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Mustapha Maghriti
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Caucus Africain ou l’impérieuse nécessité d’une intégration régionale Africaine au regard d’une mondialisation à fleur de peau

by Mustapha Maghriti 9 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

À l’heure où les chaînes de valeur mondiale, les réseaux de la logistique, de transports sont parasités et mouvementés à travers la planète et ébranlés par la guerre en Ukraine et où l’épée de Damoclès d’une ample famine alimentaire mondiale attise l’affolement et l’égarement de nombreux pays, le continent Africain ne peut plus compter sur le reste du monde ; il ne peut compter que sur lui même. A cet égard, la coopération et l’intégration régionale intra-africaine s’impose plus que jamais.

Actuellement, et avec le recul plusieurs décennies, les expériences historiques du commerce mondial montrent que la formation de blocs régionaux obéit à une logique géopolitique plutôt qu’un dessein de s’exclure du jeu de la mondialisation.

Aussi, le régionalisme de ces deux dernières décennies est plutôt un régionalisme avec des blocs régionaux centrés chacun sur un pays leader pour tirer profit des externalités positives et des possibilités de rattrapage où, il est possible de s’intégrer en profondeur, d’harmoniser les politiques commerciales et d’établir des standards communs.

Dans ce contexte, l’intégration régionale Africaine permettra de réduire la dépendance vis-à-vis des Etats omniprésents et hégémoniques qui décrètent leurs lois et régentent le jeu de la mondialisation.

En sus, l’intégration régionale Africaine constitue une réplique aux défaillances du multilatéralisme et à l’impasse du cycle de Doha de 2001, cycle dont l’une des ambitions est d’améliorer l’accès des pays en développement aux marchés des pays riches, notamment en ce qui concerne les produits agricoles.

Ainsi l’ambition de l’intégration régionale est d’aller plus loin sur les dossiers qui sont au point mort pour paraphraser le prix Nobel Lawrence Robert Klein.

Pour le continent noir, la suppression des obstacles au commerce transfrontalier et la création de sites de production régionaux capables de produire des biens essentiels relève d’une urgence prioritaire pour l’Afrique.

Alors que le libre jeu des échanges de la métaphore de la main invisible d’Adam Smith n’est qu’une phraséologie, alors que s’estompent les alignements de partage égalitariste de l’idéologie d’antan n’est qu’une chimère, que les promesses d’un nouvel ordre international faites par Washington au lendemain de la première guerre du Golfe ne sont qu’une rêvasserie, une géopolitique mondiale multipolaire émerge dans le méli-mélo.

L’intégration régionale Africaine offre une marge de manœuvre élargie aux pays africains qui disposent, déjà, de la plus grande union douanière du monde : la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) ; Zone de libre échange qui a ouvert une nouvelle ère pour le commerce panafricain.

La Zlecaf est une aubaine aux pays du continent Africain d’aller encore plus loin dans l’intégration régionale Africaine. D’ailleurs, la célérité dans les avancées des négociations et des ratifications et l’accord récent sur les règles d’origine est un subterfuge des pannes de la mondialisation et permettra d’accélérer l’intégration des économies Africaines entre elles et dans les chaînes de valeur mondiales.

Dans cette atmosphère d’une globalisation à fleur de peau, les économies Africaines pourront, ainsi, saisir cette opportunité, non seulement, au regard d’une perturbation des chaines d’approvisionnement, développer les canaux de transport, mais aussi évaser l’accès aux « Information superhighway«  ou aux autoroutes de l’information pour reprendre l’expression de l’ancien , vice-président des  USA  de Bill Clinton , Al Gore (systèmes de communication numériques et le réseau de télécommunications Internet  etc.) et profiter des opportunités offertes par la révolution numérique qui se déchaîne sur l’Afrique.

Cette intégration régionale Africaine s’impose d’autant plus que la 1ère réunion ministérielle des Etats Africains Atlantiques dont les travaux s’articulent autour de trois thématiques, à savoir, «Dialogue Politique, de Sécurité et de Sûreté», «Économie Bleue et Connectivité» et «Environnement et Énergie», qui s’est tenue récemment à Rabat à l’invitation du Maroc, constitue une occurrence indéniable pour appréhender et projeter une vision Africaine commune sur cet espace éminent, de promouvoir une identité atlantique Africaine et de faire-valoir en chorale Africaine les intérêts stratégiques du Continent.

Cependant, corrélativement à cette coopération régionale intra-africaine élargie, l’interconnexion mondiale oblige une réponse internationale animée par un inconditionnel de cohésion, d’adhérence et de responsabilité partagée engageant un partenariat encore plus inclusif  et plus innovant de la part des pays développées pour surpasser les contrecoups pervers de la crise de la pandémie et relancer les secteurs économiques phares et développer des chaines de valeur.

Certes, la communauté internationale, notamment les deux institutions de Brettons Woods, Fonds monétaire international et la Banque mondiale, se sont largement mobilisés pour venir assistance et soutien aux pays affligés en cascade par la pandémie Covid-19 et la crise Russo-ukrainienne à travers des mesures et des initiatives d’allégement du poids du service de la dette, de réduction leur déficit de financement et de préservation de leurs équilibres extérieurs.

Toutefois, ces mesures, bien que méritoires, restent parcimonieuses, eu égard à l’amplitude des challenges et des carences structurelles persistantes dans les modèles de croissance économique et les réseaux de protection sociale en Afrique auxquels les pays Africains sont acculés.

De nombreuses économies Africaines sont peu diversifiées et reposent en grande partie sur l’exportation de matières premières. Outre des filières agricoles largement subordonnées aux aléas climatiques, elles pâtissent d’une faible mise en valeur du potentiel démographique considérable dont elles disposent.

Afin de corriger ces défaillances, les efforts doivent s’intensifier pour élaborer des programmes intégrés de développement, selon des objectifs clairs et des instruments de financement innovants.

Ces dispositifs devront inscrire le citoyen Africain au cœur de leurs préoccupations et s’articuler essentiellement autour d’une mise en valeur des opportunités d’intégration économique entre les pays Africains

Ceci est d’autant plus d’actualité  que le Souverain Marocain a adressé une missive aux participants à la réunion du Groupe Africain des ministres des Finances et des gouverneurs des Banques centrales des États africains membres de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (Caucus africain), ouverte mardi dernier 5 juillet 2022 à Marrakech.

Dans cette épistole, Souverain Marocain a indiqué que le monde sortait à peine de l’emprise de la pandémie de Covid-19 que l’économie globale s’est trouvée prise dans une spirale de perturbations inédites des chaînes d’approvisionnement et soumise à des pressions inflationnistes croissantes et à une hausse record des cours de l’énergie, des produits alimentaires et des matières premières.

Cette crise affecte inégalement les pays Africains, ses effets variant selon les potentialités économiques et les besoins de chacun en matières premières, notamment énergétiques et alimentaires.

Le continent Africain apparaît, dans cette conjoncture difficile, comme l’une des régions les plus touchées, tant au regard des multiples périls qui menacent sa sécurité alimentaire et énergétique que de la baisse des taux de sa croissance économique.

