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Mustapha Maghriti
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Le 8 Mars et la Femme : Un Slogan Onusien aux pieds d’argile

by Mustapha Maghriti 8 mars 2021
written by Mustapha Maghriti

Le 8 Mars de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de la femme. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées, et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes.

Chaque 8 mars, la femme Marocaine est hissée sur un piédestal avec des proses en eau de rose sur un ton doucereux, des slogans qui dissimulent l’écran de fumée d’une réalité phallocrate dans le gémissement et l’affliction, non pas d’une journée célébrée, mais des temps d’épreuves et de chemin de croix sans parvenir à l’équité des chances, dans tous les domaines de la vie. Chaque 8 Mars, la Femme Marocaine est hissé sur un piédestal qui ne reflète pas toutes les réalités vécues et endurées par les femmes au Maroc.

Les Femmes avec un grand F Majuscule, dans leurs profondes différences, relèvent de grands challenges, au jour le jour sans attendre un 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ce jour Onusien pour gagner leurs vies, pour se battre pour leur dignité et leur intégrité.

Pour preuve, faisons un point d’orgue sur le rôle chevaleresque et héroïque de la Femme Marocaine lors de la pandémie du Covid-19 : Les Femmes n’ont-elles pas été aux premières lignes de la crise COVID-19, en tant que travailleuses de la santé, pourvoyeuses de soins médecins, soignantes, innovatrices, organisatrices communautaires et parmi les leaders nationaux les plus exemplaires et les plus efficaces dans la lutte contre la pandémie ? La crise du Coronavirus n’a-t-elle pas mis en évidence à la fois le caractère central de leurs contributions et la charge disproportionnée que les femmes portent ?

La pandémie du Covid-19 n’a-t-elle pas montré les incroyables efforts déployés par les femmes Marocains et les femmes du monde entier pour façonner un avenir et une relance plus égalitaires à l’heure du Coronavirus et post COVID-19 ?

Sur d’autres cieux, les Femmes dirigeantes et les organisations de femmes ont fait montre de leurs compétences, de leurs connaissances et de leurs réseaux pour mener efficacement des plans de lutte et de relance face à la Covid-19. Aujourd’hui plus que jamais, chacun reconnaît que les femmes apportent des expériences, perspectives et compétences différentes, ainsi que des contributions irremplaçables en faveur de décisions, de politiques et de lois qui fonctionnent mieux et profitent à tous.

La plupart des pays qui ont mieux réussi à contenir la vague de la pandémie de Covid-19 et à répondre à son impact sanitaire ainsi qu’à l’ensemble de ses répercussions socio-économiques sont dirigés par des femmes. A titre illustratif, les Cheffes de gouvernement du Danemark, de l’Éthiopie, de la Finlande, de l’Allemagne, de l’Islande, de la Nouvelle-Zélande et de la Slovaquie n’ont-elles pas été largement reconnues pour la rapidité, la détermination et l’efficacité de leur réponse nationale à la Covid-19, ainsi que pour la compassion dont elles ont fait preuve dans leur communication d’informations factuelles sur la santé publique ?

Loin du slogan du 8 Mars, la longue marche des femmes est bel et bien célébrée chevaleresquement dans la dignité et le silence tous les 365 jours.

8 mars 2021 0 comment
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Quelle Diplomatie Climatique à l’heure de J.Biden ?

by Mustapha Maghriti 25 février 2021
written by Mustapha Maghriti

Chose promise, chose due, après exactement 77 jours, J.Biden a tenu sa promesse en faisant un revers vers l’accord climatique de Paris qui marque le retour des Etats-Unis dans le concert des Nations et leur intention de lutter contre le réchauffement climatique. Ce come-back, signifie, en premier abord, que l’Arabie Saoudite, la Russie et le Brésil perdent un allié dans leur stratégie d’obstruction systématique qui n’a certes pas réussi à briser le soutien quasi universel à l’accord de Paris mais a autorisé un relâchement insidieux des efforts de chacun.

Un accord abandonné, en 2017, par D.Trump lors de son mandat présidentiel après quatre années de mandat chaotiques qui ont considérablement chamboulé le visage de l’Amérique aux yeux de la planète.

Dans le parapheur des premiers décrets présidentiels : Joe Biden n’a-t-il pas scellé celui qui ramène les États-Unis dans l’Accord de Paris ? Aussi, J.Biden a bardé son équipe avec John Kerry à la tête de la diplomatie climatique ; Washington va disposer d’un Team particulièrement chevronnée en la matière. C’est un nouveau point d’inflexion qui fait suite à de multiples virevoltes du second émetteur mondial de gaz à effet de serre (avec 5,1Milliards de tonnes de CO2 émises) après la Chine (9,5 Milliards de tonnes de CO2 émises) : Adoption du protocole de Kyoto sous Bill.Clinton en 1997, délaissé par l’administration Bush en 2001 ; Engagements d’Obama à Copenhague en 2009, dédaignés en 2010 par le Congrès, puis ratification de l’accord de Paris en 2016, rejetée par D.Trump dès son arrivée au  bureau ovale.

Pour booster sa diplomatie climatique, J.Biden ambitionne d’orchestrer un sommet des dirigeants mondiaux le 22 avril prochain, jour de la Terre, date correspond aussi au cinquième anniversaire de la signature de l’Accord de Paris, que les États-Unis ont à nouveau rejoint quelques heures après l’entrée en fonction de Joe Biden.

Son objectif est d’impulser les pays à relever leurs objectifs en vue de la COP 26 de novembre 2021 qui sera organisée à Glasgow.

J.Biden  entend donner l’exemple en arrivant au sommet avec une nouvelle contribution en faveur de la biosphère en demandant à son équipe de préparer un nouveau plan de financement en faveur du Climat d’ici 90 jours.

En outre, J.Biden a annoncé qu’il fera pression dans tous les sommets diplomatiques comme le G7 et le G20 pour que la dimension climatique soit au centre des préoccupations, ainsi qu’à l’occasion d’événements sectoriels comme les forums traitant de l’énergie propre, de l’aviation, du transport maritime, de l’Arctique, de l’océan, du développement durable, de la migration et d’autres sujets pertinents.

La Diplomatie Climatique du nouvel élu de la Maison Blanche s’appuie sur une plate-forme ambitieuse d’accélération de la transition « bas carbone » dont la cadence est difficile à prophétiser en raison des entraves politiques : Les promesses de campagne sont une chose, les mettre en application en est une autre. La crédibilité de la Diplomatie Climatique de J.Biden sera déterminée et jugée à l’aune de la politique environnementale appliquée sur l’espace national Américain : Avant d’aborder les outils pour mobiliser la communauté internationale, les USA doivent se montrer crédibles sur le plan national ; la question de la mise en œuvre de la politique climatique des Etats-Unis envers le monde ne sera crédible qu’à la condition sine qua non des engagements des USA à l’échelle domestique.

