• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

Après 23 ans de règne de la Monarchie, repenser la Croissance économique au Maroc

by Mustapha Maghriti 3 août 2022
written by Mustapha Maghriti

Coïncidant avec 23 chandelles de règne du Souverain Marocain, quel sentier donner à la croissance économique ? Telle est l’apostrophe qui pullule et foisonne aussi bien dans la sphère de la presse écrite que dans les canaux de communication audiovisuels (Chaînes télévisées, radios).

Certes, il faut rendre à César ce qui est à César : La nouvelle mouture des réformes de nouvelles niches de la croissance (Automobile, Aéronautique, Offshoring, Energies renouvelables etc.) impulsées par le Souverain Marocain a sécrété une croissance économique de 7,9% en 2021, qui a entraîné une hausse tangible des recettes fiscales en contribuant à réduire le déficit budgétaire à 5,9% du PIB en vertu du rapport de Bank Al-Maghrib, relatif à la situation économique, monétaire et financière au titre de l’exercice 2021 présenté par le Wali de l’Institut d’émission Abdellatif Jouahri au Souverain Marocain le 30 Juillet 2022.

Ce vecteur crucial du losange de la politique économique, en l’occurrence, la croissance économique en 2022 a fait l’objet d’un débat très « Hot » : Le Gouvernement Akhnouch soutient le scénario de 1,5% : L’argentière du Royaume et des Finances, Nadia Fettah, a indiqué que l’économie Marocaine devrait réaliser une croissance d’environ 1,5%, au regard de l’évolution qu’ont connue les principaux indicateurs de la conjoncture économique.

Le Wali de l’Institution d’émission du Royaume Abdellatif Jouahri, quant à lui, moins généreux, a présagé sur un taux de dynamique économique qui ne dépassera guère les 1% en raison du recul de la production céréalière au cours de cette année, puis s’accélérer à 4% en 2023.

La boule de cristal du Haut Commissariat au Plan HCP de Lahlimi prophétise un taux de de croissance de 1,3% prévu en 2022 pour rebondir à 3,7% en 2023.

Pour la Banque Mondiale, la croissance économique devrait ralentir à 1,3 % en 2022, sous l’effet de la baisse de la production agricole contre 7,9% en 2021. La Banque Africaine pour le Développement BAD, quant à elle prévoit une croissance économique de 1,8 % en 2022 et de 3,3% en 2023.

Sur le même registre, le Team et Think-Thnak du Centre Marocain de Conjoncture (CMC) a augura et tabla bel et bien, avant la prise des commandes par l’actuel Gouvernement, sur le trend de 1,8% en 2022.

Rétrospectivement, dans les années 60 et 70, le Maroc avait l’une des meilleures croissances au monde et se plaçait 2ème dans le monde Arabe après l’Arabie Saoudite, aujourd’hui, il recule dans le classement des pays arabes.

Cependant, cette dynamique économique reste pour l’essentiel erratique, instable et ramollie. De ce fait, ce « Stop and Go » de la croissance nous interpelle à transcender ce controversé chiffré. Notre propos est de se sublimer de ce débat numérique, de se distancer des chiffres, de s’abstraire des statistiques pour reméditer les entraves à la croissance et ouvrir un débat méthodologique, sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, sur les sentiers de la dynamique économique du Maroc :

■ Faut-il s’immoler sur toute une avalanche d’amendements et refontes économiques pour sécréter une dynamique économique ?

■ N’est-il pas important et urgent d’abandonner les formules simples et la quête toujours déçue de  » pratiques optimales » au profit d’une analyse économique approfondie de ce qui, au Maroc, fait obstinément hic à la croissance ?

■ N’est-il pas primordial de discerner les véritables réformes indispensables à la croissance de celles qui sont simplement et superficiellement souhaitables pour des questions d’efficacité ?

Cette « duplication du losange » de la croissance économique, toujours erratique, instable et ramollie, quelque soit la le sigle et la couleur du Gouvernement, reste tributaire, à notre sens, de tout un alphabet et oméga d’entraves ; elle demeure aliéné et inféodé à des :

♦A : Analphabétisme qui touche une grande fange sociale en nous verrouillant dans le panier des pays catégories faible à moyen selon le classement du Programme des Nations Unies pour le Développement PNUD,

♦B : Bureaucratie dédaléenne qui demeure dissuasive à l’investissement et du business au Maroc,

♦C : Corruption qui est citée comme l’une des pierres d’achoppement à la fluidité et à la célérité des affaires au Maroc, un dossier prioritaire au vu du discours du Trône du Souverain du 30 Juillet, auquel l’actuel exécutif doit s’atteler,

♦D : Dette publique où l’endettement intérieur a dépassé la barre du 30% du PIB.  Le Trésor serait déjà endetté à hauteur de 76,1% du PIB à fin mars 2022. L’endettement intérieur devrait se situer à 58,6% du PIB en Mars 2022 contre 58,0% à fin 2021.

♦E : Economie rentière, véritable monstre qui dévore tout arbitrage économique entre les ressources disponibles et entrave les mécanismes de transparence, de méritocratie, et de facto plombe la logique du marché.

♦F : Facture pétrolière où le Maroc assouvit ses besoins énergétiques à plus de 95%, considérée principal bouc émissaire de l’érosion du déficit commercial,

♦G : Gouvernance qui laisse encore à désirer où tout un département ministériel a été échafaudé dans l’actuel Gouvernement Akhnouch afin d’instaurer des règles de transparence, de traçabilité des actions et de maximiser les synergies entre les différents intervenants publics et privés dans ces dossiers. Ce portefeuille ministériel doit être comme un tronc commun et une priorité dans le suivi et la gestion du travail du Gouvernement,

♦H : Harmonisation des politiques sectorielles qui fait encore défaut. A cet égard et pour pallier à cette incohérence, le Souverain Marocain, à l’occasion du discours du trône 2012 a réitéré son appel au gouvernement pour qu’il assure les conditions de convergence entre les différentes stratégies sectorielles, et qu’il se dote d’outils de veille et d’instruments de suivi et d’évaluation pour assurer leur cohérence et mesurer leur efficacité et l’efficience de l’utilisation des fonds qui leur sont affectés,

♦I : Informel où cette soupape de sécurité sociale engloutit plus de 43% du revenu national brut RNB et 40% de la valeur ajoutée globale, qui ligote l’investissement productif national et étranger, Intégration timide en amont et en aval du système productif ce qui hypothèque la politique commerciale du Maroc en raison de sa synergie symbiotique avec la politique industrielle,

♦J : Justice où les investisseurs poussent des cris d’orfraie à cause d’une vision timorée de l’indépendance et l’impartialité du système judicaire. A ce titre, le chevaleresque discours du trône du 30 Juillet 2012 exhibe l’intérêt que porte le Souverain Marocain à ce grand chantier vital au climat des affaires économiques au Maroc, en le hissant au rang et au trachée artère du dispositif de la nouvelle  mouture de la constitution de 2011,

♦M : Main d’œuvre peu qualifiée qui plombe l’attractivité de l’investissement et ce dans une ère ayant pour Jalons des :

▪ Métamorphoses des déterminants de l’investissement où ceux-ci sont fondés sur économie cognitive ayant pour socle la dextérité et la qualification de la main d’œuvre que sur l’anachronique paradigme ricardien d’une main d’œuvre bon marché et à faible salaire

▪ Contraintes inébranlable de Just In Time afin de répondre aux calibres du marché extérieur intransigeant en qualité de produit et de délais de livraison.

♦N : Niveau de vie qui se creuse, plus singulièrement, dans le monde rural secrétant un hiatus abyssal et un dualisme entre le monde urbain et le monde rural.

♦ O : Offre exportable inélastique. A cet égard, le Teram Akhnouch doit réorienter  les efforts vers la promotion de différents domaines industriels et des nouvelles technologies par l’aménagement de pôles et d’espaces économiques intégrés propres à même d’affûter et aiguiser la compétitivité des entreprises Marocaines ce qui est de nature à créer un engrenage vertueux entre la politique industrielle et commerciale,

♦P : Privatisation qui demeure feu de paille et sans long feu, dopant les Investissements Extérieurs et Pluie où règne prévoir, c’est pleuvoir,

♦S : Solde de la balance commerciale qui a atteint presque 15,5% du PIB, avec cependant une quasi-stagnation du taux de couverture à 62,3%. Sur ce registre, la balance des paiements ne reflète-t-il pas l’état de santé d’une économie ?

Le bilan mitigé relatif à la dynamique économique et la courbe sinusoïdale, pendulaire et cyclique de la croissance économique au Maroc nous apostrophe sur tout un grand nombre de gisements méthodologiques et des « bissectrices » pragmatiques d’action pour le présent et le futur.

Il en est ainsi de la synergie des politiques vers le système productif Marocain en portant une attention singulière à l’innovation, Recherche&Développement, au know how, et aux PME et PMI véritable mine d’or et gisements de richesse et de création d’emplois ; l’expérience de la Malysie n’est-elle pas édifiante à cet égard ?

