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Mustapha Maghriti
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La revanche des politiques industrielles dans le monde : Les raisons d’une anaphore économique

by Mustapha Maghriti 19 juillet 2019
written by Mustapha Maghriti

Le débat relatif aux politiques industrielles a connu ces derniers années des rebondissements majeurs tant au niveau national qu’au niveau international, tant dans le débat économique que dans les politiques économiques publiques. 
Ce débat économique a connu une césure profonde dans les philosophies défendues par les économistes depuis le début des années 80 faisant des politiques industrielles l’anathème d’une branche économique en quête de recognition et de scientificité à la Karl Popper. Ces politiques économiques qui étaient le point de mire des efforts déployés de reconstruction d’après-guerre et postcoloniale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont été réfutées par la contre-révolution d’obédience néolibérale du début des années 80 qui a ratiboisé avec elle toute forme d’interventionnisme étatique. 
Dorénavant, c’est à la libre concurrence et au marché de prendre en charge la réallocation des ressources rares, l’Etat devant se limiter à son rôle régalien et de régulateur de l’activité économique.
La contre-révolution néolibérale a fait tâche d’huile et s’est également attaquée aux politiques commerciales protectionnistes qui se sont développées dans le sillage des politiques industrielles qui seraient, selon les nouveaux prophètes de l’économie libérale, à l’origine du développement de comportements rentiers et d’une grande inefficience dans la redistribution des ressources et des fruits de la croissance. Cette contre-offensive a ouvert la grande porte à la concurrence à l’échelle internationale et à la globalisation « malheureuse » ou « heureuse » qui fera de l’arène économique mondiale un grand marché au profit des grandes Firmes Multinationales FMN. 
Or autant en emporte le vent, ce consensus des économistes périclita rapidement avec les crises en cascade du capitalisme et le reculement du crédit des agents économiques dans la capacité du marché à contrôler l’ordre spontané du marché pour reprendre F.Hayek. 

De ce fait, les débats économiques se sont alors redirigés vers la problématique de la concurrence imparfaite et de l’information opaque qui ont ouvert, à son tour, la voie à une anaphore de l’Etat afin de « contrepeser » les différentes imperfections du marché.
En sus de cet hiatus du consensus chez les économistes, ce débat a été jalonné par une seconde rupture dans les politiques économiques publiques avec la décision des grands pouvoirs économiques à redéfinir le volet industriel et de s’y engager de manière proactive et ce dans le dessein de défendre leurs intérêts dans la quatrième révolution industrielle, ce qui a ouvert la voie à une concurrence effrénée sur les marchés internationaux. 
Pour illustrer notre propos, le 5 février 2019, le Gouvernement Allemand a annoncé le lancement d’une nouvelle politique économique industrielle baptisée « stratégie industrielle nationale 2030 ». Cette annonce constitue une dissonance charnière dans la conduite des politiques économiques, car, faut-il le rappeler, dans L’héritage politique et économique Allemand, l’Etat a toujours gardé son impartialité et sa neutralité au regard de l’économie germanique et plus singulièrement dans son comportement par rapport aux grands groupes industriels. 
Or, cette politique industrielle a montré ses limites aux yeux de l’exécutif Allemand puisque les entreprises Allemandes piétinent sur les marchés internationaux face à la concurrence féroce des entreprises multinationales, en particulier, chinoises. 
A titre illustratif, l’acquisition en décembre 2016 de la totalité du capital de l’entreprise Kuka, réputée dans la fabrication des bras articulés intelligents et considérée comme l’une des championnes de l’industrie 4.0, par le Groupe Chinois Midea, a eu un effet de choc aussi bien auprès du Gouvernement Allemand comme auprès de l’opinion publique pour préparer les esprits à même à reformater la conduite de la politique industrielle ayant pour objectif la défense des entreprises Allemandes face à la rivalité internationale.

Idem, la Chine a fait le même choix quelques années plus tôt, en mettant en place une politique industrielle ambitieuse afin d’assurer la nouvelle prépotence chinoise sur l’industrie mondiale. Cette stratégie a été appelée MIC25 ou « Made in China 2025 » et les travaux préparatoires ont germiné déjà en 2013, avant qu’elle ne soit adoptée en 2015 avec pour dessein un retour aux fameuses vieilles stratégies d’import-substitution faisant du remplacement des importations par la production nationale le cœur de l’industrie chinoise 4.0. Cette politique industrielle s’est fixée des objectifs quantitatifs ciblés dans les différentes niches que les entreprises industrielles chinoises doivent atteindre. 
En sus, pour parvenir à ses objectifs, le Gouvernement Chinois a déployé tout un éventail sans précédent de moyens financiers qui sont estimés à plus de 2000 Milliards d’euros.Ainsi, comme d’autres exécutifs dans le monde, les Gouvernements Chinois et Allemand, ont lâché pied avec la neutralité et la stratégie industrielle du « benign neglect » pour s’engager dans des stratégies agressives à même de rebâtir leur compétitivité industrielle et commerciale sur l’échiquier mondial. 
Il faut mettre en lumière que malgré la pléthore de ces stratégies industrielles, il est possible de discerner trois grandes caractéristiques communes : 
– La première concerne les nouveaux secteurs industriels ou ce qui est communément appelé « l’industrie 4.0 » pour étançonner les capacités industrielles des Etats, les renforcer et maîtriser les transformations technologiques profondes que connaissent les différents secteurs, 
– La seconde caractéristique concerne l’intervention de l’Etat dans ces nouvelles stratégies industrielles et le rôle de plus en plus omniprésent qu’il prend dans différents chaines industrielles, de l’amont jusqu’à l’aval, notamment le financement, l’appui à la recherche scientifique et le soutien aux exportations, 
– La troisième caractéristique concerne l’appui aux entreprises nationales, particulièrement au regard de la concurrence internationale acharnée, et la mise en place de stratégies de constitution et de soutien aux « champions nationaux ».
Il importe de mettre en lumière, que nous traversons aujourd’hui d’importantes métamorphoses et transformations économiques qui ont amené les grands pays à sortir des politiques néolibérales ayant marqué les politiques publiques du début des années 80, et à mettre en place, des stratégies étatiques actives visant à soutenir leur compétitivité dans les nouveaux secteurs industriels. 

Ces commutations ne doivent-ils pas, en guise de conclusion, nous amener à repenser nos choix de politique économique, sortir de la vision étroite qui prédomine et qui cantonne leur rôle dans la gestion des grands équilibres macroéconomiques, et donner aux politiques industrielles, toute leur revanche et leur piédestal pour assurer un développement inclusif et une séquence vertueuse porteuse de croissance, d’investissement et d’emploi ? 

19 juillet 2019 0 comment
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Quand l’Inde  » flingue » la pauvreté au jour le jour

by Mustapha Maghriti 16 juillet 2019
written by Mustapha Maghriti

Depuis la nuit du temps, le commun des mortels mena un combat contre un des anathèmes de la terre, la pauvreté en l’occurrence. Une pauvreté qui fait priver l’être humain de la nourriture, l’eau potable, les vêtements, le logement et le chauffage, autrement dit le manque d’accès aux services sociaux de base, l’accès à des soins de santé et l’éducation. 
Partout dans le monde, pays développés ou en développement, les gouvernements ont une obsession universelle de la lutte contre la pauvreté, et s’efforcent tout au moins de la contrôler. 
Cette bataille contre un ennemi redoutable qui est la pauvreté n’est pas une entreprise facile et ne date pas d’aujourd’hui, le deuxième Khalife de l’Islam OMAR IBN ALKHATTAB qu’ALLAH l’agrée, a dit un jour « Si la pauvreté était un homme, je l’aurai tué ». Tuer la pauvre demande un arsenal des plus grands et des plus efficaces et à sa tête, la croissance et la solidarité 
En vertu de l’indice mondial Multidimensional Poverty Index 2019 MPI de l’ONU et de l’Oxford Poverty and Humam Development Initiative OPHI, (qui compte des revenus mais aussi d’indicateurs tels que la nutrition, l’assainissement, la mortalité infantile, l’accès à l’eau potable, l’électricité), la Terre compte 1,3 Milliard de pauvres multidimensionnels 
Sur ces 1,3 Milliard de pauvres multidimensionnels, 886 millions vivent dans des pays à revenu intermédiaire, 440 millions d’autres personnes vivent dans des pays à faible revenu. Il est également frappant de constater que, dans ces pays, 1 enfant sur 3 est multidimensionnellement pauvre, contre 1 adulte sur 6. 85 % des enfants les plus pauvres vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. 

