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Mustapha Maghriti
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Quelles opportunités logistiques du Maroc à l’ère d’une géopolitique en crise au Moyen-Orient ?

by Mustapha Maghriti 1 avril 2026
written by Mustapha Maghriti

Les tensions géopolitiques actuelles qu’elles concernent les voies maritimes, l’énergie, ou les équilibres régionaux ont des contrecoups directs sur les économies nationales, y compris celles qui ne sont pas directement concernées par la guerre.

Plusieurs volets sont concernés dont volatilité des prix de l’énergie et des matières premières, évolution des flux touristiques, reconfiguration des investissements et des partenariats stratégiques, perturbations des chaînes logistiques internationales et tensions sur certaines routes commerciales maritimes. Mais ces crises ne produisent pas uniquement des risques, elles créent aussi des opportunités stratégiques pour les économies stables et crédibles. Et c’est le cas du Maroc avec la crise au Moyen Orient.

En effet, le conflit en Iran perturbe les routes maritimes mondiales où de grandes compagnies maersk, cmg cgm, hapag lloyd, one, hmm, yang ming ont réorientées leurs navires loin du détroit d’ormuz. Sous cet angle, Tanger Med se positionne comme un hub stratégique offrant au Maroc de nouvelles opportunités logistiques et commerciales. Le port de Tanger Med, grâce à sa position stratégique à l’entrée de la Méditerranée et à ses infrastructures modernes, se présente comme un soluté clé pour le Maroc au regard des ébranlements du transport maritime mondial provoquées par le conflit en Iran.

A quelque chose malheur est bon, cette crise a mis en lumière l’importance de Tanger Med, capable de capturer une partie du trafic international redirigé depuis les ports du Golfe persique. La reconfiguration des routes maritimes internationales, notamment le détour de l’Afrique via le cap de Bonne-Espérance, classe le complexe portuaire Marocain dans un emplacement logistique stratégique à même de générer de nouvelles opportunités de transport international par le potentiel logistique de Tanger Med qui a traité plus de 11,1 Millions de conteneurs en 2025 confirmant son rang de premier port à conteneurs en Afrique et en Méditerranée pour la 9éme année consécutive en vertu de l’Autorité portuaire de Tanger Med Tanger Med Port Authority.

Avec ses tensions géopolitiques au Moyen Orient, la géographie ne joue-t-elle pas en faveur du Maroc ? N’est-il pas le canal incontournable du transit international de tout navire contournant l’Afrique pour rejoindre l’Europe ou l’Amérique du Nord ? Le détroit de Gibraltar que quelques 110.000 navires franchissent chaque année, soit une moyenne de 300 par jour ne s’impose-t-il pas comme l’indicateur de la fluidité des échanges commerciaux ?      

Les estimations du secteur indiquent que ce repositionnement pourrait créer un volume supplémentaire d’environ 900.000 EVP par trimestre sur les routes reconnectant l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, consolidant ainsi la place géostratégique du Maroc comme hub logistique Euro-Africain, selon une analyse du média espagnol la Razón.

L’augmentation du trafic maritime pourrait entraîner une pression accrue sur plusieurs ports de la région et provoquer des phénomènes de congestion, susceptibles de générer de nouveaux surcoûts logistiques. Certaines compagnies appliquent déjà des frais supplémentaires liés à la saturation de ports Africains confrontés à des ralentissements temporaires.

A titre illustratif, des hubs de transbordement en Afrique subsaharienne, comme Dakar, Abidjan ou Lagos, devaient connaître des perturbations similaires où des coûts supplémentaires pourraient se répercuter sur l’ensemble de la chaîne logistique régionale.

Dans ce contexte, la présence au Maroc de grandes compagnies maritimes constitue une aubaine pour les opérateurs locaux. Les bureaux commerciaux de groupes tels que Mediterranean Shipping Company (MSC), MAERSK et CMA CGM permettent aux exportateurs et aux transitaires marocains d’adapter plus rapidement leurs stratégies face aux flottements des marchés et de trafiquer plus efficacement les conditions de la logistique et du supply chain. 

Ainsi, le Maroc renforce son leadership mondial en pleine turbulence géopolitique. Alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent fortement les routes maritimes stratégiques, notamment avec la parésie du détroit d’Ormuz, un acteur mondial se démarque par sa résilience et sa capacité d’adaptation : le Groupe OCP, le leader Marocain des fertilisants vient de conclure une opération majeure portant sur 90.000 tonnes de fertilisants phosphatés destinées à l’Amérique latine, avec des livraisons prévues dès avril 2026. Après, l’Amérique latine, et les USA, c’est autour de l’Inde, puissance agricole majeure, d’exprimer son intérêt pour les engrais Marocains.

Selon les analyses d’Argus Media, cette prouesse illustre la capacité du Groupe OCP à transformer les crises en opportunités, tout en consolidant sa mission : garantir la sécurité alimentaire mondiale et de fait le Maroc confirme ainsi son rôle de pilier de stabilité dans un environnement global incertain.

En somme, les tumultes actuels au Moyen-Orient ne sont pas seulement un pari géopolitique régional. Ils reconfigurent incessamment les voies du commerce mondial. À mesure que les aléas s’accentuent autour du détroit d’Ormuz et que la mer Rouge devient moins crédible, certains trafics maritimes perdent en fluidité, acculant les acteurs du commerce international à s’adapter rapidement. Dans ce contexte, la géographie reprend tout son sens. Et certains pays, par leur position et leurs infrastructures, deviennent plus que de simples transits de véritables pivots stratégiques.

C’est déterminément ce qui est en train de se jouer avec le Maroc. Situé à l’entrecroisement de l’Atlantique et de la Méditerranée, à proximité immédiate du détroit de Gibraltar, le Royaume bénéficie d’un positionnement distingué dans un moment où les équilibres logistiques se recomposent. Avec des infrastructures à l’instar de Tanger Med, déjà robustement intégré aux grands itinéraires maritimes mondiaux, et surtout le développement de Nador West Med, le Maroc change d’échelle. Cette posture portuaire ne se cantonne pas à un port : avec une capacité initiale d’environ 3 Millions de conteneurs, extensible à 5 Millions, et des terminaux énergétiques dédiés (notamment pour le gaz naturel), il est pensé comme un hub hybride, à la fois logistique et énergétique.

Cette complémentarité entre Tanger et Nador crée une véritable ossature portuaire capable d’absorber les flux redirigés, de sécuriser les approvisionnements et de servir de point de relais entre l’Europe, l’Afrique et les routes transatlantiques permettant de passe progressivement d’un rôle de transit à une logique de plateforme intégrée, capable d’influencer les chaînes d’approvisionnement avec une cohérence stratégique qui se dessine sur le long terme en plaçant les complexe portuaire de Tanger Med et Nador au cœur d’un nouveau paradigme logistique dans un monde de plus en plus fragmenté.

1 avril 2026 0 comment
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Détroit d’Ormuz : le détroit des tensions géopolitiques et économiques mondiales

by Mustapha Maghriti 26 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

Depuis le Samedi 28 Février 2026, date du commencement de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, la situation au Moyen-Orient est devenue lamentable avec des frappes menées par Israël et les États-Unis contre des cibles en Iran, suivies des ripostes Iraniennes visant les bases Américaines des pays côtiers de l’autre côté du Golfe persique, mais aussi française aux Emirats ou Britannique à Chypre, sur le territoire même de l’Union Européenne.

Au-delà de la turbulence militaire, c’est surtout la dimension géopolitique, logistique, maritime et énergétique qui retient l’attention des marchés. L’inertie de ce point névralgique fait chanceler les économies du monde alors que l’on vit selon l’Agence Internationale de l’Energie AIE le plus important ébranlement de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire.

Le détroit d’Ormuz, à peine visible sur une carte, large d’une quarantaine de kilomètres, il ne comporte que deux voies navigables et pourtant, près d’un 1/5 du pétrole mondial y transite, en provenance des monarchies du Golfe et de l’Iran. La situation s’est subitement tendue lorsque l’Iran a partiellement fermé ce passage stratégique, en réplique à l’attaque israélo-américaine. Conséquence immédiate : des pétroliers immobilisés. Et avec eux, une économie mondiale sous tension.

Historiquement, la menace de fermeture d’Ormuz prend racine dans les chocs pétroliers des années 1970, lorsque l’embargo de 1973 révèle avec brutalité que le contrôle des routes énergétiques confère un pouvoir considérable, à un moment où la dépendance extérieure pétrolière des Européens atteignait 97%. Le second choc pétrolier de 1979 renforça cette prise de conscience où l’Iran, devenant République islamique, disposant d’un levier exceptionnel, avec la rive nord du détroit d’Ormuz.

Aujourd’hui, le détroit d’Ormuz est au cœur des tensions géopolitiques et économiques mondiales. Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour, soit près de 20 Millions de barils, (l’équivalent de 1.3 Milliards de dollars), 20 % en gaz naturel liquéfié (GNL), 30 % en gaz de pétrole liquéfié, 15 % en produits pétroliers raffinés ou encore 30 % en engrais azotés. La Chine capte près de 40 % du pétrole qui sort du Golfe persique, en Inde (15 %), en Corée du Sud et au Japon (10 % chacun).

Les exportations d’hydrocarbures du Koweït et du Qatar dépendent entièrement du détroit d’Ormuz, tandis que celles de l’Irak et de l’Iran y transitent à près de 95 %. L’Arabie Saoudite, dont l’essentiel des champs pétroliers est situé sur sa façade orientale, est également tributaire de cette voie maritime pour environ 90 % de ses exportations. Les Émirats Arabes Unis sont légèrement moins exposés grâce à leur accès direct à l’océan Indien et leur port commercial de Khor Fakkan, d’où partent 25 % environ des flux Emiratis.

Ormuz est aussi ce détroit vital pour nourrir les populations du golfe Persique, hyper-dépendantes d’approvisionnements extérieurs, venant de loin, pour répondre aux besoins alimentaires d’une zone dépourvue d’agricultures consistantes. Ce sont 15 à 20 Millions de tonnes de grains (céréales, soja) qui entrent dans le Golfe persique chaque année, avec des fournisseurs principaux nommés le Brésil, la Russie, l’Australie, la Turquie ou encore l’Ukraine.

Ces illustrations montrent combien ce corridor maritime stratégique constitue l’un des principaux choke-points énergétiques de la planète. Même sans fermeture officiellement déclarée à ce stade, les perturbations sont bien réelles où déjà on observe une concentration inhabituelle de navires aux abords du détroit et une baisse des transits fluides dans les deux sens.

Aves les frappes militaires et les ripostes Iraniennes, l’hypothèse de fermeture totale du détroit d’Ormuz est présente. Si c’est le cas, la fermeture serait l’un des plus grands chocs économiques mondiaux depuis la grande crise pétrolière de 1973. Le baril de pétrole pourrait dépasser les 120$, et même atteindre 150$ voir 200$ si la fermeture dure plusieurs mois.

Influençant toute l’économie, transport aérien et maritime, production industrielle, agriculture, prix des biens alimentaires, cela se traduit par une inflation mondiale forte et par un ralentissement de la croissance mondiale. Une fermeture durable pourrait également provoquer la chute des marchés financiers, et la perturbation des chaines d’approvisionnement.  Les régions les plus affectées seraient l’Asie, l’Europe et les pays importateurs d’énergie.

Pour notre pays le Maroc qui importe 90% de ses besoins énergétiques, la fermeture du détroit d’Ormuz aura pour répercussion le renchérissement du prix du carburant, l’augmentation des coûts de transport, et l’inflation qui toucherait plus particulièrement les produits alimentaires et industriels.

