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Mustapha Maghriti
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Climat, COP 26 et la Promesse de 1,5° à l’Ombre : Que des Promesses !!!

by Mustapha Maghriti 7 novembre 2021
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle aujourd’hui, personne, n’est indifférent au réchauffement climatique et aux dommages collatéraux qu’il fait appesantir sur l’écosystème, la finance et l’économie, l’agriculture ou la santé humaine. Pour preuve, d’année en année, ce réchauffage se traduit en désastres naturelles d’origine climatique, météorologique ou hydrologique.

Catastrophes et calamités qui consistent en épisodes de vagues de chaleur à cinquante degrés, de pluies diluviennes, inondations, feux de forêt, séismes abîmant sous les eaux des pays comme la Belgique et l’Allemagne, ou ravageurs ouragans et méga-feux réduisant en cendres des contrées entières comme l’Ouest-Américain, la Sibérie et la ceinture méditerranéenne durant l’été. Des invasions de criquets en Afrique de l’Est, des sécheresses dans le sud, des tempêtes tropicales et des inondations forçant plus d’un Million de personnes à quitter leur foyer en Somalie.

De telles cataclysmes et cyclones ont été multipliés par cinq entre 1970 et 2019, selon les estimations de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

A ce titre, nul ne doute que la thématique récurrente  du chauffe climatique est dans tous les esprits parmi les participants à la 26éme session de la Conférence des Parties (COP 26) qui s’est ouverte lundi 1er Novembre 2021 à Glasgow en Ecosse qui se déroule à l’ombre portée de l’épidémie de Covid 19 qui a entraîné son report d’un an et qui illustre tragiquement les risques planétaires du 21éme siècle qui va durer deux semaines et qui réunit près de 200 pays; conférence considérée comme la dernière chance pour sauver la planète, qui se préoccupe aussi bien de savoir comment réduire les émissions de carbone que de faire face aux effets dirimants et néfastes du changement climatique et présenter des plans concrets de limiter à 2°C, et dans l’idéal à 1,5°C et pour réduire de 45 % les gaz à effet de serre sur les dix ans à venir et pour les supprimer totalement d’ici 2050.

Certes, les différents blocs de négociation qui sont présents au sommet du COP 26 de l’ONU défendent leurs propres priorités en fonction de leur situation climatique et économique.

Un réchauffement qui impacte particulièrement l’Afrique, contraint à subir les émissions de CO2 des pays les plus riches.

Alors que la plupart des pays de la planète peinent à réduire prodigieusement leur empreinte carbone, dans les pays du Sud, en général et en Afrique en particulier, continent qui représente moins de 4% du total mondial des émissions de carbone, le débat est différent : Pour les pays Africains, la problématique  n’est pas de savoir comment réduire les émissions de carbone, mais surtout comment financer les effets dévastateurs du changement climatique ce qui nécessite des fonds énormes que les pays Africains ne peuvent se permettre et ce, d’autant plus que les plus démunis d’entre eux (33 figurent parmi les 47 pays les moins avancés) s’inquiètent du fait qu’ils n’ont pas reçu aujourd’hui la manne financière promise par les pays nantis.  

A égard, une étude de l’ONU n’a-t-elle pas estimé, il y a quelques années, que l’Afrique subsaharienne aurait à elle seule besoin d’un financement d’environ 50 Milliards de dollars US par an pour l’adaptation au changement climatique d’ici 2050.

A titre illustratif, l’Afrique du Sud, qui dépend fortement du charbon et qui est le 14éme émetteur mondial de gaz à effet de serre, a clairement indiqué que sa sortie du charbon est conditionnée aux financements des pays plus riches.

De fait, au regard de l’endommagement climatique affligé à l’Afrique, les faibles financements et la carence de l’appui technologique  qui lui sont dévolus, attestent, de la manière la plus ostensible, la syncope du système international qui chante en chorale, à chaque sommet climatique, la tarte à la crème des effets nuisibles du changement climatique et du COP de la dernière chance.

Aussi, l’Afrique a besoin, non seulement, de ressources financières, mais aussi de transfert de technologie : Il incombe à la communauté internationale, de manière urgente, d’affirmer une volonté politique réelle et audacieuse en s’engageant plus équitablement et impartialement en faveur de l’Afrique, astreinte de subir les corollaires d’un ordre économique mondial qui ne lui profite pas dans de proportions légitimes.

Avec une telle détermination, l’Afrique peut s’associer aux pays riches dans une adhérence plus ferme aux efforts de lutte contre les retombés dévastateurs du changement climatique.

Avouons-le, après l’échec du protocole de Kyoto de 1997, Marrakech, Bonn, Katowice, Madrid… et aujourd’hui  Glasgow. Ces messes, en grande pompe, sonnaillent plutôt comme une ribambelle de promesses non tenues et renvoyées aux calendes grecques. Pour preuve, la préservation du climat n’est pas entrée dans l’équation ; après la plus dure épreuve de la pandémie de Covid-19, le trend industriel est reparti à la hausse, pour atteindre en 2021 son niveau d’avant-crise. Aucun réel tournant n’a été opéré et somme toute, les plans de relance n’ont fléchi que 3% des investissements vers les énergies bas carbone selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).

En guise de conclusion, la communauté internationale doit cesser ses promesses de monts et merveilles et ses attitudes timorées en s’attelant vers la mise en œuvre de résolutions concrètes selon un agenda bien défini en prenant appui sur une volonté politique forte et frontale afin d’inverser le cours tumultueux de la planète et reprendre le contrôle du climat dans le monde. A défaut, l’humanité sera condamnée à un avenir infernal selon les dires du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres !!



7 novembre 2021 0 comment
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La prière de l’absent et naufrage du PJD: Quelles sont les Raisons?

by Mustapha Maghriti 13 septembre 2021
written by Mustapha Maghriti

La Prière de l’absent : Le titre semble dévier l’imaginaire des Romans vers le conte culte de Tahar Benjelloun. Idem, la Prière de l’absent semble bifurquer l’imaginaire des cinéphiles vers le film, LONG MÉTRAGE, adaptation de l’œuvre de Tahar Benjelloun , de Hamid BENNANI. Détrompez-vous  Il n’en est rien, il s’agit du grand enterrement du  parti islamiste à la tête du gouvernement au Maroc depuis une décennie ; le Parti de la justice et du développement Pjd s’effondre comme un château de cartes, passant de 125 sièges dans l’Assemblée sortante à 13 siège ; Un fiasco politique et électoral historique et si l’on se réfère au règlement intérieur de la première Chambre, le PJD n’aura même pas droit à la constitution d’un groupe parlementaire. Le seuil pour ce faire est fixé à 20 sièges. 

Premier parti du Maroc depuis deux législatures, la formation islamiste devient seulement la 8ème force politique à la première Chambre, où elle vire de facto dans l’opposition.

Si Aziz Rabbah membre et ministrable du Pjd, dans une lettre à la tonicité testamentaire, le président sortant du Conseil Communal de Kenitra n’a aucune explication à donner à cette défaite ou El Habib Choubani, ex-président de la région Draâ-Tafilalet, lui aussi, à analyser l’équanimité des électeurs par le fait qu’il n’y a d’explication ni dans la science politique, ni dans la science sociale aux résultats du scrutin du 8 septembre.

