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Mustapha Maghriti
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Positionnement du Maroc en matière d’innovation 2017; peut mieux faire

by Mustapha Maghriti 12 avril 2017
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que l’innovation joue un rôle crucial dans la dynamique économique et sociale des économies et ce en stimulant la productivité et la croissance économique. Les technologies de l’information et de la communication constituent une illustration parfaite de la capacité de transformation et le potentiel de croissance de l’innovation. En effet, le pays d’uncle Sam a connu une période de croissance rapide dans les années 1990 (près de 5 % par an entre 1995 et 2000), nettement supérieure aux accomplissements des autres pays développés et des décennies précédentes. Cette dynamique économique s’est accompagnée d’une augmentation remarquable des gains de productivité, qui a permis de concilier stabilité des prix et plein-emploi. Cette croissance a été tirée par les nouvelles technologies de l’information et de la communication l’informatique, la téléphonie mobile, Internet. 

Qu’en est-il de la réalité de l’innovation au Maroc ? Quel est le positionnement du Maroc par rapport à des pays similaires en termes de développement ? 
Pour y répondre, on s’est référé à l’indice mondial de l’innovation qui a été crée conjointement par l’Université Cornell, l’Institut Européen d’administration des Affaires INSEAD et l’Organisation Mondiale de la propriété intellectuelle WIPO.

Cet indice mondial de l’innovation établit un classement des résultats de l’innovation dans environ 140 pays et économies du monde entier et classe les économies mondiales depuis 2007 sur la base de leur capacité d’innovation en se basant sur plus de 80 indicateurs dont l’institution, les ressources humaines, la recherche scientifique, la sophistication de l’environnement des affaires, le rendement universitaire…..etc. 
Publié le 26 Mars dernier et conçu pour calibrer les prouesses des pays en matière d’innovation, le rapport  » the global innovation index 2016 : Winning with global innovation  » et avec un score moyen de 32,26 fait passer le Maroc de la 78éme place en 2015 à la 72éme place en 2016. 
Avec un tel classement, le Maroc devance la Tunisie (77éme), l’Egypte (107éme) et l’Algérie (113éme) et fait figurer le Royaume parmi les économies à revenu intermédiaire moyen les mieux classées vu des critères principaux d’analyse comme la qualité de l’innovation et les dépenses en la matière. Ces performances confirment les avancées enregistrées par le Maroc en termes de propriété industrielle.
Parmi les critères pris en compte par ce classement, la bonne performance concernant les actifs immatériels (36éme mondial), et ce notamment grâce aux indicateurs relatifs aux dépôts de marque par origine et PIB (36éme) et aux dessins et modèles industriels par origine et PIB (8éme place). D’après l’étude détaillée, la force du Maroc serait aussi la qualité de ses infrastructures, classées 45éme mondiales. Les principaux indices analysés sont les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services en ligne des institutions gouvernementales ou encore l’e-participation. 
En revanche, le Maroc demeure moyen quand il s’agit du capital humain (61éme) ou de création de la connaissance (78éme). Le secteur où le pays perd beaucoup de points dans la moyenne est la sophistication du business, comprenant la connaissance des travailleurs, les relations pour l’innovation et l’absorption des connaissances. Il se classe 125éme, presque en fin du tableau.

Sur le plan continental, l’analyse montre que le Maroc se hisse au top 3 africain du classement, après l’ile Maurice et l’Afrique de Sud et premier en Afrique du nord. 
Au niveau régional notamment dans l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale NAWA, le Maroc se positionne à la 73éme place derrière le Qatar 50éme, Bahreïn 57éme, Arménie 60éme, Géorgie 64éme, Koweit 67éme et le Liban 70éme. 
A l’échelle planétaire, la Suisse demeure le meilleur pays au monde en termes d’innovation. Aussi, en tête du classement 2016, on trouve quatre pays, à savoir le Japon, les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui sortent du lot notamment en ce qui concerne la “qualité de l’innovation”, un indicateur de haut niveau qui tient compte de la qualité des universités, du nombre de publications scientifiques et du nombre de dépôts internationaux de demandes de brevet. 
Cet année, la Chine rejoint le groupe des 25 nations les plus innovantes au monde ce qui reflète les résultats positifs de ce pays en matière d’innovation et l’utilisation d’indicateurs améliorés en matière d’innovation. 
Dans cette édition, le rapport étudie les répercussions des politiques axées sur l’innovation sur la croissance économique et le développement. Les pays à revenus élevés tout comme les pays en développement cherchent à assurer une croissance étayée sur l’innovation en mettant en œuvre différentes stratégies. 
Par ailleurs, le rapport souligne que l’innovation nécessite des investissements permanents. Avant la crise de 2009, les dépenses en Recherche Développement (R‑D) augmentaient chaque année de 7% environ. Les données 2016 indiquent que la R‑D mondiale a augmenté de 4% seulement en 2014. Ce chiffre résulte du fléchissement de la croissance dans les pays émergents et du resserrement des budgets consacrés à la R‑D dans les pays à revenu élevé.

En somme, le Maroc peut mieux faire pour améliorer son positionnement sur l’échiquier mondial. Difficile avec un ratio dépenses en R&D/PIB qui tourne autour de 0,8% et à peine 1,87 chercheur pour 1.000 actifs, une production scientifique nationale constitue seulement 0,122% de la production mondiale, prétendre rivaliser des économies émergentes comme la Turquie. 
Aussi, la faible contribution du secteur privé à l’effort R&D est pointée du doigt. Et pour cause, le faible développement de la filière du capital risque privé. Ce qui ne favorise pas l’émergence de start-up innovantes. Faut-il rappeler à cet titre qu’au Maroc, la R&D demeure financée par le secteur public à hauteur de 73% contre 22% pour le secteur privé, 1% pour le partenariat public-privé, 1% pour le partenariat public-public et 3% pour la coopération. A cet égard, le Centre National de la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) devrait s’ouvrir davantage aux entreprises Marocaines porteuses de projets d’innovation à même d’assurer de nouvelles perspectives de croissance inclusive et créatrice d’emploi.

12 avril 2017 0 comment
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Le projet Méditerranéen : Un Must, une nécessité impérieuse dans les Relations Europe- Maroc-Afrique

by Mustapha Maghriti 6 mars 2017
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que la région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le projet Méditerranéen s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. Reconnaissant-le, en prélude, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne de Voisinage, le building et l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Méditerranée. Rétrospectivement et historiquement depuis la chute du mur de Berlin et de l’ancien bloc soviétique, les Européens se sont tournés vers l’Europe centrale et orientale en oubliant leur sud, il revient le mérite au ex-président de la République française d’avoir replacé la Méditerranée au centre des géométries politiques en lançant le projet d’une union pour la Méditerranée destinée à remplacer un Processus de Barcelone poussif et peu satisfaisant. L’Europe, en complémentarité avec ses partenaires de la rive Sud, est plus que jamais interpellée à peser dans la région méditerranéenne, notamment à travers l’Union pour la MéditerranéeFaut-il rappeler que l’Union pour la Méditerranée est une organisation intergouvernementale qui regroupe 43 pays sur la base d’une co-présidence paritaire entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée. Il a été fondée le 13 juillet 2008, lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée qui est destinée à renforcer les acquis du Partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone.