J.Biden n’a pas pris le risque politique de proposer un engagement chiffré de réduction des émissions pour 2030, prenant la tangente en préférant se référer à l’horizon plus lointain de 2050.

Le ticket Biden-Harris ne devra-il pas composer avec le Congrès, en particulier avec le Sénat où les Démocrates ont une majorité des plus étroites à la suite du scrutin en Géorgie ?

In fine, l’une des grandes inconnues politiques de la nouvelle Diplomatie Climatique concerne la capacité J. Biden à trouver les majorités requises pour faire adopter par le Congrès des lois en phase avec son programme.

25 février 2021 0 comment
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Les Grottes de l’Informel : Quelles Solutions devant la Superstructure Marocaine ?

by Mustapha Maghriti 15 février 2021
written by Mustapha Maghriti

Avec la tragédie de l’usine clandestine   dans la cave d’une villa à Hay Alinas, dans la zone d’El Mers à  Tanger, qui a coûté la vie à 29 personnes (20 femmes et 9 hommes), les Marocains se rendent compte, aujourd’hui, qu’en sus des vulnérabilités sociales et économiques de la frange sociale vivant de l’économie informelle, celle-ci vit sous une épée de Damoclès et s’expose  au jour le jour à tous les risques de la vie.

Avec la fatalité de 29 âmes, avec le drame de 29 familles de Tanger, l’informel est redevenu sur le marbre de l’actualité un sujet récurrent à travers toutes les menaces et les dangers de trimer dans un atelier furtif, une usine dissimulée dans une cavité, sans le moindre scrupule de norme de sécurité ou de contrôle public.

Faut-il, en épilogue, souligner que ce secteur regroupe toutes les unités de production non agricoles qui exercent des activités de production de biens et services sans se conformer aux dispositions statutaires et comptables auxquelles sont soumises les entreprises opérant dans l’économie nationale. 

Déjà, plusieurs organismes ont alerté la sonnette d’alarme de ce fléau et ses différents dangers et menaces sur le tissu économique et social Marocain : La plus récente étant celle publiée en Janvier 2021 par l’institution d’émission qui estimait le fardeau de l’informel sur l’économie Marocaine à plus de 31,3% du PIB sur la période 2006-2017. Dit autrement, près du 1/3 des richesses produites par le pays émanent d’unités clandestines qui se dérobent de tout contrôle de l’Etat.

Pire encore, l’Organisation Internationale du Travail OIT, dans une étude tout aussi récente, rapporte un chiffre accablant où elle estime que les emplois informels représentent 80% de l’emploi total dans le pays avec un benchmark des niveaux les plus élevés de la région MENA (67%).

Ces travailleurs informels savent pertinemment qu’ils s’exposent au jour le jour aux différentes incertitudes, ils savent congrûment que l’informel ne respecte pas leur dignité humaine en acceptant leur sort, parce qu’ils n’ont pas d’autres options, d’autres choix ou d’autres alternatives, car l’économie clandestine demeure un filet de sécurité économique, sert d’exutoire social et constitue un facteur d’intégration et de solidarité en lien avec sa logique productive de survie.

Pour preuve, le secteur informel continue à être une fertile source d’emplois et de revenus; la sphère informelle absorbe une main-d’œuvre de plus de 2,4 Millions de personnes représentant 36,3% de l’emploi non-agricole à l’échelle nationale.

Avec une telle participation au PIB national, l’économie Marocaine fonctionne en deçà de ses potentialités économiques, ce qui ne cesse d’impacter négativement la dynamique économique et sociale et la recomposition de ces différentes dimensions liens formel/informel en un ensemble structuré.

La détresse de Tanger n’est que la partie immergée de l’Iceberg, la douleur de Tanger n’est qu’une pièce d’un vaste et complexe puzzle du secteur informel que  les pouvoirs publics ont été avertis à plusieurs reprises par l’ampleur de ce phénomène à travers des études du HCP, de la CGEM et celle récente de Bank Al-Maghrib ou de l’OIT, mais les autorités sont restées sclérosées dans leur tour d’Ivoire sans jamais afficher une volonté claire et frontale de trancher le nœud gordien de cette fatalité de peur de créer des tumultes sociaux ou sécuritaires.

La villa clandestine a-t-elle quelque chose de clandestin ? Non, tout le monde savait à quoi elle servait. Il a fallu que la colère de la nature, pour que ce qui était clandestin devint une réalité patente et combien douloureuse.

A présent, croire qu’une campagne répressive, comme celle que D.Basri avait initiée, dans les années 90 avec ce qu’il avait appelé campagne d’assainissement répondra au drame de Tanger est une voie sans issue ou  fermer “temporairement” les ateliers clandestins et éviter d’autres drames. D’ailleurs, les patrons d’unités de production clandestines de différents quartiers de la ville de Tanger ont reçu l’ordre de suspendre temporairement leurs activités. N’est-elle pas une « solutionette » sans issue ? Ne faut-il pas s’attaquer à la source du mal et non pas à ses symptômes ?

A cet égard, considéré comme vecteur essentiel de la dynamique économique et sociale du tissu Marocain, le secteur informel impulse une dynamique amenant le monde de la superstructure politique au Maroc à mettre en place des politiques appropriées dans sa direction qui devrait, à notre sens, prendre au moins 2 orientations (offre et demande) :

▪ Concernant l’offre, il s’agit de mettre en place un système de crédit en direction du secteur informel qui définirait les modalités d’accès aux acteurs du secteur, étudierait la question des garanties et agirait dans le sens de la simplification des procédures d’octroi des crédits. Il s’agirait, en sus, de responsabiliser les acteurs du secteur en stimulant leur auto organisation via la formation, l’offre d’appuis techniques, leur organisation en associations ou en coopératives,

▪ Concernant la demande, il conviendrait essentiellement de permettre au secteur informel un meilleur accès aux marchés publics et privés et de le mettre au service de la promotion des exportations. Ce que suppose, en prélude, la réalisation pour son compte d’études de marché et la mise en place de moyens institutionnels et réglementaires adéquats à cette fin. Il est suggéré, en outre, de raffermir les expériences en cours tout en les rendant opérationnelles et de définir les rôles respectifs de l’Etat, des ONG et des autres opérateurs.

