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Mustapha Maghriti
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La Course à la Maison Blanche, le Duel D.Trump/J.Biden : Quel impact sur la géopolitique mondiale et les Relations Internationales

by Mustapha Maghriti 1 novembre 2020
written by Mustapha Maghriti

Moins de 2 jours avant le scrutin présidentiel prévu le 3 novembre 2020 qui affrontera l’actuel Président Donald Trump à Joe Biden ancien Vice-Président d’Obama, les élections présidentielles Américaines font la une des médias à travers des réflexions et des dissertations des contrecoups de l’élu à la maison blanche sur la géopolitique mondiale et les relations internationales.

Dans cette chronique, nous analyserons l’impact éventuel que pourrait avoir la course à  la « White House » sur les relations internationales. Pour ce faire, il serait judicieux de faire le bilan de la politique étrangère de Donald Trump depuis son élection en 2016.

Dès son accession au piédestal de la maison blanche, Donald Trump a voulu révolutionner la politique étrangère Américaine en se régentant vers la fameuse sémantique « America First » ou  » L’Amérique d’abord  » qui s’est matérialisée par la défense farouche et conformiste du nationalisme avec un scepticisme à l’égard du multilatéralisme, les organisations internationales et l’aide au développement. 

Sur le plan des relations commerciales internationales, l’OMC a été partiellement verrouillée par Donald Trump ce qui a porté préjudice à la Coopération Economique Internationale alors que le G20, qui avait joué un rôle décisif dans le désamorçage de la crise économique mondiale de 2008, se trouve paralysé dans la gouvernance mondiale de la pandémie du Covid 19 ce qui obscurcit et envenime davantage les Relations Internationales.

Aussi, Il a privilégié la compétition stratégique vis-à-vis de la Chine comme finalité première à travers les mesures de représailles commerciales et la levée en cascade des droits de douane.

En outre, la politique étrangère de Donald Trump a été jalonnée par la rétrogression des USA de plusieurs accords, à l’instar de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique, l’ALENA, l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme.

En pleine pandémie du Coronavirus, cette crise est par nature globale et requiert par conséquent une approche coordonnée et coopérative, la prédominance des actions ponctuelles et unilatérales de D.Trump est manifeste : La Covid-19 n’a-t-elle pas dénudé l’usure des mécanismes de coordination concrétisés par le « selfish » de Donald Trump où le « chacun pour soi » est devenu le Maître-mot en matière de gouvernance du Covid-19 ? En sus,

les Relations Internationales sont devenues tempétueuses entre les USA et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dirigé par l’Ethiopien Tedros Adhanon en le taxant d’avoir mal géré la crise du Covid-19, et de soupçonner l’OMS d’être en connivence avec la Chine. En corollaire, Donald Trump ordonna la suspension de la contribution financière des Etats-Unis à l’OMS qui est de l’ordre de 500 millions de dollars annuellement.

Sur l’éternel conflit israélien-palestinien, Donald Trump s’est rangé à travers son parti pris total sur les positions d’Israël qui se sont matérialisés par l’alignement sur la politique de colonisation systématique menée par Israël, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, la reconnaissance de l’annexion du plateau du Golan, le transfert de l’ambassade Américaine à Jérusalem, le plan de paix pro-israélien, et récemment à travers le contreseing d’accords d’Israël avec les Emirates Arabes Unis et le Bahreïn.

Par ailleurs, Donald Trump n’a pas hésité à prédilectionner les relations avec le régime  autoritaire de Kim Jon-un de Corée du Nord ou avec la Russie de Vladimir Poutine de Russie ou la Turquie d’Erdogan sans toutefois obtenir de résultats probants.

L’Europe quant à elle, elle ne fait partie de l’agenda de l’Europe en lui reprochant le financement insuffisant de l’OTAN et l’ascension du déficit commercial.

De surcroît, la politique « Trumpienne » s’est matérialisée par le durcissement des sanctions contre l’Iran et Cuba.

A cet égard, le 3 Novembre 2020, si le démocrate Jo Biden gagne la course les urnes présidentielles Américaines, sa politique étrangère aura un impact certain sur la géopolitique mondiale en prenant sur plusieurs points le contre-pied de Donald Trump.

La première ambition  de l’ex vice-présiden d’Obama sera de replâtrer  la crédibilité du pays d’Uncle Sam sur l’arène internationale :

– primo, Joseph Biden, dit Joe Biden rétablira le crédit avec les partenaires des USA, en  singulier en ce qui concerne les relations commerciales internationales. Dans son speech, les USA doivent redevenir une référence de la démocratie dans le monde contrairement à l’égocentrisme de Donald Trump. A cet égard, Joe Biden suggère de plafonner le seuil annuel de réfugiés autorisés à entrer aux USA à 125.000 par an et à l’augmenter au fil des années. Tout en sécurisant les frontières, il garantira la respectabilité des immigrants et défendra les droits des demandeurs d’asile.

– Secundo, Joe Biden promet de consolider la coopération avec les pays d’Amérique Centrale en lui accordant un budget de quatre Milliards de dollars. En sus, Il déposera un projet de loi au Congrès prohibant les contributions financières privées aux candidats à des élections fédérales.

– Tertio, Joe Biden s’engagera à réunir aux Etats-Unis un Sommet mondial de la démocratie pour se défendre ensemble contre l’autoritarisme et faire progresser les droits de l’homme.

– Quarto, Joe Biden promet de se prononcer contre le protectionnisme et pour un commerce international équitable, et encouragera les secteurs innovants tels que les énergies propres, l’informatique quantique, l’intelligence artificielle, la 5G et les trains à grande vitesse.

– Quanto, contre la Chine, il proposera d’opposer un front uni des alliés et partenaires de l’Amérique, en définissent des règles communes, en imposant la transparence et en jouant un rôle de leader. Il maintiendra l’effort de défense afin que les Etats-Unis demeurent la première puissance militaire mondiale, et n’hésitera pas à utiliser la force si nécessaire pour protéger le peuple américain.

– Sexto, Pour les alliés des Etats-Unis, en particulier l’Europe, Joe Biden promet que le pays d’Uncle Sam reviendra à l’Accord de Paris sur le climat et s’engagera sur l’ambition d’une économie entièrement décarbonnée en 2050. Aussi, les USA rejoindront également l’Accord sur le nucléaire iranien si les dirigeants de l’Iran respectent leurs engagements.

– Septimo, sur l’agenda nucléaire, Joe Biden se prononcera pour le non prolifération nucléaire et pour parvenir à un accord avec la Russie sur la limitation de l’arme atomique.

En guise de conclusion, il est certain que si Joe Biden sera élu Président des  Etats-Unis, les relations internationales vont être plus apaisées, la géopolitique mondiale sera attiédie, et semble-t-il,   un nouveau lexique de l’ordre mondial sera érigé surtout après la grande épidémie du Covid 19 qui a frappé la planète en cette année 2020 et définira le ton et le tempo de la géopolitique internationale.

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Blasphème contre le PROPHÈTE, Blasphème contre l’humanité : Plus contagieuse que la Covid-19, la pandémie de l’intolérance

by Mustapha Maghriti 29 octobre 2020
written by Mustapha Maghriti

A quelques jours de la célébration de la fête de la naissance du PROPHETE SIDNA MOHAMMED que la Salate soit sur LUI connu sous le nom de  » AID ALMAWLID », dans le pays des lumières, des projections des caricatures insultantes ont eu lieu sur les hôtels de la région, envers le PROPHETE à Toulouse et à Montpellier, des  Affiches blasphématoires  au nom de l’État de droit et les droits et libertés fondamentaux.