Les Nations Unies ont étudié un panel de 101 pays dont 10 pays comptant une population totale de 2 Milliards d’habitants afin de mieux suivre les progrès accomplis dans la lutte contre la pauvreté. Il s’agit du Bangladesh, du Cambodge, de la République démocratique du Congo, de l’Ethiopie, d’Haïti, de l’Inde, du Nigeria, du Pakistan, du Pérou et du Vietnam. 
C’est en Asie du Sud que les progrès sont les plus importants, l’Inde (-271 millions de pauvres) et le Bangladesh (-19 millions) étant en tête de liste. 
Ce sont l’Éthiopie, le Pérou et l’Inde qui réalisent les progrès les plus importants pour tous les indicateurs. Mais les progrès les plus rapides sont enregistrés, au Cambodge et au Bangladesh et surtout surtout en Inde. 
Si, naguère, la Chine a été championne du monde de la lutte contre la pauvreté où elle fait sortir 35 000 personnes de la pauvreté chaque jour, ces nouveaux chiffres des Nations Unies montrent ces dernières années que l’Inde fait encore mieux et réalise également les progrès les plus rapides : En 2005-2006, 55,1 % de a population indienne (soit 640 millions de personnes) étaient des  » pauvres multidimensionnels ». 
Entre 2015 – 2016, ce chiffre est tombé à 27,9% (soit 369 millions) et en moyenne, entre 2006 et 2016, plus de 271 millions de personnes y ont été sorties de la pauvreté, soit un score éloquent de 74 250 par jour. 
Une Inde très vaste qui a emprunté une autre voie que celui dont se targue l’occident. Y a-t-il un secret dans cette décrue de la pauvreté? Rien de bien mystérieux. Y a-t-il un abracadabra ? Rien de sorcier : délaisser les modèles économiques qui brodent les portefeuilles des experts et organismes internationaux et retenez un sésame : un État patriote et protagoniste, une élite économique au service de l’investissement privé, un fort dynamisme entrepreneurial en Inde grâce notamment aux réformes de l’État menées dans les années 1980, une main-d’œuvre méga formée au rythme des chamboulements cognitifs et technologiques que connait l’économie mondiale, un projet ambitieux, une volonté de béton, une ténacité à toute épreuve et le tour est joué. 
Grâce à ces ingrédients, l’Inde carbure sur le toit de l’économie mondiale puisqu’elle occupe depuis 2018 le cinquième empire économique mondiale en tant que puissance sur l’échiquier mondial en dépassant le Royaume-Uni et la France et de facto trois des cinq plus grandes économies de la planète seront asiatiques : la Chine, l’Inde et le Japon. 

Depuis 2015, l’Inde est le pays du G20 qui connaît le taux de croissance économique le plus élevé. Il caracole au-dessus de 7 % et fait mieux que la Chine voisine.   Cette situation n’est pas prête à s’arrêter et devrait se pérenniser, et l’économie d’un pays de 1,324 Milliards d’habitants prendra de plus en plus le large. La boule de cristal du Centre for Economics and Business Research ne prophétise-t-elle pas qu’en 2032, l’Inde deviendra la 3éme puissance mondiale ?

16 juillet 2019 0 comment
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Violence contre les femmes au Maroc : Le silence des agneaux face à une société misogyne et phallocrate

by Mustapha Maghriti 12 juillet 2019
written by Mustapha Maghriti

Ce Mardi dernier 9 Juillet 2019 s’est tenu à Rabat au siège de l’Agence Maghreb Arabe Presse le Forum de la MAP, qui est un espace de débat sur les questions d’actualité aux plans politique, économique, culturel et qui avait pour thématique  » lutte contre la violence à l’égard des femmes : Quelle approche? ». 
C’était une opportunité pour mettre l’accent sur les efforts déployés au Maroc pour faire face au phénomène de la violence à l’égard des femmes, ainsi que les avancées réalisées dans ce domaine. 
Bien que la violence envers les femmes et aux filles ne connaissent pas de frontières géographiques ni culturelles (toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France), Il faut avouer que les chiffres qui ont été avancés lors de cette rencontre font froid dans le dos. En effet, la prévalence de la violence à l’égard les femmes demeure très élevée ; elle a atteint un taux insoutenable qui était de l’ordre de 54,4%. 
Sur le plan de la répartition spatiale, le taux de prévalence des violences est plus élevé dans les zones urbaines, soit 55,8%, alors qu’il s’élève à 51,6% dans les zones rurales en vertu des résultats de la deuxième enquête nationale de Mars 2019 relative à la prévalence de la violence à l’égard des femmes. 
Par groupes d’âge, les plus ébranlables sont les femmes âgées de 25 à 29 ans avec un score inquiétant qui frôle les 60%. 
Par formes de violence, le taux de prévalence de la violence psychologique a atteint le pourcentage de 49,1%, alors que la violence économique est de 16,7 %, la violence physique 15,9% et la violence sexuelle 14,3%. 
En outre, plus 349.688 femmes, soit 3,2% âgées entre 18 et 64 ans, ont subi toutes les formes de violence, tandis que 12,4% de femmes marocaines ont subi des actes de violence dans l’espace public avec un taux de 66,5% pour la violence sexuelle, 49,1% pour la violence psychique et 33,2% pour la violence physique. 

Il faut souligner que le harcèlement se développe de plus en plus en milieu professionnel dans la mesure où 24,3% des femmes employées ont été violentées en milieu du travail. 
Pour ce qui est de la violence électronique, force est de constater que 13,4% des femmes ont déclaré avoir été victimes de la cyber-violence. Ce sont les jeunes filles qui ont un niveau élevé d’enseignement qui sont plus vulnérables à ce type de violence dans un environnement de foisonnement des différents moyens de réseaux sociaux qui favorisant l’usage d’Internet à des fins volontairement offensantes et de harcèlement. 
Ce qui encore plus frappant et plus cruel est le mutisme des femmes Marocaines qui subissent toutes les formes de violence : Un total de 93,4% des femmes violentées ne portent pas plainte contre leur agresseur en souffrant en silence. 
Nous pensons que les solutions à ces formes de violence doivent transcender la vision du département de Bassima Hakkaoui (approche des droits de l’Homme, cohésion sociale et familiale, la répression). Le silence, la frayeur et la crainte demeurent prépondérant dans une société phallocrate et machiste: Le pourcentage des femmes violentées qui portent plainte à leur agresseur est très infirme qui est de l’ordre de 6,6% seulement (7,7% pour les femmes urbaines et de 4,2% pour les femmes rurales). Nous pensons aussi que ce n’est pas la fameuse Loi 103-13 relative à la lutte contre la violence envers les femmes qui va mettre un terme à la violence contre les femmes. 

Ces différents types de solutions de lutte contre l’agression et de violence à l’encontre des femmes se situent beaucoup plus en aval pour qu’ils puissent aboutir à des résultats probants. A ce titre, ne devra-t-on pas revenir vers l’amont à nos sources de l’éthique et des valeurs dictées par l’Islam il y a plus de 14 siècle. 
Ne devra-t-on pas revenir aux sources authentiques de notre culte qui rejettent toutes les formes de tutelle et de soumission imposées à la femme les conduisant à une stéréotypisation des rôles sociétaux qui lui sont attribués ? Ce sont ces valeurs authentiques qui apportent réponse aux extrémistes qui se sont basés sur certaines lectures coraniques et interprétations biaisées à leurs caprices, en glissant vers des conclusions vicieux, sadiques et infondées, selon lesquelles l’Islam inciterait à la violence contre les femmes. 
Très loin de tout extrémisme de tout bord barbu, de gauche ou de droite, il est un Must de rapprocher les préceptes de l’Islam, les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater une conscience humaine autour des valeurs de la promiscuité, et de la cohabitation. 
Le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur lui a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim « Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes. » 
Aussi, d’après Abou Houreira qu’ALLAH l’agrée, le Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur lui a dit: « Les croyants ayant la foi la plus parfaite sont ceux qui ont le meilleur comportement et les meilleurs d’entre vous sont les meilleurs avec leurs femmes ». 

Face à cette agressivité envers les femmes, le Prophète, paix et bénédiction sur lui, nous recommande dans ce récit, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer doux avec elles, pour preuve, il les fait ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant son décès :  » Je vous conseil la bonté envers les femmes ».