L’édification de ce projet s’opère dans un environnement où l’ensemble de la collectivité bénéficie d’un minimum de ressources permettant la couverture de ses besoins socialement reconnus comme fondamentaux. Ainsi, à la rationalité de tout un système s’oppose une rationalité individuelle, impulsée par les contraintes de la survie.

De ce fait, ce n’est pas seulement une politique d’offre et/ ou demande en direction du secteur informel qu’il convient de mettre en place mais bel et bien une politique volontariste de couverture des besoins essentiels de l’homme pour paraphraser François Perroux , de redistribution des richesses et de développement local afin de transformer nos villes et nos villages en espaces de création de véritables gisements d’emplois afin de canaliser les énergies créatrices que recèle ce secteur.

Eu égard à l’impossibilité au Maroc comme un peu partout dans le monde de la réalisation du carré magique de la croissance et du plein-emploi, ce qui incite à poser en termes nouveaux la problématique du développement elle-même, nous pensons que le défi qui est lancé à l’heure actuelle au Maroc n’est pas tant de trouver un travail pour tous, mais plutôt de réunir les conditions permettant d’aiguillonner et revitaliser son système productif afin de produire un surplus appelé à être partagé entre ceux qui sont occupés et ceux qui ne le sont pas, et cela à travers des mécanismes redistributifs et des réseaux de solidarités mis en place à l’échelle nationale, régionale et locale. Au-delà de la loi du grand nombre, le Maroc pourra-t-il relever ce challenge ?

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Saint-Valentin Vs Galanterie au 21éme Siècle : Un Comportement Sexy ou une Attitude Sexiste?

by Mustapha Maghriti 14 février 2021
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Où est cette attitude à prononcer  » Lady is first » à la femme sur le seuil d’une porte ?

Où est cette gentillesse masculine à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l’aider à porter ses bagages à les placer dans le compartiment d’un train sans se sentir avilies ?

Où sont ces attitudes des hommes qui épaulent les femmes à porter leurs valises dans les Aéroports ?

Où sont ces mecs qui invitent leurs femmes au restaurant en tirant légèrement le siège pour les inviter à s’asseoir, à leur ouvrir la portière de la voiture avant de monter lui-même ?

Où est cette délicatesse à tirer la chaise pour que la femme puisse s’assoir, prendre délicatement son manteau à son arrivée, la précéder dans les escaliers afin de ne pas être tenté de regarder sous son jupon ? 

Où est cette contenance à être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération.

Hormis le jour du Saint-Valentin avec son cortège de roses, de lettres parfumées, des proses en eau de rose sur un ton doucereux et douceâtre, la galanterie, hélas, devient de plus en plus rare.

Comme disait Honoré de Balzac dans la comédie humaine, le caractère de notre temps, a gangrené la galanterie ; le mot  » galant  » s’esquive ; la courtoisie à la femme fait de plus en plus lugubrement défaut ; la galanterie est reléguée au rang des accessoires, avec le sexisme qui prédomine.

Pour preuve, selon des sondages, toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France ! Etymologiquement, la galanterie se présente comme un ensemble de manières développées par un homme en vue de faciliter les déplacements, les mouvements ou l’habillement d’une femme.

Elle consiste, à titre illustratif, à laisser la priorité à la femme sur le seuil d’une porte, à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l’aider à porter ses bagages.

Plus généralement, il s’agit d’être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération ». La galanterie serait donc une séduction  » Soft » des hommes envers les femmes consistant à témoigner à ces dernières un respect, des attentions et des égards particuliers.

Que penser de la galanterie qui fut pendant des lustres comme un élément sublime de la civilisation occidentale, un symbole de l’élégance ?

Est-elle autre chose qu’un comportement phallocentrique et macho destiné à bisser aux femmes qu’elles sont congénitalement faibles qui les empêche aussi bien d’ouvrir aisément les portes que de porter seules leurs valises ? Quelles sont les frontières entre la galanterie, la séduction et le harcèlement ?

Nous ne croyons pas que l’égalité et la parité que cherche la femme, soit au Maroc ou sur d’autres cieux, doit se conquérir au préjudice de l’élégance, de la politesse et des règles de bienséance qui rendent la vie en société plus agréable.

La galanterie doit être vécue comme une forme de respect et de profonde politesse en réinventant le savoir-vivre et de douceur des relations entre hommes et femmes tout en évitant tout amalgame entre galanterie, séduction, drague et harcèlement.  

Au lieu de garder au frigo son feeling et ses sentiments jusqu’au jour du 14 Février de chaque année, les hommes ne doivent-ils pas rendre Saint-Valentin day everday envers leurs femmes?

Guillaume Apollinaire, n’a-t-il pas dit, dans les Trois Don Juan, qu’un homme bien né se reconnaît à deux qualités : la galanterie et la bravoure ?





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Les Inégalités Sociales au Temps de la Pandémie du Covid-19

by Mustapha Maghriti 3 février 2021
written by Mustapha Maghriti

Adam Smith est souvent considéré comme l’économiste emblématique du libéralisme économique qui dans son ouvrage  » la Richesse des Nations » fit l’éloge des vertus du libre échange à travers sa fameuse métaphore « la main invisible » où le libre jeu des acteurs économiques reconduit à une situation d’optimum économique en améliorant la situation de tous, y compris des plus démunis. 

Qu’en est-il de la pertinence de cette répartition « égalitariste » de la richesse au niveau mondial, en particulier durant ce contexte morose de la pandémie du Covid-19 ? 

D’emblée, et dans l’environnement d’avant-Covid-19, on peut alléguer que l’arène des relations économiques internationales montre manifestement que les dividendes de la croissance économique mondiale sont arbitrairement redistribuées et qu’une inégalité configure la répartition de la richesse mondiale et ce en vertu des différents rapports d’Oxfam International qui est, faut-il le rappeler, une confédération composée de 17 organisations indépendantes agissant contre les injustices et la pauvreté.

Dans son rapport intitulé « Le virus des inégalités » publié lundi 25 Janvier 2021, OXFAM  publia un rapport accablant sur la répartition biaisée des richesses dans le monde au temps de Coronavirus : La richesse des catégories des grandes fortunes s’est renforcée pendant la pandémie du Covid-19.

A titre illustratif, Oxfam a estimé que les Milliardaires ont augmenté leur opulence de 3.900 Milliards de Dollars entre le 18 Mars 2020 (date du début du confinement total sur toute la planète) et le 31 Décembre 2020 et que paradoxalement, un Million de personnes seraient tombées dans la pauvreté en France en 2020 selon les associations caritatives où les femmes et notamment les mères isolées, les jeunes et les travailleurs précaires, qui sont les plus touchés par cette crise.