D’ailleurs, au regard de la flambée du cours du pétrole sur les marchés internationaux et leur impact sur les prix des hydrocarbures au niveau national, le Gouvernement Akhnouch a mis en place une nouvelle opération d’aide exceptionnelle comprennent notamment le transport des marchandises, le transport public privé des voyageurs, les petits taxis, les grands taxis, le transport mixte, les autocars de transport des voyageurs, le transport touristique, à l’instar de l’opération qui avait été mise en place en mars 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine. Le Gouvernement vise, à travers cette aide directe et exceptionnelle, dédiée aux professionnels concernés, à contenir l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens, de garantir l’approvisionnement normal et régulier des marchés et la continuité des chaînes logistiques, en plus du maintien de la mobilité des citoyens et des services de transport.

En somme, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz crée des tensions mondiales sur le secteur de l’énergie. Il a mis à nu la robustesse et la résilience des chaînes logistiques (Supply Chains). Mais au-delà du pétrole et du gaz, d’autres matières premières stratégiques transitent aussi par ce goulot d’étranglement : engrais, aluminium, hélium… De quoi déstabiliser l’économie à l’échelle de la planète.

Pire encore, l’Iran laisse planer une menace plus large : celle d’un blocage d’un autre passage stratégique : Bab el-Mandeb, l’autre verrou maritime. De l’autre côté de la péninsule arabique, entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, se trouve le détroit de Bab el-Mandeb. Ce corridor est essentiel pour le commerce entre l’Asie et l’Europe. Or, le littoral yéménite est en grande partie contrôlé par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Ces derniers, les Houthis, ont déjà démontré leur capacité à perturber la navigation dans la zone. Un blocage simultané d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, passage mène directement à un autre point névralgique : le canal de Suez., ferait vaciller l’ensemble de l’économie mondiale.

La dépendance aux  » choke points  » apparaît comme structurelle. Ormuz, Bab el-Mandeb, Suez, mais aussi le détroit de Malacca, entre la Malaisie et l’Indonésie, emprunté chaque année par près de 80 000 navires. Tous illustrent une même réalité : la géopolitique mondiale est largement tributaire d’une poignée de passages étroits, difficiles à sécuriser et extrêmement exposés aux crises.

Toutefois, une telle situation pourrait être évitée si un accord diplomatique pouvait être trouvé entre les États-Unis, l’Iran et les autres acteurs internationaux. Les mois à venir seront décisifs pour déterminer si une solution pacifique pourra émerger ou si, au contraire, la situation se dégradera vers un conflit à grande échelle. Les gouvernements et les marchés du monde entier doivent se préparer à une période d’incertitude accrue et à une possible escalade du conflit.

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Du Soft Power au Hard Power : Revers à une géopolitique des conflits

by Mustapha Maghriti 11 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

À l’heure où les équilibres géopolitiques se fragmentent et se fragilisent, où les nations perdent leur illusion de la mondialisation heureuse d’Alain Minc, un champ d’influence demeure à la fois discret, puissant et profondément philanthrope : le Soft Power.

Faut-il rappeler que le concept  « soft power  » a été inventé à la fin des années 1980, par l’ancien Doyen de l’université Américaine Harvard Joseph Nye. Il lui a réservé tout un livre en 208 pages, intitulé  » Soft Power: The Means To Success In World Politics », sorti en 2008.

Le concept de Soft Power met en perspective la notion de puissance, power,  dans un cadre non conventionnel. À l’intérieur des relations interétatiques, l’héritage géopolitique discerne 2  prototypes de relations entre les nations :

–  Les premiers s’appuient sur la puissance conventionnelle, qui est un rapport de forces symétrique de rivalité et de négociation « hard power ».

– Les secondes relations interétatiques reposent sur l’influence  » Soft Power « qui relèvent d’une relation dissymétrique  entre un influant et un influencé, lequel, par son auréole, par les enchaînements qu’il a tissés hors de ses frontières avec les élites et les Etats étrangers, par l’attraction de son modèle culturel ou politique, par les opinions propices dont il jouit, a la capacité d’influencer les autres nations, d’obtenir, par la cooptation, des résultats stratégiques en sa faveur, de définir l’agenda politique à l’international.

Cette notion a été reprise par de nombreux dirigeants politiques.  L’ex-secrétaire d’État entre 2001 et 2005 dans l’administration du président George W. Bush Colin Powell l’a employé au Forum économique mondial en 2003 pour décrire la capacité d’un acteur politique — État, firme multinationale, ONG, institution internationale (comme l’ONU ou le FMI), voire réseau de citoyens à l’instar du mouvement altermondialiste — à influer indirectement le comportement d’un autre acteur ou la perception qu’il a de ses propres intérêts, par des moyens non coercitifs (structurels, culturels ou idéologiques).

Historiquement, depuis la fin de la guerre froide, en affiliant des ressources plus intangibles, plus immatérielles et plus diffuses comme l’influence économique, intellectuelle et politique, la fixation de normes comportementales, juridiques, économique ou éthiques, la persuasion sans usage de la force, le Soft Power est devenu inéluctable à l’affirmation des États de leur auspice sur la scène internationale.

Aujourd’hui, dans le monde globalisé, l’égide ne se cantonne plus seulement à la mainmise  militaire ou à la puissance économique. Il s’agit, en outre, de la manière dont les Etats se présentent, des valeurs qu’elles incarnent et de l’attractivité que leurs cultures et leurs politiques exercent sur les autres  Etats et les autres nations. C’est là qu’interviennent la diplomatie et l’usage ou l’instrumentalisation du Soft Power: Ce sont des outils incontournables pour forger des ponts, façonner les récits mondiaux et promouvoir des relations internationales pacifiques, généralement aux mains des États qui en disposent et qui en font une politique, avec des moyens colossaux.

Conventionnellement, les relations internationales s’appuyaient amplement sur la puissance militaire, à travers le recours à la force ou à la coercition par des moyens militaires et même économiques. Nonobstant que cette approche puisse apporter des résultats à court terme, elle manque souvent de pérennité et peut engendrer de l’aversion à long terme.

En revanche, le Soft Power est la capacité d’inspirer les nations par l’affinité plutôt que par la contention. Cette étendue dérive de la culture, des idéaux politiques et de la politique étrangère d’un Etat qui sont légitimaires ou éthiquement plausibles. Les pays dotés d’un fort Soft Power peuvent gagner du soutien et de la coopération sans avoir besoin d’imposer leur politique par la coercition. Exemple :

Le Soft Power génère de plusieurs niveaux : de la culture : lorsque l’art, la musique, la nourriture, les films ou la mode d’un pays fascinent les gens de la communauté internationale, ils conçoivent et projettent des images positives auprès des diverses audiences et publics. A titre d’exemple, le 7éme art à travers les films Américains de Hollywood ou les rimes égyptiennes, les dessins animés cartonnés Japonais ne sont-ils pas des illustrations culturelles qui ont influencé des millions de personnes et des générations, dans le monde entier ? Le public ne connait-il pas très bien la majorité des acteurs et des musiciens de divers pays, qui ont façonné les goûts artistiques et l’imagination pendant des décennies ?  

Aux USA, en sus de la domination militaire, économique, et diplomatique au niveau mondial, ils ont exercé leur Soft Power, depuis les trente glorieuses, à travers leur industrie du divertissement, leurs mass média, leurs universités ( Harvard, Princeton….)  de premier plan, leur mode de vie et l’esprit d’entreprise, leur aide financière et leur coopération au développement, …..Etc.

Le Soft Power à travers la diplomatie culturelle est dorénavant devenu un pilier sur l’échiquier des relations internationales. Définie comme l’utilisation des échanges de produits culturels et des médias créatifs pour favoriser la compréhension mutuelle et renforcer les relations entre les peuples, la diplomatie culturelle est devenue plus inéluctable : À une époque où les challenges mondiaux requièrent altruisme et coopération, les langues et les arts constituent de puissants leviers  pour colmater les hiatus entre les peuples et instituer un dialogue qui transcende les frontières.

Par ailleurs, le culte joue aussi un rôle crucial en transmettant des valeurs rituelles. C’est le cas dans la région Arabo-musulmane, et en Asie, qui véhiculent par le biais de leur Soft Power la pratique de l’Islam, élargissant ainsi leurs réseaux d’influence, et en imprimant de leurs empreintes le cours des évènements au niveau régional ou même mondial.

En outre, par leur politique étrangère, les pays qui s’engagent dans l’aide humanitaire, le maintien de la paix et la coopération multilatérale, acquièrent souvent une influence, une autorité morale et une bonne image à l’international. De surcroît, les pays développés qui disposent de moyens financiers conséquents n’hésitent pas à promouvoir leur image pour s’assurer des alliances, des soutiens politiques, des partenariats économiques et délayer l’influence sur tel ou tel pays ou région.

L’exemple du Qatar est éloquent à cet égard. Ce pays, si petit par sa taille géographique et démographique, a su se faire une place de choix parmi les pays de la planète, grâce à une vision stratégique de très long terme.

A titre d’exemple, Le 1er juin ne restera-t-il pas une date marquante pour le Qatar où le Paris Saint-Germain, propriété du fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI), a remporté pour la première fois de son histoire la Ligue des Champions. Pour Doha, cette victoire est bien plus qu’un exploit sportif : il représente la consécration d’un projet de puissance par l’image, avec le rachat du club en parallèle du lancement de la chaîne BeIn Sports et de la montée en puissance d’Al Jazeera.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de « Soft Power  » à travers l’investissement dans les vecteurs d’influence (sport, éducation, médias) pour repositionner l’image du pays à l’international. La Coupe du monde 2022 ne fut-elle pas la vitrine ultime de cette stratégie.

Aussi, le Qatar a investi massivement dans plusieurs universités américaines, notamment via le campus Education City à Doha, et s’est invité dans les débats géopolitiques grâce à ses relais diplomatiques et médiatiques, ainsi que le soutien politique et financier à des partis politiques et groupes religieux dans différentes régions.

Par ailleurs, le Maroc offre un exemple éloquent et de plus en plus reconnu au niveau international.

Sous la Vision éclairée du Souverain Marocain, le Maroc a su construire une diplomatie fondée sur l’ouverture, la modération, le dialogue interculturel, et une capacité unique à relier les mondes africain, arabe, méditerranéen et occidental. Le Maroc a transformé son identité plurielle et la richesse de son capital humain en un levier d’influence stratégique.

Qu’il s’agisse de ses institutions culturelles, de son leadership religieux reconnu, de son Soft Power Africain en pleine ascension, ou de sa capacité à accueillir des événements internationaux majeurs, le Maroc démontre qu’un modèle de stabilité, d’ouverture et d’ambition peut devenir lui-même un message au monde.

De telles illustrations montrent comment une influence, non coercitive, peut façonner la manière dont le monde perçoit un pays et la façon dont d’autres nations interagissent avec lui.

Dans une géopolitique mondiale où l’incursion militaire est souvent onéreuse et contestée, le Soft Power offre un outil stratégique, à long terme, pour parvenir à des objectifs nationaux à travers  l’établissement de partenariats, la prévention des conflits ou à améliorer la notoriété d’une nation. En outre, le soft power peut apporter des réponses aux problèmes mondiaux tels que l’épineuse problématique du  changement climatique, les pandémies et les cyber-menaces, le radicalisme religieux et le terrorisme, qui nécessitent une coopération plutôt qu’une rivalité entre les États.

Mais le Soft Power n’est cependant pas sans poser de défis. C’est une stratégie qui peut être compromise par des incohérences ou contradictions dans les politiques de mise en œuvre, comme la promotion des droits de l’homme à l’étranger tout en les violant sur le plan national. Il est également vulnérable à la désinformation, aux malentendus culturels et à la concurrence, régionale ou mondiale, de rivaux qui peuvent utiliser la propagande ou des cyber-campagnes pour nuire à la réputation du pays source.

