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Mustapha Maghriti
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Quand la Chine est sur la toiture du monde, et notre Maroc alors ?

by Mustapha Maghriti 6 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

«Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s’éveillera le monde entier tremblera. » Tout le monde connaît cette prédiction prononcée, dit-on, par Napoléon en 1816. Peu importe que personne n’en ait trouvé trace dans ses écrits, elle traduit une inquiétude sourde et toujours renouvelée que le XIX éme siècle craindra « Le péril jaune » ou ce qu’intitulait en 1898, l’écrivain anglais M. P. Shiel « The Yellow Danger » dans une série de courtes histoires.
A la regarder du toit de tant de siècles, souscrit-on à la prophétie de Napoléon ? La réponse est bien Oui et c’est officiel, la Chine occupe d’ores et déjà la première place en tant que sève et puissance sur l’échiquier mondial, empilant la sommité aux USA qui périclite à la deuxième place après plus de 142 chandelles de règne. La Chine représente désormais 16,5% de l’économie mondiale en termes de pouvoir d’achat réel au regard du pays de l’Oncle Sam avec 16,3%. Selon les données du Fond Monétaire International, publiées en octobre, le PIB chinois sera de 17.632 milliards de dollars en 2014, contre 17.416 milliards aux Etats-Unis.

Pour ce faire, les économistes utilisent le PIB, évalué en parité de pouvoir d’achat connu communément chez les initiés par la PPA, pour comparer les prouesses économiques des nations, car il prend en compte ce que permettent d’acheter localement les devises de chaque Nation à partir d’un panier de plus de 3 000 biens et services. 

Faut-il rappeler que Les USA occupaient la position de leader depuis 1872, lorsqu’eux même détrônait la Grande Bretagne. Le journaliste Américain Bret Arends, dans son article, pour le fameux site financier Market Watch www.marketwatch.com , n’a-t-il pas déclaré que  » Nous avons vécu dans un monde dominé par les USA depuis le dernier XIX siècle. En nous avons vécu pendant 200 ans depuis la bataille de Waterlo en 1815 dans un monde dominé par la Grande Bretagne ».

Cette situation devrait se pérenniser, et l’ex-puissance communiste prendra de plus en plus d’avance sur son ex-rivale capitaliste dans les cinq années à venir. La boule de cristal du FMI prophétise ainsi qu’en 2019, la Chine atteigne 27.000 milliards de dollars de PIB (classique), quand les Etats-Unis ne seront qu’à 22.000 milliards.

Après 142 chandelles d’hégémonie américaine, le pays d’Oncle Sam passe au second rang derrière la Chine ; un pays très vaste qui a emprunté un autre sentier que celui dont se targue l’occident. Ya-t-il un secret ? Rien de bien mystérieux. Ya-t-il une recette ? Rien de sorcier : Absoudre et délaisser les modèles économiques et économétriques qui enflent et brodent les portefeuilles des experts et organismes internationaux et retenez un sésame : un État patriote et protagoniste, une élite économique au service de l’investissement privé, une main d’œuvre méga formée au rythme des chamboulements cognitives et technologiques que connait l’économie mondiale, un projet ambitieux, une volonté de béton, une ténacité à toute épreuve et le tour est joué. 

La recette est là pour le Maroc, mais elle suppose la condition sine qua non que notre bourgeoisie ait autre chose en plan que de bâfrer l’argent dans des cottages au lieu d’ériger des usines , de s’empiffrer des châteaux au lieu d’asseoir des entreprises, de gaver des manoirs plutôt que d’investir dans des filières d’apprentissage, de se goinfrer dans les voitures de somptuosité et de luxe plutôt que dans des locomotives de valeur ajoutée technologique, de se dilapider dans des yachts au lieu de naviguer dans le savoir qui donne le vent en poupe à la dynamique économique et sociale.