Nous pensons qu’il est un Must de jeter l’ancre sur le Sud Méditerranéen, car le Mare Nostrum recèle d’énormes potentialités économiques, humaines et naturelles, pouvant être une véritable courroie de transmission de croissance et la dynamique économique pour l’Europe. Une tel vertu géostratégique impliquerait, de la part de cette dernière, une coopération plus engagée et plus cimentée, en synergie avec les prévalences de l’agenda des pays du Sud et le durcissement de ses capacités d’action dans cet espace régional, tout en fédérant le rôle de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant qu’instrument vital et inéluctable dans la future configuration de la Politique européenne de voisinage. Cela nous semble nécessaire pour aplanir les inégalités économiques et sociales, mutiler les tétanies identitaires qui germent et fécondent au Nord comme au Sud, car nous pensons, en terme dialectique, que la stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que son redressement économique et productif, passent indubitablement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. A cet égard, il est impérieux et péremptoire d’élucubrer les conditions économiques et sociales à même d’accoucher de nouveaux modèles de dynamique économique, plus endogènes et durables qui seront altruistes et plus fructueux à toute la région. Ceux-ci passent irréversiblement par la valorisation des potentialités de la rive du Sud, et ce en intronisant des investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes de la ceinture Sud-Méditerranéenne. Aussi, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Méditerranéen ? Avouons-le, l’Union pour la Méditerranée l’a bien arquepincée, en se dotant d’une vision agencée sur des orientations visant le raffermissement de la coopération régionale en Méditerranée, étayée sur la création d’opportunités économiques en faveur des jeunes. 

Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays du Sud; ils doivent réaliser intrinsèquement leur propre « sueur » économique, sociale et politique en termes de réformes économiques, de gouvernance, de démocratie et d’État de droit en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. La promotion d’une approche régionale pour l’immuabilité de la paix et de la dynamique du développement n’appelle-elle pas à la prise en compte de toutes les dimensions stratégiques, notamment africaine ? Penser la Méditerranée n’exige-t-il pas de concevoir cet espace non pas comme une région terne et effacée mais comme une interface dynamique et tangible, capable d’assurer la connexion et la mise en étroite relation des territoires qui l’entourent ?Reconnaissant le, le Maroc l’a bien appréhendé en faisant le pari de l’ouverture sur son continent et ce en optimisant sa position géostratégique entre l’Afrique et l’Europe. En effet, le Madiba Marocain, le Souverain Marocain en l’occurrence, a eu toujours le souci d’ancrer l’Afrique dans une séquence vertueuse porteuse d’espoir, car l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable.C’est tout le sens qui a été donné à la vision Africaine du Royaume voulue par le Souverain Marocain, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour le continent car , il ne peut y avoir de développement sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement. C’est dans ce sens que le Maroc a toujours accompagné les pays d’Afrique dans la consolidation de la paix et de la sécurité régionales : Même en dehors de plus de 32 ans des institutions de l’Union Africaine, le Maroc n’a-t-il pas œuvré pour la paix en participant aux missions Onusiennes en initiant des processus en Lybie et au Mali ? Lorsqu’il était membre non permanent du conseil de sécurité, le Maroc n’a-t-il pas défendu l’approche Africaine pour la résolution des conflits ?

Somme toute, la pérennité, la sérénité et la placidité de l’Europe, ainsi que sa consolidation économique passe notoirement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. L’Afrique du Nord a autant besoin des solidarités de la rive septentrionale que l’Europe intérêt à ne pas s’isoler de son environnement méridionale.Dans une telle dialectique, le projet Méditerranéen s’impose de facto pour les deux rives de la Méditerranée et ce en cristallisant la mission de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant que maillon décisif dans l’expectative physionomie de la Politique européenne de voisinage. Gageons et augurons-nous, en guise de conclusion d’une constellation d’une rive, d’un rêve celui d’une Méditerranée plurielle, généreuse qui ne cessera pas de se raconter d’elle-même pour paraphraser l’éminent historien de la Méditerranée Fernand Braudel.
Bataillons-nous pour la pérennité de l’esprit méditerranéen et faire en sorte que la Méditerranée s’assemble plus qu’elle ne dissemble.

6 mars 2017 0 comment
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Le Maroc est-il une économie concurrentielle et libérale en 2017 ?

by Mustapha Maghriti 27 février 2017
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith est souvent considéré comme l’auteur allégorique et le pape du libéralisme qui incarnerait la foi dans les vertus du marché et s’ensuit tout une ruée de disciples et de courant libéral, néolibéral et ultralibéral, qui à l’en croire, le libre jeu des mécanismes du marché conduit à une situation d’optimum économique et que la liberté économique améliore aussi la situation des plus démunis, les libéraux considèrent que la métaphore d’Adam Smith la « main invisible » permet d’améliorer la situation de tous.
Cette liberté économique est définie comme l’absence de toute capacité de coercition ou de contrainte de la part du Gouvernement sur la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens. La liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique, en exhortant l’esprit d’entreprise et la création de valeur ajoutée. 
La fondation Américaine The Heritage Foundation publie chaque année son étude annuelle « Index of Economic Freedom ». Faut-il rappeler que cet indice a été créé en 1995, selon une approche inspirée du père fondateur du libéralisme Adam Smith, dans son fameux ouvrage « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », à savoir que « l’existence d’institutions élémentaires préservant la liberté des individus à se consacrer à leurs propres intérêts économiques garantit une prospérité plus importante de toute la société dans son ensemble. Elle est mesurée à travers des indicateurs répartis en quatre catégories, qui sont elles-mêmes divisées en douze sous-catégories équi-pondérées qui sont : Autorité de la loi, taille du gouvernement, efficacité réglementaire et l’ouverture des marchés. Plus une économie est estimée être libre (indice composite proche de 100), mieux le pays est classé par les auteurs de l’étude.
Qu’en est-il de la liberté et du libéralisme économique au Maroc en 2017 ?

Dans son 23ème édition, le classement de la fondation Américaine « The Heritage Foundation » dans son étude annuelle « Index of Economic Freedom » publié en début de ce Mois de Février 2017 sous le titre « Promotion des opportunités économiques et renforcement du pouvoir de l’individu et de la prospérité », fait apparaître que sur un panel de 186 pays, le Maroc, avec un score de 65,1, se positionne à la 86éme place dans l’indice de la liberté économique, soit +0,2 par rapport à l’édition précédente. 
Le Royaume se retrouve bien loin devant ses riverains d’Afrique du Nord. Le pays du Jasmin occupe le 123éme rang, tandis que l’Algérie se classe à 172éme place avec une note de 61,5 contre 61,3 l’année dernière. Le Maroc arrive à la 9éme place au niveau de la région MENA juste avant la Tunisie, le Liban, l’Égypte, l’Iran et l’Algérie.
L’Ile Maurice, le Botswana et le Cap-Vert sont les économies les plus libres en Afrique, selon l’indice qui mesure des critères tels que la protection des droits de propriété, la taille de l’Etat, la politique budgétaire et monétaire et la lutte contre la corruption.
Sur les aspects positifs, l’investigation de The Heritage Foundation salue le Maroc sur son engagement en faveur des réformes économiques galvanisant un secteur privé qui évolue de façon dynamique ». Le point fort, selon la fondation Américaine, réside dans un marché ouvert où le niveau des libertés commerciales, financière, et d’investissement est élevé. 
Aussi, le commerce est important dans l’économie marocaine. En effet, la valeur des imports-exports pris ensemble correspond à plus de 81% du PIB, constate l’enquête qui est un outil heuristique pour les chercheurs, les enseignants et aux étudiants, mais surtout qui donne une visibilité pour les décideurs politiques, le milieu des affaires, du business et la finance. 
En sus, les investisseurs domestiques et étrangers sont souvent traités de façon égale par la loi, en l’occurrence la charte de l’investissement promulguée en 1995 et qui est, faut-il le rappeler, sujet à un recalibrage , à la redéfinition de son contenu et l’adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement
Toutefois chaque médaille a son revers, le sondage de l’Institut Américain accuse le marché du travail d’une grande inexorabilité et considère qu’un large tronçon de la force de travail est marginalisé à cause d’une régulation inflexible du travail, et recommande de mettre en œuvre des réformes plus conséquentes. 
Par ailleurs, avec une note de 71,7, la charge fiscale globale est égale à 22,0% du produit intérieur brut. Au cours des trois dernières années, les dépenses publiques, les déficits budgétaires et la dette publique se sont élevés à, respectivement, 31,9%, 4,8% et 63,7% du PIB.
De surcroît, « Les procédures de création et d’enregistrement d’une entreprise privée ont été simplifiées ces dernières années grâce à la fluidité des Centres Régionaux d’Investissement CRI. Cependant, en dépit de certaines améliorations, la rigidité du marché du travail continue de détourner la croissance dynamique de l’emploi », détaille le Think tank Américain.
De telles réglementations rigides continuent de rendre les coûts de transactions et les coûts d’entrée au marché inhibitoires aux PME qui, au regard des barrières réglementaires, n’ont pas d’autres choix que de se noyer dans l’océan de l’informel.