L’ONG qui avance ces chiffres s’est appuyée sur les données de Forbes et du Crédit Suisse, en indiquant, par ailleurs, que les 1.000 personnes les plus argentés du monde ont pu redresser leur fortune d’avant la pandémie en seulement 9 Mois, alors qu’il pourrait falloir plus de 10 ans aux personnes les plus pauvres pour se relever des impacts économiques.

L’ONG OXFAM  illustra que les 3 premières privilégiés mondiales, deux Américains, Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon, Elon Musk, fondateur de Tesla, et le français, Bernard Arnault à la tête de LVMH, ont gagné plus de 175 Milliards d’Euros sur les 9 premiers Mois de la crise sanitaire du covid-19, dépassant leur niveau de richesse d’avant la crise.

Autre illustration, la fortune de Bernard Arnault a augmenté de 44 Milliards d’Euros entre Mars et décembre 2020, soit un trend haussier de 41%, qui milite pour la justice mondiale et l’équité, dans la distribution de la richesse mondiale.

En prenant en compte les investigations des économistes Thomas Piketty et Gabriel Zucman visant à combattre les inégalités (à travers l’augmentation de l’impôt sur la fortune et le combat de l’évasion fiscale), l’épineuse apostrophe de l’imposition et de la taxation des plus hauts revenus soulevée par le rapport de l’ONG est crûment d’actualité dans de nombreuses Nations. Et se pose les grandes interpellations des moyens, des mesures et les mécanismes d’un modèle social et économiquement redistributif sur le toit de l’économie mondiale à même de limiter le divorce croissant entre l’exigence démocratique d’égalité et la multiplication des inégalités économiques pour reprendre l’auteur « Les fractures du capitalisme »l’écomiste, Lester Thurow. 

Sur le plan mondial, avec la pandémie du Covid-19, pour la première fois depuis plus de vingt ans, le taux mondial d’extrême pauvreté devrait augmenter en 2020, prévoit la Banque Mondiale, en mettant en lumière les conséquences aggravantes de la pandémie de Coronavirus (COVID-19) : L’institution de Bretton Woods estime que 150 Millions d’individus, soit plus de 1 % de la population mondiale plonge dans l’extrême pauvreté.

En outre, la découverte des vaccins anti-covid-19 par (Pfizer/BioNTech,  Moderna, AstraZeneca, Sinopharm) a montré les fortes inégalités sociales entre pays du Nord et pays Sud : Une grande majorité des pays pauvres et à revenu intermédiaire,  n’ont pas encore accès à ces vaccins et qui durera des Mois, et ce en dépit des efforts laborieux de l’Organisation Mondiale de Santé OMS et de ses partenaires du Système des Nations Unies qui jette des équivoques sur la sincérité de ceux qui n’ont cessé d’arguer d’humanisme et d’équité des chances alors qu’ils n’ont pas perdu du temps pour s’approprier la quasi-totalité de la production de ce précieux vaccin, en privant le reste du monde pour l’avenir imprévisible. Cela est scientifiquement inapproprié puisque, faut-il le rappeler : Notre l’humanité ne sera pas totalement immunisée contre ce mal avant que toutes ses composantes le soient, d’où l’appel lancé par le Secrétaire Général de l’ONU pour que le vaccin en question soit considéré comme un bien public.

3 février 2021 0 comment
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La Seringue et Dose Royale de l’Espoir

by Mustapha Maghriti 28 janvier 2021
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L’espoir ressuscite et se confirme après l’arrivée des premiers lots de Vaccin Aastrazeneca et par la suite Sinopharm, des lots suffisants pour le démarrage de la campagne de vaccination massive contre la pandémie du Covid-19. Aussi, l’optimisme réapparait et se ranime après le lancement officiel de la campagne nationale de vaccination contre le Coronavirus: Et c’est le Souverain Marocain, lui-même, qui a ouvert le bal en recevant la première dose du vaccin contre la Covid-19 ce Jeudi au Palais Royal à Fès.

Aussi, faut-il souligner que sous hautes instructions Royales, le Souverain Marocain a pris la décision magnanime et noble de la gratuité du vaccin contre l’épidémie de la Covid-19 au profit de tous les Marocains en tranchant le nœud gordien que le vaccin contre la Covid-19 ne devant pas être un bien commercial, mais un bien public accessible à tous les Marocains. 

Vacciner 25 Millions de Marocains est un engagement colossal et campagne de grande ampleur. D’où la nécessité incontournable de la bataille de la mobilisation qui se pose afin que le maximum des Marocains se plient à l’opération de vaccination Anti-Covid-19 et leur conseiller que la vaccination est le moyen le plus sûr, le plus efficace pour éradiquer le Coronavirus, de rester vigilants et de ne pas relâcher en parallèle les mesures barrières et  sanitaires du port du masque.

Aussi, le risque est réel que des  réticences et des doutes se sont exprimées et s’expriment largement à l’encontre du vaccin anti-Covid : Beaucoup de gens au Maroc et sur d’autres cieux sont peureux et doutent de l’efficacité du Vaccin anti-Covid, même ceux et celles qui sont nourris dans le sérail de la santé malheureusement (des médecins, des professeurs, épidémiologues…)

Je me rappelle un Jour en pleine pandémie, en plein confinement total après le décret de l’état d’urgence sanitaire en Mars 2020, sur les réseaux sociaux, j’ai été choqué par toute une armada d’internautes originaires de plusieurs pays du globe, y compris le Maroc, y compris hélas des intellectuels Marocains, du démenti du Coronavirus et du doute de l’efficacité du Vaccin.

Des voix populistes sonnaillent sur les réseaux sociaux semant le doute autour même de l’existence de la pandémie du Covid-19, sur sa gravité, la crainte d’une trop grande précipitation dans la conception du vaccin, ou la peur d’effets secondaires.  

 Semer la méfiance n’est-il pas un indicateur qui exhibe l’effort laborieux de mobilisation de la vaccination contre le Covid-19 pour exorciser une telle suspicion. On ne peut pas autoriser ces paranos et ces psychoses de méfiance : Le Maroc mort, la situation est grave : Plus de 8.000 morts, un virus assassin, misanthrope et meurtrier, il n’a épargné aucun domaine de la vie.

Mobiliser pour le Vaccin est un Must, tout le monde sait que seul le vaccin pourra anéantir cette pandémie du Covid-19.

D’où encore une fois de plus la nécessité impérieuse de la mobilisation qui se pose : L’adhésion de la population Marocaine est incontournable, la convergence est essentielle, l’instauration du climat de confiance est inéluctable.