De plus, le Soft Power est en grande partie une affaire de moyens financiers considérables, et partant, ce ne sont pas tous les pays que peuvent s’offrir le luxe de mener une politique étrangère qui combine la diplomatie classique et le Soft Power.

Cependant, depuis le début du 21ème siècle, la Communauté Internationale connait de nombreux défis et de nouvelles pratiques. L’aggravation de la situation environnementale par le réchauffement climatique, la pandémie du Covid19, la succession de crises financières, la guerre en Ukraine et celle d’Israël à Gaza, les migrations et le terrorisme n’ont pas manqué de bouleverser la perception des modes traditionnels de relations entre États et les attitudes des peuples envers différentes puissances mondiales. Les opinions publiques au niveau international commencent à juger les actions des différents États influents en fonction de l’impact sur la coopération internationale et à la solidarité plutôt qu’à la puissance des armées.

La présidence de Donald Trump aux USA pour son deuxième mandat joue un rôle central dans ce changement, portant une croyance idéologique profonde en la suprématie et la volonté Américaine d’hégémonie. Avec sa politique et son slogan de ‘’America First’’, il a mis en œuvre sa décision d’anéantir un grand symbole du Soft Power et un bras efficient de l’influence Américaine dans le monde, par la dissolution de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), dans le cadre de la politique des réductions draconiennes de l’aide des États-Unis à l’étranger. Cette action a été décriée dans de nombreux pays et par les organisations humanitaires notamment, nationales et internationales, qui ont tellement bénéficié des largesses et des aides américaines.

Globalement, et malgré les péripéties de la situation internationale, la HARD Power continueront à jouer  un rôle essentiel dans la définition des relations internationales d’aujourd’hui et de demain : L’invasion Russe en Ukraine ne replonge-t-elle pas le Vieux Continent dans une idéologie guerrière très incertaine ? 4 ans de guerre en Ukraine n’ont-elles pas radicalement transformé la posture stratégique de l’Union européenne ? Face à un conflit de grande ampleur et de haute intensité dans son aire géographique d’intérêt direct, l’UE  n’exerce-telle pas un hard power à la hauteur de son poids économique ? La guerre en Ukraine ne fait-elle enfin émerger une puissance Européenne, prête au rapport de force, y compris militaire, sur la longue durée ?

Face aux guerres dans plusieurs coins de la planète et à l’instabilité géopolitique, les Etats n’ont-ils pas amorcé un tournant majeur dans leur politique de défense, avec une hausse significative des dépenses militaires ?

Aussi, la crise au Moyen-Orient ne se caractérise-t-elle pas par un usage intense du HARD Power (frappes militaires, missiles, opérations directes), redéfinissant la géopolitique régionale via l’affrontement Israël-Iran et leurs alliés. Cette guerre par procuration, exacerbée par des tensions énergétiques, n’intensifie-t-elle pas l’instabilité et reconfigure les alliances, impliquant une intervention militaire Américaine directe, en redessinant, in fine, les rapports de force entre puissances régionales et internationales ?

11 mars 2026 0 comment
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8 MARS ET LA FEMME : SPOT PUBLICITAIRE DE L’ONU, CLICHÉ DE MARKETING  OU ÉCRAN DE FUMÉE DE SERVITUDE ET D’ENDURANCE ?

by Mustapha Maghriti 8 mars 2026
written by Mustapha Maghriti

8 Mars de chaque année c’est le même show, la même chanson et le même Markenting : Une journée où les marques vendent aux femmes de l’électroménager  et leur offrent du Glam House, Spa ou massage de bien-être. 8 Mars de chaque annuité, dans le secteur public, les Ministres offrent aux Femmes des roses et dans le secteur privé, les chefs d’entreprises offrent aux Femmes du chocolat ou des fleurs, un certain Saint-Valentin bis où les Femmes seront inondées de compliments, de galanterie et de bonnes intentions.

8 Mars de chaque année, c’est la même sérénade et la même chorale : Bouquetière de roses, magasins de Make up et romanesque féminine pour commémorer la fête de la rose. Tous les 8 Mars de chaque année, la fête de la Femme revient manifestement de bonne affectivité sur un ton suave.

8 Mars de chaque année, c’est le même tapage médiatique : Une journée où les médias (presse écrite audiovisuelle ou digitale) lancent des débats et des discours de s’intéresser aux batailles des Femmes. 8 Mars de chaque chandelle, c’est le même récital où le refrain « bonne fête » résonnera manifestement dans les oreilles des Femmes et vont entendre des lancés remplies de bonne affectivité sur un ton suave.

D’emblée, toutes ces affichettes publicistes raffinées ornementées de fleurettes rouges ne camouflent-elles pas les désolations d’une féminité à fleur de peau ? La lutte contre les inégalités salariales persistantes (le salaire moyen des femmes dans le secteur privé était encore de 22,2 % inférieur à celui des hommes en 2023, selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques  INSEE), les féminicides et la montée des discours  » masculinistes  » où le collectif Grève féministe, responsable de l’organisation des manifestations à l’occasion de la Journée internationale pour les droits des Femmes, a comptabilisé 250.000 manifestants en France Samedi 8 mars, dont 120 000 à Paris.

Tous ces posters parés de fleurs galantes ne dissimulent-ils pas un féminisme en sursis où la tonalité politique visant selon elles à offrir une  » riposte féministe » à une  » épidémie fasciste » avec une brève action de  » Femen » qui, peintes de drapeaux Américains, Européens ou Russes barrés d’une croix gammée, ont fait des saluts nazis en criant  » Heil Trump »,  » Heil Meloni  » ou encore  » Heil Poutine » devant les caméras ?

Tous ces panneaux publicitaires avec, en prime, les  opérations Marketing et Sexistes vantant vernis à ongles, « chocolats réservés aux femmes » ou bouquets de fleurs ne camouflent-elles pas des cris d’orfraie exhibant les douleurs d’une féminité en supplice à travers des coups et blessures, agressions, viols, rapts, kidnappings, harcèlement moral, stress et violence psychologique et physique ?

Pièces à conviction: Affaire Pelicot (devenue une icône féministe à l’occasion du procès des viols de Mazan où son ex-mari, Dominique Pelicot, a été jugé aux côtés de 50 coaccusés, des hommes qu’il avait recrutés sur Internet pour qu’ils viennent violer son épouse, droguée aux anxiolytiques et totalement inconsciente, à leur domicile de Mazan  n’est-elle pas devenue emblématique des questions de violences sexistes et sexuelles, en France comme à l’étranger ? Ou encore le drame de l’affaire  Scouarnec où des centaines de femmes dont la plupart des mineurs ont subi un viol ou une agression sexuelle commis par le docteur Joël ou encore l’affaire de Bétharram où  la nomination de Darmanin mis en cause pour des violences sexistes et sexuelles comme Garde des Sceaux sont autant d’illustrations dans l’actualité attestant des violences sexistes et sexuelles présentes partout sur le pays de Molière.

En Afghanistan, le régime des talibans qui ont repris le pouvoir à Kaboul, le 15 Août 2021, les femmes Afghanes subissent un régime misogyne qui les macère les femmes Afghanes sur leur quotidien à travers des comportements réprimants et punitifs  à aller à l’école, de travailler, pâtissaient des mariages forcés, devaient porter le voile intégral, ne pouvaient sortir de chez elles sans un protecteur masculin ou l’accès aux parcs et aux salles de sport, les écoles, les universités et les emplois.

Sur d’autres cieux, des femmes Palestiniennes, Soudanaises, Kurdes, Ukrainiennes sont encore aujourd’hui emmurées, exécutées, faisant face à des bombardements massifs, au génocide, à l’exode, et qui sont victimes de viols de guerre, peinent à nourrir leur famille et à se nourrir elles-mêmes, de toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits, qui sont confrontées aux conflits armés, aux régimes fascisants. Ces exemples  et non le moindre révoltant et à peine illustre le traumatisme psychologique, sociale, et l’humiliation quotidienne des Femmes  partout dans le monde.

Au Maroc, chaque 8 Mars, la femme Marocaine est haussée sur un piédestal avec des syllabes galantes, des slogans qui dérobent l’écran de fumée d’une Société Marocaine phallocrate dans l’offense, non pas d’une journée solennisée une fois chaque année, mais des temps de calvaire sans toutefois arriver à la péréquation des chances avec la virilité, dans tous les domaines de la vie. 

À coup de clichés sociaux, la « HACHOUMA », hérités au fil du temps, la ségrégation de genre évince notre patrie le Maroc de la contribution de la Femme. Or, aujourd’hui plus que jamais, l’appréciation de l’efficacité doit répondre à une logique asexuée. Certes, la Constitution de 2011 avait jeté les jalons d’une meilleure onction de la femme, mais leur concrétisation sur le terrain pointe encore à l’horizon.

Ne doit-on pas alléguer que le 8 Mars doit transcender l’aspect Marketing de la journée de la Femme ; il doit être une opportunité d’appréciation, de critique et de visibilité pour les associations de défense des droits des Femmes. En sus, le 8 Mars doit être un moment de vérité « en flashant » les médias, les intellectuels sur les inégalités et les injustices dont les femmes sont proies à travers les 4 coins de la planète, car il reste, du chemin à patrouiller pour que l’équité́ genre soit vraie.

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleure rouge d’une journée éphémère 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien épisodique pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

Très loin de tout abus, très loin de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, il est un devoir de remmailler les préceptes de l’Islam, colmater les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater un subconscient humain gravitant dans l’orbite des valeurs de la familiarité, de l’attachement et la dévotion.

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous recommande, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles, pour preuve, il les fait comparer à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités.

Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : « Je vous conseil la bonté envers les Femmes. » 

Faut-il rappeler que le 8 Mars, en guise de conclusion, est une journée, non de distribution à discrétion de fleurs et de romanesque, mais de mise en avant de lutte pour les droits des femmes et de la fin des inégalités par rapport aux hommes qui est issue de l’histoire des luttes féministes menées sur les continents Européen et Américain en revendiquant le droit de vote des femmes, le droit au travail et la fin des discriminations au travail.

Faut-il rappeler que la genèse du 8 Mars s’ancre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du xxe siècle et non la distribution à volonté des fleurettes rouges et rouges d’une journée épisodique.

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleure rouge d’une journée éphémère 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien épisodique pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

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Après 37 années, la nécessité d’une intégration Maghrébine -UMA- dans une géopolitique protectionniste et multipolaire

by Mustapha Maghriti 19 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier 17 Février 2026 aurait pu être une journée commémorative et pleine de festivités. Mais elle ne l’était pas. Ce n’était pas la date de mon anniversaire ou la date de l’indépendance de mon pays, mais la date de la constitution de l’Union du Maghreb Arabe UMA. En effet,  c’est comme ce jour du 17 Février 1989, soit 37 années que fut l’édification de l’Union du Maghreb Arabe UMA suite à un traité scellé par les 5 pays membres (Algérie, Lybie, Maroc, Mauritanie et Tunisie)  pour réaliser la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux entre les Etats membres, l’adoption d’une politique commune dans tous les domaines en mettant en évidence ‘la stratégie Maghrébine pour le développement commun.