Sur les réseaux sociaux : Le Affiches profanatrice et blasphémateurs contre le PROPHETE figurent sur des milliers de publications ; ces caricatures insultantes font écho dans le monde entier, « Notre Prophète est une ligne rouge », ou avec des hashtags comme  » boycotter les produits français, Macron injurie le Prophète, la France injurie le Prophète de la nation, le Prophète est une ligne rouge » tweeté par des Millions d’internautes. Ces rébellions ne dénoncent-elles pas que la culture de la haine et rappelle que l’intolérance persiste encore au 21éme Siècle ?

Les Affiches sacrilèges et irrévérencieux contre le PROPHETE en France, transcendant les frontières Françaises et Communautaires pour se muer en icône mondiale, remettent sur le marbre de l’actualité le chauvinisme et la Xénophobie depuis des décennies par son ampleur et sa persistance et ressuscite celle de Martin Luther King connu par son discours prophétique  » I’ve Been to the Mountaintop » pour sa lutte non-violente contre l’apartheid racial , ou de Malcolm X figure de proue du mouvement des droits civiques aux États-Unis, défenseur des droits de l’homme afro-américain et des discriminations raciales et les ségrégation religieuses qu’on a cru inhumer. Le discours emblématique « I have a dream » de Martin Luther King prononcé à Washington en 1963 nous inspire encore aujourd’hui.

Dans notre planète, il ne peut pas y avoir de place, même infinitésimal, pour l’intolérance et les discriminations étayées pour l’essentiel sur la couleur des religions. C’était tout le sens du combat pacifique et non-violent de Martin Luther King, dont la missive est plus que jamais d’actualité.

Nous pensons que la guerre contre l’intolérance et l’inéquation des cultes est un Must, mais qu’elle reste miteuse. Aussi, nous pensons qu’il existe une autre guerre, toute aussi violente qui est celle de l’éradication des idéologies de la haine. C’est un travail de longue haleine qui concerne toutes les sociétés de la planète. Inopportunément et malencontreusement, dans les pays occidentaux, ce sont les projets d’écluse et d’introversion, qui l’emportent. L’islam est peu ou prou anathématisé en tant que religion. 

La laïcité est étalée comme une arme de guerre contre cette foi, alors qu’elle est censée l’immuniser au même titre que les autres dogmes, credo et cultes. L’intolérance  s’exacerbe dans la réverbération de la messe de l’abrutissement, il se nourrit  et s’abreuve dans les gadoues de la lassitude et du démolissage. 

Avouons-le, le chauvinisme a distillé des effets pervers dont le plus préjudiciable est le rejet des religions, en particulier l’Islam. Celle-ci n’est pas une quête de liberté d’expression, mais une grotte et caverne identitaire contre l’Islam, incriminé de tous les dommages collatéraux. Ce sont des élites politiques qui commettent cette fois-ci ces misanthropies en l’occurrence Manuel Macron. La France a un mandat pesant à jouer : Avant les armes et les fusils, il y a des idéologies à neutraliser, avant les fusils, il y a des cultes à désamorcer. 

Nous devons reconnaître après ces faits outrageants, que la liberté d’expression  laïque  est indemne de toute réprobation : Chez certains, elle saupoudre maladroitement ce qui relève de la foi, du divin et de l’humain. Ce nœud gordien doit être tranché si on veut ostraciser la haine et le terrorisme qui en résulte et son obsession criminelle. 

La fusillade contre la culture de la haine doit être optimisée, elle doit être absolument globale et internationale. La coopération existe mais elle n’est pas aussi que l’on voudrait. Notre malheur est que nous vivons avec des gens qui pensent que Dieu n’a guidé personne d’autre qu’eux pour paraphraser Ibn Sina (Avicenne). 

La Communauté internationale doit s’agglomérer à remettre la paix dans tous ces pays, les grandes puissances ont cette responsabilité à restaurer les Etats nationaux et d’exempter que d’autres Etats ne se contorsionnèrent. Mais, il appartient tout un chacun de nous d’apporter son écot par la lutte contre la haine, le racisme et l’incitation à la violence au quotidien. 

Le discours de Macron est dénonciateur de l’océan qu’il nous reste à traverser en longueur et en largeur pour exorciser une pensée funéraire et sépulcrale. 

Si Montesquieu narrait que  » Il n’y a point de plus atroce césarisme et de despotisme que celle que l’on exerce à l’ombre  des lois et avec les Couleurs de la justice » je réplique devant ces affiches blasphématrices qu’il n’y a point de plus atroce despotisme que celui que l’on exerce à la pénombre des lois et avec les Couleurs de la liberté d’expression.

Pour donner âme à la religion, ne faudrait-il pas amorcer par l’étiquette de l’éthique et de la morale. Chateaubriand n’a-t-il pas dit, à cet effet, “que ce n’est pas la religion qui découle de la morale, c’est la morale qui naît de la religion.”

Pour donner âme à la religion, n’est-il pas temps d’instaurer la religion de l’amour pour paraphraser Louis Aragon, car, sans amour, toute religion n’est qu’une sorte de divertissement métaphysique pour citer André Esparcieux. 

A cet égard, faisons de notre morale notre religion, faisons de notre justice notre religion, faisons de notre humanité notre religion, faisons de notre humanité notre opium.

Pour épiloguer, j’exhume la célèbre sagesse du pamphlétaire british Thomas Paine “Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. ” car, in fine, il n y a qu’une seule religion : l’Humanité. 

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Anges et démons

by Mustapha Maghriti 23 octobre 2020
written by Mustapha Maghriti

Anges et démons, le titre semble dévier l’imaginaire des passionnés du cinéma vers le film Thriller policier Américain  » Anges & Démons » de Ron Howard incarné magistralement par Tom Hanks, Ewan McGregor et Ayelet July Zurer. Il n’en est rien, il s’agit de pédocriminalité sanglante commise à l’égard d’Adnane Bouchouf.

Parti à vau-de-route, pris hâtivement, déterré impitoyablement, sanguinairement et bestialement par un pervers : C’est le sort fatal d’Adnane, un ange de 11 printemps tout juste, qui a poussé des cris d’orfraie de façon barbare, assassiné par un putride sadique dans la ville de Tanger.

Juste après ce drame, d’autres violences sexuelles contre nos petits enfants ont réapparu et enflammé la toile ce qui montre que le crime contre l’innocent Adnane n’est que le microcosme d’une cellule dormante de pédophiles et que des enfants souffrent en silence : Les larmes, la sédition et l’irascibilité sont collectives par tous les Marocains. Car tout un chacun de nous ne voit-il pas en cet « angelot », si sadiquement tyrannisé, un fils, un petit frère, un petit-fils… encore sous les ailes de la candeur ? Une candeur dont s’est servi un misanthrope pour commettre son acte odieux et insidieux. Ainsi, au-delà des remous, et au regard à une telle monstruosité et cannibalisme, le réflexe instinctif et instinctuel des parents se met en hyperesthésie.

Aucun du commun des mortels ne connaît les pulsions libidineuses et bestiales qui se logent chez l’inconnu croisé dans la rue? Chaque jour, nous coudoyons, nous frôlons des esprits subversifs et tyranniques dont nous ne découvrons le vrai faciès qu’une fois, malencontreusement, l’irréparable commis. Et, inopportunément, si l’infanticide d’Adnane est très illustratif des délits dont sont victimes les mineurs de la part d’individus pervertis, il n’en reste pas moins que beaucoup d’autres mômes font l’objet de toute sorte d’agressivité (sexuelle, violence…) plusieurs fois passées sous silence.

Moult pédocriminalités ne restent-ils pas dans les enceintes des commissariats ou au mieux des tribunaux, sans parvenir jusqu’à la presse ?