En substance une bourgeoisie à l’origine de l’individualisme libéral couplé à un esprit d’entreprise/capitalisme privé. Cela suppose, in fine, une élite économique qui aime notre pays et qui le serve dignement, fidèlement et avec dévouement, une ploutocratie qui va servir et non asservir le climat des affaires, de l’investissement, de la croissance et de développement de notre cher Maroc que ne cesse da baliser et de signaliser le Roi Mohammed VI. C’est, en guise d’épilogue, le vrai oppidum économique.

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Partenariat public-privé au Maroc : Succédané ou adjuvant à la privatisation ?

by Mustapha Maghriti 4 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

mportée du pays du big ben durant les années Thatcher sous le vocable Private Finance Initiative, la formule du partenariat public-privé PPP a connu une euphorie depuis dans plusieurs créneaux : stades, hôpitaux, lignes TGV, prisons… . Il est également utilisé pour faire des ouvrages routiers comme des autoroutes ou des périphériques de grandes agglomérations.
Contrairement aux marchés publics, le PPP vise à :

– renforcer la fourniture des services et d’infrastructures administratives, économiques et sociales de qualité, en phase avec les contraintes des finances publiques, de l’accroissement des besoins et des impératifs de développement territorial.
– bénéficier des capacités d’innovation et de financement du secteur privé pour réaliser des projets publics 
– développer une nouvelle culture de la gestion de la commande publique basée sur l’évaluation préalable des besoins, l’analyse des performances, la maîtrise des coûts et le contrôle des réalisations

– Et garantir la disponibilité, l’effectivité et la qualité des services et leurs paiements en fonction des critères de performance.

Historiquement, au Maroc, le PPP a connu plusieurs phases aussi bien depuis l’Acte d’Aljeziras (1906) en passant par le Traité du protectorat de 1912-1956 et le rachat des entreprises concessionnaires et création de monopoles publics nationaux et locaux durant l’ère Indépendance du Maroc que par la restructuration et libéralisation de l’économie marocaine à partir des années Programmes d’Ajustement Structurel PAS et manifestation par l’État de son intérêt pour la gestion privée de certains services publics dans des domaines tels que les Transports urbains, la distribution d’eau et d’électricité, l’assainissement et la collecte des déchets ménagers, ainsi que la fameuse Loi N° 54-05 adoptée en Février 2006 relative à la gestion déléguée des services publics. 

Avec l’avènement du Gouvernement Benkirane, le Partenariats Public-Privé et en vertu de la loi n°86-12, a connu un point d’inflexion à travers la fourniture d’un cadre légal aux pouvoirs publics pour le développement des PPP au Maroc dans divers secteurs, branches et créneaux. 

Parmi les nouveautés de cette loi, figure la mise en place en 2010 d’une cellule PPP au sein de la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation DEPP relevant du Ministère de l’Economie et des Finances. Aussi, à travers cette formule, le Maroc compte s’appuyer sur ses riches expériences en matière de PPP dans divers secteurs comme les énergies renouvelables, l’irrigation et le transport urbain pour rendre éligible certaines niches au PPP à l’instar des Infrastructures et du Transport, de l’Energie et de l’Eau, de l’Agriculture ainsi que la Santé et l’Enseignement Supérieur. 

Toutefois à notre sens, le PPP n’est pas une martingale car , toute élongation à ce principe ôte le PPP de son sens et c’est le cas des contrats potentiels où le partenaire privé a un rendement important garanti alors que le risque n’étant supporté que par son partenaire public, c’est le cas aussi du mode de sélection du partenaire privé avec l’hétéroclité des critères, allant des négociations de gré à gré à l’appel d’offres attribué au moins disant financièrement. 

Nous pensons que le PPP est un succédané politique à la privatisation pure et simple, capable d’atteindre les mêmes objectifs assignés. Aussi, le nouveau PPP favorisera l’endettement des partenaires publics via la dette implicite générée par les engagements du public vis-à-vis du privé dans le cadre des concessions ou de partenariats et décapite les PME/PMI incapables d’assurer la charge de ces contrats au long cours.