Nous pensons quant à nous qu’il y a bel et bien des explications : Le taux de participation qui dépasse la barre des 50%, soit 8,78 Millions d’électeurs en dit long , c’est une véritable mobilisation du citoyen contre une épée de Damoclès d’un parti qui avait bien profité des effets d’aubaine du Printemps arabe et du mouvement du 20 Février en promettant monts et merveilles aux Marocains.

De ce fait, le naufrage tétanique du PJD rassérène sur la modernité et la sagesse démocratique de notre société.

Le krach du PJD en dit long sur le comportement électoral mature de la société marocaine ; elle rassoit sur la sociologie électorale de notre structure sociale. Nous alléguons que le Pjd avait remporté les élections de 2011/2015 non pas parce qu’il avait des émérites bien transplantés dans leurs suzerainetés, mais parce qu’il reproduisait la revendication du changement d’une société marocaine avide de limpidité, de réverbération et de rigueur.

C’est dans les villes que le PJD avait picolé victoire, c’est-à-dire dans les superficies urbaines qui évadent la mainmise électorale du pouvoir et des partis plus sacramentels qu’il avait accédé aux commandes du Gouvernement en 2011/2015.

Le Parti barbu et light avait réussi parce qu’il était le seul sigle politique qui représentait des lueurs d’espoir de renouveau, de disjonction avec des élites usées. En 2011-2015, le Pjd était l’emblème d’une appétence de se tronçonner avec le rituel politique prédominant.

La prouesse du PJD de 2011/ 2015, n’était pas le signe d’un culte gagnant en force mais d’une volonté de changement, de modernité et de clarté. Le Pjd avait gagné successivement en 2011-2015 parce qu’il était le seul référé encore moral et propre, parce que son argumentaire moralisateur qui se recoupait avec la velléité d’une gestion cohérente et prometteuse.

Une grande frange sociale moderniste de la population désireuse de changement avait donné sa voix à un parti islamiste qui promettait du rebondissement, réviviscence et du progrès.

C’est cette frange de la société Marocaine qui avait voté à un parti barbu non pas parce qu’il est barbu-islamiste, mais en pensant au changement dans les gisements et les chantiers de l’école, la santé, et la liberté, c’est cette frange qui avait élu le PJD et qui le fait sèchement et subitement ramollir au scrutin du 8 Septembre en raison de sa gestion cataclysmique et calamiteuse de 10 dix ans de la chose publique (économique, social….etc.)

C’est un enseignement à retenir pour l’avenir : l’acquis démocratique du 8 Septembre montre inlassablement que la société Marocaine est beaucoup plus mature, sage et moderne.

Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.

Autant en emporte le vent, le Pjd  n’a pas exaucé ces aspirations et ces doléances des Marocains. Et Ipso facto, le vote sanction contre le PJD dit très bien l’attente des Marocains des villes, les classes moyennes, les gens même aisés qui ont envie d’un autre Maroc, plus égalitaire, démocratique, avec une école blindé, et une santé de béton protège les plus vulnérables.

Ces Marocains de la modernité progressiste ont renvoyé chez lui, un Pjd qui les a désappointés et désillusionnés, parce qu’ils voulaient un parti du renouveau et non de la tergiversation, de la carotte, de la platitude et de l’obséquiosité.

Le PJD a revêtu l’habit d’un parti anti-corruption et anti-inégalité, mais l’habit ne fait pas le Moine, ni l’Imam encore!

L’hiatus abyssal entre les préoccupations du corps social électoral Marocain et l’impertinence et l’incohérence des réponses inscrites dans le Gouvernement Pjd et les stratégies qui en découlent n’ont fait que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve, de déception, voire de méfiance du citoyen Marocain à l’égard de toue opération électorale Pjdiste.

Le Souverain Marocain, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route politique, économique et social en soutenant chevaleresquement que l’alliance et le pacte gouvernemental n’est pas le partage d’un gâteau ?

Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent et se greffent dans la pérennité des choix de la Nation.

Dans cette mouture, le corps social tout entier Entreprises et Ménages avaient attendu avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par le Pjd issue de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies politiques et les sentiers économiques destinés à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique et sociale, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

In fine, c’est dans la capacité du Gouvernement Aziz Akhnouch que vient de nommer le Souverain Marocain d’apporter des répliques aux ” spleens” et aux aspirations émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine et le tissu social pourraient renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique et sociale et la voie Royale de la démocratie.  



13 septembre 2021 0 comment
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Bilan d’Adieu et dernier chant de cygne du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani

by Mustapha Maghriti 2 septembre 2021
written by Mustapha Maghriti

Seul moins d’une semaine nous séparent des prochaines élections législatives qui se tiendront le 8 Septembre 2021. Nous savons pertinemment tous que le bilan du Gouvernement quelque soit sa nation, sa couleur et son sigle politique est toujours un bon exercice de réflexion, de constats, de diagnostics et même de proposition de pistes et des pistes d’amélioration. Qu’en est-il du bilan économique du Gouvernement El Othmani  avec à sa tête un psychiatre et Fqih Soussi bardé de diplômes en théologie, en l’occurrence Saad-Eddine El Othmani le “psy-chef” de l’exécutif Marocain ?

L’apostrophe fondamentale qui nous interpelle est de savoir si les Gouvernements El Othmani Saison I et II ont pu remédier aux tares structurelles de l’économie nationale (Chômage élevé des jeunes diplômés, volatilité de la croissance, déficits jumeaux…. etc.).

Au regard des maux économiques et sociaux dont pâtit notre tissu économique et social, épineux de répondre par l’affirmative. Pour preuve,  le caractère erratique et ambulatoire de la croissance économique, en raison de la prépondérance de la variable agricole soumise aux caprices climatiques et clémence du ciel, est resté inerte sous le mandat du Team El Othmani.  Le maréchal Français Lyautey n’a-t-il pas argué “Au Maroc, gouverner c’est pleuvoir ?

A titre illustratif, le taux de croissance économique a chuté de 4,1% du PIB en 2017 à 3% en 2018 et 2,5% en 2019. En 2020, eu égard à l’ampleur de la pandémie, le Maroc, à l’instar de la plupart des Etats, a enregistré une forte crampe de la dynamique économique, avec un taux négatif de croissance de -7%. N’oublions pas lors du discours de l’investiture du Gouvernement El Othmani, le chef de l’exécutif avait promis un taux de croissance annuel  moyen du PIB compris entre 4,5 et 5,5%. Or, le taux de croissance annuel moyen entre 2017-2021 est de 1,6% du PIB.

Même en faisant litière de l’année 2020 marquée par la crise exceptionnelle liée au Coronavirus, nous constatons lisiblement que l’objectif de la cible de la dynamique économique n’est pas atteint où le taux de croissance annuel moyen des quatre années restantes est de 3,6% du PIB.

Un point de croissance perdu chaque année pendant 5 ans, n’est-il pas équivaut à un « manque à gagner » de près de 55 Mds de DH par rapport à l’objectif fixé par le Gouvernement ??

En outre, avec le tarissement et l’assèchement des ressources financières, l’envolée de l’endettement n’a pas épargné le bilan économique du Team El-Othmani où les chiffres montrent que le taux d’endettement public global s’afficha au-delà de la barre de 80% du PIB (82,2% du PIB en 2018 et 80,4% du PIB en 2019). Sous l’effet de la crise sanitaire du Covid-19 qui a eu des corollaires négatifs sur le tissu économique et le recours accru à l’endettement, ce taux a culminé à 92% du PIB en 2020. Un endettement qui hypothèquera  l’avenir de moult générations de marocains condamnés à rembourser les dizaines de milliards de dollars de dettes qui plombent les ailes du Maroc.