Dans cet environnement de pénurie des financements concessionnels et de durcissement des conditions de leur attribution, l’augmentation des besoins en financement entraîne un renchérissement aigu du service de la dette qui plombe davantage la situation économique de nombreux pays Africains.

Et afin d’atténuer ces défaillances, les efforts doivent s’intensifier pour élaborer des programmes intégrés de développement, selon des objectifs clairs et des instruments de financement innovants, notant que ces dispositifs devront inscrire le citoyen Africain au cœur de leurs préoccupations et s’articuler essentiellement autour d’une mise en valeur des opportunités d’intégration économique entre les pays Africains.

Ils supposent en outre une implication active du continent dans la dynamique de transformation numérique et de transition énergétique à l’œuvre dans le monde.

La coopération commerciale et économique entre les pays Africains permettra aux États Africains de se doter des ressources suffisantes pour promouvoir la dynamique de développement durable et, in fine, assurer à leurs peuples respectifs les conditions d’une vie décente et paisible à l’instar du projet de gazoduc entre le Maroc et le Nigéria qui devrait fortement contribuer à renforcer la sécurité énergétique de bon nombre de pays Africains.

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Bank ALMAGHRIB entre le marteau d’une politique monétaire accommodante et le marteau de l’inflation

by Mustapha Maghriti 4 juillet 2022
written by Mustapha Maghriti

De charybde en scylla, après la pandémie du Covid-19 c’est l’autre pandémie de l’inflation qui vient de consumer le pouvoir d’achat des ménages et déboussolant les banques centrales abreuvés de l’évangile de Milton Friedman, le plus grand apôtre du monétarisme.

Partout dans le monde, l’étau inflationniste actuel a acculé moult banques centrales à manœuvrer de l’ajustement de leur taux directeur en évoquant le spectre d’une nouvelle crise financière similaire à celle de 2008.

A titre illustratif, en Europe comme aux États-Unis, les taux directeurs vont être relevés pour la première fois depuis dix ans. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé il y a quelques jours de relever les taux directeurs de 25 points de base (pdb) en juillet, puis en septembre, tandis que la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une troisième hausse de ces taux, se situant désormais dans une fourchette comprise entre 1,50 et 1,75%. Au Maroc, après un écartèlement entre sa mission de stabilité des prix et les objectifs de la relance économique post-Covid-19, le Boss de l’institut d’émission Abdellatif Jouahri a tranché le nœud gordien en gardant inchangé le taux directeur restant fidèle à sa politique monétaire accommodante d’obédience Keynésienne afin de continuer à soutenir l’activité économique.

Ainsi, le taux directeur est maintenu inchangé à 1,5% et ce, alors que dans les grandes économies, les Banques centrales ont adopté une autre attitude, à savoir augmenter les taux directeurs pour faire face à l’inflation. Au regard de cette commotion, Abdellatif Jouahri, patron de BAM est donc resté alcyonien et serein, argumentant ainsi ce statu quo :

– Primo, l’artisan de la politique monétaire a intégré dans ses anticipations les corollaires des décisions prises dans le cadre de l’accord social du 30 avril 2022

– Secundo, le façonnier du levier monétaire à travers ce statut quo tient compte de la nature des contraintes inflationnistes, intrinsèquement d’origine externe, et pronostique d’un retour escompté de l’inflation à des niveaux modérés en 2023.     

Sommes-nous nos choix comme disait Jean-Paul Sartre ? Cette option de politique monétaire peut-elle se justifier en affrontant une conjoncture économique internationale morose et déprimée attisée davantage par la guerre Russo-ukrainienne ?

Peut-on supputer que les taux d’inflation retrouveront des niveaux dits « canoniques » où la Banque Centrale mise sur un taux d’inflation de 4,7% en 2022, qui devait retomber à 1,9% en 2023 et  sa composante sous-jacente augmenterait de 1,7% à 4,7%, puis décélèrerait à 2,6% selon la boule de cristal de Abdellatif Jouahri .  

Depuis, les tensions sur les prix des produits alimentaires et énergétiques se sont visiblement accentuées. Dans cette aura de renchérissement des matières premières, de goulets d’étranglement au niveau des chaînes de production et d’approvisionnement, ainsi que les tensions inflationnistes sur les marchés des pays développés, la Banque centrale reste quand même très optimiste en tablant sur 2% l’année.

Il nous semble épineux de croire à un optimisme béat que l’on retombera en 2023 à un niveau d’inflation structurellement moins élevé à ce que le Maroc a connu ces 20 dernières années où l’indice des prix à la consommation a évolué en deçà de la fourchette de 2,% sauf pour les années 2002, 2006 et 2008, respectivement de 2,8%, 3,3% et 3,9%, selon le département du Haut Commissariat au Plan HCP

La décision du Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) de maintenir le statu quo est de bon sens alors que la tendance mondiale est à la hausse des taux.

Bank Al-Maghrib maintient son contrefort au rebond de l’activité économique : Le milieu des affaires économique est impacté par des paramètres à la fois endogènes et exogènes, où d’une part, l’envol des prix énergétiques et alimentaires alimentée par les tumultes géopolitiques en Europe et d’autre part, la timide campagne agricole au Maroc, à la pluviométrie et à la pesanteur de l’agriculture dans le PIB Marocain.

In fine, pour abriter la stabilité macroéconomique de l’État, il faut que les politiques monétaires et budgétaires agissent en synergie.

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Tuer la poule aux œufs d’OR ou l’état alarmant de l’éducation en 2022 

by Mustapha Maghriti 28 juin 2022
written by Mustapha Maghriti

Nelson Mandela n’a-t-il pas dit que « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Jean-Jacques Rousseau n’a-t-il pas dit que « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l’éducation ».

Voilà que le dernier rapport fraîchement publié Jeudi dernier 23 juin 2022 par la Banque Mondiale, l’UNESCO, l’UNICEF, le bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni (FCDO), l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Fondation Bill & Melinda Gates. Un rapport accablant et sur l’état de l’éducation dans le monde où, tenez-vous bien, 70 % des enfants de 10 ans seraient incapables de comprendre un texte simple à l’écrit.

Ce taux alarmant s’élevait déjà à 57 % avant la pandémie, et celle-ci n’a fait qu’attiser la crise des apprentissages. Cette génération d’élèves risque désormais de perdre 21 000 Milliards de dollars de revenus tout au long de la vie en valeur actuelle, soit l’équivalent de 17 % du PIB mondial, contre les 17 000 Milliards de dollars de pertes estimés en 2021.

En vertu du rapport de la Banque Mondiale  » l’État de la pauvreté des apprentissages dans le monde en 2022 », sur le plan de la répartition géographique, c’est dans la région Amérique latine et Caraïbes que les apprentissages ont le plus pâti de la fermeture prolongée des écoles, de l’inefficacité des mesures prises pour y remédier et des baisses de revenus chez les ménages : 80 % des enfants en fin de cycle primaire seraient désormais incapables de lire et comprendre un texte simple, contre environ 50 % avant la pandémie. 

La deuxième plus forte augmentation concerne l’Asie du Sud, où les simulations évaluent à 78 % la proportion d’enfants qui ne possèdent pas une maîtrise minimale de la lecture, contre 60 % avant la COVID-19.