Certes, il y a eu des gains modestes en matière de libertés économiques (liberté fiscale, liberté du système financier et du commerce), néanmoins ils ont été annihilés par le recul de l’État de droit et la recrudescence de la corruption. En effet, l’organisme américain pointe du doigt le problème du respect de la règle de droit : Le think tank de l’Uncle Sam considère « que le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant, que les fonctionnaires commettent des pratiques de corruption en toute impunité » et que « la corruption est un problème grave dans l’ensemble du gouvernement et de l’application de la loi ». De ce fait, même si le Maroc a adopté une politique de réforme du secteur privé, le progrès reste tributaire de la volonté du Gouvernement d’affronter plusieurs défis urgents, en particulier la primauté du droit.
Outre plus, les critères sur les droits de propriété, l’intégrité du gouvernement et l’efficacité judiciaire ne sont donc pas bien notés puisque « Le système judiciaire est inefficace et sujet à des retards », note le rapport. Autant dire une contreperformance très inquiétante surtout lorsque l’on se rappelle que plus un pays est impartial politiquement et économiquement, plus il est prospère.
Cet excès d’iniquité et d’arbitraire ne fait que consolider l’économie de rente, la spéculation, le déficit d’investissement, le manque de concurrence, et la corruption.
Friedrich Hayek, grand sectaire du libéralisme et un invétéré de l’économie du marché, dans « La Route de la servitude », n’a-t-il pas dit que « La justice n’a pas à considérer les conséquences des diverses transactions, mais à vérifier que les transactions elles-mêmes ont été loyales. ». Loyal envers lui-même et envers son peuple, le Souverain Marocain Mohammed VI, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ? 

Il est temps que l’exécutif prochain culbute avec ces constantes et infuse un nouveau souffle à l’économie marocaine : celui de plus de liberté économique, ce qui passe inéluctablement par la redéfinition de ses missions dans le cadre d’un nouveau concept de développement stimulant aussi bien l’offre que la demande, par le cloutage de l’état de droit non seulement en concrétisant l’impartialité de la justice, mais aussi en institutionnalisant l’orthogonalité entre le business et le politique et en remettant à plat le cadre réglementaire régissant les marchés des facteurs de production et du climat des affaires pour plus d’initiative entrepreneuriale et plus de compétitivité. In fine, Feu Driss Benali n’a-t-il pas dit que le marché n’est pas un état de nature, mais un état de culture ? Défrichons-nous cette culture !

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Le Maroc à l’entrecroisement des chemins économiques : Du Mare Nostrum à l’abysse Africain

by Mustapha Maghriti 19 février 2017
written by Mustapha Maghriti

Feu Hassan II n’a-t-il pas utilisé la célèbre allégorie, la fameuse métaphore pour définir le Maroc comme  » Un arbre dont les racines nourricières plongent profondément dans la terre d’Afrique, et qui respire grâce à son feuillage bruissant au vent de l’Europe ».
Le Maroc n’est-il pas en passe de retrouver son destin de grande capacité entre le Mare Nostrum et l’Afrique ? Sans commotions intempestifs, l’économie Marocaine et les mentalités se métamorphosent en profondeur et se dessine une vision historique ambitieuse pour les Marocains, mais aussi une vision éloquente qui doit parler aux Méditerranéens, aux Européens et aux Africains.Le Maroc puise deux itinéraires qui transpercent son territoire. La première voie Sud-Sud est celle de l’industrialisation du Nord de l’Afrique, de l’Egypte à l’Algérie, avec le Maroc au centre. La seconde voie, selon un axe Nord-Sud, est celui du gazoduc Ouest-africain, le West African Gas Pipeline (WAGP), futur tronçon sur 5 000 km qui longera la côte Ouest-africaine, de Tanger à Lagos, contribuant au développement du Sahel, tout en reliant l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne. Faut-il rappeler que le 3 décembre 2016, le Madiba Marocain, le Roi Mohammed VI en l’occurrence, et le Président Nigérian, ont donné le coup d’envoi de ce projet de gazoduc offshore qui devrait relier le Nigeria, troisième producteur de gaz naturel en Afrique, au Maroc, puis à l’Europe. 

Le premier chemin est horizontal, c’est celui de l’industrialisation du Nord de l’Afrique, de l’Égypte au Maroc. En effet, depuis 1980, presque tous les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée s’industrialisent. Ils usèrent de la politique d’industrialisation par substitution aux importations ; ils substituèrent la production intérieure (voiture, mécanique, biens d’équipements…) aux importations. Sans rupture, le Maroc, la Tunisie, le Liban, la Turquie, et la Jordanie sont devenus exportateurs de produits manufacturés, de machines et d’équipement de transport etc…
Avec le pacte national pour l’émergence industrielle, désormais considérés comme prioritaires les métiers mondiaux du Maroc (automobile, aéronautique, électronique, offshoring, textile et cuir, agroalimentaire) et à les doter de nouveaux espaces de 3éme génération : les Plateformes industrielles intégrées (P2I). Celles-ci offrent à tout industriel, du foncier à prix compétitif et des services mutualisés (guichet administratif unique, maintenance, restauration, formation, etc.). 
Faut-il rappeler que le pacte national pour l’émergence industrielle est un contrat programme visant à développer l’industrie au Maroc à travers le développement des métiers mondiaux du Maroc, à mettre à niveau le tissu de PME marocain, à améliorer la formation professionnelle et le climat des affaires. C’est un pacte signé le 13 février 2009 à Fès sous la présidence du Souverain Marocain et vise à faire du Maroc une plateforme d’investissements industriels. 

Ce mouvement d’industrialisation est conforté par les nouveaux comportements des entrepreneurs européens qui commencent à comprendre les bienfaits du codéveloppement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied au Sud de leur chaîne de valeur industrielle. Cette stratégie leur permet d’une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle, et d’autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents au Sud. Enfin ce mouvement est fortement accéléré par les Chinois qui vont délocaliser 85 millions d’emplois manufacturés en Afrique, et se positionner sur la rive sud de la Méditerranée pour approvisionner l’Europe. Ce mouvement est irréversible – le capital est à l’œuvre. Voilà pourquoi le Maroc entend profiter de ce mouvement, tant ses richesses humaines et son abysse africain lui attribuent un rôle stratégique. Ce premier chemin d’industrialisation est d’autant plus pertinent pour engager le pays qu’il se croise avec un deuxième chemin Nord/Sud que les Marocains veulent et vont construire avec l’Europe.
Le second chemin, en chantier, est vertical Nord/Sud. C’est celui du transport, de la logistique et du développement des provinces du Sud du Maroc qui doivent être enrichie de zones industrielles, de zones franches, de technopoles et de clusters industriels. Une Jonction qui reliera l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne en pleine effervescence économique. Le terrain entre l’Europe à l’Afrique via le Maroc est toujours en friche. Défrichons-le ! 

