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Mustapha Maghriti
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Le Deuil du cèdre de Beyrouth

by Mustapha Maghriti 9 août 2020
written by Mustapha Maghriti

 

Le Liban vit la pire crise économique et sociale de son histoire, attisée par la pandémie mondiale du Covid-19 et ce dans un contexte politique délicat, exacerbé par les tensions entre les États-Unis et le Hezbollah, le mouvement armé chiite allié de l’Iran, qui domine la vie politique libanaise. La détresse de Beyrouth s’accole aux multiples crises en cascade qui brutalisent le pays de cèdre, un Liban qui passe de la promesse éternelle du Moyen-Orient à la funeste liste des États en sénescence de la région. Ces précarités qui ne s’additionnent pas, mais qui foisonnent avec 300 000 personnes temporairement sans domicile causées par l’explosion du port de Beyrouth Mardi dernier.
Historiquement, le Liban avait tout pour devenir un pays de référence sur le Maré-Nostrum. Sa géographie a largement façonné sa spécificité culturelle du monde arabe dans lequel il est enraciné, grâce à avoir servi d’accueil, d’asile et de refuge à toutes sortes de rebelles ethniques, politiques et religieux, qui ont trouvé abri dans la géographie accidentée du pays.
La carence et le manque de ressources naturelles, ont permis au Liban d’émerger en tant que Hub commercial, repère et référent culturel, ce qui a enfanté une forte densité de population et des taux d’alphabétisme élevés.
Isolément de la cause misanthrope de la catastrophe, le stockage de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à Beyrouth, un engrais dont les propriétés explosives ont été maniées dans des manœuvres terroristes, nous donne la mesure du manque de contrôle qui prédomine.
Dans ce contexte, Il est épineux d’escompter que le Liban puisse voir le bout du tunnel pour amorcer une nouvelle phase de redémarrage avec un tableau économique sombre : des pertes d’emplois en millier, une politique fiscale au point mort qui aurait pu subvenir aux besoins essentiels des familles martyrisées, encore plus marginalisées par la fulmination du port commercial de Beyrouth, une explosion équivalente à un cinquième de la bombe d’Hiroshima.
D’après les estimations économiques, le Liban, de charybde en scylla, entre dans un nouveau cycle infernal de détérioration économique et sociale. En Mars dernier Lorsque le Liban a été mis en banqueroute, l’exécutif de Beyrouth entama des négociations avec le FMI en vue d’un plan de redressement global.
Cependant, l‘Elysée avait renoncé à obtenir des résultats de cette conférence des donneurs qu’elle avait organisée, principalement en raison des suspicions des pays du Golfe quant à la possibilité que les dons s’immiscent entre les mains du Hezbollah, une organisation dont la mainmise sur l’administration libanaise a jusqu’à présent rendu difficile toute avancée dans les pourparlers de sauvetage du FMI.
Bien avant, une Conférence pour le développement par les réformes et avec les entreprises (Cèdre) pour le Liban a été organisée le 6 Avril 2018 à Paris où une quarantaine de pays et 14 organisations internationales pour redresser l’économie libanaise.
Après dix-sept rounds de négociations, les discussions n’ont enregistré aucune avancée et la perspective d’une sortie de l’impasse s’éloigne chaque jour davantage.
Au-delà de l’annulation des prêts, la restructuration de la dette souveraine du Liban semble très complexe : Le Liban pâtit de ressources naturelles, souffre d’une hausse de l’inflation de plus de 53 % en 2020, une dette publique libanaise qui culmine à plus de 86 milliards d’euros, soit 151 % du PIB et frôlera les 250 % du PIB selon le FMI, c’est plus encore que la situation dans laquelle se trouvait l’économie grecque en 2010, ne dispose pas non plus de réserve de change pour faire appel aux importations nécessaires et les 300 tonnes d’or qu’il conserve dans ses coffres forts de la banque centrale du Liban ne valent que 17 Milliards de dollars.
Son unique valeur réelle pour les tiers et le milieu des affaires est sa situation géostratégique : le pays du cèdre importe plus de 80 % de ce qu’il consomme, en particulier des denrées alimentaires et des hydrocarbures. Son secteur financier se cantonne au marché immobilier et à la gestion des transferts de fonds de l’émigration libanaise.
De ce fait, Il n’est donc pas impressionnant que les tentatives des banques orthodoxes pour attirer les dépôts en devises étrangères offrant des taux d’intérêt élevés pour renflouer le Budget Général de l’État Libanais aient échoué dans une situation de dépréciation et de dévaluation de plus de 80 % de la valeur de la lire libanaise et de l’exode massif de capitaux vers d’autres cieux stables. 
Ainsi en l’état actuel (la faim, le manque de soins médicaux, l’approvisionnement en eau potable et les coupures d’électricité…..), l’horizon du Liban ne peut émaner que de réformes structurelles qui mettent fin à la corruption systémique en permettent au Liban d’évoluer vers une économie ouverte avec un accord sur un plan d’investissements pluriannuel collectif émanant du FMI et la Banque mondiale.

D’ailleurs, Le 13 juillet dernier, le FMI a exhorté les deux délégations libanaises à s’unir autour du plan du gouvernement et à engager des réformes annoncées en avril à l’instar de la lutte contre la corruption ou la transparence des adjudications publiques. Toutefois, les guerres intestinales des forces politiques dominantes, favorable à l’alliance des forces communautaires et de l’oligarchie financière, sapent  toute perspective d’évolution.
In fine, c’est un secret de polichinelle que le peuple Libanais sait congrûment que les problèmes qui l’accablent ne peuvent être résolus par la même élite corrompue (en 2018, le Liban occupait la 138e place sur 180 du classement des pays les plus corrompus, selon l’organisme Transparency International) et sectaire qui les a créés.
9 août 2020 0 comment
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Le bonheur c’est les autres : le rôle vital de l’amitié dans les Relations Sociales

by Mustapha Maghriti 31 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti
Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres évocatoires disparaissent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre.
C’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence.
Les chercheurs rappellent que le bonheur est si vital à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé OMS le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé.

La thématique est indémodable et le besoin du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur.
Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La notoriété, réputation, lustre ou l’argent ? Une investigation exceptionnelle menée depuis 75 chandelles auprès de 724 Américains en apporte une preuve instructive et envoûtante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.
Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est sans équivoque, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: Ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande interpellation nous apostrophe : Pourquoi ?
– Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la réclusion subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes.
– Secundo, les bonnes relations, les relations dignes et satisfaisante immunisent et préservent le cerveau : Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve de la vie voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure.
Robert Waldinger affirme que ces relations conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement ; certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces chamailleries n’avaient pas d’implication sur leur mémoire, c’est la qualité qui compte et non pas la quantité : Peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe et l’emporte. Vivre dans les conflits ne vaut-il pas mieux que se sentir seul ? Ainsi, une relation maritale chaotique désargentée et dénuée d’affection peut être pernicieuse pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas « Il vaut mieux être seul que mal accompagné » ?
A l’antipode, des relations bienveillantes et affectueuses sont nourrissantes et protectrices. La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une vieille sagesse comme le monde.
Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples.
La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en particulier sur le plan de la communication).
Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:
– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de cactus et avons tendance à blâmer les autres,
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’a rien à nous reprocher,
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des gages de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière,
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations
Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.
Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent.
En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit!
En guise de conclusion, les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »
L’Amitié : C’est magnifique quand un étranger devient un ami, mais O combien triste quand un ami devient un étranger ! Jean Paul Sartre disait que  » l’enfer, c’est les autres ». Je lui réplique Haut et Fort, le bonheur, c’est les autres.
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Climat des Affaires au Maroc à l’heure du Covid-19 : Quelles pistes d’amélioration de l’attractivité de l’investissement au temps du Coronavirus?