In fine, le partenariat public-privé semble être érigé comme succédané à la privatisation tout en permettant à l’Etat, aux collectivités locales ou aux entreprises publiques de financer des investissements lourds sur une longue période, tout en faisant supporter le coût indirectement par les consommateurs.
La nouvelle mouture du partenariat public-privé vide ce nouveau mode de gestion de son essence en l’occurrence l’amélioration de la qualité du service public et la garantie des règles de la concurrence.

4 octobre 2015 0 comment
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La femme et le monde des Affaires économiques au Maroc : Contraintes, contrariétés et contretemps.

by Mustapha Maghriti 2 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Nul ne doute que l’entrepreneuriat féminin est aujourd’hui reconnu comme l’une des principales sources de croissance, de création d’emplois, d’innovation et de richesses. Au cours des dernières années, on a assisté à un accroissement considérable du nombre d’entreprises créées par des femmes dans le monde. 

A point nommé s’est tenu du 19 au 21 novembre écoulé à Marrakech la cinquième édition du Global Entrepreneurship Summit (GES) qui a pour ambition de promouvoir les opportunités économiques à grande échelle dans la région et en singulier pour les jeunes et femmes.

La présente chronique se cantonne uniquement à mettre les points sur les i des obstacles qui piétinent la réussite de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. 

Placé en 13ème position au niveau du développement de l’entrepreneuriat féminin, le Maroc devance plusieurs pays émergents et s’impose comme pays dominant sur le plan du continent Africain. Or, malgré ce classement, l’entreprise féminine demeure chétive en témoigne la faiblesse du pourcentage d’entrepreneurs féminins au Maroc 5000 femmes entrepreneurs, soit 0,5%.

En filigrane de ce pourcentage infime se dessine plusieurs embûches freinant le développement et la promotion de la femme entrepreneure marocaine. Il s’agit :

– Primo, la carence du réseautage de soutien : Malgré l’existence au Maroc de plusieurs organismes de soutien et de promotion de l’entreprise féminine, on décèle que peu ou prou de femmes Marocaines adhèrent à ces groupements. Et pourtant, ces associations peuvent encourager et appuyer la création d’entreprises pour les femmes, les informer, les encadrer et les assister dans la gestion et la pérennisation de leurs entreprises, ainsi que de développer les compétences managerielles des femmes entrepreneurs en leur assurant des formations de Know-how et constituer, in fine, un réseau pesant à même de jouer un rôle de lobbying auprès des pouvoirs public et des instituions internationales à l’instar de la fameuse Association des Femmes Entrepreneures du Maroc (AFEM). Aussi, ces institutions s’avèrent un espace de rencontre, d’échange d’information, de formation et de solidarité visant l’amélioration du climat des affaires aux entreprises féminines Marocaines.

Cependant, la modique implication des femmes entrepreneures marocaines dans ce type de réseaux est due à leur méconnaissance de ces organismes et à leur manque de temps et d’intérêt.

Sur un autre registre, l’administration publique ainsi que les formalités nécessaires pour la création d’une nouvelle entreprise, constituent un autre écueil pour les femmes marocaines : La corruption, la lenteur des formalités administratives ainsi que les attitudes bureaucratiques sont toutes des pierres d’achoppement lourdes à supporter pour une jeune entrepreneure.

– Secundo, les pratiques socioculturelles s’avèrent, semble-t-il, des récifs ressentis par les femmes entrepreneures marocaines avec plus d’acuité à l’illustration de la discrimination sexiste ou l’harcèlement.

En sus, le manque de crédibilité et la réticence des différents partenaires (client, fournisseurs, etc.) sont aussi des barrières dont pâtissent les femmes marocaines au démarrage de leur projet. 