En Afrique subsaharienne, l’aggravation de la situation a été relativement moins marquée, les fermetures d’écoles n’ayant en général duré que quelques mois dans cette région, mais le taux de pauvreté des apprentissages atteint le niveau extrêmement élevé de 89 %. Dans toutes les autres régions, les simulations indiquent une hausse de la pauvreté des apprentissages.   

Le rapport montre également que, même avant la pandémie, la crise mondiale des apprentissages était plus profonde qu’on ne le pensait : Des données mises à jour et révisées révèlent en effet que la proportion mondiale moyenne d’enfants de 10 ans incapables de lire et comprendre un texte simple dans les pays à revenu faible et intermédiaire ressortait à 57 % avant la COVID, contre un taux de pauvreté des apprentissages estimé précédemment à 53 % en 2015.

Dans des régions comme l’Amérique latine-Caraïbes et l’Afrique subsaharienne, pour lesquelles, le rapport met en évidence des taux de pauvreté des apprentissages en stagnation au cours de cette période. Il ne suffira donc pas de retrouver les niveaux d’avant la COVID pour offrir des perspectives d’avenir à tous les enfants du monde : il faudra agir énergiquement pour restaurer et accélérer les apprentissages.

De charybde en scylla, la pandémie de COVID-19 est venue chambouler la vie des enfants, des élèves et des jeunes. La désorganisation des sociétés et des économies a exalté la crise mondiale des apprentissages et causé un impact sans précédent sur l’éducation.

La pandémie a causé la pire crise de l’éducation depuis un siècle. Au plus fort des mesures de fermeture des écoles, en avril 2020, 94 % des élèves dans le monde entier (soit 1,6 Milliard d’enfants) n’allaient plus en classe.

La fermeture prolongée des écoles et l’hétérogénéité des mesures prises pour y remédier ont creusé les inégalités chez les élèves où ceux issus de milieux socioéconomiques pauvres et d’autres groupes défavorisés présentent des pertes d’apprentissage plus importantes. Ce sont les enfants dont la maîtrise des compétences fondamentales en lecture était déjà la plus vunérable avant les fermetures qui risquent d’avoir subi les retards d’apprentissage les plus importants. Or, sans un socle solide d’aptitudes de base, les enfants auront du mal à acquérir les compétences techniques et plus sophistiquées nécessaires pour réussir sur des marchés du travail de plus en plus exigeants et dans des sociétés plus complexes.

Pour parvenir à restaurer et accélérer les apprentissages, le rapport met l’accent sur la nécessité d’un engagement national soutenu, depuis les plus hauts échelons politiques jusqu’à la société tout entière et de préconiser, pour enrayer la crise profonde des apprentissages, la formation de coalitions nationales qui fédèrent les familles, les éducateurs, la société civile, le monde de l’entreprise et d’autres ministères au-delà de celui de l’éducation.

Cet engagement doit se traduire davantage par des actions concrètes aux niveaux national et infranational, à savoir une meilleure évaluation des acquis et une plus grande disponibilité de données afin de combler de vastes lacunes statistiques, des objectifs de progrès clairement définis et des plans de restauration et d’accélération des apprentissages reposant sur des éléments probants. 

Pour mener à un changement large et durable, le programme devra s’accompagner d’un renforcement systémique indispensable. Cet enjeu est essentiel pour combler autant que possible les déficits d’apprentissage d’ici 2030 et faire ainsi en sorte que tous les enfants et les jeunes aient la chance de se forger l’avenir radieux qu’ils méritent.  

C’est un secret de polichinelle que l’éducation est un puissant vecteur de développement et l’un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté, d’élever les niveaux de santé, de promouvoir l’égalité entre les sexes et de faire progresser la paix et la stabilité. L’éducation a des retombées positives considérables sur l’amélioration des revenus et c’est le premier facteur d’égalité des chances.

Au niveau de la société, l’éducation favorise la croissance économique à long terme, stimule l’innovation, renforce les institutions et consolide la cohésion sociale.

Il est par conséquent crucial d’investir de façon judicieuse et efficace dans l’éducation des populations afin de développer un capital humain indispensable pour mettre fin à l’extrême pauvreté. Combattre la crise de l’éducation, mettre fin à la pauvreté des apprentissages (a) et aider les jeunes à acquérir les compétences dont ils ont besoin pour réussir dans le monde d’aujourd’hui sont les trois piliers de cette stratégie.

Les pouvoirs publics doivent s’engager à continuer à soutenir le processus de rétablissement et de transformation de l’éducation afin que tous les enfants et tous les jeunes puissent retrouver un enseignement sûr et de qualité. Ils doivent continuera à s’appuyer sur ses investissements et à jouer un rôle mondial de premier plan dans les efforts visant à améliorer les apprentissages fondamentaux, renforcer la résilience des systèmes éducatifs et doter la prochaine génération des compétences nécessaires pour réussir tout au long de la vie. 

Compte tenu de l’ampleur des difficultés et de la rareté des ressources, les pays doivent concentrer leurs efforts sur les stratégies d’un meilleur coût-efficacité pour s’attaquer à la pauvreté des apprentissages. 

Les pouvoirs publics doivent ainsi veiller à ce que le système éducatif s’attache à :

  • Scolariser et maintenir chaque enfant à l’école
  • Évaluer les acquis scolaires
  • Prioriser l’enseignement des notions fondamentales
  • Accroître l’efficacité de l’enseignement, y compris par la remédiation
  • Promouvoir la santé psychosociale et le bien-être.

Ces interventions doivent être mises en œuvre dans le cadre d’un programme national de relance des apprentissages qui peut également servir de tremplin pour bâtir des systèmes éducatifs plus efficaces, équitables et résilients.

In fine,  » On ne doit pas élever les enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après un état meilleur » disait Emmanuel Kant en 1803 dans “Réflexions sur l’éducation”

28 juin 2022 0 comment
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Les rides la candeur

by Mustapha Maghriti 15 juin 2022
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier 12 Juin 2022, le monde célébra la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants : Plus de 2­­60 Millions d’enfants triment dans le monde, dont plus de 160 Millions dans des conditions ténébreux selon le dernier rapport 2021 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF).

Faut-il rappeler que le travail des mômes fait référence à tout travail qui les spolie de leur innocence tout en portant atteinte à leur santé physique et mentale et desservant leur bon développement personnel et psychologique.

Au Maroc, le travail des gamins n’est pas un épiphénomène. C’est une réalité ensanglantée vécue au jour le jour par une grande frange sociale de la population enfantine. En effet, le nouveau rapport du Haut Commissariat au Plan (HCP) note qu’en 2021, parmi les 7.493.000 enfants de 7 à 17 ans, le Maroc compte 148.000 enfants qui exercent une activité économique, ce qui représente 2% de cette catégorie de population.

Parmi les 7.493.000 enfants de 7 à 17 ans, plus de 148.000 gosses continuent d’être concernés par ce fléau social, selon les derniers chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP). Ce nombre reste toutefois en deçà de la réalité ; Il avoisine les deux Millions d’enfants si l’on prend en compte les innocents qui, tout en fréquentant l’école, exercent en parallèle un travail, ceux dont le travail n’est pas déclaré, et ceux qui s’acquittent de tâches ménagères durant au moins quatre heures par jour.