by Mustapha Maghriti 28 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti
Nul ne doute que la Covid-19 a mis à genoux le tissu économique national, notamment la Très Petites Entreprises (TPE) et la Petites et Moyenne Entreprise (PME). La pandémie du Covid-19 a asséché le climat de l’investissement et des Affaires Internationales au Maroc, une telle flétrissure se manifeste par un net recul des investissements directs étrangers (IDE) : Ils ont connu une décrue de 24,5% (2,99 Milliards DH) en raison de la part importante des IDE dans les secteurs dans l’industrie manufacturière et les chamboulements qui ont affecté les chaînes de valeurs mondiales couplés à la chute des prix du pétrole et à la perte de confiance des investisseurs ; leur flux net s’est chiffré à 5,31 Milliards DH, en repli de 16,8, la faillite de plus de 77.000 entreprises à fin Mars 2020, une chute brutale de la consommation et de l’investissement, un recul de 5% du PIB et un déficit budgétaire de 7,5% selon les postulats du projet de la loi de Finances rectificative 2020.
Aussi, la défloraison de l’environnement du business international au Maroc se matérialise par l’arrêt de larges segments de production de moult entreprises, y compris des entreprises multinationales, la pause de plusieurs groupes étrangers et les mouvements de relocalisation industrielle à travers la récupération des avantages comparatifs causés par la crise de la pandémie du Covid-19.
Dans ce contexte de crise occasionné par la pandémie du Covid-19, la réussite de la relance de l’attractivité du climat de l’investissement et la consolidation du positionnement de l’économie Marocaine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales est tributaire de l’approche, et la cadence avec lesquels l’Exécutif Marocain soutient le milieu des affaires et abreuve le climat de l’investissement du tissu National.
Manifestement, le Maroc a bien avancé en termes de réformes d’ordre juridique et réglementaire en atteste l’embellie du dernier classement de Doing Business 2020. Toutefois, au temps du Coronavirus, il est nécessaire d’opérer des actions ponctuelles et ciblées en relation avec les dommages collatéraux engendrés par la Covid-19 qui, à notre sens, s’articulent autour des axes suivants:

– Primo, la nécessité d’une structuration des dispositifs d’appui aux TPE/PME relatifs au financement, aux garanties et à la mise à niveau du tissu entrepreneurial qui a subi de plein fouet les contrecoups de la crise et aux subventions qui restent inopportunément peu connus et laborieusement accessibles en raison du labyrinthe des intervenants.
À ce égard, il est urgent de regrouper ces mécanismes à travers l’instauration d’un interlocuteur unique à même de prendre en charge tous ces instruments et du déploiement des procédures y afférentes à l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays émergents et ce en activant l’édification d’un guichet unique et à la généralisation du système de création d’entreprises dans tous les Centres Régionaux d’Investissement CRI et ce par voie électronique en raison de l’accélération du mouvement de digitalisation à l’heure du Covid-19.
Le numérique est appelé, à se positionner en véritable courroie de transmission de croissance inclusive avec plus de transparence dans la gestion de l’action publique et plus d’équité dans l’accès aux opportunités d’investissement.
– Secundo, la prédilection nationale dans la commande publique, la facilitation et la fluidification de l’accès aux marchés de l’État aux TPE et PME à travers des Partenariats Publics-Privé (PPP) qui sont des conditions incontournables pour relancer le climat de l’investissement, en singulier pour les Très Petites Entreprises et les Petites et Moyenne Entreprise qui forment le maillon du tissu économique National .
D’ailleurs et dans ce sens, le Comité nationale de l’environnement des affaires (CNEA) penche sur l’adaptation et l’assouplissement des procédures administratives et de la réglementation en tenant compte des besoins de l’entreprise pendant la période post-Covid-19.
– Tertio, afin d’assurer la survie du tissu entrepreneurial qui est en difficulté, il est primordial d’entreprendre certaines actions urgentes, à savoir la formalisation de l’économie (l’économie informelle constitue 33% du PNB) et la refonte du Code du travail et son harmonisation avec le marché du travail qui sont des éléments vitaux à l’attractivité du climat des affaires économiques internationales et des IDE.
– Quarto, avec les frontières que connait l’économie mondiale, et pour soutenir les TPE/PME, il est crucial de promouvoir le « Made in Morocco » à travers l’incitation à la consommation locale qui stimulera le tissu entrepreneurial en exhortant les promoteurs nationaux à investir davantage dans différents niches et segments de l’économie Marocaine. Le brandage « Made in Morocco » renforcera notre indépendance économique, sans exclure l’ouverture sur le monde et l’instauration de nouveaux rapports sur la base de l’équité et de l’intérêt réciproque.
– Quinto, afin d’offrir de la visibilité aux opérateurs économiques nationaux et étrangers dans ce contexte économique sépulcral et nébuleux, il est important d’accélérer les réformes d’ordre réglementaire et judiciaires telles que l’adoption de la loi relative à l’arbitrage, à la médiation conventionnelle, la modernisation et la dématérialisation du système judiciaire et l’amendement du texte relatif aux entreprises en difficulté.
L’atténuation des contraintes actuelles qui se dressent devant les sociétés au niveau de la phase judiciaire, le caractère relativement long de la phase contentieuse et la révision des délais devant les tribunaux de commerce et les adapter à la nature des activités commerciales ne sont-ils pas importants pour sécuriser et redonner crédit aux investisseurs nationaux et étrangers ?
– Sexto, les entités chargées de la promotion de l’investissement doivent développer leur rôle d’interlocuteur entre les investisseurs étrangers et l’administration, en privilégiant les activités de suivi des entreprises (AFTERCARE) plutôt que celles visant l’attraction. Ces entités doivent prendre des mesures d’urgence afin de soutenir et pérenniser les investissements existants, et éviter d’éventuels désinvestissements. Aussi, ces entités doivent créer des cellules de crise et de veille dont le rôle est d’informer et de communiquer avec les investisseurs, de répondre à leurs doléances à travers le suivi des interruptions de production.
D’ailleurs, lors de la dernière réunion du Comité national de l’environnement des affaires, tenue Mardi 23 juin 2020 à Rabat présidé par le chef de l’exécutif, le CNEA ambitionne d’entamer l’élaboration d’une politique nationale intégrée dans les prochains jours, en se basant essentiellement sur les résultats de l’enquête nationale sur les freins au développement du secteur privé, réalisée en 2019 avec l’appui d’experts internationaux. Cette feuille de route, qui devra être prête fin 2020, permettra de donner de la visibilité au milieu des affaires.
– Septimo, dans le cadre du redimensionnement des chaines de valeurs mondiales causé par la pandémie du Covid-19, le Maroc doit être « opportuniste » en attirant une relocalisation diversifiée des industries étrangères au Maroc dans un climat des affaires sain pour reprendre les propos du Ministre Marocain du Commerce et de l’Industrie.
Ceci est d’autant plus opportun que le Maroc recèle des capacités de production et d’ingénierie importantes qui peuvent être mises à contribution pour que l’Europe devienne encore plus compétitive, via la relocalisation industrielle en constituant une des pièces importantes du puzzle de la compétitivité et de la production Européenne de demain dans un contexte de la bataille pour la « relocalisation et la compétitivité » qui s’annonce d’ores et déjà animée entre les puissances industrielles telles que l’Europe, la Chine, le Japon, les Etats-Unis, la Turquie.
A ce titre, dans leur course à la compétitivité et à la garantie de l’approvisionnement, les entreprises Européennes pourront trouver au Maroc la solution la plus avantageuse.
C’est ce que cite le site allemand « Deutsche Welle » dans un article « La débandade chinoise pourrait être bénéfique pour l’économie Marocaine » : La crise du Coronavirus a révélé leur grande dépendance vis-à-vis de la Chine pour une multitude de produits allant du plus simple au plus impliqué. La recherche des prix les plus bas, n’est pas toujours une solution.
Cette dépendance ne plait pas aux Européens. Le Maroc qui constitue, selon les experts, un îlot de stabilité politique dans le voisinage sud turbulent de l’UE et un partenaire commercial fiable du bloc, pourrait être un choix évident pour les entreprises qui cherchent à raccourcir leurs chaînes d’approvisionnement.
– Octavo, l’accélération de la mise en application de la de la charte de l’investissement qui accuse beaucoup de retard dans sa mise en œuvre. En effet, faut-il rappeler que la charte de l’investissement fait parti de la mouture de la réforme de l’investissement présentée devant le Souverain Marocain lundi 4 juillet 2016 au palais royal de Casablanca. 5 années se sont écoulées sans que cette charte de l’investissement ne voit le jour. A nos yeux, la mise en œuvre de cette armature juridique au temps du Covid-19 serait un signal fort, une véritable mesure d’incitation et de soutien ainsi qu’une grande opportunité d’investissement pour les investisseurs nationaux et étrangers en regroupant les dispositifs communs à tous les secteurs, les dispositifs sectoriels plus spécifiques et les dispositifs régionaux, en mettant en avant les régions les moins favorisées.
D’autres mesures s’avèrent nécessaires pour fertiliser le climat de l’investissement qui sont contenues dans le projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2020 tel :
– La mise en œuvre, dans le cadre de conventions sectorielles, de mesures tenant compte des spécificités de chaque secteur, en relation avec l’ampleur de l’impact subi suite à la crise et du temps nécessaire à la reprise de l’activité.
– L’allocation de fonds nécessaires pour couvrir les risques des prêts garantis au profit de tous les segments d’entreprises, y compris les entreprises publiques. Des Conditions avantageuses seront appliquées à travers un taux d’intérêt maximum ne dépassant pas 3,5%, et un délai de remboursement de 7 ans, avec deux ans de grâce et une garantie de l’État variant entre 80% et 90% et pouvant atteindre 95% pour les très petites entreprises.
– L’allocation des ressources du Fonds spécial de gestion de la pandémie du Coronavirus pour continuer, jusqu’à la fin de l’année, à accompagner sur les plans, social et économique, les secteurs qui feront face à des difficultés même après la levée du confinement.
– La promotion de l’investissement public afin d’accélérer la redynamisation de l’économie nationale.
De telles mesures inclues dans le projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2020 donneront un nouveau souffle pour la stimulation de l’investissement privé et la dynamique économique et sociale du Maroc.
En guise de conclusion, les quelques éléments de réflexion évoqués ci-haut visent à en planter le décor afin d’inventer un récit mobilisateur dans la durée soutenu par une ligne de conduite clairement définie : Le contexte national et international morose, la persistance de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 et son impact sur le climat de l’investissement et des affaires internationales interpelle l’exécutif Marocain à donner impérieusement des signaux forts au milieu des affaires à travers le soutien aux secteurs durement impactés par la crise sanitaire en promouvant le  » Made in Morocco». Ces mesures ambitionnent, entre autres, d’inciter les promoteurs nationaux et étrangers à redémarrer pour retrouver au plus vite leur vitesse de croisière dans une aura d’investissement fécond et fértile.
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Ouff !! Enfin, le Nœud Gordien de la langue d’éducation et d’enseignement au Maroc est tranché