L’entourage familial semble également être un impédimenta culturel malgré que, légalement, la femme marocaine n’est plus astreinte à demander l’aval de son père ou/et à son mari, comme dans les cas de déplacements répétitifs à l’étranger ou en cas de rencontres avec des clients à des heures tardives. Ces pratiques sociales sont justifiées par les us et coutumes caractérisant la société Marocaine, qui imposent à la femme de s’incliner devant certaines règles de conduite au regard de sa famille et de la société Marocaine. Ardu et difficile dans une société macho et machiste tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc.

Si quelques dirigeantes de grandes entreprises apparaissent régulièrement dans la presse, où le caractère exceptionnel de leur présence est systématiquement souligné, si quelques actrices du milieu de la production culturelle ou artistique parviennent à se faire un nom, les milliers de femmes travaillant à leur compte, commerçantes, chefs de petites entreprises, associées de coopératives, vendeuses à la sauvette demeurent la variable inconnue du monde entrepreneurial marocain. Les contours de la figure féminine de l’entrepreneur au Maroc restent flous

– Tertio, le duel vie privée/vie professionnelle pose, à certains égards, des problèmes aux entrepreneures féminines : Les femmes issues d’un milieu pauvre ou très modeste déclarent qu’elles disposent de peu de moyens financiers pour engager une aide-ménagère qui s’occuperait à la fois des tâches ménagères ainsi que de leurs enfants. Toutefois, dans certains cas, ces femmes comptent sur leur entourage familial (parents et beaux parents) pour garder leurs enfants pendant qu’elles travaillent.

– Quarto, l’accès au Financement se révèle une cloison importante pour la femme entrepreneure marocaine pour obtenir des crédits bancaires. Ces contraintes peuvent se résumer en deux points : le coût exorbitant du crédit (taux de base, durée, etc.) imposé aux femmes entrepreneurs, ainsi que les garanties exigées. Elles fustigent que ces cautions exigées par les banques marocaines sont trop élevées et vitupérèrent que les banques ne prennent pas en considération d’autres critériums tels que l’expérience professionnelle, les diplômes et les compétences. Ainsi, dans la culture de la PME marocaine, l’essentiel du financement de l’entreprise féminine est constitué par l’autofinancement, l’épargne personnelle et l’aide familiale et que le recours au crédit bancaire reste très minuscule.

– Ultimo, le manque d’information sur les institutions publiques de soutien à la création d’entreprise demeure encore peu connu pour la femme entrepreneur marocaine à l’instar de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI ou les Centres Régionaux de l’Investissement CRI. Malheureusement, plusieurs femmes qui souhaitent entreprendre ignorent l’existence de ces structures. A cet égard, des campagnes d’information s’avèrent inéluctables pour faire rapprocher ces d’organismes des aux femmes entrepreneures marocaines.

Nous gageons qu’en dépassant ces obstacles évoqués ci-haut, le Maroc peut utiliser cette vitrine pour montrer son savoir-faire au milieu des affaires, en singulier les promoteurs Américains, d’autant plus que le tissu économique marocain représente un champ fertile au développement de l’esprit entrepreneurial féminin. L’ambassadeur des Etats-Unis au Maroc Dwight L. Bush n’a-t-il pas déclaré que « Créer, éduquer et inspirer de nouveaux entrepreneurs, telle est la vocation de la cinquième édition du Global Entrepreneurship Summit (GES) » et sera une aubaine pour renforcer la coopération économique et financière entre le Maroc et les Etats-Unis et aidera le Maroc et les pays à travers le monde à créer un climat des affaires à même de soutenir et promouvoir l’esprit d’entreprise, tout en offrant aux entrepreneurs prometteurs les outils et les contacts dont ils ont besoin pour innover et réussir le business au Féminin