Avec ce crime pédérastique, ostrogoth et monstrueux qui a enflammé les réseaux sociaux, avec ce crime est méphistophélique qui a secoué profondément les Marocains et a soulevé un rush d’écœurements,  le débat sur la peine de mort revient sur la scène médiatique avec la montée au créneau de militants associatifs et autres intervenants actifs dans le domaine des droits de l’Homme.

La peine de mort ?

La peine de mort  n’a aucun effet dissuasif et tous les pays qui l’ont utilisée et la pratiquent encore, comme les Etats-Unis, l’Iran, la Russie, n’ont pas pu réduire le taux de pédocriminalité.

Castrons-les ?

Certes, la castration chimique est capable de les priver de « leur arme » et de les neutraliser. Toutefois, des pervers frustrés ne trouveront-ils pas une alternative dans le meurtre et autres dépravations ? Ces pédophiles ne commettront-ils pas des vengeances aussi cruelles pour compenser la perte de leur « Ustensile » ?

D’autres familles préfèrent le silence à cause du fardeau de la honte et du déshonneur qui devient parfois plus pesant que le bien de l’enfant victime et l’atrocité du crime lui-même.

Que faire alors ?

Il faut investir bien en amont dans d’autres aspects outre que répressifs pour lutter contre la pédocriminalité : L’éducation, l’éducation et l’éducation assurément et ce en brisant tous les interdits et tabous qui empêchent la société Marocaine d’aborder avec eux certains sujets comme l’éducation sexuelle : Parler aux enfants, les prévenir, les préparer, les anticiper à armer leur innocence. Dès l’âge de cinq-six ans, il est possible d’évoquer avec eux le problème de la pédocriminalité, la question de l’inceste, l’existence du viol, l’existence du Mal qui peut parfois prendre le visage d’une personne aimable.

Eveiller nos enfants, leur inculquer une certaine capacité de discernement, leur donner les clés pour sonner le glas en cas de comportement malsain à leur égard, revient uniquement à mieux les prémunir, leur inculquer à ne pas tomber dans l’amalgame entre Hchouma et Haram.

A défaut, tant que nous resterons prisonniers du joug du  « Hchouma » et d’une certaine pseudo-pudeur, ils seront toujours à la merci des pédophiles, kidnappeurs et pervers, car in fine, Adnane et d’autres victimes, cela a toujours existé, le fait est simplement qu’on ose davantage en parler.

Le crime causé à Adnane n’est que la partie émergée de l’iceberg et qu’il existe beaucoup de victimes comme Adnane qui sont dans le « Dark Web » et  pâtissent en silence : Le silence des agneaux ..!

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L’Europe et le Sud : Quelles sont les conditions de la concrétisation d’un rêve des deux rives ?

by Mustapha Maghriti 22 octobre 2020
written by Mustapha Maghriti

Après plus de cinq ans de dissensions et de désaccords publics entre États membres et Commission, très attendu depuis plus d’un an, à Bruxelles, Mercredi 23 septembre 2020, la Commission Européenne a enfin tranché le nœud gordien en présentant la nouvelle mouture du « Pacte Européen sur la Migration et l’Asile ».

Avec une touche de philanthropie et d’humanité, ce protocole se présente comme une refondation de la politique migratoire Européenne en s’appuyant sur cinq pylônes principaux :

– Primo, renforcer et amplifier l’omniprésence Européenne en mer Méditerranéenne dans le dessein de dissuader les prétendants à « l’Eldorado Européen » et pour « terreauter » les opérations de sauvetage.

– Secundo, briser les lances contre les passeurs, harmoniser la politique d’asile en faveur de ceux qui peuvent prétendre à en bénéficier, tout en améliorant la politique de reconduite à la frontière de ceux qui n’en bénéficient pas.

– Tertio, renforcer la solidarité entre États membres par l’abrogation du règlement connu sous l’appellation   » Règlement de Dublin » en le substituant par une nouvelle mouture de gouvernance de la migration.

– Quarto, le mécanisme rénové convoite d’améliorer la politique d’intégration des bénéficiaires du droit d’asile.

Assurément et aussi pertinent ce nouveau dispositif soit-il et au regard de la réalité concrète des flux migratoires, des itinéraires escarpés, empruntées par les migrants, des contrées traversées, des canalisations et des réseaux criminels de passeurs qui ne cesse pas de s’élargir, ostensiblement, il apparaît qu’il manque un chainon vital au maillon du nouveau Pacte Européen sur la Migration et l’Asile : Avouons-le, sans planification et sans coordination avec les pays de la rive Sud du Méditerranée, ce mécanisme rénové, comme ceux qui l’ont précédé, serait un coup d’épée dans l’eau.

A l’appui de notre allégation : Quoique la problématique migratoire soit névralgique en Europe, cette apostrophe ne demeure-t-elle pas foncièrement Méditerranéenne ? Ne s’agit-il pas d’un même destin pour les deux rives ? A cet égard, nous pensons que l’Union Européenne gagnerait à impliquer davantage ses partenaires du pourtour Sud Méditerranéen dans la mise en œuvre de son pacte Européen sur la migration. Nous gageons que cette implication de l’Europe entrainera une séquence vertueuse pour les deux bassins.

Dans une approche normative et au prélude à la schématisation de ce que pourrait être ce nouveau partenariat Méditerranéen, il serait judicieux  que les pays du Sud reconnaissent que l’hyperesthésie de la controverse migratoire en Europe ( imputable à la problématique de l’échec global des politiques d’intégration dans la plupart des pays Européens et à celle de la montée de l’islam radical ) est légitimaire et que l’opiniâtreté des pays Européens de mieux contrôler les flux migratoires contribuerait assurément, sur le plan géopolitique, à une plus grande stabilité du bassin Méditerranéen, qui est traversé par beaucoup de tumultes géostratégiques.

Une fois ce préliminaire accolé, il est tout aussi nécessaire de convaincre les partenaires Européens que la stabilité de la rive sud et les prouesses économiques du Maghreb constitueraient la meilleure armature et le véritable rempart contre l’immigration clandestine. Pour ce faire, le nec plus ultra serait d’aider les pays du pourtour sud Méditerranéen pour accélérer rapidement l’émergence économique de leur tissu industriel, une émergence porteuse d’investissement, de production, de croissance et d’emploi.

Le Maroc est irréprochablement dans cette posture : Le Royaume dispose d’un tissu économique qui permet d’en faire un Hub Euro-africain capable de contribuer à une meilleure redistribution des richesses et des hommes entre les deux rives. Surtout, que le Maroc est réputé sur le plan  mondial, africain par sa tolérance grâce à un Islam du milieu et, de ce facto, il constitue un blindage contre les extrémismes de tout bord.

Ainsi, dans le cadre de ce nouveau Pacte Européen sur la Migration et l’Asile, le renforcement de la coopération internationale avec le Maroc constitue une opportunité à saisir et ceux en joignant les efforts des deux rives où l’Union Européenne et le Maroc peuvent démontrer que ce qui les rassemble est beaucoup plus fort que ce qui les sépare.

Cependant, cette quête, cette ambition et ce rêve pour les deux rives a besoin d’un engagement des deux côtés, avec des cautionnements forts au niveau des mesures opérationnelles qui anime les deux rives. De manière fonctionnelle, dans le domaine de la surveillance des côtes, les opérations maritimes conjointes pourraient être accentuées : L’Europe en prenant le coût à sa charge (équipement, formation, entretien), les pays du sud s’inscrivant à un engagement sur le long terme. Aussi, l’Europe doit valoriser les modèles politiques favorisant la stabilité économique et sociale en structurant une politique de co-localisations qui permettra un partage de la valeur ajoutée.

Les nouveaux comportements des entrepreneurs Européens commencent à appréhender les vertus du Co-développement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied en Afrique de leur chaîne de valeur industrielle internationale. Cette stratégie leur permet, d’une part, de bénéficier de la proximité géographique et culturelle du Sud, et d’autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents en Afrique. 