Depuis cette date, de profondes métamorphoses géopolitiques mondiales se sont opérées sur l’arène internationale (chute du mur de Berlin, effondrement du bloc Soviétique Communiste, mondialisation…..Etc.). Ainsi au regard de la globalisation marquée par une libéralisation commerciale à outrance, 5 pays avec plus de 120 Millions d’habitants ayant la même histoire, la même langue, la même religion, des richesses naturelles et humaines importantes, et une complémentarité confirmée, et pourtant c’est l’une des régions les moins intégrées du monde en termes d’échanges intra-régionaux à l’échelle mondiale où le commerce global intra-maghrébin se limite à moins de 5% alors que la part du commerce intrarégional atteint 16% environ en Afrique, 19 % en Amérique latine, 51 % en Asie, 54 % en Amérique du Nord et 70% en Europe. Les échanges entre les pays de l’Union du Maghreb Arabe UMA ne dépassaient guère les 3,1% des exportations globales de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Le commerce intra-Maghrébin demeurait encore chétif par rapport aux échanges des pays de l’UMA avec l’Union Européenne. En moyenne, les pays de la région exportaient près de 70 fois plus vers l’Union Européenne que vers le Maghreb. De ce fait, le gros des échanges du Maghreb s’effectue avec l’Europe, pour des raisons qui tiennent à la fois aux liens historiques, à la nature des produits échangés et, plus récemment, aux efforts déployés par chacun des pays pour libéraliser ses échanges avec l’Europe.

L’orientation traditionnelle des échanges vers l’Europe, les efforts récents de diversification en direction de l’Afrique subsaharienne et, plus récemment, l’émergence de la Chine comme marché d’exportation ont, nous semble-t-il, détourné l’attention des pays du Maghreb de l’intégration intra-régionale. Des facteurs géopolitiques ont freiné l’intégration Maghrébine. Les causes profondes des tensions sont complexes et varient d’un pays à l’autre. L’UMA est inopérante depuis des années du fait de désaccords entre ses pays membres, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Les menaces terroristes ont aussi provoqué un durcissement des contrôles frontaliers. La frontière longue de quelque 1.600 kilomètres qui sépare l’Algérie du Maroc est fermée depuis 1994.

Face à cette situation, le Souverain Marocain, dans son discours Royal au 3ème Sommet Arabe de développement économique et social à Ryad, en Arabie Saoudite, n’a-t-il pas regretté le statu quo au Maghreb en soulignant que « nous ne pouvons que regretter à nouveau de voir que l’Union Maghrébine ne s’acquitte pas de son rôle naturel qui lui incombe de promouvoir un développement commun des Etats maghrébins, notamment en garantissant la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services »

L’intégration de l’Union du Maghreb Arabe est devenue une nécessité économique incontournable, vu la concurrence et la rivalité féroce que se livrent les différents blocs régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE…..). En effet, compte tenu des défis occasionnés par les échéances charnières auxquelles les économies Maghrébines devraient faire face, le coût du non-Maghreb s’avère insoutenable pour les économies de la région. Ainsi, de par son rôle de moteur de croissance et d’intensification des échanges commerciaux entre pays de la région, l’intégration Maghrébine pourrait constituer un facteur d’appui pour une insertion plus efficiente des pays membres à l’économie mondiale.

La singularité de la région Maghrébine est qu’elle s’insère dans la continuité du courant libre échangiste qui devrait relier progressivement les deux rives de la Méditerranée, au même titre que celui impliquant les pays de la déclaration d’Agadir auquel l’Algérie ne fait pas partie. Ainsi, au-delà de la discontinuité géographique qui en découle, une relance du projet d’intégration Maghrébine serait propice pour redimensionner la libéralisation commerciale entre les pays de l’Accord d’Agadir.

L’intégration Maghrébine permettrait de créer des chaînes de valeurs régionales et de mieux les intégrer dans l’échiquier des chaînes de valeur mondiales. Pour le Maghreb, la mise en place d’un ensemble de règles communes en matière de commerce et d’investissement offrirait un meilleur environnement non seulement aux investisseurs intéressés par le marché intérieur de la région, mais aussi à ceux qui souhaitent exporter leur production vers les marchés voisins, tels que l’Union Européenne.

Par ailleurs, elle aiderait les entreprises locales à mieux s’intégrer dans les chaînes de production mondiales, en assurant la libre circulation des pièces et composants chez les partenaires régionaux et entre eux. Ce n’est que par une plus grande intégration que le Maghreb pourrait atteindre la taille nécessaire pour attirer des IDE à la recherche de marchés durables. En outre, les chaînes de valeur mondiales peuvent également servir de circuits de diffusion du savoir, tant à partir des pays avancés qu’entre ceux du Maghreb, de la même manière que les circuits traditionnels du commerce et de l’investissement. Le Maghreb pourrait devenir une plaque tournante du commerce et des investissements entre l’Afrique subsaharienne et l’UE.

Lors des travaux de la conférence sur l’intégration économique maghrébine à Nouakchott, Christine Lagarde, Ex-directrice générale du FMI, soulignait « qu’une meilleure intégration permettra de développer plus de croissance, d’avoir une capacité d’offre mieux coordonnée, en particulier pour les investissements directs étrangers et permettra de se concentrer de manière stratégique sur les secteurs créateurs d’emplois »

Face aux risques liés au retour au protectionnisme à l’échelle mondiale, à l’instabilité des marchés financiers et à la turbulence géopolitique que connaissent la donne mondiale, la Coopération Maghrébine s’avère incontournable. Et pour s’intégrer, les pays de l’UMA devraient s’appuyer sur la dynamique impulsée par la crue actuelle de l’économie internationale, des échanges commerciaux et de l’investissement. Un renforcement de la demande provenant de leurs partenaires commerciaux générerait un surplus de recettes douanières. Une plus grande libéralisation des mouvements de capitaux entre les pays de l’UMA permettrait de développer les investissements directs étrangers IDE.

Aussi, pour cueillir les dividendes de la reprise mondiale et limiter les contrecoups négatifs des agitations commerciales internationales actuelles, les pays de l’UMA devraient collaborer sur le commerce dans la région et sur le système multilatéral plus vaste étayé sur des règles.

Dans cet environnement extérieur relativement favorable mais vulnérable et tendu, l’apostrophe importante qui interpelle les décideurs Maghrébins est de savoir comment faire de l’UMA un moyen d’action supplémentaire pour sécréter une dynamique économique porteuse de croissance, de production, d’investissement et d’emploi.

Un Co-développement Maghrébin et un partenariat économique et financier ne sont-ils pas d’une nécessité impérieuse pour porter une réplique à une géopolitique mondiale fragmentée en ce en négociant l’accord régional Maghrébin, en coordonnant les mesures, en libéralisant les marchés et en améliorant le climat de l’investissement et des affaires économiques internationales, et en échafaudant des solutions efficaces adaptées à chaque pays de l’UMA et pour créer des avantages comparatifs dans de nouveaux domaines.

Cette question est d’autant plus d’actualité que les nouveaux moteurs de la croissance à l’exemple de l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables seront d’une grande aubaine aux économies Maghrébins pour propulser une croissance économique, garantir le basculement vers des modèles économiques inclusifs et durables, se greffer sur les standards économiques internationaux et s’atteler sur la dynamique économique mondiale.

En 2020, la précarité du Covid-19 n’a-t-elle pas révélée que nous Marocains, Maghrébins, Européens et Sud-méditerranéens, nous sommes réunis par le même destin ? L’UMA ne doit-elle pas tirer les leçons de la crise sanitaire, économique et sociale causée par la Covid-19, et ce à travers la réduction de sa dépendance au niveau des chaines de valeur mondiales avec le lointain (la chine, l’Inde……) et créer des interdépendances solides avec sa proximité Maghrébine ?

Aussi, la géopolitique mondiale actuelle fissurée et fragmentée, ne doit-elle pas nous amener et nous animer à prendre conscience de la valeur inestimable du voisinage Maghrébin comme un bien commun, à ouvrir nos frontières, créer les socles et les piédestaux de réconciliation et de rapprochement, pour boiser et blinder nos positions de négociation dans la gestion de la nouvelle géostratégie ?

L’Union Européenne ne doit-elle promouvoir la relocalisation des activités industrielles pour les incorporer dans un maillage régional Maghrébin permettant, de donner à l’uma une certaine centralité en tant qu’espace géopolitique Africain pour mieux négocier sa position dans les chaines de valeur mondiales et démontrer sa capacité à maîtriser ses rapports avec toutes les grandes puissances et à bâtir, dans la cadre de la multipolarité future et dans une approche de régionalisation avec l’Europe voisine, une zone de coproduction.

En guise de conclusion, le partenariat Maghrébin doit être considéré comme une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes et ce en aplanissant les divergences, en restant unis, pour façonner une région capable de tirer le meilleur parti de son énorme potentiel et qui contribue à la paix et à la sécurité mondiales.

 Le Souverain, dans son discours Royale  du 31 juillet 2021, ne s’attacha-t-il pas à poursuivre ses efforts sincères et louables pour cimenter la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus singulièrement dans son voisinage Maghrébin et où il déplore la nature prochronique et désuète des éréthismes actuels, en singulier l’enclos des frontières entre nos deux jumeaux pour reprendre l’expression du Souverain Marocain. Une muraille héritée du passé et qui n’a plus lieu d’être eu égard à l’interdépendance et la complémentarité irrécusable entre nos deux pays autant au niveau historique et civilisationnel qu’au niveau économique, stratégique et géopolitique pour toute la région que ce soit la coopération verticale Nord/Sud (la méditerrané et l’Europe) ou les échanges horizontaux Sud/Sud avec le reste de l’Afrique. 

La seule alternative viable pour le pouvoir Algérien serait donc de serrer une fois pour toutes la main qui lui est tendue par le Maroc, et de contribuer activement à jeter les jalons d’un nouveau pacte de développement, de stabilité régionale fertile et propice à la géopolitique Maghrébine évoluant dans son environnement régional et international, qui en plus de profiter irrémédiablement à peuples Maghrébins, mettra fin à la déperdition des points de croissance, desserrera l’étau de la contrainte de la dépendance structurelle à l’égard de l’Europe et renforcera la stabilité dans la région au détriment des ingérences étrangères dont les agendas vont à l’encontre de nos intérêts les plus vitaux, malgré le caractère fallacieux et mielleux de leurs discours officiels.

Avec une telle nouvelle reconfiguration géopolitique Maghrébine et pour d’évidentes raisons géostratégiques, les puissances mondiales, l’ensemble des acteurs régionaux et extra-régionaux ne se trouveraient pas dans l’obligation de prendre en considération un rapport de force régional entièrement nouveau ?

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Saint-Valentin et la Galanterie au 21éme siècle : Un comportement sexy ou une attitude sexiste?

by Mustapha Maghriti 14 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Sauf au fameux jour de Saint-Valentin avec son cortège de roses, de cadeaux, de lettres parfumées, la Galanterie, hélas, devient de plus en plus rare : Où est cette attitude à prononcer « Lady is first » à la femme sur le seuil d’une porte ? Où est cette gentillesse masculine à lui céder sa place dans les transports en commun sans se sentir avilies ? Où sont ces mecs qui invitent leurs femmes au restaurant en tirant légèrement le siège pour les inviter à s’asseoir, ou à  leur ouvrir la portière de la voiture? Où est cette délicatesse à être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération.

L’origine du mot viendrait tout d’abord de l’ancien français Gale, désignant la réjouissance, le plaisir et l’amusement. Il est bien connu que la Cour de Louis XIII et celle de Louis XIV passaient beaucoup de temps à se divertir grâce à toute sorte de jeux, de loisirs et aimaient les grandes fêtes fastueuses et frivoles. Ainsi la galanterie s’établit dans ce contexte de jeu spirituel, de divertissements mondains de l’esprit pour devenir une esthétique à part entière. En assimilant le public mondain au premier sens du terme Gale, l’adjectif « galant » est de plus venu qualifier des personnes honnêtes, de bonne grâce, qui ont des manières agréables, de l’esprit, du jugement, de la civilité, de la gaieté, et qui s’évertuent à plaire.