Le lancement de l’opération de la vaccination, la décision Royale de la gratuité du vaccin va, à coup sûr, immuniser toutes les composantes du peuple marocain (30 Millions pour vacciner à peu près 80 % de la population), de réduire, puis éliminer les cas de contamination et de décès dus à l’épidémie, et de contenir la propagation du virus, participer à augmenter la couverture vaccinale, atteindre l’immunité collective et permettra de mieux respirer et de reprendre une vie normale.

Soyons patients et mobilisons-Nous pour la vaccination. C’est très bientôt, le temps pour oublier ce mal qui hante et obsède la planète, sans aucun doute, la plus grande épreuve subie par notre monde depuis des dizaines de décennies.

Certaines personnes perdent patience et sombrent dans des dépressions. Une angoisse née d’une peur normale règne sur les esprits. On parle de tunnel, de cauchemar, de malédiction. La vie est mouvementée, agitée, l’espace de liberté est réduit, bloqué, figé.

Soyons encore une fois patients et mobilisons-Nous pour la vaccination contre le Covid-19. C’est très bientôt, nous allons de nouveau voyager, donner libre cours à notre égotisme et croquer la vie à plein dents avec appétence et insatiabilité.

Oublier la noirceur du tunnel et aller de l’avant. Le bout du tunnel est pour très bientôt. Mobilisons-nous pour se vacciner contre le Covid-19.

28 janvier 2021 0 comment
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Quelle Géopolitique Mondiale à l’Heure de Joe Biden ?

by Mustapha Maghriti 20 janvier 2021
written by Mustapha Maghriti

C’est aujourd’hui le 20 Janvier 2021 que J.Biden prête serment au Capitole à Washington face au président de la Cour suprême John Roberts, la main posée sur une Bible que tenait son épouse Jill et devant par le 46éme Président des USA.

Faut-il rappeler que de part cette victoire aux urnes, les Américains ont attesté que la démocratie ne chavire pas : Devant la peur d’une économie « Trumpienne » clivée et covidée, les Américains ont participé pesamment au scrutin avec une participation record depuis 1900 (quand plus de 73,7% des Américains s’étaient rendus aux urnes pour élire le républicain William McKinley) avec plus de 160 Millions de votes, soit un taux de participation de 66,6%.

Après le 46éme pas au bureau Oval du nouveau président à la Maison Blanche, le monde, les décideurs politiques, le monde des affaires et les médias se posent l’apostrophe récurrente que va faire Joe Biden ?

– Primo, la campagne électorale de J.Biden a été plutôt un vote contre Trump dont la gestion de la Covid-19 a été cataclysmique et désastreuse,

– Secundo, Joe Biden n’a pas réellement circondui un programme économique ; on s’en souvient lors de sa propagande électorale.

Plusieurs interrogations interpellent les décideurs politiques : Le crédo protectionniste et First America, l’apostrophe nucléaire, l’agenda climatique, les relations avec l’Europe et les bras de fer avec la Chine…….etc  ?

On est sûr que Joe Biden  ne va pas revenir sur des décisions géostratégiques, surtout en ces temps d’inconstance à l’heure du Covid-19 : Devant une ulcération du leadership Américain, isolé de leurs alliés traditionnels et érodé de ses capacité à faire face aux challenges de sécurité nationale, de la Corée du Nord à l’Iran, de la Syrie à l’Afghanistan et au Venezuela, Joe Biden se donne une mission capitale : Remplumer la confiance avec les alliés des États-Unis sur l’arène internationale ; une confiance qui s’est peu à peu dilacérée pendant le mandat de D.Trump. C’était d’ailleurs l’objet même d’un article intitulé « Why America must lead again », signé par Joe Biden lui-même dans la revue Foreign Affairs. « Les Etats-Unis doivent redevenir un phare de la démocratie dans le monde », écrivait-il.

En sus, tout en reconnaissant les vertus de la concurrence, dans l’ère de J.biden, l’Amérique redeviendra un acteur de poids dans le jeu de la concurrence mondiale : Au lieu de se réfugier derrière les barrières illusoires du protectionnisme comme Trump, J.Biden entend équiper les Américains de compétences qui permettront à tous de concourir loyalement dans un commerce international équitable tout en soutenant les entreprises Américaines (400 Milliards de Dollars Le label « made in america » à l’instar des énergies propres, l’informatique quantique, l’Intelligence artificielle, la 5G, les trains TGV).

Les USA, dans le mandat présidentiel de J.Biden, vont rebrousser chemin vers le multilatéralisme : Joe Biden sera multilatéral là où D.Trump était unilatéral, il sera prévisible là où D.Trump est imprévisible ; et il respectera ses alliés là où Trump les maltraitait. Pour preuve,  Joe Biden qui connaît bien ce dossier puisqu’il y a participé en tant que vice-président de Barack Obama en 2015, a déjà donné des gages en préfigurant que son premier acte de Président serait de réintégrer l’Accord de Paris sur le climat que les États-Unis ont officiellement quitté et s’engageront sur l’objectif d’une économie entièrement décarbonée en 2050 pour une économie plus verte (2.000 Milliards de dollars sur quatre ans pour financer des transports électriques). Ce n’est qu’une bonne nouvelle pour notre planète terre.

De surcroît, les USA s’engageront dans l’OTAN avec engagement qui, selon J.Biden,  sacré et non conditionnel et ce en fortifiant l’alliance militaire avec l’Australie, le Japon et la Corée du Sud.  Un OTAN fort très redouté par la Russie.

Aussi dans le mandat de D.Trump, la gouvernance mondiale est plus qu’en panne, elle est devenue chaotique : les Nations Unies ne jouent plus leur rôle depuis longtemps, D. Trump a mis les États-Unis sur une trajectoire de guerre froide avec l’autre super-puissance, la Chine. A ce titre, J.Biden compte assumer le rôle de leader Américain au regard de la Chine, tout en fixant des règles économiques transparentes. Pour cela, J.Biden le sait : Pour  résister à la Chine, la priorité N°1 des US est  une alliance européenne-américaine qui passe par  Berlin  qui est le partenaire économique européen le plus important pour les Etats-Unis.

Ainsi, pour lubrifier la mécanique de la gouvernance internationale, Joe Biden s’est entouré d’une équipe de politique étrangère pour les questions économiques et internationales en nommant William Burns, un diplomate chevronné qui avait été l’homme des premiers contacts secrets avec l’Iran, conduisant à l’accord nucléaire de 2015 dénoncé par D.Trump. William Burns, tout comme le conseiller national à la sécurité Jake Sullivan, et le Secrétaire d’État Antony Blinken, ont en commun non seulement d’avoir travaillé ensemble sous Obama, mais surtout d’incarner une véritable rupture avec l’unilatéralisme et le nationalisme à courte vue de D. Trump.