Pour la réussir, l’Europe doit promouvoir les transitions démocratiques en encouragent la bonne gouvernance, la transparence, le fair-play et en faire de véritables critériums pour le soutien d’un régime politique issu de la légitimité des urnes, de la démocratie et de la transparence en réprimant l’utilisation des circuits de la corruption et ce en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays de l’Afrique. 

Avouons le : la jeunesse africaine n’est pas une souche particulière, la jeunesse africaine n’est pas délétère par nature, elle ne s’expatrie pas par amour d’émigration à la quête de l’eldorado, elle ne succombe pas au terrorisme parce qu’elle y est une fatalité.

Nous croyons fermement que la jeunesse du Sud a juste besoin d’emploi, d’opportunités économiques, de stabilité, d’investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes . A défaut, elle hallucine que le pays de cocagne est en Europe. 

La région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le Co développement s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. 

Reconnaissant-le, en guise de conclusion, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Afrique. 

C’est tout le sens que doit donner l’Europe au nouveau mécanisme rénové et à la vision Africaine, étayée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social.

A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme et l’immigration clandestine, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper ». Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ». 

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Apostrophes sur les stratégies de sauvetage et de relance de l’économie Marocaine à l’heure du covid-19

by Mustapha Maghriti 15 septembre 2020
written by Mustapha Maghriti
D’emblée, l’immensité de la crise économique et sociale que nous confortons n’est pas seulement imputable à la pandémie du Covid-19, mais remonte bel et bien au tournant du siècle. En effet, notre économie connaît une triple crise :
La première est de nature structurelle, relative à la lassitude du modèle de développement économique bâti au début des années 70 qui avait favorisé une ouverture sur le marché mondial en privilégiant les activités exportatrices et une spécialisation internationale dans les niches économiques à forte intensité en main-d’œuvre non qualifiée et à faible coût salarial. Cette stratégie a très vite sombré sans pour autant instaurer une dynamique économique de croissance et de développement, engendrant la crise de notre contrat social à travers la flambée du déficit de la balance commerciale, et la hausse du chômage, singulièrement celui des diplômés.
Toutefois, si l’exécutif Marocain n’a pas été apte à architecturer un nouvel édifice de développement économique et social, l’économie Marocaine a pu maintenir au cours de ces années les fondamentaux macroéconomiques qui deviendront la  » monomanie » des politiques économiques sous les auspices des instituions issues de Brettons Woods Fond Monétaire Internationale FMI et Banque Mondiale.

La pandémie de la Covid-19 va apposer une troisième dimension en creusant l’hiatus de la crise et nous mettra face à un cataclysme économique marquée par un net recul des investissements directs étrangers (IDE), une chute brutale de la consommation et de l’investissement, un recul de 5% du PIB et un déficit budgétaire de 7,5% selon les postulats de la loi de Finances rectificative 2020.

Aussi, la stagnation se matérialise par l’arrêt de larges segments de production de moult entreprises, y compris les entreprises multinationales, la pause de plusieurs groupes étrangers et les mouvements de relocalisation industrielle à travers la récupération des avantages comparatifs causés par la crise de la pandémie du Covid-19.