Comme disait Honoré de Balzac dans la comédie humaine, le caractère de notre temps, a altéré la Galanterie ; le mot « galant » disparaît ; la courtoisie à la femme fait de plus en plus cruellement défaut ; la galanterie est reléguée au rang des accessoires, avec la phallocratie et le sexisme qui prévalent. Pour preuve, selon des sondages, toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France !

La Galanterie consiste, à titre illustratif, à laisser la priorité à la femme sur le seuil d’une porte, à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l’aider à porter ses bagages. Plus généralement, il s’agit d’être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération ». La Galanterie serait donc une séduction  » Soft » des hommes envers les femmes consistant à témoigner à ces dernières un respect, des attentions et des égards particuliers. La galanterie concerne parfois des agents extérieurs à la relation entre individus de sexes opposés. Par exemple, lors du service d’un repas, le serveur ou la serveuse considérera que les hommes sont galants et accordera la priorité de son service aux femmes.

Que penser de la Galanterie à travers le baisemain qui fut pendant des lustres comme un élément sublime de la civilisation occidentale, un symbole de l’élégance ? Est-elle autre chose qu’un comportement phallocentrique et macho destiné à bisser aux femmes qu’elles sont congénitalement faibles qui les empêche aussi bien d’ouvrir aisément les portes que de porter seules leurs valises. Sous cet angle, Simone de Beauvoir, figure emblématique du féminisme français du XXe siècle, dans son ouvrage « Le Deuxième Sexe » n’a-t-elle pas écrit à propos de la galanterie qu’elle est une contrepartie héritée des sociétés patriarcales visant à maintenir la femme dans son état d’asservissement ?

Quelles sont les frontières entre la galanterie, la séduction et le harcèlement ?  On pense que la Galanterie, expression d’affabilité, est une révérence à la femme, une escorte à sa faillibilité, une forme d’hommage à une mère, une manière de bienséance à une sœur, une manière de préséance à sa femme.

La Galanterie, c’est la Class, la Galanterie est romanesque et chevaleresque, c’est une touche auguste et noble. C’est l’ex-voto de la féminité, c’est l’expression même de la virilité et le symbole de la masculinité : C’est en cela que la galanterie est plus sexy que sexiste. Les hommes galants sont toujours ces hommes qui estiment les Femmes. 

A notre sens, la Galanterie, c’est l’exact contraire de l’impolitesse, de l’impudence, des gestes inconvenants dont se plaignent nombre de femmes à l’époque actuelle, quand, dans la rue, elles sont confrontées aux sifflements et chuintements. Dans les bus et les tramways, elles sont accolées aux attouchements et au frotteurisme et à autres comportements aborigène et primitifs.

Contrairement, à la Galanterie qui apparaît aujourd’hui dans les sociétés modernes, comme un objet archéologique, l’islam, depuis plus de 14 siècle, accorda une grande considération à la femme, expression d’une déférence de l’homme envers la femme. A cet égard, ne doit-on pas interroger ces interpellations qui montrent les valeurs de la Femme à travers notre culte ?

Pour pièce à conviction, le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous ne recommande-t-il pas la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles ?

Quel était la dernière déclaration du Prophète avant de rendre l’âme ? Le dernier appel du Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim “Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes.” 

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI ne les fait-il pas ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités ? Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : « Je vous conseille la bonté envers les Femmes. » 

En outre, sur qui le prophète SIDNA MOHAMMED que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI s’est rendu l’âme ? N’est ce pas sur les pieds d’une Femme, en l’occurrence sur les saints pieds d’Oummouna AICHA. 

Je ne crois pas que l’égalité que cherche la femme, soit au Maroc ou sur d’autres cieux, doit se conquérir au préjudice de l’élégance, de la politesse et des règles de bienséance qui rendent la vie en société plus agréable.

La Galanterie doit être vécue comme une forme de respect et de profonde politesse en réinventant le savoir-vivre et de douceur des relations entre hommes et femmes tout en évitant tout amalgame entre galanterie, séduction et harcèlement.

Au lieu de  garder au frigo son feeling et ses sentiments jusqu’au jour du 14 Février de chaque année, les hommes ne doivent-ils pas rendre everday Saint-Valentin day, envers leurs femmes?

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleur rouge d’une journée éphémère de Saint-Valentin ou encore de ce jour Onusien épisodique du 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ces jours momentanés pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

Guillaume Apollinaire , n’a-t-il pas dit, in fine, dans les Trois Don Juan, qu’un homme bien né se reconnaît à deux qualités : la Galanterie et la bravoure ? 

Très loin de tout abus, très loin de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, il est un devoir de remmailler les préceptes de l’Islam, colmater les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater un subconscient humain gravitant dans l’orbite des valeurs de la familiarité, de l’attachement et la dévotion.

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous recommande, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles, pour preuve, il les fait comparer à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : ” Je vous conseille la bonté envers les Femmes”.

14 février 2026 0 comment
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L’accord de libre-échange Union Européenne -Inde : les raisons de la signature d’un pacte ambitieux

by Mustapha Maghriti 12 février 2026
written by Mustapha Maghriti

L’Inde et l’Union européenne (UE) ont officialisé Mardi 27 Janvier 2026, au cœur de la capitale Indienne, New Delhi la conclusion d’un ambitieux accord de libre-échange qui, au terme de 20 ans de négociations, va créer une zone de libre-échange de 2 Milliards de consommateurs. Ce pacte a été paraphé en présence du Premier Ministre Indien Narendra Modi, de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil Européen Antonio Costa.

Ces deux mastodontes représentent désormais 25 % du PIB mondial et un 1/3 du commerce international. Cet accord est d’autant plus capital qu’il rassérène les 800.000 emplois Européens déjà soutenus par les exportations vers l’Inde.

Le contrat repose sur une baisse drastique des barrières tarifaires imposées par l’Inde. A titre illustratif, à terme, les droits de douane sur plus de 90 % des exportations de marchandises de l’UE seront éliminés ou réduits, permettant aux entreprises Européennes d’économiser jusqu’à 4 Milliards d’euros de taxes par an.

Les secteurs de l’aéronautique, de la chimie et de la fabrication d’équipements médicaux voient leurs droits de douane disparaître totalement. L’industrie automobile, fleuron de l’économie Européenne, bénéficie d’une percée majeure avec des taxes qui s’effondrent de 110 % à seulement 10 % pour un volume annuel de 250 000 véhicules.

Le secteur des vins et spiritueux, particulièrement important pour la France, profite d’une réduction tarifaire spectaculaire. Ainsi, les droits de douane sur les vins passent de 150 % à 20% pour la gamme premium et 30 % pour la gamme intermédiaire, tandis que les spiritueux tombent à 40 %. Par ailleurs, de nombreux produits de consommation courante comme le chocolat, les pâtes ou l’huile d’olive sont désormais totalement exemptés de taxes.

La Commission Européenne estime que l’accord de libre-échange devrait doubler les exportations de marchandises vers l’Inde d’ici 2032. Au-delà des marchandises, le protocole ouvre largement le marché des services. Les prestataires Européens bénéficient d’un accès privilégié dans des secteurs clés tels que les services financiers et les services maritimes.

En contreparties de ce pacte, l’Inde obtient des avantages substantiels pour son industrie avec une quote-part d’exportation d’acier sans taxes fixé à 1,6 Million de tonnes par an. Au-delà des marchandises, la convention inclut un volet humain essentiel qui facilite l’accès au territoire Européen pour les étudiants, les chercheurs et les travailleurs qualifiés Indiens.

Le convenant renforce également la protection de la propriété intellectuelle Européenne (marques, dessins, secrets commerciaux) et prévoit un chapitre dédié aux PME pour les aider à naviguer sur le marché Indien via des points de contact spécifiques. Enfin, ce partenariat s’étend à la défense et à la sécurité, marquant la volonté des deux puissances de diversifier leurs sources d’approvisionnement militaire et technologique.

Derrière ce gigantesque pacte se profile plusieurs raisons économiques, commerciales et géopolitiques :

– Primo, cette initiative intervient dans un contexte de discordes géopolitiques mondiales. Il permettra à l’Union Européenne et à l’Inde de jalonner une voie de self-government au regard de l’impondérabilité de la politique étrangère Américaine de Donald.Trump.

Aussi, pour éluder que des pays tiers n’utilisent l’Inde comme plateforme de réexportation vers l’Europe, des clauses d’origine draconiennes ont été définies : seuls les produits ayant subi une transformation significative dans l’un des deux blocs bénéficient des réductions de taxes.

– Secundo, cette alliance vise à réduire la dépendance commerciale envers Pékin. Pour l’Europe, ce traité constitue une étape clé de réduction de risque visant à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, alors qu’en 2025, plus de 23 % des biens importés dans l’UE provenaient encore de la Chine. De son côté, l’Inde cherche à contrer la prééminence Chinoise dans le commerce mondial, qui représente 18 % de ses propres importations. Ce rapprochement stratégique permet à New Delhi d’accéder aux technologies et aux investissements nécessaires pour moderniser son industrie via le programme Make in India.

– Tertio, ce partenariat répond à une résurgence de l’Union européenne sur l’échiquier des relations économiques internationales. En effet, depuis 2018, l’UE a subi une érosion de ses parts de marché dans le monde, chutant de 18 % à environ 15 % en 2025. Face à ce déclin, l’accès au marché Indien devient une priorité vitale : Avec une croissance de 8,2 %, l’Inde offre le relais de croissance indispensable à l’Europe pour compenser sa perte de vitesse sur ses marchés traditionnels. D’ailleurs, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait prendre cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les États-Unis, la Chine et l’Allemagne.

A titre d’exemple, la France se trouve en première ligne pour récolter les fruits de ce traité grâce à ses secteurs de pointe, notamment l’aéronautique, le luxe et l’agroalimentaire. Pour les vins et spiritueux, la chute des taxes de 150 % à 20 % représente une opportunité stratégique de pénétration du marché, offrant une alternative vitale aux débouchés Américain et Chinois sous pression. Ce pivot commercial est d’autant plus nécessaire que l’Inde ne représentait jusqu’alors que 2 % des exportations européennes.

Historiquement, l’Inde a longtemps fait preuve d’une certaine circonspection vis-à-vis du commerce mondial. Elle a pratiqué, bien avant D.Trump, une politique de droits de douane élevés : 18 % de taxes en moyenne applicable aux marchandises originaires de pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2021, rendant son marché intérieur relativement difficile d’accès. Son retrait du commerce mondial a été marqué entre 2014 et 2020.

Toutefois, cette ouverture n’est pas sans contreparties,  l’UE a exclu les secteurs ultra-sensibles comme le bœuf, le riz ou le sucre. Cette prudence garantit une protection aux éleveurs français face à une agriculture Indienne qui emploie encore 45 % de sa main-d’œuvre et dont les coûts de production sont nettement inférieurs.

Outre le seul domaine commercial et dans un monde de moins en moins sûr, les deux blocs ont étendu leur partenariat en matière de défense et de sécurité en réduisant leur dépendance stratégique à un moment où l’arme commerciale est de plus en plus utilisée.

– Quarto, à partir de 2014, le Gouvernement Indien a mis en place des programmes, comme le Make in India, visant à attirer les investissements directs étrangers (IDE). Dans cet objectif, le Gouvernement a mis en place des politiques de levée des restrictions sur les IDE, de facilitation administrative à l’investissement. Aussi, l’Inde a un besoin aigu de développer son secteur manufacturier pour ne pas voir son dividende démographique lui échapper, et être en mesure de créer des emplois à un rythme aussi soutenu que la croissance de sa population active. A ce titre, le gigantesque marché Indien permettre aux entreprises issues de l’UE de délocaliser leurs unités productives sur le site Indien.