2 octobre 2015 0 comment
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Vers un Conseil National des Statistiques au Maroc : Jeter le bébé avec l’eau du bain

by Mustapha Maghriti 29 septembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Le 27 Mai dernier, le Conseil du Team Benkirane s’est réuni pour discuter d’un projet de loi portant création du Conseil National des Statistiques (CNS) et ce dans le dessein de réformer le régime statistique national.Le Motif sous-jacent invoqué est l’incapacité des institutions de statistiques actuelles à suivre les évolutions internationales pour l’élaboration de statistiques exactes.Pour ce faire, une commission interministérielle a été constituée pour élaborer ce projet de loi qui permettra de développer la méthodologie des études statistiques selon les normes internationales et qui sera doté d’une indépendance en matière de recherches scientifiques et veillera au respect des différentes composantes et méthodes à même d’obtenir des statistiques fiables. Aussi, l’institution prévue par le projet de loi aura pour tâche de superviser les différentes opérations de statistiques qui se font au niveau national et de supputer leur qualité.Dans le viseur du Gouvernement Ahmed Lahlimi, ancien Ministre USFPéiste, aujourd’hui patron du Haut-commissariat au Plan HCP (www.hcp.ma) qui, de par sa boule de cristal et ses prévisions économiques, semble chiffonner et dépiter le Gouvernement en disconvenant ses prophéties statistiques, notamment en terme de taux de dynamique économique : Qui ne se rappelle pas de la fameuse querelle qui avait opposé le Gouvernement Benkirane au HCP au sujet du taux de croissance de l’économie marocaine durant l’année 2014 ? Dans ses conjectures, le HCP avait affirmé que le taux de croissance pour l’année 2014 ne dépassera guère les 2,5% au moment où le Gouvernement Benkirane via la loi des finances 2014 avait tablé sur un taux de 4,2%, soit le double qui nous semble un gap est de taille. Et comme disait le dramaturge et poète français du XVII siècle Pierre Corneille « Le temps est un maître, il règle bien des choses » , la réalité économique a fini par trancher pour donner raison à la boule de cristal de Lahlimi et tort au Gouvernement du PJD dès lors que le taux de croissance réalisé n’a pas dépassé les 2,2%, soit la moitié de ce qui a été prévu par le Gouvernement barbu. L’édification du Conseil National des Statistiques (CNS) n’est autre qu’un écran de fumée qui dissimule une rixe qui opposait le Team Benkirane aux prédictions du département de Lahlimi, il n’est autre qu’un conseil que se veut tisser le Gouvernement pour plier la réalité économique têtue aux caprices de Benkirane. Nous avons appris en macroéconomie que ce sont les modèles économiques qui se plient à la réalité économique et non pas le contraire. Nous aurons ainsi un Conseil National des Statistiques en sus de :
– Primo, le HCP d’Ahmed Lahlimi qui a pris le relai du défunt Ministère des Prévisions Économiques et du Plan que pilotait l’Istiqlalien Abdelhamid Aouad. A titre de rappel, le HCP est le principal producteur de l’information statistique, démographique, économique et social. Erigé en septembre 2003, en administration de mission, le HCP jouit d’une indépendance institutionnelle et intellectuelle dans l’établissement de ses programmes et la conduite de ses travaux d’enquêtes et d’études.
– Secundo, le Fameux Institut National des Statistiques et d’Économie Appliquées INSEA (www.insea.ma) que conduit le statisticien Abdesselam Fazouane pur produit de l’INSEA. 

– Tertio, la fameuse Direction des Études et des Prévisions Financières DEPF  www.finances.gov.ma/depf/SitePages/depf.htm que chapeaute Mohamed Chafiki depuis 2004, ancien chef de cabinet de l’ancien argentier du Royaume Fathallah Oualalou et professeur de l’enseignement supérieur à la Faculté de Droit Rabat-Agdal.