A cet titre, il importe de signaler que le niveau d’innovation dans l’économie Marocaine approché et appréhendé, aussi bien par la part des biens de haute technologie dans les échanges extérieurs que par le niveau des dépenses en Recherche et Développement dans le PIB, atteste, de concert, de la minuscule utilisation du progrès technologique et de son faible corollaire sur la croissance économique.

Les exportations marocaines des produits à haute technologie représentent plus de 11% des exportations de biens manufacturés, soit un niveau très bas par rapport à celui atteint par la Corée de Sud et la Malaisie.

En sus, notre système social n’est pas arrivé à sortir du tunnel et de l’hiatus des inégalités des revenus, à colmater les distorsions sociales et à développer une véritable politique du partage du surplus économique et ce en dépit des dépenses sociales allouées à ce secteur (plus de 55%) : A l’appui de notre assertion et en vertu du rapport de la boîte des pronostics du Haut Commissariat au Plan HCP : 2/3 du surplus économique échoit au facteur capital et seulement le 1/3 aux salariés.

L’urgent sera de porter suture sociale et de bannir le fossé qui creuse des inégalités sociales entre la classe la plus nantie de la classe démunie pour booster une croissance tirée par la demande intérieure dans un climat international tumultueux et fébrile de crise économique mondiale marquée par le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a accentué les perturbations du commerce mondial et la flambée des prix et a engendré une détérioration des perspectives économiques et une intensification des incertitudes qui les entourent.

L’autre must est d’orienter les Commandes « Akhnouchiennes » vers la capacité d’absorption : La qualité du facteur travail joue un rôle inéluctable dans le courroie de transmission de la croissance et des spillovers.

Le déficit de productivité qu’enregistre l’industrie est lié au manque de qualification et de formation de la main d’oeuvre: L’effectif employé demeure analphabète, le niveau du primaire est de 2% au Chili et de 1,7% en Turquie pour lesquels le taux d’ouvriers ayant le niveau du collège ou du lycée est respectivement de 83% et 78%.

Cette situation ne permet pas à la force de travail d’améliorer son aptitude à utiliser et optimiser les technologies disponibles.

Devant cet état de fait, comment peut-on appréhender la croissance économique alors que des ressources humaines restent inemployées, sous utilisées et exclues du processus intrinsèquement lié à la croissance ?

La contribution du capital humain dans le processus de production est importante et la qualité du facteur travail joue un rôle majeur dans les mécanismes de croissance. Les investissements éducatifs et technologiques constituent des facteurs de progrès économique et social. Faut-il ressusciter et exhumer le célèbre aphorisme économique longtemps enterré dans le cercueil de la littérature économique du mercantiliste Jean Bodin « Il n’est de richesses que d’Homme ».

La réalisation d’un objectif de croissance pérenne nécessite, en plus, d’un taux d’investissement, une augmentation de la productivité du travail.

L’amollissement du capital humain au Maroc participe à la baisse de la productivité du travail et à l’insuffisante utilisation des capacités productives. L’élévation de la productivité des investissements à travers l’amélioration des connaissances et des compétences humaines sont déterminants de la croissance économique.

Avouons-le : L’activité économique, au Maroc, se situe à un niveau inférieur à son potentiel de croissance. Elle ne peut pas bénéficier d’externalités positives suffisantes à même d’atteindre le sentier de croissance endogène, ce qui maintient l’économie à un niveau faible et rend la croissance volatile et vulnérable aux chocs interne et externe

En sus, l’Initiative Nationale de Développement Humain INDH, certes laborieuse, n’est pas encore parvenue à s’abstraire d’une vision de fragmentation et de saupoudrage des ressources financières  pour aiguiller les Commandes Royales vers la voie d’une action sociale régionalisée en osmose avec les agendas de tutelle à caractère social.

Si des efforts louables sont entrepris depuis son lancement en Mai 2005, force est de constater que la démarche reste purement techniciste, unidimensionnelle, ainsi que ponctuelle et ne procède pas à une concertation avec les populations concernées quant à leurs besoins et leur bien-être.

Le legs et l’héritage de la pesanteur d’une administration centrale et centraliste leste la réussite d’une croissance qui va vers le développement communal, local et territorial.

Reconnaissons-le dans ce propos : L’INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrices de revenus, ne peut être un succédané à une véritable politique de croissance et des revenus dans la durée. La dynamique économique du Maroc doit passer inéluctablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance.

Sur ce registre, pour Amartya Kumar Sen, l’un des intellectuels économistes indiens les plus connus et les plus respectés, prix Nobel 1998, spécialiste en développement, le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique en rendant au marché son rôle central par le renforcement des libertés individuelles de choisir et d’entreprendre.

Et  pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active et donc, qu’ils aient accès non seulement aux moyens de production nécessaires (la terre, l’eau, le crédit, les marchés) et à des emplois productifs, mais surtout aux services sociaux essentiels, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation ce qui met sur le marbre de l’actualité toute la problématique de la croissance économique et du développement de l’économiste François Perroux.

Au Maroc, les déterminants de la problématique de la répartition du revenu, des disparités salariales, des inégalités sociales, demeurent peu débattus, sujets en instance d’analyses requises et vitales à toute politique économique.

Par ailleurs, le pari de l’avenir est d’émanciper et délier la croissance économique des caprices du Nice Weather, des vicissitudes climatiques et la pénétration des marchés extérieurs par une percée d’exportation des produits à haute teneur en matière grise et savoir-faire.

Sur ce registre, la part des exportations rapportée au PIB reste pour l’essentiel étayée sur des demi-produits, phosphate et des produits agricoles.

Sous cet angle, l’offre exportable se sclérose et se confine à exporter l’or incolore, l’eau en l’occurrence, véritable épée de Damoclès qui pèse sur le tissu économique et social au Maroc et le Ministre de l’Équipement et de l’Eau  a sonné l’alarme et l’alerte sur la rareté de l’eau et pèsera d’un poids colossal sur toute la terre pour ce siècle.

Aussi, Il convient de « recontempler » la politique macroéconomique et de se libérer des contraintes monétaire et budgétaire afin de procéder à des arbitrages plus efficients et équitables. La crise économique et sanitaire du Covid-19 ses corollaires ont permis d’établir une nouvelle réflexion sur le rôle de l’Etat dans la régulation et la redistribution.

Les plans de soutien ont fait l’unanimité et prouvent que la relance de la croissance économique nécessite une autre orientation que la politique de rigueur.

Par ailleurs, faut-il, à notre sens, se suicider sur toute une armada de réformes économiques pour générer la croissance ? Ce qui nous exhorte à avancer que le nec plus ultra pour le Team AKHNOUCH est de détecter le minimum et le « SMIG » d’obstacles les plus contraignants de notre économie et de s’atteler à les lever : Car, nous semble-t-il, beaucoup de réformes conduites dans plusieurs secteurs peuvent créer des distorsions imprévues dans d’autres secteurs ; en se concentrant sur le domaine qui bride le plus la croissance, le Maroc aura plus d’aubaine de récolter les fruits de son effort, car pour paraphraser l’Economiste Turc Dani Rodrik, pléiade et spécialiste des problèmes de la croissance économique : « Beaucoup de réformes peuvent créer peu de résultats et peu de réformes  peuvent créer beaucoup de résultats »

Si l’économiste du pays de l’oncle Sam et chef de file de l’économie de l’Offre (supply side) Arthur Betz Laffer disait, à l’occasion, de sa fameuse courbe Laffer  « Trop d’impôt tue l’impôt », je dirai, dans ce propos, que « Trop de réformes tuent les réformes ».

D’où l’intérêt pour le Team AKHNOUCH d’une évaluation sérieuse, méthodique, méthodologique et sans concessions des lieux de raccordement et de connexion du système productif marocain au système économique mondial.

Le contexte mondial, souvent négligé ou occulté, les choix socio-économiques nationaux, doit gagner sa place et ses lettres noblesse ce qui nous incite à exhumer une des citations indélébiles du Feu SM Hassan II dans son Discours du 20 Août 1993  » Nous constatons (Feu SM Hassan II) parfois un manque d’analyse concernant la carte régionale et mondiale, pourtant nécessaires pour l’étude de la carte nationale ».

Ces niveaux d’observation méthodologique et d’analyse économique peuvent déterminer, à notre sens, la position future et les possibilités d’une meilleure dynamique économique du Maroc.

Cela est une question de volonté politique, couplée à des choix économiques et stratégiques pertinentes aussi sur la rigueur de l’analyse et la méthodologie qui prépare la décision et économise les tâtonnements « Walrasiens » inutiles.

