vaccin, ni antisepsie. La seule immunisation possible jusqu’à ce moment, c’est annihiler et anéantir la contamination.
Pour preuve, les scientifiques ne se sont-ils pas acculés devant des secrets de polichinelle de l’hygiène, de la désinfection, de la prévention, de la stérilisation, de l’asepsie et de l’antisepsie ?
Les scientifiques ne sont-ils pas coincés devant des mesures séculaires et des bonnes manières primitives à l’instar de se laver les mains régulièrement, éviter les accolades et les étreintes, et se conformer à la distanciation sociale et le confinement ?
Toutefois et paradoxalement à ce que l’on pourrait penser, le confinement ou la distanciation sociale n’est pas une fracture des fils, ni une rupture des fibres sociaux, mais au contraire c’est un acte de solidarité : Chacun de nous est interpellé, pour se prémunir, à protéger les autres. Ainsi, nous redécouvrons que c’est la différence et l’altérité qui forgent le vivre ensemble.
Nul n’ignore que cet ébranlement sanitaire et les corollaires qu’ilentraîne ont, assurément, des répercussions économiques et sociales et qu’on ne peut les outrepasser qu’en s’étayant sur deux valeurs substantielles : La discipline et la solidarité.
Périple meurtrier d’un anathème chinois sur notre planète : Quelles mesures de riposte ?
Depuis l’annonce du premier cas de coronavirus dans un marché aux fruits de mer de Wuhan en Chine le 31 décembre 2019, le nombre de sujets affectés par le Covid-19 ne cesse de faire tâche d’huile en entamant son périple sanguinaire dans plusieurs contrées de la planète (les statistiques actuelles livrées par l’OMS font état de 110.000 affectés et 3800 Morts) avant de passer au Maroc à travers l’infection d’un concitoyen ayant séjourné quelques jours en Italie pour que le bilan passe à 28 affectés . De ce fait, le coronavirus fait partie aujourd’hui du paysage national, avec sa malignité, les inquiétudes qu’il suscite, la frayeur qu’il génère chez les Marocains.
Il fera, toute chose égale par ailleurs, des victimes dans tous les pays qu’il visite à l’instar de sa présence dans plus de soixante États de par le monde. Au regard de ce virus, il convient de rationaliser l’irrationnel en évitant, au moins, 6 écueils :
– Primo, Il ne faut pas succomber à la frayeur, laquelle est notamment attisée par des Fake/News qui châtient et pullulent sur les réseaux sociaux, ce fléau fait de plus en plus place à une vraie endémie, c’est « l’infodémie » qui l’accompagne ; la fluidité de diffusion de l’information et à l’accès à celle-ci couplés aux infox auxquelles sont exposées les internautes, expliquent en partie le foisonnement des comportements irrationnels
– Secundo, en raison de son statut de pays touristique, les autorités compétentes doivent claustrer et barricader les frontières terrestres, maritimes et aériennes à travers des cellulles de veille, de riposte et de surveillance épidémiologique qui s’imposent face au virus Corona à travers un dispositif de contrôle et de diagnostic virologique draconien pour éviter que des cas supplémentaires ne passent entre les mailles du filet dans le futur,
– Tertio, il est un Must de dépassionner les rumeurs relatives au virus Corona en menant de véritables campagnes d’information les plus évasées, les plus étendus, les plus explicites en milieu urbain, rural ou en milieu péri-urbain à travers les ondes de radios, de chaînes de télévision, de supports écrits et affichage pour des actions de longue durée sur les moyens de prévention, car depuis que le Ministère de tutelle a commencé à comptabiliser les premiers cas de Covid-19, nos concitoyens qui sont à la fois surinformés et désinformés sont pris de phobie et d’effroi. A cet égard, le speech du chef de l’exécutif Marocain Saâdine El Othmani est à saluer pour dépassionner le débat, ainsi que les mesures préventives à prendre pour se prémunir contre le Coronavirus,
– Quarto, afin d’éviter sa transmissibilité, le Ministère de tutelle devra se pencher sur les mécanismes à mettre en place pour augmenter, pour les professionnels de santé , la capacité de production de gants, de masques médicaux et de gel hydro-alcoolique pour se prémunir eux-mêmes, et éviter que leurs patients ne soient infectés ou infectent d’autres personnes. Ils ont aussi besoin de respirateurs, lunettes de protection, écrans faciaux, blouses, etc.