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Baccalauréat au Maroc et la boite de pandore des mentions

by Mustapha Maghriti 8 juillet 2019
written by Mustapha Maghriti

Le Dimanche du 23 Juin 2019 était le jour qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat, Ils étaient 212.169 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du baccalauréat pour cette année 2019, soit 65,5%. IL y a dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 
En termes d’évolution, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a escaladé, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a grimpé de 28 points et de 17 points en deux ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 
109.187 candidats ont obtenu leur BAC avec mention, soit 51,46% de l’ensemble des bacheliers, 57,3% sont des filles ont obtenu une mention. 
La meilleure moyenne a été obtenue au niveau de l’Académie régionale de Rabat-Salé-Kénitra dans la branche Sciences-Mathématiques B – section française (19,40) selon les chiffres officiels du ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique-département de l’Éducation nationale. 
L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions bien et très bien soient distribuées à discrétion ? 
Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a préludés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisan ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 
De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser moult apostrophes. 
Le système éducatif marocain que tous les rapports mondiaux issus d’organisations internationales pointent du doigt en l’affublant de toutes les épithètes péjoratives ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cet « ouragan » des mentions dont s’adjugent 51,46% des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au bac sont servies à profusion et à volonté. 
Devant ce pullulement des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

Si jadis, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 
Le Ministre de l’Education Nationale, avait promis, une refonte du système du baccalauréat à partir de cette rentrée scolaire 2018-2019. Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions. 

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Le Co développement : Une réplique et solution à l’immigration des Africains vers l’Europe

by Mustapha Maghriti 3 juillet 2019
written by Mustapha Maghriti

Et voilà encore l’anathème du siècle, le terrorisme international en l’occurrence s’abreuve de plus en plus en Afrique, Pour pièce à conviction, dernièrement, le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria ont été le point de mire d’offensives criminelles et misanthropes. 
Le terrain demeure miné et fertile au terrorisme puisque les Etats Africains sont ébranlables et vulnérables, car nécrosés par le chômage, l’économie rentière, la mauvaise gouvernance, la corruption, le « remue-ménage » des systèmes économiques où les matières premières sont extorquées et confisquées par un petit cercle proche du sérail et du pouvoir politique et économique qui ont ratiboisé les institutions Africaines. 
Selon plusieurs études économiques de la Banque mondiale, du FMI et d’autres organisations internationales, l’Afrique c’est le plus grand gisement de la croissance économique, l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable. Des pays à l’instar du Rwanda, de l’Ethiopie ou du Ghana ont réalisé des prouesses économiques qui se confirment de plus en plus dans le temps en augurant une véritable émergence économique sur l’échiquier mondial.

Nous pensons que l’Europe et l’Afrique sont « boulonnées » par un destin commun et de facto, l’Europe ne peut pas rester indifférente en démissionnant de la destinée de l’Afrique et ce en se cantonnant aux orientations mercantiles et paternalistes tout en poursuivant son soutien à des régimes vermoulus au nom de la « Real politik ». 
C’est un secret de polichinelle que les deux épées de Damoclès les plus effarantes qui pèsent sur l’Europe sont l’immigration et le terrorisme : 
– D’une part, l’immigration, sous toute ses formes, galvanise des rébellions importantes et à la poussée fulgurante des mouvements politiques et sociaux d’extrême droite qui terrifient et terrorisent la cohésion nationale des pays européens, 
– D’autre part, le danger terroriste qui se propulse et se translate, l’Afrique en devient un métacentre tangible. De ce fait, l’Europe ne doit pas prendre plaisir d’un voyeurisme aveugle en « déposant son bilan » de ses responsabilités tout en invoquant les pays riverains de la Méditerranée à l’exemple du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie à jouer le rôle de suzerain de l’Europe.Nous arguons, d’emblée, que cette politique est un fiasco patent et l’histoire politique et économique toute récente le corrobore. Néanmoins, un palliatif existe ; il s’agit de la coproduction, du Co-développement étayés sur l’investissement moteur de la croissance, de la production, de l’emploi et en aucun cas sur des rapports post-colonialistes et post-impérialistes paternalistes, privilégiant des aides qui reviennent sous forme de minuscule charité émanant de l’Europe, 
A ce titre, les nouveaux comportements des entrepreneurs européens commencent à appréhender les bienfaits du Co-développement, de la coproduction et du partenariat, avec un pied au Nord et un pied en Afrique de leur chaîne de valeur industrielle internationale. Cette stratégie leur permet, d’une part de bénéficier de la proximité géographique et culturelle de l’Afrique, et d’autre part de la complémentarité entre des pays matures et vieillissants au Nord, et des pays jeunes et émergents en Afrique. 
Pour la réussir, l’Europe doit promouvoir les transitions démocratiques en encouragent la bonne gouvernance, la transparence, le fair-play et en faire de véritables critériums pour le soutien d’un régime politique issu de la légitimité des urnes, de la démocratie et de la transparence en réprimant l’utilisation des circuits de la corruption et ce en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays de l’Afrique. 
Avouons le : la jeunesse africaine n’est pas une souche particulière, la jeunesse africaine n’est pas délétère par nature, elle ne s’expatrie pas par amour d’émigration à la quête de l’eldorado, elle ne succombe pas au terrorisme parce qu’elle y est une fatalité.

Nous croyons fermement que la jeunesse africaine a juste besoin d’emploi, d’opportunités économiques, de stabilité, d’investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes . A défaut, elle hallucine que le pays de cocagne est en Europe. 
A cet égard, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes Africains de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Européen envers l’Afrique? 
La région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le Co développement s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. 
Reconnaissant-le, en guise de conclusion, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser en raison d’innombrables fractures qui sillonnent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles réalités de transitions politiques et économiques survenues en Afrique. 

C’est tout le sens que doit donner l’Europe à la vision Africaine, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour les deux rives car , il ne peut y avoir de développement économique et social sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement économique et social. L’Europe doit cesser de continuer à faire la politique de l’autruche !! 
A défaut, nous aurons tous à supporter les conséquences de la montée des démons de l’extrémisme, de la violence et du terrorisme, qu’alimente le sentiment d’injustice et d’exclusion, et auxquels aucun endroit au monde ne pourra échapper ». Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ». 

3 juillet 2019 0 comment
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Banques Islamiques au Maroc 2019 : Un halal accouchant d’une souris dans le microcosme financier marocain

by Mustapha Maghriti 27 juin 2019
written by Mustapha Maghriti

C’était lundi 17 juin 2019 à Casablanca, sous la thématique intitulée «Quel rôle pour la finance participative dans le développement économique», plus de 400 acteurs de la finance islamique, Marocains et étrangers, ont pris part à cette deuxième édition du Forum international Al Yousr de la banque participative du Groupe Banque Populaire. Une opportunité de faire un bilan d’étape de l’activité participative marocaine. 
D’emblée, nous pouvons alléguer qu’après deux chandelles de leur lancement, les Banques Islamiques ou participatives ou dit encore Halal n’ont pas encore atteint leur point de mire : Le bilan reste très mitigé, dans la mesure où elles n’ont pas réussi à amasser les montants pronostiqués que les adeptes de la finance Halal prétendaient pour prêcher la nécessité d’aller sur ce sentier de la finance participative. Pour preuve, ces banques n’ont réalisé que 52.000 comptes ouverts à fin octobre 2018, alors qu’elles prophétisaient des sommes ostensiblement supérieurs. 
Plusieurs raisons expliquent ce trend timide de la finance islamique : 
– Une grande part des clients Marocains ne s’aperçoivent pas de la différence entre les deux systèmes et ne croient pas à la finance made in Halal et trouvent qu’elle ne s’écarte pas de la finance conventionnelle déjà existante en termes des produits financiers exposés. A ce titre, au Kuwait qui est une économie en dualité où cohabitent les banques classiques et les banques islamiques, deux économistes Edris & Almahmeed étaient les pionniers à avoir étudié le comportement des entreprises en général et en Kuwait en particulier : Les résultats de leur étude a fait ressortir que les entreprises, quoiqu’il s’agisse d’un pays musulman, préfèrent les banques commerciales aux banques islamiques. La variable « conformité des produits et des contrats à la Charia » est relégué à la 5ème position tandis que le premier déterminant du choix est la taille de la banque, 

– Le coût des produits participatifs sont plus onéreux que les produits conventionnels en raison de la nature même de certains produits tels que la « Mourabaha » où la banque, au lieu de prêter de l’argent moyennant intérêt, acquiert le bien pour le revendre à son client avec une marge bénéficiaire fixée à l’avance. L’acquêt par la banque donne lieu à des frais d’acquisition répercutés dans le prix de vente, et la revente par la banque donne lieu aussi à des frais de transfert de propriété, le tout est supporté in fine par le client Marocain. Le prix se trouve majoré aussi par la multiplication des marges des intermédiaires générée par le double contrat. Au regard de ce coût élevé, le client Marocain n’accepterait guère de payer plus cher pour sa foi, 
En sus, les banques participatives calculent leur marge bénéficiaire en tenant compte du risque de défaillance de leurs clients, surtout dans le cas d’un climat juridique qui ne protège pas les créanciers. Ainsi, l’intégration de la prime de risque renchérit davantage le coût mensuel de la traite, 
– Le client Marocain est déjà engagé et ligoté par des crédits à moyen et à long terme auprès des banques commerciales classiques à l’instar des crédits logements et des crédits voiture, 
– Une partie de la clientèle Marocaine non bancarisée scrupuleuse pour motif de convictions religieuses ; un système de la finance basée sur la Charia qui craint le « Riba » se trouve encouragée et soulagée par les crédits 0% des banques commerciales classiques. Le foisonnement des crédits leasing 0% des voitures en sont la meilleure illustration. 