Le Team AKHNOUCH relèvera-t-il ces Challenges en marquant des points d’inflexion vers un trend haussier de la géométrie économique ? Arrivera-t-il à faire translater la dynamique économique du feu de paille au long feu ? Du sinusoïdal à la Tangente de la croissance économique???? Le temps est révélateur et « Le faire est révélateur de l’être » disait Jean-Paul Sartre !!!!!

3 août 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le Bonheur, c’est les autres : Le rôle vital de l’amitié dans les relations sociales

by Mustapha Maghriti 30 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres évocatoires disparaissent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre.

C’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence.

Les chercheurs rappellent que le bonheur est si vital à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé OMS le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé.

La thématique est indémodable et le besoin du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur.

Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La notoriété, réputation, lustre ou l’argent ? Une investigation exceptionnelle menée depuis 75 chandelles auprès de 724 Américains en apporte une preuve instructive et envoûtante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.

Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est sans équivoque, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: Ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives.

Une grande interpellation nous apostrophe : Pourquoi ?

– Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la réclusion subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes.

– Secundo, les bonnes relations, les relations dignes et satisfaisante immunisent et préservent le cerveau : Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve de la vie voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure.

Robert Waldinger affirme que ces relations conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement ; certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces chamailleries n’avaient pas d’implication sur leur mémoire, c’est la qualité qui compte et non pas la quantité : Peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe et l’emporte. Vivre dans les conflits ne vaut-il pas mieux que se sentir seul ? Ainsi, une relation maritale chaotique désargentée et dénuée d’affection peut être pernicieuse pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas “Il vaut mieux être seul que mal accompagné” ?

A l’antipode, des relations bienveillantes et affectueuses sont nourrissantes et protectrices. La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une vieille sagesse comme le monde.

Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples.

La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en particulier sur le plan de la communication).

Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:

– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de cactus et avons tendance à blâmer les autres,

– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’a rien à nous reprocher,

– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des gages de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière,

– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations

Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.

Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent.

En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit!

En guise de conclusion, les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »

L’Amitié : C’est magnifique quand un étranger devient un ami, mais O combien triste quand un ami devient un étranger ! Jean Paul Sartre disait que ” l’enfer, c’est les autres”. Je lui réplique Haut et Fort, le bonheur, c’est les autres.

30 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Les mômes de Tindouf ou les rides de l’innocence

by Mustapha Maghriti 28 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

En toute incongruité et barbarisme à Tindouf, c’est une camarilla et une mafia bien marcottée qui sévit depuis des décades. Des misanthropes sans foi, ni loi y avilissent et oppriment les habitants, en singulier les petits mômes de la commune de l’Ouest de l’Algérie, se dévouent à des brigandages, des pillages et se livrent à des détournements de fonds publics destinés pourtant à débourser des projets humanitaires dans ces camps du Sahara subissant les plus pires traitements.

Ces actes primitifs, la Communauté Internationale, Genève ou aux Nations Unies à new-York l’a souligné et signalé naguère. Et il ne se passe un jour sans qu’un nouvel acte ostrogoth vienne s’additionner à la liste infinie des cruautés, tyrannies et des misanthropies que préjudicient le Polisario et son cicérone l’Algérie, dans le sud-ouest algérien en transgressant les droits de l’Homme dans les camps contrôlés par les milices des sécessionnistes en forgeant sans âme des enfants-soldats.

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU, fustige et stigmatise l’Algérie, mettant les pleins phares sur l’incrimination de ce pays dans tous l’outrance affligée à l’encontre des séquestrés de Tindouf.

Rétrospectivement, la 49éme session du Conseil des Droits de l’Homme, à Genève, au 15 Mars dernier, a été l’occasion de revenir sur cette l’apostrophe des enfants-soldats. Un symposium international s’est ainsi tenu  sous les auspices de l’ONG « Africa Culture International ». Elle a réuni plusieurs associations continentales et régionales, ainsi que des acteurs de la société civile issus des provinces méridionales du Royaume. Elle a cafeté la présence d’un enfant-soldat dans la représentation qui accompagnait l’envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU, Staffan de Mistura, lors de sa première tournée dans les « camps » de Tindouf, le 16 janvier dernier. L’Envoyé personnel au Sahara a été également témoin de la présence d’autres enfants-soldats placés le long du chemin emprunté où d’ailleurs les images ont enflammé la Toile.

C’est un homicide de guerre fustigé et prohibé par toutes les conventions et instruments internationaux, -dont la Convention de Genève de 1949- la Charte des Nations Unies, la Charte des droits de l’Homme, les pactes des droits politique, économique et social de 1966, et le Statut de Rome de 2002 de la Cour pénale internationale.

L’apostrophe qui nous interpelle : La Communauté Internationale ne doit-elle pas réagir à cette militarisation des enfants qui s’est réalistement institutionnalisée dans les milices séparatistes à des desseins de guerre ? Ses atrabilaires n’hésitent pas en effet à recruter et catéchiser des enfants-soldats, des actes typiques, qui nous rappellent ceux des organisations terroristes telles que Daech et Al Qaïda.

Ces mômes de Tindouf sont égarés dans la violence et abreuvés de haine, inféodés à des abominations, déracinés de la sûreté et déplantés de la sécurité de leur famille et désappropriés de la possibilité de mûrir dans un environnement de jubilation et de plénitude.

Combien dénombre-t-on ces mômes de Tindouf? Les estimations de certaines ONG qui ont fait du terrain in situ évaluent entre 4.000 à 5.000 pour la classe d’âge des 12 -18 ans.

C’est une série démographique qui a quitté l’école primaire précocement et, de facto, n’a pas la possibilité de poursuivre un cursus secondaire. La seule issue qui lui est accordée est celui des dédales du mouvement séparatiste. Seuls, ceux qui sont liés à des dirigeants et à leurs réseaux tribaux et clientélistes effectuent ensuite leur scolarité dans des établissements algériens jusqu’au baccalauréat avant de bénéficier d’aides et de bourses dans des régions en Espagne, ou encore dans des État insulaires communiste des Caraïbes à l’instar de Cuba pour des études supérieures.

Pour le Polisario, loin de toute affection et âme, le môme de Tindouf est économiquement un soldat moins coûteux qu’un adulte. Aussi, leur exploitation ne demande pas d’expertise particulière ; moins encore, la force physique n’est forcément obligée. A ces raisons dénuées de toute humanité, il faut en ajouter d’autres, utilitaristes : ils ont des « qualités » de soldats que les adultes n’ont pas toujours, dans la mesure où ils sont plus facilement endoctrinés et prédisposés à tout prosélytisme politique et religieuse ; ils sont en outre moins raisonnables que leurs aînés au regard de la révolte et la rébellion.

Face à ces passe-droits, plusieurs pays reconsidèrent leurs relations diplomatiques. A l’appui de nos dires, l’Espagne, pour ne citer qu’elle, l’a bien repensé. Certes, on ne peut pas entretenir des relations salutaires avec un pays qui agit immuablement et de façon délétère en dehors de la légitimité internationale.

Cette posture résolue du voisin espagnol sert d’illustration à d’autres pays : En Italie, des voix ne commencent-elles pas déjà à s’élever pour demander aux dirigeants de changer de posture envers l’Algérie ?

D’ailleurs, l’expert Italien en géopolitique, Marco Baratto, résume parfaitement l’état d’âme qui doit animer les dirigeants Européens notamment en soutenant que « L’Italie ne doit pas coopérer avec un pays qui se permet des actes hostiles, interdits et condamnés par le droit international et  » Nous devons opter pour des partenaires stables, fiables et engagés dans le développement économique et des droits de l’Homme dans la région euro-méditerranéenne pour garantir le bien de nos populations, toute en insistant  sur la nécessité « d’adopter une approche éthique qui exclut tout allié tentant de semer le séparatisme dans les zones voisines et d’alimenter la guerre froide dans la région.  »

Il a dans ce sens pointé du doigt les violations des droits de l’homme dans certains pays voisins du Royaume « où il existe malheureusement encore des zones d’ombre concernant la répression de la dissidence et la liberté d’expression. Nous ne pouvons, en tant qu’Européens, continuer à accepter et à être dépendants de nations où les droits de l’homme sont bafoués. En tant qu’Européens, nous ne pouvons pas être liés à des nations qui considèrent les peuples ou certaines nations européennes comme des ennemis traditionnels et éternels ».

Selon cet expert italien en relations internationales   » La raison et le pragmatisme exigent la pleine reconnaissance par l’UE de la souveraineté du Maroc sur le Sahara en tant partenaire fiable, stable et partageant les valeurs de l’Europe  » en matière de promotion des droits de l’homme, de lutte contre le terrorisme, du développement durable et du respect mutuel.