De même, J. Biden compte faire un comeback au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé OMS que D.Trump a quitté en pleine pandémie avec le gel de la contribution financière des USA de 500 Millions de Dollars , et de participer au programme de vaccins pour tous, ce que D.Trump refusait.

Par ailleurs,  J.biden compte réintégrer la diplomatie multilatérale là où D.Trump ne croyait qu’à l’unilatéralisme à travers sa fameuse “America First and only”. De ce fait, Joe Biden compte cicatriser les relations internationales tumultueuses en particulier avec la Chine, la Russie, l’Iran. Certes, ça ne sera pas pour autant un retour à la diplomatie de l’époque Obama en raison des mutations qu’a connu l’économie mondiale à travers l’émergence de pôles de puissance éclatés là où l’Amérique était encore une hégémonie finissante. Semble-t-il, Joe Biden n’aura pas les brigues, de réinstaurer cette hégémonie.

Le véritable défi de Biden sera, au contraire, la structuration de ce nouveau monde multipolaire et pour y parvenir, J.Biden entend faire ressurgir une coalition de pays démocratiques, là où son prédécesseur D.Trump les traitait de ses détracteurs.

De sa part, le vieux continent aborde cette nouvelle architecture de la géopolitique mondiale avec enthousiasme et d’aperception : Car si le retour à une diplomatie plus prévisible et attrayante est bienvenu, l’Europe ne sait pas encore dans quelles conditions. C’est pour cela que les Européens sont écartelés entre le sentiment béat exprimé par la Chancelière Angela Merkel -celle qui connait le mieux Joe Biden-, pour qui l’amitié transatlantique est indispensable  et qui propose de coopérer ensemble et le scepticisme tweeté par le Secrétaire d’État aux affaires Européennes en France, Clément Beaune, pour qui “ce serait une faute de croire que tout change, l’Europe doit avant tout compter sur elle-même.”

Aussi, J.Biden ambitionne d’améliorer la coopération économique avec les pays d’Amérique centrale en fixant 4 Milliards de Dollars à une telle stratégie régionale de développement.

En outre, pour cimenter la démocratie à travers le monde, J.Biden s’engagera, à réunir aux USA, un Sommet mondial de la démocratie, afin de définir en commun un programme de lutte contre la corruption, de se défendre contre l’autoritarisme et faire progresser les droits de l’homme.

Assurément, ce projet encore trop imprécis pour savoir s’il s’agit d’une coalition anti-chinoise sous le leadership Américain, ou d’un véritable effort de renouveau démocratique après des années de régression et de menaces autoritaires à l’ère de D.Trump.

Ainsi, J.Biden tentera de “bercer” le débat politique et cherchera à réunifier le pays à 330 Millions d’habitants. De même, il a la volonté de faire progresser une cause délaissée depuis plusieurs décennies, celle de l’équité raciale, et de revenir sur les reculs de D. Trump en matière de santé.

Après quatre ans d’une présidence “Trumpienne” atypique, les Etats-Unis pourraient à nouveau avancer sur la route du progrès social.

En somme, J.biden a du pain sur la planche ; son agenda est hyper chargé tant sur le plan national qu’international avec une mission de replâtrage de l’économie mondiale. Allez Biden, Let’s Joe…. !

20 janvier 2021 0 comment
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Clémence Divine et Démence Humaine

by Mustapha Maghriti 19 janvier 2021
written by Mustapha Maghriti

In fine après plus de 2 années de sécheresse, la clémence est bel et bien arrivée et avec générosité Providentielle ! Les pluies qui se sont broyées la semaine dernière sont de bons augures pour nos campagnes agricoles. Au Maroc, gouverner, n’est-ce pas pleuvoir disait Lyautey ?

L’optimisme se rallume et ressuscite chez les laboureurs après deux chandelles de rude sécheresse. Convenons-en de ce postulat, les pluies sont une aubaine pour le tissu économique national, dont la dynamique économique reste amplement subordonnée à l’agriculture. Car, même si l’exécutif Marocain a fort misé, cette dernière décade, sur les Métiers Mondiaux du Maroc dans la mouture du plan d’accélération industrielle, ils n’arrivent pas encore à désaltérer les déficits enregistrés par le PIB de l’économie Marocaine.

Avec la clémence du ciel, le département de Lahlimi le Haut-Commissariat au Plan HCP a revu sa boule de cristal à un trend haussier de l’activité économique de 0,5% au premier trimestre 2021 avec un rebond de 10,8% de l’agriculture.

Comme dit le dicton ancestral français, toute pièce a son revers : Avec cette clémence Divine, en 6 jours seulement, la ville de Casablanca a enregistré une pluviométrie équivaut de près de 70% des pluies d’une année. Ces fortes pluies ont mis à nu la vulnérabilité de nos infrastructures en particulier le poumon économique du Maroc Casablanca, en l’occurrence qui se matérialisa par des dommages collatéraux : Inondation et effondrement de bâtiments, submersion des boulevards et des tunnels, immersion des rues, plongée des voitures en raison d’un réseau d’assainissement liquide défaillant.

Pire encore, cela intervint à un moment où le citoyen Marocain, est desséché par une année 2020 tumultueuse et morose par la pandémie, la crise économique et sociale qui en résulta où des images de désolation révoltantes twettées sur les réseaux et les médias sociaux.

Pourtant deux décades se sont écoulées et la gouvernance de la chose publique aussi bien au niveau local qu’au niveau central sont censées avoir quelque peu évolué depuis à travers une superstructure qui nous rend des comptes en veillant sur l’intérêt du citoyen Marocain et assure un développement harmonieux du pays, privilégiant l’intérêt suprême du patriote sur les avantages que lui procurent les postes de responsabilité ?

Ne doit-on pas transcender le bouc émissaire à qui incombe cette catastrophe  diluvienne : Lydec, le conseil de la ville, ….etc?

Déjà en 2013 avec sa vision prospective, le Souverain Marocain a sonné le glas et l’alarme en posant des grandes apostrophes sur le destin de la métropole lors de son discours à l’occasion de l’ouverture de la première session de la troisième année législative de la 9éme législature « Mais pourquoi cette ville, qui compte parmi les plus riches du Maroc, ne connaît-elle pas concrètement l’essor auquel aspirent les Casablancaises et les Casablancais, à l’instar de beaucoup d’autres villes ? Est-il raisonnable qu’elle reste à ce point un espace des grandes contradictions, jusqu’à devenir l’un des modèles les plus faibles en matière de gestion territoriale ? » La réponse à ces interpellations, le Souverain l’avait écourtée et abrégée en une phrase:  » Le problème dont souffre la capitale économique tient essentiellement à un déficit de gouvernance ». D’où l’importance de la gouvernance qui doit porter non seulement sur le bon fonctionnement de l’institution mais aussi et surtout sur la qualité de l’action de ces institutions dans l’espace local, régional et national pour le bien être social.