by Mustapha Maghriti 25 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti

Après une longue inertie, enfin, le projet de loi-cadre N° 51.17 relatif au système de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique vient d’accomplir un pas charnière sur l’itinéraire législatif après son adoption ce mardi dernier 23 Juillet, par la Commission de l’Enseignement, de la Culture et de la Communication à la chambre des représentants. 
Pour une fois, au sein de la première chambre, les partis politiques ont évité le dérapage malheureux d’autrefois dans des polémiques arides (qui ont effondré notre système éducatif) en aboutissant, il faut le dire, à des résultats probants en adoptant à la majorité, par la Chambre des représentants avec l’aval de 241 parlementaires, un rejet de 4 députés et 21 abstenus. 
De ce fait, le débat autour de la langue d’enseignement avec des arrières pensées sournoises et passéistes autour de l’école a franchi le Rubicon sur l’arabisation de l’enseignement qui a reproduit un système éducatif actuel dont tout le monde récrimine le caractère clairsemé et sciène. 
Nous pensons, d’emblée, que cette décision est sage et raisonnée, car à l’heure de la globalisation et du développement sans précédent de l’économie cognitive, l’ouverture sur les langues étrangères est plus que jamais une condition sine qua non pour tirer profit des acquis de l’essor économique et technologique, car Il ne faut pas voir dans la langue un simple outil de lexique, mais surtout une fort levier de transmissibilité de connaissances, de science et de culture. 

Et le fait d’enseigner les matières scientifiques en langues étrangères n’affecte en aucune manière notre identité Marocaine, arabe et musulmane comme le prétendent certains gourous des partis politiques dans des considérations populistes. 
Apprendre et enseigner en langue étrangère est un moyen de préparer l’élève Marocain à poursuivre ses études supérieures, que ce soit au Maroc ou à l’étranger, avec succès et l’arrimer au rythme de la mondialisation. 
Disons nos quartes vérités en face et avouons-le : Ça fait plus de 40 chandelles que le Maroc a adopté la langue Arabe dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire jusqu’au baccalauréat. Un état de fait qui a sécrété une dualité linguistique entre l’enseignement secondaire et supérieur où ces matières sont dispensées en français. Le résultat était plus que lamentable : En vertu des enquêtes du Ministère de l’éducation nationale, seulement 1 étudiant sur dix parvient à décrocher la licence en 3 ans et plus que 30% des bacheliers scientifiques préfèrent s’inscrire dans des filières de sciences humaines et sociales en arabe pour éluder la question des langues. 
Un bachelier arabisé vit une véritable affliction : S’il choisit une filière scientifique, il devra faire face à un changement de langue et se trouve rencogné entre des prérequis arabisés et un nouveau savoir dispensé en français ; une situation qui impactera son insertion, son rendement et ses chances de réussite ce qui explique le taux atterrant de déperdition où 25% des étudiants quitte l’université sans avoir passé l’examen du 1er semestre selon les chiffres officielles du Ministère de l’Education Nationale. 
Rétrospectivement pendant des décennies, avant l’arabisation de l’enseignement il y a plus de 40 ans, notre système éducatif a bien fonctionné selon une séquence vertueuse et ce en privilégiant la langue française avec des résultats concluants. 
Faisant une lecture de l’histoire mondiale, tous les pays qui se sont développés procédèrent à une dose plus ou moins d’injection et d’ouverture sur les langues étrangères. Tel est l’enjeu de l’utilisation des langues étrangères. Saluons cette décision qui vient d’être franchie ce Mardi dernier à la chambre des représentants qui n’aura que bonnes retombées sur l’avenir de notre école et sa place dans le projet sociétal qui convient à notre pays à l’heure actuelle et future. 

L’ambition aurait due être poussée plus loin en adoptant la langue anglaise comme langue de recherche et d’apprentissages, car je pense qu’à l’heure actuelle, la langue anglaise est devenue la langue de sciences par excellence et assimiler cette langue par les élèves Marocains leur permettra d’exceller grâce à des rapports, des thèses, des ouvrages, des sites qui sont dans la plupart rédigés en anglais. 
La langue anglaise est largement pratiquée dans les sphères scientifique, technologique et économique, c’est la langue de la finance internationale, du commerce international et du tourisme. 
Dans le monde de la digitalisation économique et de l’intelligence artificielle, 80 % des données existantes sont en langue anglaise, ainsi que le sont une grande majorité des publications scientifiques (95 %). De ce fait, en assimilant l’anglais, l’élève et l’étudiant Marocain peuvent avoir accès à un nombre illimité de ressources économiques, techniques et scientifiques. 
Aussi, la langue de Shakespeare est l’une des compétences les plus demandées sur le marché du travail ; elle est la plus sollicitée par les employeurs, les promoteurs et les investisseurs. A ce titre, elle permet d’accéder à des postes à plus haute responsabilité, de développer sa carrière et son entreprise. C’est la langue des affaires internationales comme ca a été le cas pour la langue Arabe lors 
De l’ère du rayonnement de l’empire arabo-musulman au 7éme et 8éme siècle. La langue du Saint CORAN et du paradis était la langue des sciences par excellence et de ce fait les occidentaux savaient pertinemment l’enjeu de l’apprentissage de la langue arabe pour accéder aux travaux scientifiques de Jabir ibn Hayyan, Al-Khwârizmî, Avicenne, Rhazès, Al-Battani, Ibn al-Haytham, Al-Fârâbî….etc. N’est-il pas le cas pour la langue anglais aujourd’hui. 