Aussi a-t-il plaidé que « L’Europe ne peut être un simple spectateur du potentiel de ces régions, de leur développement technologique, et de leur rôle de porte vers le continent du futur qu’est l’Afrique » relevant que le Maroc est stratégique pour la sécurité en Europe, « comme en témoigne l’aide apportée aux forces de police françaises pour identifier et démanteler une cellule terroriste dangereuse qui aurait pu commettre un carnage à Pâques. « Nous avons besoin d’un acte de courage et de reconnaître le Maroc comme un allié stable, fidèle et conforme aux valeurs que l’Europe professe. L’Europe a besoin du Maroc, il faut ainsi agir, suivre le pragmatisme et le courage américains et reconnaître la souveraineté pleine et légitime du Maroc sur ses provinces du sud ».

Ce constat, la Communauté Internationale l’a fait depuis bien longtemps. Et il ne se passe un jour sans qu’un nouveau vienne rallonger la longue liste des crimes que commettent le Polisario et son gourou, l’Algérie, dans le sud-ouest algérien envers l’humanité et les mômes de Tindouf en les privant des joies de l’enfance.

La députées Européenne Dominique Bilde n’a-t-elle pas rappelé dans un Tweet que ces mômes de Tindouf qui sont enrôlés par le Polisario pour devenir des soldats à un âge où ils devraient jouer aux petites voitures ? 

28 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quelle mondialisation de demain à l’ère de la crise Russo-ukrainien ?

by Mustapha Maghriti 22 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

Quelle mondialisation à l’ère de la crise Russo-ukrainien ? C’est l’intitulé de notre présente chronique. Pourquoi une telle chronique ?

– Primo, parce que les corollaires pervers de la globalisation impactent au jour le jour nos vies, nos économies et que tout cheminement des forces économiques qui l’illuminent a des contrecoups structurels monstrueusement pondéreuses sur notre souveraineté économique, notre carte industrielle, l’emploi et sur notre pouvoir d’achat.

– Secundo, parce que la thématique de la mondialisation est au centre de l’actualité et de nos inquiétudes en raison de l’impact de l’invasion de la Russie en Ukraine sur l’économie internationale : Cette guerre a embrasé en effet l’inflation, accéléra la récession mondiale, somme notre sécurité alimentaire partout dans le monde, voire la transition énergétique quand la dépendance au gaz Russe accule l’Europe à rouvrir des centrales à charbon pour compenser les tensions qui pèsent sur son système énergétique.

– Tertio, nous avons choisi cette chronique parce après plus de quatre décades d’accélération de la mondialisation au cours de laquelle la circulation des biens, des services, des capitaux et de la force du travail s’est faite quasiment sans limite en raison d’une dérégulation non contrôlée et d’une révolution numérique plus poussées. Cette guerre Russo-ukrainien bat en brèche et ouvre un nouveau chapitre de la mondialisation que les représailles commerciales entre la Chine et les Etats-Unis à partir de 2019 et surtout la crise de la pandémie du Covid19 qui a secoué la planète dans son ensemble. On s’en souvient, la menace sanitaire s’est propagée à une célérité sans précédent, tandis que les mesures de confinement prises pour le brider, ont paralysé la plupart des appareils productifs, plongeant l’économie mondiale dans une crise économique d’une pesanteur exceptionnelle et jetant les pleins phares sur ses vulnérabilités.

Les perturbations des chaînes de valeurs mondiales d’approvisionnement et les pénuries de masques et de matériel médical observées pendant la crise sanitaire ont, en effet, mis en évidence l’épée de Damoclès qui pèse la souveraineté de nombreux pays à travers une dépendance compacte des économies les unes aux autres.

Cette fragilité de la mondialisation est aujourd’hui décuplée par l’heurt de la guerre en Ukraine sur la cartographie de la géoéconomie mondiale. Et pour cause, tous les équipementiers repensent en refondant leur chaîne de production et d’approvisionnement, et ce en relocalisant, en doublant, voire en multipliant le nombre de pourvoyeurs et/ou en se localisant dans des pays limitrophes ou stables politiquement. Une fêlure et une faille onéreuse qui a des conséquences sur les prix de vente et le pouvoir d’achat des ménages. A titre illustratif, les prix du gasoil et d’essence ont connu une envolée fulgurante jamais connue auparavant en frôlant les 19dhs le litre ou l’huile de tables a presque doublé.

Cette tendance se découpe ainsi avec celui observé au cours des quatre dernières décades qui, pertinemment, se caractérisait par l’exultation des chaînes de valeurs et de production aux quatre coins de la planète pour se rapprocher de nouveaux débouchés alléchants en profitant des opportunités d’investissement et d’une main d’œuvre bon marché.

En d’autres termes, la crise actuelle a brisé les liens économiques et les réseaux de production à l’échelle mondiale, les chaînes de valeur régionales se substitueraient aux chaînes de valeur mondiales. La proximité prendra sa revanche sur le lointain.

A titre illustratif, les relocalisations des activités industrielles pour les intégrer dans une logique régionale permettront de redonner à la Méditerranée sa centralité en tant que site Européen et Africain.

La crise Russo-ukrainien est une aubaine pour l’Afrique en général et le Maroc en singulier, qui devront s’imprégner des réflexions dans le débat autour du devenir de la mondialisation. L’Afrique tout comme le Maroc doit renégocier leurs rapports avec la proximité, et exiger de l’Europe qu’elle s’ouvre sur de nouvelles  logiques de partenariat avec l’aire sud-méditerranéenne et africaine sur la base de la coproduction.

Cela va, d’ailleurs, dans le sens des intérêts de l’Union européenne elle-même que de traiter la question de la relocalisation et de captage des chaînes de valeur mondiales dans un cadre régional qui dépasse celui de la seule Europe où le traitement du dossier de relocalisation industrielle par les Européens doit être en rapport avec celui du couple développement-immigration dans la grande région afro-sud-méditerranéenne.

Cette dynamique de repli semble animer un morcellement et un fractionnement de la mondialisation, organisée non plus comme un village-planétaire pour paraphraser Marshall McLuhan, mais sous forme de blocs de pays disjoints, chacun charpenté sur des motifs géopolitiques, échangeant peu ou pas du tout entre eux.

Une sorte de mondialisation entre amis, comme l’expliquent la secrétaire d’Etat Américaine au Trésor, Janet Yellen et Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne (BCE) en vulgarisant les concepts de  » friend-shoring »,  » friend sharing »,  » friend shopping ».

Ce synopsis est loin de prendre acte et qui n’est pas partagé par tous. Tout comme ne l’est pas, d’ailleurs, l’évolution de la situation actuelle, préfiguration, selon économistes et géo-politologues, à une « démondialisation », qui annoncerait une rétrogression de la dynamique des échanges mondiaux, quand d’autres économistes anticipent plutôt, une « néomondialisation » ou une « remondialisation », un concept qui conférait à la mondialisation d’évoluer sur des paradigme différents, tandis que d’autres et c’est l’avis que nous partageons, estiment que les forces économiques et les locomotives de la mondialisation sont toujours présentes et que la mondialisation continuera, mais de manière ralentie  » slowbalization » .

On devrait être très prudents pour dire que la mondialisation va spontanément décliner : Nous n’avons pas tous pensé que le capitalisme a sonné le glas lors de la crise économique et financière de 2008 qui a ébranlé la mondialisation et sa dynamique.

Les pays restent malgré tout très interdépendants et savent que les coûts d’une démondialisation brutale seraient très onéreux.

In fine, nous semble-t-il tout sera tributaire de l’issue de la guerre, de la place qu’occupera demain la Russie sur l’échiquier mondial.

22 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Rire, Sourire, Humour et Humeur: Perte de temps ou sources de motivation au travail ?

by Mustapha Maghriti 17 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

Le rire n’est-il pas le propre de l’homme disait l’écrivain français humaniste de la Renaissance,Rabelais, alias Alcofribas Nasier ? 

Sur Google, les mots « blagues » et  » rire  » n’ont-t-ils pas fait l’objet d’un pic de recherches du 29 Mars au 4 avril 2020. Confinés chez nous sous la menace d’une pandémie mondiale, jamais nous n’avons eu autant besoin de rire et d’humour ???

Et pourtant, durant mes années dans le secteur public, plus de 26 chandelles, et encore aujourd’hui, je constate que le rire est souvent galvaudé et tiré par les cheveux.

En effet, un grand nombre d’agents et de cadres administratifs pensent qu’être un bon fonctionnaire, un bon chef de service, un excellent chef de division ou un directeur signifie froncer les sourcils du matin au soir. Et pourtant, je me rappellerai toujours ce que m’a dit l’un de mes premiers collègues dans le Ministère de l’Education Nationale dans laquelle j’ai atterri un bon Lundi providentiel du 4 Mars 1996 : Pour être un bon fonctionnaire, il faut savoir être sérieux sans se prendre au sérieux.

De fait, pour la majorité, si non quasi-la totalité d’entre nous, nous ne sauvons pas de vie au quotidien et je me suis toujours demandé ce qui pouvait justifier que quelqu’un s’énerve ou se mine le moral pour une question de monotonie de travail.