La moyenne des déficits budgétaires sur les cinq années, mandat du Gouvernement El-Othmani affiche un taux de 4,9% du PIB. D’où l’existence d’un écart de près de 2 points de plus par rapport à l’objectif gouvernemental. Aussi, même en faisant fi de l’année 2020, le taux moyen du déficit budgétaire des quatre autres années tourne autour de 4,3% du PIB.

A fin 2020, la part de la dette extérieure dans la structure de la dette a progressé pour atteindre 37% (contre 20% avant la crise), tandis que la part de la dette intérieure a reculé à la même période à 63% (contre 80% avant la crise).

En sus, le Coronavirus et les frontières que dessinait l’économie mondiale, l’Exécutif El-Othmani a mis en place le « label Maroc » à travers la promotion  du  » Made in Morocco » et via l’incitation à la consommation locale qui stimulerait le tissu entrepreneurial en exhortant les promoteurs nationaux à investir davantage dans différents niches et segments de l’économie Marocaine et visant à substituer l’importation de certains produits par la production locale, le brandage « Made in Morocco » saluée par le milieu des affaires, censé renforcer notre indépendance économique, n’a pas cependant réussi à infléchir fondamentalement le déséquilibre de la balance commerciale. Pièce à conviction, le déficit de la balance commerciale a accusé un taux qui gravite autour de 18,3% du PIB en 2018 et 18,2% du PIB en 2019, pour enregistrer un léger recoin en 2020 à 16,3% en raison de la fermeture des frontières due à la crise du Covid-19.

Le déficit commercial est resté compris dans une fourchette entre 16 et 19% du PIB, et le taux de couverture des importations par les exportations s’est maintenu autour d’une moyenne de 55%, qui signifie que le Gouvernement Maroc importe plus que le double de ce qu’il exporte.

Sur le front social et en matière de lutte contre l’oisiveté, les résultats obtenus ne sont guère rutilants. Rappelons que le gouvernement avait pour ambition de ramener le taux de chômage à 8,5% en fin de mandat. Or, les chiffres officiels montrent que le taux de chômage annuel moyen au cours des années précitées est de 10,4%. Ce qui est nettement en deçà de l’objectif initial fixé.

En plus, le Maroc ne s’est pas mieux porté lors des cinq dernières années. Pour preuve, le pays occupe toujours la 121ème place sur 189 dans l’IDH du PNUD (2020), 98éme dans le nouvel Indice du capital humain de la Banque mondiale et 75éme de l’indice de compétitivité avec à peine un score de 58 sur 100, en dessous de la moyenne mondiale qui est de 61 en vertu du World Economic Forum.

Aussi, la crise a mis à nu la vulnérabilité sociale d’une très large frange de la population. D’après une étude inédite du HCP, les inégalités sociales se sont fortement détériorées : L’indice de Gini (qui mesure une telle inégalité) a atteint 46,4%, alors que, selon le département HCP, le seuil « socialement tolérable » serait de 42%.

Sur le plan du climat des affaires, le chef de l’exécutif a maintes fois fait éloge et apologie du climat de l’investissement où le Maroc s’est classé à la 53ème dans Doing Business 2020. Sur ce registre de Doing Business, le cabinet Saadine Elothmani s’est-il donné le temps de sonder, sur le terrain, l’opinion du milieu des affaires national et international ? S’est-il donné le recul d’aller faire un tour dans les tribunaux de commerce pour évaluer les tares qui obturent le climat de l’investissement et des affaires internationales: Les délais trop longs, la partialité ressentie et les difficultés d’obtenir gain de cause qui plombent tout crédit en la justice marocaine. Le cabinet de Saadine Elothmani a-t-il demandé aux promoteurs économiques ce qu’ils redoutent le plus dans l’acte d’investir ? 

Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.

Saad-Eddine El Othmani n’a-t-il pas du tenir compte de ces aspirations et doléances. Le Souverain Marocain, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route en soutenant majestueusement que l’alliance gouvernementale n’est pas le partage d’un gâteau ? Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent dans la durabilité des choix de la Nation.

Les acteurs économiques attendent des réponses à des questions, récurrentes, qu’ils se posent de manière formelle, explicite et latente. De telles préoccupations revêtent une stridence singulière dans le contexte de ce Gouvernement à fin mandat et qui marque la première expérience gouvernementale conduite à l’ère de la nouvelle constitution de Juillet 2011. Dans ce sens, le corps social tout entier Entreprises et Ménages avaient attendu avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par le Gouvernement Psy Saad-Eddine El Othmani issu de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies et les layons destinées à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

In fine, c’est dans la capacité des futures politiques du Gouvernement prochain d’apporter des répliques à ces ” spleens” et ” psy-causes” émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine pourrait renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique. A défaut, tout hiatus entre les préoccupations du corps social électoral Marocain et la pertinence des réponses inscrites dans le prochains programmes du Gouvernement et les stratégies qui en découlent ne feraient que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve voire de méfiance du citoyen à l’égard de toue opération électorale future.

2 septembre 2021 0 comment
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L’invariant Afghan est plus virulent que le variant Indien, 20 ans plus tard les Talibans aux commandes : Quels enseignements ?

by Mustapha Maghriti 24 août 2021
written by Mustapha Maghriti

Le 15 Août dernier, Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, tomba littéralement entre les mains des Talibans après l’effondrement des forces Gouvernementales et la fuite à l’étranger du Président Ashraf Ghani. Des scènes apocalyptiques y ont eu lieu, où l’on a pu voir des centaines et des milliers d’Afghans, tenter opiniâtrement de monter et de s’accrocher à un avion Boeing C-17 de l’Armée Américaine, des scènes bibliques qui ont réveillé aux États-Unis le traumatisme de la guerre du Vietnam et de l’évacuation piteuse des diplomates américains à Saigon le 30 avril 1975 et qui m’ont fait rappeler  des films fétiches que j’ai vus au Cinéma à l’instar de Né un 4 Juillet, Platoon, retour vers l’enfer, Voyage au bout de l’enfer…..etc.

L’exécutif Biden a défendu sa décision de mettre fin à 20 ans de guerre, la plus longue qu’ait connue l’Amérique. « Ceci n’est pas Saïgon », a assuré dimanche le secrétaire d’État américain Antony Blinken sur CNN, évoquant la chute de la capitale vietnamienne en 1975, un souvenir encore douloureux pour les États-Unis. Mais la pilule est amère pour Washington dont l’image en ressort profondément écornée et qui déplore 2.500 morts et une facture de plus de 2.000 milliards de dollars. 

Sans entrer dans l’historique de cette guerre qui n’est pas l’objet de cette chronique ; Quelles enseignements pourrons-nous inférer de ces 20 années fatales ?

– Primo : Une démocratisation ne se fait guère sous la mainmise d’une puissance étrangère, mais jaillit d’une multiplicité de paramètres et de  modulations socio-économiques intrinsèques au pays, et sans lesquelles aucune transfiguration politique pérenne ne peut se produire

– Secundo : Une razzia humanitaire comme celle menée par les USA en Afghanistan, ne se fait pas comme par des mitraillages de médicaments, ou des canonnages de boîtes de conserves et de livres, mais bien par des fusées effrontément funestes qui, en sus, de faire des dizaines de milliers de morts, élucubre une cinétique de résistance qui peut compter sur l’appui immarcescible d’une population autochtone ravilie opprimée par l’aliénation qu’elle a eu à subir. Pour preuve : Après 20 années de guerre, les Américains ne croyaient-ils pas combattre les Talibans au moment où ils bataillaient les Pachtounes, soit rappelons-le encore, l’ethnie majoritaire du pays ?