Le dicton ancestral Africain à travers la prose de Manu Dibango ne dit-il pas « On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler » ? C’est idem pour l’Europe, Maroc, Afrique. André Frossard n’a-t-il pas dit que « L’Europe cherche avec raison à se donner une politique et une monnaie commune, mais elle a surtout besoin d’une âme » ? Cette âme et sœur ne peut être que l’Afrique à travers le viaduc qui est le Royaume Chérifien du Maroc 

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Les relations économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique : Un Potentiel qui doit être optimisé

by Mustapha Maghriti 12 février 2017
written by Mustapha Maghriti

L’analyse des relations économiques internationales, en singulier entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne décèle un volume d’échanges graduels, réverbérerant une dynamique économique continuelle. Preuve en est, depuis 2009, les échanges commerciaux entre le Royaume et l’Afrique Subsaharienne connaissent un élan haussier enregistrant une croissance annuelle de 12,8% entre 2000 et 2015. Cependant, la teneur de l’Afrique subsaharienne dans le commerce extérieur du Maroc demeure molle comparativement avec notre partenaire classique l’Union Européenne (56,7%) ou la région MENA (15,3%) contre uniquement 3,4% avec l’Afrique subsaharienne. Un pourcentage infime qui montre paradoxalement le potentiel économique à exploiter avec l’Afrique. Cette impotence est imputable, entre autres, à la caducité des infrastructures des marchés financiers africains, du non application des protocoles commerciaux et de la quasi absence des lignes directes de transport terrestre ou maritime. 
En sus, le Maroc a conclu de nombreux accords avec les pays d’Afrique Subsaharienne, qui se concrétisent par des conventions tarifaires et commerciales, ou d’accords multilatéraux. Toutefois, la plupart de ces accords ne sont pas encore entrés en vigueur ou ratifiés. A titre illustratif, on peut énumérer les conventions multilatérales telles le projet d’accord de commerce et d’investissement avec l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) paraphé en 2008. D’autres conventions sont encore en cours de négociation telle la mise en place progressive de zones de libre-échange avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC). Derrière ces retards se dessine des gisements commerciaux importants qui devraient être débroussaillés avec l’Afrique subsaharienne et au commerce intra-africain à grande échelle. Le marché de la CEDEAO demeure un débouché méga-important qui compte plus de 300 millions de consommateurs, soit environ 9 fois la population marocaine, un marché composé pour la plupart d’une classe moyenne qui peut tirer la consommation intérieure de ces pays surtout que les dépenses de consommation sur le continent ont crû plus rapidement que le PIB africain selon les estimations du FMI. 

En outre, en vertu des rapports du commerce extérieur de l’Office des Changes, les relations commerciales entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne dénotent une asymétrie commerciale étant donné que les échanges commerciaux bénéficient davantage au Royaume qui peut être illustré par la balance commerciale, avec le continent noir, qui est devenue excédentaire depuis 2008. Le solde commercial a atteint 992,3 millions de dollars en 2015, soit 1% du PIB, après avoir enregistré des montants de 1 091,5 et 981,5 millions de dollars en 2014 et 2013 respectivement. Par ailleurs, alors que les exportations du Maroc vers l’Afrique subsaharienne connaissent une tendance haussière depuis 2009, les importations ont quant à elles suivi un trend baissier entre 2012 et 2014, pour rejaillir en 2015, enregistrant un taux de croissance de 70%. Une telle balance déficitaire ne peut que montrer les potentialités économiques et commerciales qui restent à optimiser encore une fois de plus avec les pays de l’Afrique notamment subsaharien. 
De surcroît, l’analyse des échanges internationaux entre le Royaume et l’Afrique subsaharienne montre qu’elles demeurent polarisées sur un nombre restreint de pays à l’instar de la Côte d’Ivoire, le Sénégal et avec une tendance plus prononcée vers l’Ethiopie constitués essentiellement d’engrais minéraux ou chimiques. La concentration commerciale entre le Maroc avec ces seuls pays montre les minerais économiques et commerciaux qui restent encore en friche et doivent être explorés. A titre d’exemple, le Maroc et la Côte d’Ivoire, ainsi que le Sénégal et/ou avec d’autres partenaires subsahariens ne devraient-ils pas intensifier leurs échanges en établissant à titre indicatif des accords commerciaux préférentiels ? Aussi, l’offre exportable du Maroc envers l’Ethiopie peut être davantage consolidée via des mécanismes appropriés et un meilleur ciblage des branches et secteurs que recèle ce pays, tout en maximisant sa complémentarité commerciale afin de mieux subvenir à la demande d’importations issue d’autres débouchés subsahariens. 

Le Maroc Export pourra mettre ses moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion et d’encouragement de l’offre exportable, encourager la coopération entre opérateurs économiques marocains et leurs homologues Africains et améliorer la compétitivité marketing des sociétés exportatrices marocaines vers les marchés subsaharienne. Dans cette institution, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises africains. Aussi, sur ces marchés africains, le Maroc ne pourra-t-il pas répondre à la première angoissse du continent celle de la sécurité alimentaire ? Le Maroc ne pourra-t-il proposer une expertise mais aussi une place de leader sur le marché des fertilisants ? 
En somme, Il est indéniable qu’il existe d’énormes potentialités en termes de commerce extérieur qui méritent d’être explorées et développées entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne. A ce titre, il devient urgent d’adopter une approche plus offensive à l’égard de ces partenariats à travers le renforcement du cadre réglementaire et les accords régissant les relations commerciales entre les deux parties. Celles-ci devraient donc œuvrer conjointement pour l’accélération de la mise en pratique des accords de libre-échange avec l’UEMOA, la CEDEAO et la CEMAC d’une part, et l’instauration d’instances chargées de faire le suivi des protocoles et accords commerciaux d’autre part. Ces marchés de proximité constitue une opportunité énorme, d’autant plus que le Maroc souhaiterait se positionner en tant que plate-forme commerciale, de production et d’investissement au carrefour des espaces africain, atlantique, européen, méditerranéen et arabe. 

Reconnaissant le, le coût de transport vers l’Afrique subsaharienne constitue une pierre d’achoppement à la fluidification des relations commerciales entre le Maroc et ses partenaires Africains et ce dépit de la signature des accords de libre-échange. Dès lors, il devient urgent de renforcer le côté infrastructurel et de connexions économiques et commerciaux et ce dans l’ambition de libérer le potentiel commercial entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. De même, cet obstacle peut être atténuer par une diversification de l’offre exportable Marocaine vers d’autres débouchés de l’Afrique de l’est, une région dynamique, et vers les pays anglophones comme le Nigéria, le Ghana ou l’Afrique australe en Zambie où le Souverain Marocain reprend son périple Africain à partir de ce Lundi 13 Février 2017. 
Le terrain des relations, économiques internationales entre le Maroc et l’Afrique reste en friche, le Roi Mohammed VI a balisé et défriché majestueusement et laborieusement le terrain à travers ses visites aux pays africains, 46 au total dans 25 pays et c’est aux entreprises privées de prendre le flambeau pour la course à la compétition africaine et ce, et sans prétendre à l’exhaustivité, à travers la diplomatie économique, la volonté des opérateurs économiques marocains, les caravanes de Maroc export, des missions B toB organisées par les banques ou des groupements professionnels pour donner une nouvelle impulsion aux relations économiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne. 