Je me rappellerai toujours ce que m’a dit l’un de mes collègues lorsque j’étais jeune fonctionnaire quand je n’arrivai pas à trouver un fichier d’un grand fonctionnaire en état de promotion du travail; j’étais stressé, très stressé, et mon collègue de bureau m’a dit froidement et calmement la chose suivante : Mustapha, je vois dans tes yeux que cette affaire te stressait. Dis-toi une bonne chose, détend toi, il n’y a rien d’important ou de vital dans cette affaire.

Et, il se mettait à me raconter une blague qui faisait la toile à cette époque toute en cherchant la fiche et Eureka, il l’a trouvée. Autant vous dire que mon état d’esprit n’était pas tout à fait le même après.

De ce fait et après ce jour j’ai commencé à relativiser, à dédramatiser mais aussi à gérer le stress avec l’humour et la bonne humeur. Pourquoi ?

– Primo, l’Humour aide à dédramatiser :

Comme disait Marguerite Yourcenar « Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin », ouvrir le bal et ébaucher une réunion potentiellement sérieuse par l’humour, une anecdote, une historiette permet d’aérer l’atmosphère sérieuse qui règne sur la réunion, une telle plaisanterie permet de trimer, certes, mais entre personnes positives qui vont résoudre des problèmes et chercher des solutions plutôt que des coupables !!

L’humour et la bonne humeur d’un responsable dans la fonction publique ou un manager dans le secteur privé permet à tout le Team de travailler dans l’équanimité, l’accalmie et légalité d’âme. Je pense que la plus grande erreur qu’un administrateur dans le secteur public ou un manager dans le secteur privé puisse avoir est d’oppresser son équipe quand on sait que dans le secteur privé plus de 50% des démissions sont imputables et motivées par la décision de s’écarter des vibrations négatives et ondes nocives de son manager.

– Secundo, l’humour relaxe et relâche la parole :
Je crois profondément que le management public d’aujourd’hui en pâtit, semble-t-il, des non-dits, des refoulements par manque de climat de confiance. La bonne humeur et l’humour permettent à toute l’équipe de dire ce qu’il pense, de vivre les 8/24 en convivialité. En clair, un responsable capable d’humour est moins anxiogène qu’un responsable qui ne va sourire que quand on le pince !

– Tertio,  Il favorise également la créativité, la précision analytique et la productivité. Tout cela pour dire que grâce à l’humour au travail, les collaborateurs sont non seulement plus investis auprès de leur entreprise, mais ils sont plus productifs, tout ce dont l’entreprise a besoin pour perdurer ! L’humour est également un très bon moyen de désamorcer les conflits. Quand les collaborateurs évoluent dans un contexte professionnel tendu, un peu d’humour suffit pour évacuer les tensions et relancer tout le monde dans la même direction. Et enfin, en étant capable de rire de soi-même, on apprend à accepter plus facilement l’échec et à se relever après une défaite.

Sous cet angle, selon une étude réalisée par Linkedin  (l’enquête a été réalisée par Censuswide auprès de 2248 actifs français entre le 25 mai 2022 et le 31 Mai 2022), près de trois quarts des professionnels sondés en France (78%) affirment en effet que l’humour est l’émotion la plus sous-estimée et la moins valorisée au travail.

Résultat, peu de blagues à la machine à café ou à la photocopieuse. Alors même que près de six répondants sur dix aimeraient que leurs collègues puissent plaisanter plus souvent. Et que près de sept sur dix (69%) estiment que blaguer permet de détendre l’atmosphère au travail. Mais à l’inverse, environ un quart des personnes interrogées (23%) considèrent qu’il s’agit d’un manque de professionnalisme.

L’étude du réseau social professionnel tient par ailleurs un palmarès des pays où l’on se fend le plus la poire entre collègues. Ce sont les Indiens et les Italiens qui arrivent en tête, avec plus d’un tiers des professionnels (38%) qui plaisantent au moins une fois par jour. Les Australiens s’avèrent être les moins drôles (29%), derrière les Allemands (36%), les Britanniques (34%), les Néerlandais (33%) et les Français (32%).

Plus largement, les Français semblent davantage oser partager leurs émotions au bureau qu’avant. La pandémie de Covid-19 jouant un rôle d’accélérateur. Près de la moitié des sondés (46%) disent ainsi être plus ouverts et enclins à partager leurs émotions dans leur milieu professionnel aujourd’hui qu’avant la pandémie. Y compris les émotions négatives. Près de la moitié (49%) confie avoir déjà pleuré devant leur employeur ou un de leur collègue.

«Les frontières entre le travail et la maison n’ont jamais été aussi floues au cours de ces deux dernières années empreintes de profonds changements. Cela a donné aux professionnels le sentiment qu’ils peuvent montrer plus de vulnérabilité et de franchise les uns envers les autres», analyse Esther Ohayon, directrice de la communication de LinkedIn France.

Les jeunes générations sont les plus ouvertes à partager leur bonheur ou leur blues avec leurs collègues. En effet, 59% des sondés de la Génération Z (les 18-25 ans) et 46% des Millenials (les 26-41 ans) disent davantage exprimer leurs émotions au travail, loin devant les plus de 55 ans (24%).

Malgré tout, près d’un Français sur deux (45%) hésite toujours à se livrer par crainte d’être jugés et stigmatisés. Les femmes en sont les premières victimes, puisque 58% des sondés estiment qu’elles sont davantage jugées que leurs collègues masculins lorsqu’elles font part de leurs sentiments au travail.

Avec humour, j’entends, en guise de conclusion, qu’il ne s’agit pas d’apprendre par cœur les meilleures blagues de Gad Elmaleh ou de Fellag. Un responsable qui a de l’humour, qu’il soit dans la sphère publique ou privée, c’est avant tout un manager qui sait « procréer » de la bonne humeur au travail pour fluidifier la parole de ses collaborateurs. Sa position hiérarchique ne doit aucunement lui être une entrave pour arriver à ce stade.

D’après Alison Wood Brooks, professeure à la Harvard Business School, le rire favorise l’engagement et le bien-être, deux piliers que l’on reconnaît aujourd’hui indispensables à la fidélisation des collaborateurs. Il serait dommage de s’en priver au travail, ainsi que dans la Vie :::

17 juillet 2022 0 comment
1 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Baccalauréat au Maroc  POST-COVID et le mystère des mentions !!!

by Mustapha Maghriti 13 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

Vendredi 1 Juillet 2022 était le jour J qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; résultat, sur les 231.272 candidats et candidates ayant passé les examens au titre de l’année scolaire 2021-2022, le taux de réussite a été de 66,28% contre 68% l’année précédente, une prouesse qui leur ouvrira le sésame des universités et des grandes écoles.

Des épreuves, faut-il souligner, se sont déroulées dans un contexte nettement moins restrictif que les deux années écoulées de la crise sanitaire de la pandémie du Covid-19, sans protocole du port du masque mais toujours avec les gestes barrières.

Le taux de réussite est nettement aux garçons ; chez les filles s’est établit à 70,87% alors que chez les garçons, ce taux est de 61,01%.

En ventilation géographique : Selon les directions provinciales, Rabat a enregistré un taux de réussite de 81,98% (5.726 bacheliers), alors que Skhirate-Témara a atteint un taux de réussite de 75,19% (5.538), Salé (69,16%, 8.085), Khémisset (68,89%, 3.695), Kénitra (73,75%, 6.993), Sidi Kacem (85,21%, 4.377) et Sidi Slimane (84,29%, 4.377).

D’antan, il y a plus de dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 
En termes d’évolution, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a escaladé, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018.

Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a grimpé de 28 points et de 17 points en deux ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 137.486 élèves ont eu une mention, soit 51% da la totalité des bacheliers dont 2.871 candidats ont obtenu leur bac avec mention très bien, 6.243 avec mention bien et 15.326 avec mention assez bien.

La mention la plus élevée a été 19,44 dans la filière branche sciences physiques en français, de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de la région Casablanca-Settat qui s’est distingué cette année avec une moyenne record selon les chiffres officiels du ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique-département de l’Éducation nationale. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel apogée de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions très bien, bien et assez bien soient distribuées à discrétion ? 

Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés ?

Serait-ce assignable à un système de notation courtisan ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser moult apostrophes. 
Le système éducatif Marocain que tous les rapports mondiaux issus d’organisations internationales pointent du doigt en l’affublant de toutes les épithètes péjoratives ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cet “ cyclone ” des mentions dont s’adjugent 51% des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 et qui frôle le 20 au Bac sont servies à profusion et à volonté. 

Devant ce pullulement des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grandes écoles cotées du Royaume qui, en outre, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

Si naguère, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 

Le mystère, l’énigme et l’occultent sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes et des investigations rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, et le talisman de la luxuriance des mentions !!!