– Tertio : Une mutation sociale et un changement de mentalité aussi optative et endurable soit-il, ne se fait pas par la diabolisation et l’ostracisation d’un pays ou d’un peuple, mais bien au contraire, par son inclusion dans le droit humain international et son insertion dans la réalité économique mondiale.

– Quarto : Le terrorisme et le radicalisme rudimentaire constituent du point de vue de la géopolitique des grandes mainmises et tyrannies mondiales, deux répliques et deux armes dont on peut facilement perdre le contrôle, au point de les voir se retourner contre soi-même.

Chaque pays et chaque peuple a ses spécificités, sa temporalité et sa propre trajectoire de développement. Essayez de bousculer cette réalité anthropologique par une ingérence quelconque entraînera des résistances voir des rebelles, car le réel a sa propre dialectique et ne tolère jamais d’être bousculé ni violenté.

Une fois libéré du joug Américain que sera le nouvel Afghan ? Sera-t-il un Gouvernement afghan qui préserve les droits fondamentaux de son peuple dont la moitié de sa population – ses femmes et ses filles,

car les Hirondelles de Kaboul pour reprendre Yasmina Khadra , principalement dans les villes, craignent que les talibans n’imposent la même version ultrarigoriste de la loi islamique que lorsqu’ils dirigeaient leur pays, entre 1996 et 2001, des femmes, qui observent déjà des retombées immédiates sur leur quotidien, car on se souvient  durant le règne du mouvement islamique, une application ultra-rigoriste de la loi islamique était en place où les femmes n’avaient pas le droit d’aller à l’école, de travailler, subissaient des mariages forcés, devaient porter le voile intégral, ne pouvaient sortir de chez elles sans un chaperon masculin et étaient lapidées ou fouettées sur la place publique en cas d’adultère, par exemple ? Le Temps est révélateur !!!!

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Une nouvelle posture géopolitique Maghrébine : L’autre dimension du Discours du trône du 31 Juillet 2021

by Mustapha Maghriti 18 août 2021
written by Mustapha Maghriti

Si les modulations géopolitiques et géo-économiques internationales rendent plus qu’immanquable et manifeste une refonte de la coopération en Méditerranée, il n’en demeure pas moins que l’édification d’une Union Maghrébine (UMA) reste toujours un projet historique porteur d’espoir pour les 5 pays du Maghreb. Ainsi, à la lumière de l’éloge Royal dans lequel le Souverain Marocain tend la main à l’Algérie, nous chronique a pour ambition de réfléchir sur l’importance et la pertinence d’une Union maghrébine qui reste un impératif de stabilité régionale, pouvant assurer non seulement la prospérité économique et l’arrimage à la rive Nord de la Méditerranée mais représenter aussi un pôle géopolitique contribuant à la préservation des équilibres mondiaux.

Cette serrure, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, ne bute-t-il pas sur un droit naturel et un principe juridique authentique, consacré par les instruments internationaux, notamment le Traité de Marrakech scellé le 17 Février 1989 à Marrakech , texte fondateur de l’Union du Maghreb Arabe qui prévoit la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux entre les pays constitutifs de l’espace maghrébin : Maroc, Tunisie, Algérie, Libye et la Mauritanie ?

A travers le panégyrique Royal, le Souverain s’attache à poursuivre ses efforts sincères et louables pour cimenter la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus singulièrement dans son voisinage maghrébin, en particulier avec l’Algérie à travers l’établissement de relations bilatérales fondées sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage.

C’est la partie la plus large du discours vu le contexte géopolitique très particulier dans lequel le Maroc a évolué dernièrement. Tandis que certains y voient un desiderata édifiant, d’autres une approche créative, une troisième grille de lecture, celle de la rigueur, semble avoir été totalement omise par les analystes. Deux niveaux d’analyse nous semblent importants.

– Le premier niveau d’analyse est la nature prochronique et désuète des éréthismes actuels, en singulier l’enclos des frontières entre nos deux jumeaux pour reprendre l’expression du Souverain Marocain. Une muraille héritée du passé et qui n’a plus lieu d’être eu égard à l’interdépendance et la complémentarité irrécusable entre nos deux pays autant au niveau historique et civilisationnel qu’au niveau économique, stratégique et géopolitique pour toute la région que ce soit la coopération verticale Nord/Sud (la méditerrané et l’Europe) ou les échanges horizontaux Sud/Sud avec le reste de l’Afrique. 

Au regard des blocs commerciaux régionaux, le Maghreb demeure l’une des régions les moins intégrées du monde. Le  » non-Maghreb » bloquerait le potentiel de développement de la région où diverses sources estimeraient le coût du « non Maghreb » entre 1 et 2 % du PIB. Quant à l’intrus à l’origine de la division actuelle dont il est question dans le discours Royal, cela renvoie, à certaines puissances et forces occidentales du point de vue contemporain :

Ces mainmises œuvrent inépuisablement en vue de pérenniser le Maghreb dans un morphogramme de division permanente, quitte à entreprendre des « Openfields » pléonastiques de désinformation (affaire Pegasus), de déstabilisation (printemps arabes) et d’isolement du Maroc sur la scène internationale (provocations de l’Espagne, activisme diplomatique anti-marocain mené par l’Allemagne, rôle de l’Open Society dans l’affaire Pegasus.)

Dans une région qui concentre des intérêts stratégiques de première importance, les grandes puissances n’épient-elles et ne suivent-elles pas de près les mutations qui s’accélèrent ?

Le projet d’intégration maghrébine n’a-t-il pas pâti de facteurs exogènes tel le développement du Partenariat euro-méditerranéen ? Au moment où l’UMA entrait en sommeil, l’UE perfectionnait son projet de partenariat avec la rive sud de la Méditerranée avec l’objectif d’établir une « zone euro-méditerranéenne de libre échange » dont l’architecture est constituée par les accords d’association de l’UE avec les États de la rive sud de la Méditerranée dont l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

Concernant le cœur sur la main du Souverain et la main tendue par le Maroc à l’Algérie, le premier niveau de lecture est substantiel et pragmatiste. Les « Jumeaux » sont confrontés à des menaces géostratégiques et géopolitiques homologues.

Pour preuve, le Souverain Marocain, dans sa rhétorique, a bien souligné que  » La vérité est que le Maroc et l’Algérie sont tous deux confrontés aux problèmes de l’immigration, de la contrebande, du narcotrafic et de la traite des êtres humains. Les bandes qui s’adonnent à ces activités criminelles sont notre véritable ennemi commun. Si, ensemble, nous nous attelons à les combattre, nous parviendrons à mettre fin à leurs agissements en extirpant leur mal à la racine. »

Les intérêts du Maroc et l’Algérie étant convergents et leurs destinées attelées et cadenassées par l’histoire et la géographie, le Maroc et l’Algérie ont tout intérêt à outrepasser les faux clivages qui les départagent et à agir de concert et de front pour rasséréner la région et enchaîner une nouvelle géopolitique étayée sur la confiance, le dialogue et le bon voisinage, car tandis que la stabilité et la sécurité régionale se « co-construisent », l’instabilité de l’un agit de facto sur l’autre.