À cet égard et par rapport à la variable religion, un rapport sur la finance islamique élaboré par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement BID intitulé «Global Report on Islamic Finance – Islamic Finance : A Catalyst for Shared Prosperity ?», publié au Mois de Févier 2017, révéla que 3,81 Millions de Marocains âgés de plus 15 ans, soit 26,8%, ne disposent pas de compte bancaire pour raisons religieuses. 
De ce fait, jusqu’à ce jour, les professionnels de la finance islamique n’ont pas encore innové par rapport aux banques classiques et se cantonnent à capitaliser sur la conformité de leurs offres de services par rapport à l’engagement religieux de leurs clients, 
– A l’ère de l’économie cognitive et de la connaissance, l’homo-œconomicus Marocain est devenu très intelligent devant l’intelligence économique, il est devenu éveillé et très intransigeant au regard des produits financiers qui se présente à lui. Devant la digitalisation de l’économie qui a nourri l’intelligence émotionnelle et l’inconscient du Marocain, ce dernier ne succombe pas facilement aux tentatives des produits bancaires ; le client marocain apprécie, confronte et met en balance les droits et obligations pour reprendre la terminologie du droit commercial avant de conférer la sueur et les économies de sa vie dans une banque quelque soit commerciale ou Halal en attribuant une forte pondération aux critères du coût du capital et de couverture. 
De ce fait, le client Marocain sait pertinemment que les promesses d’assurance et de coût du capital n’ont pas été tenues et jusqu’à ce jour les banques participatives achoppent sur le produit de l’assurance participative, en l’occurrence Takaful : Les crédits ne sont pas assurés avec ce que cela implique comme risque de crédit, ou alors couverts par des assurances conventionnelles, assimilées à du « non-halal ». 
Ainsi, deux bougies après le lancement de la finance islamique, le produit Halal n’a accouché que d’une souris en drainant une mesquine part qui gravite autour de 1,6 MMDH de dépôts, soit une part infime qui n’est que l’équivalent des dépôts d’une minuscule succursale d’une banque commerciale marocaine et de facto on est très loin de la barre des 10% et 15% de parts de marché sur lequel tablait les protagonistes de la finance islamique. 

Difficile avec une telle part de la finance participative être un levier d’accélération et transmission économique en termes de relance de la consommation, de l’investissement et du développement de secteurs importants tels que l’immobilier et la protection sociale. 
La finance participative, somme toute, ne trouvera pas écho auprès d’un marché qui n’est pas librement concurrentiel, la finance Halal ne trouvera pas adhésion auprès d’une clientèle marocaine exigeante en se sclérosant pour l’essentiel à concilier convictions de religion et consommation de produits financiers onéreux. Nous pensons qu’aucun client Marocain ne serait prêt à payer plus cher pour respecter son culte et sa spiritualité. Voltaire n’a-t-il pas dit  » Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion » ? 

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Climat des affaires économiques et Investissements Directs Étrangers IDE : Quelle place et perspectives en Afrique en 2019 ?

by Mustapha Maghriti 18 juin 2019
written by Mustapha Maghriti

C’était cette semaine dernière, plus exactement Mercredi 12 Juin 2019, la publication officielle du fameux hit-parade du Benchmarking le World Investment Report 2019. Faut-il signaler, en préambule, que le rapport de l’investissement dans le monde des Nations Unies est un document consulté par la communauté scientifique, et le milieu des affaires où sa lecture permet aux universitaires d’avoir une cartographie générale de l’environnement de l’investissement dans le monde et permet aux promoteurs économiques, de gagner en visibilité au niveau international et par ricochet en attractivité.Selon le World Investment Report dans son édition 2019, les flux mondiaux d’investissement direct étranger (IDE) ont reculé de 13 % en 2018, tombant à 1 300 milliards de dollars, contre 1 500 milliards en 2017 qui est la troisième baisse annuelle consécutive. 
Ce resserrement des IDE au niveau mondial est imputable à 2 raisons : 
– Primo, les entreprises multinationales des USA rapatrient leurs profits de l’étranger afin de tirer profit des réformes fiscales que l’exécutif Trump avait adopté en 2017 à cette fin, 
– Secundo, les tensions géopolitiques et les représailles commerciales surtout entre la Chine et les USA qui pèsent sur l’économie mondiale et risquent de continuer d’impacter les IDE en 2019 et les années suivantes. 
Les flux en direction des pays en développement PED ont pu résister à cette situation morose de l’économie internationale en augmentant de 2 % ; ils ont ainsi représenté plus de la moitié, soit 54 % du flux total mondial, contre 46 % en 2017 et à peine plus du 1/3 avant la grande dépression économique et financière de 2008-2009. Ce sont les pays développés qui ont été les plus affectés par la décélération de l’économie mondiale, puisque les entrées des IDE y ont amoindri de 25% pour s’établir à 557 Milliards de dollars, retombant au niveau enregistré en 2004. 
Au vu de cette décrue quelle est l’état du climat des affaires économique international et de l’investissement extérieur sur le continent noir en 2019 ? 
Au regard de ce ralentissement dans les pays développés, l’Afrique déroge à ce trend baissier : Les investissements directs étrangers IDE y grimpent au contraire de près de 11 %. 
Cette augmentation s’explique par la forte progression de la demande de certains produits de base. A titre illustratif, c’est le pays des pharaons, l’Egypte en l’occurrence, qui occupe le haut du palmarès et reste le premier destinataire d’IDE en Afrique avec 6,8 milliards de dollars, en dépit d’un repli de 8 %. Au niveau sectoriel, ce sont principalement les secteurs du gaz avec d’importantes découvertes de réserves de gaz offshore qui draient le plus d’investissements des Firmes Multinationales FMN. 
Au Maroc, les IDE s’élèvent à 3,6 Milliards de dollars rebondissant de 35,5 % par rapport à l’an dernier en devenant la quatrième destination des IDE en Afrique. Les secteurs et les branches les plus ciblées par les capitaux étrangers sont la finance, les énergies renouvelables, les infrastructures et le secteur Automobile. 

Les pays dont les économies sont les plus diversifiées annoncent de bonnes prouesses, à l’instar du Kenya avec une hausse de plus 27 %. Il faut souligner que si la part des IDE vers l’Éthiopie a baissé de 18 %, le pays se positionne tout de même parmi les pays les plus attractifs du continent, avec 3,3 Milliards de dollars, soit le 5éme rang après le Maroc. 
Avec les agitations politiques au Nigeria, le pays pâtit encore des incertitudes liées aux élections ainsi que des conflits entre le gouvernement Nigérien et des multinationales avec des capitaux étrangers en nette régression de 43 %, soit 2 Milliards de dollars faisant reculer l’Afrique de l’Ouest de – 15 %. 
Sur le volet des pourvoyeurs d’IDE vers l’Afrique, comme à l’accoutumé, les pays Européens demeurent les principaux exportateurs de capitaux, notamment la France (64 Milliards de dollars), suivie des Pays-Bas, avant les États-Unis (en repli à 50 Milliards de dollars), la Chine étant en cinquième position. 
Le rapport de l’investissement dans le monde 2019 a été dédié cette année à la multiplication des zones économiques spéciales. En effet, la rivalité mondiale dans le domaine de l’investissement favorise le pullulement des zones économiques spéciales pour gagner des raccourcis en termes de développement économique et d’attractivité qui sont en nombre de 237 en Afrique, où elles sont éparpillées dans 38 pays. 
A cet égard, la Zone de libre-échange continentale (Zlec) qui vient d’entrer en vigueur le 30 Mai dernier, renforcerait la coopération entre les pays africains, conjugué à des prévisions de croissance optimistes. 
Il nous semble que la (Zlec) pourrait engendrer une séquence porteuse de croissance, d’emploi, de diversification des exportations, de réalisation des objectifs de développement durable et surtout stimulerait l’attractivité des IDE et du climat de l’investissement, mais avec des conditions sinequanone qui sont : 
– Primo, Il s’agit de la justice qui continuer de plomber le climat des affaires en Afrique ; il nous semble que le discrédit de l’appareil judiciaire fait tache d’huile sur tout le système judiciaire Africain.  On pointe souvent sa faible indépendance, notamment vis-à-vis du politique, son absence d’impartialité, son éloignement de la population, son excessif formalisme et juridicisme, la misère financière et documentaire des tribunaux, l’insuffisante formation professionnelle et morale des magistrats. 
La Justice en Afrique constitue une véritable entrave à l’exhortation à l’investissement ce qui explique le souci et les remous sociaux, à titre d’exemple en Algérie où le pouvoir est confisqué par un petit cercle proche des membres de la famille de Bouteflika qui ont « blackboulé » toutes les institutions Algériennes. 
Idem, on retrouve le même schéma au Soudan où le président déchu Omar el-Béchir avec un clan de proches et sa famille qui se sont appropriés le pouvoir politique et économique depuis le fiasco dans la gestion de la crise du Sud et son divorce avec le Nord. 