– Quanto, L’UE représente un partenaire commercial incontournable pour l’Inde. C’est son deuxième fournisseur, juste derrière la Chine et devant les États-Unis. Entre 2011 et 2025, les importations Indiennes émanant de l’UE sont restées stables, oscillant entre 10 % et 12 %, dépassant systématiquement celle des États-Unis, soit 8 à 9 % sur les cinq dernières années.

Parmi les produits les plus exportés par l’UE et les États-Unis vers l’Inde, des produits métalliques à recycler – fer, acier, aluminium -, des avions et des pièces détachées, ou encore des gammes de médicaments. L’UE se distingue des États-Unis par ses exportations de machines-outils, d’appareils de mesure, de véhicules de tourisme et de produits chimiques. S’ajoute, la plus grande diversité des exportations Européennes comparativement aux exportations Américaines. Les 25 produits européens les plus exportés vers l’Inde représentent 1/3 de ses exportations totales. Ainsi, avec cette polarisation commerciale, l’accord avec l’UE diffusera des économies d’échelle à travers une baisse des coûts et des prix au profit de l’économie Indienne.

– Sexto, depuis la fin de la décennie 2010, l’UE a vu s’éroder ses parts de marché dans le monde, en particulier dans les pays en développement où cette perte concerne la majorité de ses produits, au profit principalement de la Chine. Même les 100 produits les plus exportés par l’UE vers le reste du monde – avions, véhicules de tourisme haut de gamme, boîtes de vitesse, turboréacteurs, certains médicaments et vaccins, ou encore articles de parfumerie – ont subi une baisse de leurs parts de marché. Ainsi, ce pacte commercial permettra à l’UE de réactiver son commerce sur l’échiquier mondial en compensant l’érosion de ses parts de marché depuis 2010

En somme, cet accord commercial de l’INDE-UE s’inscrit dans une vision stratégique de long terme, dont l’accélération a été catalysée par les dynamiques de recomposition de commerce  mondial. D’un point de vue géopolitique, ce raccommodement s’inscrit dans une stratégie de diversification des chaînes d’approvisionnement permettant à l’UE et l’Inde de réduire les dépendances vis-à-vis de la Chine. Aussi, ce rapprochement se veut une réplique à l’administration Trump, dont l’Inde et l’UE subissent les contrecoups d’une politique commerciale agressive et une remise en cause unilatérale des équilibres commerciaux.

En signant cet accord de libre-échange, dans ce contexte géopolitique tumultueux, l’Inde comme l’UE entendent tracer un sentier souverain. C’est aussi la voie vers une prospérité partagée selon les dires du Premier Ministre Indien Narendra Modi où l’UE profitera de l’’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec ses 1,5 Milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2 % en glissement annuel au dernier trimestre. En contrepartie, l’Inde attend une hausse de ses exportations dans de nombreux secteurs, dont le textile, les pierres précieuses, la joaillerie, le cuir et les services. Aussi, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et des investissements dont elle a un besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.

12 février 2026 0 comment
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ADIEU « YA DAK L’INSANNE », ADIEU Abdelhadi Belkhayat

by Mustapha Maghriti 1 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Ce n’est un secret pour personne que non seulement le monde de l’art Marocain est en deuil, mais aussi tout le Maroc, la Grande émotion du décès du grand artiste Abdelhadi Belkhayat s’est éteint ce Vendredi 30 Janvier 2026 à l’hôpital militaire de Rabat, où il a été hospitalisé à l’hôpital militaire il y a quelques semaines suite à un léger malaise après un séjour en Mauritanie.

Sa voix a accompagné des générations entières, bercé les joies, et transmis une certaine idée de la beauté et de la sagesse.

La scène Marocaine a perdu une icône de la chanson Marocaine et l’une de ses voix éternelles qui a profondément jalonné la scène artistique Marocaine par des œuvres raffinées et des paroles sincères, porteuses des valeurs de beauté, de spiritualité et d’engagement.

Né en 1940 à Fès, Abdelhadi Belkhayat incarnait une école, un style et une exigence artistique rare. Chanteur à la voix chaude et puissante, il laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué le patrimoine culturel national. Ses chansons comme Mounfarija, Ya Bent Nass, Ya Dak L’insane ou Ya Mahboubi font aujourd’hui partie du répertoire des classiques intemporels de la chanson Marocaine. Le belle strophe « YALBOUHALI BOUDREBALLA » que j’écoute en ce moment en rédigeant de cette missive ou Qitar Al-Hayat (قطار الحياة) – Le Train de la vie-. Cette chanson emblématique incarne la dimension méditative de son répertoire : une réflexion sur le temps qui passe, le destin humain et la fragilité de l’existence. Portée par une interprétation habitée, elle est devenue pour beaucoup une métaphore de son propre parcours : un voyage artistique intense, traversant générations et époques, sans jamais perdre de sa résonance émotionnelle.

Très jeune, Abdelhadi Belkhayat quitte sa ville natale pour Casablanca puis à Rabat, où il travaille comme chauffeur au ministère de la Jeunesse et des Sports tout en nourrissant une passion irrépressible pour la musique, où une audition à la Radio Marocaine le propulse rapidement sur le devant de la scène. À une époque dominée par de grands noms comme Mohamed Fouiteh ou Maâti Belkacem, il parvient à s’imposer grâce à sa voix singulière et des mélodies imprégnées d’influences orientales et arabo-andalouses. Aux côtés d’artistes de sa génération tels qu’Abdelwahab Doukkali, Latifa Amal ou Mohamed Hayani, il incarne le renouveau de la chanson Marocaine des années 1960.

Abdelhadi Belkhayat, que feu Hassan II avait empêché de quitter le Maroc pour l’Égypte à la demande du grand compositeur Mohammed Abdelwahab, aura marqué la mémoire collective par la profondeur de ses interprétations, la finesse de ses choix musicaux et une présence vocale immédiatement reconnaissable.

Sa formation au Conservatoire supérieur de musique arabe du Caire, entre 1965 et 1967, contribua à affiner son art et lui ouvre les portes du public Arabe. Son concert à l’Olympia de Paris connaît un succès retentissant, attirant une foule bien plus nombreuse que la capacité de la salle. La même décennie, il tente une incursion au cinéma sous la direction du réalisateur Abdellah Mesbahi, notamment dans Silence, sens interdit (1973) et Où cachez-vous le soleil? (1979), films tournés au Caire mais restés inédits au Maroc.

En 2012, il choisit de se retirer pour se consacrer à une vie spirituelle. D’ailleurs, sa dernière apparition publique remonte à 2015, lors du Festival Mawazine, où Abdelhadi Belkhayat avait retrouvé son public à travers des chansons cette fois-ci spirituelles et religieuses.

Ses passages lors de plusieurs éditions du Festival de Fès des musiques sacrées du monde où il a interprété entre autres Al-Munfarija d’une manière sublime, marqueront la mémoire des Marocains et de tous ses fans dans le monde arabo-musulman à jamais. Une prestation empreinte de contemplation et de ménagement, qui traduisait la profonde évolution intérieure de l’artiste et venait emblématiquement achever et clore un cheminement marqué par la quête de sens, la foi et la fidélité à une certaine idée de l’art.

Son engagement au sein de la Jamaa ad-Daawa wa-t-Tabligh dans la dernière partie de sa vie témoigne d’une quête spirituelle assumée. L’artiste devenu cheïkh aura incarné une double figure rare : monument culturel et homme à la quête intérieure.

Dans un message de condoléances et de compassion aux membres de la famille de feu Abdelhadi Belkhayat, le Souverain Marocain affirme « avoir appris avec grande affliction la disparition du défunt grand artiste, dont le décès constitue une grande perte non seulement pour sa famille, mais aussi pour l’ensemble de sa famille artistique nationale et arabe et pour toutes les générations, qui ont apprécié et continuent d’apprécier ses chefs-d’œuvre musicaux, gravés dans le cœur et la mémoire de ses admirateurs et des amateurs de la musique Marocaine authentique. »

Ce n’est pas seulement sa famille qui a perdu Abdelhadi Belkhayat, c’est tout le Maroc , sa famille artistique et à l’ensemble des fans qui ont perdu Abdelhadi Belkhayat, un artiste d’une grande exception, d’un grand talent qui a jalonné la scène artistique par sa créativité, son style, qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique Marocain.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des artistes disparus, lui, Abdelhadi Belkhayat en fait partie. Certes, il nous a quittés, mais ses rimes charismatiques et sa voix resteront immortelles et indélébiles. A DIEU Ya Dak L’insane.

1 février 2026 0 comment
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Les Lions d’Atlas : Condamnés à gagner la Coupe de la CAN 2025!!!

by Mustapha Maghriti 25 janvier 2026
written by Mustapha Maghriti

La Coupe d’Afrique des nations CAN2025 s’est terminée dans un tumulte d’émotions, d’indignation, de contorsions et d’images qui, bien au-delà de la pelouse, continueront longtemps d’apostropher. Certes le trophée a été décerné au Sénégal. Mais l’histoire, ne retiendra pas seulement ce score. Elle retiendra des moments de vérité pour le football Africain : Un Maroc, condamné à gagner la Coupe de la CAN2025 et des antagonismes d’un ballon rond Africain encore en quête de plénitude.

Durant 29 jours, l’ambiance Footballistique s’est déroulée sans aucune mésaventure faisant la Une des médias internationaux. C’est notre patrie qui a permis à toutes les délégations Footballistiques représentées au Maroc soient traitées avec inclination et révérence même à ceux qui nous détestent. C’est notre Maroc qui a permis aux joueurs Africains de jouer sur des infrastructures alignées aux meilleurs standards internationaux. Et c’est notre Bled qui a hébergé des Millions de supporters qui ont bénéficié d’amabilité, de mansuétude des Marocains où beaucoup de supporters Africains ont été émerveillés. Beaucoup ont découvert un Maroc moderne, structuré, accueillant.
Beaucoup ont reconnu, parfois avec surprise, que l’Afrique peut organiser, exceller et inspirer.
C’est autrement dit notre victoire au CAN2025 et c’est la portée du progrès et du développement que nous avons bâtie au pluriel qui est consacrée positivement.

A cela se conjugue l’enthousiasme d’une équipe Nationale digne de dévouement et de l’épaulement irrévocable de tout un peuple, les lions d’Atlas n’ont pas démérité, ils ont rugi autant qu’ils sont battus et ont fini par pleurer en prouvant leur humanité. Le Football est un sport crucifiant et à travers l’histoire, les plus grands clubs ont connu des déceptions au prorata de leurs prétentions, ce qui atteste que les lions d’Atlas ont d’ores et déjà l’étoffe des éminents.

La subtile défaite n’est pas là où l’on croit : Car un peuple Marocain ne s’attaque pas et ne razzie pas. Un sportif de class conteste mais n’insulte pas, un coach chevaleresque défend son équipe mais ne perd pas son sang froid et sa cervelle en invitant les joueurs à regagner leur vestiaire sans oublier le débordement de la pelouse, la rupture des dispositifs de sécurité et les mouvements de foule incontrôlés. Un entraîneur n’est pas un simple technicien. Il est un leader. Ses décisions engagent, ses gestes ont un poids symbolique et pratique. En rompant le jeu, Pape Thiaw a exposé l’ordre et la sécurité, mais plus encore l’image même du football Africain. 