– Le deuxième niveau de lecture où résiderait la rigueur du discours Royal, concerne le principe de réciprocité évoqué par le Souverain  » Ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable. Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie; car les deux pays font indissolublement corps. »

Aussi, pour contextualiser le discours du Souverain, nous préférons faire référence aux évènements diplomatiques à travers la note adressée par l’Ambassadeur du Maroc à l’ONU, à la présidence du Mouvement des non-alignés, où il rappelle que « le principe d’autodétermination n’est pas un principe à la carte », et « le peuple Kabyle mérite, plus que tout autre, de jouir pleinement de son droit à l’autodétermination. »

Il en résulte que situé dans son contexte, ce que ce qui touche le Maroc dans son Sahara, affectera tout autant l’Algérie dans sa Kabylie.

La seule alternative viable pour le pouvoir algérien serait donc de serrer une fois pour toutes la main qui lui est tendue par le Maroc, et de contribuer activement à jeter les bases d’un nouveau pacte de développement, de stabilité régionale fertile et propice à la géopolitique maghrébine évoluant dans son environnement régional et international, qui en plus de profiter irrémédiablement à peuples Maghrébins, mettra fin à la déperdition des points de croissance, desserrera l’étau de la contrainte de la dépendance structurelle à l’égard de l’Europe et renforcera la stabilité dans la région au détriment des ingérences étrangères dont les agendas vont à l’encontre de nos intérêts les plus vitaux, malgré le caractère fallacieux et mielleux de leurs discours officiels.

Avec une telle nouvelle reconfiguration géopolitique Maghrébine et pour d’évidentes raisons géostratégiques, les puissances mondiales, l’ensemble des acteurs régionaux et extra-régionaux ne se trouveraient pas dans l’obligation de prendre en considération un rapport de force régional entièrement nouveau ?

18 août 2021 0 comment
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La Famine au temps du Covid-19 : Épée de Damoclès et Cri d’Orfraie sur la planète

by Mustapha Maghriti 4 août 2021
written by Mustapha Maghriti

Qui de nous, n’a pas pensé que la dénutrition a été séquestrée dans le sarcophage de la littérature économique ? On était tous persuadé que et la sous-alimentation étaient mollies de notre planète et que l’humanité pouvait manger à sa faim et subvenir à ses besoins fondamentaux. Malencontreusement, en grande partie aux répercussions de la pandémie de Covid-19, la faim dans le monde s’est considérablement attisée en 2020,  alerté l’agence des Nations Unies pour l’Agriculture et l’alimentation (FAO) dans un rapport récent sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde établi conjointement par avec le concours de quatre organismes de l’ONU (le Fonds international de développement agricole (FIDA),l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Selon ce document, 1/10 environ de la population mondiale, ce qui pourrait représenter jusqu’à 811 Millions de personnes  est en situation de sous-alimentation en 2020.

Inopportunément, la pandémie du Covid-19 continue de faire ressortir les faiblesses de nos systèmes alimentaires, lesquelles mettent en péril la vie et les moyens d’existence des personnes partout dans le monde.

Le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, le Sommet de la nutrition pour la croissance et la vingt-sixième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), qui ont tous lieu cette année, doivent offrir une occasion de progresser vers l’objectif de la sécurité alimentaire et de la nutrition par la transformation des systèmes alimentaires et doivent avoir une incidence déterminante  sur la deuxième moitié de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition, un engagement pris au niveau mondial qui cherche encore son rythme.

Avec le Coronavirus, l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde  en 2021 nous interroge sur la réalité calamiteuse que l’épée de Damoclès de la famine nous épie et que la malnutrition est en train de saper les personnes les plus vulnérables dans le monde. 
La sous-alimentation, dans le monde, constitue un cri d’alarme sur l’évolution de la famine et ce nonobstant les engagements pris par les pays à travers les politiques publiques mises en place pour atteindre les objectifs du développement durable ODD à l’orée 2030. 
La lutte contre la malnutrition et la famine, Faut-il rappeler, faisaient partie intégrante de ce nouveau consensus quant aux objectifs du développement adopté par la communauté internationale.

Avec les pertes d’emploi, le chômage, la faim et la malnutrition dans le monde ont accusé une envolée fulminante où le nombre de personnes pâtissant de la faim dans le monde est évalué à 768 en 2020, 821,6 millions en 2018, soit une augmentation de plus de 10 millions de personnes par rapport à 2017. Ce chiffre s’envole pour frôler les deux Milliards de personnes si on inclut les personnes en situation d’insécurité alimentaire.

Aussi, selon  un récent rapport d’OXFAM intitulé  » le Virus de la faim se propage », 11 personnes risquent de mourir de faim chaque minute, soit un rythme plus élevé que le nombre de victimes du Covid-19 qui est environ de 7 personnes par minute. Au niveau de la ventilation spatiale de la famine dans le monde et sans aucune surprise, c’est notre continent noir qui vient en tête de peloton de ce classement ; l’Afrique subsaharienne, où 224,3 millions de personnes souffraient de malnutrition.

Les autres continents ont, à leur part, ont été affectés par une recrudescence de la famine, notamment en Asie avec 12%, l’Amérique latine et les Caraïbes avec 8%.Les pays qui endurent le plus de la malnutrition sont le Yémen, le Congo démocratique, l’Afghanistan, l’Ethiopie, le Sud Soudan et le Nord du Nigéria. Cependant, cette calamité ne se cantonne pas aux pays pauvres et des pays en développement : Les pays développés ont également connu le regain de la famine au cours des dernières années avec notamment les crises économiques et sociales qui corrodent l’économie mondiale, notamment auprès des couches pauvres et marginalisées. Mais, le côté le plus odieux est que la famine ronge de plus en en plus les mômes. En effet, le rapport des Nations-Unies atteste que le nombre d’enfants qui sont ravagés par la faim et la malnutrition dans le monde est de 149 millions d’enfants ; un chiffre qui nous apostrophe sur le grand chaos du bilan de l’alimentation dans le monde. 

Un tableau très noir  de l’évolution de la famine qui montre incontestablement que les objectifs fixés dans le consensus sur le développement et les objectifs l’Objectif de la faim zéro et du développement durable ODD en 2030 d’enrayer la famine sont reportés aux calendes grecs. Parmi les raisons de la détérioration des conditions de l’alimentation dans le monde, on énumère le rôle des guerres, des conflits et de l’instabilité politique en général et les catastrophes naturelles qui ont joué un rôle important dans le retour des crises alimentaires. Mais, en dépit de son importance, ce rapport ne s’est intéressé que de manière accessoire à la question des politiques agricoles et des choix de développement mis en place dans ce domaine qui expliquent, à notre sens, largement la dystrophie des conditions de l’alimentation. Malheureusement, depuis la seconde guerre mondiale, les politiques agricoles et les choix de développement agricoles ont été marqués par la prépondérance des politiques industrielles et les intérêts urbains par rapport à ceux du milieu rural et de l’agriculture. 

Plus que jamais, aujourd’hui, nous avons besoin d’une rupture avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme. 

Ces stratégies passent inlassablement  par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l’accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l’économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu’un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d’un programme de lutte contre la faim.
Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n’est pas une fatalité, les thèses malthusiennes et néo-malthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit “Renierez-vous [l’existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l’univers, c’est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t’interrogent.” 

Le droit à l’alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d’entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l’alimentation est un droit de naissance pour tout être humain. 
Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que “La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité” ?? 