Selon la même enquête sur l’emploi réalisée par le HCP, 1,5% des angéliques âgées de 7 à moins de 17 ans travaillaient, contre 9,7% en 1999. Le problème reste singulièrement pléonastique dans le milieu rural, où 3,8%, soit 119.000 naïfs travaillent, contre 0,7%, soit 29.000 en milieu urbain. Le phénomène dévore davantage les garçons (79,5%) 79,5% que les filles (39,9%) où les fillettes domestiques (petites bonnes) en majorité dans le milieu urbain sont des migrantes rurales, analphabètes ou d’un niveau scolaire faible.  Près de 6 enfants au travail sur 10 (59,4%) accomplissent des travaux dangereux  (88.000 enfants), ce qui représente 1,2% des enfants de cette tranche d’âge. Parmi les enfants exerçant des formes de travail dangereux, 73,7% sont ruraux, 88,6% de sexe masculin et 81,9% âgés de 15 à 17 ans.

Les enfants exerçant dans le secteur de l’ »industrie » restent les plus exposés aux dangers, avec une part de 90,2%. Cette proportion est de 73,3% dans le secteur des « services », 71,2% dans les BTP, et de 51,1% dans l’ »agriculture, forêt et pêche ».

Les mobiles de mise au travail de ces candides sont la pauvreté (où le salaire est empoché par les parents), la non-scolarisation, et le minuscule revenu des familles dont elles sont issues. Récemment, l’intervention des intermédiaires ou médiateurs dans l’embauche attise davantage ce fléau et exaspère encore la vulnérabilité des plus jeunes. 
La servitude à laquelle s’attelle ces mineures au quotidien n’est pas sans risque : Avec plus de 32 heures de travail par semaine en moyenne ( chiffre révélé par le HCP), la difficulté des tâches et les conditions affligeantes de travail fécondent de moult problèmes tels que le vieillissement précoce, la malnutrition, la dépression, la dépendance aux drogues,……….. Etc.

Ces crédules, issus de milieux déshérités, de groupes minoritaires, ou enlevés de leur famille, ne bénéficient d’aucune protection. Les employeurs font le nécessaire pour les rendre complètement indécelables et de pouvoir ainsi disposer d’une mainmise sur eux. Ces pigeons travaillent dans des conditions serviles et ignominieuses, tympanisant tous les principes et droits fondamentaux de la nature humaine.

Par ailleurs, en termes de projection du devenir de cet impubère, un enfant qui travaille ne pourra pas suivre une scolarité normale et sera voué à devenir un adulte analphabète n’ayant aucune possibilité d’évoluer dans sa vie professionnelle et sociale. Dans certains cas, le travail des immaculés nuit aussi à leur dignité et à leur moralité, notamment lorsqu’il s’agit d’activités à des fins obscènes. De surcroît, un enfant qui travaille sera davantage exposé à la maltraitance. Ces puretés sont très souvent victimes de violences physiques, mentales, et sexuelles.

Sur d’autres contrées, en Amérique du Nord et en Amérique Latine, les enfants sont victimes de la prostitution pour assouvir l’appétit pervers des touristes, et sont de plus en plus exploités par les trafiquants de drogue.
En Europe, des enfants sont enlevés, servant de main d’œuvre bon marché ou approvisionnant les réseaux de prostitution qui foisonnent en Europe de l’Est.

La représentante de l’UNICEF Regina De Dominicis, n’a-t-elle pas citée dans un communiqué sévère que le travail des enfants, quel que soit leur âge, les prive de leurs droits d’éducation, à la protection, à la participation, au développement et à la santé, comme il les expose à différentes formes de vulnérabilité économique et sociale et à différentes formes d’exploitation. 

En pleine discussion législative sur la question, l’UNICEF a rappelé au gouvernement et aux parlementaires marocains leurs devoirs en matière d’âge légal de travail pour les enfants, qui doit être fixé à 18 ans, une mesure qui ne fait qu’effleurer une réalité plus crue, puisque ce sont les petites mineures de 8 à 12 ans qui sont les plus demandées par les employeurs au Maroc. 
Elles se réveillent à l’aube et ne se couchent que très tard le soir. Elles ne dorment toujours que d’une oreille, prêtes à anticiper les besoins des membres de la famille dont elles ne font pas partie. On les reconnaît à leurs mains de petites vieilles. Des paumes ridées, usées, élimées, meurtries, à force de nettoyer, astiquer, éplucher, porter.

Les visages semblent plus âgés, empreints d’une immense lassitude. Les regards plus durs. Mais ces bras-là, ces visages, sont bien ceux de fillettes de sept ans.

Epineux d’imaginer la souffrance et le martyre derrière ces yeux baissés et ces épaules voûtées.
Seule une paupérisation extrême doublée d’une grande ignorance peuvent pousser des parents à se séparer de leur enfant, le livrant aux mains d’inconnus.

Certes, l’école joue un grand rôle dans la réduction du nombre des enfants qui travaillent, mais tant que l’on n’a pas résolu le problème à la source de la pauvreté et des revenus des ménages, tout l’effort ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. In fine, l’Etat Marocain, même en ratifiant la convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui interdit le travail des enfants de moins de 15 ans, ne peut jamais appliquer à la lettre, ni lutter contre toutes les formes d’emploi des mineurs et ils restent en guise épilogue trop jeune pour mûrir et trop jeune pour mourir.

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Les nouvelles fractures de l’économie mondiale

by Mustapha Maghriti 12 juin 2022
written by Mustapha Maghriti

Les premiers auspices de rémission des économies de la planète, y compris l’économie Marocaine, sont impétueusement remis en cause par le cataclysme Ukraino-Russe qui, à des degrés divers, chavire toute l’économie mondiale.  En 50 ans d’histoire, la 51éme réunion annuelle du Forum Economique Mondial (WEF) Davos n’a jamais été confronté à des enjeux et des défis aussi inédits qu’en 2022 où le monde se remet d’une pandémie globale, en s’efforçant de contenir les contrecoups ravageurs de l’anathème climatique et surfe dans un typhon géopolitique suite à la razzia de l’Ukraine par la Russie.

La crise climatique demeure l’un des principaux sujets de discussion au Forum Economique Davos où rien qu’au cours de l’année écoulée, le monde a franchi plusieurs paliers en matière de climat : les 7 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec des vagues de chaleur extrêmes observées en Méditerranée, en Amérique occidentale et l’Europe occidentale qui a connu les pires inondations de son histoire.

En sus, la guerre Russe à l’Ukraine, qui entame son 110éme jours n’a pas cessé d’attiser l’embrasement flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, sur fond de craintes pour les approvisionnements et de baisse des flux d’import-export.

Cette guerre n’a-t-elle pas mis fin aux espoirs naissants, du rétablissement de l’économie mondiale, pianissimo entretenus par l’allègement de l’impact pernicieux de la pandémie du Covid-19.