13 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Caucus Africain ou l’impérieuse nécessité d’une intégration régionale Africaine au regard d’une mondialisation à fleur de peau

by Mustapha Maghriti 9 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

À l’heure où les chaînes de valeur mondiale, les réseaux de la logistique, de transports sont parasités et mouvementés à travers la planète et ébranlés par la guerre en Ukraine et où l’épée de Damoclès d’une ample famine alimentaire mondiale attise l’affolement et l’égarement de nombreux pays, le continent Africain ne peut plus compter sur le reste du monde ; il ne peut compter que sur lui même. A cet égard, la coopération et l’intégration régionale intra-africaine s’impose plus que jamais.

Actuellement, et avec le recul plusieurs décennies, les expériences historiques du commerce mondial montrent que la formation de blocs régionaux obéit à une logique géopolitique plutôt qu’un dessein de s’exclure du jeu de la mondialisation.

Aussi, le régionalisme de ces deux dernières décennies est plutôt un régionalisme avec des blocs régionaux centrés chacun sur un pays leader pour tirer profit des externalités positives et des possibilités de rattrapage où, il est possible de s’intégrer en profondeur, d’harmoniser les politiques commerciales et d’établir des standards communs.

Dans ce contexte, l’intégration régionale Africaine permettra de réduire la dépendance vis-à-vis des Etats omniprésents et hégémoniques qui décrètent leurs lois et régentent le jeu de la mondialisation.

En sus, l’intégration régionale Africaine constitue une réplique aux défaillances du multilatéralisme et à l’impasse du cycle de Doha de 2001, cycle dont l’une des ambitions est d’améliorer l’accès des pays en développement aux marchés des pays riches, notamment en ce qui concerne les produits agricoles.

Ainsi l’ambition de l’intégration régionale est d’aller plus loin sur les dossiers qui sont au point mort pour paraphraser le prix Nobel Lawrence Robert Klein.

Pour le continent noir, la suppression des obstacles au commerce transfrontalier et la création de sites de production régionaux capables de produire des biens essentiels relève d’une urgence prioritaire pour l’Afrique.

Alors que le libre jeu des échanges de la métaphore de la main invisible d’Adam Smith n’est qu’une phraséologie, alors que s’estompent les alignements de partage égalitariste de l’idéologie d’antan n’est qu’une chimère, que les promesses d’un nouvel ordre international faites par Washington au lendemain de la première guerre du Golfe ne sont qu’une rêvasserie, une géopolitique mondiale multipolaire émerge dans le méli-mélo.

L’intégration régionale Africaine offre une marge de manœuvre élargie aux pays africains qui disposent, déjà, de la plus grande union douanière du monde : la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) ; Zone de libre échange qui a ouvert une nouvelle ère pour le commerce panafricain.

La Zlecaf est une aubaine aux pays du continent Africain d’aller encore plus loin dans l’intégration régionale Africaine. D’ailleurs, la célérité dans les avancées des négociations et des ratifications et l’accord récent sur les règles d’origine est un subterfuge des pannes de la mondialisation et permettra d’accélérer l’intégration des économies Africaines entre elles et dans les chaînes de valeur mondiales.

Dans cette atmosphère d’une globalisation à fleur de peau, les économies Africaines pourront, ainsi, saisir cette opportunité, non seulement, au regard d’une perturbation des chaines d’approvisionnement, développer les canaux de transport, mais aussi évaser l’accès aux « Information superhighway«  ou aux autoroutes de l’information pour reprendre l’expression de l’ancien , vice-président des  USA  de Bill Clinton , Al Gore (systèmes de communication numériques et le réseau de télécommunications Internet  etc.) et profiter des opportunités offertes par la révolution numérique qui se déchaîne sur l’Afrique.

Cette intégration régionale Africaine s’impose d’autant plus que la 1ère réunion ministérielle des Etats Africains Atlantiques dont les travaux s’articulent autour de trois thématiques, à savoir, «Dialogue Politique, de Sécurité et de Sûreté», «Économie Bleue et Connectivité» et «Environnement et Énergie», qui s’est tenue récemment à Rabat à l’invitation du Maroc, constitue une occurrence indéniable pour appréhender et projeter une vision Africaine commune sur cet espace éminent, de promouvoir une identité atlantique Africaine et de faire-valoir en chorale Africaine les intérêts stratégiques du Continent.

Cependant, corrélativement à cette coopération régionale intra-africaine élargie, l’interconnexion mondiale oblige une réponse internationale animée par un inconditionnel de cohésion, d’adhérence et de responsabilité partagée engageant un partenariat encore plus inclusif  et plus innovant de la part des pays développées pour surpasser les contrecoups pervers de la crise de la pandémie et relancer les secteurs économiques phares et développer des chaines de valeur.

Certes, la communauté internationale, notamment les deux institutions de Brettons Woods, Fonds monétaire international et la Banque mondiale, se sont largement mobilisés pour venir assistance et soutien aux pays affligés en cascade par la pandémie Covid-19 et la crise Russo-ukrainienne à travers des mesures et des initiatives d’allégement du poids du service de la dette, de réduction leur déficit de financement et de préservation de leurs équilibres extérieurs.

Toutefois, ces mesures, bien que méritoires, restent parcimonieuses, eu égard à l’amplitude des challenges et des carences structurelles persistantes dans les modèles de croissance économique et les réseaux de protection sociale en Afrique auxquels les pays Africains sont acculés.

De nombreuses économies Africaines sont peu diversifiées et reposent en grande partie sur l’exportation de matières premières. Outre des filières agricoles largement subordonnées aux aléas climatiques, elles pâtissent d’une faible mise en valeur du potentiel démographique considérable dont elles disposent.

Afin de corriger ces défaillances, les efforts doivent s’intensifier pour élaborer des programmes intégrés de développement, selon des objectifs clairs et des instruments de financement innovants.

Ces dispositifs devront inscrire le citoyen Africain au cœur de leurs préoccupations et s’articuler essentiellement autour d’une mise en valeur des opportunités d’intégration économique entre les pays Africains

Ceci est d’autant plus d’actualité  que le Souverain Marocain a adressé une missive aux participants à la réunion du Groupe Africain des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques centrales des États africains membres de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (Caucus africain), ouverte mardi dernier 5 juillet 2022 à Marrakech.

Dans cette épistole, Souverain Marocain a indiqué que le monde sortait à peine de l’emprise de la pandémie de Covid-19 que l’économie globale s’est trouvée prise dans une spirale de perturbations inédites des chaînes d’approvisionnement et soumise à des pressions inflationnistes croissantes et à une hausse record des cours de l’énergie, des produits alimentaires et des matières premières.

Cette crise affecte inégalement les pays Africains, ses effets variant selon les potentialités économiques et les besoins de chacun en matières premières, notamment énergétiques et alimentaires.

Le continent Africain apparaît, dans cette conjoncture difficile, comme l’une des régions les plus touchées, tant au regard des multiples périls qui menacent sa sécurité alimentaire et énergétique que de la baisse des taux de sa croissance économique.

Dans cet environnement de pénurie des financements concessionnels et de durcissement des conditions de leur attribution, l’augmentation des besoins en financement entraîne un renchérissement aigu du service de la dette qui plombe davantage la situation économique de nombreux pays Africains.

Et afin d’atténuer ces défaillances, les efforts doivent s’intensifier pour élaborer des programmes intégrés de développement, selon des objectifs clairs et des instruments de financement innovants, notant que ces dispositifs devront inscrire le citoyen Africain au cœur de leurs préoccupations et s’articuler essentiellement autour d’une mise en valeur des opportunités d’intégration économique entre les pays Africains.

Ils supposent en outre une implication active du continent dans la dynamique de transformation numérique et de transition énergétique à l’œuvre dans le monde.

La coopération commerciale et économique entre les pays Africains permettra aux États Africains de se doter des ressources suffisantes pour promouvoir la dynamique de développement durable et, in fine, assurer à leurs peuples respectifs les conditions d’une vie décente et paisible à l’instar du projet de gazoduc entre le Maroc et le Nigéria qui devrait fortement contribuer à renforcer la sécurité énergétique de bon nombre de pays Africains.

9 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Bank ALMAGHRIB entre le marteau d’une politique monétaire accommodante et le marteau de l’inflation

by Mustapha Maghriti 4 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

De charybde en scylla, après la pandémie du Covid-19 c’est l’autre pandémie de l’inflation qui vient de consumer le pouvoir d’achat des ménages et déboussolant les banques centrales abreuvés de l’évangile de Milton Friedman, le plus grand apôtre du monétarisme.

Partout dans le monde, l’étau inflationniste actuel a acculé moult banques centrales à manœuvrer de l’ajustement de leur taux directeur en évoquant le spectre d’une nouvelle crise financière similaire à celle de 2008.