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Asymétrie et Inégalité de la Vaccination Mondiale contre Covid-19: L’autre pandémie

by Mustapha Maghriti 28 juillet 2021
written by Mustapha Maghriti

La pandémie du Covid-19 continue de faire rage avec plus de 4,16 Millions de décès et  quelque 100.000 morts chaque semaine. Avec les dommages collatéraux qui en résulte, selon la Banque mondiale, ce sont jusqu’à 150 millions de personnes qui ont été précipitées dans une pauvreté extrême par la Covid-19. Et, d’après le Programme alimentaire mondial PAM, la famine menace 34 Millions de personnes, soit une hausse de 35 % en un an.

Les pays riches comme Crésus se sont accaparés du vaccin, alors que les pays pauvres comme Job font face à des déficits chroniques de doses compromettant leur campagne de vaccination.

Les pays riches disposent de plus de stocks qu’il n’en faut, et en sont même arrivés à l’obligation vaccinale face à des citoyens qui refusent de se faire piquer à l’instar de la France. Pendant ce temps, les pays intermédiaires et pauvres courent après les doses pour circonscrire les ravages d’une pandémie qui y tue chaque jour des milliers de personnes. Cette inégalité d’accès aux vaccins est forcément un terrain fertile  à la propagation du virus et à la naissance des variants.

La distribution inégale des vaccins n’est pas seulement un scandale moral, mais aussi un échec économique et épidémiologique, déclara le chef de l’agence de santé des Nations Unies lors d’une réunion ministérielle extraordinaire du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC).

Devant cette situation alarmante tant sur le plan économique, social que sanitaire, distribuer, de façon équitable, des vaccins partout dans le monde représente plus que jamais non seulement un impératif sanitaire et économique mais aussi éthique pour augmenter la couverture vaccinale et parvenir à l’immunité collective mondiale. Or, l’organisation actuelle de la vaccination mondiale pose un véritable problème de répartition et d’équité.

Pour preuve, plus de 80% de toutes les doses de vaccins contre le Covid-19 administrées dans le monde ont été accaparées dans des pays à haut revenus alors que les pays à faible revenu ont eu seulement la part chétive de 0,3%.

Sur les 832 Millions de doses de vaccin administrées, 82% sont allées à des pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur, tandis que seulement 0,2% ont été envoyées aux pays à faible revenu.

Et encore, ces statistiques générales camouflent des disproportions intenables. Ainsi, au moment des pays comme le Canada ou les USA disposeront respectivement de 10 et 8 doses par habitant, des pays aussi bien développés que ceux appartenant à l’Union européenne ne détiendront que de moitié moins. Quant à notre patrie, le Maroc, bien que le mieux loti parmi les pays en développement, ne s’adjuge que de 2,5 doses de vaccins anti-Covid-19 par habitant.

Les pays les plus nantis ou pays intermédiaires à bas revenus, ils ne leur échoient  que 1,9 pour le Brésil, 1% pour la Thaïlande, 0,7% pour l’Afrique du Sud, 0,2% pour la Tunisie et un infime ratio de 0,01 pour le Sénégal. Un ratio qui chute à 1 sur 500 dans les pays plus pauvres.

Avec ces ratios, on comprend bien que, compte des incertitudes sur la disponibilité et l’efficacité des vaccins, les recommandations de l’OMS de la nécessité d’une injection supplémentaire qui se profile pour 2022, il faut commander plus de trois doses par personne.

Pour les pays pauvres, on est très loin du compte de cet objectif,  la plupart des individus dans les pays les plus pauvres n’ont pas eu cette chance de se faire piquer par la seringue de l’espoir. Même le programme COVAX, porté entre autres par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et à ce jour le seul mécanisme d’attribution de vaccins qui répond à une logique mondiale, n’arrive pas à administrer plus de 5% du 1,28 Milliards d’injections déjà réalisées au niveau mondial.

Au regard de ce panorama inégal, bravissimo que notre pays arrive à s’en sortir et à tirer son épingle du jeu, en administrant pas moins de 9,9 Millions de doses à ses citoyens, sur les 1,28 Milliard de doses de vaccin contre le Covid-19 répartis au niveau planétaire.

Ceci n’enlève en rien au fait que le virus continuera à circuler avec l’apparition de nouvelles variants. Et de plus belle. Et que la dissémination de nouveaux variants risque d’acheminer la population de certains pays, notamment parmi les 10 les plus vaccinés dans le monde (d’Israël à la Serbie en passant le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis, les États-Unis, la Hongrie, le Chili, le Canada, la Finlande, et l’Allemagne) tout droit vers une 4éme vague.

Variant britannique, sud-africain, résiliente , indien …. variant Béta, Variant Delta, Variant Gamma, …. plus de 4.000 variants du SARS-cov-2 ont été identifiés à travers le monde. Les variants foisonnent, mais l’Invariant reste l’ingratitude, l’égoïsme et le selfish Humain. L’Humanité ne sera Universelle que quand l’Humanité est Uni….Vers….Elle.

D’où, la nécessité impérieuse de la solidarité, car toute stratégie qui consiste à vacciner uniquement une partie de la population mondiale ne saura guère une stratégie efficace, car une pandémie mondiale ne peut être combattue seulement par une réplique nationale ou régionale, mais par l’union et la coopération de tous les pays de la planète.

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Le Nouveau Système Fiscal au Maroc à l’épreuve de l’Équité et la Démocratie : Quelques pistes de réflexion!!!

by Mustapha Maghriti 20 juillet 2021
written by Mustapha Maghriti

Tenues les 03 et 04 Mai 2019 à Skhirat, sous le thème « Équité fiscale », plus de deux chandelles après les 3éme Assises Nationales sur la Fiscalité marquées par l’annonce de l’argentier du Royaume relative à l’élaboration de la loi-cadre sur la fiscalité, cette dernière a enfin été adoptée il y a quelques jours lors du dernier Conseil des Ministres. Faut-il souligner que ce projet a pour dessein d’instituer une armature fiscale respectant les droits fondamentaux du contribuable tout en garantissant un meilleur financement des politiques publiques.

En outre, le projet ambitionne de mettre en place un système fiscal à fort tenue sociale à travers la cristallisation de la solidarité, pour le financement, en particulier des cordeaux sociaux de la protection sociale à l’instar de la couverture médicale, allocations familiales, réduction des inégalités sociales…..etc.

En sus, le nouveau système fiscal projette de refondre la fiscalité des collectivités territoriales à même de renflouer leurs ressources financières en synergie avec les dispositions régissant les impôts de l’Etat.

L’adoption de la loi-cadre sur la fiscalité intervient dans un contexte marqué par la crise sanitaire du Covid-19 engendrant une flambée du seuil d’endettement international (où le Trésor a levé 3 Milliards de dollars sur le marché Eurobond, la plus importante levée de son histoire soit un endettement extérieur de 60 Milliards de DH en 2020 contre 25 Milliards en 2019), une dette nationale qui effleure les 78% et un taux d’endettement intérieur élevé avec l’absence de recettes exceptionnelles.Aussi cette réforme s’inscrit dans le cadre des recommandations de la Commission spéciale lors des troisièmes Assises Nationales sur la Fiscalité qui a appelé à la mise en place d’un système fiscal plus équitable en élargissant de manière importante l’assiette fiscale à travers la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, la rationalisation des dépenses fiscales et l’intégration de l’économie informelle.