Même les Français intègrent de plus en plus la langue anglaise comme langue d’apprentissage pour ne pas rater le bateau de l’économie mondialisée pour reprendre Robert Reich. Même la Chine, qui est entrain devenir la première puissance économique mondiale intégra la langue anglaise dans toutes ses universités et dans les manuels d’étude. Nous réitérons notre révérence à cette décision intentionnelle et réfléchie qui anticipe les contraintes économiques et technologiques du futur pour préparer les élèves Marocains à la donne économique internationale en leur imprégnant les méthodologies didactiques, pédagogiques et scientifiques pour exceller sur notre patrie et sur d’autres cieux ; cette mesure d’enseigner les matières scientifiques en langue de Molière n’affecte en rien notre identité Marocaine, arabe et musulmane. Attention aux gourous des partis politiques de replonger dans considérations populistes !!! 

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Quand les USA démissionnent de la Santé Mondiale à l’heure du Covid-19 : Quels contrecoups ? Quelles répercussions ?

by Mustapha Maghriti 12 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti
Après le retrait en cascade des USA de plusieurs accords, tel l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique, l’ALENA, l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme, il y a 5 jours, Mardi 14 avril 2020, le pays d’oncle Sam a tiré sa révérence et de façon officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé OMS, et ce en pleine crise sanitaire du Covid-19.
Faut-il rappeler que l’OMS, créée en 1948, après la Seconde guerre mondiale, s’est fixée pour mission de diriger et coordonner la santé mondiale au sein du système des Nations Unis. Avec 192 Etats membres, l’OMS travaille sur un large panorama d’objectifs, allant de la lutte contre les épidémies, les maladies infectieuses, à l’incitation à la recherche médicale, la mise en place de normes et de conventions en matière de santé ou encore l’apport d’un soutien opérationnel aux Etats en difficulté sur le plan sanitaire.
Ce retrait des USA de l’agence Onusienne peut être expliqué par plusieurs raisons :
– Primo, Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche mène une politique guidée par la fameuse devise « America First ». Cet abandon de la Santé Mondiale est clairement une missive adressée à la population Américaine et notamment aux électeurs qui se rendront aux urnes en novembre prochain. D’autre part, D.Trump, si prétentieux, divorce d’un organisme qu’il ne juge pas utile, car il dispose de son propre centre de contrôle des maladies et prévention, le CDC d’Atlanta (Centers for disease control and prévention) en l’occurrence,
– Secundo, le président Américain taxe la Chine et l’OMS pour bouc émissaire et prend la tangente en minimisant sa responsabilité dans la gestion de la crise du Covid-19,
– Tertio, lors de la 73ème Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue virtuellement à Genève les 18 et 19 Mai 2020, la Maison Blanche n’a pas apprécié que Taïwan ne puisse pas participer au congrès de la santé, car ce petit État insulaire qui dépend officiellement de la Chine a en effet su juguler l’épidémie sur son territoire. Mais la Chine n’a pas autorisé sa présence à travers la répulsion et le rejet ferme de Pékin qui considère que Taiwan fait partie intégrante de la territorialité chinoise,
– Quarto, à ces désaccords, les USA taxent l’OMS d’une communication lente et opaque, son rôle dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus durant la crise du Covid-19,
– Quinto, la démission Américaine montre à quel point le jeu politique a aujourd’hui pris le dessus. D’ailleurs avec ce repli, Donald Trump envoie à la communauté internationale la dépêche que les États-Unis ne coopèrent plus sur la gestion de la pandémie du Covid-19.
Avec 893 Millions de Dollars apportés sur la période 2018/2019, soit environ 15% du budget de l’OMS, les Etats-Unis, membre fondateur de l’OMS en 1948, en sont le premier bailleur de fonds, devant la fondation Bill et Melinda Gates, premier contributeur privé, l’Alliance du vaccin Gavi, le Royaume-Uni et l’Allemagne, l’arrêt des versements de la part des USA va peser d’un poids lourd sur les missions que l’OMS. Ce repli et, cette perte financière va certainement amener ses membres à revoir le modèle de financement de l’entité Onusienne. D’ailleurs, au regard de cette rétrogression des USA, déjà l’OMS a appelé les pays qui n’avaient pas encore réglé leur participation à avancer leur financement. D’autres, comme la Chine, ont augmenté leur contribution volontaire. Aussi avec ce retrait des USA, l’OMS devra diversifier ses contributions en démarchant des investisseurs privés.

Sur un autre volet, l’amputation de ce budget portera un coup dur au programme de vaccination de la poliomyélite. Rétrospectivement, depuis 1988, les fonds Américains financent en grande partie la campagne vaccinale d’éradication de la poliomyélite. L’OMS était en passe d’en finir avec cette maladie contagieuse qui ne dispose pas de traitement (En 2019, Il ne restait en effet que 33 cas déclarés dans le monde). Avec la suppression de la contribution financière des USA, il y a un fort risque de la réapparition de nouveaux cas de la poliomyélite : La médecine estime avec l’arrêt la vaccination proactive de la poliomyélite, 200 000 nouveaux cas dans les 10 ans à venir peuvent resurgir. A cet égard, la fondation Bill et Melinda Gates qui est le deuxième donateur de l’OMS devra œuvrer dans la lutte contre la poliomyélite pour colmater l’hiatus financier des USA.
Le retrait Américain va certainement acculer l’OMS à la nécessité d’une refonte de son fonctionnement : Historiquement, l’OMS a opéré des réformes après chaque crise sanitaire, à l’instar de Sras, H1N1, Ebola. En outre, les peurs et le repli national qui entraînent le rapatriement des entreprises pharmaceutiques, la volonté d’autonomie vis-à-vis du matériel, des médicaments, occultent l’aspect collaboratif de l’organisation et le multilatéralisme. La crise sanitaire du Covid-19 ne l’a-t-elle pas largement prouvé ?
Ce retrait nuira aux USA eux même qui sont les plus contaminés dans le monde avec plus de 3 Millions de cas et plus de 133.000 décès, et constitue un revers de la coopération internationale et ne fera que nuire à la lutte mondiale contre la Covid-19.
En guise de conclusion, je ne peux que reprendre les propos philanthropes, altruistes et humanitaristes de Bill Gates, l’ancien patron de Microsoft et aujourd’hui à la tête de la gigantesque fondation altruiste Bill & Melinda Gates Foundation, « l’arrêt des subventions américaines s’avère particulièrement dangereux. Les missions de l’OMS sont en train de ralentir la progression du Covid-19 ; si ce travail est arrêté, aucune autre organisation n’est là pour prendre le relais. Le monde a besoin de l’OMS comme jamais. C’est le moment de se montrer solidaire, pas de saper la coopération multilatérale ».
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Quelle cartographie de la géopolitique mondiale au temps du Covid-19 ?