Ce n’est ni un abus d’expression ni une attitude morale, mais un fait. Dans un stade plein à 100% et sous haute euphorie émotionnelle, le moindre accrochage peut faire des dégâts humains. L’histoire du football mondial atteste de drames nés de situations comparables : une panique, une issue de secours bloquée, et ce sont des vies qui chavirent. Dans cette finale, le danger était là. Et si le pire a été évité, ce ne fut ni le fruit du hasard, mais grâce au sang-froid des forces de sécurité et à la retenue exemplaire du public Marocain. 

Les images de cette finale transcendent le sportif, elles témoignent d’un manque de civisme sportif et de class. Elles nous sclérosent tristement à ce que les autres pensent de nous Africains ; des Tiers-mondistes, concept si cher à son inventeur Alfred Sauvy. Arsène Wenger, ex-entraîneur de l’AS Nancy-Lorraine, de l’AS Monaco, de l’ Arsenal FC  et directeur du développement du Football mondial à la FIFA l’a bien dit « Comment réussir quand tout un continent est contre toi ? ».

D’ailleurs depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations CAN2025, nous avons assisté à un véritable acharnement médiatique émanant de plusieurs supports étrangers et même  des coachs à l’encontre de l’organisation : De la billetterie à la remise en cause des décisions arbitrales (arbitrage acheté), jusqu’aux accusations de favoritisme envers la sélection nationale, (instances corrompues, compétition biaisée) tous les prétextes ont été exploités pour ternir cette ambition Marocaine d’organiser une CAN2025 aux standards d’une Coupe du monde.

Que des joueurs Sénégalais insultent l’arbitre en insinuant pas des gestes flagrants qu’il est corrompu est affligeant et attestent en réalité d’un manque de crédit dans les fédérations la CAF  et la FIFA. Un scénario qui nous replonge tristement dans celui  de la CAN2004 et 2013, où des épisodes analogues s’étaient déjà produits par les équipes sénégalaises.

Au-delà du Sénégal, certaines attitudes régionales nous ont également interpellées. Des pays Arabes, qui auraient pu se divertir de la réussite d’un grand événement continental organisé par l’un des leurs, ont laissé jaillir une rancœur sournoise, attisant hypocritement les discordances pour diffamer l’image de la compétition.

A cet égard, notre limitrophe l’Algérie, réceptionnée avec respect et considération dans un esprit de voisinage, a répliqué par des comportements confirmant un constat ancien que le bon accueil n’est pas toujours réciproque. A son tour, l’Égypte, longtemps perçue comme un pays frère, a bénéficié à Agadir d’une hospitalité irréprochable, salué par sa propre délégation durant son séjour au Souss. Mais après son élimination en demi-finale, certains témoignages inopportuns ont rompu sèchement avec cet esprit.

Dans plusieurs pays de l’Afrique, la finale de la CAN2025 a donné lieu non pas à la célébration d’une prouesse continentale, mais pire à la jubilation de la non-victoire Marocaine. Comme si cette finale avait cristallisé une hostilité diffuse, longtemps contenue, soudain libérée. Certes, dans toute compétition sportive, il est naturel de soutenir son équipe, de vibrer pour ses couleurs et d’espérer la défaite de l’adversaire.

Mais lorsque cette émotion se transforme en soulagement collectif, presque jouissif, face à l’échec du pays hôte, qui a tout mis en œuvre pour la réussite de cet événement, la compétition cesse d’être sportive. Pourquoi cette réjouissance au regard de la chute de l’autre ? Pourquoi cette avidité de louer une non-victoire plutôt qu’une réussite mutualisée et partagée? Ces attitudes éveillent un ressentiment plus profond, celui de ne pas accepter l’émergence d’un Maroc agencé, compétitif et organisé doté d’un leadership sportif continental.

Dans ce contexte, les scènes de chaos sur la pelouse, les débordements en tribunes et les célébrations de la non-victoire sur d’autres cieux africains composent un même tableau ; celui d’un football Africain placé devant ses propres antinomies. 

Cette dérive est taraudante. Il l’est d’autant plus que le Maroc a toujours considéré ces nations comme des pays frères, liés et tissés par la trame d’une histoire, une culture et une mémoire partagées. Voir cette fraternité se briser dans les crieries de joie d’une non-victoire, par certains, constitue une mutilation et offense taciturne, mais combien réelle. Ce qui s’est passé, ne met-il pas à nu des rosseries inconscientes, voire des écœurements latents ?

Notre victoire de la coupe de la CAN2025 allait faire entrer le loup dans la bergerie en discréditant la finale par de mauvaises langues et allait même engendrer des remous politiques et diplomatiques avec des pays Africains ou aussi des sensibilités à l’égard de notre Diaspora à Dakar. D’ailleurs, des Marocains résidant au Sénégal ont fait état de moments de peur réelle durant la finale. Lorsque le football, censé fédérer et rassembler, devient source de crainte et de tension.

Le pénalty raté par Brahim DIAZ a en réalité entérine toutes ses vérités ; le pénalty raté par Brahim DIAZ montre que nous ne préférons pas une victoire au goût de la défaite, nous préférons notre défaite au goût de la victoire. Une victoire continentale éloquente qui a fait vibrer le monde entier. Ta Panenka ratée (n’efface ni le talent ni l’engagement que tu es le meilleur buteur et tes larmes devant le prince My Rachid est ineffable). A ce titre, réduire Brahim à cet instant serait trahir le football, trahir l’histoire, et surtout trahir l’homme qui a porté tout un peuple jusqu’au bout du rêve.

Car si le Maroc a atteint cette finale, c’est avant tout grâce à Brahim Díaz. Grâce à son talent, à son courage, à sa magie balle au pied quand l’espoir semblait vaciller. Meilleur buteur de la CAN2025 avec 5 buts, il a été l’âme offensive des Lions de l’Atlas, celui qui a fait se lever les foules, vibrer les cœurs et croire de nouveau à la grandeur. Brahim n’a pas seulement marqué des buts. Il a marqué une époque.

En entrant dans l’histoire comme le meilleur buteur Marocain de tous les temps dans une Coupe d’Afrique, il a gravé son nom aux côtés des légendes. Match après match, il a porté cette équipe, souvent sur ses épaules, souvent dans la douleur, toujours avec élégance. Sa créativité, son audace et sa personnalité ont illuminé la CAN2025.

Et comment oublier son rôle avant même le tournoi ? Homme des qualifications, Brahim Díaz a été décisif comme jamais : 7 buts en 8 matchs, des prestations de patron, un leader technique et mental. Sans lui, cette CAN2025 n’aurait peut-être jamais commencé de la même manière pour le Maroc. Sans lui, il n’y aurait peut-être pas eu de finale. Le pénalty raté de Brahim était le geste le plus éloquent de cette CAN2025. Tu as choisi de perdre pour faire taire les langues qui nous accusent de voler la finale. Ils ont quand même parlé. Feu Hassan II l’avait bien tranché  » Il ne faut pas perdre de temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi. »

Et pourtant, malgré la pression, malgré la tentative de déstabilisation, le Maroc est resté debout. Son public n’a pas sombré dans la violence, ses autorités ont gardé le contrôle, ses forces de sécurité ont agi avec professionnalisme. Et c’est précisément dans ces moments de tension extrême que se mesure la solidité d’un pays hôte. Une boussole a guidé l’ensemble, c’est la sérénité, le refus de répondre à la colère par la colère, le choix de la dignité face à l’adversité. Parce que le Royaume privilégie, envers tous les pays du continent, une logique de fraternité réelle, même lorsque celle-ci n’est pas réciproque. C’est là toute la différence entre un pays qui subit et un pays qui maîtrise, entre l’émotion brute et la responsabilité d’État.

Au-delà de son talent, le Maroc est aujourd’hui 8ème au classement FIFA, un fait – cette équipe a démontré une maturité émotionnelle et mentale exemplaire. La CAN2025 organisée au Maroc restera, quoi qu’on en dise, une Coupe d’Afrique des Nations sans précédent et restera dans les anales de la CAF. Une organisation maîtrisée, des infrastructures à la hauteur des standards internationaux, des stades magnifiques, une logistique fluide, des moyens de transport modernes, une hospitalité sincère et une mobilisation totale des institutions comme du peuple Marocain.

En résumé, le Maroc a initié une véritable révolution du ballon rond Africain, tant sur le plan des infrastructures que des médias, dans une approche globale, cohérente et durable. Cet acquis titanesque, fruit de concessions et d’efforts considérables, ne saurait nous échapper. Cette suprématie, pleinement marocaine, doit être inscrite dans le temps long.

2030 est notre moteur d’arrimage majeur, nos ailes de navigation futures. La campagne médiatique de sabotage, tout comme l’impopularité Marocaine en Afrique que certains cherchent à imposer dans les esprits, relève comportement malsain, ciblé et malveillante. Elle ne résiste ni aux faits ni à la réalité du terrain. Le Sénégal a remporté la Coupe. Le Maroc, lui, a remporté un trophée mondial de soft power.

Le Maroc, lui, en sort sans le trophée, mais grandi par son organisation, par son public, par sa morale collective. Il avance sans haine, sans revanche, avec constance, hauteur et intégrité. Il s’impose désormais comme un leader crédible et durable du sport Africain. Et il rappelle, par l’exemple, que la grandeur ne se mesure pas seulement aux titres remportés, mais à la manière dont on accueille, dont on respecte, dont on se tient et dont on reste digne lorsque l’adversité ou l’animosité se déchaînent. C’est dans ce sens que le Souverain Marocain a tenu à exprimer ses remerciements à l’ensemble des composantes de la Nation qui ont admirablement contribué à la pleine réussite de cette magnifique manifestation sportive. Et la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus ». C’est à l’aune de cette lecture Royale, sereine, responsable et profondément africaine qu’il convient désormais de penser la suite.

Il est important, dans l’esprit même du Communiqué du Cabinet Royal, de se projeter et de regarder avec placidité et sérénité vers l’avenir. Depuis quelques semaines, des bruits de couloirs évoquent une possible organisation par le Maroc de la CAN2028. 

En dépit de cette posture de recoin de certains, qui relève davantage de l’émotif et l’affectif, on doit rester convaincu que si le Maroc en a l’opportunité, il doit se porter candidat à l’organisation de la CAN2028. Non par arrogance, non par crédulité, mais par clairvoyance et discernement stratégique et par attachement à son généalogie africaine : Le Maroc est un pays africain et il le restera.

Il l’est par sa géographie, par son histoire, par ses racines et par sa projection irréversible vers son continent. Son africanité n’est ni circonstancielle ni opportuniste, elle est structurelle, comme le rappelle le Communiqué du Cabinet Royal. Elle s’inscrit dans une continuité multiséculaire faite d’échanges, de circulations humaines, commerciales, culturelles et spirituelles.

Économiquement, le Maroc est l’une des principales locomotives économiques du continent, un acteur incontournable des chaînes de valeur Africaines, un investisseur principal en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et en Afrique de l’Est, et un partenaire stratégique de nombreux pays Africains. Ces jonction et raccordements sont multidimensionnels, dynamiques, irréversibles et appelés à se consolider dans le futur. Conformément à la Vision du Souverain Marocain, cette africanité assumée s’inscrit dans un engagement proactif en faveur d’une Afrique unie et florissant, étayé sur le partage des expériences, de l’expertise et du savoir-faire marocains.

Personnellement j’apporte un soutien total au coach Walid Regragui pour avoir transformé 22 joueurs en 40 Millions de cœurs battant à l’unisson. Merci à la Fédération, à Faouzi Lekjaa  et à l’équipe pour la suite, ainsi que pour la Coupe du monde 2026 InchaAllah.Mention spéciale à Bono, El Aynaoui, Mazraoui et le reste de l’équipe.