Nous pensons que l’Etat ne parviendra pas à une équité fiscale sans la mise en place d’une politique fiscale intégrée en parfaite coordination avec les autres formes de politiques économiques et sans l’édification d’une nouvelle génération de réformes fiscales marquées par le front, l’audace et l’innovation à travers la neutralité totale de la TVA, un IR applicable à tous dans l’équité et un IS qui évite les frottements fiscaux tout en inscrivant cette réforme fiscale dans le cadre de l’efficience, l’adhésion et la citoyenneté.  

Sur ce registre dans le discours, adressé à la Nation le 20 août 2014, à l’occasion du 61éme anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple,  le Souverain Marocain a appelé  » à renforcer le rôle stratégique de l’Etat en matière de régulation et d’organisation et d’engager avec audace les grandes réformes, notamment […] de fiscalité, tout en veillant à poursuivre l’application des règles de bonne gouvernance dans tous les secteurs »

Force est de constater que nous ne sommes pas encore dans une politique fiscale d’audace et de volontarisme économique ; l’Etat est toujours sclérosée dans une politique fiscale d’équilibrage budgétaire et de renflouement des recettes. Pour preuve : La structure des recettes fiscales montre une concentration fiscale sur la TVA, l’IR et l’IS ; 50% des recettes des trois principaux impôts (TVA, l’IR et l’IS) sont issues uniquement de 140 entreprises, les recettes de l’impôt sur le revenu demeurent concentrées sur les salariés qui représentent la classe moyenne, soit une part de 73% de l’IR salarial contre 5% de l’IR professionnel. 80% des recettes de l’IS émanent de 1% des entreprises, alors que 50% de la TVA proviennent seulement de 150 entreprises ce qui atteste du fardeau de la pression fiscale sur les salariés et un nombre limité des firmes.

Le projet de loi-cadre relatif à la réforme des établissements et entreprises publics (EPP) ne s’inscrit-il pas dans la quête à l’amélioration des recettes de l’Etat ?

Le volontarisme économique n’exige-t-il pas un effort d’accompagnement à la demande (réforme de la TVA) et l’instauration d’une fiscalité active au niveau de l’offre ?

Cependant, la tendance actuelle dans la fiscalité déverse plutôt vers l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement du contrôle des dépenses fiscales comme en témoigne la volonté d’intégrer certaines professions libérales non imposables ou celles qui échappent au contrôle fiscal ; une situation qui traduit, nous semble-t-il, un tarissement des ressources de l’Etat qui recourt davantage à l’impôt sans innovation en matière de mobilisation des deniers de l’Etat, qui est la norme au niveau international et au niveau même de la Constitution de 2011.

Aussi,  dans le système fiscal actuel, certains secteurs continent de bénéficier des avantages fiscaux sans contrepartie, comme celui de l’immobilier et paradoxalement d’autres pâtissent de charges fiscales comme le tourisme grevé par 13 taxes et impôts. Aussi, le taux de l’IR atteint 38% et celui de l’IS 31% ce qui érode en conséquence le pouvoir d’achat et l’épargne des contribuables. 

Dans un tel contexte, la nouvelle réforme fiscale doit rectifier plusieurs dysfonctionnements au niveau du système fiscal, notamment en matière d’efficacité et d’équité ; des distorsions qui  brident la réalisation des ambitions du système fiscal et constituent une écluse à la redistribution du revenu, à l’amélioration de la capacité dudit système en termes d’inclusion sociale, car un système fiscal bien conçu n’est-il celui qui est capable de générer suffisamment des ressources intérieures au budget de l’Etat et de s’assurer de la durabilité des dépenses publiques sans créer des distorsions économiques ou de la richesse au sens de Laffer (1980) où « Trop d’impôt tue l’impôts » ?

La théorie économique ne stipule-t-elle pas que, la fiscalité ne cherche pas seulement à mobiliser des recettes intérieures, mais à remplir simultanément les trois fonctions de Musgrave (1959), à savoir : l’allocation, la distribution et la stabilisation ?

C’est un secret de polichinelle que depuis 1980, les pouvoirs publics marocains ne cessent d’entamer des réformes fiscales afin de conduire la politique fiscale vers une sphère équitable capable d’améliorer le tissu économique. L’objectif principal de ces réformes était d’évaser la base imposable dans le sens d’un recouvrement accru des recettes fiscales. Cependant, les résultats n’étaient pas probants.

Avec un budget foncièrement fiscal (80% des recettes fiscales), le système fiscal marocain souffre de certaines déficiences, principalement, le taux de la pression fiscale élevé qui pèse sur la classe moyenne et un nombre limité des entreprises marocaines. Ainsi, la hausse du taux d’imposition entrave les programmes d’action de l’Etat en matière de création d’emplois, de lutte contre les inégalités sociales et spatiales et d’amélioration de la cohésion sociale ce qui laisse augurer un sentiment d’injustice fiscale chez les contribuables dans la mesure où la relation de confiance entre l’administration fiscale et les contribuables assujetties est devenue équivoque.

Compte tenu de l’importance de la fiscalité comme levier de la dynamique économique et sociale, une apostrophe principale nous interpelle en guise d’épilogue : Dans quelle mesure pouvons-nous orienter le système fiscal Marocain vers une meilleure mobilisation des recettes fiscales, sans adultérer le principe de l’équité fiscale, car les effets de la fiscalité deviennent néfastes dans la mesure où ils créent des distorsions économiques et conduisent les contribuables vers un comportement de l’incivisme fiscal, la fraude et l’évasion fiscale et font naître des comportements indésirables principalement la corruption?

La volonté des sociétés à payer volontairement leurs impôts dépend de la perception selon laquelle les institutions Gouvernementales sont honnêtes, réactives, proactives et capables de créer un régime démocratique et d’un État de droit.

Dans une démocratie, les citoyens expriment leur confiance dans l’Etat en payant des impôts et ce dernier rétribue cette confiance par une politique de dépenses judicieuses. La réforme fiscale peut et doit aider à renforcer l’efficacité, l’équité  la légitimité et contribuer, de facto, à la démocratie.  

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L’Argent ne dort jamais ou le Boom des Fusions&Acquisitions au temps du Covid-19

by Mustapha Maghriti 29 juin 2021
written by Mustapha Maghriti

L’argent ne dort jamais, le titre semble dévier  l’imaginaire des cinéphiles vers le film culte “Wall Street: Money Never Sleeps” d’Oliver Stone incarné magistralement par le trio Michael Douglas, Shia LaBeouf et Josh Brolin. Il n’en est rien, il s’agit des grandes opérations jamais réalisées en bourse aux USA et en Europe par les gourous de la finance. En effet, en raison de la crise sanitaire du coronavirus et au moment où le monde dissèque et disserte de la chlorose de la croissance économique et de la panne de la globalisation économique, les dynamiques de fusions acquisitions Internationales ne cessent de proliférer et les concentrations économiques n’ont jamais été aussi importantes.

Pièce à conviction en est, jamais les appétits d’acquisition insatiables n’auront été aussi enflammés qu’en début 2021, alors que se pointent les premiers signes de sortie de la crise pandémique : Plus de 1.770 Milliards de dollars de deals ont été signés dans le monde entre début janvier et fin avril 2021, en atteste l’agrégateur de données financières Refinitiv. Un record, proche de ceux de 2007, qui correspond à une hausse de 124 % en un an. Une frénésie d’achats tirée par les USA (plus de 1.000 Milliards de dollars), ou le mariage de deux géants dans l’automobile entre PSA et Fiat Chrysler, dans le ferroviaire avec Alstom et Bombardier.