by Mustapha Maghriti 5 juillet 2020
written by Mustapha Maghriti
Nul ne doute qu’avec la pandémie du Covid-19, le monde est entrain d’assister à un chambardement de l’agenda international débobiné par les principales instances internationales (ONU en particulier), ainsi que par les omnipotences mondiales tel le G7 et le G20.
Indéniablement, des dissertations ont, plus ou moins, abordé les corollaires des endémies et/ou des épidémies sur la géopolitique mondiale. Cependant, les institutions les plus réputées en matière de pronostics, FMI, Banque Mondiale, OCDE……, n’ont pu conjecturer les scénarios eschatologiques de la Covid-19. La pandémie du Coronavirus n’a-t-elle pas arboré la caducité des instruments de concertation matérialisés par une gouvernance financière, économique et sociale mondiale mise à genoux par la rapidité de la propagation du virus ?
Alors que cette crise est par nature globale et requiert par conséquent une approche coordonnée et coopérative, la prédominance des actions ponctuelles et unilatérales est manifeste. La Covid-19 n’a-t-elle pas dénudé l’usure des mécanismes de coordination concrétisés par le « selfish » des Etats où le « chacun pour soi » est devenu le Maître-mot en matière de gouvernance du Covid-19 ?
Sous cet angle, l’on a décelé :
– Le retour en force du concept de la souveraineté de l’Etat et des frontières et le retour des postures du self-help prônées par les théoriciens du néoréalisme, à l’instar de l’Américain Kenneth Waltz. Or, faut-il rappeler que la globalisation a été boisée sur l’apostasie du paradigme national de la souveraineté politique et économique de l’Etat au profit des grandes audiences multilatérales et des Firmes Multinationales FMN.
Ce dogme est en train d’être substitué et les pays, à l’heure du Covid-19 sont en train de retracer la nostalgie de l’éclat national, notamment dans les investissements râblés dans les industries stratégiques, à l’instar des industries lourdes en Asie au Japon et en Corée du Sud. C’est aussi, aujourd’hui que sur l’arène mondiale, particulièrement les pays développés, ont découvert leur obédience pour les produits industriels attisée par la « dictature économique » de la Chine et de l’Inde qui produisent aujourd’hui plus de 80% de la production mondiale de ces produits actifs.
Avec la Covid-19 et la cloison des voies terrestre, aériennes et maritimes, les Etats sont entrain de perdre leur prestidigitation de la souveraineté pour se redimensionner sur les chaines de valeur mondiales et les activités stratégiques abandonnées jusque-là.
Sur le rebord mondial, la Covid-19 n’est-elle pas en train de remettre en cause cette tendance et d’apostropher les relations économiques internationales à un retour des Etats-nations et des frontières?
– Dans ce contexte d’interférence accrue aux effets domino pour reprendre Richard Baldwin, la globalisation est plus perceptible comme une épée de Damoclès à refréner qu’une opportunité à saisir. Ainsi, dans le temps et dans l’espace, la géopolitique mondiale se résume à un faciès des rapports de force, une architectonique mondiale qui a été chavirée mettant tous les contrées pays développés ou en développement, sur le même pied d’égalité au niveau de la confrontation du danger public du Covid-19. Il s’agit d’une induction qui n’épargne aucun Etat, ou pour paraphraser le politologue Américain James Rosenau, une zone de turbulence qui a pris d’assaut tous les Etats impuissants face à ce phénomène quasiment chaotique.
– Sur le plan politique, le monde est entrain de vivre une nouvelle étape dans l’équilibre des forces mondiales : Jusqu’à quelques années, la géopolitique mondiale a été dominée par un système unipolaire où les USA avaient la position de leadership aux niveaux économique, technologique et même militaire. Avec la pandémie de Coronavirus et la course effrénée pour trouver la formule du vaccin du Covid-19, la cartographie mondiale bifurque vers un système multipolaire. Avec le sprint échevelé pour concevoir l’équation miracle de l’immunité contre la Covid-19, des domaines d’influence commenceront à apparaître et qui outrepasseraient, à l’avenir, le cadre militaire de la domination.
–  Les Etats-Unis et l’Europe, obnubilés par leur perte d’emprise, sont encore sur la défensive, se cherchant une plazza dans la grande « bataille des récits », pour reprendre l’expression du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell. 

Cet éréthisme se vérifie dans l’absence de l’hégémonie Américaine dans la lutte contre la pandémie et dans la syncope de la concertation intra-européenne. Aussi, la cartographie mondiale a été jalonnée par la rétrogression des USA de plusieurs accords, à l’instar de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique, l’ALENA, l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme, ainsi par leur alignement sur la politique de colonisation systématique menée par Israël. 
A cet égard, la Chine ne rate aucune opportunité, cherchant à étancher l’hiatus laissé par les USA, l’Empire Céleste en légitimant ses meilleures mesures de riposte à la crise sanitaire du Covid-19 par sa réactivité et l’ampleur de sa politique de la générosité, comme la grande puissance utile , altruiste et responsable, en vue d’élargir sa sphère d’influence, de tordre davantage l’alliance transatlantique, et d’imposer la pertinence de son modèle de gouvernance mondiale.
Le Toit du Monde profite ainsi de cette crise mondiale pour consolider son agora en tant que leader de l’aide internationale en faveur des pays du Sud : En peu de temps, elle s’est projetée en pourvoyeuse d’aide dans plus de 100 pays et au profit des Organisations internationales, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Union Africaine (UA).
La Russie semble également se saisir de la conjoncture stratégique offerte par la pandémie du Covid-19 pour redéployer ses outils d’influence et réaffirmer sa place en tant que grande prépotence sur l’arène mondiale.
– Les Relations Internationales ont été embrasées au sein de l’Union Européenne qui a négocié le début du Covid-19 sans solidarité entre des pays de l’Union Européenne, notamment l’Espagne et l’Italie qui ont le plus souffert de la pandémie. Aussi, l’absence de coopération n’a-t-elle pas été durement dénoncée par le président Serbe Aleksander Vucic ?
Cet éclatement au sein des pays du vieux continent ne date pas d’aujourd’hui, il s’est amorcé avec la politique engagée par le BREXIT de la Grande-Bretagne qui a désemparé la politique de l’Union européenne.

Des voix s’élèvent sur le même trend du BREXIT en Italie par exemple et dans d’autres pays d’Europe de l’Est qui ne se sont pas intégrés suffisamment au sein de l’UE. L’arrivée de l’extrême droite dans plusieurs pays Européens et les relations de déstabilisation poussées par les nouvelles superpuissances vont influencer le vieux continent pour arriver, peut-être, à l’éclatement ou à l’affaiblissement du rôle stratégique de l’Union européenne dans les affaires importantes de la communauté internationale.

– L’équilibre des forces n’est pas uniquement d’ordre mondial mais aussi régional. A ce titre, L’initiative du Souverain Marocain brave et altruiste d’envoyer des aides médicales à 15 pays subsahariens afin d’accompagner leurs efforts de lutte contre la pandémie de Covid-19 permettra au Maroc de se positionner en leader régional et interlocuteur intercontinental incontournable pour les pays africains vis-à-vis de l’Europe et du reste du monde ; cette initiative Royale à la fois philanthropique et chevaleresque de prêter assistance aux pays africains portera ses fruits en augmentant l’influence du Royaume dans la région en renforçant son rôle diplomatique comme une force croissante dans le continent noir.
Cela favorisera la participation du Maroc à la promotion d’un nouveau pôle géopolitique régional qui raccorderait l’Afrique et l’Europe et assiérait une nouvelle géopolitique dynamique de la Méditerranée. Pour cela, le Maroc devra affûter son attractivité pour tirer profit des relocalisations due aux mouvements de repositionnement des chaînes de valeurs mondiales et de re-régionalisation des activités économiques.

En dépit les coactions géopolitiques, le Maroc ne doit pas abandonner le projet Maghrébin de l’UMA, nécessaire aujourd’hui pour les pays de la région, mais aussi pour l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée. Cette dynamique régionale post-Covid doit être étançonnée sur une rénovation du partenariat euro-méditerranéen qui doit transcender les dimensions mercantiles et s’ouvrir sur une logique de coproduction et de gestion commune à l’exemple des problématiques phares de développement/migration/sécurité.
Cela permettra à l’Europe, étant donné son avancée économique et technologique, et à l’Afrique, avec ses potentialités démographiques et son apport culturel, d’accoucher ensemble des nouveaux pôles d’activités et de compétences dans le cadre d’une multipolarité mieux partagée.
En guise de conclusion, la grande récession causée par la pandémie du Covid-19 remodèlerait, la globalisation en réécrivant un nouveau lexique des relations internationales.
Cette crise intervient dans une atmosphère de résilience des systèmes politico-économiques dans un contexte exacerbé par la rivalité sino-américaine en même temps qu’une fragilité de l’UE.

A l’heure du Covid-19, la puissance stratégique d’un État concerne non seulement ses forces en matière d’armement et d’énergie, mais aussi ses ressources dans les domaines sanitaires. L’ampleur de la stagnation économique la façon dont les économies sauront la gérer et la maitriser en définira, semble-t-il, le ton et le tempo de la géopolitique mondiale.
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Les Relations Economiques Internationale Virales à l’heure du Covid-19

by Mustapha Maghriti 24 juin 2020
written by Mustapha Maghriti
La pandémie du Coronavirus qui est née en Décembre 2019 à Wuhan en Chine a bouleversé l’ordre mondial. Cet état de choc et de détresse ou ce que certains économistes appellent « sidération mondialisée » a eu un impact important sur les Relations Internationales en attisant les agissements énergumènes chez tous ceux qui étaient enclins à développer des théories « complotistes », provoquant ainsi le développement de tensions nouvelles, sur les laboratoires biologiques ou bactériologiques, entre les Etats-Unis et la Chine. Ainsi, une guerre sanitaire est venue se greffer à la guerre commerciale qui oppose ces deux pays. Elle s’est traduite par une crise sanitaire pernicieuse, un choc brutal sur l’économie mondiale, et l’exacerbation des Relations Internationales notamment entre les Etats-Unis et la Chine.