Les dynamiques économiques enclenchées vont remettre en cause les finances publiques suite à un trend haussier du déficit budgétaire qui s’est affouillé à 25,5 Milliards de DH à fin Mai 2020. L’Etat a recouru à l’endettement extérieur, Mardi 7 Avril 2020 à un tirage sur la Ligne de Précaution et de liquidité (LPL) pour un montant équivalent à près de 3 Milliards de dollars, remboursable sur 5 ans avec une période de grâce de 3 ans.
La pandémie Covid-19 devrait causer la plus importante contraction du PIB depuis 25 ans qui se situerait autour de – 5% selon les hypothèses de la loi de Finances rectificatives 2020 et à -6,2% selon un scénario plus pessimiste du Think-Thank de Habib El-Malki le Centre Marocain de Conjoncture CMC. Aussi, au-delà même de l’impact de la pandémie du Covid-19 sur l’économie Marocaine, le PIB serait plombé par la contreperformance de la composante erratique du secteur primaire en raison de la baisse des précipitations pluviales qui induira une mauvaise campagne agricole.  Ainsi, à la crise structurelle que notre pays connaît depuis le tournant du siècle, s’est additionnée une crise conjoncturelle imputable aux répercussions économiques et financières de la pandémie du Covid-19.
Le second volet concerne la conception et la philosophie du sauvetage économique et de la relance, ainsi que la vision que doit porter ce projet de secourisme économique. A ce niveau, l’ampleur de la crise et son caractère inédit dans l’histoire économique récente de notre pays exigent beaucoup de fermeté, de rigueur et de détermination. Ces qualificatifs sont incontournables dans la mesure où cette crise économique impose des politiques et des choix non conventionnels qui rompent avec les options d’antan n’ayant pas répondu aux challenges du malaise économique et social que notre pays traversait.
La majorité des contrées du monde, ainsi que les instances internationales, ont regagné cette dynamique mondiale, à la quête de nouvelles ripostes aux défis de ce marasme imputable au Sars Cov2, et dans la refonte d’un nouveau modèle de développement qui met l’homme et la solidarité dans ses priorités.
Ces premiers ébauches constituent un prélude inéluctable à la formulation des stratégies de sauvetage économique que l’exécutif Marocain devra bâtir pour la dynamique de croissance et rétablir la confiance et l’espoir au regard des lassitudes et à la désespérance qui règnent à l’heure du Covid-19.
Il est important de souligner que cette dynamique n’est pas seulement une question technocrate/technicienne, mais il s’agit d’un processus amplement politique qui embrasse les grands choix et les grandes visions du développement de notre Patrie.
L’apostrophe des stratégies de sauvetage et de relance de l’économie concerne quatre volets essentiels, à savoir la vision, les grands défis et les grandes transformations, les priorités et les mécanismes.
Apostrophe N°1 Quelle vision pour une stratégie de sauvetage et de relance ?
 L’Apostrophe de la vision est déterminante, dans la mesure où elle concerne le projet d’avenir que l’Exécutif Marocain doit se fixer comme objectif à atteindre et à réaliser. La vision stratégique doit apporter des répliques à deux éléments essentiels:
– Le premier est d’ordre endogène et concerne la nature de l’ordre social et le vivre-ensemble que nous devons chercher à édifier : Nous pensons que la question fondamentale concerne la reconstruction du ruban social qui s’est essoufflé autour de la trame du modèle de développement. A ce titre, nous devons reconstruire les fondements du contrat social dont l’ordre politique, le modèle de développement, les relations sociales sont incontournables.
Il ne nous sera pas possible de sortir de cette convulsion économique attisée par la pandémie du Covid-19 sans un consensus large sur une vision commune du contrat social qui doit unir les Marocains au cours des prochaines années.
– Parallèlement à la dimension interne, la vision stratégique doit également apporter des réponses quant à la place de notre économie sur l’échiquier international. A ce titre, nous gageons que notre pays peut jouer un rôle géostratégique pour devenir la nouvelle économie émergente et le lieu de raccordement entre trois espaces majeurs dans l’avenir du monde, à savoir l’Afrique, le monde Arabe et l’Europe. Cette affiliation géographique de notre pays nous permettra de jouer un rôle primordial dans l’avenir, singulièrement avec l’opportunité du retrait de la globalisation et les tentatives de redimensionnement des chaînes de valeurs au niveau régional.
Apostrophe N°2 : Les grands défis et les grandes transitions
Cette apostrophe doit interpeller cinq orientations essentielles qui vont structurer et agencer l’ère Post-Covid-19 :
– La première concerne l’avenir de la globalisation dont la crise et le repli ont fait couler beaucoup d’encre par un grand nombre d’experts et d’études. Aujourd’hui, l’attention se polarise sur les démarches de restructurer les chaînes de valeur mondiale sur des sièges régionaux pour ouvrir des horizons féconds pour l’avenir de notre développement économique.
Notre potentiel pourrait s’émailler en devenant une aire économique de jonction des chaînes de valeur régionales en cours de reconfiguration.
Dans les grands challenges pour l’avenir de notre Patrie, aussi, nous devons poser l’apostrophe de l’abysse géographique de nos dynamiques de croissance, une question qui a soulevé beaucoup de débats, particulièrement en rapport avec l’accord de partenariat avec l’Union Européenne. Cette interrogation ne devra-t-elle pas faire l’objet d’un traitement pragmatique pour un accord capable de défendre nos intérêts et d’ouvrir des perspectives importantes pour nos entreprises ?
A ce niveau, l’UMA, les pays arabes, les pays africains, ainsi que les pays asiatiques doivent demeurer des débouchés importants à même de raffermir nos rapports de coopération et la diversification de nos partenaires économiques et commerciaux.
– Parallèlement à la nouvelle globalité issue de la pandémie du Covid-19 et à la profondeur géographique, notre conception de l’Etat et de son rôle dans la dynamique économique et sociale fait partie des apostrophes qui doivent faire l’objet d’un important débat. La Covid-19 a été à l’origine d’un retour ébouriffant de l’Etat dans les différents domaines de la vie économique et sociale. Ce regain a démontré les écueils de la vision d’un Etat régulateur prêchée en chorale par les théories néolibérales depuis le début des années 1990 et la nécessité impérieuse de « recontempler » ce rôle pour faire face aux inquiétudes, aux incertitudes et aux angoisses de notre monde.
– La quatrième interpellation concerne la souveraineté nationale qui a ressurgi avec force dans le débat public. Cette grande interrogation, qui interpelle tout notre système productif, exige une nouvelle réflexion sur les branches industrielles, agricoles et « servicielles » afin de déterminer celles qui devront désormais porter le projet de Souveraineté Nationale tout en faisant l’objet d’un soutien afin de répondre à nos besoins stratégiques et desserrer l’étau de la contrainte externe en allégeant le déficit commercial et renflouer les réserves de changes.
– La cinquième grande interrogation concerne notre rapport avec le système Multilatéral. Si la pandémie a été à l’origine d’un retrait de la globalisation heureuse, elle a cependant démontré l’importance des Organisations Multilatérales puissantes, capables de défendre notre monde dans différents domaines dont la santé, l’économie, le commerce, la culture et la science. A cet égard, il est important que notre pays opte pour des stratégies et des politiques plus laborieuses au sein du système Multilatéral qui nous propulse dans le monde Post-Covid
Apostrophe N°3 : Les priorités des stratégies de sauvetage
Après avoir défini les visions et élaboré les challenges à relever, les stratégies de relance et de sauvetage de l’économie doivent déterminer les priorités. De notre point de vue, les stratégies de relance Post-Covid-19 doivent s’atteler sur quatre grandes primautés :
– La première priorité concerne la transition digitale dans laquelle notre pays accuse un retard important au cours des dernières années par rapport à nos rivaux. A ce stade, nous devons sortir des projets sectoriels pour échafauder une vision globale et cohérente de digitalisation de tous les aspects de la vie sociale dans notre pays. Ceci est d’autant plus opportun que la pandémie Covid-19 accélère le mouvement de digitalisation dans toutes les économies du monde.
– La seconde priorité est d’ordre social et concerne la nécessité impérieuse de reforger les secteurs sociaux telle que la santé, l’éducation et les institutions de solidarité sociale.
– La troisième priorité concerne la transition énergétique et la nécessité de passer à de nouvelles sources d’énergie capables de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
– La quatrième priorité est le renouveau de la politique industrielle qui exige l’abandon du modèle d’industrialisation en crise hérité du début des années 70, basé sur le paradigme « Ricardien » du coût salarial (Secteurs à forte intensité en travail non qualifié).
Les nouveaux secteurs industriels connus sous les Métiers Mondiaux du Maroc 3M ont commencé à faire leur apparition dans notre économie et nos entreprises Marocaines ont démontré leur contenance à bâtir leur compétitivité dans ces nouvelles activités. Ces efforts doivent se transformer en une nouvelle stratégie industrielle 4.0.
Ces 4 priorités constituent les points d’appui d’un véritable programme de sauvetage et de relance de la croissance et du développement de notre économie Marocaine.
Apostrophe N°4 : Les mécanismes et les outils d’une stratégie de sauvetage et de relance
Les stratégies de relance et de sauvetage imposent des instruments, des mécanismes et des institutions pour les mettre en place.
La définition des mécanismes et de la mise en place des visions stratégiques nécessite aujourd’hui deux points incontournables : Le premier concerne la conception à travers la définition claire des projets stratégiques à long terme qui exigent un processus participatif afin de définir les contours du nouveau contrat social et du projet collectif.
Le second est relatif à l’exécution des projets stratégiques avec des budgets glissants sur trois ans ou plus.
Une des principaux écueils du modèle de développement dans notre pays est liée à l’absence de vision stratégique, ce qui explique le défaut de clarté de nos politiques économiques. Si la pandémie de la Covid-19 a attisé la crise, elle a tout aussi mis l’accent sur l’impératif et l’urgence de définir un projet collectif et une vision commune de notre avenir.
Cette dynamique politique ne peut se cantonner à des formulations ou des prédicats concrets, aussi pertinents soient-ils. La vision stratégique n’est-elle pas l’aboutissement d’un processus politique collectif qui définit le projet sociétal, qui prédétermine les grands défis, profère les priorités et donne corps aux mécanismes et âme aux outils ?
Ce processus politique et cette œuvre collective sont inéluctables pour reconstruire le Contrat Social et croire en notre capacité de conduire et de réussir notre édifice politique, économique et social et de donner un nouvel horizon à notre expérience historique.
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Repenser le Patriotisme et le Civisme au Maroc à l’heure du Covid-19