– Secundo, la corruption, demeure une grande gangrène à l’entourage des affaires, en témoigne l’Indice de perception de la Corruption de Transparency International en Afrique qui cadenasse le continent noir dans rangs timides sur l’échiquier mondial. 
Toujours au Soudan et en Algérie, la montée, du népotisme et de la kleptocratie est due au cercle proche du sérail qui est au cœur de la corruption. Cette corruption galopante a eu des effets pervers sur l’efficience et le rendement de l’investissement. 
À notre sens, incertain dans une telle aura d’iniquité, être élu au capital étranger et rendre le climat de l’investissement fécond et le cadre des affaires juteux pour les investisseurs nationaux et étrangers dans le contient Africain, 
– Tertio, avec une charge colossale, le secteur informel exerce un impact dissuasif sur le Business international en Afrique et sur la compétitivité des entreprises nationales Africaines et étrangères. 
Le Fonds Monétaire International a publié en 2017 un classement qui calcule pays par pays l’importance du secteur informel dans les économies africaines, où sa contribution au PIB s’échelonne entre 25 % et 65 % et où il représente entre 30 % et 90 % de l’emploi non agricole. 
Très rares sont les pays d’Afrique qui donnent l’exemple en matière de lutte contre le secteur informel. Le Rwanda est l’un des rares à se distinguer dans ce domaine : depuis 2006, les petites et moyennes entreprises rwandaises sont incitées à tenir des registres comptables et à payer les taxes ce qui du Rwanda l’une des économies les plus attractives de l’Afrique, 

– Quarto, la faible qualité du capital humain désaltère l’attractivité de l’investissement extérieur sur le continent Africain et dissuade les investisseurs à diriger les commandes de leurs capitaux vers le tissu productif Africain. 
La Banque mondiale a récemment présenté un nouvel indice du capital humain dont les résultats pour l’Afrique sont préoccupants : 25 des 30 pays situés en bas du classement se situent dans cette région du monde. Les systèmes éducatifs africains sont en crise, avec environ 50 millions d’enfants non scolarisés, des taux d’achèvement faibles et des acquis scolaires médiocres. 
Dans l’économie mondiale où la division internationale du travail se base sur le cognitif et la matière grise, les business-managers ciblent des territoires où la main d’œuvre est « méga-qualifiée » afin de répondre aux critères intransigeants des marchés mondiaux en termes de coûts, de délais de livraisons et de qualité des produits. Des investigations économétriques de l’économiste Américain Robert Lucas (prix Nobel d’économie 1995) ont corroboré le métissage que noue et renoue la qualification de la main-d’œuvre avec l’attractivité des IDE et la fertilisation du climat de l’investissement. 
– Quinto, l’atmosphère du business international reste tributaire d’une bonne jonction entre les politiques publiques et le milieu des affaires. En d’autres termes, rien n’est acquis, en matière du climat des affaires internationales, tant que les coordinations entre les Gouvernements Africains et le secteur privé ne sont pas optimaux et cohérentes. 
Le véritable calibrage du climat des affaires, la vraie évaluation de l’environnement de l’investissement et l’attractivité du Business international se loge dans l’enterrement de la rente et l’érection des lois de marché, dans les funérailles de l’ésotérique et le discrétionnaire en matière de politique de l’investissement, dans l’élimination du favoritisme et l’inhumation de la corruption pour laisser voie et libre cours au fair-play, à la méritocratie et à la transparence. 
Par ailleurs, la fécondité du climat de l’investissement réside dans l’édification d’une administration Africaine efficace, transparente et non corrompue. Dans le cas de l’économie Marocaine, dans son discours du 14 octobre 2016, le Souverain Marocain a énuméré les diverses entraves auxquelles butent l’investisseur où la moiteur des procédures et la longueur des délais de délivrance de certains documents administratifs sont parmi les griefs fréquents à l’égard des divers services que rend l’Administration aux acteurs économiques nonobstant la création des Centres régionaux CRI et l’utilisation du guichet unique pour simplifier les procédures et accélérer le processus décisionnel relatif à l’acte d’investir. 
L’administration et la gouvernance en Afrique ne doivent-elles pas finir avec les restrictions et les contraintes qui se dressent devant les investisseurs et de s’en tenir à l’esprit des réformes au service de l’investissement générateur d’emplois et de richesses et de combattre les réflexes et comportements contreproductifs ? Car, à notre sens, l’efficacité administrative est un critère à l’aune duquel se mesure le progrès des nations, l’Afrique ne sera en mesure de rejoindre le peloton de tête dans les classements mondiaux de Doing Business que si elle remplit les critères de l’efficience administrative, véritable locomotive de développement et de promotion de l’investissement. 

In fine, l’attractivité des affaires internationales et de l’investissement en Afrique réside dans le développement endogène, les politiques de soutien à la demande locale, le développement du savoir-faire et dans l’échafaudage d’un tissu industriel dense et robuste. Tel sont les affaires qui restent à faire en matière d’affaires à même à reboiser le climat de l’investissent dans notre chère Afrique qui continue à représenter une infime et minuscule part des flux financiers mondiaux (3,5 %).

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Coup d’envoi de la zone de libre-échange continentale (ZLECA) : Quelles sont les conditions du succès d’une intégration régionale africaine ?

by Mustapha Maghriti 31 mai 2019
written by Mustapha Maghriti

C’est parti, hier le 30 Mai 2019, l’Afrique avait rendez-vous avec l’histoire du siècle à travers l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange la plus large du monde depuis la création de l’OMC en 1995 , en l’occurrence la zone de libre-échange continentale africaine, connue sous l’acronyme ZLECA, qui augure et ambitionne que 90 % des échanges de biens seront dégrevés des droits de douane, et abolit de facto les 84 000 kilomètres de frontières qui existent actuellement en Afrique.
Il faut dire que le milieu des affaires du continent noir escompte beaucoup de ce débouché commun de biens et services qui fusionnera plus de 1,2 milliard de consommateurs et devrait secréter une valeur ajoutée économique de plus de 2500 milliards de dollars. Impulser une nouvelle instigation à l’Afrique, accolée à moults challenges économiques et sociaux, et surtout démographiques, où la population de l’Afrique atteindra 2,5 milliards en 2050, et représentera 26 % de la population mondiale active, passera inéluctablement par l’aboutissement de la zone de libre-échange continentale africaine.
Sur l’arène économique mondiale et paradoxalement à la mondialisation qui ne cesse de promettre monts et merveilles des vertus de la libéralisation du commerce international, et au regard de la formation de blocs commerciaux en Amérique latine, en Europe, en Asie, ce n’est plus un choix pour les pays africains, mais un must et une contrainte de constituer un tout régional corsé, dense et intégré à même de se dépenser dans le macrocosme multivarié de la globalisation.

Le souverain marocain n’a-t-il pas allégué, dans une parénèse adressée au sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernements de l’UA que la création de la zone de libre-échange, la plus large au monde, avec la population du monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain ? À notre sens, ce contrat mondial du siècle qui est entrée en vigueur, hier Mercredi 30 Mai 2019 ne pourra prétendre à la réussite sans les préalables suivants :
– Primo, une plus grande insertion de l’économie africaine dans la trajectoire de l’économie internationale : l’Afrique reste la zone la moins intégrée au monde. Sa part dans le commerce mondial demeure infime puisqu’elle ne représente qu’environ 2 %. Difficile avec un tel ratio de percer les marchés mondiaux en pleine compétition et de négocier en force les accords internationaux.
– Secundo, le déploiement d’un grand effort d’intégration et de synergie du commerce intra-régional : au vu des chiffres timides du Commerce international entre les pays africains livrés par l’OMC et la CNUCED, il est urgent de remédier à la faible connectivité entre les différentes économies du continent. Faut-il illustrer la timide jonction entre les pays africains : le commerce intra-africain ne dépasse guère 18 %, comparativement à l’Asie (ASEAN) où il s’élève à plus de 51 %, ou en Amérique du Nord (ALENA) où il frôle 54 % et en Europe (AELE) où il s’élève à 70 %. De telles statistiques montrent, de par leur éloquence, l’effort que doivent déployer les pays africains dans le cadre de la ZLECA pour augmenter le commerce intra-africain à plus de 35 milliards de dollars par an pour gravir les 52 % en 10 ans.
– Tertio, l’alliance et la forte connivence du secteur privé : la réussite de la ZLECA reste fortement tributaire de sa capacité à riposter aux besoins de l’entreprise. À cet égard, il est capital que le secteur privé fournisse des mécanismes de consolidation des chaînes de valeurs existantes par la promotion de l’investissement industriel et le transfert du savoir-faire. Sous cet angle, les PME, qui constituent 80 % des entreprises africaines, seront encouragées par la ZLECA, où elles pourraient fournir des inputs pour les grandes entreprises industrielles.