Du fait de l’autarcie de la totalité des pays et du confinement de la planète, la pandémie du Covid-19 a engendré une panne foudroyante des Relations Economiques Internationale. C’est la plus alarmante crise économique mondiale depuis celle des années 30, car elle porte préjudice à la demande et à l’offre : D’une part, les salariés (demande) n’ont plus de sources de revenu et les entreprises (Offre) à la pause économique ne génèrent plus de chiffre d’affaires, d’autre part.
La boule de cristal du FMI sur les projections de croissance de l’économie mondiale pour les années 2020-2021 sont inquiétantes avec une anémie économique de plus de 3 points du PIB, et une fissure du commerce mondial de 11%. La Banque Mondiale dans son dernier rapport « Perspectives économiques mondiales » prophétise une contraction de 5,2 % de l’économie planétaire. Ces statistiques ne sont pas figées et évolueront au gré de la pandémie et/ou le rebond de l’activité économique mondiale.

Ainsi, avec le village planétaire de la globalisation et de l’interférence économique entre pays qui en résulte, moult pays occidentaux ont anticipé de relocaliser leurs unités des biens stratégiques en raison de la décélération de l’économie internationale, d’où une menace du retour des barricades du protectionnisme. Ceci est d’autant plus d’actualité que l’OMC a été partiellement verrouillée par Donald Trump ce qui porte préjudice à la Coopération Economique Internationale alors que le G20, qui avait joué un rôle décisif dans le désamorçage de la crise économique mondiale de 2008, se trouve paralysé et inerte dans la gouvernance mondiale de la pandémie du Covid 19 ce qui obscurcit et envenime davantage les Relations Internationales.
A cet égard, faut-il rappeler que depuis le scrutin de Donald Trump en Janvier 2017 à la maison blanche, la politique étrangère Américaine s’est régentée vers la fameuse sémantique « America First » ou  » L’Amérique d’abord  » qui s’est matérialisée par la défense farouche et conformiste du nationalisme avec une scepticisme à l’égard du multilatéralisme et l’aide au développement.
C’est ainsi que le pays d’Oncle Sam a tiré sa révérence de plusieurs accords, à l’instar de l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), Accord de Paris sur le climat et l’ALENA ainsi que de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme.
Cherchant à reboucher le vide laissé par les USA, la Chine tente de légitimer ses meilleures mesures de réplique à la crise à l’aide d’une propagande de communication sans précédent, en vue d’évaser sa sphère d’influence, d’émasculer davantage l’alliance transatlantique, et de resserrer la pertinence de son modèle de gouvernance.

La Chine profite ainsi de cette crise pour conforter sa position en tant que protagoniste de l’assistance internationale en faveur des pays du Sud, notamment Africains. La Russie semble également prête à se saisir de l’opportunité stratégique offerte par cette pandémie pour déployer ses outils d’influence et réaffirmer sa place en tant que grande puissance sur l’échiquier mondial. Pour éviter une redistribution des cartes qui leur seraient défavorable, les Etats-Unis ne seront-ils pas amenés à déployer des efforts louables pour redorer leur blason d’or de puissance sur l’arène internationale?
Aussi, Donald Trump s’est incommodé sur les Relations Economiques Internationales notamment avec la Chine considérée comme le principal concurrent des USA pour siéger à la première place sur l’échiquier international.
En sus, dès 2018, Donald Trump a déchaîné une guerre commerciale à l’encontre de la Chine constituée de hausses en cascade des taxes douanières et de mesures de représailles. Et ironie du sort, la pandémie du Covid 19 va lui donner une autre occurrence de s’acharner contre la Chine, en l’accusant d’avoir différé l’annonce de la pandémie du Covid 19 qui s’est manifestée à Wuhan, ainsi que d’avoir dépassionné sa gravité.
A ce titre, les Relations Internationales entre Pékin et Washington se sont tendues en réclamant des Milliards de dollars à la Chine pour les dommages collatéraux causés par la Covid-19.
De surcroît, les Relations Internationales sont devenues tempétueuses entre les USA et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dirigé par l’Ethiopien Tedros Adhanon en le taxant d’avoir mal géré la crise du Covid-19, et de soupçonner l’OMS d’être en connivence avec la Chine. En corollaire, Donald Trump ordonna la suspension de la contribution financière des Etats-Unis à l’OMS qui est de l’ordre de 500 millions de dollars annuellement.
Entre souris et chat, toujours en querelle, le casse-gueule Chine/Etats-Unis s’est rencogné lors de la 73ème Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue virtuellement à Genève les 18 et 19 Mai 2020 où les USA et certains pays occidentaux ont tenté de faire adhérer Taiwan à l’Assemblée mondiale de la Santé, mais en vain du fait de la répulsion et le rejet ferme de la Chine qui considère que Taiwan fait partie de la territorialité chinoise.
En sus, les Relations Internationales ont été court-circuitées au sein de l’Union Européenne qui a négocié le début de la pandémie du Covid-19 sans coordination ni solidarité entre des pays de l’Union Européenne, notamment l’Espagne et l’Italie qui ont le plus pâti de la pandémie.
La Commission Européenne, qui avait pourtant promis de faire entrer l’Europe dans l’ère de la géopolitique, n’a-t-elle pas irradié par sa taciturnité alors que les États membres ont préféré répondre par des mesures individuelles et unilatérales, en barrant leurs frontières et en interdisant l’exportation de matériels de protection pour éviter l’épuisement de leurs stocks ?
Cette balkanisation de la solidarité Européenne était ostensible au grand jour de la pandémie lors des appels à l’aide lancés par les deux pays les plus sèchement macérés (Italie, Espagne), qui ont dû accepter l’appui inattendu émanant de pays comme la Russie et la Chine.
La désolidarisation entre les pays de l’UE se mesure avant tout au refus des dirigeants du G20 de permettre aux pays pauvres frappés par la pandémie de suspendre le remboursement de leurs dettes. Ces divisions se traduisent également par une guerre sémantique qui étancher l’adoption de déclaration ou de résolution commune au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’approche étriquée et avaricieuse des Organisations Internationales au regard de cette pandémie consacre l’obscurcissement du multilatéralisme, qui continue de subir des coups de boutoir, au moment où l’Humanité en a le plus besoin.
Avec les déplaisances des instances de Bruxelles et pour atténuer les contestations, l’Allemagne et de la France proposèrent le 18 Mai 2020 la création d’un Fonds de relance doté de 500 milliards d’euros au profit des secteurs et des régions de l’Union Européenne les plus affligés par la Covid-19 en autorisant des déficits publics supérieurs à 3%. Cependant, les pays du Nord de l’Europe continuent de rejeter l’idée de mutualiser leurs dettes en créant un fonds de relance financé par la dette commune de l’ensemble des Etats membres (coronabonds).
Ces divergences, qui ressurgissent au lendemain du Brexit, jettent également de l’ombre sur les ambitions d’autonomie stratégique de l’UE. La crise sanitaire du Covid-19 a ainsi révélé les défaillances du projet Européen en tant qu’entité politique, en dévoilant de nouvelles fractures au sein de la zone Euro et en créant un « collapsus » qui risque d’alimenter les courants eurosceptiques. Par ailleurs, mannes financières promises restent « abstraites » aux yeux de l’opinion publique européenne et contrastant fortement avec la « matérialité » » de l’aide chinoise et russe, sur lesquelles les deux pays ne cessent de communiquer à profusion.
A cet égard et pour tempérer encore une fois les déconvenues qui s’alimentent dans l’Union Européenne, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé un secours résidant dans la mutualisation de la dette c’est-à-dire sans que les pays affectés n’aient de prêts à rembourser. Le Parlement Européen plaida de son côté pour que le plan de relance global atteigne les 2 000 Milliards d’euros. Toutefois, si les instances Européennes s’accordent sur la nécessité impérieuse d’une action commune et solidaire, les vieux « fendages » économiques entre États du Sud et du Nord sont toujours présents.