by Mustapha Maghriti 24 août 2020
written by Mustapha Maghriti
Nul ne doute que depuis l’envolée de la pandémie du Covid-19, le Souverain Marocain a consenti, avec dévouement des sacrifices immenses pour sauver des âmes humaines et ce en faisant primer la vie des Marocains sur l’économie. En outre, le King a déployé des efforts laborieux à travers différentes moyens : Etat d’urgence sanitaire décrété le 20 Mars 2020, la création d’un fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie de coronavirus, le 15 Mars 2020. Le confinement a été accueilli à bras ouverts par tous les Marocains malgré ses contrecoups économiques et ses terribles effets psychiques et psychologiques avec ces 100 jours ou presque de confinement drastique qui ont étouffé l’économie du Maroc et achevé le moral des familles.
La solidarité, il faut l’avouer, dans notre patrie, a été exprimée de manière spontanée, bénévole et bienveillante à des niveaux que peu de pays connaissent ou peuvent même espérer relevant que notre pays a été cité en exemple pour son respect des mesures préventives et pour les résultats probants qu’il a enregistrés durant la période de confinement.
Le Souverain Marocain ne s’est-il pas félicité de ce bilan, dans son panégyrique à l’occasion du 67ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, qui a été un sujet particulier de fierté, notamment au vu des bas niveaux du nombre de décès et de la proportion des individus atteints, comparativement à ceux de nombreux autres pays.
Ainsi, jusqu’à la fin du confinement, la gestion de la pandémie s’est avérée efficace et le retour à la vie normale était presque envisageable.
Autant en emporte le vent et hélas, juste après la levée du confinement et quand les Marocains ont cru qu’on est sorti de l’auberge, l’état épidémiologique s’est vite démantelée : le nombre des cas confirmés, celui des cas graves et celui des décès ont augmenté in crescendo, en peu de temps, soit plus de trois fois, par rapport à la période de confinement.
Certains ont confondu levée du confinement et fin de la pandémie, d’autres ont affiché un laisser-aller et un relâchement inadmissibles alors que d’aucuns affabulateurs réfutent même l’existence de la pandémie.
La pandémie du Covid-19 s’est embrasée rendant oiseux et vains tous les sacrifices consentis et mettant en lambeaux tous les aboutissements positifs registrés jusque-là.
Les causes sont un secret de polichinelle : indifférence, laxité, inattention et insouciance générale. Les Marocains, tout en faisant litière des mesures barrières, ils ont précipitamment renoué avec leur train-train dans les espaces publics ainsi qu’au sein de leur famille.
Ils ont repris leurs accoutumance comme si la pandémie du Covid-19 n’était qu’un feu de paille, pire encore comme s’il n’jamais existé, ou comme une boutade tissée par l’imaginaire de l’OMS.
Et de charybde en scylla, la fête de l’Aid, avec ses débouchés de bétail truffés de vendeurs et d’acheteurs, les attroupements familiaux, les cafés, les voyages, les plages ont été la cerise sur le gâteau. Résultat : Multiplication exceptionnelle de cas d’infection avec u une contamination qui dépasse les 1000 cas chaque jour, les services de réanimation pris d’assaut et des pertes humaines en augmentation alarmante avec une moyenne de 32 décès chaque jour.
Sans vouloir jeter de l’opprobre sur les Marocains, on a l’impression qu’il y a désinvolte et irrévérence qui plisse la provocation chez grand nombre de nos compatriotes. La guerre n’est pas menée par tous. Il y aurait ainsi des déserteurs, des irresponsables, des inconscients pour reprendre les propos de Tahar Benjelloun.
Dans son discours à l’occasion du 67ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple, le Souverain a indiqué que ces attitudes irrationnelles sont d’une part dénuées de civisme car agir en bon citoyen, c’est avant tout se soucier de la santé et de la sécurité d’autrui, notant que ces attitudes traduisent, d’autre part, un manque de solidarité, car être solidaire, ce n’est pas seulement aider autrui matériellement, c’est surtout, dans cette situation, éviter d’être potentiellement un vecteur de contamination pour les autres.
Ce comportement incivique et irresponsable des gens pourrait être assignable à l’inconscience, à la bravade, au fatalisme, au « je-m’en-foutisme » ou encore au scepticisme de nos concitoyens au regard de la pandémie du Covid-19. Pire encore, certains Marocains vont jusqu’à disconvenir son existence en convoquant la théorie du complot pour argumenter leur manquement aux consignes de protection.
De ce fait, la réticence au port du masque est tangible et la distanciation physique dans les lieux publics ou les marchés n’est pas respectée. Ainsi nous interpelle le pourquoi de cette indifférence et cet agnosticisme à l’égard des discours officiels sur la Covid-19, en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation et les mises-en garde contre ce virus :
D’abord, l’incrédibilité des responsables et du Gouvernement voire des scientifiques et ce, pour de nombreuses raisons : l’incohérence et le tohu-bohu des discours scientifiques, les annonces divergents et contradictoires des politiques, les guerres intestinales préjugées sur le marbre des laboratoires des scientifiques et politiques, les débats houleux sur l’efficacité de la chloroquine entre l’école de Marseille de Didier Raoult et ses adversaires les plus acharnés, les discussions orageuses sur la nécessité du port du masque, sur la fiabilité du vaccin et les différentes virevoltes qui s’y rapportent ont alimenté chez les Marocains, et sur d’autres cieux le sentiment de scepticisme à l’égard des chercheurs et des politiques.
Toutes ces incohérences et ce « remue-ménage », ces discours d’obédience politique et scientifique contradictoire, auraient suscité la suspicion et une sorte de paranoïa au regard de ceux qui sont censés démystifier et prémunir le peuple et en corollaire apporté de l’eau au moulin des apôtres de la théorie du complot et d’autres psychoses.
Aussi, les enjeux économiques liés à la pandémie, les politiques géostratégiques et géopolitiques des différentes puissances, ainsi que les discours médiatiques ont farfouillé les pistes. Ainsi, il n’y a plus de distinguo entre les mensonges des vraies informations, c’est la Tour de Babel où le commun des mortels ne sait plus à quel saint se vouer.
En sus, le rapport du citoyen à l’autorité publique est un autre facteur qui, semble-t-il, pourrait expliquer la désinvolture de certains de nos concitoyens à qui les agents d’autorité n’incarnent plus le  » Topo » et le modèle qui fait peur et qui s’approprie le pouvoir absolu auquel le patriote était longtemps subordonné.
Et, le discours pédagogique auquel on a recours ne tient plus car il est devenu orthogonal aux moyens d’éducation et de dissuasion empruntés et auxquels ils sont habitués. Leur comportement est devenu le pendant de deux modèles d’éducation antinomiques : L’autoritarisme et le laxisme.
Avant le port du masque, le port de la ceinture en voiture, bien que cela soit dans l’intérêt du citoyen et malgré toutes les campagnes de sensibilisation, n’est-elle pas adoptée que lorsque les amendes ont commencé à être infligées ? C’est pourquoi des voix s’élèvent pour demander que des sanctions soient appliquées à ceux qui ne respectent pas les mesures barrières.
En corollaire à cette ambivalence des discours et de ces modèles d’éducation, nous avons affaire à une grande frange sociale qui choisit ses références et ses arguments. Quand on est à court d’argument, c’est le modèle occidental qui est évoqué pour se justifier. « On n’est pas meilleur que ces Allemands ou ces Américains qui ont manifesté contre le port du masque » nous rétorque-t-on.
Ceci dit, il est malencontreux de voir des personnes qui ne sont ni disciplinées, ni responsables, ni solidaires et encore moins altruistes réduire à néant les efforts louables et laborieux consentis durant des mois de confinement. A cet égard, ne faudrait – il pas évoquer une crise de valeurs ; lesquelles valeurs ne constituent pas la prévalence d’une grande partie des Marocains ?
C’est dans ce sillage que le Souverain Marocain a appelé la Nation à faire preuve de mobilisation et de vigilance et à adhérer unanimement aux efforts déployés à l’échelle nationale, afin de sensibiliser la société, éveiller sa conscience et l’encadrer pour juguler la pandémie du Covid-19. Car, in fine, nous sommes en guerre, mais contre un ennemi invisible, génocide, truand, misanthrope et ascétique qui gagne à tous les coups.
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L’économie Marocaine entre le marteau du protectionnisme et l’enclume de l’ouverture à l’heure du Covid-19