– Quarto, le raffermissement des structures productives à travers la promotion de l’industrialisation de l’Afrique. Le but escompté est d’amenuiser la place des matières premières qui se taillent la part du lion dans les exportations africaines. Faut-il souligner, à ce titre, que plus de 76 % des exportations africaines émanent des ressources extractives, ce qui n’est pas sans risque sur la volatilité des prix des matières premières et de facto, sur les budgets des pays africains ?
Contrairement aux matières premières et aux secteurs miniers, la promotion de l’industrialisation de l’Afrique permettra de faire progresser la chaîne des valeurs industrielles à travers la création de plus de valeurs ajoutées, la création de l’emploi, le renforcement de la croissance et la productivité à même de favoriser une plus grande participation de la région africaine dans les chaînes de valeur mondiales, de gagner en efficience en renforçant la capacité attractive de l’Afrique. Aussi, la promotion de la politique industrielle de l’Afrique permettra d’asseoir une chaîne de valeur diversifiée et plus compétitive en se positionnant sur les activités à plus haute valeur ajoutée des chaînes de valeur mondiales.
– Quinto, l’investissement dans le capital humain : l’analphabétisme et la carence en formation demeurent les grandes tares de l’Afrique. Les problèmes qui restreignent les capacités des entreprises africaines sont notamment l’insuffisance des compétences entrepreneuriales et des compétences de gestion, le manque de personnel qualifié, ainsi que les obstacles en matière de recherche et développement. Georges Jacques Danton n’a-t-il pas argumenté qu’après le pain, l’éducation n’est-elle pas le premier besoin d’un peuple ?
Avec une telle carence, la qualité des institutions et des administrations peut peser lourd dans la décision d’une entreprise d’investir et d’implanter ses activités économiques dans un 
pays africain donné. Faute d’investissements suffisants dans les compétences, le progrès technologique et l’investissement ne s’accompagnent d’aucun gain de productivité.
– Sexto, les gouvernements africains devront placer la bonne gouvernance au cœur de leurs programmes en vue de la transformation structurelle effective des économies africaines. C’est une condition sine qua non pour nourrir le développement économique, libérer le plein potentiel de l’Afrique et la conduire sur la voie de la prospérité.
Les pays africains ont besoin d’un cadre de gouvernance plus propice pour être en mesure de conduire de meilleures politiques publiques et d’obtenir, à terme, de meilleurs résultats en matière de transformation structurelle et de développement inclusif. Sous cet angle, les gouvernements africains sont invités à apporter des réponses aux pertes économiques dues à l’inefficacité des institutions et à l’incompétence.

Faut-il rappeler que c’est un secret de polichinelle que la corruption met en danger la croissance économique ? C’est un secret de polichinelle que la mauvaise gouvernance et la corruption sont deux fléaux qui nuisent à l’émergence de l’Afrique sur le plan économique, politique et social. In fine, Socrate disait que « Le secret du changement consiste à ne pas concentrer toute son énergie pour lutter contre le passé, mais pour construire le futur ». Il est temps d’ériger le futur économique de l’Afrique en cadenassant les scolioses régionales et en verrouillant les réfractions de la répartition des fruits de la croissance, et ce, en posant, les grands jalons d’une Afrique résolument tournée vers l’émergence économique et hisser la ZELCA au rang de nations industrielles émergentes.

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Aziz Belal : Beautiful Mind et économiste d’exception

by Mustapha Maghriti 22 mai 2019
written by Mustapha Maghriti

C’est comme ce jour du 23 Mai de l’année 1982, que le célèbre économiste Marocain, Aziz Belal, s’est éteint à l’âge de 50 ans, à la suite d’un incendie qui s’est produit à l’hôtel «Conrad Hilton» de Chicago : Le regretté s’y est rendu dans le cadre de ses fonctions, en tant que vice président de la commune d’Ain Diab de Casablanca, pour participer aux cérémonies de jumelage entre Chicago et Casablanca. 
Cet économiste exceptionnel et au parcours exceptionnel, a marqué de son empreinte toute une société, toute une génération d’étudiants, d’économistes de par ses réflexions et de par sa plume. Natif de Taza le 23 mai 1932, iIssu d’une famille modeste, il perdit son père à l’âge de huit ans, ce qui l’amena à affronter très tôt les difficultés de la vie. Il poursuivit ses études primaires à Oujda où il fut un élève studieux et brillant. Après avoir obtenu son baccalauréat, il regagna la Capitale Rabat pour y préparer sa licence en sciences économiques de 1951 à 1953. Par la suite, il se rendit à Toulouse où il obtint son diplôme d’études supérieures (1956). 
Le contexte national dans lequel si Aziz a vécu et grandi l’a amené très vite à choisir son clan et à faire son choix : celui de la lutte pour l’indépendance du Maroc et pour l’émancipation des peuples opprimés. Ainsi, très jeune à 19 ans, il adhéra au parti communiste marocain, alors clandestin, (devenu successivement parti de libération et du socialisme, puis parti du progrès et du socialisme) pour devenir l’un de ses illustres dirigeants en tant que membre du bureau politique. Depuis, Aziz Belal n’a jamais dissocié son activité politique de son activité scientifique : pour lui les deux vont de pair et s’enrichissent mutuellement, 

Il fut chargé de mission au plan où il participa à l’élaboration du premier plan quinquennal (1960-1964). En 1959, il accéda – dans le cadre d’un gouvernement de coalition nationale présidé par Abdellah Ibrahim – au poste de secrétaire général du ministère du Travail. Et c’est grâce en grande partie à lui que la législation du travail, datant de la colonisation, fut révisée et améliorée à la demande de son parti, il démissionna de son poste pour ne pas cautionner les déviations du gouvernement par rapport aux orientations de départ. 
En 1960, il intégra la faculté de droit de Rabat, la seule à l’époque, où il enseigna l’économie tout en œuvrant à la mise en place de la section de langue arabe et à la création du syndicat national de l’enseignement supérieur. 
Parallèlement à son activité en tant qu’enseignant et son engagement politique sur tous les fronts, il s’est mis à préparer une thèse d’Etat en sciences économiques sur «l’investissement au Maroc 1912-1964, et ses enseignements en matière de développement économique ». C’est grâce à cette thèse que j’ai découvert Feu Aziz Belal et ses œuvres heuristiques quand je préparais, à l’époque, mon diplôme de troisième cycle et par la suite mon Doctorat sur l’attractivité de l’investissement étranger au Maroc à la Faculté de Droit de Rabat-Agdal. 
L’amour de sa patrie est tellement fort dans ses veines et son ADN qu’après des études universitaires en économie à Grenoble en France, thèse soutenue brillamment à l’université de Grenoble en 1965, fit date dans les anales de la recherche socio-économique du pays faisant de Aziz Belal le premier économiste marocain titulaire d’une thèse d’Etat. 
Nommé professeur d’université, il poursuivait inlassablement son activité académique et politique : présent dans tous les débats scientifiques et politiques aussi bien au Maroc qu’à l’étranger; partisan acharné du travail organisé; ardent défenseur de la cause des déshérités. Grâce à ses qualités d’intellectuel talentueux, d’humaniste sans faille et d’orateur hors pair, il a acquis une facilité à argumenter et à convaincre à lui seul, il constituait une école : l’école Aziz Belal à laquelle ses anciens étudiants et ses nombreux amis qui occupèrent et occupent de grands postes dans la sphère publique et privée. Il n’a eu de cesse de professer que la culture et l’argent font rarement bon ménage ! Tel est brièvement si Aziz en tant qu’homme. 