Une telle compétition ne peut qu’impulser l’investissement intérieur, créer des emplois, nourrir les capacités productives et optimiser le potentiel africain dans le but de favoriser l’intégration régionale africaine avec le reste du monde. Cet ancrage du Maroc à l’économie africaine et l’arrimage de celle-ci à l’économie mondiale ne devrait-il pas servir en tant que voie d’émergence économique mutuelle, à même de garantir une synergie entre les partenaires et propulser l’économie marocaine et Africaine vers un nouveau sentier de croissance et de dynamique économique mondiale ? 

12 février 2017 0 comment
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L’argent ne dort jamais ou l’économie internationale entre dynamique des Fusions & Acquisitions et statique de la croissance

by Mustapha Maghriti 5 février 2017
written by Mustapha Maghriti

L’argent ne dort jamais, le titre semble riper l’imaginaire des passionnés du cinéma vers le film culte « Wall Street: Money Never Sleeps » d’Oliver Stone incarné magistralement par le trio Michael Douglas, Shia LaBeouf et Josh Brolin. Il n’en est rien, il s’agit de la grande opération jamais réalisée en bourse aux USA par les gourous de la finance. En effet, au moment où le monde disserte de l’anémie de la croissance économique et de l’entretoise de la globalisation économique, les dynamiques de fusions acquisitions Internationales ne cessent de foisonner et les concentrations économiques n’ont jamais été aussi importantes. Pièce à conviction en est, le 22 octobre 2016, les deux grands géants AT&T et le groupe de médias Time Warner annoncèrent leur fusion cyclopéenne, soit la plus grosse alliance que le monde des affaires économiques internationales ait connu cette année écoulée, tous secteurs confondus avec la somme de 85,4 milliards de dollars
Au niveau mondial et en vertu du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement CNUCED, les fusions-acquisitions internationales ont connu une hausse importante et se sont chiffrées à 721 milliards de dollars, contre 432 milliards de dollars en 2014. Ce montant record est derrière les flux mondiaux d’investissement étranger direct (IED) qui ont bondi de 38 % pour atteindre 1 760 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis la crise économique et financière mondiale de 2008-2009. 

A titre illustratif, le grand opérateur des télécoms a pris le contrôle, entre autres, des chaînes de télé HBO, CNN et des studios de cinéma Warner Bros à qui on doit un grand nombre de célébrité planétaires dont Harry Potter, Spotlight ou les Affranchis. 
Cette fusion trouve sa justification dans la volonté stratégique des grands opérateurs télécoms de s’allier avec des créateurs de contenu pour alimenter leurs réseaux.
Faut-il signaler que cette tendance ne se cantonne pas au seul créneau de de la communication et des médias: On la retrouve dans d’autres niches économiques dont l’industrie automobile, l’industrie pharmaceutique, ou l’industrie agroalimentaire. Cette dynamique nourrit une course au gigantisme et à l’acromégalie en dépit d’un climat tumultueux de la croissance économique.
Plusieurs mobiles expliquent ce mouvement de fusion & acquisition au sein de l’économie globale : 
-Le premier est d’ordre économique et constitue une rétorsion rationnelle des grands groupes économiques et financiers à la faible croissance via un accroissement de leurs parts de m

arché, 
-Le second est d’ordre technologique et explique également ces rapprochements avec de grands groupes traditionnels qui prennent le contrôle des start-up dans les nouvelles technologies, 
-Le troisième est d’ordre politique derrière cette course aux fusions de la part des géants mondiaux qui s’inquiètent de l’insatiabilité des mastodontes financiers chinois qui arrivent sur les grands marchés avec une force de frappe financière sans égal et parviennent à prendre le contrôle de quelques fleurons de l’industrie européenne ou américaine,
-Le quatrième est d’ordre fiscal : Les fusions-acquisitions internationales enregistrées, en 2015 sont imputables à des reconfigurations d’entreprises, notamment à des transferts de domiciliation fiscale. Ce phénomène a été singulièrement manifeste aux États-Unis et en Europe, où plusieurs entreprises multinationales ont conclu des mégatransactions pour transférer leur domicile fiscal dans des pays où l’impôt sur les sociétés est plus faible et où les bénéfices mondiaux ne sont pas imposés.
Cette omnium au gigantisme distille et secrète une véritable rivalité sur un marché relativement limité provoquant une surenchère sans précédent sur les débouchés économiques et financiers. Ainsi, les sommes déboursées par les grands groupes sont estimées entre 20 et 40% supérieures à la valorisation des entreprises achetées. 
En sus, dans moult cas, les fondamentaux ne sont guère respectés et les retours sur investissements restent visiblement en deça des moyennes exigées pour ce type d’investissement.il s’agit tout compte fait d’une concentration économique de nature particulière qui s’inscrit dans une stratégie défensive dont le dessein est de faire face à une croissance des débouchés et ce à travers une augmentation des parts des marchés.
Faut-il souligner que le souci financier est loin d’être la première préoccupation dans cette course au gigantisme mais il s’agit plutôt de cimenter et resserrer les positions et les parts de marché des grands groupes traditionnels, particulièrement dans un contexte jalonné par l’appétit des groupes asiatiques et surtout chinois.

Cette stratégie de fusions & acquisition est d’autant plus fluidifiée et lubrifiée par des mécanismes et des des conditions de financement laxistes. En effet, le rush d’acquisition des années 2000 a été financée par les fonds de private equipty et les LBO qui répondent bien à un modèle de financement très particulier où l’exigence d’un très bon retour sur investissement est essentielle. Or, cette nouvelle vague bénéficie des politiques monétaires expansionnistes et des taux d’intérêt bas qui prévalaient dans la plupart des pays développés permettant par là aux grands groupes de franchir le rubicon et d’opérer leurs investissements en escomptant que l’effet taille contribue à l’amélioration de la rentabilité de ces investissements.
Tout compte fait, en dépit d’un contexte économique fébrile et d’une croissance atone, les grands groupes continuent à foisonner et font de la course au gigantisme le moyen de renflouer leur rentabilité et de préserver leurs parts de marché. Toutefois, cette effervescence et cette forte concentration du pouvoir économique motionne au plus haut point les responsables politiques. Les dirigeants Américains n’ont-ils pas appelé les régulateurs à observer attentivement ces évolutions et à mettre les réglementations nécessaires à même d’éviter la formation de monopoles qui seront à l’origine de dysfonctionnements de marché qui peuvent avoir des effets pervers sur les consommateurs ?

Ainsi, au moment où la croissance est morose, les inégalités à leur apogée suscitant lassitude et désespoir, les malabars économiques et financiers continuent leur quête d’expansion. De telles attitudes n’appellent-ils pas les pouvoirs démocratiques à une plus grande vigilance afin que la liberté économique ne détruise pas les deux autres piliers des sociétés démocratiques : la justice et l’équité ?

5 février 2017 0 comment
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Quelles apostrophes sur le comeback du Maroc à l’Union Africaine ?

by Mustapha Maghriti 30 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Quelle ironie du sort!! on a perdu la Coupe Africaine et le lendemain on a gagné l’Union Africaine. En effet, c’était ce Lundi 30 Janvier 2017 enfin de journée à Addis Abeba, lors du 28éme sommet de l’Union Africaine et avec une majorité écrasante qu’a été prononcé l’admission du Maroc comme Etat membre. Après plus de 32 ans de vacances de poste et au regard de ce regain historique, plusieurs apostrophes nous interpellent des éventuels corollaires économiques sur le tissu économique Africain.
Une précision est à souligner en guise de prologue : Si, en 1984, le Royaume s’est retiré d’une organisation censée de par le nom qu’elle portait développer l’Union Africaine, il n’a jamais tourné le dos au continent ; on ne peut aller à contre-courant de considérations tenant d’une logique géographique mais aussi et surtout historique et culturelle. 
Sur ce registre, feu Hassan II ne se plaisait-il pas à répéter la célèbre métaphore que « Le Maroc est un arbre qui plonge ses racines en Afrique ». Aussi, son successeur le Souverain Mohammed VI n’a-t-il pas préludé, le 24 février 2014, le discours d’ouverture du Forum économique d’Abidjan que « la crédibilité veut que les richesses de notre continent bénéficient, en premier lieu, aux peuples africains. Cela suppose que la coopération Sud-Sud soit au cœur de leurs partenariats économiques (…) accompagnés par une action crédible et un engagement constant». 
Une première apostrophe qui nous interpelle, le regain du Maroc à l’instance africaine ne permettra-t-il pas au Royaume d’élargir ses relations économiques avec d’autres pays Africains et ce en durcissant sa présence, cette fois ci, tant sur le plan institutionnel que sur le plan des instances Africaines ?