19 janvier 2021 0 comment
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L’Année 2021 entre le Marteau des signes positifs et l’Enclume des risques à appréhender

by Mustapha Maghriti 10 janvier 2021
written by Mustapha Maghriti

L’année 2020 a été épineuse ; elle a été stigmatisée par la pandémie du Covid-19 dont les corollaires dévastateurs ne cessent de se faire sentir depuis des Mois (plus de 1,9 Millions de disparus) et qui, selon toute vraisemblance, vont nous accompagner dans l’année 2021.

Outre les effets sanitaires, l’économie mondiale a été tragiquement emballée sur les plans économique et social et ses effets économiques pervers avec un recul dramatique de la croissance où l’économie internationale devrait connaître, une récession historique dont l’ampleur s’élèverait à 4,9 % du PIB mondial selon la boule de cristal du FMI. Tous les indicateurs sont au rouge: le commerce mondial accuserait un recul compris entre 13% et 32%, les cours des produits de base chutent et les investissements directs étrangers pourraient baisser de 40%.

Aussi, la crise se matérialise par les fermetures des outils de production, les pertes d’emploi (un taux de chômage mondial à 5,4 %) ainsi que ses conséquences sociales : Des conséquences des plus affligeantes sur les marchés du travail. Ce dernier subit de plein fouet les perniciosités d’un impact qui porte, à la fois, sur l’offre, en raison d’une paralysie quasi totale du processus de production des biens et services et sur la demande qui se rétracte sous l’effet de la baisse de la consommation et de la contraction de l’investissement. Plusieurs milliers de postes d’emploi sont mis en suspens quand ils ne sont pas définitivement détruits provoquant une recrudescence inégalée de chômage avec plus 2,5 millions en 2020 selon l’Organisation Internationale du Travail OIT.

Des secteurs entiers sont sinistrés et font face à un avenir incertain. C’est le cas, notamment, du tourisme et des transports qui sont gravement touchés dans leur segment aérien. Une situation délétère menaçant de faillites les entreprises dans leurs différentes tailles, de perte d’emplois sans distinction entre secteurs structurés ou informels et partant de détériorations manifestes de revenus pour une vaste partie de la population.

Aujourd’hui que le monde, y compris notre patrie le Maroc, tout en vivant les restrictions les plus draconiennes (à l’instar du reconfinement total en Grande Bretagne et d’autres pays de l’Europe), accueille le début de 2021 avec optimisme en escomptant que cette nouvelle année va nous ramener plus de quiétude afin que nous puissions reprendre notre marche vers un avenir serein et solidaire.

A cet égard, vigilance et prudence l’oblige, des signes positifs sont à relever mais, en même temps, des risques évidents sont à appréhender :

– Primo, sur le plan sanitaire, la découverte et la mise à disposition en un temps record de nombreux vaccins ( Pfizer/BioNTech,  Moderna, AstraZeneca, Sinopharm) contre la pandémie du coronavirus donnent à l’humanité de l’espoir afin d’en finir avec la propagation incontrôlée de la Covid-19.

Toutefois, une grande majorité des pays démunis et à revenu intermédiaire,  n’auront pas accès à ces vaccins avant des Mois, et ce en dépit des efforts laborieux de l’Organisation Mondiale de Santé OMS et de ses partenaires du Système des Nations Unies qui jette des équivoques sur la sincérité de ceux qui n’ont cessé d’arguer d’humanisme et d’équité des chances alors qu’ils n’ont pas perdu du temps pour s’approprier la quasi-totalité de la production de ce précieux vaccin, en privant le reste du monde pour l’avenir prévisible. Cela est scientifiquement inapproprié puisque, faut-il le rappeler : Notre l’humanité ne sera pas totalement immunisée contre ce mal avant que toutes ses composantes le soient, d’où l’appel lancé par le Secrétaire Général de l’ONU pour que le vaccin en question soit considéré comme un bien public.

– Secundo, sur le plan économique et social, la pandémie a certes fortement ralenti la croissance et mis à genoux le tissu de la production et des services, mais globalement ce tissu économique, bien que revigoré, peut être apaisé si les conditions locales et internationales reviennent à leur état normal. Ceci suppose que le « repli sur soi  »  constaté au début de la pandémie et du confinement total laisse vite place à une solidarité suffisante pour permettre à la coopération internationale de reprendre ses droits et aux institutions bilatérales, régionales et multilatérales de reprendre habituellement leurs activités dans le cadre de relations internationales assainies et étanchées.

Ce retour sera, semble-t-il, favorisé par la nouvelle donne politique aux Etats Unis d’Amérique suite aux dernières élections présidentielles, donne qui, certes toujours contestée par l’occupant actuel de la Maison Blanche, semble cependant inéluctable et promet des révisions bienvenues à l’attitude de Washington vis-à-vis de nombreux dossiers et du multilatéralisme en général.

Il reste que des décisions prises par l’Administration en charge, surtout au cours des quelques derniers mois, risquent de placer la nouvelle Administration, qui ne prendra les rênes du pouvoir que le 20 du Mois courant, devant des « faits accomplis » dont il pourra malaisément s’extirper pour autant qu’elle souhaiterait le faire. Des dossiers coriaces comme celles du Moyen Orient, du nucléaire Iranien, ou de la place de la Chine dans l’équation mondiale risquent d’en pâtir alors que des groupements régionaux sur lesquels reposait en partie l’espoir de trouver des solutions aux conflits existants se trouvent davantage affaiblis.

Faut-il voir la « moitié pleine » du verre ou celle qui est « à moitié vide » ? Chacun dans le monde abordera l’année 2021 selon sa propre disposition d’esprit et les moyens dont il dispose, mais nous devons tous nous en tenir aux protocoles sanitaires prescrits et prier pour le mieux.

Les décideurs quant à eux devront s’imprégner de nouveau de l’esprit de coopération avec davantage de compassion pour les plus faibles afin que nous puissions ensemble sortir de la situation actuelle.

A cet égard, l’OMS a un rôle de premier plan indéniable dans la gestion de la crise du Covid-19. Elle a certes, été le théâtre d’oppositions politiques, mais force est de constater qu’elle a assuré un leadership technique fort. Cela étant, l’aspect technique ne représente qu’un volet de la réponse à la crise sanitaire. La bonne gestion d’une telle situation se joue également sur le plan politique, et c’est précisément là que l’OMS et plus généralement les organes politiques de l’ONU (Organisation des Nations unies) ont montré les limites de leur pouvoir d’action et de coordination.