Notre force, c’est notre cœur. Nous sommes fiers de vous. Merci ! Bravo également à notre pays, le Royaume du Maroc, pour son excellente Organisation historique ! Dima Maghrib !!!

25 janvier 2026 0 comment
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Les défis de la ZLECAF dans un contexte géopolitique de fragmentation et multipolarité

by Mustapha Maghriti 24 décembre 2025
written by Mustapha Maghriti

Du 11-12 Décembre 2025, la 2éme édition du Business Forum de la Zone de libre-échange continentale africaine ZLECAF s’est tenue à Marrakech avec grande ambition de switcher du stade de l’accord juridique à celui du projet économique transformateur pour l’ensemble de l’Afrique. 

Rétrospectivement, après Addis-Abeba en 1963, Abuja en 1991 et Durban en 2002, Kigali marqua une étape charnière de l’intégration commerciale sur le contient noir qui ambitionne que 90 % des échanges de biens seront dégrevés des droits de douane, et abolit de facto les 84.000 kilomètres de frontières entre les pays du continent Africain.

Sur l’échiquier économique mondial et étonnamment à la mondialisation heureuse qui promit monts et merveilles de la libéralisation du commerce mondial, et au regard de la formation de blocs commerciaux en Amérique latine, en Europe, en Asie, ce n’est plus un choix pour les pays Africains, mais un must de constituer un bloc commercial régional dense et intégré et résilient à même de renforcer la compétitivité de l’Afrique, surtout dans un environnement mondial marqué par une incertitude accrue, le nationalisme industriel et la fragmentation. De telles réalités économiques nous interpellent que notre continent doit compter sur son marché intérieur pour assurer son autosuffisance économique, à compter sur sa capacité productive et approfondir les chaînes d’approvisionnement intra-africaines 

Le Souverain Marocain n’a-t-il pas allégué, dans un éloge majestueux en date du Mardi 31 Janvier 2017 adressé au 28ème sommet de l’Union Africaine que la création de la zone de libre-échange, la plus large au monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain en soulignant que les richesses de l’Afrique doivent profiter à l’Afrique.

À notre sens, cet aggloméré commercial, en l’occurrence la ZLECAF, ne pourra réussir sans les prérequis suivants :

▪ Primo, une plus grande insertion de l’économie africaine dans la trajectoire de la géopolitique internationale : l’Afrique reste la zone la moins intégrée au monde. Sa part dans le commerce mondial demeure modique puisqu’elle ne représente que 3% du commerce mondial.

A titre d’exemple, nonobstant une nette progression (30 Milliards de dirhams), les exportations Marocaines vers l’Afrique ne représentent que 7% du commerce extérieur du Royaume. Un hiatus qui, reflète la dissonance entre l’adhésion juridique à la ZLECAF et la réalité économique. Difficile avec un tel ratio de percer les marchés mondiaux en pleine compétition et de négocier en force les accords internationaux. Ce qui illustre la nécessité d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle de la ZLECAF.

▪ Secundo, le déploiement d’un grand effort d’intégration et de synergie du commerce intra-régional : au vu des chiffres timides du Commerce international entre les pays Africains livrés par l’OMC et ONU commerce et développement, il est urgent de remédier à la faible connectivité entre les différentes économies du continent. Faut-il illustrer la timide jonction commerciale entre les pays Africains : le commerce intra-africain ne dépasse guère 14,4 % en 2024, comparativement à l’Asie (ASEAN) et les pays d’Asie de l’Est qui ont dépassé 1,73 trillion d’USD en 2023, soit 49,7% de la valeur totale des échanges de l’ASEAN ou en Europe où il s’élève à 300 Milliards d’euro en 2024.

Cette proportion, très en deçà des standards Asiatiques ou Européens démontre la fragmentation des marchés africains et la dépendance structurelle du continent aux partenaires extérieurs. En outre, de telles statistiques montrent, de par leur éloquence, l’effort que doivent prodiguer les pays Africains dans le cadre de la ZLECAF pour augmenter le commerce intra-africain à plus de 35 Milliards de dollars par an pour gravir les 52% en 10 ans. Aussi, le commerce intra-africain est entravé par les embuches telles que les réseaux de transport, les processus douaniers et frontaliers et l’accès au financement.

En sus, La Banque Mondiale note dans plusieurs rapports que les économies Africaines dépourvues d’accès maritime supportent des coûts commerciaux jusqu’à 50% plus élevés que celles disposant d’une façade océanique. Ces surcoûts logistiques, qui affectent autant les importations alimentaires et énergétiques que les exportations agricoles ou minières, se répercutent directement sur les niveaux d’inflation et la compétitivité des économies enclavées.

▪ Tertio, l’alliance et la forte implication du secteur privé : la réussite de la ZLECAF reste fortement tributaire de sa capacité à riposter aux besoins de l’entreprise. À cet égard, il est capital que le secteur privé fournisse des mécanismes de consolidation des chaînes de valeurs existantes par la promotion de l’investissement industriel et le transfert du savoir-faire. Sous cet angle, les PME, qui constituent 80 % des entreprises Africaines, seront encouragées par la ZLECAF, où elles pourraient fournir des inputs pour les grandes entreprises industrielles.

A cet égard, Casablanca Finance City, plateforme financière de premier plan sur le continent, la présence de groupes bancaires Marocains dans plus d’une vingtaine de pays Africains, ou encore l’adhésion de Bank Al-Maghrib au système panafricain de paiements PAPSS. Ces outils placeront le Maroc en bonne position pour parrainer des projets pilotes de paiements en monnaies locales, réduire les risques pour les PME africaines et faciliter les échanges intra-Africains.

▪ Quarto, la consolidation des structures productives à travers la promotion de l’industrialisation de l’Afrique. Le but escompté est de décroître la place des matières premières qui se taillent la part du lion dans les exportations Africaines. Faut-il souligner, à ce titre, que plus de 76 % des exportations Africaines émanent des ressources extractives, ce qui n’est pas sans risque sur la volatilité des prix des matières premières et de facto, sur les budgets des pays Africains ?

Contrairement aux matières premières et aux secteurs miniers, la promotion de l’industrialisation de l’Afrique permettra de faire progresser les chaînes de valeur industrielles à travers la création de plus de valeurs ajoutées, la création de l’emploi, le renforcement de la croissance et la productivité à même de favoriser une plus grande participation de la région Africaine dans les chaînes de valeur mondiales, de gagner en efficience en renforçant la capacité attractive de l’Afrique. Aussi, la promotion de la politique industrielle de l’Afrique permettra d’asseoir une chaîne de valeur diversifiée et plus compétitive en se positionnant sur les activités à plus haute valeur ajoutée sur l’échiquier mondial.

Si l’Afrique parvient à agencer des chaines de valeur régionales, uniformiser le panorama de sa politique commerciale et consolider son environnement commercial, le potentiel de gains serait important pour le commerce intra-africain. En tous cas, la mise en œuvre de la ZLECAF entrainera d’importantes réductions des barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays Africains. Ces réductions pourraient augmenter le flux moyen des échanges de marchandises entre les pays Africains de 15% et le PIB réel moyen par habitant de 1,25%.

Si les réductions des barrières tarifaires et non tarifaires sont combinées à des améliorations substantielles de l’environnement commercial, le bénéfice pour les pays serait significativement plus élevé. Des réformes globales combinées à la mise en œuvre de la ZLECAF pourraient augmenter de 53% le flux commercial moyen de marchandises entre les pays Africains et de 15% avec le reste du monde et, par conséquent, augmenter le PIB réel moyen par habitant de l’Afrique de plus de 10% selon les pronostics du FMI dans son rapport intitulé « Intégration commerciale en Afrique. Libérer le potentiel du continent dans un monde en évolution ».

▪ Quinto, l’investissement dans le capital humain : l’analphabétisme et la carence en formation demeurent les grandes tares de l’Afrique. Les problèmes qui restreignent les capacités des entreprises Africaines sont notamment l’insuffisance des compétences entrepreneuriales et des compétences de gestion, le manque de personnel qualifié, ainsi que les obstacles en matière de recherche et développement. Georges Jacques Danton n’a-t-il pas argumenté qu’après le pain, l’éducation n’est-elle pas le premier besoin d’un peuple ?

Avec une telle carence, la qualité des institutions et des administrations sera déterminante dans la décision d’une entreprise d’investir et d’implanter ses activités économiques dans les pays Africains. Faute d’investissements suffisants dans les compétences, le progrès technologique et l’investissement ne s’accompagnent d’aucun gain de productivité.

▪ Sexto, les gouvernements Africains devront placer la bonne gouvernance au cœur de leurs programmes en vue de la transformation structurelle effective des économies Africaines. C’est une condition sine qua non pour nourrir le développement économique, libérer le plein potentiel de l’Afrique et la conduire sur la voie de la prospérité.

Les pays Africains ont besoin d’un cadre de gouvernance plus propice pour être en mesure de conduire de meilleures politiques publiques et d’obtenir, à terme, de meilleurs résultats en matière de transformation structurelle et de développement inclusif. Sous cet angle, les gouvernements Africains ne sont-ils invités à apporter des réponses aux pertes économiques dues à l’inefficacité des institutions et à l’incompétence.

▪ Septimo, l’Initiative Royale en faveur des États Africains atlantiques, la mise à disposition des infrastructures portuaires Marocaines au profit de 23 pays riverains de l’Atlantique rendra une Afrique  maîtresse de son destin, qui transforme ses ressources sur place et renforce ses connexions internes, de la Méditerranée à l’Atlantique et du Sahel aux façades maritimes.

▪ Octavo, le rôle stratégique de la diplomatie économique pour le durcissement de l’intégration régionale et la consolidation de la voix Africaine au regard des grandes puissances étrangères, dans un contexte mondial où les dynamiques économiques mondiales se réorientent de plus en plus vers le continent noir. En pratique, au-delà des sommets Afrique–Chine, la coopération continue de s’organiser principalement sur une base bilatérale, plutôt que régionale ou continentale. Cette orientation conduit souvent à la négligence des autres partenaires Africains et peut, dans certains cas, engendrer des rivalités concurrentielles au sein même des régions du continent.

A cet égard, les États Africains doivent s’appuyer  sur une diplomatie économique concertée à même de négocier conjointement leurs intérêts dans le cadre de la ZLECAF et de cristalliser leur pouvoir de négociation sur l’arène internationale et de se doter des moyens qui leur permettre de prendre des décisions stratégiques à partir d’une lecture géopolitique mondiale, en identifiant intelligiblement leurs intérêts économiques et géopolitiques, afin d’équilibrer entre les jeux d’influence et la souveraineté de la décision.

L’intégration africaine, notamment à travers des initiatives comme la ZLECAF, doit s’accompagner d’une diplomatie économique structurée, permettant au continent de parler d’une seule voix dans les grandes négociations multilatérales.

Il est temps d’ériger le futur économique de l’Afrique en barrant les entraves régionales et en verrouillant les réfractions de la répartition des fruits de la croissance, et ce, en posant, les grands jalons d’une Afrique résolument tournée vers l’émergence économique et hisser la ZELCAF à une intégration économique Africaine plus concrète et plus inclusive. Une ZELCAF intervient à un moment où un environnement mondial en mutation crée à la fois des opportunités et des défis pour l’Afrique. Une plus grande intégration commerciale peut aider le continent Africain à tirer parti des opportunités offertes par le changement technologique et les tendances démographiques, et renforcer la résilience de l’Afrique au regard des chocs tels que le changement climatique et la fragmentation géopolitique.

24 décembre 2025 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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