En outre, avec la pandémie du Covid-19 et la barricade des voies terrestre, aérienne et maritime, les Relations Economiques Internationales ont subi de plein fouet la perturbation des chaînes de valeur mondiale ; une perturbation qui favoriserait assurément le retour vers les Etats-Nations, des régions et des blocs commerciaux régionaux.
D’ores et déjà, la priorité sera désormais accordée à la proximité dans le cadre de mouvements de relocalisation pour permettre aux pays de se protéger des risques de dépendance vis-à-vis des contrées lointaines.
En guise de conclusion et à la différence de toutes les pandémies de l’histoire des faits économiques et sociaux, la pandémie Covid-19 aura indubitablement dévoilé un monde désuni sous le prisme de multipolarités exacerbées et venue fustiger la crise de la globalisation et le spleen qui la couvre depuis des années.
Les Relations Economiques Internationales sont en panne d’inspiration, le tribut économique payé par l’économie mondiale au COVID 19 est colossal : Tout s’est arrêté puisqu’il faut stopper la vie économique pour ne pas risquer la mort des citoyens. Cette équation a mis en péril tout l’échafaudage de l’économie internationale et de la finance mondiale (fermeture des marchés étrangers, chute des IDE, arrêt des fusions-acquisitions……..etc.)
Les politiques mises en place aujourd’hui et les choix et les décisions des acteurs économiques sont en train de configurer une nouvelle architecture des Relations Economiques Internationales qui vont renforcer la sortie de la globalisation débridée mise en place depuis des décennies.

C’est une autre forme de Relations Economiques Internationales que nous devrons nous atteler à rebâtir loin des vertus de la métaphore de la main invisible d’Adam Smith. C’est une autre économie internationale que nous devrons nous attacher à refondre loin de l’économie mondialisée très cher à l’ex-Secrétaire d’État de Bill Clinton, Robert Reich dans son Best-seller des années 90 « l’Economie Mondialisée ».
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Plus contagieuse que la Covid-19, la pandémie du racisme , I can’t breathe

by Mustapha Maghriti 12 juin 2020
written by Mustapha Maghriti
De Toronto à Madrid, le dernier chant de cygne « I Can’t Breathe » de George Floyd n’est-il pas devenu le cri d’orfraie d’un monde qui feutre sous la tyrannie du racisme ? De Berlin à Paris, le dernier soupir « I Can’t Breathe » de George Floyd n’est-il pas la « clabauderie » d’une humanité suffoqueé par le despotisme de la xénophobie ? De Washington à Sidney, la dernière haleine « I Can’t Breathe » de George Floyd n’est-elle pas le stigmate d’une aversion asphyxiée par un jingoïsme chauvin ? « I Can’t Breathe » tout court n’est-il pas devenue le slogan aussi plus contaminant et plus contagieux que la Covid-19 ?
Faut-il rappeler que « I Can’t Breathe » est une phrase originale prononcée par Eric Garner avant sa mort en Juillet 2014, alors qu’il subit une immobilisation par étranglement d’un officier du département de police de New York. La vidéo de Garner détenue par plusieurs officiers le montrait disant  » Je ne peux pas respirer » onze fois avant rendre l’âme. À la suite de l’acquittement en Décembre 2014 de l’officier en cause, le slogan « I Can’t Breathe » devient populaire dans les manifestations raciales qui se généralisent partout dans le monde.
Dans plusieurs contrée, à l’âme de George Floyd et en geste politique, la posture d’un genou sur le cou incarné par des policiers, des stars, des emblèmes politiques et par la foule humaine chronométré de 8 minutes 46 secondes de silence, qui a agonisé tout ce temps sous les genoux de ce policier misanthrope Américain en guise de solidarité avec la famille de George Floyd et la famille de bonne couleur du monde entier.

Sur les réseaux sociaux : Le visage de George Floyd figure sur des milliers de publications ; son cri étouffé fait écho dans le monde entier, « I Can’t breathe », ou avec des hashtags comme « Black Lives Matter » tweeté par des Millions d’internautes. Ces rébellions ne dénoncent-elles pas la misanthropie policière et rappelle que le racisme persiste encore au 21éme Siècle ?
La bestialité de la mort de George Floyd à Minneapolis aux USA, lundi 25 mai 2020 transcendant les frontières Américaines et Communautaires pour se muer en icône mondiale remet sur le marbre de l’actualité la plus importante de la Xénophobie depuis des décennies par son ampleur et sa persistance et ressuscite celle de Martin Luther King connu par son discours prophétique « I’ve Been to the Mountaintop » pour sa lutte non-violente contre l’apartheid racial , ou de Malcolm X figure de proue du mouvement des droits civiques aux États-Unis, défenseur des droits de l’homme afro-américain et des discriminations raciales et les les ségrégation raciale qu’on a cru inhumer.
Le discours emblématique « I have a dream » de Martin Luther King prononcé à Washington en 1963 nous inspire encore aujourd’hui. En effet, nous devons prôner un modèle de société ouvert et tolérant.

Dans cette société, il ne peut pas y avoir de place, même infinitésimal, pour le racisme, la xénophobie et les discriminations fondées sur la couleur des gens. C’était tout le sens du combat pacifique et non-violent de Martin Luther King, dont la missive est plus que jamais d’actualité.
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Le Maroc entre vulnérabilité économique et Forteresse sociale au temps du Covid-19

by Mustapha Maghriti 3 juin 2020
written by Mustapha Maghriti
Nul ne doute que la pandémie du Covid-19, d’une amplitude sans égale, engendra une asphyxie économique financière et sociale mondiale bien plus acérée que celle de 2008 avec touts les pronostics apocalyptiques des instances économiques internationales comme le FMI, l’OMC ou la CNUCED : Hausse de l’oisiveté, banqueroute de milliers d’entreprises, altération de la croissance économique et du PIB aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Tous ces indicateurs sont les pièces à conviction d’une crise économique et sociale sans précédent que le monde n’a vécu depuis le Jeudi noir des années 30.
Comme l’exception confirme la règle, au Maroc la pauvreté se délaie pour faire mouche à la classe moyenne qui est le pivot central de la consommation endurcissant une hausse du chômage et une quasi-léthargie des activités économiques liées à toutes les branches et les secteurs de l’économie Marocaine, principalement le secteur du tourisme, de la restauration et de voyage d’une façon irréfragable.
Les débouchés classiques du Maroc (France, Espagne et les pays de l’UE) sont fortement altérés par la pandémie du Covid-19. Le Maroc ne peut compter sur eux pour assurer ses exportations, attirer des investissements ou charmer des touristes qu’après quelques années. Les effets négatifs sur l’agriculture ou gouverner, c’est pleuvoir, l’industrie, le tourisme et les services sont nettement audibles.
La pandémie du Covid-19 n’épargna non plus les équilibres macroéconomiques : L’endettement extérieur ascensionna avec un coût économique tiré vers le haut tant que les fondamentaux économiques frôlent des seuils critiques. Le déficit public, celui de la balance commerciale ou de paiement s’inscrivent dans des trends haussiers. A ce titre, les réserves de changes sont très affectées surtout avec le décélération du tourisme, des transferts des MRE et des investissements directs étrangers IDE et les secteurs orientés vers l’extérieur, à l’instar des Métiers Mondiaux .
La situation ne devrait pas retourner à la normale dans délais courts vu que la conception d’un vaccin prendra plusieurs mois. Plusieurs prophylaxies doivent être prises en matière de déplacement, de shopping ou pour les services de loisir ce qui a impacté les chaînes de production et d’approvisionnement. Un constat qui a accéléré la création de nouveaux modèles économiques prenant en considération les risques sanitaires et épidémiologiques. Les activités de télétravail, les achats online, les services numériques commencent à prendre le relais à la place des modèles génériques.
Comme dit le dicton toute pièce a son revers, sur le plan social, on nota la résurgence du siège si chaleureux de la famille dans le corps social Marocain après de longues années de retrait au profit de l’individualisme, « l’égocentrisme » et de l’espace numérique.
La résurrection de la place de la « Smooth Family » se fit à travers la présence de canaux virtuels entre les individus. Un new mode social vit le jour faisant une mixture entre les us traditionnels et les interactions virtueles où le commun des mortels trouve asile en temps de confinement.
Le social est mis sur son piédestal à travers la redéfinition de la place de l’État et ce après son retrait partiel durant les années des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) et le rush des privatisations qui s’ensuivirent.