Une seconde interpellation nous apostrophe, le retour du Maroc à l’Union Africaine ne s’inscrit-il pas dans le cadre de la présence du Maroc dans la trajectoire africaine à travers les périples perpétuels du Souverain Marocain dans moult pays africains lithographiés, entre autres, par un accueil des plus chaleureux réservé à au Souverain, aussi bien au plan officiel que populaire ? Des tournées qui se sont concrétisés, sur le plan économique, par des investissements Marocains d’envergure dans les différentes sphères économiques africains ce qui atteste que le Maroc, malgré son retrait de l’OUA depuis plus de 32 chandelles, a perpétué sa stratégie d’ouverture sur le continent Africain en devenant le deuxième investisseur africain après l’Afrique du Sud et en jouant un rôle crucial dans les enjeux climatiques, migratoires et sécuritaires.
Une troisième interrogation nous hèle, la reprise des relations du Maroc avec l’Union Africaine n’est-il pas un corollaire et un pendant logique de la fortification des connexités économiques entre Rabat et les autres pays du continent noir ? Avec un tel retour au sein de la famille Africaine, le temps économique rattrapera le temps politique à travers le raffermissement de la présence politique au sein de l’Union Africaine.

Une quatrième interpellation nous appelle: La réactivation des relations de Rabat à l’Union Africaine ne va-t-elle pas permettre au Maroc d’exporter les compétences Marocains en apportant assistance technique et managérial aux pays Africains dans plusieurs domaines notamment dans les infrastructures, les télécommunications et les énergies renouvelables ?
Aussi, le Maroc pourra miser et parier sur les ressources naturelles et minières que recèlent les pays Africains à travers des expériences de la présence des investissements des Firmes Marocaines dans tels créneaux.
Une cinquième apostrophe se pose : L’omniprésence du Maroc dans les marchés africains n’aura-t-elle pas des répercussions sur le plan des recettes d’exportation et de devises ? Ne permettra-t-elle pas de renforcer la coopération Sud/Sud pour ne pas se scléroser et se lapidifier à la logique unilatérale avec les débouchés classiques ?

La sixième interrogation qui nous questionne : La réviviscence des liens du Maroc avec l’Union Africaine ne permettra-t-elle pas au Maroc, d’outrepasser le cadre bilatéral avec des pays comme le Mali, le Gabon ou le Côte d’Ivoire pour institutionnaliser des relations économiques internationales avec des pays africains dans le cadre d’accords multilatéraux ?
En guise d’épilogue, on ne peut que congratuler notre diplomatie économique et politique sous l’impulsion du Madiba Marocain, le Roi Mohammed VI en l’occurrence, pour cet acquis historique et qui aura des effets vertueux économiques sur le tissu économique africain d’abord puis avec l’instance politique qui rattrapera l’instance économique où le Maroc pourra jouer pleinement son rôle au sein de cette instance africaine, et arc-bouter mieux de l’intérieur la question du Sahara. 

30 janvier 2017 0 comment
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La croissance économique au Maroc 2017 entre le mythe de l’inclusion et la réalité de l’exclusion

by Mustapha Maghriti 29 janvier 2017
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C’était le Lundi 15 Janvier 2017, la publication de la 47ème édition du Forum économique mondial de Davos sur la compétitivité mondiale et le développement inclusif. Faut-il, en prélude, souligner que bien qu’il n’existe pas de définition universellement acceptée de la croissance inclusive, il n’en reste pas moins que celle-ci ne se cantonne pas au seul niveau de la croissance économique. Bien au contraire, la croissance inclusive accorde une attention singulière à la qualité de la croissance, sa durabilité et sa capacité à profiter à de larges couches de la population.
Qu’en est- il de l’économie Marocaine en matière du développement inclusif ?
En se basant sur une pondération qui s’étaie sur trois piliers, à savoir la croissance et le développement, la participation de la main-d’œuvre et la productivité et l’espérance de vie, sur un panel de 78 pays, le Maroc a été classé à la 45ème place derrière la Tunisie 44 éme et avant la Jordanie 54 éme, l’Egypte 55 éme place. 
Selon le document Suisse, le Maroc occupe la 64ème place en matière de croissance et de développement et la 25ème en équité intergénérationnelle. Le rapport a dénoté, par ailleurs, que notre pays se positionne à la 27ème place sur 34 en matière d’éducation et des compétences avec un score de 3.53, 26ème sur 37 en terme d’emploi avec un score de 3.89 et 23ème sur 37 dans le domaine de l’intermédiation financière et des investissements économiques réels et la 35ème dans le domaine de l’inclusion. 
Difficile avec un tel classement prétendre être candidat au peleton des rangs des pays à économie inclusive. Dans ce contexte et dans la configuration des métamorphoses qui traversent la planète et notre région en particulier, le défi pour le Maroc est non seulement de foisonner les opportunités de création de richesse et d’emplois, mais d’en assurer le bénéfice aux plus larges couches de la population.Le Forum a épanché, par ailleurs, que notre pays se positionne à la 27ème place sur 34 en matière d’éducation. Ce classement du Maroc atteste de la quadrature du cercle du développement humain au Maroc .

Le dernier rapport des Nations Unies sur le Développement Humain PNUD a positionné notre pays au même rang, ceci est d’autant plus pertinent que ledit rapport a été établi sur la base des statistiques officielles conceptualisées par des institutions nationales quoiqu’il est difficile de se prononcer sur les rapports et études internationaux, car nombreuses sont les questions que suscitent des polémiques au niveau de la méthodologie, des critères et des définitions ainsi que de l’interprétation des chiffres. Pourtant, les résultats de l’étude du Forum Economique Mondial de Davos demeurent analogues à ceux révélés par nombre de rapports nationaux et internationaux. 
La croissance économique enregistrée ne se reflète pas en termes de développement humain et matériel. L’augmentation des volumes des échanges et des investissements étrangers plus importants au cours de la dernière décennie n’ont pas bénéficié du fléchissement de la pauvreté et du chômage et de la précarité ; Les progrès réalisés en termes de performance macroéconomique sont compromis par un manque d’inclusion dans le modèle de croissance. Les populations rurales restent embobinées dans la pauvreté, la précarité et la déréliction, et dans les villes, la fracture urbaine croissante laisse de nombreux citadins exclus des avantages de la modernisation et de la vie en ville, sans emplois et sans revenus. Non seulement la croissance n’a pas réussi à procréer des dividendes en termes de développement humain, mais il a pu contribuer à l’ exaspération des disparités extrêmes de la qualité de vie et des inégalités stupéfiantes qui empêchent moult Marocain de réaliser leur potentiel. En d’autres termes, en dépit de la croissance enregistrée et des progrès réalisés dans les domaines de la santé et de la lutte contre la pauvreté, le modèle de développement marocain reste accolé aux limites de ses capacités inclusives, notamment en termes de création d’emplois décents et de réduction des inégalités sociales, spatiales et de genre.