Son apport scientifique est tout est aussi fécond que riche et diversifié : Il enlace des champs de connaissance variés. 
Les aspects qui nous paraissent toujours d’actualité sont : 
1- Le bilan de la colonisation : le travail de Belal sur la période coloniale constitue, avec celui réalisé par Albert Ayache, une référence incontournable pour connaitre les effets de la colonisation française sur l’économie et la société marocaines. Le bilan que dresse l’auteur est implacable et nous donne une image nette sur les 50 années de colonisation : Au cours de cette période, l’économie marocaine a connu la croissance sans connaitre le développement ; c’est une croissance « estropiée», écrit Aziz Belal, croissance dont l’objectif est de servir les intérêts de l’économie du centre métropolitaine dominante et dont la progression se trouvait conditionnée par l’accentuation du  » satellisation  » économique et monétaire de la périphérie (le Maroc) par rapport au centre ( l’économie de la métropole). 
2- L’économie de développement : une lecture attentive des travaux de Belal nous autorisent à le considérer comme un véritable théoricien du développement et l’un des fondateurs de «l’économie de développement». La stratégie de développement qu’il a préconisée pour le Maroc au milieu des années 60 du siècle dernier n’a rien perdu de sa pertinence et de son actualité : un investissement efficace aux effets multiplicatifs élevés; un rôle dominant du secteur public ; des institutions démocratiques, décentralisées et dotées de larges attributions en matière économique et sociale ; la conciliation des impératifs d’efficacité économique et de justice sociale ; 

3- Les facteurs non-économiques de développement : cette question centrale a été déjà esquissée par Feu Aziz Belal dans sa thèse en donnant une place de choix aux facteurs culturels et idéologiques dans l’enclenchement du processus de développement économique. Et ce fut en 1980 qu’il présenta une construction théorique élaborée sur cette problématique dans un ouvrage intitulé: «développement et facteurs non économiques». Après avoir critiqué les théories dominantes de développement fondées sur le «rattrapage» selon le schéma « Rostowien » et montré les limites de l’idéologie de la «troisième voie» prônée en Afrique et dont on voit aujourd’hui les déboires et les dégâts, Aziz Belal a opté pour une conception large du concept de développement intégrant l’ensemble des facteurs économiques, culturels, idéologiques voire civilisationnels. Il s’agit pour lui de s’attaquer aux quatre problèmes fondamentaux intimement liés : libération nationale, révolution sociale, développement et civilisation. Et partant, il définit le développement comme étant «un processus cumulatif socialement maîtrisé et continu de croissance des forces productives, englobant l’ensemble de l’économie et de la population, à la suite de mutations structurelles profondes permettant la mise à jour de forces et de mécanismes internes d’accumulation et de progrès ». Tel qu’il est défini, un tel développement «n’est pas possible sans l’élimination des blocages sociaux, politiques et idéologiques qui l’entravent, c’est-à-dire de la domination externe-interne qui ronge et inhibe les formations sociales périphériques. Ce qui signifie, en bref, la réalisation d’un processus de libération nationale authentique et de révolution sociale profonde – dans les structures socio-économiques, les rapports sociaux et les valeurs idéologiques et culturelles – et sa consolidation persévérante dans le temps». 
D’autres apostrophes économiques ont retenu l’attention de Aziz Belal dans ses écrits dont notamment : l’unité maghrébine, les relations entre le Maroc et la CEE 
Ainsi, a-t-il pensé les blocages à l’intégration maghrébine en s’étayant sur les tendances lourdes et les raisons structurelles auxquelles viennent se greffer les raisons contingentaires : 
– Primo, les forces socio- politiques qui avaient dirigé la lutte pour l’indépendance des trois pays et la façon dont elles l’imposèrent n’étaient pas les mêmes, 
– Secundo, certaines différences dans l’évolution socio-historique antérieure à la colonisation européenne ont également joué un rôle négatif dans l’unité maghrébine. 
– Ultimo, la découverte et l’exploitation de gisements de pétrole et de gaz en Algérie jouaient un facteur «déséquilibrant» dans les relations intermaghrébines en donnant à ce pays un sentiment de supériorité voire d’hégémonie. Ces facteurs continuent de faire obstacle à l’édification du grand Maghreb. 
Par ailleurs, Aziz Belal a consacré une large littérature aux relations Maroc/Maghreb-CEE en considérant celles-ci comme une nouvelle forme de domination «néo- coloniale» qui s’est substituée à la domination directe. Il était favorable à une autre forme de relations fondées plutôt sur la coopération et le partenariat dans une optique «Win-Win». Et l’histoire économique a fini par donner raison à Aziz Belal. 

En substance, la vie de Feu Aziz Belal fut dense et productive : Il nous a légué un trésor de connaissances et un patrimoine scientifique immortel. Et c’est avec une profonde émotion et une reconnaissance sincère que nous nous inclinons devant sa mémoire et lui rendons cet humble hommage. 
S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des économistes disparus. Certes, il nous a quittés, mais ses proses économiques l’ont rendu immortel. 

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Printemps arabe, Saison II : Genèse, Causes, Caractéristiques communes et Enseignements

by Mustapha Maghriti 15 mai 2019
written by Mustapha Maghriti

Nous n’avons pas tous cru que les révolutions du printemps arabe ne sont qu’un feu de paille de révoltes du 17 Décembre 2010 qui ont perdu leur enchantement ? Détrompez-vous, les remous politiques et les contestations sociales à Alger et à Khartoum nous font perdre nos illusions et attestent qu’il s’agit bel et bien d’un printemps Arabe dans sa saison II. 
Faut-il rappeler, en guise de prologue, que l’expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé, tout comme le Printemps de Prague, la chute du rideau de fer en 1989, ou encore le Risorgimento italien. 
Historiquement, ce Printemps Arabe a connu deux grandes phases : 
– La première « Wave » a émergé, avec les contestations dans différents pays Arabes, en 2011 et s’est poursuivie jusqu’à la fin de 2013. Il s’agit d’une phase d’espérance et de mobilisation sociale pour forger l’édifice du projet démocratique Arabe qui est été à l’origine de la déchéance de certains régimes totalitaires, à l’instar de la Tunisie, de la Libye, de l’Egypte et le Yémen qui, en faisant boule de neige, à chavirer d’autres systèmes politiques comme la Syrie et le Bahreïn.
Cette phase de l’histoire politique du monde arabe a été jalonnée par l’effloraison de plusieurs thèses universelles des droits de l’homme aspirant à la démocratie, à la dignité et à une vie décente. 
Aussi, cette phase a favorisé l’émersion d’une nouvelle dynamique politique qui s’est matérialisée par la manumission des citoyens Arabes de l’ère de l’effroi, de la peur et de la réclusion dans l’espace privé pour riposter au despotisme et à la dictature. De ce fait, les organisations et les rassemblements de la société civile se sont proliférées et ont secrété une nouvelle mobilité sociale sur les places publiques arabes en la consolidant après des décennies de refoulement et d’exclusion.
Cependant, autant en emporte le vent, cette ère qui a été porteuse d’optimisme et d’espérance céda la place en donnant libre cours à une nouvelle période d’instabilité politique, d’agitation, de guerres civiles et de terrorisme. 
Ainsi, après l’intervention des armées du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe CCG au Bahreïn et la destitution du Président Mahmoud Morsi en Egypte, la Syrie, la Libye et le Yémen vont succomber dans des guerres civiles d’une grande brutalité en ébranlant les soubassements du crédo démocratique. Seule, le pays de Jasmin a été épargné de ces guerres civiles, mais tout de même avec des attentats terroristes et des crises économiques et sociales profondes dont les séquelles perpétuent jusqu’ à ce jour.
Toutefois, la montée de la révolte et les guerres civiles, d’une part et les difficultés économiques et les remous sociaux, d’autre part ont eu des effets négatifs sur les révolutions démocratiques issues du printemps arabe. Le crédit des citoyens, dans le projet démocratique, a régressé et céda la place à une nostalgie des citoyens Arabes aux anciens régimes qui sont en mesure d’assurer la paix et la sécurité, nonobstant leur caractère despotique. 
L’échec, semble-t-il, du printemps arabe et sa dérivation oppressive a engendré une dissension et après l’espoir d’une véritable fissure avec l’absolutisme arabe, c’est désormais le pessimisme et le « Tædium-Vitae » qui l’emportent : Ce sont ces rétrogressions, voire même ces insuccès qui ont été à l’origine de la désocialisation des idées révolutionnaires du printemps arabe qui sont progressivement entrées dans l’effacement et l’oubli.