A l’appui de nos allégations ; Jeudi 28 Mai 2020, Chakib Alj patron du patronat et le bureau de la CGEM n’ont- il pas été reçus au Cabinet Royal en même temps que plusieurs Ministres ?  Le Souverain Marocain n’a-t-il pas ordonné ses Hautes Instructions pour une mobilisation forte de l’État pour accompagner les opérateurs économiques pour la réussite de la reprise économique pour soutenir le secteur privé. Ce message Royal à forte dose stratégique n’est-il pas témoin du renouveau du l’Etat ?

Pour émousser les rétroactions économiques du Covid-19, des Milliards de Dirhams ont déjà été recueillis, et chaque Marocain, chacun selon ses moyens, continue à se mobiliser.
Cette ferveur ne nous montre-t-elle pas tous les signes d’une nation solidaire, soudée et unie avec une seule visée celui de tarir le Covid 19.
Aussi, cette cohésion sociale se concrétise par les gestes au jour le jour : N’est-il pas admirable cette jouvence Marocaine dotée de masques, de désinfectants, à leurs frais pour aseptiser les moyens de transport et qui propose ses services, pour faire les courses à la place des plus âgés ou ceux et celles qui partagent des subsistances et des provisions avec leurs voisins ?
En plus du plan d’action médicale mis en place par la tutelle, l’arrivée en renfort de la médecine militaire sur Hautes instructions du Souverain Marocain, Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces Armées Royales n’exhibe -elle pas une réanimation du sens du devoir, de la solidarité et la cohésion nationale ? Cette missive n’est-elle pas témoin du soutien du Souverain Marocain aux opérateurs économiques toutes tailles, tous secteurs et toutes régions confondus ?
Cette confiance royale ne consolide-t-elle pas notre détermination à réussir la relance de notre économie dont les valeurs sont: la solidarité, le patriotisme et la citoyenneté ?
La gestion du confinement, de la crise économique et des mesures de lutte sanitaire ne relève-elle pas exclusivement des institutions publiques ? La pandémie du Covid-19 n’a-t-il pas renforcé le rôle de l’Etat en matière d’encadrement des citoyens ?
Aujourd’hui, l’apostrophe qui interpelle les décideurs Marocains : Quel est le mode de développement nous voulons pour le Maroc Post-Covid-19 ? Est-ce que nous allons étayer nos chaines de valeurs mondiales, ainsi que nos débouchés sur nos partenaires classiques à travers le fameux modèle la croissance tirée par les exportations Export Led Growth Strategy ? Ou nous allons édifier et relancer les piliers de l’économie nationale sur le modèle Keynésien à travers la consommation intérieure et l’industrie tout en soutenant la classe moyenne ?
Ce choix nécessitera davantage une audace politique et une sagacité stratégique où il est pertinent de revoir le système fiscal national pour être plus juste permettant une répartition équitable des richesses afin de lutter contre la pauvreté et d’élargir la classe moyenne censée être le moteur de la demande intérieure.
Aussi, il est primordial de mettre en place les jalons d’une économie solidaire basée sur la production collective et le produit local et du terroir, les plateformes d’échanges numériques et non numériques locales sur la base d’une utilisation durable des ressources et des énergies, le développement des compétences locales dans le cadre d’un système, culturel, intégré, solidaire et durable.
A côté de la vulnérabilité de l’économie Marocaine, cette solidarité certifie que nous faisons Nation. Nous serons une brigade Marocaine irréductible tant que la solidarité prédominera. Combien j’éspère que nous gardions cet état d’âme après la pandémie Covid-19.
3 juin 2020 0 comment
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Abderrahmane Youssoufi : Un homme d’exception

by Mustapha Maghriti 29 mai 2020
written by Mustapha Maghriti
Ce vendredi du 29 Mars 2020, le grand architecte de l’alternance consensuelle Abderrahmane Youssoufi n’est plus laissant derrière lui un grand leg et héritage politique, économique et social.
Cet avocat exceptionnel et au parcours exceptionnel, a marqué de son empreinte toute une société, toute une génération de politiciens, d’économistes, d’étudiants de par ses réflexions et de par militantisme politique. Natif de Tanger du quartier populaire Dradb le 8 mars 1924.
Le contexte national dans lequel si Abderrahmane El Youssoufi a vécu et grandi l’a amené très vite à choisir son clan et à faire son choix : celui de la lutte pour l’indépendance du Maroc et pour l’émancipation des peuples opprimés où le défunt fut membre du secrétariat général de l’Union nationale des forces populaires, qui va devenir en 1975 l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et rédacteur en chef de son organe “Attahrir” entre 1959 et 1965.

Abderrahmane Youssoufi s’est engagé très jeune au sein du parti de l’Istiqlal. Il a fait partie des toutes premières cellules de la résistance et de l’armée de libération, ce qui lui valut le titre du Grand Moujahid. A l’indépendance, il dirige le parti dans la zone Nord et va jouer un rôle essentiel dans la préparation de la scission qui a créé l’UNFP. En 1975, il adressa un message historique au congrès extraordinaire de l’USFP soutenant l’option démocratique et dénonçant l’aventurisme.
Parmi les grandes contributions du défunt Abderrahmane El Youssoufi figure celle de diriger le Gouvernement d’alternance consensuel nommé par feu Hassan II en 1998 : Le 04 février 1998, Feu Hassan II l’avait chargé de former le Gouvernement d’alternance qu’il présentera au Souverain le 14 mars de la même année où Il a pris chevaleresquement les commandes de l’exécutif Marocain à un moment très critique de l’économie Marocaine pour éviter  » la crise cardiaque  » au pays dont parlait feu Hassan et le fameux rapport rouge de la Banque Mondiale.
Après le décès de feu Hassan II, le Roi Mohammed VI a maintenu El Youssoufi à la tête du gouvernement pour sa droiture où il est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre dans le gouvernement formé le 6 septembre 2000 et y restera jusqu’au 9 octobre 2002.
Abderrahmane El Youssoufi a contribué à mettre l’économie Marocaine au rendez-vous de la globalisation économique à une ère si cruciale du bouillonnement de la mondialisation où il a été le grand pionnier des grandes réformes économiques du tissu économique et social Marocain à l’instar des grandes privatisations , pour ne citer que le grand cachet du consortium Médiel télecom et la privatisation de quelques parts du Maroc Télécom.
Aussi à son actif, il a participé à la lutte pour la cause Maghrébine dans l’ensemble des pays du Maghreb et a été l’un des défenseurs de l’Unité Africaine.
Sur le plan de sa personnalité, le disparu avait les qualités d’un homme d’Etat. Il avait le courage de ses positions qui étaient exclusivement motivées par l’intérêt du pays. L’homme était très fidèle en amitié, lien qu’il n’accordait pas facilement.
Si Abderrahmane était aussi très économe en paroles en ayant le sens de l’écoute. Il préférait écouter les uns et les autres avant de se faire une opinion de s’y tenir.
Si Abderrahmane n’est plus, mais il restera dans les anales de l’histoire parce qu’il en a été un des plus importants protagonistes de la scène politique Marocaine. Pour preuve, le Souverain s’était rendu au chevet d’Abderrahman Youssoufi, hospitalisé à Cheikh Zayed en octobre 2016 où le Souverain Marocain l’avait embrassé sur la tête. L’image, saisissante, avait vite fait le buzz et secoué la classe politique et l’opinion publique.
La vie de si Feu Abderrahman Youssoufi fut dense, fertile et productive dans la totale discrétion: Il nous a légué un patrimoine politique immortel. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage.

En substance, Il n’a jamais eu d’intérêt pour autre chose que la politique dans le sens sublime et noble du terme. Pendant 96 ans, il a servi son pays, sans jamais se soucier de son bien-être. Son héritage moral est colossal, mais il ne lègue pas de patrimoine parce qu’il n’en a jamais constitué. Son patrimoine : C’est le respect des marocains.
29 mai 2020 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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