D’ailleurs, une situation de statu quo s’installe au sein des Organisations Internationales, transcendant même le cadre de l’OMS : L’ONU en a également subi les conséquences, aboutissant à un manque de coordination du Conseil de Sécurité et de l’organisation dans sa globalité. Il est, à cet égard, intéressant de noter que les pays leaders de la réponse apportée à la crise du Covid-19 ont préféré passer par des groupes internationaux restreints, tels que le G20, pour coordonner une réponse internationale, plutôt que de passer par l’UNGA (Assemblée générale de l’ONU). Cela ne témoigne-t-il pas d’un affaiblissement de la démocratie internationale doublé d’un échec des solidarités internationales marqué par le repli national provenant essentiellement du repli des pays sur eux-mêmes, leur propre population, ainsi que sur leurs propres intérêts.

Ce signe le plus évident de l’échec de la solidarité internationale est d’un part le repli national des pays durant la crise sanitaire (la fermeture des frontières) et la suspension du financement américain à l’OMS, d’autre part. D’où l’intérêt de la concertation, de coordination et de coopération internationale pour faire face à une situation internationale tumultueuse et fébrile.

L’on ne peut épiloguer cette chronique sans avoir une pensée émue pour tous celles, ceux Maroc et dans le monde qui ont payé de leur vie la pandémie que nous vivons, trouvent ici nos condoléances les plus attristées, nos prières et nos mémoires, comme disait jean d’Ormesson  » Il y a quelque chose de plus fort que la mort ce la présence des absents dans la mémoire des vivants »

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L’Année 2020, Entre Cicatrices et Stigmates de l’Humanité

by Mustapha Maghriti 31 décembre 2020
written by Mustapha Maghriti

De l’avis même des moins superstitieux, il ne fait aucun doute que pour toute la planète, pour tous les Marocains, endeuillée par la pandémie mondiale, minée par une crise économique, financière et sociale majeure, l’émergence d’un virus responsable de la mort de plus de 1,7 million de personnes dans le monde, l’année 2020 aura été l’une des plus éprouvantes de l’histoire récente de notre pays. Nous gageons que dans quelques Mois, une fois que la grande bataille de vaccination contre la Coronavirus sera achevée et que l’immunité collective aura été atteinte, la pandémie de la Covid-19 ne sera plus qu’un disgracieux récit derrière nous.

Décès (plus que 8000 ), hospitalisations ( plus 400.000 cas positifs), réanimations, incubations, psychose, panique, névrose, anxiété, hantise et confinement total ou partiel ont laissé commotion, traumatisme et laisseront des blessures, offenses et mutilations qui cohabiteront longtemps dans la mémoire collective et perdureront dans les mémoires individuelles.

Outre ces blessures et ces déchirures collatérales, il restera également, parmi les mauvais souvenirs, les annonces en cascade et parfois de dernière minute qui, depuis Mars dernier, ont envenimé le quotidien des Marocains, annonces relatives aux moult restrictions portant préjudice à nos activités quotidiennes, à nos festivités, à nos déplacements, à notre vies tout court.

Des mesures hâtives et/ou des communiqués de dernière minute au gré de la situation pandémique de chaque région n’ont-ils pas constitué un frein à notre habituel, au point où plus personne n’ose s’engager dans une décision à court terme, un projet, soit-il personnel ou professionnel ?

Annonces et communiqués profusément critiqués par les Marocains au sein des réseaux sociaux; des réseaux qui constituent plus qu’auparavant, en raison du confinement et reconfinement, une plateforme de communication et une soupape de consolations entre les Marocains (famille, amis, collègues…, etc.) au temps du Covid-19.

Au vu de la fin d’année et ce qui s’ensuite en termes de préparatifs pour la célébration du réveillon, la dernière batterie de mesures prises par les autorités publiques ne constitue-t-elle pas, une fois de plus, un exemple éloquent ?

En effet, les pouvoirs publics ont annoncé, pour la région de Casablanca-Settat notamment, la prolongation jusqu’au 10 janvier prochain, de toutes les interdictions prononcées, et notamment le couvre-feu de 21H à 6h du matin, de concert avec les diverses fermetures d’établissements de sport, hammams, etc., mais aussi un couvre-feu national de trois semaines, ainsi que la fermeture des restaurants pour les villes de Casablanca, Marrakech, Agadir, Tanger.

La première conséquence de ces décisions est l’impossibilité de célébrer la fin de l’année civile en dehors du strict cercle familial et domiciliaire, alors que les opérateurs du tourisme, les hôteliers et restaurateurs notamment, comptaient beaucoup sur cette période pour réduire et compenser quelque peu les énormes pertes financières et préjudices conséquents qu’ils ont subi depuis le Mois de Mars.

Avec l’interdiction des rassemblements publics et privés, la fin de l’année 2020 sera donc bien triste et signifiera, très certainement, le coup de grâce porté au secteur serviciel en son entier, avec des conséquences fatales sur l’emploi et les revenus des familles qui en vivent et qui se comptent en centaines de milliers.

Les plus sages et les plus vigilants diront, à raison, que le Gouvernement veut éviter par ces actions, l’apparition d’une troisième vague, chose qui se conçoit parfaitement.

Soyons optimiste et voyons la partie remplie du verre : L’arrivée des 65 Millions de doses des vaccins anti-covid chinois des Sociétés Sinopharm et AstraZeneca, ainsi que la décision Royale de la gratuité du vaccin va, à coup sûr, participer à augmenter la couverture vaccinale, atteindre l’immunité collective et permettra de mieux respirer et de reprendre une vie normale.

C’est très bientôt, le temps pour oublier ce mal qui hante et obsède la planète, sans aucun doute, la plus grande épreuve subie par notre monde depuis des dizaines de décennies. Certaines personnes perdent patience et sombrent dans des dépressions. Une angoisse née d’une peur normale règne sur les esprits. On parle de tunnel, de cauchemar, de malédiction. La vie est mouvementée, agitée, l’espace de liberté est réduit, bloqué, figé.

C’est pour très bientôt, on oubliera l’odeur et la texture du désinfectant,  le port du masque  et ses effets asphyxiants et gênants de démangeaison sur nos oreilles.

C’est dans peu, nous allons de nouveau voyager, donner libre cours à notre égotisme et croquer la vie à plein dents avec appétence et insatiabilité. Oublier la noirceur du tunnel et aller de l’avant. Le bout du tunnel est pour très bientôt.  Demain, il fera jour disait  Henry de Montherlant.

31 décembre 2020 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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