Or, de nouveau, les révolutions démocratiques ne vont-elles pas se ressusciter en frappant le Soudan depuis la fin de l’année 2018 et en Algérie avec les marches du Vendredi qui ont commencé le 22 février dernier contre un cinquième mandat du Président Bouteflika pour faire entrer le Printemps Arabe dans sa saison II? 
Les rassemblements de masse à Khartoum et à Alger ne nous ont-ils pas entré dans une nostalgie en nous rappelant ceux de la première vague des ébullitions arabes avec une requête de dignité, de démocratie contre un ordre politique anachronique ? 
Même si ces deux cataclysmes politiques au Soudan et en Algérie sont dans leurs premières germinations et que leur horizon est encore équivoque, il est possible de brosser les présomptions d’une nouvelle onde de révolutions démocratiques et d’un regain de l’orbe révolutionnaire de la première vague du Printemps Arabe.
Nous notons, qu’en dépit, des caractéristiques de ces pays et de leurs cheminements historiques différents, il est possible de souligner des similitudes entre la première et la seconde vague des révolutions arabes que nous sommes en train de vivre tant dans leurs origines que dans leurs dynamiques de développement.
Au niveau des origines des révolutions des printemps arabes, il est possible de mettre l’accent sur quatre mobiles principaux que l’on peut retrouver dans les différents pays du printemps Arabe en dépit de la multiplicité de leurs trajectoires politiques et historiques : 
– Le premier motif est d’ordre politique : Il réside dans la claustration des régimes politiques arabes dans une logique totalitaire qui était à l’origine d’une césure sans précédent contre les régimes de Ben Ali, de Moubarak et de Kadafi et leurs citoyens, qui sont devenus caduques par rapport à la dynamique économique, politique et sociale du monde et aux réquisitoires des classes moyennes. On retrouve, aujourd’hui, ce cloître en Algérie avec un président Bouteflika qui a atteint un stade de lassitude physique ne lui permettant plus de gouverner. Dans une telle situation, le pouvoir est confisqué par un petit cercle de proches et des membres de sa famille qui ont « blackboulé » toutes les institutions Algériennes. 

Idem, on retrouve le même schéma au Soudan où le président Omar el-Béchir avec un clan de proches et sa famille qui se sont appropriés le pouvoir politique et économique depuis le fiasco dans la gestion de la crise du Sud et son divorce avec le Nord.
Ces dérélictions ont été à l’origine d’importantes évolutions politiques poussant les populations à se mobiliser contre ces régimes arbitraires pour revendiquer une plus grande ouverture des systèmes politiques. 
– Le second mobile à l’origine du printemps arabe dans sa saison II est d’ordre économique : Elle concerne l’essoufflement des modèles de développement économique dans la plupart des pays arabes. 
A titre illustratif, en Algérie, si la dimension économique a concouru à lui épargner la première vague de la révolution du printemps arabe avec la hausse importante des salaires et des dépenses sociales, elle a joué un rôle majeur dans la seconde vague de révolutions et la chute du régime Bouteflika : En dépit des essais de diversification, le modèle économique reste rentier et son évolution est fortement tributaire de la dynamique erratique des cours internationaux de pétrole et de gaz. 
La flambée de ces cours mondiaux de l’or noir qui ont dépassé la barre de 120 $ au cours des années 2012-2014 a permis au pouvoir maitriser et contenir les mouvements sociaux à travers la hausse des dépenses sociales. Or, la volte-face de la conjoncture économique et la chute des cours internationaux, à partir de 2015, ont eu des impacts pervers sur l’économie algérienne dont le déficit des finances publiques a escaladé de 1,4% en 2013 à 15,7% en 2016. Les réserves de change ont connu une chute sans égale de 200 milliards de $ en 2013 à 60 milliards en 2018.
La dégradation de la situation économique et la succession des crises ont été à l’origine des politiques de rigueur financière qui ont été mises en place par les différents gouvernements à partir de 2014 et qui ont attisé les désaveux sociaux.
C’est le cas aussi du modèle Soudanais qui a commencé à connaître une crise économique profonde avec la sécession du Sud et la décrue des revenus de l’Etat du pétrole, ainsi que le blocus appliqué par les pays développés. Ceci a amené le Gouvernement Soudanais a appliqué des politiques d’austérité avec comme conséquence la réduction des dépenses de l’Etat, notamment en matière de subvention des produits de base. Ces politiques ont été à l’origine d’un embrasement des prix et d’une inflation estimée par les instances économiques Soudanaises à 70%. Cette spirale inflationniste a été à l’origine de la détonation des contestations avant la fin de l’année 2018.
– La troisième raison de cette seconde vague de révolution démocratique est la forte montée du chômage et l’accroissement des inégalités sociales. Ces évolutions ont contribué à la remise en cause de la légitimation de l’Etat moderne et au renforcement de la contestation sociale.

– La quatrième raison qui est commune aux deux vagues de révolutions démocratiques dans le monde arabe concerne la montée de la corruption, du népotisme et de la kleptocratie. Dans ces pays, ce sont les familles et le cercle proche du sérail qui sont au cœur de la corruption. Cette corruption galopante a eu des effets pervers, non seulement sur l’efficience et le rendement de l’investissement, mais aussi sur les valeurs et l’éthique avec comme corollaire la déconsidération du travail au profit des lobbys et des hommes d’influence. 
Au niveau des points de convergence des révolutions du printemps arabe, il est possible de mettre l’accent sur quatre caractéristiques communes : 
– La première spécificité concerne la grande mobilisation populaire. En effet, ces contestations ont réussi à regrouper de larges franges issues de différentes couches sociales dans une collusion historique réussissant à dépasser la peur des appareils de répression. Aussi, ces mouvements sociaux ont été marqués par un grand spontanéisme et l’absence totale des orientations des partis politiques et de la représentation des mouvements syndicaux, 
– La seconde spécificité concerne les côtés pacifiques et civils de ces mouvements résistant à toutes les tentatives des appareils répresseurs qui ont essayé de les acculer vers la violence. Cet engagement de maintenir le caractère pacifique du Printemps Arabe dans sa saison II s’est inspiré de l’expérience tragique de la première vague des révolutions où les apparitions de la violence ont été à l’origine de leurs dérivations et de leurs échecs. En Algérie, les émeutes et l’éclatement de la guerre civile du printemps de 1988 avec plus de 200 000 victimes n’ont-ils pas joué le rôle de repoussoir devant le recours à la violence ?
– La troisième spécificité concerne la grande participation des femmes en Algérie comme au Soudan où l’étudiante Ala Saleh est devenue l’une des icônes de la rébellion. Cette présence féminine nous rappelle que le rejet des régimes postcoloniaux ne se confine pas aux questions politiques et économiques, mais aussi aux questions du genre. Cette participation massive des femmes atteste de leur détermination à faire de ce mouvement, non seulement un affranchissement de la dictature, mais touche également la culture phallocentrique et macho dans notre société Arabe et qui est à l’origine de la marginalisation de la femme de l’espace public, 

– La quatrième spécificité concerne le côté récréatif et divertissant de ces mouvements sociaux marqué par une forte participation des artistes et des intellectuels. Ces mouvements ont connu également un développement de la satire, de l’ironie et de l’humour qui a touché tous les représentants du pouvoir, plus singulièrement les corrompus et le cercle du pouvoir. Ces dynamiques sociales sont devenues de grands « happenings » permettant aux citoyens de reconquérir l’espace public et de rebâtir la contestation sociale dans un cadre festif, caricatural et joyeux.
Quoiqu’il est difficile d’anticiper les évolutions futures des revendications en Algérie et au Soudan,  le degré de mobilisation, d’engagement, ainsi que le caractère civique et pacifique de ces mouvements nous laisse-t-ils pas augurer que ces pays sont entrain d’entamer une véritable transition démocratique ? 
Quatre enseignements essentiels peuvent être tirés des révolutions démocratiques du Printemps Arabe dans sa saison II : 
– Le premier enseignement est lié à la « justice de transition » ou « justice en transition et la nécessité d’en faire un véritable processus de reconnaissance, de réconciliation, de crédit et de consolidation de l’état de droit en remédiant au lourd héritage des abus des droits humains, 
– Le second enseignement est relatif à la nécessité de redéfinir les programmes économiques et sociaux et l’invention d’un nouveau modèle économique inclusif équitable qui mise sur la croissance économique, le développement, l’atténuation des inégalités sociales et la pauvreté une politique de revenus et de partage des richesse afin de répondre aux attentes des citoyensen leur assurant de meilleures conditions de vie, des emplois, de dignité, 
– Le troisième enseignement concerne la nécessité de pérenniser le caractère civil et pacifique de ces mouvements, et ce en retenant les leçons de la première vague et ses dérives afin que l’espoir du changement démocratique reste inaltérable et indestructible. 

Nous pensons, en guise d’épilogue, qu’en dépit de la dérivation des révolutions du printemps arabe dans son premier épisode, les mobilisations sociales dans un cadre pacifique et civil à Alger et au Khartoum ouvrent une nouvelle ère et redonnent un espoir au changement dans le monde Arabe aspirant à la démocratie et à l’honorabilité.

15 mai 2019 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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