A eux seuls, ces 3 départements attestent fort bien que le Maroc est bel et bien pourvu en institutions statistiques et qu’il ne faut pas chercher à réinventer la roue. Les raisons du grand hiatus qui existe souvent entre prévisions et résultats économiques sont à fourrager en dehors de la sphère des institutions statistiques : Elles résident entre autres dans les contraintes que subissent les politiques économiques, contraintes distillées par les effets pervers de la mondialisation de l’économie : les stratégies des firmes multinationales peuvent perturber les politiques industrielles et d’emploi des pouvoirs publics à l’instar des délocalisations, la politique monétaire peut être contrée par les mouvements internationaux des capitaux, La contrainte liée à l’endettement public peut aussi réduire les marges de manœuvre budgétaire de l’État.Aussi, l’interstice qui se creuse entre pronostics et réalisations peut être imputé à la soutenabilité de la dette, à l’effet d’éviction, à l’effet boule de neige, aux « fuites » dans une économie ouverte et extravertie comme l’économie Marocaine ou dans l’incompatibilité des objectifs de la politique économique connu communément par le fameux triangle d’incompatibilité de Mundell.In fine, créer un tel conseil national de statistique : c’est jeter le bébé avec l’eau du bain !!!

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L’économie Marocaine est-elle à la quête d’une équité fiscale ?

by Mustapha Maghriti 27 septembre 2015
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que l’absence d’équité soit une cause de profonds remous dans tous les pays de la région Moyen-Orient et en Afrique du Nord MENA. Une politique fiscale bien ficelée a un rôle important à jouer, corrélativement aux politiques macro-économiques et aux réformes structurelles qui boostent la croissance et un accès équitable aux opportunités économiques. Les recettes, qu’elles soient issues des impôts ou des taxes, peuvent servir à soutenir la croissance et assurer une meilleure répartition de la richesse et du bien-être économique et social en permettant des dépenses très sollicitées en demande sociale tel la santé, l’éducation et les infrastructures.Aussi, une fiscalité équitable peut également contribuer à répliquer aux pétitions et aux conjurations en faveur d’une meilleure équité et de meilleures perspectives socio-économiques, dans la mesure où les régimes fiscaux constituent une interface et une jonction essentielle entre l’État et ses citoyens.Le Fond Monétaire International www.ifm.org , prosélyte et zélateur des politiques de l’offre, de la réduction drastique des dépenses publiques et des contraintes fiscales et administratives qui plombent le climat de l’investissement, s’éloigne progressivement des sentiers ultra libéraux de l’école de Chicago. En effet, les auteurs des services du FMI, Andrew Jewell, Mario Mansour, Pritha Mitra, et Carlo Sdralevich dans leur rapport « Fiscalité équitable au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » publié en ce début de Septembre 2015, s’attaquent bataille frontale à la fiscalité de la région MENA, comme source de rugosités sociales. L’institution de Christine Lagarde constate que la région n’a pas fait évoluer ces taux d’imposition depuis bien une belle lurette, une vingtaine d’années environ, et présente en moyenne arithmétique des taux plus bas que l’ensemble des pays en voie de développement PED.

Selon les auteurs de l’institution de Breton Woods, l’amélioration de l’équité fiscale contribuerait à une meilleure efficience de l’impôt, que l’introduction de plus de transparence permettrait de recueillir une meilleure inhérence citoyenne aux réformes fiscales et que les réformes des systèmes d’imposition s’avèrent être un outil de redistribution plus efficient que les dépenses socialesLe rapport de l’institution de Washington constate que la distribution de l’impôt est loin d’être progressive dans les pays de la région MENA, et que les exemptions fiscales profitent plus largement aux hauts revenus, compromettant l’optimalité des prélèvements fiscaux. C’est le cas du Maroc où les exemptions fiscales profitent davantage aux ploutocrates. Aussi, les dépenses fiscales (exemptions ou allégements) de la TVA bénéficient plus aux Crésus qu’aux pauvres: A l’appui de leur dires et en s’étayant sur le fameux coefficient de Gini, le quintile des revenus le plus haut profite de 40% des dépenses fiscales liées à la TVA, alors que le cinquième le plus bas n’en reçoit que 10%. De surcroît, les exonérations de TVA, qui représentent 41% des dépenses fiscales au Maroc, amputent sensiblement l’assiette de l’impôt.Dans la même trame fiscale, les taxes d’accise – portant sur la quantité et non sur la valeur du produit ad valorem – au lieu de s’appliquer aux produits consommés par les ménages les plus friqués, portent au contraire plutôt préjudice aux ménages les plus disetteux.