Cette invasion n’a pas manqué pas de préoccuper, non seulement le milieu des affaires et les organisations syndicales, mais aussi les différents responsables nationaux et internationaux, réunis au Forum Economique Mondial de Davos, et à leur tête les institutions de Brettons Woods, le Fonds Monétaire international (FMI) en l’occurrence, institution financière internationale dont la Patronne, Kristina Georgieva, et son adjointe, Gita Gopinath, n’ont pas manqué, de s’interpeller, sur la manière de réprimer ce qu’on appelle la fragmentation géoéconomique.

En effet, la pandémie du Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine engageraient l’économie mondiale vers une plus grande désagrégation des systèmes productif et financier, rendant les chaînes d’approvisionnement de plus en plus ébranlables comme en atteste les auteurs de l’Organisation Mondiale du Commerce OMC pour qui, la pandémie du Covid19, a violemment exposé les fragilités de moult de chaînes de production.

La Chine et son hallucinante politique “zéro Covid” : Alors que la plupart des autres pays sont plus ou moins revenus à une situation normale, des dizaines de millions de Chinois vivent encore les affres d’un confinement extrêmement dur sans compter que le pays est en train de propager ses difficultés d’approvisionnement au reste du monde et aggrave une situation déjà compliquée. N’est ce pas, lorsque les usines sont fermées et les ports bloqués à l’autre bout du monde, même si la situation s’améliore dans son pays, n’est-il pas difficile de s’approvisionner ?

Et dans son exercice de prévision publié fin avril, les auteurs du FMI, soulignent, en sus, que la rupture des chaînes d’approvisionnement a d’importants effets réels sur les stocks, la production et les ventes des entreprises, de tels effets sont toujours pléonastiques début 2022.

De surcroît, loin de la mondialisation heureuse si chère à Alain Minc, ces connexions commerciales internationales n’apparaissent-elles pas désormais aux yeux des Etats et des firmes comme des sources potentielles de vulnérabilité ?

Deux rapports accablants publiés Mardi 11 Janvier 2022, l’un de la Banque mondiale, l’autre par le Forum de Davos, dressèrent un constat pessimiste des inégalités croissantes. Tous deux alertèrent sur un ralentissement de la reprise et les risques climatiques, dont les pays pauvres feront les frais.

Ce sont deux avertissements pour l’économie en rémission pandémique : La Banque Mondiale et le Forum Economique Mondial de Davos mettent en garde contre l’accroissement des inégalités en publiant chacun un rapport “sur la stagnation de l’économie mondiale et des perspectives pessimistes pour 2022.

L’impact combiné d’une inflation galopante, de niveaux élevés de dette publique et de l’inégalité croissante des revenus menacent la reprise dans les économies émergentes et en développement”,  

La boule de cristal de l’institution financière la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance économique dans le monde, de 5,5 % en 2021 à 4,1 % en 2022, des prévisions plus “pessimistes qu’en juin”, quand l’institution internationale tablait sur 4,3 %.

Le milieu des affaires ne cesse pas de répéter à l’unisson qu’il s’agit de la période la plus difficile qu’ils aient jamais connue. Tout le monde sait que l’ordre géopolitique mondial est irrémédiablement bouleversé.

L’économie mondiale ne peut se dérober de l’inconstance d’une libéralisation économique et financière à fleur de peau, remettant en cause les premiers présages de rémission de l’économie internationale, d’autant plus qu’outre le resserrement de l’étau des finances publiques et le regain des pressions inflationnistes, suite, notamment, aux augmentations des prix des carburants et d’autres produits d’importation essentiels comme les produits alimentaires.

Dani Rodrik avait raison de critiquer véhément de la mondialisation économique portée à l’excès, dépasse la réaction violente du populisme et propose une explication plus réfléchie des raisons pour lesquelles l’obsession hyper-mondialiste des élites et des technocrates a entravé les nations dans la réalisation d’objectifs économiques et sociaux légitimes à l’intérieur de leurs frontières : prospérité économique, stabilité financière et équité.

Rodrik prend à partie les grands prêtres de la mondialisation, non pour avoir privilégié la science économique au détriment d’autres valeurs, mais pour s’être livrés à de la mauvaise science économique et avoir ignoré les nuances propres à la discipline qui auraient dû inspirer la prudence. Il plaide pour une économie mondiale pluraliste où les États-nations conservent suffisamment d’autonomie pour élaborer leur propre contrat social et développer des stratégies économiques à la mesure de leurs besoins. Au lieu de réclamer des frontières fermées et de défendre le protectionnisme, il montre comment nous pouvons restaurer un équilibre raisonnable entre gouvernance nationale et gouvernance mondiale et trace une voie d’avenir en proposant des moyens novateurs pour réconcilier les actuelles tendances inégalitaires de l’économie et des technologies avec la démocratie et l’inclusion sociale.

12 juin 2022 0 comment
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Khalid Jamaï un journaliste d’exception, une plume sans détour

by Mustapha Maghriti 7 juin 2022
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Une plume d’exception vient de nous quitter comme la semaine dernière du 1er Juin 2021 en l’occurrence Khalid Jamaï à l’âge de 77 bougies. En sus noir sur blanc de ces proses franches, il était doté d’une grande carrure : Une plume sans détour, une langue qui ne mâche jamais ses mots lorsqu’il s’agit de dire les 4 vérités.

Je n’ai malheureusement jamais rencontré Khalid Jamaï, cependant je l’ai côtoyé à travers ses chroniques sur les pages de l’Opinion dont il fut belle lurette le Rédacteur en chef.

Figure emblématique d’un 4éme pouvoir de force d’âme audace, de bravoure et de fermeté : Pour pièce à conviction, le lectorat Marocain se souviendra de Khalid Jamaï comme le journaliste  qui osa crâner et braver le tout grand puissant vizir Driss Basri qui avait la mainmise sur les medias, les services de police, de sécurité et de renseignement, alors qu’il était à l’apogée de sa prépotence et  son magnat, avec sa missive culte formulée  à travers une chronique acrimonieuse redevenue fétiche et réintitulée par l’épigraphe populaire Marocaine « Chkoun Nta ? ».

  

La presse écrite et audiovisuelle ici au Maroc et ailleurs se remémore d’un Journaliste qui avait le cœur sur la main, altruiste qui a transmis les dédales d’une plume qu’il savait manier avec habileté et maestria à toute une progéniture de journalistes et de chercheurs.

Khalid Jamaï était une hybridation de philanthropie, de rigueur professionnelle, d’activisme, de pragmatisme et militantisme  limpide, cristallin.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des journalistes disparus. Certes, il nous a quittés, mais ses écrits  resteront immortels.

7 juin 2022 0 comment
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Quelle Classe Moyenne dans le nouveau Contrat Social au Maroc ?

by Mustapha Maghriti 2 juin 2022
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Après deux années de Covid19 et dans un contexte économique morose (inflation mondiale induite de la crise en Ukraine qui a eu des répercussions au Maroc, entraînant le renchérissement de plusieurs produits de base malgré les efforts compensatoires de l’Etat, sécheresse) pesant d’un poids lourd sur le quotidien des Marocains via leur pouvoir d’achat, l’étau social se serre et constitue le plus grand challenge à relever pour le Gouvernement de AZIZ AKHANNOUCH dans leur premier mandat.