A titre illustratif, en Europe comme aux États-Unis, les taux directeurs vont être relevés pour la première fois depuis dix ans. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé il y a quelques jours de relever les taux directeurs de 25 points de base (pdb) en juillet, puis en septembre, tandis que la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une troisième hausse de ces taux, se situant désormais dans une fourchette comprise entre 1,50 et 1,75%. Au Maroc, après un écartèlement entre sa mission de stabilité des prix et les objectifs de la relance économique post-Covid-19, le Boss de l’institut d’émission Abdellatif Jouahri a tranché le nœud gordien en gardant inchangé le taux directeur restant fidèle à sa politique monétaire accommodante d’obédience Keynésienne afin de continuer à soutenir l’activité économique.

Ainsi, le taux directeur est maintenu inchangé à 1,5% et ce, alors que dans les grandes économies, les Banques centrales ont adopté une autre attitude, à savoir augmenter les taux directeurs pour faire face à l’inflation. Au regard de cette commotion, Abdellatif Jouahri, patron de BAM est donc resté alcyonien et serein, argumentant ainsi ce statu quo :

– Primo, l’artisan de la politique monétaire a intégré dans ses anticipations les corollaires des décisions prises dans le cadre de l’accord social du 30 avril 2022

– Secundo, le façonnier du levier monétaire à travers ce statut quo tient compte de la nature des contraintes inflationnistes, intrinsèquement d’origine externe, et pronostique d’un retour escompté de l’inflation à des niveaux modérés en 2023.     

Sommes-nous nos choix comme disait Jean-Paul Sartre ? Cette option de politique monétaire peut-elle se justifier en affrontant une conjoncture économique internationale morose et déprimée attisée davantage par la guerre Russo-ukrainienne ?

Peut-on supputer que les taux d’inflation retrouveront des niveaux dits « canoniques » où la Banque Centrale mise sur un taux d’inflation de 4,7% en 2022, qui devait retomber à 1,9% en 2023 et  sa composante sous-jacente augmenterait de 1,7% à 4,7%, puis décélèrerait à 2,6% selon la boule de cristal de Abdellatif Jouahri .  

Depuis, les tensions sur les prix des produits alimentaires et énergétiques se sont visiblement accentuées. Dans cette aura de renchérissement des matières premières, de goulets d’étranglement au niveau des chaînes de production et d’approvisionnement, ainsi que les tensions inflationnistes sur les marchés des pays développés, la Banque centrale reste quand même très optimiste en tablant sur 2% l’année.

Il nous semble épineux de croire à un optimisme béat que l’on retombera en 2023 à un niveau d’inflation structurellement moins élevé à ce que le Maroc a connu ces 20 dernières années où l’indice des prix à la consommation a évolué en deçà de la fourchette de 2,% sauf pour les années 2002, 2006 et 2008, respectivement de 2,8%, 3,3% et 3,9%, selon le département du Haut Commissariat au Plan HCP

La décision du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) de maintenir le statu quo est de bon sens alors que la tendance mondiale est à la hausse des taux.

Bank Al-Maghrib maintient son contrefort au rebond de l’activité économique : Le milieu des affaires économique est impacté par des paramètres à la fois endogènes et exogènes, où d’une part, l’envol des prix énergétiques et alimentaires alimentée par les tumultes géopolitiques en Europe et d’autre part, la timide campagne agricole au Maroc, à la pluviométrie et à la pesanteur de l’agriculture dans le PIB Marocain.

In fine, pour abriter la stabilité macroéconomique de l’État, il faut que les politiques monétaires et budgétaires agissent en synergie.

4 juillet 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Tuer la poule aux œufs d’OR ou l’état alarmant de l’éducation en 2022 

by Mustapha Maghriti 28 juin 2022
written by Mustapha Maghriti

Nelson Mandela n’a-t-il pas dit que « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Jean-Jacques Rousseau n’a-t-il pas dit que « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l’éducation ».

Voilà que le dernier rapport fraîchement publié Jeudi dernier 23 juin 2022 par la Banque Mondiale, l’UNESCO, l’UNICEF, le bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni (FCDO), l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Fondation Bill & Melinda Gates. Un rapport accablant et sur l’état de l’éducation dans le monde où, tenez-vous bien, 70 % des enfants de 10 ans seraient incapables de comprendre un texte simple à l’écrit.

Ce taux alarmant s’élevait déjà à 57 % avant la pandémie, et celle-ci n’a fait qu’attiser la crise des apprentissages. Cette génération d’élèves risque désormais de perdre 21 000 Milliards de dollars de revenus tout au long de la vie en valeur actuelle, soit l’équivalent de 17 % du PIB mondial, contre les 17 000 Milliards de dollars de pertes estimés en 2021.

En vertu du rapport de la Banque Mondiale  » l’État de la pauvreté des apprentissages dans le monde en 2022 », sur le plan de la répartition géographique, c’est dans la région Amérique latine et Caraïbes que les apprentissages ont le plus pâti de la fermeture prolongée des écoles, de l’inefficacité des mesures prises pour y remédier et des baisses de revenus chez les ménages : 80 % des enfants en fin de cycle primaire seraient désormais incapables de lire et comprendre un texte simple, contre environ 50 % avant la pandémie. 

La deuxième plus forte augmentation concerne l’Asie du Sud, où les simulations évaluent à 78 % la proportion d’enfants qui ne possèdent pas une maîtrise minimale de la lecture, contre 60 % avant la COVID-19.

En Afrique subsaharienne, l’aggravation de la situation a été relativement moins marquée, les fermetures d’écoles n’ayant en général duré que quelques mois dans cette région, mais le taux de pauvreté des apprentissages atteint le niveau extrêmement élevé de 89 %. Dans toutes les autres régions, les simulations indiquent une hausse de la pauvreté des apprentissages.   

Le rapport montre également que, même avant la pandémie, la crise mondiale des apprentissages était plus profonde qu’on ne le pensait : Des données mises à jour et révisées révèlent en effet que la proportion mondiale moyenne d’enfants de 10 ans incapables de lire et comprendre un texte simple dans les pays à revenu faible et intermédiaire ressortait à 57 % avant la COVID, contre un taux de pauvreté des apprentissages estimé précédemment à 53 % en 2015.

Dans des régions comme l’Amérique latine-Caraïbes et l’Afrique subsaharienne, pour lesquelles, le rapport met en évidence des taux de pauvreté des apprentissages en stagnation au cours de cette période. Il ne suffira donc pas de retrouver les niveaux d’avant la COVID pour offrir des perspectives d’avenir à tous les enfants du monde : il faudra agir énergiquement pour restaurer et accélérer les apprentissages.

De charybde en scylla, la pandémie de COVID-19 est venue chambouler la vie des enfants, des élèves et des jeunes. La désorganisation des sociétés et des économies a exalté la crise mondiale des apprentissages et causé un impact sans précédent sur l’éducation.

La pandémie a causé la pire crise de l’éducation depuis un siècle. Au plus fort des mesures de fermeture des écoles, en avril 2020, 94 % des élèves dans le monde entier (soit 1,6 Milliard d’enfants) n’allaient plus en classe.

La fermeture prolongée des écoles et l’hétérogénéité des mesures prises pour y remédier ont creusé les inégalités chez les élèves où ceux issus de milieux socioéconomiques pauvres et d’autres groupes défavorisés présentent des pertes d’apprentissage plus importantes. Ce sont les enfants dont la maîtrise des compétences fondamentales en lecture était déjà la plus vunérable avant les fermetures qui risquent d’avoir subi les retards d’apprentissage les plus importants. Or, sans un socle solide d’aptitudes de base, les enfants auront du mal à acquérir les compétences techniques et plus sophistiquées nécessaires pour réussir sur des marchés du travail de plus en plus exigeants et dans des sociétés plus complexes.

Pour parvenir à restaurer et accélérer les apprentissages, le rapport met l’accent sur la nécessité d’un engagement national soutenu, depuis les plus hauts échelons politiques jusqu’à la société tout entière et de préconiser, pour enrayer la crise profonde des apprentissages, la formation de coalitions nationales qui fédèrent les familles, les éducateurs, la société civile, le monde de l’entreprise et d’autres ministères au-delà de celui de l’éducation.

Cet engagement doit se traduire davantage par des actions concrètes aux niveaux national et infranational, à savoir une meilleure évaluation des acquis et une plus grande disponibilité de données afin de combler de vastes lacunes statistiques, des objectifs de progrès clairement définis et des plans de restauration et d’accélération des apprentissages reposant sur des éléments probants. 

Pour mener à un changement large et durable, le programme devra s’accompagner d’un renforcement systémique indispensable. Cet enjeu est essentiel pour combler autant que possible les déficits d’apprentissage d’ici 2030 et faire ainsi en sorte que tous les enfants et les jeunes aient la chance de se forger l’avenir radieux qu’ils méritent.  

C’est un secret de polichinelle que l’éducation est un puissant vecteur de développement et l’un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté, d’élever les niveaux de santé, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de faire progresser la paix et la stabilité. L’éducation a des retombées positives considérables sur l’amélioration des revenus et c’est le premier facteur d’égalité des chances.