De ce fait, la réforme des impôts visant plus d’efficience et d’équité fiscale demeure un chantier crucial de l’argentier du Royaume. Certes, des avancées en termes de progressivité ont été entreprises, comme le projet d’abaisser le nombre de taux de TVA de quatre à deux, la réduction du nombre d’exemptions, les taux de déductions de primes d’épargne-retraite, l’introduction d’une fiscalisation progressive du secteur agricole. Toutefois, il reste de nombreux aménagements possibles dans le sens d’une fiscalité plus équitable, à l’instar d’un élargissement de l’assiette de l’impôt sur le revenu, l’augmentation du nombre de seuils d’impositions pour une fiscalité plus lisse, l’introduction d’une meilleure fiscalisation des propriétés mobilières et immobilières, ainsi que plus de transparence pour une meilleure adhésion à l’impôt. Su ce registre, la corruption continue à contribuer à la perception d’un système de taxation injuste et rend ardu la mise en place de réformes fiscales.De plus, le FMI note que la corruption introduit une distorsion fiscale entre les classes de revenus: les plus bas revenus sont plus exposés à l’extorsion des collecteurs d’impôts car ils n’ont pas l’opportunité de faire évader leurs revenus, à la différence des plus hauts revenus. En termes de transparence de l’imposition, le Maroc se situe à une place médiane parmi les pays de la région MENA, et talonne notre rival économique la Tunisie d’après les indices calculés par le Team du World Economic Forum www.weforum.orgNe faut-il pas souligner, dans cette chronique, que la lutte contre la corruption est en soi une mesure d’équité fiscale ? Que le fondement d’une bonne politique fiscale est la transparence ? Que l’égalité devant l’impôt implique l’égalité des hommes et réciproquement ? Les paradis fiscaux signifient que les hommes ne sont pas égaux devant l’impôt : certains y échappent, d’autres payent pour eux pour paraphraser Jean de Maillard dans son best seller « L’arnaque: La finance au-dessus des lois et des règles »Pour rendre la fiscalité plus équitable dans la région MENA et en singulier au Maroc, le staff de Christine Lagarde recommande des réformes, à l’instar de L’élargissement de l’assiette de l’impôt, l’élimination des conditions privilégiées de l’impôt sur le revenu des sociétés, l’accroissement de la progressivité des régimes fiscaux (en particulier de l’impôt sur le revenu des personnes physiques), et le renforcement du rôle de l’administration fiscale. En sus, l’élimination des exonérations sera essentielle pour améliorer l’équité et encouragera le civisme fiscal et la bonne administration, faisant sortir de l’ombrage moult activités informelles.Certes, ça va être dur, mais il faut aimer l’impôt pour reprendre l’expression de Bernard Maris Alias Oncle Bernard : C’est le socle de la démocratie et l’escroquerie à l’impôt est une escroquerie à la démocratie.A cet égard, Les autorités devront lutter contre la rénitence aux réformes qui découle d’intérêts acquis, d’une faible adhésion générale, et d’administrations fiscales rigides et peu enclines aux changements.Et comme dit l’adage ancestral  » Une seule main ne suffit pas pour applaudir », d’où une plus grande équité fiscale ne peut pas être assurée par une politique économique à elle seule, mais il est inéluctable d’avoir une politique budgétaire en synergie avec les différentes formes de politiques économiques qui serviront à accompagner la croissance et assurer une meilleure répartition de la richesse et du bien-être économique et social.

27 septembre 2015 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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