Le 1er Mai, fête historique des travailleurs à travers le monde, pesa cette année de tout son poids sur l’actualité aussi bien internationale que nationale.

Certes, c’est un acquis et succès politique qu’a remporté le chef de l’exécutif AZIZ AKHANNOUCH scellant un pacte social d’ampleur inédite à travers l’institutionnalisation du dialogue social, les avancées dans la législation du travail et les multiples mesures concrètes en faveur des employés d’autant plus que la sceau de l’accord est intervenue dans une conjoncture nationale et internationale épineuse où le Maroc sort d’une pandémie qui a mis à rude épreuve son économie, ses finances publiques et le Mood des citoyens.

A l’occasion de la reprise du dialogue social, plusieurs mesures phares négociées ont été paraphées entre le chef du Gouvernement et les instances syndicales Marocaines en faveur des classes démunies, mais paradoxalement, marquée par une négligence patente et de taille de la classe moyenne.

Ne faut-il pas souligner, dans cette chronique, que cette frange sociale a été l’une des devises de la propagande des partis politiques lors des élections législatives de Septembre 2021 ?

Aussi, cette classe n’a-t-elle pas été l’un des points mires du programme Gouvernemental du 1er Ministre AZIZ AKHANNOUCH à savoir la dignité du citoyen Marocain érigée en priorité des politiques publiques, l’élargissement de la classe moyenne et le renforcement de son pouvoir d’achat ?

Avouons-le depuis une quinzaine d’années, les réformes fiscales au Maroc laissent entrevoir une faiblesse des mesures spécifiques à la classe moyenne, qui porte tout le poids de l’impôt.

Cette classe moyenne au Maroc a de plus en plus de difficultés à émerger et est contrainte de recourir à l’endettement.

Ce fardeau de la fiscalité pèse laborieusement sur la classe moyenne alors que le besoin d’asseoir un équilibre fiscal et de mettre en place des impôts prenant en considération le pouvoir d’achat de cette catégorie se fait sentir. 

A cet égard, l’outil fiscal n’est-il pas un levier efficace dont il faut user afin de soutenir le pouvoir d’achat de la classe moyenne et, par ricochet, permettre à l’économie Marocaine une dynamique économique et sociale.

Ce constat sur l’effritement de la classe moyenne n’est pas particulier pour le Maroc, il est quasiment général pour d’autres pays à l’exemple des USA, de la France. « la classe moyenne en perte de vitesse » est le 5ème d’une série de publications phares que l’OCDE 2019 propose une analyse approfondie de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la classe moyenne en tant que groupe économique et social. Il contient en outre des informations sur les pressions et les risques grandissants auxquels ce groupe est exposé.

Les doléances de la classe moyenne sont nombreuses et continuent de grandir dans un contexte marqué par la cherté du coût de la vie, au moment où ses rentrées financières demeurent inchangées alors que les différentes stratégies lancées au cours des dernières années sont en grande partie orientées vers les classes pauvres et vulnérables comme c’est le cas dans le dernier dialogue social du 1er Mai 2022.

Depuis une quinzaine d’années, politiques, sociologues, économistes et autres experts alertent sur son mal-être et pointent le déclin de ses conditions de vie.

A travers les revues de littérature, les économistes et les sociologues ont disserté du rôle déterminant de la classe moyenne dans la préservation de la paix sociale et le développement économique. Toutefois, en dépit de son importance, elle demeure le parent pauvre des politiques publiques, comme l’avait souligné Ahmed Reda Chami, président du Conseil Economique, Social et Environnement CESE, à la Chambre des conseillers, lors de la 5éme  édition du forum parlementaire de la justice sociale contenu dans le rapport du Conseil économique, social et environnement , intitulé « Renforcer et élargir la classe moyenne au Maroc: Enjeux et voies pour une classe moyenne qualifiée, épanouie et entreprenante ».

« L’hypothèse de l’émergence d’une classe moyenne qui représenterait 25% de la population au Maroc est sujette à caution, notamment en raison de facteurs comme la cherté de la vie et la qualité des services publics », selon le mémorandum de la Banque mondiale sur le Maroc à l’horizon 2040

La réflexion sur l’élargissement et le renforcement de la classe moyenne s’impose dans la réussite du modèle de développement Marocain. La préservation et la consolidation d’une classe formée, épanouie et entreprenante, sont primordiaux pour réussir la transition vers un nouveau sentier de croissance économique et de développement du Maroc.

Des mesures doivent être dédiées à la classe moyenne qui demeure le laissé-pour-compte des politiques publiques par l’introduction d’une fiscalité des ménages plus favorable, prenant en compte les personnes à charges et consolidée par des allocations familiales plus en phase avec la réalité socio-économique des familles, dont celle liée au financement de l’éducation des enfants.

Aujourd’hui, dans le nouveau contrat social paraphé entre le Gouvernement et les instances syndicales, la classe moyenne plaide pour l’amélioration de son niveau de vie, principalement via la hausse des salaires et la baisse de la pression fiscale pour les salariés et les fonctionnaires.

Des demandes légitimes, surtout que le dialogue social d’avril n’a rien apporté pour la classe moyenne, au moment où une batterie de mesures ont été prises en faveur de la classe ouvrière, à l’instar de la hausse du SMIG de 10% pour le secteur privé et de 3300 dhs à 3500 dhs pour le secteur public, l’alignement du SMAG, l’augmentation de la valeur de l’indemnisation familiale pour les quatrième, cinquième et sixième enfants dans les secteurs public et privé… et la liste n’est pas exhaustive. Ceci au moment où la classe moyenne continue de porter tout le poids de l’impôt sur son dos, dans un contexte inflationniste qui ravage davantage son pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement a procédé à l’augmentation de la valeur du soutien direct des produits de base, notamment le blé, le sucre, le gaz butane et l’électricité, en vue d’assurer la stabilité des prix, néanmoins, ces mesures sont loin d’arrêter l’hémorragie des dépenses dont souffrent les classes moyennes.

Tout le monde sait que le dynamisme de la classe moyenne joue un rôle essentiel en tant que facteur de croissance et de stabilité économique. Elle soutient notamment la consommation, stimule en grande partie l’investissement dans l’éducation, la santé et le logement, et exerce aussi un rôle majeur dans le maintien des systèmes de protection sociale grâce aux contributions et impôts versés par les ménages.

En outre, « une classe moyenne importante, grâce à sa capacité d’épargne, constitue un puissant levier de financement de l’investissement », nota le CESE dans cette perspective. Son existence, dans le circuit socioéconomique d’un pays, représente un facteur de stabilité politique, puisqu’elle est généralement le reflet d’une plus grande cohésion sociale, d’inégalités moins marquées et d’un ascenseur social en marche.

Au-delà du débat stérile sur la caractérisation d’un exercice purement statistique, la  classe moyenne devrait être sous-tendue par un travail de repérage de segments sociaux qui, au regard de leur niveau et mode de vie, leur formation et leurs aspirations, sont les mieux disposés à jouer le rôle de pilier de la stabilité sociopolitique et de moteur du développement économique, social et culturel de notre Maroc.