– Quanto, les services du contrôle des prix relevant respectivement du Ministère de l’Intérieur et du département du Commerce et de l’Industrie doivent rassurer les Marocains que l’offre des denrées alimentaires couvrent largement la demande pour éviter les comportements « Panurgiens » et hystériques dans les différentes grandes surfaces et des comportements spéculatifs qui peuvent en résulter qui risqueraient de hausser les prix,
– Ultimo, le renforcement de la coopération en la matière devient de plus en plus une nécessité impréieuse pour tous les membres de la communauté international. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les besoins mensuels en masques médicaux, en gants et en lunettes de protection sont évalués respectivement à 89 millions, 76 millions et 1,6 million.
Faut-il souligner, en guise de conclusion, une chose rassurante : Malgré toutes ses tares, ses failles et lacunes, les autorités sanitaires Marocaines, véhiculent des informations transparentes , au jour le jour, accompagnées de mesures d’isolement pour les cas douteux, ainsi que la disponibilité d’infrastructures adéquates pour traiter les malades ; le Maroc est aujourd’hui dans la première phase de son plan de veille et de riposte au Covid-19. Il ne passera à la deuxième phase que si le nombre de cas suspectés dépasse les 200 et celui des cas confirmés les 50.D’où pas de panique.!!!
Le Succès d’une Oeuvre Royale de l’Entreprenariat Juvénile TPE-PME : Quelles sont les conditions de réussite ?
Au regard de l’épée de Damoclès du chômage qui touche plus de 26% chez les jeunes de 15-36 ans selon les dernières statistiques du département Lahlimi HCP, l’entreprenariat Juvénile semble représenter le remède le plus adéquat et le plus pérenne à une telle tare économique et sociale. En effet, la cloche Royale lancée en faveur du nouveau Programme Intégré d’appui aux des TPE/PME par le Souverain Marocain est venue à point nommée à travers tout un menu alléchant : 6 Milliards de dirhams entre l’État et les banques étalée sur trois années pour cortéger l’entrepreneuriat et huiler les mécanismes des relations entre la sphère bancaire et les demandeurs de crédit à travers un déblocage d’un portefeuille financier d’aide de 2 Milliards de dirhams de la part du Fonds Hassan II octroyé sous forme de crédits gratuits, relèvement du taux de la garantie de la Caisse Centrale de Garantie CCG à 80% et l’instauration d’un mécanisme de refinancement illimité de la part de Bank Al-Maghrib au taux préférentiel de 1,25%.
Un programme de financement intégré qui a mis la jouvence Marocaine au cœur de ses orientations stratégiques, une œuvre Royale qui ne peut réussir sans prendre en considération quelques conditions incontournables :
– Primo, Tirer des enseignements du crédit jeunes promoteurs en évitant de reproduire les erreurs du passé par l’accompagnement des jeunes promoteurs :
Les enseignements de l’échec du crédit jeunes promoteurs ne nous démontrent-ils pas que faute de rigueur, de belles créativités échouent ? Rétrospectivement, les solutions proposées par le pays depuis le début des années 90 pour lancer l’entreprenariat chez les jeunes connu sous le nom du Crédit Jeunes Promoteurs lancé le 20 février 1991 (Dahir n° 1-90-190 du 5 chaâbane 1411), ont buté au moins sur trois déficiences: le fardeau procédural, le dessèchement du financement, la non concordance des projets et la préparation immature des jeunes créateurs entrepreneurs.