A cet égard, moult rapports du Haut Commissariat au Plan HCP relatifs aux inégalités et disparités sociales et économiques corroborent et montrent que malgré les avancées notables du taux de croissance économique, le Maroc reste encore loin de la mise en œuvre d’une véritable économie inclusive. 
Sur ce sillage et dans le discours Royal du trône à l’occasion du 15 ans de règne, le Souverain Marocain ne s’est-il pas interrogé de manière chevaleresque et magnanime en posant des apostrophes sur la schizophrénie et de la dualité du modèle économique marocain ? Le Roi Mohammed VI n’a-t-il pas reconnu que la richesse économique de la Nation ne profite pas à tous les citoyens ? Les tournées royales, les manifestations de pauvreté corroborent, aux yeux du Roi Mohammed VI, l’ampleur des distorsions et disproportions sociales entre les 35 millions de Marocains.
Les 15 ans de dynastie constituèrent, pour le Souverain Marocain, une heure de vérité pour mettre les pleins phares sur la géographie et la cartographie de la richesse marocaine. Une richesse mal répartie a déploré le King Marocain. Le Roi l’appréhenda bien : les comptes sociaux nationaux ne donnent qu’une image réductrice et tronquée en cas d’évaluation pour la construction d’une stratégie économique nationale. Pour en apprécier toute la richesse, il est incontournable de savoir analyser son capital immatériel à même d’affiner la fibre sociale, d’uniformiser géographiquement et sectoriellement le développement du Maroc.
C’est la raison pour laquelle, la conception des politiques publiques ne devrait plus prendre en compte uniquement la croissance stricto-sensu, mais s’intéresser également aux concepts de bien-être et d’inclusivité.

Le Maroc a désespérément besoin d’une autre voie de croissance pour relever les challenges à la fois d’inclusion et de durabilité. Pour atteindre une croissance inclusive, les dirigeants et les décideurs doivent mettre en place des politiques et des institutions, soutenues par la bonne gouvernance, garantissant que les résultats élevés de croissance économique aboutissent à un plus large accès aux opportunités socio-économiques durables pour un plus grand nombre de personnes, en protégeant les groupes les plus vulnérables de la société Marocaine.Un engagement à émousser les inégalités est un Must et il faudrait trouver les moyens de s’attaquer aux disparités sociales liées à la richesse, au sexe et au clivage rural-urbain ainsi que de faciliter la mobilité économique et sociale en fonction de la croissance. L’Initiative Nationale de Développement Humain INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrice de revenus, mais ne peut, à notre sens, être un succédané à une véritable politique de croissance endogène et des revenus. L’INDH ne saurait être une panacée pour cicatriser la pauvreté. Elle ne peut être qu’une pièce du puzzle du vaste champ de réformes à même d’assurer la croissance et le recul de la pauvreté. Le capitalisme dans lequel s’est engagé le Maroc, en tant que dynamique économique, est d’abord un processus d’extension du marché et du rapport salarial. Mais la dialectique de ces deux rapports, une fois engagée, enfante de façon endogène ses propres limites. La subtile question qui se pose au-delà de l’INDH : Comment assurer un maillage et une articulation cimentée de la dynamique du capitalisme avec celui de la société et les forces productives au Maroc ?

Le développement économique et social inclusif du Maroc doit passer inlassablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance. À ce titre, pour Amartya Sen, (prix Nobel d’économie en 1998) « le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique et pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active » ceci nous incite à déterrer une citation de Nelson Mandela : « La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité ».

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Quels challenges de l’économie Marocaine en 2017 ?

by Mustapha Maghriti 23 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Nous sommes déjà à l’orée du Mois de Janvier 2017, quel bilan de l’année 2016 peut-on faire de la situation économique, financière et sociale de l’économie Marocaine ? 
L’année 2016 a été économiquement acariâtre et tumultueuse. La croissance économique est restée atone gravitant dans l’orbite du chiffre rachitique de 1,1% en 2016 contre 4,5% en 2015. L’ investissement était flemmard et en net ralentissement depuis 2010 selon les dires même du patron du Haut commissariat au plan HCP. Aussi, cette année a été jalonnée surtout par la montée de grandes distorsions macroéconomiques qui sont à l’origine d’une augmentation de l’endettement et du déficit commercial. 
En effet, en tenant compte de la dette intérieure garantie, qui s’est établie à 21,2 Milliards de DH, la dette publique du Maroc caracole à quelque 828,3 Milliards de DH, soit environ 81,8% du PIB pour 2016, après 59,4% en 2010 marquant un accroissement de plus de 22 points du pourcentage du PIB.
Concernant le poste des échanges commerciaux, le déficit de la balance commerciale renoua avec la hausse, puisque, selon les derniers chiffres de l’Office de Change, il s’est creusé de 25,3 Milliards de DH, s’établissant ainsi à 184 Milliards de DH avec une dégringolade du taux de couverture des importations par les exportations qui a chuté de 58,7% à 55%.

Nous affrontons ainsi une situation économique escarpée et à laquelle il faut trouver des répliques économiques rationnelles urgentes. Notre pays a entamé une transition politique majeure avec la nouvelle constitution de 2011 qui en fait un exemple dans le monde arabe connu sous le nom de l’exception Marocaine. Nous avons franchi des étapes importantes sur cette voie de démocratie. Toutefois, la transition économique est toujours en panne. Cette entretoise se situe à un double niveau : macroéconomique avec une forte vétusté des grands équilibres et structurelle avec la difficulté de passer à un nouveau mode de développement. Cet état économique explique la situation sociale épineuse marquée par un niveau de chômage assez élevé et des situations sociales difficiles, singulièrement dans les régions désenclavées. 
En outre, il convient de noter trois développements importants durant l’année 2016 :
– Le premier concerne l’adoption du nouveau plan d’investissement qui était en discussion depuis de longues années. Cette réforme, qui a été présidée par le Souverain Marocain le 4 Juillet 2016 au palais Royal de Casablanca, s’articule autour du recalibrage de la charte de l’investissement, la redéfinition de son contenu, l’adoption de nouvelles mesures de soutien et d’incitation à l’investissement. 

Les textes d’application doit être finalisés pour préciser les conditions d’application. A ce niveau, il convient de souligner qu’il reste encore du travail à accomplir, notamment du point de vue institutionnel avec un foisonnement d’institutions de promotion de l’investissement dont l’action n’est toujours pas coordonnée, notamment avec l’Agence Marocaine de développement des investissements AMDI, Maroc-export et l’Office des Foires et Expositions de Casablanca O.F.E.C. A cet égard, le nouveau plan d’investissement vise la restructuration des organes de promotion de l’investissement à travers une agence unique qui fusionnera l’AMDI, l’OFEC et Maroc Export et qui mettront en commun leurs moyens humains et financiers pour servir le Maroc en matière de promotion des investissements et d’encouragement de l’offre exportable. Dans ces institutions, nous pensons qu’il faut réfléchir à engager des acteurs économiques émanant du secteur privé afin de les rapprocher des préoccupations des entreprises.
– L’autre nouvel événement qui a scruté l’année écoulée est la réussite de la grande Conférence de la COP22 qui s’est déroulée dans la cité ocre Marrakech. Cette conférence a montré la mobilisation de toute la communauté internationale en faveur de notre pays. Il s’agit d’ores et déjà de nous assurer de la concrétisation de ces promesses en de vrais projets d’investissement. A ces deux développements, il faut ajouter la nette stabilité du Maroc au regard des troubles et remous politiques que connait l’arène mondiale et régionale et qui devrait exhorter les investissements et permettre au secteur touristique de booster davantage ses activités. L’année 2016, somme toute, a été mitigée : D’un côté, des difficultés à faire redémarrer la machine économique et, de l’autre, des promesses importantes en notre faveur. C’est à nous de capitaliser ces promesses pour les concrétiser en projets porteur d’investissement, de croissance et d’emploi.