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Abderrahman Youssoufi  : Un Homme d’exception

by Mustapha Maghriti 29 mai 2022
written by Mustapha Maghriti
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est youssoufi-chronique-2-3.jpg. Ce comme ce jour du 29 Mai, exactement Vendrei 29 Mai 2020 que le grand architecte de l’alternance consensuelle Abderrahmane Youssoufi n’est plus laissant derrière lui un grand leg et héritage politique, économique et social. Cet avocat exceptionnel et au parcours exceptionnel, a marqué de son empreinte toute une société, toute une génération de politiciens, d’économistes, d’étudiants de par ses réflexions et de par militantisme politique. Natif de Tanger du quartier populaire Dradb le 8 mars 1924. Le contexte national dans lequel si Abderrahmane El Youssoufi a vécu et grandi l’a amené très vite à choisir son clan et à faire son choix : celui de la lutte pour l’indépendance du Maroc et pour l’émancipation des peuples opprimés où le défunt fut membre du secrétariat général de l’Union nationale des forces populaires, qui va devenir en 1975 l’Union socialiste des forces populaires (USFP), et rédacteur en chef de son organe “Attahrir” entre 1959 et 1965. Abderrahmane Youssoufi s’est engagé très jeune au sein du parti de l’Istiqlal. Il a fait partie des toutes premières cellules de la résistance et de l’armée de libération, ce qui lui valut le titre du Grand Moujahid. A l’indépendance, il dirige le parti dans la zone Nord et va jouer un rôle essentiel dans la préparation de la scission qui a créé l’UNFP. En 1975, il adressa un message historique au congrès extraordinaire de l’USFP soutenant l’option démocratique et dénonçant l’aventurisme. Parmi les grandes contributions du défunt Abderrahmane El Youssoufi figure celle de diriger le Gouvernement d’alternance consensuel nommé par feu Hassan II en 1998 : Le 04 février 1998, Feu Hassan II l’avait chargé de former le Gouvernement d’alternance qu’il présentera au Souverain le 14 mars de la même année où Il a pris chevaleresquement les commandes de l’exécutif Marocain à un moment très critique de l’économie Marocaine pour éviter  » la crise cardiaque  » au pays dont parlait feu Hassan et le fameux rapport rouge de la Banque Mondiale. Après le décès de feu Hassan II, le Roi Mohammed VI a maintenu El Youssoufi à la tête du gouvernement pour sa droiture où il est reconduit dans ses fonctions de Premier ministre dans le gouvernement formé le 6 septembre 2000 et y restera jusqu’au 9 octobre 2002. L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est youssoufi-chronique-3-1.jpg. Abderrahmane El Youssoufi a contribué à mettre l’économie Marocaine au rendez-vous de la globalisation économique à une ère si cruciale du bouillonnement de la mondialisation où il a été le grand pionnier des grandes réformes économiques du tissu économique et social Marocain à l’instar des grandes privatisations , pour ne citer que le grand cachet du consortium Médiel télecom et la privatisation de quelques parts du Maroc Télécom. Aussi à son actif, il a participé à la lutte pour la cause Maghrébine dans l’ensemble des pays du Maghreb et a été l’un des défenseurs de l’Unité Africaine. Sur le plan de sa personnalité, le disparu avait les qualités d’un homme d’Etat. Il avait le courage de ses positions qui étaient exclusivement motivées par l’intérêt du pays. L’homme était très fidèle en amitié, lien qu’il n’accordait pas facilement. Si Abderrahmane était aussi très économe en paroles en ayant le sens de l’écoute. Il préférait écouter les uns et les autres avant de se faire une opinion de s’y tenir. Si Abderrahmane n’est plus, mais il restera dans  les anales de l’histoire parce qu’il en a été un des plus importants protagonistes de la scène politique Marocaine. Pour preuve, le Souverain s’était rendu au chevet d’Abderrahman Youssoufi, hospitalisé à Cheikh Zayed en octobre 2016 où le Souverain Marocain  l’avait embrassé sur la tête. L’image, saisissante, avait vite fait le buzz et secoué la classe politique et l’opinion publique.  La vie de si Feu Abderrahman Youssoufi  fut dense, fertile  et productive dans la totale discrétion: Il nous a légué un patrimoine politique immortel. L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est youssoufi-chronique-1-2.jpg. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage. En substance, Il n’a jamais eu d’intérêt pour autre chose que la politique dans le sens sublime et noble du terme. Pendant 96 ans, il a servi son pays, sans jamais se soucier de son bien-être. Son héritage moral est colossal, mais il ne lègue pas de patrimoine parce qu’il n’en a jamais constitué. Son patrimoine : C’est le Respect des Marocains.

 

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Les trajectoires économiques Royales  pour une Afrique prospère 

by Mustapha Maghriti 26 mai 2022
written by Mustapha Maghriti

En dépit de sa position à la croisée des chemins de l’Europe et du monde Arabe, le Maroc a toujours affirmé son arrimage à l’Afrique. L’histoire retient que cet ancrage date de l’époque du commerce caravanier et chamelier transsaharien, entre le Maroc, les pays Méditerranéens et ceux de l’Afrique subsaharienne.

Au plan politique, le Maroc a mené chevaleresquement avec le continent noir la bataille pour l’Indépendance et a continué cette lutte après les années 60 : L’un des moments indélébiles de ce combat a été la sempiternelle conférence de Casablanca de 1961 initiée par Feu Mohammed 5. Un an avant, en 1960, Mohammed 5, le grand-père du souverain Marocain Mohammed VI, se rapprocha de certains leaders du continent noir, comme le Congolais Patrice Lumumba, le Malien Modibo Kéita, le Guinéen Ahmed Sékou Touré. Feu Mohammed 5 convia ces dirigeants Africains à s’unir contre la puissance coloniale. La Conférence de Casablanca de 1961 naîtra de cette rencontre, qui cristallisa l’engagement pour une Afrique digne et forte.

Plus d’un demi-siècle après, le Roi Mohammed VI ressuscita et exhuma l’histoire à travers
Le discours prononcé le 20 Août 2016 à l’occasion de 63ème anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple. Dans ce discours sur l’implication Marocaine en Afrique, le Souverain Marocain réitéra une analyse solennelle et majestueuse : Il pointa, avec une réverbération inédite la responsabilité du colonialisme dans les tares que subissent les Africains aujourd’hui : » Les problèmes qui affligent les pays africains actuellement, notamment ceux du sous-développement, de la pauvreté, de l’émigration, des guerres et des conflits, outre la tentation, en désespoir de cause, de se jeter dans les bras des groupes extrémistes et terroristes, sont autant de maux engendrés par la politique calamiteuse que le colonialisme a menée pendant des décennies ». 
Et pour mettre en valeur les motivations Marocaines qui expliquent et justifient le grand intérêt du royaume pour l’espace africaine, le Souverain Marocain évoqua 4 sentiers importants:

– Le premier sentier est de participer à la manumission et à l’exultation du citoyen Africain. A cet égard, le Souverain Marocain emprunta un discours qui parle aux jeunes générations Africaines. Le Souverain Marocain fit valoir que le Maroc donne toujours aux peuples de son continent sans attendre d’en recevoir une contrepartie, précisant que l’engagement du Royaume en faveur des causes et des préoccupations de l’Afrique n’a jamais été motivé par une volonté mercantile d’exploitation de ses richesses et de ses ressources naturelles où l’Afrique n’est pas  » un marché pour vendre et écouler les produits Marocains, ou un cadre pour le lucre rapide, mais plutôt comme un espace d’action commune pour le développement de la région, au service du citoyen africain ».