Conséquence : Le bilan des crédits jeunes promoteurs a été très décevant ; presque un projet sur trois a été voué à l’échec, un volume de contentieux alarmant, des impayés et des retards de déblocage des fonds de l’Etat. Les mesures d’accompagnement prévues par la loi firent défaut.
En matière de management des projets, faut-il souligner que l’aspect financement n’est qu’un des volets de la réussite du programme intégré des TPE/PME, les mesures de soutien sont incontournables. De là, découle d’autres conditions inéluctables.
– Secundo, la réussite du programme TPE/PME ne peut se faire sans l’assistance de la CGEM, des chambres de commerce et professionnelles, le secteur bancaire et l’OFPPT.
Dans cette optique et pour mémoire, l’OFPPT a tenté de lancer des projets ambitieux comme les stages d’insertion en collaboration avec la CGEM qui restèrent sans suite.
Le Hic majeur vient de l’absence de cohérence et de synergie entre les différentes instances impliquées dans l’octroi du crédit. D’une part, les banques ont leurs contraintes et ne peuvent faire de l’aumône et la miséricorde, le CNJA se contentait de sa sphère consultative et n’avait pas de pouvoir décisionnel, les entreprises elles-mêmes cherchèrent plus à survivre qu’à former des jeunes.
Aussi, les couches sociales ciblées n’ont bénéficié ni de l’information nécessaire, ni de la formation suffisante pour s’engager et mener à bien leur projet.
En matière d’entreprenariat, la priorité doit résider dans la motivation, la qualité et la faisabilité du projet. Les institutions publiques dédiées, les banques, la CGEM, les conseillers privés, les ONG, les Autorités, l’Université et le réseau de la formation professionnelle doivent de concert s’investir en repérant les talents prometteurs et les projets à fort potentiel.
A ce titre, toute mesure n’est susceptible de produire des effets spécifiques sur l’emploi des jeunes diplômés que si elle est appuyée et soutenue par d’autres mesures préconisées dans le cadre d’une cohérence à portée plus générale. Dit autrement, l’insertion des diplômés implique une série d’actions synergiques propices au système d’éducation et de formation d’une part, et au système productif d’autre part, c’est à dire à l’environnement social et économique de l’emploi.
C’est à ce niveau vital que le pointeur du nouveau programme de financement TPE-PME, lancé par le Sultan Marocain devrait être recadré.
– Tertio, la mise en place des critères d’écrémage et d’éclectisme rigoureux, transparents, objectifs et impartiaux : Comme dit la maxime française » Qui ne risque rien, n’a rien », il va sans dire qu’un taux d’échec judicieux est incontournable. De ce fait, les projets innovants et ambitieux, sont même sous-tendus par des taux de risque élevés, c’est pourquoi, le risque d’échec ne doit dissuader ni le bailleur de fond, ni le détenteur de projet.
Il en résulte, une mise en place d’un mode de sélection des acquéreurs des projets qui doit être étayé sur des critères rationnels, transparents écarté de tout esprit de favoritisme et de népotisme.
– Quarto, une mobilisation optimale des ordonnateurs, des décideurs et des donneurs d’ordre :
Le rôle du climat de l’investissement, le milieu des affaires et du business est interpellé à s’assembler et à se mobiliser en faveur de cet appel Royal de bonnes augures. A cet égard, une véritable synergie des donneurs d’ordres doit se mettre en place en vue de lever toutes les entraves à la réussite de cette initiative. Le réseau bancaire doit offrir des produits et services adaptés aux besoins des jeunes entrepreneurs ainsi que l’accueil, la gestion, le suivi et la promotion nécessaire des détenteurs de projets. Avouons le, le vrai sujet n’est pas l’argent ou le décaissement du crédit, mais l’assistance des jeunes entrepreneurs. Ainsi, l’accompagnement sera décisif dans la viabilité du programme et sera un des facteurs déterminants dans la compétition entre banques et révélera, par ricochet, qui , parmi les banques Marocaines, sont les mieux armées pour la clientèle entreprise.