by Mustapha Maghriti 17 août 2020
written by Mustapha Maghriti
Au lendemain de l’indépendance, le Maroc a choisi délibérément la voie de la libéralisation s’exprimant dans le modèle très connu sous le vocable de la croissance tirée par les exportations Export Led Growth considéré comme le plus apte à répondre à des objectifs explicites (croissance, exportations, privatisation , attraction des IDE….etc.).
Toutefois, depuis l’émergence de la crise du Covid-19, une mutation semble se dessiner dans les rapports de l’État envers l’économie, un revirement qui se matérialise par une sinuosité protectionniste : Ce détour autarcique se concrétise par le label « Consommer Marocain», préférence nationale, sur-taxation douanière, restrictions ou interdictions des importations, qui est d’ailleurs validé par l’argentier du Royaume dans la loi de Finances rectificative 2020.
Pourtant, d’antan, le Maroc avait fait du pari de l’ouverture l’un des piliers des politiques économiques du Royaume à travers la libéralisation du commerce extérieur, le retrait de l’Etat de certains secteurs, et la séduction des investissements directs étrangers (IDE). Aussi cette extraversion s’est matérialisée par la signature de plus de 50 Accords de Libre-échange qui donnent au pays l’accès à plus d’un Milliard de consommateurs.
Aujourd’hui avec la pandémie du Covid-19, on se rend compte qu’in fine, ce modèle d’importation et d’exportation constitue une épée de Damoclès sur l’économie Marocaine. L’option d’instituer la libre exportation et/ou importation n’a pas pu forger une véritable courroie de la transmission de la dynamique économique dans la mesure où les prouesses économiques ont été plutôt dissuasives, plus mal encore, il présente des menaces. Et pour cause, avec un Produit Industriel Brut qui dépend mécaniquement et systématiquement de l’extérieur et des secteurs exposés à la compétition internationale, la crise mondiale actuelle ne fera que rempironner la stagnation et le marasme économique.
L’économie Marocaine, à la fin, se trouve écartelée entre le marteau de l’introversion et l’enclume de l’extraversion car, si l’ouverture a des effets préjudiciables, le protectionnisme tout aussi, les en a. En effet, l’histoire des faits économiques et sociaux et les récits des manuels de l’économie Marocaine où Le taux de couverture dans les années 70 frôlait les 45% atteste incontestablement que le Royaume a reçu durement les contrecoups de ce modèle autocentré ainsi que d’autres économies de même développement économique et social.
Avec la pandémie du Covi-19 où sans exception tous les pays suivent le mouton de panurge des barrières douanières et commerciales et la prédilection autarcique se rallume et s’attise, le protectionnisme ne doit pas être obscurantiste, comme il est le cas actuellement au temps du Coronavirus. Ainsi, les choix économiques de l’exécutif Marocain doivent être mûrement réfléchis et les risques calibrés.
Aujourd’hui plus que jamais, l’alchimie du dosage s’impose au Team Saad Dine El Otmani car faut-il rappeler que toutes les économies du monde n’ont guère vécu dans une extraversion totale ou dans une autarcie totale. D’où l’importance de la finesse de la mixtion
Le nouveau modèle de développement en gestation ne devrait-il pas être recontemplé et repensé à la lumière de ce sweet spot : Trouver la meilleure posologie entre libéralisation et protectionnisme pour mieux gérer les contraintes actuelles et futures, avec moins de dépendance structurelle vis-à-vis de l’extérieur et plus d’autonomie territoriale. C’est chercher, en guise de conclusion, la souveraineté Nationale qui est redevenu le maitre mot à l’heure du covid-19 et le retour des postures du self-help prônées par les théoriciens du néoréalisme, à l’instar de l’Américain Kenneth Waltz.17
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Quel rôle de la Diplomatie Internationale au temps du Covid-19?

by Mustapha Maghriti 12 août 2020
written by Mustapha Maghriti
À l’heure du Covid-19 où l’économie mondiale pâtit d’une crise sanitaire sans précédent, tous les crédos et dogmes se ravisent. Les pourtours d’une nouvelle ère mondiale se profilent et les règles du jeu se redimensionnent en matière géopolitique et géostratégique.
Les corollaires de cette pandémie ne se cantonneront pas à une récession économique, probablement jamais vue depuis la grande dépression de 1929. Elle aura également un effet transformationnel sur les États et les sociétés et entraînera certainement des changements d’envergure dans la répartition du pouvoir au niveau international.
Au regard de ce contexte économique fébrile et tumultueux, les  Gouvernements doivent ériger de nouvelles stratégies qui doivent être en harmonie avec les nouveaux challenges Post-Covid à travers une diplomatie proactive, capable d’interférer avec l’environnement actuel en exigeant de l’anticipation afin d’assurer les symétries internationales. Dores et déjà et plus que jamais, le diplomate est interpellé à jouer un rôle vital dans le maintien des Relations Internationales pour l’équilibre mondial.
Dans ce cadre, la diplomatie ne doit pas se dévier de sa responsabilité : Faire cheminer les intérêts du pays en cette occurrence échevelée engendrée par la pandémie du Covid-19 et apporter le soutien et l’accompagnement nécessaire aux diasporas demeurent les principes immuables et structurants de leur approche sans oublier leur devoir de civisme envers leur pays d’accréditation.
Cette période post-confinement doit non seulement nourrir les manières de relance économique, mais animer les ambitions d’une diplomatie altruiste et de cohésion en entamant un véritable temps de rupture avec la diplomatie classique et ce en concevant de nouveaux équilibres mondiaux d’une société internationale en pleine crise.
Aussi, dans cet avenir empreint d’incertitude et d’incohérence. A notre sens, il serait peut-être opportun de sortir des sentiers battus pour dessiner les chemins d’une diplomatie de solidarité, d’empathie et de bénignité : Le sens de l’histoire nous exige à donner de l’effort à la coopération internationale plus d’effectivité, plus de solidarité et plus de transparence.
Cependant aujourd’hui, force est de constater que nombre d’instances internationales sont en déphasage avec cette ambition tel l’Organisation des Nations Unies ONU, l’Organisation mondiale de la Santé OMS, le Groupe des sept G7, le Fonds Monétaire International FMI, l’Organisation mondiale du commerce OMC …etc. Il s’agit, aujourd’hui, d’inscrire l’action des Organisations Internationales dans des dynamiques de convergence plus renforcée en insufflant une dose de philanthropie dans la nouvelle configuration et les modes de gouvernance de notre système multilatéral.
Dans cette mouvance, le diplomate doit être un vecteur de changement et un acteur proactif capable d’interagir, appréhender et analyser un monde en continuelle mue. En ce temps du Covid-19, le diplomate doit être l’avant-garde d’une bataille qui accole la résilience à la défaillance, qui oppose l’ouverture aux replis identitaires et confronte l’allocentrisme à l’égoïsme.
Aussi, dans ce climat international instable engendré par la Covid-19, les diplomates doivent être des acteurs multifonctionnels et polyvalents au regard de la transversalité des tâches qui leur incombe. Dorénavant, les horizons de réflexion sur ce que devrait être le diplomate « post-Covid » pourraient se résumer comme suit :
D’abord, avec les nouvelles exigences de la période Post-Covid, le multilatéralisme doit devenir le sentier privilégié de l’interférence diplomatique et consulaire qui prémunit l’humanité contre les déséquilibres internationaux.
Si les pourparlers et les négociations demeurent centraux dans le métier des diplomates, il n’en demeure pas moins qu’elle devra être reforgée pour incorporer les nouveaux paramètres structurants de ce nouveau monde en gestation : Le Diplomate devra gagner en expertise, en réactivité et en compétence pour évoluer dans un climat qu’il doit être en mesure de transformer au gré des impératifs de la donne Post-Covid. Sous cet angle, l’importance du « soft power » sera décisive dans les désinences cognitive et technologique.
A ce titre, l’innovation deviendra à la fois un instrument et une prédestination et la capacité du diplomate à s’appuyer sur les réseaux sociaux (Think-Tank, media, ONG,,etc) serait une valeur ajoutée incontournable pour circonscrire les pistes d’une diplomatie performante, proactive et constamment tournée vers l’avenir.
En guise de conclusion, la tâche du diplomate peut être résumée dans un message du Souverain à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la diplomatie marocaine, 28 avril 2000 :  » Le rôle du diplomate revêt une importance capitale et constamment renouvelée, puisqu’il est devenu le pivot et l’intermédiaire incontournable entre les décideurs en matière de politique étrangère et de politique intérieure, sachant que le premier domaine est le prolongement du second. Le diplomate utile à son pays est aujourd’hui celui qui cultive si bien le sens de la communication, la vision globale et le pouvoir de synthèse pour en faire une pièce maîtresse au service de la diplomatie de son pays à même de lui permettre d’assumer pleinement sa mission dans la mise en œuvre de la politique extérieure nationale et la réalisation de ses objectifs. »
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Le Deuil du cèdre de Beyrouth

by Mustapha Maghriti 9 août 2020
written by Mustapha Maghriti

 