Qu’en est-t-il , dans cette chronique, des perspectives d’avenir pour l’année 2017 ? 
L’année 2017 doit être celle du redressement économique : Le tissu économique et social Marocain ne peut continuer avec une situation économique taciturne, une croissance économique cacochyme et un fort obscurcissement des grands équilibres économiques. L’investissement doit aussi sortir de l’attentisme. A notre avis, nous devons cibler la flèche autour de trois points de mire : 
-La première, essentielle et incontournable, est celle du rétablissement de nos comptes publics et de nos grands équilibres macroéconomiques. Ceci passe par une politique industrielle performante et une politique commerciale offensive qui permettra de renflouer le poste des recettes en devises pour désamorcer la crise de la dette et de réserves de changes surtout que le Maroc ambitionne de bifurquer vers un régime de change flottant.
-Le deuxième défi inéluctable concerne le retour de l’investissement et la sortie des investisseurs de leur finasserie. Cette reprise est fondamentale dans la mesure où elle relancera la croissance et l’emploi. C’est à l’Etat et aux investissements publics de rompre cet attentisme et de baliser le terrain en termes d’investissements productifs qui serviront de signaux aux acteurs économiques et d’accélérer la sortie du tunnel. A ce titre, il est à signaler que le Maroc entama l’année 2017 sans loi de finances ; L’Etat fonctionna sur la base des décrets de dépenses et de recettes pris au cours du Conseil de gouvernement du 15 décembre 2016. C’est dire que l’année commenca sous le signe de la continuité, dans une large mesure, avec la politique du gouvernement sortant en matière économique. A cet égard, un Budget Général de l’Etat BGE ne permet-il pas de porter un regard sur la pertinence des choix et arbitrages présentés par le gouvernement en matière budgétaire et fiscale à court terme. N’offre-t-il pas aussi et surtout un moment privilégié pour s’interroger sur la cohérence de ces choix avec la stratégie de développement suivie sur le moyen et le long termes ?

– Le troisième enjeu est d’ordre structurel et concerne le développement d’une véritable stratégie de développement industriel. Nous croyons qu’un angle d’attaque serait de structurer une nouvelle stratégie de transformation structurelle autour des secteurs porteurs qui se développent dans notre pays comme les composants automobiles, l’industrie aéronautique sans pour autant occulter les secteurs classiques, à l’instar de l’agroalimentaire ou le textile. A ce niveau, l’une des priorités est de connecter les pôles de prodcuction aux pôles de commercialisation et d’exportation et de permettre la mise en œuvre réussie des différentes stratégies sectorielles.
– Le quatrième challenge pour lequel nous devons œuvrer est un changement d’attitude de notre administration à l’égard du secteur privé. Il est impératif que la mécanique administrative se mette réellement au service du secteur privé et de son développement. Sur ce sujet, dans son discours du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain n’a-t-il pas mis les pleines phares sur les diverses entraves auxquelles butent les acteurs économiques nonobstant la création des centres régionaux d’investissement CRI et l’utilisation du guichet unique pour fluidifier les procédures et accélérer le processus décisionnel relatif à l’acte d’investir ? L’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, le Maroc ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux que s’il remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 

En substance, l’année 2017 doit être celle du redressement économique, et de faire du rétablissement des grands équilibres macroéconomiques, de la relance de l’investissement et de la croissance et de la transformation structurelle de notre économie ses grandes précellences. Nous pensons que notre pays a le potentiel de devenir un pôle d’émergence économique dans la région MENA comme beaucoup d’autres pays de petite taille comme Singapour. Pour cela, nous devons disposer d’une vision et d’un projet économique et social clair, capable de mobiliser et militariser les forces économiques et sociales de notre pays. 

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Le warning du FMI sur la dette mondiale

by Mustapha Maghriti 9 janvier 2017
written by Mustapha Maghriti

Ce Mercredi dernier du 4 janvier 2017, le rapport semestriel alarmiste du FMI (Fiscal Monitor) fait froid dans le dos : Huit ans après la détonation de la bulle immobilière qui avait enfanté la pire crise financière depuis la Grande Dépression du Jeudi Noir 1929, la dette n’a fait que continuer de s’enfler. En effet, la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale (dette mondiale) a doublé (à prix courants) atteint son apogée avec le montant record de 152.000 milliards de dollars, soit plus du double (2,25) de la richesse mondiale.
Ce phénomène a été facilité par les taux d’intérêts très bas, voire négatifs, imposés par plusieurs grandes banques centrales. Beaucoup de Gouvernements se sont en effet endettés à travers des programmes de relance via des politiques d’assouplissement monétaire des grandes banques centrales pour tenter de faire relancer les économies nationales atones. 
Ce flamboiement de l’endettement est principalement imputable au secteur privé, qui a profité à plein de l’ère de « l’argent pas cher » alimentée par les politiques monétaires ultra-accommodantes des grandes banques centrales. 
La plus grande partie de la dette est polarisée dans les pays nantis, mais la Chine demeure le pays qui le plus emprunté qu’auparavant sur les dernières années. En effet, la dette chinoise a quadruplé depuis 2007 : Alimentée par le secteur de l’immobilier et le shadow banking, la dette totale de la Chine a escaladé de 7.000 milliards de dollars en 2007 à 28.000 milliards de dollars à la mi-2014. A 282% du PIB, la part de la dette chinoise par rapport au PIB mondial, est plus importante que peut représenter celle des Etats-Unis ou de l’Allemagne. 

D’autres pays ont également vu leur dette publique foisonner et pâtissent eux aussi de la conjoncture économique tumultueuse, qui les empêche d’écourter ce fardeau, souligne le FMI. La dette du Japon devrait atteindre 250 % de son PIB, celle de la Grèce 183 % tandis que celle de la France devrait frôler les 100 %, selon les nouvelles pronostics du FMI.
En outre, même si les pays les plus pauvres sont relativement moins endettés, beaucoup ont eu tendance à augmenter fortement leur recours au crédit.
Au niveau de la répartition sectorielle, les deux tiers de cette dette émanent du secteur privé, mais la dette publique de moult pays s’est aussi beaucoup développée depuis la crise financière. 
Nous pensons, en guise de conclusion, que la dette mondiale se révèle aujourd’hui un lourd handicap pour de nombreuses entreprises et constitue un grand frein à la reprise mondiale et un risque pour la stabilité financière. Une telle dette n’est pas sans nous laisser poser 4 sortes de problèmes :
– Le premier problème est le remboursement d’une telle dette : Comment rembourser une dette qui est plus de deux fois plus importante que la richesse de l’économie mondiale ?
– Le deuxième problème est le remboursement, par les pays riches, d’une telle dette au regard d’une croissance économique anémique

– le troisième problème tient au remboursement de la dette par les pays du Sud : Pour rembourser leurs dettes, les pays du Sud doivent puiser fortement dans les réserves de change qu’ils ont accumulées au cours des dernières années en raison de la hausse des prix de leurs exportations. Ces réserves menacent de fondre à un rythme plus ou moins rapide (c’était notamment le cas de la République démocratique du Congo, de l’Equateur, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh, 
– Le quatrième problème est le remboursement d’une telle dette au regard du scénario fort probable d’une reprise de la hausse des taux d’intérêt. L’épargne présente dans le secteur bancaire, au lieu de servir à l’investissement productif, que ce soit sous la responsabilité des pouvoirs publics ou celle des acteurs privés, est systématiquement déviée vers un comportement parasitaire de rentier.

9 janvier 2017 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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