C’est dans ce contexte que le Maroc apporte son concours à la réalisation de projets de développement humain et de prestations sociales ayant un impact direct sur la vie des populations de la région. 
Ainsi, le Maroc ne se cantonne pas à exporter des médicaments, mais il tient à construire des laboratoires pharmaceutiques, et bâtir des établissements et autres centres de santé, ajoutant, en sus, que le Royaume réalise, des infrastructures et des centres de formation professionnelle et technique, ainsi que des projets porteurs d’emplois et de revenus stables, et apportant, en outre, son soutien aux petits agriculteurs et encourage la préservation des écosystèmes où pour nous  » L’Afrique n’est pas un objectif; c’est plutôt une vocation au service du citoyen africain, où qu’il soit ». Ajoutant que « l’intérêt que nous portons à l’amélioration de ses conditions de vie dans son pays, est le même que celui dont bénéficient les migrants africains au Maroc, contrairement à ce qu’ils endurent dans plusieurs régions du monde ». 

Reconnaissant-le, en guise de conclusion, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Afrique. 

C’est tout le sens que doit donner l’Europe à la vision Africaine, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social. L’Europe doit cesser de continuer à faire la politique de l’autruche !! 

A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper ». Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ». 

 

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Une économie mondiale à fleur de peau : Le Warning de la CNUCED

by Mustapha Maghriti 20 avril 2022
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L’économie mondiale qui a déjà du mal à se relever de deux longues années de pandémie affronte un nouveau typhon économique, social et politique d’une planète encore en rémission du covid-19.

Isolément et abstraction faite des causes et des dessous stratégiques et géopolitiques de l’invasion russe, la crise de l’Ukraine vient confirmer encore une fois l’extrême vulnérabilité d’une économie planétaire devenue globalisée à outrance.

La crise de l’Ukraine fait tâche d’huile en impactant l’économie mondiale : Après la crise de gaz que connaît assurément l’Europe, elle est ressentie par l’économie Marocaine au vu de l’ampleur des échanges commerciaux avec Kiev (blé, céréales, fer, acier …).

“La guerre en Ukraine risque de briser l’élan de la reprise mondiale. Elle devrait amputer la croissance mondiale d’environ 1 point de pourcentage», circonstancie la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement  CNUCED dans un nouveau rapport publié à Genève. Sous cette optique, les perspectives de l’économie mondiale s’s’enveniment vélocement, sous l’effet de l’embrasement des prix des denrées alimentaires, des carburants et des engrais, de la turbulence financière, de la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et de l’envolée des coûts commerciaux, notamment ceux du fret maritime, discerne la CNUCED. Ce sont là autant d’entrechoquement qui affligent les acquis du rebond après la pandémie de COVID-19 et assomment les sentiers du développement durable.

En sus, la guerre entre la Russie et l’Ukraine provoquerait une « augmentation mondiale de la malnutrition et de la famine », ce qui empirerait davantage la situation singulièrement alarmiste dans l’Afrique Subsaharienne et les pays les moins avancés ; pays où le taux de famine ont chaviré au cours des dernières années ; pays où éclosent de nombreuses alarmes et alertes, nommément au sujet des marchés de matières premières, des denrées alimentaires et des carburants.

Ces crises intenses sont imputables au fait que l’Ukraine et la Russie sont des protagonistes internationaux sur les débouchés agroalimentaires, représentant plus de la moitié du commerce mondial d’huile et de graines de tournesol et plus de 27% du blé.

Cette situation est critique pour les pays Africains : Plus de 25 pays Africains, dont de nombreux pays les moins avancés, importent plus 33% de leur blé émanant des deux pays en guerre. Pour 15 d’entre eux, la part importée est supérieure à la moitié.

Les pénuries alimentaires sont, donc, patentes et tangibles. Tous les pays y sont confrontés, y compris notre pays : le Maroc subira de plein fouet la crise entre la Russie et l’Ukraine, et que cela pourrait même coûter 2% du PIB selon une récente étude du think tank Policy Center for the New South

Si au niveau mondial, tous les pays sont concernés, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont particulièrement vulnérables à la hausse des prix alimentaires, selon le Programme Alimentaire Mondial PAM. L’Egypte est notamment parmi les pays les plus menacés de famine dans les mois à venir.

Ce pays est tributaire à 80% des céréales russes et ukrainiennes. Le Liban importe environ plus de 50% de son blé d’Ukraine, indique l’organisation. Pour la Tunisie, ce taux est de 42% et pour le Yémen de 22%.

Toujours selon le PAM, les prix des denrées alimentaires dans le monde entier sont déjà à un niveau record, et les acheteurs qui doivent faire le tour des marchés pour remplacer le blé ukrainien paieraient encore plus cher

La Russie a déjà réduit ses exportations de blé et de maïs, et le ministre ukrainien de l’Agriculture a déclaré le 22 mars 2022 que la récolte de ce printemps pourrait être inférieure de moitié aux prévisions d’avant-guerre. L’Ukraine a suspendu ses exportations de viande, de bétail, de sel, de sucre, de sarrasin, d’avoine, de millet et de seigle.

Cette bouffée des prix des denrées alimentaires et des carburants imputera les pays les plus vulnérables, en serrant l’étau sur les ménages les plus démunis qui affectent la part la plus importante de leurs dépenses à l’alimentation.

Bien avant le rapport de la CNUCED, la faim dans le monde a  alerté l’agence des Nations Unies pour l’Agriculture et l’alimentation (FAO) dans un rapport récent sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde établi conjointement par avec le concours de quatre organismes de l’ONU (le Fonds international de développement agricole (FIDA),l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Selon les calculs de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement CNUCED, en moyenne, plus de 5% du panier d’importation des pays les plus pauvres, et 1% du panier pour les pays plus riches est composé de produits susceptibles de subir une hausse de prix en raison de la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

Aussi, le risque de troubles civils, de pénuries alimentaires et de récessions induites par l’inflation ne peut être écarté, dénote les auteurs du rapport de la CNUCED, eu égard à la vulnérabilité de l’économie mondiale.

Plus que jamais, aujourd’hui, nous avons besoin d’une rupture avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ces stratégies passent inlassablement  par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l’accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l’économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu’un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d’un programme de lutte contre la faim.

Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n’est pas une fatalité, les thèses malthusiennes et néo-malthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit “Renierez-vous [l’existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l’univers, c’est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t’interrogent.” 

Le droit à l’alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d’entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l’alimentation est un droit de naissance pour tout être humain. 
Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que “La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité” ?? 

20 avril 2022 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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