Le Liban vit la pire crise économique et sociale de son histoire, attisée par la pandémie mondiale du Covid-19 et ce dans un contexte politique délicat, exacerbé par les tensions entre les États-Unis et le Hezbollah, le mouvement armé chiite allié de l’Iran, qui domine la vie politique libanaise. La détresse de Beyrouth s’accole aux multiples crises en cascade qui brutalisent le pays de cèdre, un Liban qui passe de la promesse éternelle du Moyen-Orient à la funeste liste des États en sénescence de la région. Ces précarités qui ne s’additionnent pas, mais qui foisonnent avec 300 000 personnes temporairement sans domicile causées par l’explosion du port de Beyrouth Mardi dernier.
Historiquement, le Liban avait tout pour devenir un pays de référence sur le Maré-Nostrum. Sa géographie a largement façonné sa spécificité culturelle du monde arabe dans lequel il est enraciné, grâce à avoir servi d’accueil, d’asile et de refuge à toutes sortes de rebelles ethniques, politiques et religieux, qui ont trouvé abri dans la géographie accidentée du pays.
La carence et le manque de ressources naturelles, ont permis au Liban d’émerger en tant que Hub commercial, repère et référent culturel, ce qui a enfanté une forte densité de population et des taux d’alphabétisme élevés.
Isolément de la cause misanthrope de la catastrophe, le stockage de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à Beyrouth, un engrais dont les propriétés explosives ont été maniées dans des manœuvres terroristes, nous donne la mesure du manque de contrôle qui prédomine.
Dans ce contexte, Il est épineux d’escompter que le Liban puisse voir le bout du tunnel pour amorcer une nouvelle phase de redémarrage avec un tableau économique sombre : des pertes d’emplois en millier, une politique fiscale au point mort qui aurait pu subvenir aux besoins essentiels des familles martyrisées, encore plus marginalisées par la fulmination du port commercial de Beyrouth, une explosion équivalente à un cinquième de la bombe d’Hiroshima.
D’après les estimations économiques, le Liban, de charybde en scylla, entre dans un nouveau cycle infernal de détérioration économique et sociale. En Mars dernier Lorsque le Liban a été mis en banqueroute, l’exécutif de Beyrouth entama des négociations avec le FMI en vue d’un plan de redressement global.
Cependant, l‘Elysée avait renoncé à obtenir des résultats de cette conférence des donneurs qu’elle avait organisée, principalement en raison des suspicions des pays du Golfe quant à la possibilité que les dons s’immiscent entre les mains du Hezbollah, une organisation dont la mainmise sur l’administration libanaise a jusqu’à présent rendu difficile toute avancée dans les pourparlers de sauvetage du FMI.
Bien avant, une Conférence pour le développement par les réformes et avec les entreprises (Cèdre) pour le Liban a été organisée le 6 Avril 2018 à Paris où une quarantaine de pays et 14 organisations internationales pour redresser l’économie libanaise.
Après dix-sept rounds de négociations, les discussions n’ont enregistré aucune avancée et la perspective d’une sortie de l’impasse s’éloigne chaque jour davantage.
Au-delà de l’annulation des prêts, la restructuration de la dette souveraine du Liban semble très complexe : Le Liban pâtit de ressources naturelles, souffre d’une hausse de l’inflation de plus de 53 % en 2020, une dette publique libanaise qui culmine à plus de 86 milliards d’euros, soit 151 % du PIB et frôlera les 250 % du PIB selon le FMI, c’est plus encore que la situation dans laquelle se trouvait l’économie grecque en 2010, ne dispose pas non plus de réserve de change pour faire appel aux importations nécessaires et les 300 tonnes d’or qu’il conserve dans ses coffres forts de la banque centrale du Liban ne valent que 17 Milliards de dollars.
Son unique valeur réelle pour les tiers et le milieu des affaires est sa situation géostratégique : le pays du cèdre importe plus de 80 % de ce qu’il consomme, en particulier des denrées alimentaires et des hydrocarbures. Son secteur financier se cantonne au marché immobilier et à la gestion des transferts de fonds de l’émigration libanaise.
De ce fait, Il n’est donc pas impressionnant que les tentatives des banques orthodoxes pour attirer les dépôts en devises étrangères offrant des taux d’intérêt élevés pour renflouer le Budget Général de l’État Libanais aient échoué dans une situation de dépréciation et de dévaluation de plus de 80 % de la valeur de la lire libanaise et de l’exode massif de capitaux vers d’autres cieux stables. 
Ainsi en l’état actuel (la faim, le manque de soins médicaux, l’approvisionnement en eau potable et les coupures d’électricité…..), l’horizon du Liban ne peut émaner que de réformes structurelles qui mettent fin à la corruption systémique en permettent au Liban d’évoluer vers une économie ouverte avec un accord sur un plan d’investissements pluriannuel collectif émanant du FMI et la Banque mondiale.

D’ailleurs, Le 13 juillet dernier, le FMI a exhorté les deux délégations libanaises à s’unir autour du plan du gouvernement et à engager des réformes annoncées en avril à l’instar de la lutte contre la corruption ou la transparence des adjudications publiques. Toutefois, les guerres intestinales des forces politiques dominantes, favorable à l’alliance des forces communautaires et de l’oligarchie financière, sapent  toute perspective d’évolution.
In fine, c’est un secret de polichinelle que le peuple Libanais sait congrûment que les problèmes qui l’accablent ne peuvent être résolus par la même élite corrompue (en 2018, le Liban occupait la 138e place sur 180 du classement des pays les plus corrompus, selon l’organisme Transparency International) et sectaire qui les a créés.
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Le bonheur c’est les autres : le rôle vital de l’amitié dans les Relations Sociales

by Mustapha Maghriti 31 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti
Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres évocatoires disparaissent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre.
C’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence.
Les chercheurs rappellent que le bonheur est si vital à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé OMS le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé.

La thématique est indémodable et le besoin du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur.
Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La notoriété, réputation, lustre ou l’argent ? Une investigation exceptionnelle menée depuis 75 chandelles auprès de 724 Américains en apporte une preuve instructive et envoûtante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.
Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est sans équivoque, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: Ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande interpellation nous apostrophe : Pourquoi ?
– Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la réclusion subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes.
– Secundo, les bonnes relations, les relations dignes et satisfaisante immunisent et préservent le cerveau : Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve de la vie voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure.
Robert Waldinger affirme que ces relations conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement ; certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces chamailleries n’avaient pas d’implication sur leur mémoire, c’est la qualité qui compte et non pas la quantité : Peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe et l’emporte. Vivre dans les conflits ne vaut-il pas mieux que se sentir seul ? Ainsi, une relation maritale chaotique désargentée et dénuée d’affection peut être pernicieuse pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas « Il vaut mieux être seul que mal accompagné » ?
A l’antipode, des relations bienveillantes et affectueuses sont nourrissantes et protectrices. La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une vieille sagesse comme le monde.
Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples.
La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en particulier sur le plan de la communication).
Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:
– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de cactus et avons tendance à blâmer les autres,
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’a rien à nous reprocher,
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des gages de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière,
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations
Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.
Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent.
En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit!
En guise de conclusion, les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »
L’Amitié : C’est magnifique quand un étranger devient un ami, mais O combien triste quand un ami devient un étranger ! Jean Paul Sartre disait que  » l’enfer, c’est les autres ». Je lui réplique Haut et Fort, le bonheur, c’est les autres.
31 juillet 2020 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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