Au niveau de la structure des F&A, c’est l’industrie IT qui a le vent en poupe malgré la crise sanitaire. Les transactions mondiales ont totalisé la somme de 243,37 milliards de dollars au 4e trimestre 2020 d’après GlobalData, soit une augmentation de 12,5% par rapport au trimestre précédent.

Dans la répartition entre les différentes régions du monde, l’Amérique du Nord est en tête avec un total des transactions annoncées au cours de la période s’élevant à 121,92 milliards de dollars.

L’Europe, qui occupe la seconde place du classement (suivant la valeur des transactions), voit l’ensemble de ses transactions s’élever à 85,61 milliards de dollars, suivi par l’Asie Pacifique qui comptabilise un total de 31,41 milliards de dollars de transactions.

Selon le rapport de GlobalData, le premier pays en termes d’activité de fusions et acquisitions au quatrième trimestre 2020 était les États-Unis avec 680 transactions, suivis du Royaume-Uni avec 159 et de la Chine avec 115. A noter que les États-Unis arrivent en tête de liste en termes de valeur de transactions à 117,97 milliards de dollars soit plus de 96% du montant total de la région Amérique du Nord.

Aussi, cette tendance ne se cantonne pas au seul créneau de la communication et de l’IT ; on la retrouve dans d’autres niches économiques dont l’industrie automobile, l’industrie pharmaceutique, ou l’industrie agroalimentaire. Cette dynamique nourrit une course au gigantisme et à l’acromégalie en dépit d’un climat tumultueux de la croissance économique.

Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement de fusion & acquisition au sein de l’économie globale : 

-Le premier est d’ordre économique et constitue une réplique rationnelle aux grands groupes économiques et financiers et à la faible croissance via un accroissement de leurs parts de marché, 

-Le second facteur est d’ordre technologique et explique également ces rapprochements avec de grands groupes traditionnels qui prennent le contrôle des start-up dans les nouvelles technologies, 

-Le troisième est d’ordre politique où derrière cette course aux fusions de la part des géants mondiaux qui s’inquiètent de l’insatiabilité des mastodontes financiers chinois qui arrivent sur les grands marchés avec une force de frappe financière sans égal et parviennent à prendre le contrôle de quelques fleurons de l’industrie européenne ou américaine,

-Le quatrième est d’ordre fiscal : Les fusions-acquisitions internationales enregistrées, sont imputables à des reconfigurations d’entreprises, notamment à des transferts de domiciliation fiscale.

Ce phénomène a été singulièrement manifeste aux États-Unis et en Europe, où plusieurs entreprises multinationales ont conclu des mégatransactions pour transférer leur domicile fiscal dans des pays où l’impôt sur les sociétés est plus faible et où les bénéfices mondiaux ne sont pas imposés.
Cette omnium au gigantisme distille et secrète une véritable rivalité sur un marché relativement limité provoquant une surenchère sans précédent sur les débouchés économiques et financiers. Ainsi, les sommes déboursées par les grands groupes sont estimées entre 20 et 40% supérieures à la valorisation des entreprises achetées. 
En sus, dans moult cas, les fondamentaux ne sont guère respectés et les retours sur investissements restent visiblement en deça des moyennes exigées pour ce type d’investissement.il s’agit tout compte fait d’une concentration économique de nature particulière qui s’inscrit dans une stratégie défensive dont le dessein est de faire face à une croissance des débouchés et ce à travers une augmentation des parts des marchés.

Faut-il souligner que le souci financier est loin d’être la première préoccupation dans cette course au gigantisme mais il s’agit plutôt de cimenter et resserrer les positions et les parts de marché des grands groupes traditionnels, particulièrement dans un contexte jalonné par l’appétit des groupes asiatiques et surtout chinois.

Cette stratégie de fusions & acquisition est d’autant plus lubrifiée par des mécanismes et des conditions de financement laxistes : Le boom d’acquisition des années 2000 a été financée par les fonds de private equipty et les LBO qui répondent bien à un modèle de financement très particulier où l’exigence d’un très bon retour sur investissement est essentielle. Or, cette nouvelle vague bénéficie des politiques monétaires expansionnistes et des taux d’intérêt bas qui prévalaient dans la plupart des pays développés permettant par là aux grands groupes de franchir le rubicon et d’opérer leurs investissements en escomptant que l’effet taille contribue à l’amélioration de la rentabilité de ces investissements.

Tout compte fait, en dépit d’un contexte économique fébrile et d’une croissance atone marquée par la pandémie du Covid-19, les grands groupes continuent à foisonner et font de la course au gigantisme le moyen de renflouer leur rentabilité et de préserver leurs parts de marché. Toutefois, cette effervescence et cette forte concentration du pouvoir économique motionne au plus haut point les responsables politiques. Les dirigeants Américains n’ont-ils pas appelé les régulateurs à observer attentivement ces évolutions et à mettre les réglementations nécessaires à même d’éviter la formation de monopoles qui seront à l’origine de dysfonctionnements de marché qui peuvent avoir des effets pervers sur les consommateurs ?

Ainsi, au moment où la croissance est morose, les inégalités à leur apogée suscitant lassitude et désespoir, les mastodontes et financiers continuent leur quête d’expansion. De telles attitudes n’appellent-ils pas les pouvoirs démocratiques à une plus grande vigilance afin que la liberté économique ne détruise pas les deux autres piliers des sociétés démocratiques : la justice et l’équité ?



29 juin 2021 0 comment
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Baccalauréat au Maroc au temps du Covid-19 et l’énigme des Mentions !!!

by Mustapha Maghriti 23 juin 2021
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier, Dimanche 20 Juin 2021 était le jour qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat, Ils étaient  221.031 candidats et candidates scolarisés de l’enseignement public et privé à avoir décroché le précieux titre du baccalauréat pour cette année 2021, soit 68,43%, (une évolution de 3 points par rapport à 2020) qui leur ouvrira le sésame des universités et des grandes écoles.

Des Epreuves, faut-il souligner, se sont déroulées dans un contexte tumultueux marqué par la crise sanitaire de la pandémie du Covid-19 avec le protocole du port du masque et gestes barrières durant les examens.

IL y a dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 
En termes d’évolution, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a escaladé, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a grimpé de 28 points et de 17 points en deux ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

116.518 candidats scolarisés ont obtenu leur bac avec mention, soit 52,72 % de l’ensemble des bacheliers.

La meilleure moyenne au niveau national, soit 19,53/20, a été obtenue au niveau de l’Académie régionale d’éducation et de formation de Marrakech-Safi, dans la branche des sciences physiques, section française selon les chiffres officiels du ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique-département de l’Éducation nationale. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions bien et très bien soient distribuées à discrétion ? 

Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés?

Serait-ce assignable à un système de notation courtisan ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser moult apostrophes. 
Le système éducatif marocain que tous les rapports mondiaux issus d’organisations internationales pointent du doigt en l’affublant de toutes les épithètes péjoratives ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cet “ouragan” des mentions dont s’adjugent 52,72 % des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 et qui frôle le 20 au bac sont servies à profusion et à volonté. 

Devant ce pullulement des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

Si jadis, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 

Le mystère  et l’occulte sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes et des investigations rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions !!!

23 juin 2021 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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