Sous cet angle, les Centres Régionaux de l’Investissement CRI selon leur nouvelle mouture auront à jouer un rôle crucial pour faire aboutir cette mission. Cela permettra de libérer les énergies de la jouvence Marocaine et transformera leur ambition entrepreneuriale en donnant une impulsion et dynamique forte à notre projet de développement national. Ce plan Royal intervient à point nommé puisqu’il s’inscrit pleinement dans un contexte de mûrissement stratégique qui nécessite d’agir sur des questions structurantes et à fort impact économique et sociale.
– Quinto, le Suivi post-financement en aval à travers les stratégies de distribution et de l’accès aux marchés :
Les TPE sont très peu expérimentés et ne connaissent pas les grandes dédales et labyrinthes des canaux de distribution. De ce fait, l’accès aux débouchées est un maillon incontournable qui permettra de reproduire et pérenniser le système des TPE et montrerait la bonne foi du pouvoir économique. En 2019, l’argentier du Royaume a élaboré un arrêté ministériel qui ouvrira aux coopératives et aux entrepreneurs l’accès aux marchés publics. On ne peut que révérer cette initiative porteuse d’espoir pour le jeune milieu des affaires.
– Ultimo, favoriser l’émergence d’une classe moyenne agricole :
Pour y parvenir, le Maroc mise sur un plan intégré d’accompagnement, basé sur des crédits à taux de crédits historiquement bas, plafonnés à 1,75% pour les bénéficiaires en zone rurale, et à 2% en milieu urbain, c’est une première dans le pays où l’oisiveté touche plus de 26% chez les jeunes de 15-36 ans. Ceci passe aussi par les réductions des inégalités, la promotion de l’emploi rural, l’accompagnement de l’entreprenariat individuel et de la petite et moyenne entreprise agricole Baptisé « Al Moustatmir Al Qaraoui », la coordination des actions d’appui et d’accompagnement de l’entrepreneuriat au niveau des régions et l’inclusion financière des populations rurales qui sont autant de sentiers pour créer de la valeur, individuelle et collective, et par ce biais, élever le revenu national.
Les crédits consentis selon leur répartition sectorielle et territoriale devront faire l’objet d’un monitoring régulier. Idem, un intérêt régulier doit être accordé aux dossiers qui n’ont pas bénéficié d’un accord positif pour cerner les mobiles derrière le refus des crédits et y apporter éventuellement les réponses appropriées en matière d’accompagnement.
L’émergence d’un tissu de TPE compétitives présupposeraient d’agir sur le cycle de développement, de croissance et de maturation de ce chaînon de la maille de notre système productif. Des actions vigoureuses et créatives seront impératives pour développer des niches à fort potentiel, renforcer les capacités d’anticipation et surtout assurer une insertion réussie dans les chaines de valeur locales pour tirer profit des effets d’entrainement et des « positive-spillover-effects » des grands pouvoirs économiques. Cela suppose d’inscrire notre stratégie de développement et d’émergences des TPE en étroite cohérence avec les autres stratégies sectorielles des grands groupes. Sachant que notre tissu productif est formé de 95% de TPE qui ont une forte contribution de création d’emploi, elles repêcheront, in fine, à la création durable de la richesse, la lutte contre la pauvreté, à l’amélioration du niveau de vie et partant à l’inclusion sociale et au bien être Marocain.
Pression fiscale, équilibres politiques et sociaux : Quels liens ? Quelles accolades ?
Or, cette investigation a remis en cause ce dogme en attestant qu’au contraire, ce sont les augmentations des impôts indirects qui ont été à l’origine des plus importantes dissidences au cours des dernières années.
De ce fait, la politique fiscale doit prendre particulièrement en considération quatre grandes prévalences :






