Au niveau de la société, l’éducation favorise la croissance économique à long terme, stimule l’innovation, renforce les institutions et consolide la cohésion sociale.

Il est par conséquent crucial d’investir de façon judicieuse et efficace dans l’éducation des populations afin de développer un capital humain indispensable pour mettre fin à l’extrême pauvreté. Combattre la crise de l’éducation, mettre fin à la pauvreté des apprentissages (a) et aider les jeunes à acquérir les compétences dont ils ont besoin pour réussir dans le monde d’aujourd’hui sont les trois piliers de cette stratégie.

Les pouvoirs publics doivent s’engager à continuer à soutenir le processus de rétablissement et de transformation de l’éducation afin que tous les enfants et tous les jeunes puissent retrouver un enseignement sûr et de qualité. Ils doivent continuera à s’appuyer sur ses investissements et à jouer un rôle mondial de premier plan dans les efforts visant à améliorer les apprentissages fondamentaux, renforcer la résilience des systèmes éducatifs et doter la prochaine génération des compétences nécessaires pour réussir tout au long de la vie. 

Compte tenu de l’ampleur des difficultés et de la rareté des ressources, les pays doivent concentrer leurs efforts sur les stratégies d’un meilleur coût-efficacité pour s’attaquer à la pauvreté des apprentissages. 

Les pouvoirs publics doivent ainsi veiller à ce que le système éducatif s’attache à :

  • Scolariser et maintenir chaque enfant à l’école
  • Évaluer les acquis scolaires
  • Prioriser l’enseignement des notions fondamentales
  • Accroître l’efficacité de l’enseignement, y compris par la remédiation
  • Promouvoir la santé psychosociale et le bien-être.

Ces interventions doivent être mises en œuvre dans le cadre d’un programme national de relance des apprentissages qui peut également servir de tremplin pour bâtir des systèmes éducatifs plus efficaces, équitables et résilients.

In fine,  » On ne doit pas élever les enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après un état meilleur » disait Emmanuel Kant en 1803 dans “Réflexions sur l’éducation”

28 juin 2022 0 comment
1 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Les rides la candeur

by Mustapha Maghriti 15 juin 2022
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier 12 Juin 2022, le monde célébra la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants : Plus de 2­­60 Millions d’enfants triment dans le monde, dont plus de 160 Millions dans des conditions ténébreux selon le dernier rapport 2021 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).

Faut-il rappeler que le travail des mômes fait référence à tout travail qui les spolie de leur innocence tout en portant atteinte à leur santé physique et mentale et desservant leur bon développement personnel et psychologique.

Au Maroc, le travail des gamins n’est pas un épiphénomène. C’est une réalité ensanglantée vécue au jour le jour par une grande frange sociale de la population enfantine. En effet, le nouveau rapport du Haut Commissariat au Plan (HCP) note qu’en 2021, parmi les 7.493.000 enfants de 7 à 17 ans, le Maroc compte 148.000 enfants qui exercent une activité économique, ce qui représente 2% de cette catégorie de population.

Parmi les 7.493.000 enfants de 7 à 17 ans, plus de 148.000 gosses continuent d’être concernés par ce fléau social, selon les derniers chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Ce nombre reste toutefois en deçà de la réalité ; Il avoisine les deux Millions d’enfants si l’on prend en compte les innocents qui, tout en fréquentant l’école, exercent en parallèle un travail, ceux dont le travail n’est pas déclaré, et ceux qui s’acquittent de tâches ménagères durant au moins quatre heures par jour.

Selon la même enquête sur l’emploi réalisée par le HCP, 1,5% des angéliques âgées de 7 à moins de 17 ans travaillaient, contre 9,7% en 1999. Le problème reste singulièrement pléonastique dans le milieu rural, où 3,8%, soit 119.000 naïfs travaillent, contre 0,7%, soit 29.000 en milieu urbain. Le phénomène dévore davantage les garçons (79,5%) 79,5% que les filles (39,9%) où les fillettes domestiques (petites bonnes) en majorité dans le milieu urbain sont des migrantes rurales, analphabètes ou d’un niveau scolaire faible.  Près de 6 enfants au travail sur 10 (59,4%) accomplissent des travaux dangereux  (88.000 enfants), ce qui représente 1,2% des enfants de cette tranche d’âge. Parmi les enfants exerçant des formes de travail dangereux, 73,7% sont ruraux, 88,6% de sexe masculin et 81,9% âgés de 15 à 17 ans.

Les enfants exerçant dans le secteur de l’ »industrie » restent les plus exposés aux dangers, avec une part de 90,2%. Cette proportion est de 73,3% dans le secteur des « services », 71,2% dans les BTP, et de 51,1% dans l’ »agriculture, forêt et pêche ».

Les mobiles de mise au travail de ces candides sont la pauvreté (où le salaire est empoché par les parents), la non-scolarisation, et le minuscule revenu des familles dont elles sont issues. Récemment, l’intervention des intermédiaires ou médiateurs dans l’embauche attise davantage ce fléau et exaspère encore la vulnérabilité des plus jeunes. 
La servitude à laquelle s’attelle ces mineures au quotidien n’est pas sans risque : Avec plus de 32 heures de travail par semaine en moyenne ( chiffre révélé par le HCP), la difficulté des tâches et les conditions affligeantes de travail fécondent de moult problèmes tels que le vieillissement précoce, la malnutrition, la dépression, la dépendance aux drogues,……….. Etc.

Ces crédules, issus de milieux déshérités, de groupes minoritaires, ou enlevés de leur famille, ne bénéficient d’aucune protection. Les employeurs font le nécessaire pour les rendre complètement indécelables et de pouvoir ainsi disposer d’une mainmise sur eux. Ces pigeons travaillent dans des conditions serviles et ignominieuses, tympanisant tous les principes et droits fondamentaux de la nature humaine.

Par ailleurs, en termes de projection du devenir de cet impubère, un enfant qui travaille ne pourra pas suivre une scolarité normale et sera voué à devenir un adulte analphabète n’ayant aucune possibilité d’évoluer dans sa vie professionnelle et sociale. Dans certains cas, le travail des immaculés nuit aussi à leur dignité et à leur moralité, notamment lorsqu’il s’agit d’activités à des fins obscènes. De surcroît, un enfant qui travaille sera davantage exposé à la maltraitance. Ces puretés sont très souvent victimes de violences physiques, mentales, et sexuelles.

Sur d’autres contrées, en Amérique du Nord et en Amérique Latine, les enfants sont victimes de la prostitution pour assouvir l’appétit pervers des touristes, et sont de plus en plus exploités par les trafiquants de drogue.
En Europe, des enfants sont enlevés, servant de main d’œuvre bon marché ou approvisionnant les réseaux de prostitution qui foisonnent en Europe de l’Est.

La représentante de l’UNICEF Regina De Dominicis, n’a-t-elle pas citée dans un communiqué sévère que le travail des enfants, quel que soit leur âge, les prive de leurs droits d’éducation, à la protection, à la participation, au développement et à la santé, comme il les expose à différentes formes de vulnérabilité économique et sociale et à différentes formes d’exploitation. 

En pleine discussion législative sur la question, l’UNICEF a rappelé au gouvernement et aux parlementaires marocains leurs devoirs en matière d’âge légal de travail pour les enfants, qui doit être fixé à 18 ans, une mesure qui ne fait qu’effleurer une réalité plus crue, puisque ce sont les petites mineures de 8 à 12 ans qui sont les plus demandées par les employeurs au Maroc. 
Elles se réveillent à l’aube et ne se couchent que très tard le soir. Elles ne dorment toujours que d’une oreille, prêtes à anticiper les besoins des membres de la famille dont elles ne font pas partie. On les reconnaît à leurs mains de petites vieilles. Des paumes ridées, usées, élimées, meurtries, à force de nettoyer, astiquer, éplucher, porter.

Les visages semblent plus âgés, empreints d’une immense lassitude. Les regards plus durs. Mais ces bras-là, ces visages, sont bien ceux de fillettes de sept ans.

Epineux d’imaginer la souffrance et le martyre derrière ces yeux baissés et ces épaules voûtées.
Seule une paupérisation extrême doublée d’une grande ignorance peuvent pousser des parents à se séparer de leur enfant, le livrant aux mains d’inconnus.

Certes, l’école joue un grand rôle dans la réduction du nombre des enfants qui travaillent, mais tant que l’on n’a pas résolu le problème à la source de la pauvreté et des revenus des ménages, tout l’effort ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. In fine, l’Etat Marocain, même en ratifiant la convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui interdit le travail des enfants de moins de 15 ans, ne peut jamais appliquer à la lettre, ni lutter contre toutes les formes d’emploi des mineurs et ils restent en guise épilogue trop jeune pour mûrir et trop jeune pour mourir.

15 juin 2022 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications