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Mustapha Maghriti
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Après 37 années, la nécessité d’une intégration Maghrébine -UMA- dans une géopolitique protectionniste et multipolaire

by Mustapha Maghriti 19 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Avant-hier 17 Février 2026 aurait pu être une journée commémorative et pleine de festivités. Mais elle ne l’était pas. Ce n’était pas la date de mon anniversaire ou la date de l’indépendance de mon pays, mais la date de la constitution de l’Union du Maghreb Arabe UMA. En effet,  c’est comme ce jour du 17 Février 1989, soit 37 années que fut l’édification de l’Union du Maghreb Arabe UMA suite à un traité scellé par les 5 pays membres (Algérie, Lybie, Maroc, Mauritanie et Tunisie)  pour réaliser la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux entre les Etats membres, l’adoption d’une politique commune dans tous les domaines en mettant en évidence ‘la stratégie Maghrébine pour le développement commun.

Depuis cette date, de profondes métamorphoses géopolitiques mondiales se sont opérées sur l’arène internationale (chute du mur de Berlin, effondrement du bloc Soviétique Communiste, mondialisation…..Etc.). Ainsi au regard de la globalisation marquée par une libéralisation commerciale à outrance, 5 pays avec plus de 120 Millions d’habitants ayant la même histoire, la même langue, la même religion, des richesses naturelles et humaines importantes, et une complémentarité confirmée, et pourtant c’est l’une des régions les moins intégrées du monde en termes d’échanges intra-régionaux à l’échelle mondiale où le commerce global intra-maghrébin se limite à moins de 5% alors que la part du commerce intrarégional atteint 16% environ en Afrique, 19 % en Amérique latine, 51 % en Asie, 54 % en Amérique du Nord et 70% en Europe. Les échanges entre les pays de l’Union du Maghreb Arabe UMA ne dépassaient guère les 3,1% des exportations globales de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

Le commerce intra-Maghrébin demeurait encore chétif par rapport aux échanges des pays de l’UMA avec l’Union Européenne. En moyenne, les pays de la région exportaient près de 70 fois plus vers l’Union Européenne que vers le Maghreb. De ce fait, le gros des échanges du Maghreb s’effectue avec l’Europe, pour des raisons qui tiennent à la fois aux liens historiques, à la nature des produits échangés et, plus récemment, aux efforts déployés par chacun des pays pour libéraliser ses échanges avec l’Europe.

L’orientation traditionnelle des échanges vers l’Europe, les efforts récents de diversification en direction de l’Afrique subsaharienne et, plus récemment, l’émergence de la Chine comme marché d’exportation ont, nous semble-t-il, détourné l’attention des pays du Maghreb de l’intégration intra-régionale. Des facteurs géopolitiques ont freiné l’intégration Maghrébine. Les causes profondes des tensions sont complexes et varient d’un pays à l’autre. L’UMA est inopérante depuis des années du fait de désaccords entre ses pays membres, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Les menaces terroristes ont aussi provoqué un durcissement des contrôles frontaliers. La frontière longue de quelque 1.600 kilomètres qui sépare l’Algérie du Maroc est fermée depuis 1994.

Face à cette situation, le Souverain Marocain, dans son discours Royal au 3ème Sommet Arabe de développement économique et social à Ryad, en Arabie Saoudite, n’a-t-il pas regretté le statu quo au Maghreb en soulignant que « nous ne pouvons que regretter à nouveau de voir que l’Union Maghrébine ne s’acquitte pas de son rôle naturel qui lui incombe de promouvoir un développement commun des Etats maghrébins, notamment en garantissant la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services »

L’intégration de l’Union du Maghreb Arabe est devenue une nécessité économique incontournable, vu la concurrence et la rivalité féroce que se livrent les différents blocs régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE…..). En effet, compte tenu des défis occasionnés par les échéances charnières auxquelles les économies Maghrébines devraient faire face, le coût du non-Maghreb s’avère insoutenable pour les économies de la région. Ainsi, de par son rôle de moteur de croissance et d’intensification des échanges commerciaux entre pays de la région, l’intégration Maghrébine pourrait constituer un facteur d’appui pour une insertion plus efficiente des pays membres à l’économie mondiale.

La singularité de la région Maghrébine est qu’elle s’insère dans la continuité du courant libre échangiste qui devrait relier progressivement les deux rives de la Méditerranée, au même titre que celui impliquant les pays de la déclaration d’Agadir auquel l’Algérie ne fait pas partie. Ainsi, au-delà de la discontinuité géographique qui en découle, une relance du projet d’intégration Maghrébine serait propice pour redimensionner la libéralisation commerciale entre les pays de l’Accord d’Agadir.

L’intégration Maghrébine permettrait de créer des chaînes de valeurs régionales et de mieux les intégrer dans l’échiquier des chaînes de valeur mondiales. Pour le Maghreb, la mise en place d’un ensemble de règles communes en matière de commerce et d’investissement offrirait un meilleur environnement non seulement aux investisseurs intéressés par le marché intérieur de la région, mais aussi à ceux qui souhaitent exporter leur production vers les marchés voisins, tels que l’Union Européenne.

Par ailleurs, elle aiderait les entreprises locales à mieux s’intégrer dans les chaînes de production mondiales, en assurant la libre circulation des pièces et composants chez les partenaires régionaux et entre eux. Ce n’est que par une plus grande intégration que le Maghreb pourrait atteindre la taille nécessaire pour attirer des IDE à la recherche de marchés durables. En outre, les chaînes de valeur mondiales peuvent également servir de circuits de diffusion du savoir, tant à partir des pays avancés qu’entre ceux du Maghreb, de la même manière que les circuits traditionnels du commerce et de l’investissement. Le Maghreb pourrait devenir une plaque tournante du commerce et des investissements entre l’Afrique subsaharienne et l’UE.

Lors des travaux de la conférence sur l’intégration économique maghrébine à Nouakchott, Christine Lagarde, Ex-directrice générale du FMI, soulignait « qu’une meilleure intégration permettra de développer plus de croissance, d’avoir une capacité d’offre mieux coordonnée, en particulier pour les investissements directs étrangers et permettra de se concentrer de manière stratégique sur les secteurs créateurs d’emplois »

Face aux risques liés au retour au protectionnisme à l’échelle mondiale, à l’instabilité des marchés financiers et à la turbulence géopolitique que connaissent la donne mondiale, la Coopération Maghrébine s’avère incontournable. Et pour s’intégrer, les pays de l’UMA devraient s’appuyer sur la dynamique impulsée par la crue actuelle de l’économie internationale, des échanges commerciaux et de l’investissement. Un renforcement de la demande provenant de leurs partenaires commerciaux générerait un surplus de recettes douanières. Une plus grande libéralisation des mouvements de capitaux entre les pays de l’UMA permettrait de développer les investissements directs étrangers IDE.

Aussi, pour cueillir les dividendes de la reprise mondiale et limiter les contrecoups négatifs des agitations commerciales internationales actuelles, les pays de l’UMA devraient collaborer sur le commerce dans la région et sur le système multilatéral plus vaste étayé sur des règles.

Dans cet environnement extérieur relativement favorable mais vulnérable et tendu, l’apostrophe importante qui interpelle les décideurs Maghrébins est de savoir comment faire de l’UMA un moyen d’action supplémentaire pour sécréter une dynamique économique porteuse de croissance, de production, d’investissement et d’emploi.

Un Co-développement Maghrébin et un partenariat économique et financier ne sont-ils pas d’une nécessité impérieuse pour porter une réplique à une géopolitique mondiale fragmentée en ce en négociant l’accord régional Maghrébin, en coordonnant les mesures, en libéralisant les marchés et en améliorant le climat de l’investissement et des affaires économiques internationales, et en échafaudant des solutions efficaces adaptées à chaque pays de l’UMA et pour créer des avantages comparatifs dans de nouveaux domaines.

Cette question est d’autant plus d’actualité que les nouveaux moteurs de la croissance à l’exemple de l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables seront d’une grande aubaine aux économies Maghrébins pour propulser une croissance économique, garantir le basculement vers des modèles économiques inclusifs et durables, se greffer sur les standards économiques internationaux et s’atteler sur la dynamique économique mondiale.

En 2020, la précarité du Covid-19 n’a-t-elle pas révélée que nous Marocains, Maghrébins, Européens et Sud-méditerranéens, nous sommes réunis par le même destin ? L’UMA ne doit-elle pas tirer les leçons de la crise sanitaire, économique et sociale causée par la Covid-19, et ce à travers la réduction de sa dépendance au niveau des chaines de valeur mondiales avec le lointain (la chine, l’Inde……) et créer des interdépendances solides avec sa proximité Maghrébine ?

Aussi, la géopolitique mondiale actuelle fissurée et fragmentée, ne doit-elle pas nous amener et nous animer à prendre conscience de la valeur inestimable du voisinage Maghrébin comme un bien commun, à ouvrir nos frontières, créer les socles et les piédestaux de réconciliation et de rapprochement, pour boiser et blinder nos positions de négociation dans la gestion de la nouvelle géostratégie ?

L’Union Européenne ne doit-elle promouvoir la relocalisation des activités industrielles pour les incorporer dans un maillage régional Maghrébin permettant, de donner à l’uma une certaine centralité en tant qu’espace géopolitique Africain pour mieux négocier sa position dans les chaines de valeur mondiales et démontrer sa capacité à maîtriser ses rapports avec toutes les grandes puissances et à bâtir, dans la cadre de la multipolarité future et dans une approche de régionalisation avec l’Europe voisine, une zone de coproduction.

En guise de conclusion, le partenariat Maghrébin doit être considéré comme une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes et ce en aplanissant les divergences, en restant unis, pour façonner une région capable de tirer le meilleur parti de son énorme potentiel et qui contribue à la paix et à la sécurité mondiales.

 Le Souverain, dans son discours Royale  du 31 juillet 2021, ne s’attacha-t-il pas à poursuivre ses efforts sincères et louables pour cimenter la sécurité et la stabilité dans son environnement africain et euro-méditerranéen, et plus singulièrement dans son voisinage Maghrébin et où il déplore la nature prochronique et désuète des éréthismes actuels, en singulier l’enclos des frontières entre nos deux jumeaux pour reprendre l’expression du Souverain Marocain. Une muraille héritée du passé et qui n’a plus lieu d’être eu égard à l’interdépendance et la complémentarité irrécusable entre nos deux pays autant au niveau historique et civilisationnel qu’au niveau économique, stratégique et géopolitique pour toute la région que ce soit la coopération verticale Nord/Sud (la méditerrané et l’Europe) ou les échanges horizontaux Sud/Sud avec le reste de l’Afrique. 

La seule alternative viable pour le pouvoir Algérien serait donc de serrer une fois pour toutes la main qui lui est tendue par le Maroc, et de contribuer activement à jeter les jalons d’un nouveau pacte de développement, de stabilité régionale fertile et propice à la géopolitique Maghrébine évoluant dans son environnement régional et international, qui en plus de profiter irrémédiablement à peuples Maghrébins, mettra fin à la déperdition des points de croissance, desserrera l’étau de la contrainte de la dépendance structurelle à l’égard de l’Europe et renforcera la stabilité dans la région au détriment des ingérences étrangères dont les agendas vont à l’encontre de nos intérêts les plus vitaux, malgré le caractère fallacieux et mielleux de leurs discours officiels.

Avec une telle nouvelle reconfiguration géopolitique Maghrébine et pour d’évidentes raisons géostratégiques, les puissances mondiales, l’ensemble des acteurs régionaux et extra-régionaux ne se trouveraient pas dans l’obligation de prendre en considération un rapport de force régional entièrement nouveau ?

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Saint-Valentin et la Galanterie au 21éme siècle : Un comportement sexy ou une attitude sexiste?

by Mustapha Maghriti 14 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Sauf au fameux jour de Saint-Valentin avec son cortège de roses, de cadeaux, de lettres parfumées, la Galanterie, hélas, devient de plus en plus rare : Où est cette attitude à prononcer « Lady is first » à la femme sur le seuil d’une porte ? Où est cette gentillesse masculine à lui céder sa place dans les transports en commun sans se sentir avilies ? Où sont ces mecs qui invitent leurs femmes au restaurant en tirant légèrement le siège pour les inviter à s’asseoir, ou à  leur ouvrir la portière de la voiture? Où est cette délicatesse à être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération.

L’origine du mot viendrait tout d’abord de l’ancien français Gale, désignant la réjouissance, le plaisir et l’amusement. Il est bien connu que la Cour de Louis XIII et celle de Louis XIV passaient beaucoup de temps à se divertir grâce à toute sorte de jeux, de loisirs et aimaient les grandes fêtes fastueuses et frivoles. Ainsi la galanterie s’établit dans ce contexte de jeu spirituel, de divertissements mondains de l’esprit pour devenir une esthétique à part entière. En assimilant le public mondain au premier sens du terme Gale, l’adjectif « galant » est de plus venu qualifier des personnes honnêtes, de bonne grâce, qui ont des manières agréables, de l’esprit, du jugement, de la civilité, de la gaieté, et qui s’évertuent à plaire.


Comme disait Honoré de Balzac dans la comédie humaine, le caractère de notre temps, a altéré la Galanterie ; le mot « galant » disparaît ; la courtoisie à la femme fait de plus en plus cruellement défaut ; la galanterie est reléguée au rang des accessoires, avec la phallocratie et le sexisme qui prévalent. Pour preuve, selon des sondages, toutes les 7 minutes, 1 femme est violée en France !

La Galanterie consiste, à titre illustratif, à laisser la priorité à la femme sur le seuil d’une porte, à lui céder sa place dans les transports en commun ou à l’aider à porter ses bagages. Plus généralement, il s’agit d’être prévenant et attentionné à l’égard des femmes et de leur témoigner du respect et de la considération ». La Galanterie serait donc une séduction  » Soft » des hommes envers les femmes consistant à témoigner à ces dernières un respect, des attentions et des égards particuliers. La galanterie concerne parfois des agents extérieurs à la relation entre individus de sexes opposés. Par exemple, lors du service d’un repas, le serveur ou la serveuse considérera que les hommes sont galants et accordera la priorité de son service aux femmes.

Que penser de la Galanterie à travers le baisemain qui fut pendant des lustres comme un élément sublime de la civilisation occidentale, un symbole de l’élégance ? Est-elle autre chose qu’un comportement phallocentrique et macho destiné à bisser aux femmes qu’elles sont congénitalement faibles qui les empêche aussi bien d’ouvrir aisément les portes que de porter seules leurs valises. Sous cet angle, Simone de Beauvoir, figure emblématique du féminisme français du XXe siècle, dans son ouvrage « Le Deuxième Sexe » n’a-t-elle pas écrit à propos de la galanterie qu’elle est une contrepartie héritée des sociétés patriarcales visant à maintenir la femme dans son état d’asservissement ?

Quelles sont les frontières entre la galanterie, la séduction et le harcèlement ?  On pense que la Galanterie, expression d’affabilité, est une révérence à la femme, une escorte à sa faillibilité, une forme d’hommage à une mère, une manière de bienséance à une sœur, une manière de préséance à sa femme.

La Galanterie, c’est la Class, la Galanterie est romanesque et chevaleresque, c’est une touche auguste et noble. C’est l’ex-voto de la féminité, c’est l’expression même de la virilité et le symbole de la masculinité : C’est en cela que la galanterie est plus sexy que sexiste. Les hommes galants sont toujours ces hommes qui estiment les Femmes. 

A notre sens, la Galanterie, c’est l’exact contraire de l’impolitesse, de l’impudence, des gestes inconvenants dont se plaignent nombre de femmes à l’époque actuelle, quand, dans la rue, elles sont confrontées aux sifflements et chuintements. Dans les bus et les tramways, elles sont accolées aux attouchements et au frotteurisme et à autres comportements aborigène et primitifs.

Contrairement, à la Galanterie qui apparaît aujourd’hui dans les sociétés modernes, comme un objet archéologique, l’islam, depuis plus de 14 siècle, accorda une grande considération à la femme, expression d’une déférence de l’homme envers la femme. A cet égard, ne doit-on pas interroger ces interpellations qui montrent les valeurs de la Femme à travers notre culte ?

Pour pièce à conviction, le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous ne recommande-t-il pas la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles ?

Quel était la dernière déclaration du Prophète avant de rendre l’âme ? Le dernier appel du Prophète que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI a dit un Hadith rapporté par Boukhâry et Mouslim “Veuillez du bien aux femmes. Elles ont été créées d’une côte et la côte la plus tordue est celle de la partie supérieure. Si tu cherchais à la redresser, tu la briserais, mais si tu la laissais ainsi, elle resterait tordue, je vous enjoins donc d’être bons avec les femmes.” 

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI ne les fait-il pas ressembler à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités ? Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : « Je vous conseille la bonté envers les Femmes. » 

En outre, sur qui le prophète SIDNA MOHAMMED que la prière d’ALLAH et Son salut soient sur LUI s’est rendu l’âme ? N’est ce pas sur les pieds d’une Femme, en l’occurrence sur les saints pieds d’Oummouna AICHA. 

Je ne crois pas que l’égalité que cherche la femme, soit au Maroc ou sur d’autres cieux, doit se conquérir au préjudice de l’élégance, de la politesse et des règles de bienséance qui rendent la vie en société plus agréable.

La Galanterie doit être vécue comme une forme de respect et de profonde politesse en réinventant le savoir-vivre et de douceur des relations entre hommes et femmes tout en évitant tout amalgame entre galanterie, séduction et harcèlement.

Au lieu de  garder au frigo son feeling et ses sentiments jusqu’au jour du 14 Février de chaque année, les hommes ne doivent-ils pas rendre everday Saint-Valentin day, envers leurs femmes?

Les Femmes avec un grand F MAJUSCULE, dans leur diversité, relèvent de grands défis, quotidiennement sans attendre une fleur rouge d’une journée éphémère de Saint-Valentin ou encore de ce jour Onusien épisodique du 8 Mars pour se remettre en selle ; elles n’attendent pas ces jours momentanés pour se battre pour leur sacerdoce et leur mission noble.

Guillaume Apollinaire , n’a-t-il pas dit, in fine, dans les Trois Don Juan, qu’un homme bien né se reconnaît à deux qualités : la Galanterie et la bravoure ? 

Très loin de tout abus, très loin de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, il est un devoir de remmailler les préceptes de l’Islam, colmater les concepts coraniques et de la Sunna aux femmes de toutes les classes sociales, en vue de reformater un subconscient humain gravitant dans l’orbite des valeurs de la familiarité, de l’attachement et la dévotion.

Le Prophète, paix et bénédiction sur LUI, dans son dernier message avant de rendre sa sainte âme, nous recommande, la piété envers les femmes et la nécessité de se montrer affectueux, affectif et affable avec elles, pour preuve, il les fait comparer à des amphores pour exprimer leurs fragilités et leurs sensibilités. Parmi ses dernières paroles avant de rendre sa Sainte âme : ” Je vous conseille la bonté envers les Femmes”.

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L’accord de libre-échange Union Européenne -Inde : les raisons de la signature d’un pacte ambitieux

by Mustapha Maghriti 12 février 2026
written by Mustapha Maghriti

L’Inde et l’Union européenne (UE) ont officialisé Mardi 27 Janvier 2026, au cœur de la capitale Indienne, New Delhi la conclusion d’un ambitieux accord de libre-échange qui, au terme de 20 ans de négociations, va créer une zone de libre-échange de 2 Milliards de consommateurs. Ce pacte a été paraphé en présence du Premier Ministre Indien Narendra Modi, de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil Européen Antonio Costa.

Ces deux mastodontes représentent désormais 25 % du PIB mondial et un 1/3 du commerce international. Cet accord est d’autant plus capital qu’il rassérène les 800.000 emplois Européens déjà soutenus par les exportations vers l’Inde.

Le contrat repose sur une baisse drastique des barrières tarifaires imposées par l’Inde. A titre illustratif, à terme, les droits de douane sur plus de 90 % des exportations de marchandises de l’UE seront éliminés ou réduits, permettant aux entreprises Européennes d’économiser jusqu’à 4 Milliards d’euros de taxes par an.

Les secteurs de l’aéronautique, de la chimie et de la fabrication d’équipements médicaux voient leurs droits de douane disparaître totalement. L’industrie automobile, fleuron de l’économie Européenne, bénéficie d’une percée majeure avec des taxes qui s’effondrent de 110 % à seulement 10 % pour un volume annuel de 250 000 véhicules.

Le secteur des vins et spiritueux, particulièrement important pour la France, profite d’une réduction tarifaire spectaculaire. Ainsi, les droits de douane sur les vins passent de 150 % à 20% pour la gamme premium et 30 % pour la gamme intermédiaire, tandis que les spiritueux tombent à 40 %. Par ailleurs, de nombreux produits de consommation courante comme le chocolat, les pâtes ou l’huile d’olive sont désormais totalement exemptés de taxes.

La Commission Européenne estime que l’accord de libre-échange devrait doubler les exportations de marchandises vers l’Inde d’ici 2032. Au-delà des marchandises, le protocole ouvre largement le marché des services. Les prestataires Européens bénéficient d’un accès privilégié dans des secteurs clés tels que les services financiers et les services maritimes.

En contreparties de ce pacte, l’Inde obtient des avantages substantiels pour son industrie avec une quote-part d’exportation d’acier sans taxes fixé à 1,6 Million de tonnes par an. Au-delà des marchandises, la convention inclut un volet humain essentiel qui facilite l’accès au territoire Européen pour les étudiants, les chercheurs et les travailleurs qualifiés Indiens.

Le convenant renforce également la protection de la propriété intellectuelle Européenne (marques, dessins, secrets commerciaux) et prévoit un chapitre dédié aux PME pour les aider à naviguer sur le marché Indien via des points de contact spécifiques. Enfin, ce partenariat s’étend à la défense et à la sécurité, marquant la volonté des deux puissances de diversifier leurs sources d’approvisionnement militaire et technologique.

Derrière ce gigantesque pacte se profile plusieurs raisons économiques, commerciales et géopolitiques :

– Primo, cette initiative intervient dans un contexte de discordes géopolitiques mondiales. Il permettra à l’Union Européenne et à l’Inde de jalonner une voie de self-government au regard de l’impondérabilité de la politique étrangère Américaine de Donald.Trump.

Aussi, pour éluder que des pays tiers n’utilisent l’Inde comme plateforme de réexportation vers l’Europe, des clauses d’origine draconiennes ont été définies : seuls les produits ayant subi une transformation significative dans l’un des deux blocs bénéficient des réductions de taxes.

– Secundo, cette alliance vise à réduire la dépendance commerciale envers Pékin. Pour l’Europe, ce traité constitue une étape clé de réduction de risque visant à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, alors qu’en 2025, plus de 23 % des biens importés dans l’UE provenaient encore de la Chine. De son côté, l’Inde cherche à contrer la prééminence Chinoise dans le commerce mondial, qui représente 18 % de ses propres importations. Ce rapprochement stratégique permet à New Delhi d’accéder aux technologies et aux investissements nécessaires pour moderniser son industrie via le programme Make in India.

– Tertio, ce partenariat répond à une résurgence de l’Union européenne sur l’échiquier des relations économiques internationales. En effet, depuis 2018, l’UE a subi une érosion de ses parts de marché dans le monde, chutant de 18 % à environ 15 % en 2025. Face à ce déclin, l’accès au marché Indien devient une priorité vitale : Avec une croissance de 8,2 %, l’Inde offre le relais de croissance indispensable à l’Europe pour compenser sa perte de vitesse sur ses marchés traditionnels. D’ailleurs, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait prendre cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les États-Unis, la Chine et l’Allemagne.

A titre d’exemple, la France se trouve en première ligne pour récolter les fruits de ce traité grâce à ses secteurs de pointe, notamment l’aéronautique, le luxe et l’agroalimentaire. Pour les vins et spiritueux, la chute des taxes de 150 % à 20 % représente une opportunité stratégique de pénétration du marché, offrant une alternative vitale aux débouchés Américain et Chinois sous pression. Ce pivot commercial est d’autant plus nécessaire que l’Inde ne représentait jusqu’alors que 2 % des exportations européennes.

Historiquement, l’Inde a longtemps fait preuve d’une certaine circonspection vis-à-vis du commerce mondial. Elle a pratiqué, bien avant D.Trump, une politique de droits de douane élevés : 18 % de taxes en moyenne applicable aux marchandises originaires de pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2021, rendant son marché intérieur relativement difficile d’accès. Son retrait du commerce mondial a été marqué entre 2014 et 2020.

Toutefois, cette ouverture n’est pas sans contreparties,  l’UE a exclu les secteurs ultra-sensibles comme le bœuf, le riz ou le sucre. Cette prudence garantit une protection aux éleveurs français face à une agriculture Indienne qui emploie encore 45 % de sa main-d’œuvre et dont les coûts de production sont nettement inférieurs.

Outre le seul domaine commercial et dans un monde de moins en moins sûr, les deux blocs ont étendu leur partenariat en matière de défense et de sécurité en réduisant leur dépendance stratégique à un moment où l’arme commerciale est de plus en plus utilisée.

– Quarto, à partir de 2014, le Gouvernement Indien a mis en place des programmes, comme le Make in India, visant à attirer les investissements directs étrangers (IDE). Dans cet objectif, le Gouvernement a mis en place des politiques de levée des restrictions sur les IDE, de facilitation administrative à l’investissement. Aussi, l’Inde a un besoin aigu de développer son secteur manufacturier pour ne pas voir son dividende démographique lui échapper, et être en mesure de créer des emplois à un rythme aussi soutenu que la croissance de sa population active. A ce titre, le gigantesque marché Indien permettre aux entreprises issues de l’UE de délocaliser leurs unités productives sur le site Indien.

– Quanto, L’UE représente un partenaire commercial incontournable pour l’Inde. C’est son deuxième fournisseur, juste derrière la Chine et devant les États-Unis. Entre 2011 et 2025, les importations Indiennes émanant de l’UE sont restées stables, oscillant entre 10 % et 12 %, dépassant systématiquement celle des États-Unis, soit 8 à 9 % sur les cinq dernières années.

Parmi les produits les plus exportés par l’UE et les États-Unis vers l’Inde, des produits métalliques à recycler – fer, acier, aluminium -, des avions et des pièces détachées, ou encore des gammes de médicaments. L’UE se distingue des États-Unis par ses exportations de machines-outils, d’appareils de mesure, de véhicules de tourisme et de produits chimiques. S’ajoute, la plus grande diversité des exportations Européennes comparativement aux exportations Américaines. Les 25 produits européens les plus exportés vers l’Inde représentent 1/3 de ses exportations totales. Ainsi, avec cette polarisation commerciale, l’accord avec l’UE diffusera des économies d’échelle à travers une baisse des coûts et des prix au profit de l’économie Indienne.

– Sexto, depuis la fin de la décennie 2010, l’UE a vu s’éroder ses parts de marché dans le monde, en particulier dans les pays en développement où cette perte concerne la majorité de ses produits, au profit principalement de la Chine. Même les 100 produits les plus exportés par l’UE vers le reste du monde – avions, véhicules de tourisme haut de gamme, boîtes de vitesse, turboréacteurs, certains médicaments et vaccins, ou encore articles de parfumerie – ont subi une baisse de leurs parts de marché. Ainsi, ce pacte commercial permettra à l’UE de réactiver son commerce sur l’échiquier mondial en compensant l’érosion de ses parts de marché depuis 2010

En somme, cet accord commercial de l’INDE-UE s’inscrit dans une vision stratégique de long terme, dont l’accélération a été catalysée par les dynamiques de recomposition de commerce  mondial. D’un point de vue géopolitique, ce raccommodement s’inscrit dans une stratégie de diversification des chaînes d’approvisionnement permettant à l’UE et l’Inde de réduire les dépendances vis-à-vis de la Chine. Aussi, ce rapprochement se veut une réplique à l’administration Trump, dont l’Inde et l’UE subissent les contrecoups d’une politique commerciale agressive et une remise en cause unilatérale des équilibres commerciaux.

En signant cet accord de libre-échange, dans ce contexte géopolitique tumultueux, l’Inde comme l’UE entendent tracer un sentier souverain. C’est aussi la voie vers une prospérité partagée selon les dires du Premier Ministre Indien Narendra Modi où l’UE profitera de l’’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec ses 1,5 Milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2 % en glissement annuel au dernier trimestre. En contrepartie, l’Inde attend une hausse de ses exportations dans de nombreux secteurs, dont le textile, les pierres précieuses, la joaillerie, le cuir et les services. Aussi, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et des investissements dont elle a un besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.

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ADIEU « YA DAK L’INSANNE », ADIEU Abdelhadi Belkhayat

by Mustapha Maghriti 1 février 2026
written by Mustapha Maghriti

Ce n’est un secret pour personne que non seulement le monde de l’art Marocain est en deuil, mais aussi tout le Maroc, la Grande émotion du décès du grand artiste Abdelhadi Belkhayat s’est éteint ce Vendredi 30 Janvier 2026 à l’hôpital militaire de Rabat, où il a été hospitalisé à l’hôpital militaire il y a quelques semaines suite à un léger malaise après un séjour en Mauritanie.

Sa voix a accompagné des générations entières, bercé les joies, et transmis une certaine idée de la beauté et de la sagesse.

La scène Marocaine a perdu une icône de la chanson Marocaine et l’une de ses voix éternelles qui a profondément jalonné la scène artistique Marocaine par des œuvres raffinées et des paroles sincères, porteuses des valeurs de beauté, de spiritualité et d’engagement.

Né en 1940 à Fès, Abdelhadi Belkhayat incarnait une école, un style et une exigence artistique rare. Chanteur à la voix chaude et puissante, il laisse derrière lui une œuvre qui a profondément marqué le patrimoine culturel national. Ses chansons comme Mounfarija, Ya Bent Nass, Ya Dak L’insane ou Ya Mahboubi font aujourd’hui partie du répertoire des classiques intemporels de la chanson Marocaine. Le belle strophe « YALBOUHALI BOUDREBALLA » que j’écoute en ce moment en rédigeant de cette missive ou Qitar Al-Hayat (قطار الحياة) – Le Train de la vie-. Cette chanson emblématique incarne la dimension méditative de son répertoire : une réflexion sur le temps qui passe, le destin humain et la fragilité de l’existence. Portée par une interprétation habitée, elle est devenue pour beaucoup une métaphore de son propre parcours : un voyage artistique intense, traversant générations et époques, sans jamais perdre de sa résonance émotionnelle.

Très jeune, Abdelhadi Belkhayat quitte sa ville natale pour Casablanca puis à Rabat, où il travaille comme chauffeur au ministère de la Jeunesse et des Sports tout en nourrissant une passion irrépressible pour la musique, où une audition à la Radio Marocaine le propulse rapidement sur le devant de la scène. À une époque dominée par de grands noms comme Mohamed Fouiteh ou Maâti Belkacem, il parvient à s’imposer grâce à sa voix singulière et des mélodies imprégnées d’influences orientales et arabo-andalouses. Aux côtés d’artistes de sa génération tels qu’Abdelwahab Doukkali, Latifa Amal ou Mohamed Hayani, il incarne le renouveau de la chanson Marocaine des années 1960.

Abdelhadi Belkhayat, que feu Hassan II avait empêché de quitter le Maroc pour l’Égypte à la demande du grand compositeur Mohammed Abdelwahab, aura marqué la mémoire collective par la profondeur de ses interprétations, la finesse de ses choix musicaux et une présence vocale immédiatement reconnaissable.

Sa formation au Conservatoire supérieur de musique arabe du Caire, entre 1965 et 1967, contribua à affiner son art et lui ouvre les portes du public Arabe. Son concert à l’Olympia de Paris connaît un succès retentissant, attirant une foule bien plus nombreuse que la capacité de la salle. La même décennie, il tente une incursion au cinéma sous la direction du réalisateur Abdellah Mesbahi, notamment dans Silence, sens interdit (1973) et Où cachez-vous le soleil? (1979), films tournés au Caire mais restés inédits au Maroc.

En 2012, il choisit de se retirer pour se consacrer à une vie spirituelle. D’ailleurs, sa dernière apparition publique remonte à 2015, lors du Festival Mawazine, où Abdelhadi Belkhayat avait retrouvé son public à travers des chansons cette fois-ci spirituelles et religieuses.

Ses passages lors de plusieurs éditions du Festival de Fès des musiques sacrées du monde où il a interprété entre autres Al-Munfarija d’une manière sublime, marqueront la mémoire des Marocains et de tous ses fans dans le monde arabo-musulman à jamais. Une prestation empreinte de contemplation et de ménagement, qui traduisait la profonde évolution intérieure de l’artiste et venait emblématiquement achever et clore un cheminement marqué par la quête de sens, la foi et la fidélité à une certaine idée de l’art.

Son engagement au sein de la Jamaa ad-Daawa wa-t-Tabligh dans la dernière partie de sa vie témoigne d’une quête spirituelle assumée. L’artiste devenu cheïkh aura incarné une double figure rare : monument culturel et homme à la quête intérieure.

Dans un message de condoléances et de compassion aux membres de la famille de feu Abdelhadi Belkhayat, le Souverain Marocain affirme « avoir appris avec grande affliction la disparition du défunt grand artiste, dont le décès constitue une grande perte non seulement pour sa famille, mais aussi pour l’ensemble de sa famille artistique nationale et arabe et pour toutes les générations, qui ont apprécié et continuent d’apprécier ses chefs-d’œuvre musicaux, gravés dans le cœur et la mémoire de ses admirateurs et des amateurs de la musique Marocaine authentique. »

Ce n’est pas seulement sa famille qui a perdu Abdelhadi Belkhayat, c’est tout le Maroc , sa famille artistique et à l’ensemble des fans qui ont perdu Abdelhadi Belkhayat, un artiste d’une grande exception, d’un grand talent qui a jalonné la scène artistique par sa créativité, son style, qui resteront gravés à jamais dans le répertoire artistique Marocain.

S’il y a un cercle des poètes disparus, tout aussi, il ya un cercle des artistes disparus, lui, Abdelhadi Belkhayat en fait partie. Certes, il nous a quittés, mais ses rimes charismatiques et sa voix resteront immortelles et indélébiles. A DIEU Ya Dak L’insane.

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Les Lions d’Atlas : Condamnés à gagner la Coupe de la CAN 2025!!!

by Mustapha Maghriti 25 janvier 2026
written by Mustapha Maghriti

La Coupe d’Afrique des nations CAN2025 s’est terminée dans un tumulte d’émotions, d’indignation, de contorsions et d’images qui, bien au-delà de la pelouse, continueront longtemps d’apostropher. Certes le trophée a été décerné au Sénégal. Mais l’histoire, ne retiendra pas seulement ce score. Elle retiendra des moments de vérité pour le football Africain : Un Maroc, condamné à gagner la Coupe de la CAN2025 et des antagonismes d’un ballon rond Africain encore en quête de plénitude.

Durant 29 jours, l’ambiance Footballistique s’est déroulée sans aucune mésaventure faisant la Une des médias internationaux. C’est notre patrie qui a permis à toutes les délégations Footballistiques représentées au Maroc soient traitées avec inclination et révérence même à ceux qui nous détestent. C’est notre Maroc qui a permis aux joueurs Africains de jouer sur des infrastructures alignées aux meilleurs standards internationaux. Et c’est notre Bled qui a hébergé des Millions de supporters qui ont bénéficié d’amabilité, de mansuétude des Marocains où beaucoup de supporters Africains ont été émerveillés. Beaucoup ont découvert un Maroc moderne, structuré, accueillant.
Beaucoup ont reconnu, parfois avec surprise, que l’Afrique peut organiser, exceller et inspirer.
C’est autrement dit notre victoire au CAN2025 et c’est la portée du progrès et du développement que nous avons bâtie au pluriel qui est consacrée positivement.

A cela se conjugue l’enthousiasme d’une équipe Nationale digne de dévouement et de l’épaulement irrévocable de tout un peuple, les lions d’Atlas n’ont pas démérité, ils ont rugi autant qu’ils sont battus et ont fini par pleurer en prouvant leur humanité. Le Football est un sport crucifiant et à travers l’histoire, les plus grands clubs ont connu des déceptions au prorata de leurs prétentions, ce qui atteste que les lions d’Atlas ont d’ores et déjà l’étoffe des éminents.

La subtile défaite n’est pas là où l’on croit : Car un peuple Marocain ne s’attaque pas et ne razzie pas. Un sportif de class conteste mais n’insulte pas, un coach chevaleresque défend son équipe mais ne perd pas son sang froid et sa cervelle en invitant les joueurs à regagner leur vestiaire sans oublier le débordement de la pelouse, la rupture des dispositifs de sécurité et les mouvements de foule incontrôlés. Un entraîneur n’est pas un simple technicien. Il est un leader. Ses décisions engagent, ses gestes ont un poids symbolique et pratique. En rompant le jeu, Pape Thiaw a exposé l’ordre et la sécurité, mais plus encore l’image même du football Africain. 

Ce n’est ni un abus d’expression ni une attitude morale, mais un fait. Dans un stade plein à 100% et sous haute euphorie émotionnelle, le moindre accrochage peut faire des dégâts humains. L’histoire du football mondial atteste de drames nés de situations comparables : une panique, une issue de secours bloquée, et ce sont des vies qui chavirent. Dans cette finale, le danger était là. Et si le pire a été évité, ce ne fut ni le fruit du hasard, mais grâce au sang-froid des forces de sécurité et à la retenue exemplaire du public Marocain. 

Les images de cette finale transcendent le sportif, elles témoignent d’un manque de civisme sportif et de class. Elles nous sclérosent tristement à ce que les autres pensent de nous Africains ; des Tiers-mondistes, concept si cher à son inventeur Alfred Sauvy. Arsène Wenger, ex-entraîneur de l’AS Nancy-Lorraine, de l’AS Monaco, de l’ Arsenal FC  et directeur du développement du Football mondial à la FIFA l’a bien dit « Comment réussir quand tout un continent est contre toi ? ».

D’ailleurs depuis le début de la Coupe d’Afrique des Nations CAN2025, nous avons assisté à un véritable acharnement médiatique émanant de plusieurs supports étrangers et même  des coachs à l’encontre de l’organisation : De la billetterie à la remise en cause des décisions arbitrales (arbitrage acheté), jusqu’aux accusations de favoritisme envers la sélection nationale, (instances corrompues, compétition biaisée) tous les prétextes ont été exploités pour ternir cette ambition Marocaine d’organiser une CAN2025 aux standards d’une Coupe du monde.

Que des joueurs Sénégalais insultent l’arbitre en insinuant pas des gestes flagrants qu’il est corrompu est affligeant et attestent en réalité d’un manque de crédit dans les fédérations la CAF  et la FIFA. Un scénario qui nous replonge tristement dans celui  de la CAN2004 et 2013, où des épisodes analogues s’étaient déjà produits par les équipes sénégalaises.

Au-delà du Sénégal, certaines attitudes régionales nous ont également interpellées. Des pays Arabes, qui auraient pu se divertir de la réussite d’un grand événement continental organisé par l’un des leurs, ont laissé jaillir une rancœur sournoise, attisant hypocritement les discordances pour diffamer l’image de la compétition.

A cet égard, notre limitrophe l’Algérie, réceptionnée avec respect et considération dans un esprit de voisinage, a répliqué par des comportements confirmant un constat ancien que le bon accueil n’est pas toujours réciproque. A son tour, l’Égypte, longtemps perçue comme un pays frère, a bénéficié à Agadir d’une hospitalité irréprochable, salué par sa propre délégation durant son séjour au Souss. Mais après son élimination en demi-finale, certains témoignages inopportuns ont rompu sèchement avec cet esprit.

Dans plusieurs pays de l’Afrique, la finale de la CAN2025 a donné lieu non pas à la célébration d’une prouesse continentale, mais pire à la jubilation de la non-victoire Marocaine. Comme si cette finale avait cristallisé une hostilité diffuse, longtemps contenue, soudain libérée. Certes, dans toute compétition sportive, il est naturel de soutenir son équipe, de vibrer pour ses couleurs et d’espérer la défaite de l’adversaire.

Mais lorsque cette émotion se transforme en soulagement collectif, presque jouissif, face à l’échec du pays hôte, qui a tout mis en œuvre pour la réussite de cet événement, la compétition cesse d’être sportive. Pourquoi cette réjouissance au regard de la chute de l’autre ? Pourquoi cette avidité de louer une non-victoire plutôt qu’une réussite mutualisée et partagée? Ces attitudes éveillent un ressentiment plus profond, celui de ne pas accepter l’émergence d’un Maroc agencé, compétitif et organisé doté d’un leadership sportif continental.

Dans ce contexte, les scènes de chaos sur la pelouse, les débordements en tribunes et les célébrations de la non-victoire sur d’autres cieux africains composent un même tableau ; celui d’un football Africain placé devant ses propres antinomies. 

Cette dérive est taraudante. Il l’est d’autant plus que le Maroc a toujours considéré ces nations comme des pays frères, liés et tissés par la trame d’une histoire, une culture et une mémoire partagées. Voir cette fraternité se briser dans les crieries de joie d’une non-victoire, par certains, constitue une mutilation et offense taciturne, mais combien réelle. Ce qui s’est passé, ne met-il pas à nu des rosseries inconscientes, voire des écœurements latents ?

Notre victoire de la coupe de la CAN2025 allait faire entrer le loup dans la bergerie en discréditant la finale par de mauvaises langues et allait même engendrer des remous politiques et diplomatiques avec des pays Africains ou aussi des sensibilités à l’égard de notre Diaspora à Dakar. D’ailleurs, des Marocains résidant au Sénégal ont fait état de moments de peur réelle durant la finale. Lorsque le football, censé fédérer et rassembler, devient source de crainte et de tension.

Le pénalty raté par Brahim DIAZ a en réalité entérine toutes ses vérités ; le pénalty raté par Brahim DIAZ montre que nous ne préférons pas une victoire au goût de la défaite, nous préférons notre défaite au goût de la victoire. Une victoire continentale éloquente qui a fait vibrer le monde entier. Ta Panenka ratée (n’efface ni le talent ni l’engagement que tu es le meilleur buteur et tes larmes devant le prince My Rachid est ineffable). A ce titre, réduire Brahim à cet instant serait trahir le football, trahir l’histoire, et surtout trahir l’homme qui a porté tout un peuple jusqu’au bout du rêve.

Car si le Maroc a atteint cette finale, c’est avant tout grâce à Brahim Díaz. Grâce à son talent, à son courage, à sa magie balle au pied quand l’espoir semblait vaciller. Meilleur buteur de la CAN2025 avec 5 buts, il a été l’âme offensive des Lions de l’Atlas, celui qui a fait se lever les foules, vibrer les cœurs et croire de nouveau à la grandeur. Brahim n’a pas seulement marqué des buts. Il a marqué une époque.

En entrant dans l’histoire comme le meilleur buteur Marocain de tous les temps dans une Coupe d’Afrique, il a gravé son nom aux côtés des légendes. Match après match, il a porté cette équipe, souvent sur ses épaules, souvent dans la douleur, toujours avec élégance. Sa créativité, son audace et sa personnalité ont illuminé la CAN2025.

Et comment oublier son rôle avant même le tournoi ? Homme des qualifications, Brahim Díaz a été décisif comme jamais : 7 buts en 8 matchs, des prestations de patron, un leader technique et mental. Sans lui, cette CAN2025 n’aurait peut-être jamais commencé de la même manière pour le Maroc. Sans lui, il n’y aurait peut-être pas eu de finale. Le pénalty raté de Brahim était le geste le plus éloquent de cette CAN2025. Tu as choisi de perdre pour faire taire les langues qui nous accusent de voler la finale. Ils ont quand même parlé. Feu Hassan II l’avait bien tranché  » Il ne faut pas perdre de temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi. »

Et pourtant, malgré la pression, malgré la tentative de déstabilisation, le Maroc est resté debout. Son public n’a pas sombré dans la violence, ses autorités ont gardé le contrôle, ses forces de sécurité ont agi avec professionnalisme. Et c’est précisément dans ces moments de tension extrême que se mesure la solidité d’un pays hôte. Une boussole a guidé l’ensemble, c’est la sérénité, le refus de répondre à la colère par la colère, le choix de la dignité face à l’adversité. Parce que le Royaume privilégie, envers tous les pays du continent, une logique de fraternité réelle, même lorsque celle-ci n’est pas réciproque. C’est là toute la différence entre un pays qui subit et un pays qui maîtrise, entre l’émotion brute et la responsabilité d’État.

Au-delà de son talent, le Maroc est aujourd’hui 8ème au classement FIFA, un fait – cette équipe a démontré une maturité émotionnelle et mentale exemplaire. La CAN2025 organisée au Maroc restera, quoi qu’on en dise, une Coupe d’Afrique des Nations sans précédent et restera dans les anales de la CAF. Une organisation maîtrisée, des infrastructures à la hauteur des standards internationaux, des stades magnifiques, une logistique fluide, des moyens de transport modernes, une hospitalité sincère et une mobilisation totale des institutions comme du peuple Marocain.

En résumé, le Maroc a initié une véritable révolution du ballon rond Africain, tant sur le plan des infrastructures que des médias, dans une approche globale, cohérente et durable. Cet acquis titanesque, fruit de concessions et d’efforts considérables, ne saurait nous échapper. Cette suprématie, pleinement marocaine, doit être inscrite dans le temps long.

2030 est notre moteur d’arrimage majeur, nos ailes de navigation futures. La campagne médiatique de sabotage, tout comme l’impopularité Marocaine en Afrique que certains cherchent à imposer dans les esprits, relève comportement malsain, ciblé et malveillante. Elle ne résiste ni aux faits ni à la réalité du terrain. Le Sénégal a remporté la Coupe. Le Maroc, lui, a remporté un trophée mondial de soft power.

Le Maroc, lui, en sort sans le trophée, mais grandi par son organisation, par son public, par sa morale collective. Il avance sans haine, sans revanche, avec constance, hauteur et intégrité. Il s’impose désormais comme un leader crédible et durable du sport Africain. Et il rappelle, par l’exemple, que la grandeur ne se mesure pas seulement aux titres remportés, mais à la manière dont on accueille, dont on respecte, dont on se tient et dont on reste digne lorsque l’adversité ou l’animosité se déchaînent. C’est dans ce sens que le Souverain Marocain a tenu à exprimer ses remerciements à l’ensemble des composantes de la Nation qui ont admirablement contribué à la pleine réussite de cette magnifique manifestation sportive. Et la fraternité interafricaine reprendra naturellement le dessus ». C’est à l’aune de cette lecture Royale, sereine, responsable et profondément africaine qu’il convient désormais de penser la suite.

Il est important, dans l’esprit même du Communiqué du Cabinet Royal, de se projeter et de regarder avec placidité et sérénité vers l’avenir. Depuis quelques semaines, des bruits de couloirs évoquent une possible organisation par le Maroc de la CAN2028. 

En dépit de cette posture de recoin de certains, qui relève davantage de l’émotif et l’affectif, on doit rester convaincu que si le Maroc en a l’opportunité, il doit se porter candidat à l’organisation de la CAN2028. Non par arrogance, non par crédulité, mais par clairvoyance et discernement stratégique et par attachement à son généalogie africaine : Le Maroc est un pays africain et il le restera.

Il l’est par sa géographie, par son histoire, par ses racines et par sa projection irréversible vers son continent. Son africanité n’est ni circonstancielle ni opportuniste, elle est structurelle, comme le rappelle le Communiqué du Cabinet Royal. Elle s’inscrit dans une continuité multiséculaire faite d’échanges, de circulations humaines, commerciales, culturelles et spirituelles.

Économiquement, le Maroc est l’une des principales locomotives économiques du continent, un acteur incontournable des chaînes de valeur Africaines, un investisseur principal en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et en Afrique de l’Est, et un partenaire stratégique de nombreux pays Africains. Ces jonction et raccordements sont multidimensionnels, dynamiques, irréversibles et appelés à se consolider dans le futur. Conformément à la Vision du Souverain Marocain, cette africanité assumée s’inscrit dans un engagement proactif en faveur d’une Afrique unie et florissant, étayé sur le partage des expériences, de l’expertise et du savoir-faire marocains.

Personnellement j’apporte un soutien total au coach Walid Regragui pour avoir transformé 22 joueurs en 40 Millions de cœurs battant à l’unisson. Merci à la Fédération, à Faouzi Lekjaa  et à l’équipe pour la suite, ainsi que pour la Coupe du monde 2026 InchaAllah.Mention spéciale à Bono, El Aynaoui, Mazraoui et le reste de l’équipe.

Notre force, c’est notre cœur. Nous sommes fiers de vous. Merci ! Bravo également à notre pays, le Royaume du Maroc, pour son excellente Organisation historique ! Dima Maghrib !!!

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Les défis de la ZLECAF dans un contexte géopolitique de fragmentation et multipolarité

by Mustapha Maghriti 24 décembre 2025
written by Mustapha Maghriti

Du 11-12 Décembre 2025, la 2éme édition du Business Forum de la Zone de libre-échange continentale africaine ZLECAF s’est tenue à Marrakech avec grande ambition de switcher du stade de l’accord juridique à celui du projet économique transformateur pour l’ensemble de l’Afrique. 

Rétrospectivement, après Addis-Abeba en 1963, Abuja en 1991 et Durban en 2002, Kigali marqua une étape charnière de l’intégration commerciale sur le contient noir qui ambitionne que 90 % des échanges de biens seront dégrevés des droits de douane, et abolit de facto les 84.000 kilomètres de frontières entre les pays du continent Africain.

Sur l’échiquier économique mondial et étonnamment à la mondialisation heureuse qui promit monts et merveilles de la libéralisation du commerce mondial, et au regard de la formation de blocs commerciaux en Amérique latine, en Europe, en Asie, ce n’est plus un choix pour les pays Africains, mais un must de constituer un bloc commercial régional dense et intégré et résilient à même de renforcer la compétitivité de l’Afrique, surtout dans un environnement mondial marqué par une incertitude accrue, le nationalisme industriel et la fragmentation. De telles réalités économiques nous interpellent que notre continent doit compter sur son marché intérieur pour assurer son autosuffisance économique, à compter sur sa capacité productive et approfondir les chaînes d’approvisionnement intra-africaines 

Le Souverain Marocain n’a-t-il pas allégué, dans un éloge majestueux en date du Mardi 31 Janvier 2017 adressé au 28ème sommet de l’Union Africaine que la création de la zone de libre-échange, la plus large au monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain en soulignant que les richesses de l’Afrique doivent profiter à l’Afrique.

À notre sens, cet aggloméré commercial, en l’occurrence la ZLECAF, ne pourra réussir sans les prérequis suivants :

▪ Primo, une plus grande insertion de l’économie africaine dans la trajectoire de la géopolitique internationale : l’Afrique reste la zone la moins intégrée au monde. Sa part dans le commerce mondial demeure modique puisqu’elle ne représente que 3% du commerce mondial.

A titre d’exemple, nonobstant une nette progression (30 Milliards de dirhams), les exportations Marocaines vers l’Afrique ne représentent que 7% du commerce extérieur du Royaume. Un hiatus qui, reflète la dissonance entre l’adhésion juridique à la ZLECAF et la réalité économique. Difficile avec un tel ratio de percer les marchés mondiaux en pleine compétition et de négocier en force les accords internationaux. Ce qui illustre la nécessité d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle de la ZLECAF.

▪ Secundo, le déploiement d’un grand effort d’intégration et de synergie du commerce intra-régional : au vu des chiffres timides du Commerce international entre les pays Africains livrés par l’OMC et ONU commerce et développement, il est urgent de remédier à la faible connectivité entre les différentes économies du continent. Faut-il illustrer la timide jonction commerciale entre les pays Africains : le commerce intra-africain ne dépasse guère 14,4 % en 2024, comparativement à l’Asie (ASEAN) et les pays d’Asie de l’Est qui ont dépassé 1,73 trillion d’USD en 2023, soit 49,7% de la valeur totale des échanges de l’ASEAN ou en Europe où il s’élève à 300 Milliards d’euro en 2024.

Cette proportion, très en deçà des standards Asiatiques ou Européens démontre la fragmentation des marchés africains et la dépendance structurelle du continent aux partenaires extérieurs. En outre, de telles statistiques montrent, de par leur éloquence, l’effort que doivent prodiguer les pays Africains dans le cadre de la ZLECAF pour augmenter le commerce intra-africain à plus de 35 Milliards de dollars par an pour gravir les 52% en 10 ans. Aussi, le commerce intra-africain est entravé par les embuches telles que les réseaux de transport, les processus douaniers et frontaliers et l’accès au financement.

En sus, La Banque Mondiale note dans plusieurs rapports que les économies Africaines dépourvues d’accès maritime supportent des coûts commerciaux jusqu’à 50% plus élevés que celles disposant d’une façade océanique. Ces surcoûts logistiques, qui affectent autant les importations alimentaires et énergétiques que les exportations agricoles ou minières, se répercutent directement sur les niveaux d’inflation et la compétitivité des économies enclavées.

▪ Tertio, l’alliance et la forte implication du secteur privé : la réussite de la ZLECAF reste fortement tributaire de sa capacité à riposter aux besoins de l’entreprise. À cet égard, il est capital que le secteur privé fournisse des mécanismes de consolidation des chaînes de valeurs existantes par la promotion de l’investissement industriel et le transfert du savoir-faire. Sous cet angle, les PME, qui constituent 80 % des entreprises Africaines, seront encouragées par la ZLECAF, où elles pourraient fournir des inputs pour les grandes entreprises industrielles.

A cet égard, Casablanca Finance City, plateforme financière de premier plan sur le continent, la présence de groupes bancaires Marocains dans plus d’une vingtaine de pays Africains, ou encore l’adhésion de Bank Al-Maghrib au système panafricain de paiements PAPSS. Ces outils placeront le Maroc en bonne position pour parrainer des projets pilotes de paiements en monnaies locales, réduire les risques pour les PME africaines et faciliter les échanges intra-Africains.

▪ Quarto, la consolidation des structures productives à travers la promotion de l’industrialisation de l’Afrique. Le but escompté est de décroître la place des matières premières qui se taillent la part du lion dans les exportations Africaines. Faut-il souligner, à ce titre, que plus de 76 % des exportations Africaines émanent des ressources extractives, ce qui n’est pas sans risque sur la volatilité des prix des matières premières et de facto, sur les budgets des pays Africains ?

Contrairement aux matières premières et aux secteurs miniers, la promotion de l’industrialisation de l’Afrique permettra de faire progresser les chaînes de valeur industrielles à travers la création de plus de valeurs ajoutées, la création de l’emploi, le renforcement de la croissance et la productivité à même de favoriser une plus grande participation de la région Africaine dans les chaînes de valeur mondiales, de gagner en efficience en renforçant la capacité attractive de l’Afrique. Aussi, la promotion de la politique industrielle de l’Afrique permettra d’asseoir une chaîne de valeur diversifiée et plus compétitive en se positionnant sur les activités à plus haute valeur ajoutée sur l’échiquier mondial.

Si l’Afrique parvient à agencer des chaines de valeur régionales, uniformiser le panorama de sa politique commerciale et consolider son environnement commercial, le potentiel de gains serait important pour le commerce intra-africain. En tous cas, la mise en œuvre de la ZLECAF entrainera d’importantes réductions des barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays Africains. Ces réductions pourraient augmenter le flux moyen des échanges de marchandises entre les pays Africains de 15% et le PIB réel moyen par habitant de 1,25%.

Si les réductions des barrières tarifaires et non tarifaires sont combinées à des améliorations substantielles de l’environnement commercial, le bénéfice pour les pays serait significativement plus élevé. Des réformes globales combinées à la mise en œuvre de la ZLECAF pourraient augmenter de 53% le flux commercial moyen de marchandises entre les pays Africains et de 15% avec le reste du monde et, par conséquent, augmenter le PIB réel moyen par habitant de l’Afrique de plus de 10% selon les pronostics du FMI dans son rapport intitulé « Intégration commerciale en Afrique. Libérer le potentiel du continent dans un monde en évolution ».

▪ Quinto, l’investissement dans le capital humain : l’analphabétisme et la carence en formation demeurent les grandes tares de l’Afrique. Les problèmes qui restreignent les capacités des entreprises Africaines sont notamment l’insuffisance des compétences entrepreneuriales et des compétences de gestion, le manque de personnel qualifié, ainsi que les obstacles en matière de recherche et développement. Georges Jacques Danton n’a-t-il pas argumenté qu’après le pain, l’éducation n’est-elle pas le premier besoin d’un peuple ?

Avec une telle carence, la qualité des institutions et des administrations sera déterminante dans la décision d’une entreprise d’investir et d’implanter ses activités économiques dans les pays Africains. Faute d’investissements suffisants dans les compétences, le progrès technologique et l’investissement ne s’accompagnent d’aucun gain de productivité.

▪ Sexto, les gouvernements Africains devront placer la bonne gouvernance au cœur de leurs programmes en vue de la transformation structurelle effective des économies Africaines. C’est une condition sine qua non pour nourrir le développement économique, libérer le plein potentiel de l’Afrique et la conduire sur la voie de la prospérité.

Les pays Africains ont besoin d’un cadre de gouvernance plus propice pour être en mesure de conduire de meilleures politiques publiques et d’obtenir, à terme, de meilleurs résultats en matière de transformation structurelle et de développement inclusif. Sous cet angle, les gouvernements Africains ne sont-ils invités à apporter des réponses aux pertes économiques dues à l’inefficacité des institutions et à l’incompétence.

▪ Septimo, l’Initiative Royale en faveur des États Africains atlantiques, la mise à disposition des infrastructures portuaires Marocaines au profit de 23 pays riverains de l’Atlantique rendra une Afrique  maîtresse de son destin, qui transforme ses ressources sur place et renforce ses connexions internes, de la Méditerranée à l’Atlantique et du Sahel aux façades maritimes.

▪ Octavo, le rôle stratégique de la diplomatie économique pour le durcissement de l’intégration régionale et la consolidation de la voix Africaine au regard des grandes puissances étrangères, dans un contexte mondial où les dynamiques économiques mondiales se réorientent de plus en plus vers le continent noir. En pratique, au-delà des sommets Afrique–Chine, la coopération continue de s’organiser principalement sur une base bilatérale, plutôt que régionale ou continentale. Cette orientation conduit souvent à la négligence des autres partenaires Africains et peut, dans certains cas, engendrer des rivalités concurrentielles au sein même des régions du continent.

A cet égard, les États Africains doivent s’appuyer  sur une diplomatie économique concertée à même de négocier conjointement leurs intérêts dans le cadre de la ZLECAF et de cristalliser leur pouvoir de négociation sur l’arène internationale et de se doter des moyens qui leur permettre de prendre des décisions stratégiques à partir d’une lecture géopolitique mondiale, en identifiant intelligiblement leurs intérêts économiques et géopolitiques, afin d’équilibrer entre les jeux d’influence et la souveraineté de la décision.

L’intégration africaine, notamment à travers des initiatives comme la ZLECAF, doit s’accompagner d’une diplomatie économique structurée, permettant au continent de parler d’une seule voix dans les grandes négociations multilatérales.

Il est temps d’ériger le futur économique de l’Afrique en barrant les entraves régionales et en verrouillant les réfractions de la répartition des fruits de la croissance, et ce, en posant, les grands jalons d’une Afrique résolument tournée vers l’émergence économique et hisser la ZELCAF à une intégration économique Africaine plus concrète et plus inclusive. Une ZELCAF intervient à un moment où un environnement mondial en mutation crée à la fois des opportunités et des défis pour l’Afrique. Une plus grande intégration commerciale peut aider le continent Africain à tirer parti des opportunités offertes par le changement technologique et les tendances démographiques, et renforcer la résilience de l’Afrique au regard des chocs tels que le changement climatique et la fragmentation géopolitique.

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Quelle géopolitique de la Région Sud-Méditerranéenne après 30 années de la déclaration de Barcelone ?

by Mustapha Maghriti 4 décembre 2025
written by Mustapha Maghriti

L’année 2025 scella la commémoration de la 30éme année de la déclaration de Barcelone qui, faut-il rappeler, est une initiative ambitieuse lancée en 1995 (Conférence  de Barcelone) qui a jeté les jalons d’un nouveau partenariat régional dans le cadre de la coopération Euro-méditerranéenne où les Ministres des Affaires étrangères de l’UE et de 12 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée ont signé un accord pour lancer le partenariat Euro-méditerranéen.

Ce mémento intervient dans un moment de profond bouleversement de la géopolitique mondiale : Le conflit au Moyen-Orient a attesté que la stabilité de la région est inéluctable pour la sécurité mondiale, et toute crise en son sein ou autour d’elle se répercute inévitablement dans le monde entier. Aussi, la région est acculée à des disparités économiques croissantes, à une urgence climatique grandissante, à une fragilité sociale et à la vulnérabilité économique.

Les relations entre les deux rives de la Méditerranée pâtissent d’une indubitable antinomie. D’une part, ces relations sont ancestrales, viscéralement enracinées, avec la stoïque conviction de part et d’autre de leur portée géostratégique. D’autre part et paradoxalement, ces relations n’arrivent pas à outrepasser le rebond qualitatif tant espéré.

Durant des décades, moult  conférences,  plusieurs sommets, d’accords, soutenus par des centaines de milliards d’Euros en faveur de cette coopération méditerranéenne n’ont toujours pas permis de créer la région de paix et de stabilité escomptée et de niveler l’hiatus de développement entre les deux rives de la Méditerranée, ni encore d’ aboutir à une relation de partenariat win-win, orientée vers l’édification d’un horizon partagé fleuron.

La région Euro-méditerranéenne est confrontée à des défis aussi complexes que multiples, économiques, énergétiques, environnementaux et sécuritaires. Dans un tel contexte, le projet Sud-Méditerranéen s’impose plus que jamais pour les deux rives de la Méditerranée. Reconnaissant-le, en prologue, qu’en dépit des efforts prodigués par la Politique Européenne de Voisinage, l’édifice d’une géographie de stabilité et de prospérité partagées, tant attendu par les deux rives de la Méditerranée, tarde à se cristalliser malgré un poids économique représentant un cinquième du PIB mondial, soit 22.000 Milliards de dollars et des flux commerciaux intra-régionaux de 4.400 milliards de dollars, et ce en raison d’innombrables entorses qui fracturent la région, d’une volonté politique timorée de certains partis eurosceptiques, du manque de confluences entre les États Européens, et de l’inadéquation de certains instruments aux nouvelles contraintes de transitions politiques et économiques survenues en Méditerranée. 

Rétrospectivement depuis la chute du mur de Berlin et de l’ancien bloc soviétique, les Européens se sont tournés vers l’Europe centrale et orientale en oubliant leur sud et il revient le mérite à l’ex-président de la République française d’avoir replacé la Méditerranée au centre des géométries politiques en lançant le projet d’une union pour la Méditerranée destinée à remplacer un Processus de Barcelone dyspnéique et peu seyant. L’Europe, en complémentarité avec ses partenaires de la rive Sud, est plus que jamais interpellée à appesantir dans la région Méditerranéenne, notamment à travers l’Union pour la Méditerranée UPM, qui est une organisation intergouvernementale qui regroupe 43 pays sur la base d’une coprésidence paritaire entre les rives sud et nord de la mer Méditerranée. Elle a été fondée le 13 Juillet 2008, lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée qui est destinée à renforcer les acquis du Partenariat Euro-méditerranéen mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone.

Après 30 années de la déclaration de Barcelone, nous pensons qu’il est un « Must » de jeter l’ancre sur le Sud Méditerranéen, car la « mare nostrum » recèle d’énormes potentialités économiques, humaines et naturelles, pouvant être une véritable courroie de transmission de croissance et la dynamique économique pour l’Europe. Une telle vertu géostratégique impliquerait, de la part de cette dernière, une coopération plus engagée et plus cimentée, en synergie avec les prévalences de l’agenda des pays du Sud et le durcissement de ses capacités d’action dans cet espace régional, tout en fédérant le rôle de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant qu’instrument vital et indéniable dans la future reconfiguration de la Politique européenne de voisinage.

C’est  dans esprit que la Commissaire Européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, l’Union Européenne a confirmé l’adoption, en Novembre 2025, d’un nouveau pacte Euro-Méditerranéen, marquant le 30ème anniversaire de la Déclaration de Barcelone. L’annonce a été confirmée Jeudi 11 Septembre 2025 à Rabat par la Commissaire Européenne chargée de la Méditerranée, en visite officielle au Maroc pour la première fois dans ce cadre qui, a-t-elle confirmé, ne sera pas un simple document de référence, mais un véritable cadre stratégique, conçu comme un partenariat entre égaux contribuant directement à l’enrichissement de ce pacte.

Ce pacte est le résultat d’un processus de consultation approfondi et inclusif auquel ont participé un large éventail de parties prenantes, y compris des partenaires du sud de la Méditerranée, des États membres et des institutions de l’UE, des pays voisins de la région au sens large, ainsi que des représentants de la société civile, du secteur privé, du monde universitaire, des groupes de réflexion et des organisations culturelles et économiques. Il repose sur trois piliers fondamentaux: les citoyens, les économies et la sécurité, incluant les questions de paix et de migration.

– Les citoyens. Il s’agit notamment d’actions consacrées à la jeunesse. Elles sont liées à l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, l’emploi, la mobilité, la culture, le tourisme et le sport. Une université méditerranéenne est un projet phare parmi d’autres.

–  Les économies « plus fortes, plus durables et intégrées ». Ce pilier comprend des actions liées à la modernisation des relations commerciales et d’investissement, à la stimulation de l’énergie et des technologies propres, au domaine de l’eau, à l’économie bleue et à l’agriculture, à la connectivité numérique et aux transports. Dans ce contexte, une initiative transméditerranéenne sur les énergies renouvelables et les technologies propres (T-MED) et StartUp4Med sont envisagées.

– La sécurité et la gestion des migrations. Parmi les initiatives prioritaires figureront la préparation aux catastrophes en Méditerranée. S’agissant des migrations, le Pacte prévoit une approche globale et une gestion intégrée des frontières et de la sécurité (intensification des retours volontaires, réadmissions des personnes en séjour irrégulier, coopération pour la prévention des migrations illégales…). Un forum régional sur la paix et la sécurité sera mis en place pour l’UE et les pays du sud de la Méditerranée. 

Reconnaissant-le dans cette chronique, l’épée de Damoclès la plus effarante qui pèse sur l’Europe est l’immigration et le terrorisme : 


– D’une part, l’immigration, sous toute ses formes, galvanise des rébellions importantes et à la poussée fulgurante des mouvements politiques et sociaux d’extrême droite qui terrifient et terrorisent la cohésion nationale des pays Européens, 


– D’autre part, le danger terroriste qui se propulse, l’Afrique en devient un métacentre tangible. De ce fait, l’Europe ne doit pas prendre plaisir d’un voyeurisme aveugle en « déposant son bilan » de ses responsabilités tout en invoquant les pays riverains de la Méditerranée à l’exemple du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie à jouer le rôle de suzerain de l’Europe.

Nous arguons, d’emblée, que cette politique est un fiasco patent et l’histoire politique et économique toute récente le corrobore. Néanmoins, un palliatif existe : il s’agit de la coproduction, du Co-développement étayés sur l’investissement moteur de la croissance, de la production, de l’emploi et en aucun cas sur des rapports mercantiles et paternalistes, privilégiant des aides qui reviennent sous forme de minuscule charité émanant de l’Europe, 

Cela nous semble nécessaire pour aplanir les inégalités économiques et sociales, mutiler les tétanies identitaires qui germent au Nord comme au Sud, car nous pensons, en terme dialectique, que la stabilité et la sécurité de l’Europe, de même que son redressement économique et productif, passent assurément par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. 

A cet égard, il est péremptoire de structurer les conditions économiques et sociales à même d’accoucher de nouveaux modèles de dynamique économique, plus endogènes et durables qui seront altruistes et plus fructueux à toute la région. Ceux-ci passent irréversiblement par la valorisation des potentialités de la rive du Sud, et ce en architecturant des investissements productifs porteurs de croissance, de revenus et d’emploi inclusifs à même d’assurer une insertion économique et sociale des jeunes de la ceinture Sud-Méditerranéenne. Aussi, la grande apostrophe de la promotion des valeurs cultuelles pour prémunir les jeunes de toute forme d’outrance et d’extrémisme ne doit-elle pas figurer dans l’agenda du projet Méditerranéen ? Avouons-le, l’UPM l’a éminemment saisie, en se dotant d’une vision agencée sur des orientations visant le raffermissement de la coopération régionale en Méditerranée, étayée sur la création d’opportunités économiques en faveur des jeunes. 

Cette orientation ne doit pas nous faire insinuer une vision fataliste et léthargique de la part des pays du Sud; ils doivent réaliser intrinsèquement leur propre  » sueur » économique, sociale et politique en termes de réformes économiques, de gouvernance, de démocratie et d’État de droit en interpellant toutes les synergies en faveur de la croissance, l’inclusion et l’équité sociale. La promotion d’une approche régionale pour l’immuabilité de la paix et de la dynamique du développement n’appelle-elle pas à la prise en compte de toutes les dimensions stratégiques? Penser la Méditerranée n’exige-t-il pas de concevoir cet espace non pas comme une région terne, mais comme une interface dynamique capable d’assurer la connexion et la mise en étroite relation des territoires qui l’entourent ?

Dans un contexte régional marqué par des reconfigurations géopolitiques, climatiques et migratoires, le Nouveau Pacte pour la Méditerranée positionne le Maroc comme un acteur central, lui offrant une opportunité stratégique pour accélérer son émergence et ses transitions. Reconnaissant le, le Maroc l’a bien appréhendé en faisant le pari de l’ouverture sur son continent et ce en optimisant sa position géostratégique entre l’Afrique et l’Europe.

En effet, le Souverain Marocain, a eu toujours le souci d’ancrer l’Afrique dans une séquence méritoire porteuse d’espoir, car l’Afrique est le continent de l’avenir, disposant de fortes marges de croissance durable. C’est le continent qui dispose d’une richesse d’atouts multidimensionnels qu’il convient d’exploiter au bénéfice du développement humain durable. C’est tout le sens qui a été donné à la vision Africaine du Royaume voulue par le Souverain Marocain, basée sur l’osmose d’une croissance partagée couplée à la promotion de la paix et de la sécurité porteuses de stabilité pour le continent car , il ne peut y avoir de développement sans sécurité et de paix et, mutuellement, il ne saurait y avoir de sécurité et de paix sans développement. C’est dans ce sens que le Maroc a toujours accompagné les pays d’Afrique dans la consolidation de la paix et de la sécurité régionales.

La pérennité, la sérénité et la placidité de l’Europe, ainsi que sa consolidation économique passe notoirement par la stabilité et le développement du sud de la Méditerranée. L’Afrique du Nord a autant besoin des solidarités de la rive septentrionale que l’Europe intérêt à ne pas s’isoler de son environnement méridionale. Dans une telle dialectique, le projet Méditerranéen s’impose de facto pour les deux rives de la Méditerranée et ce en cristallisant la mission de l’Union pour la Méditerranée UPM en tant que maillon décisif dans la future physionomie de la Politique européenne de voisinage. Gageons de bonnes augures, d’une constellation d’une rive, d’un rêve celui d’une Méditerranée plurielle, généreuse qui ne cessera pas de se raconter d’elle-même pour paraphraser l’éminent historien de la Méditerranée Fernand Braudel « Bataillons-nous pour la pérennité de l’esprit méditerranéen et faire en sorte que la Méditerranée s’assemble plus qu’elle ne dissemble. »

L’histoire récente ne nous apostrophe-elle pas sur le sort commun entre l’Europe et le sud de la Méditerranée ? Ne nous souvient-on pas lors de la pandémie du Covid-19 qui a engendré de grandes interruptions dans les chaînes de valeurs mondiales, et, de facto, n’a-t-elle pas permis aux proximités et aux solidarités régionales de devenir les assises et les ateliers de souveraineté et d’autonomie nouvelle ? Avec la rupture des chaines de valeurs internationales, l’Europe n’a-t-elle pas adhéré à la dynamique de « ré-régionalisation » dans le cadre d’une logique verticale ralliant le Sud de la Méditerranée avec l’Europe pour compatir à l’émergence d’une multipolarité partagée ? La fragilité et la précarité du Covid-19 n’a-t-elle pas révélée que nous Marocains, Maghrébins, Européens et Sud-méditerranéens, nous sommes réunis par le même destin ? L’Union Européenne ne doit-elle pas tirer les enseignements et les leçons de la crise sanitaire, économique et sociale causée par la Covid-19, et ce à travers la réduction de sa dépendance au niveau des chaines de valeur mondiales avec le lointain (la chine, l’Inde……) et créer des interdépendances solides avec sa proximité la ceinture Sud-méditerranéenne ?

Aussi, la géopolitique mondiale actuelle fissurée et fragmentée, ne doit-elle pas nous amener et nous animer à prendre conscience de la valeur inestimable du voisinage comme un bien commun, à ouvrir nos frontières, créer les socles et les piédestaux de réconciliation et de rapprochement, pour boiser et blinder nos positions de négociation dans la gestion de la nouvelle géostratégie ?

L’Union Européenne ne doit-elle promouvoir la relocalisation des activités industrielles pour les incorporer dans un maillage régional du pourtour Sud-méditerranéen permettant, in fine, de redonner à la Méditerranée sa centralité perdue en tant qu’espace géopolitique Européen et Africain pour mieux négocier sa position dans les chaines de valeur mondiales et démontrer sa capacité à maîtriser ses rapports avec toutes les grandes puissances et à bâtir, dans la cadre de la multipolarité future et dans une approche de régionalisation avec l’Europe voisine, une zone de coproduction et une orthogonalité Afrique-Europe avec un nouveau centre de rayonnement : La Méditerranée.

Somme toute et pour reprendre la célèbre allégorie de Feu Hassan II « Le Maroc est un arbre dont les racines sont ancrées en Afrique mais qui respire par ses feuilles en Europe« , un Royaume chérifien Alaouite qui appartient à cette périphérie Euro-Méditerranéenne, tirera profit et fruit de ce maillage vertueux porteur d’investissement, de production, de croissance et d’emploi. 

Sénèque écrivait : « ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile ». ne faudrait-il pas aujourd’hui oser un agenda pour concrétiser le rêve des deux rives.

4 décembre 2025 0 comment
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BLACK FRIDAY ET MODE DE CONSOMMATION ENTRE LE GASPILLAGE D’UN CAPITALISME HYPER-CONSUMÉRISTE ET LA RATIONALITÉ NORMATIVE DE L’ISLAM

by Mustapha Maghriti 30 novembre 2025
written by Mustapha Maghriti

Black Friday, Cyber Monday, Cyber Week, Black Friday Week, Single Day, importé des USA comme bien d’autres concepts Marketing, le Black Friday s’est rapidement intégré aux habitudes des consommateurs. Devenu un rendez-vous annuel inéluctable partout dans le globe pour tous les amateurs de lèche-vitrines, des emplettes et de bonnes affaires.

Le Black Friday, c’est partout dans les rues, sur les panneaux publicitaires et les devantures des magasins, dans votre boîte mail et vos SMS plusieurs fois par jour et même la nuit quand vous dormez… Dans le monde entier et avec ses promesses de remises fracassantes, les auteurs de Black Friday vous invitent à consommer plus à coups d’offres sensationnelles et épatantes.

Il est considérée comme évènement commercial d’une journée, qui se déroule le Vendredi suivant la date aux États-Unis de la fête de Thanksgiving , qui donne le sifflet de la saison des soldes en offrant une journée dédiée aux promotions en tout genre fringues, électronique, électroménager, ameublement… où les prix cassés s’invitent en ligne ( Cyber Monday) et dans les rayons des magasins chaque année en Novembre.

Il arrive que des amateurs du Shopping campent devant des magasins durant la nuit précédant le Black Friday provoquant de véritables raz-de-marée humains, pour occuper la pole position dans les files d’attente. Les enseignes et les grands labels profitent de cette opportunité commerciale pour se délester de stocks excédentaires et proposent des ristournes sur moult articles (pièces démodées, de grandes tailles ou hors saison.)

Historiquement, le Black Friday est né en 1930, année où les commerçants tentaient de relancer l’économie après la grande dépression de 1929 en recourant au discount. Certains historiens affirment que la journée est dite “noire” en référence à la couleur de l’encre que les commerçants utilisaient pour enregistrer leurs bénéfices (contre de l’encre rouge pour les pertes). D’autres assurent que cette appellation émana de Philadelphie, où le « Black Friday » désigne les embouteillages qui suivent traditionnellement la journée de Thanksgiving. Au milieu des années soixante, le « Black Friday » s’afficha partout, sur les encarts publicitaires et dans les spots TV Américains.

Pour certains économistes, les ventes enregistrées lors du Black Friday sont considérées comme un révélateur de la situation économique d’un pays. D’après les Keynésiens, pour qui les dépenses stimulent l’activité économique, une chute des ventes lors du Black Friday serait perçue comme le signe avant-coureur d’une croissance molle.

Actuellement, le monde est confronté à une destruction de richesse sans égale à cause de l’inflation qui érode le pouvoir d’achat, une inflation qui est devenue structurelle  et pour la première fois dans l’histoire moderne, la majeure partie de la classe moyenne, dans tous les pays ou presque, sont confrontés à une période morose de forte inflation et d’érosion des conditions de vie. 

Au regard de cette hausse vertigineuse des prix, chez les pays occidentaux et à  l’approche du Black Friday, les consommateurs semblent avoir renoncé aux achats forcenés propres à la période de fêtes. En effet, selon The Wall Street Journal, les ventes en magasin à l’occasion du week-end de Thanksgiving se sont révélées inférieures à leur niveau d’avant la pandémie et inférieures aux volumes de ventes enregistrés l’an dernier à la même période. Cela montre une fois de plus que le Black Friday ne représente plus le coup d’envoi de la saison des courses de Noël alors qu’auparavant, les gens faisaient la queue à partir de minuit devant les magasins, qui ouvraient à 4 heures ou 5 heures du matin.

Et pour cause : La presse reprend un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) des Nations unies. Ce rapport révèle que pour la première fois depuis le début du 21ème siècle, les travailleurs du monde entier s’appauvrissent : Le rapport 2022 de l’OIT sur les salaires dans le monde montre que, pour la première fois depuis le début du siècle, les salaires réels ont reculé en termes réels alors que la productivité a continué à croître.

En effet, l’année 2022 révèle l’écart le plus important depuis 1999 entre la croissance de la productivité réelle des travailleurs et la croissance des salaires réels dans certains pays à hauts revenus. Si l’érosion des salaires réels affecte tous les salariés, elle a un impact encore plus fort sur les ménages à faibles revenus, qui dépensent une part plus importante de leurs revenus disponibles pour les biens et les services essentiels, dont les prix augmentent plus vite que les biens non essentiels dans la plupart des pays. 

La Classe Moyenne, levier de la croissance économique, pâtit de l’inflation, une frange sociale qui dépense la majeure partie de son argent dans des articles de consommation et comme les prix augmentent, elle perd du pouvoir d’achat.   

Aussi, l’inflation détruit également la valeur du temps de la classe moyenne. Cette dernière vend son temps pour gagner de quoi vivre. Généralement, lorsque les taux d’inflation augmentent, les salaires réels baissent. Les pays avec des taux d’inflation élevés, comme l’Argentine, le Venezuela et la Turquie, sont généralement pauvres, avec une classe moyenne qui s’appauvrit. À l’inverse, les pays avec des taux d’inflation faibles, à l’instar de la Suisse, ont des classes moyennes prospères.   

L’été dernier, les USA étaient en train de subir une érosion des salaires sans précédent depuis 20 ans, avec une baisse des revenus de la classe moyenne de 2,8% en rythme annuel. 

Et puisque que les consommateurs de la classe moyenne sont à court d’argent, c’est toute l’économie qui trépide. L’épargne des ménages Américains est à fleur de peau : Les dépenses des ménages Américains ont augmenté de 10% par rapport à l’an dernier, à cause de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt. Ils doivent désormais puiser dans leur épargne pour payer leurs dépenses.  Le taux d’épargne des ménages, qui exprime l’épargne des ménages en pourcentage de leurs revenus disponibles, s’est replié à 2,3% en Octobre, un chiffre largement inférieur au taux de 9% qui prévalait avant la pandémie. 

Pour d’autres  et qui restent accro au chalandage et au Shoping, et à cause de l’inflation qui pèse sur les budgets des ménages  et gangrène leur niveau de vie, le Black Friday est devenu un remède anti-inflation. C’est en tout cas ce que constate une étude d’OpinionWay pour Amazon : Cette célèbre fête promotionnelle annuelle est désormais perçue par beaucoup de consommateurs comme une opportunité de faire des économies. Pour la moitié des sondés (52%), le Black Friday est même devenu «une nécessité» avec l’inflation, souligne cette étude réalisée pour le compte du géant Américain du E-commerce.

Chez d’autres, plus rationnels, le Black Friday entraîne une surconsommation massive du public, symbole même des achats compulsifs, et d’un gaspillage à grande échelle. Pour eux, l’unique but du Black Friday : Accroître les profits de grands groupes où en 2016, les Français ont dépensé 735 millions d’euros en ligne et 4,3 Milliards d’euros en magasin en quelques heures à l’occasion du Black Friday et du Cyber-Monday et pendant ce temps, les Américains dépensaient l’équivalent de 41 Milliards d’euros, près de dix fois plus et au préjudice de consommateurs en bout de chaîne de production et de la planète.

Avec le développement des achats en ligne, c’est aussi des produits qui font le tour de la Terre, une course à la livraison et des quantités d’emballages qui explosent avec 4 Millions de tonnes de déchets textiles jetés chaque année.

Ainsi, depuis de nombreuses années, un grand nombre de structures sociales réfutent cette logique consumériste et se mobilisent afin de proposer des solutions responsables, durables et solidaires qui est le Green Friday en réplique aux dérives du Black Friday : C’est en réaction au Black Friday que s’est lancé le Green Friday en 2017 porté par des acteurs de l’économie sociale et solidaire dont Oxfam.

Le Green Friday réunit des associations et des entreprises autour d’une même ambition : promouvoir une consommation responsable et rationnelle et redonner le pouvoir aux consommateurs dans la maîtrise de leur acte d’achat. Aujourd’hui, le Green Friday est devenu un rendez-vous populaire de grande ampleur, symbole de la lutte contre  un Capitalisme  hyper-consumériste et une surconsommation destructrice, réunissant des centaines de structures engagées.

D’autres entités sociales encore plus radicales que le Green Friday, existe depuis plusieurs années : la « Journée sans achat », ou en anglais le « Buy nothing day » créée dans les années 1990 au Canada pour qui, au lieu de profiter de bons plans du Black Friday, ce jour doit être un moment pour réinterroger votre rapport à la consommation en ne faisant aucun achat.

Au-delà du Green Friday et Buy nothing day, et Très loin de tout abus, très loin de tout bord barbu ou de gauche ou de droite, et au regard des modes de consommation de l’occident, ne doit-on pas s’interroger sur les valeurs de la rationalité normative à travers notre Culte l’ISLAM ? N’existe-t-il pas chez nous dans notre ISLAM des sentences, des Us et des prescriptions plus soft sur les habitudes de consommation ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche où notre PROPHETE SIDNA MOHAMMED que le SALUT soit sur LUI nous recommande la bonne utilisation de l’argent qui consiste à ce qu’il soit dépensé dans les nécessités, comme la nourriture et la boisson, sans avarice et sans parcimonie envers soi ou envers sa famille, ni gaspillage, ni gabegie, qui est le fait de le dépenser dans des choses inutiles.

Hélas, à notre époque, mû par l’effet de démonstration d’un capitalisme ostentatoire, le consommateur est enclin à la vantardise dans les achats (fringues, repas, boissons), l’acheteur ne s’y contente pas de ce qui est nécessaire.

Pour preuve, chez nous dans les pays Musulmans, au Mois de RAMADAN, un mois de jeûne,   le gaspillage alimentaire connait son apogée pouvant atteindre les 84,8%  déclare l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ce comportement alarmant, est fortement lié aux habitudes d’achats des ménages, qui achètent souvent plus que ce qu’ils n’en auraient besoin, selon le FAO, pour mettre l’équivalent de 600 Dirhams à la poubelle, jetant ainsi son propre argent par la fenêtre !!

Le « ٱلصِّیَام » ou l’action de jeûner, dans son essence renvoie au concept de l’abstinence en quête de l’élévation de l’esprit. Dans cette adoration, le Musulman va se focaliser à l’abstinence afin de s’élever spirituellement pour enfin atteindre la piété, d’où le sens pur et profond de ce quatrième pilier de l’ISLAM.

Le Mois béni RAMADAN qui devrait être celui de l’abstinence, de déconsommation, de purification et de la modération et de la solidarité est malheureusement jonché de comportements de consommation pour le moins irresponsables et outrancières: les gaspillages alimentaires qui dépassent l’imaginaire.

L’expression « avoir les yeux plus gros que le ventre » trouve tout son sens durant ce Mois sacré. Une tournée aux pâtisseries, souks ou aux grandes surfaces durant le Mois de RAMADAN suffirait à tout un chacun de se rendre compte de cette réalité irrationnelle : une marée humaine avec des sacs débordant de nourritures de toutes sortes.

Des queues interminables partout ailleurs, aux pâtisseries, chez les bouchers ou l’épicier du coin, dans les grandes surfaces : Tout le monde achète et outrageusement. En effet, la plupart des Marocains achètent de la nourriture en quantité immodérée, dont une grande partie finira malencontreusement à la boîte à ordures.  

Selon la FAO, chaque année, un tiers des denrées alimentaires produites dans le monde sont perdues ou gaspillées. A titre illustratif, en Arabie Saoudite, on estime que 50.000 tonnes de nourriture sont jetées à la décharge pendant ce Mois sacré. Aux Émirats (un des champions mondiaux de la production de déchets par tête), on estime à 3,27 Millions de tonnes la nourriture gaspillée chaque année, dont la moitié pendant le Ramadan alors que 870 Millions de personnes n’ont pas suffisamment à manger.

Si les Marocains pour leurs parts, tiennent à faire le RAMADAN, ils omettraient néanmoins, de s’appliquer à une notion fortement recommandée par les principes de l’islam : Eviter le gaspillage. La consommation alimentaire durant ce mois de RAMADAN, augmente d’environ 50% de son niveau habituel, c’est ce que reporte une étude menée par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime.

Au RAMADAN de nouvelles habitudes de consommation sont aperçues chez les Marocains ; un changement de comportement que confirment les chiffres dévoilés par le Haut-commissariat au Plan HCP qui affirme que le temps consacré aux courses ménagères s’allonge d’environ 45 minutes, par rapport aux autres périodes de l’année. Un constat consternant certes, mais décelable chez la plupart des foyers des Marocains, puisque chaque ménage mettrait l’équivalent de 600 Dhs à la poubelle en cette période.

Ce pognon jeté par les fenêtres, ne serait-il pas synonyme d‘une société dite « société de consommation » ? Dans la conception d’obédience néo libérale avide de rentabilité et de profit, toute occasion est bonne pour mieux vendre et exhorter les individus à consommer davantage. Ainsi, RAMADAN est devenu un rendez-vous important dans l’agenda des plans marketing des grandes enseignes commerciales, notamment celle de l’industrie alimentaire telle que les dattes, les fruits secs, les boissons sucrées, les pâtisseries, les viandes et les épices.

De ce fait, le consommateur, qui tente, à travers le jeûne du Mois de RAMADAN, cette pratique de sublimation, de dévotion et de transcendance, de se détacher de ses instincts, est désormais pris au piège de ce dogme néo libérale. Dès lors le nombre de ses achats est souvent vu à la hausse pour se traduire en achats et actes compulsifs. La faim suscite généralement, chez le consommateur des comportements d’achats impulsifs induisant une frénésie qui mène à son tour au gaspillage alimentaire estimé à 91 Kg par personne annuellement selon l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture, un chiffre affolant qui bat le record en ce Mois béni.

L’ISLAM et le RAMADAN qui encourage la modération, et à côté des effets négatifs sur le budget des ménages, la surconsommation alimentaire a un impact négatif sur la santé. Les repas copieux et riches en graisses, en glucides et en protéines peuvent entraîner une prise de poids, des problèmes digestifs et des maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle. De ce fait,  notre religion à travers RAMADAN incite à la rusticité dans tous les aspects de la vie, y compris la consommation alimentaire.

Le PROPHETE SIDNA MOHAMMED que le SALUT soit sur LUI, a déclaré: « Nulle personne n’a rempli un récipient plus dangereux que son estomac. Tandis que quelques bouchées suffisent à l’homme de survivre. Mais cependant, s’il ne peut se contenter de cela, qu’il réserve un tiers de son estomac pour les aliments, un autre tiers pour les boissons et le dernier tiers pour la respiration ! » [Tirmidhî, Zuhd, 47].

Un autre événement vécu pendant l’Âge d’Or de l’ISLAM exprime merveilleusement la bénédiction de la conformité aux principes prophétiques en ce qui concerne l’alimentation : Le patriarche d’Alexandrie envoya de nombreux cadeaux et un médecin à notre bien-aimé PROPHETE SIDNA MOHAMMED que le SALUT soit sur LUI qui lui dit : « Tu peux retourner vers ta famille. Car nous sommes une tribu qui ne mange que lorsqu’elle a faim. Et quand nous mangeons, nous ne mangeons pas jusqu’à satiété. » [Halabî, İnsânu’l-Uyûn, III, 299]. En effet, ces déclarations prophétiques contiennent la prescription médicale de nombreuses maladies causées par les folies du gaspillage et d’une consommation excessive, dépendant de notre siècle.

De surcroît, ce récit prophétique définit les limites légitimes pour que l’homme réponde à ses besoins : « Mangez, buvez, couvrez-vous et dépensez en aumône sans pour autant tomber dans le gaspillage ni l’orgueil. » [Boukhari, Libas, 1].Il est également rapporté dans un autre Hadith : « Consommer tout ce que tu désires est sans doute une forme de gaspillage ! » [Ibn Majah, Et’ime, 51].Cet état, défini par « voracité ou gloutonnerie » dans la société est également rejeté par notre religion. Il démontre aussi que la possession de biens et d’opportunités ne rend pas légitime la consommation abusive.

Dans notre ISLAM et depuis plus de 14 siècle,  la rationalité est bonnement recommandée et le gaspillage est immoralement fustigé : ALLAH, le Très-Haut a interdit ce gaspillage dans le verset 19 de Sourate AL-ISRA / الإسراء  « Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou [par avarice], et ne l’étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné. » est donc une preuve tangible que la mauvaise utilisation de l’argent est interdite.

Par ailleurs, le Noble CORAN après avoir enjoint le Musulman dans de multiples versets de dépenser son argent dans des causes louables, lui interdit formellement dans autant d’autres versets le gaspillage et la prodigalité et l’invite à emprunter le chemin de la sobriété et de la modération dans ses dépenses. Ainsi, ALLAH, le Très-Haut dit dans le verset 31 de Sourate AL-ARAF / الأعراف « Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de prière, portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez ; et ne commettez pas d’excès, car Il [Allah] n’aime pas ceux qui commettent des excès. »

Aussi, ALLAH, le Très-Haut dans le verset 26-27 de Sourate AL-ISRA / الإسراء avertit « Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables. ».De même,  ALLAH, exalté soit-Il, loue, chez ses serviteurs pieux, la vertu de l’économie, parlant d’eux Il dans le verset 67 de Sourate AL FURQANE « ceux qui, dans leurs dépenses, tiennent un juste milieu, de façon à n’être ni avares ni prodigues.»

Nous saisissons cette chronique pour dénoncer les dépenses débridées et inconsidérées que l’on rencontre dans les cérémonies nuptiales ou même funéraires. De tels événements sont organisés avec peu de sagesse et de raison, car ils dévorent des sommes colossales d’argent qui auraient pu servir dans des choses beaucoup plus utiles pour l’individu et pour la société dans laquelle il vit.

En outre, la surconsommation a un impact négatif sur la biosphère. La production et la distribution de produits alimentaires entraînent une consommation d’eau, d’énergie et de ressources naturelles. La production de viande est également associée à une forte émission de gaz à effet de serre, qui impacte le changement climatique. Ainsi, l’ISLAM appelle les Musulmans à être conscients de leur consommation alimentaire et à éviter la surconsommation, même pendant le Mois de RAMADAN.

Les Musulmans sont encouragés à manger suffisamment pour maintenir leur santé, mais pas au-delà de leurs besoins, et à éviter de gaspiller de la nourriture. L’ISLAM prêche, en outre, les croyants à être conscients de l’impact de leur consommation sur l’environnement et à adopter des comportements durables en réfrénant leurs pulsions d’achats tout en combattant le productivisme et le consumérisme capitalistes.

Le PROPHETE SIDNA MOHAMMED que le SALUT soit sur LUI a déclaré: « Il n’y a pas de Musulman qui plante un arbre ou sème une graine, et ensuite les oiseaux, les hommes ou les bêtes en profitent sans que cela ne lui soit compté comme une aumône. » Ainsi, l’ISLAM encourage les Musulmans à être responsables envers l’environnement et à adopter des comportements respectueux de la biodiversité. A ce titre, derrière ces prix cassés, ne se cachent-ils pas des coûts invisibles qui sont la destruction de l’environnement ? Cette chasse aux bonnes affaires n’est-elle pas une forme de manie à vouloir entretenir des grands-messes consuméristes quand la crise écologique ne cesse de nous rappeler la limitation des ressources et la fragilité des écosystèmes ?  

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La COP30 entre le marteau de la temporisation et l’enclume des tensions géopolitiques

by Mustapha Maghriti 25 novembre 2025
written by Mustapha Maghriti

La COP30 qui réunit chaque année le milieu soucieux de la protection de l’écosystème, responsables politiques, organisations internationales, intellectuels afin de débattre des paris, des challenges et des moyens de cantonner les changements climatiques, a prolongé la fermeture de ses rideaux par un jour supplémentaire jusqu’au Samedi 22 Novembre 2025 à Belém au Brésil.

La COP30 s’est déroulée dans un contexte économique tumultueux, marqué par des tensions géopolitiques d’approvisionnement énergétiques et l’impact du conflit Russo-Ukrainien sur les marchés énergétiques mondiaux.

C’est la première COP en Amazonie, le 20éme anniversaire de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto et le 10éme anniversaire de l’accord de Paris. Elle a lieu dans le pays hôte de l’adoption de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques connue sous l’acronyme CCNUCC, un des traités fondateurs du développement durable, institué en 1992 lors du sommet de Rio de Janeiro sur l’environnement et le développement.

Dix ans après la COP21, qui avait conduit à l’adoption historique de l’Accord de Paris, cette nouvelle conférence représente une étape charnière pour accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques. Les résultats de la COP30 sont essentiels pour le respect des objectifs fixés, en particulier l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels ; un seuil de réchauffement qui est plus que jamais menacé et où chaque dixième de degré supplémentaire accentue les catastrophes climatiques et fragilise la stabilité écologique mondiale.

Le bilan de la COP30 de Belem (Brésil), qui s’est achevée Samedi 22 Novembre 2025, peut se résumer à une montagne accouchant d’une souris, basculant entre une grosse désillusion et un tout petit soulagement. Certes, les délégations de 194 pays sont bien parvenues à un accord, mais celui-ci reste très éloigné de l’épée de Damoclès de l’urgence climatique.

Dans un environnement économique multipolaire, caractérisé par des distensions géopolitiques et commerciales grandissantes, où lesEtats-Unis, première puissance mondiale, contestent le changement climatique marquée par une défiance structurelle entre le Nord et le Sud et où il n’y aura pas eu le sursaut indispensable pour accélérer la mise en œuvre des engagements de l’accord de Paris, adoptés il y a 10 années. Les USA de Donald Trump n’a pas créé de dynamique poussant à remettre en cause la réalité du changement climatique et la nécessité d’agir. Les 194 pays ont réaffirmé avec force leur engagement en faveur du multilatéralisme et de l’accord de Paris.

Le mécompte lié à cette COP30 se mesure essentiellement à ses impasses. Dans le jeu de marchandage des négociations, les grands pays émergents, Inde et Arabie Saoudite en tête, sont parvenus à manœuvrer pour épargner les énergies fossiles, principale source d’émission de gaz à effet de serre. L’Union européenne (UE) a fini par se retrouver isolée, avec les pays Latino-Américains, pour défendre la sortie du charbon, du pétrole et du gaz.

L’UE s’est fermée à toute nouvelle demande financière des pays du Sud dès le début des négociations ;  le Vieux Continent le martèle : il ne veut pas payer seul l’addition après la défection des Etats-Unis, d’autant plus à une époque d’austérité budgétaire et d’offensive populiste contre la transition.

Avouons-le, les COP ne sont que des caisses de résonance de la volonté des pays où chacun défend ses priorités nationales et son modèle de développement à sa guise.

Les 194 pays ont adopté Samedi un modeste consensus sur l’action climatique, sans plan de sortie des énergies fossiles, engagement pris à la COP28 en 2023. Un résultat décevant pour l’Europe face aux pays pétroliers du Nord et du Sud.

Tous les COP qui se sont succédées marquent un hiatus croissant entre l’objet de l’événement — l’ambition climatique mondiale — et son format qui tient parfois plus d’un  » Davos de l’énergie  » que d’une réelle conférence d’États-parties, compte tenu du nombre de « Side Events » où les principaux acteurs économiques présentent leurs annonces en matière de performance climatique. L’événement peine à associer activement la société civile et les différentes parties prenantes et donne souvent l’impression de  » faire entrer les marchands dans le Temple ». Ce déphasage s’est tout particulièrement ressenti à Sharm-el-Sheikh et à Bakou. 

La COP30 aura au moins permis d’acter l’échec du premier objectif de l’accord de Paris, moteur de la coopération climatique : le monde ne va pas réussir à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport au 19éme siècle. Il faut compter  des années de braise,  plus chaudes jamais mesurées sur Terre. Du réchauffement climatique, nous sommes passés à l’ébullition climatique, selon la mise en garde du secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierrez. Et la vie sur terre est questionnée.

C’est une évidence que l’humanité n’est plus indifférente à une planète qui brûle, une terre à sec avec les outrages qui oppriment la biosphère, l’agriculture et la santé humaine. Les immersions, les catastrophes naturelles, les cyclones en sont les meilleures illustrations. Cataclysmes, déluge, calamités qui consistent en épisodes de vagues de chaleur à plus de cinquante degrés à l’ombre, des pluies diluviennes, inondations, feux de forêt, sécheresses, tempêtes et autres ouragans- deviennent de plus en plus fréquents, menaçant de submersion des zones côtières, voire des pays entiers, par la montée des mers rendue inéluctable du fait du réchauffement des océans. Les mutations climatiques rebattent les cartes du pouvoir mondial. Les pays du Sud accusent les pays du Nord d’hypocrisie ; les grandes puissances fossiles défendent leurs intérêts

La communauté internationale doit cesser ses promesses de monts et merveilles et ses attitudes timorées en s’attelant vers la mise en œuvre de résolutions concrètes selon un agenda bien défini en prenant appui sur une volonté politique forte et frontale afin d’inverser le cours orageux de la planète et reprendre le contrôle du climat dans le monde.

A l’issue de la COP30, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies (ONU), a exprimé son regret que la conférence n’ait pas réussi à élaborer un plan de réduction drastique des émissions. Et réduction des émissions une question à laquelle la COP30 n’a pas répondu. Après Belém au Brésil, c’est à la station balnéaire de la côte méditerranéenne à Antalya en Turquie, qui accueillera, du 9 au 20 Novembre 2026, une COP31 qui pourrait encore ressembler à un cha-cha-cha : un pas en avant, un pas en arrière…

Le défunt Hugo Chavez, ex-président du Venezuela était si courageux en disant haut et fort à la COP15 qui s’est tenue à Copenhague en Décembre 2009  « Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé. »

Bien avant que l’écosystème et la biosphère ne deviennent une préoccupation mondiale, le Prophète SIDNA MOHAMMED ﷺ établissait les fondements d’une relation harmonieuse entre l’homme et son environnement. À travers ses paroles et ses actes, il a instauré une vision profonde où la nature n’est pas simplement une ressource à exploiter, mais un dépôt sacré (amânah) confié par Allah à l’humanité.

Alors que notre écosphère piétine devant des crises environnementales sans égal, les enseignements du Prophète SIDNA MOHAMMED ﷺ résonnent avec une actualité percutante. Sa sagesse nous rappelle que la préservation de l’environnement n’est pas une mode éphémère, mais une responsabilité spirituelle viscéralement ancrée dans la tradition islamique.

Le Prophète SIDNA MOHAMMED ﷺ a bien établi il  y a plus de 14 siècle que l’homme, gardien de la terre, que la terre est un espace vivant et sacré, que l’eau est une ressource précieuse à préserver, que la protection des animaux est une miséricorde étendue à toutes les créatures, que les zones protégées sont des précurseurs des réserves naturelles modernes.

Ces principes, établis il y a plus de quatorze siècles par SIDNA MOHAMMED ﷺ, offrent un cadre éthique éminemment pertinent face aux défis environnementaux contemporains. Ils nous rappellent que la protection de l’environnement n’est pas simplement une nécessité matérielle, mais aussi une responsabilité spirituelle et morale.

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Le Sahara Marocain : Majestueusement Marocaine

by Mustapha Maghriti 12 novembre 2025
written by Mustapha Maghriti

Il y a 50 chandelles, 350 000 Marocaines et Marocains, cuirassés et blindés par leur seul Saint CORAN, leur foi et du drapeau patriotique Marocain, déboisèrent du pied la frontière fictive de Tah, comblant et exhaussant ainsi le vœu de l’unicité Marocaine cristallisé par le credo de la Marche Verte qui est la symbiose qui unit indissolublement le Trône et le peuple.

Depuis cette  date et au fil du temps, s’ensuivit un long combat armé, mais surtout politique et diplomatique, contre toutes les manigances, les diableries, les entourloupettes, les démoneries séparatistes, créées, orientées, financées et entretenues par des forces étrangères malveillantes en quête de leadership régional.

Dans cet acharnement porté du plus haut sommet de l’État, à travers l’Institution Monarchique, jusqu’au dernier des citoyens Marocains, les sacrifices consentis et les efforts déployés ont été aussi crucifiant que souffreteux. Même dans les moments difficiles, où l’adversité atteignait son apogée et où les ennemis de notre intégrité territoriale essayèrent de marquer des points, la conviction, la résilience et la persévérance du peuple Marocain n’ont jamais ébranlées. Et moult pays et institutions n’ont pu remettre en cause l’évidence immatriculée sur le sable d’Or Marocain, celle de l’omniprésence légitimaire et légale de l’État Marocain, par toutes ses institutions, militaires et civiles, d’un millimètre du sable du Sahara Marocain.

chaque fraction de seconde, chaque minute, chaque heure, chaque jour, chaque semaine, chaque mois et chaque année passée depuis le 6 Novembre 1975 ont conforté cette essence que garantissent les droits incommutables du Royaume à l’indivisibilité nationale et l’intégrité territoriale, en concordance avec l’Histoire, le Droit international, mais plus encore avec les us de notre ethnie et peuplade Marocaine.

Bétonner la Marocanité de nos provinces du Sud, expliquer la pertinence, la justesse, le bon droit de l’indivisibilité de notre Sahara avec le Royaume, n’ont guère été un fleuve tranquille au fil de ces cinq décades, mais l’inébranlable conviction dans la justesse de sa cause et la légitimité de ses droits, l’acharnement, la bonne foi dans l’infaillibilité de notre bataille de longue haleine pour l’unanimité et l’unicité territoriale ont eu comme dividendes l’immatriculation de nos provinces du Sud sur chaque millimètre de territoire Marocain grâce à la résolution 2797 du conseil du sécurité qui clore définitivement le dossier de ce conflit artificiel, par une solution consensuelle fondée sur l’Initiative d’Autonomie où désormais les provinces du Sud peuvent s’affirmer au sein de leur environnement régional, y compris la région du Sahel et du Sahara, comme un pôle de développement et de stabilité et un axe central de l’activité économique

Ces provinces du Sud, jadis, périphériques sont devenues des pôles de croissance et de séduction, en atteste les indicateurs du Haut Commissariat au Plan HCP  qui sont le recul de la pauvreté, le foisonnement des investissements publics et privés, la hausse du revenu moyen, le développement des infrastructures modernes via des ports en expansion , les exonérations fiscales ou les Universités, hôpitaux, encouragement des IDE à travers l’implantation des entreprises multinationales dans le tissu économique des provinces du Sud;

En cette année 2025, à la date désormais charnière du 31 Octobre 2025 de la résolution du conseil du sécurité saluant le plan d’autonomie Marocain comme la seule et unique base sérieuse, crédible comme solution durable. Et ce titre Onusien, qui valide de manière légale et officielle les revendications territorialistes unionistes légitimes du peuple Marocain, enterre par la même celles illégitimes des mercenaires séparatistes. Il ouvre la voie vers un Maroc Uni, fort et victorieux certes, mais apaisé et plus que jamais ouvert sur son voisinage, car affranchi de tout esprit de rancune où le « le Maroc demeure attaché à la nécessité de parvenir à une solution qui sauve la face de toutes les parties, sans vainqueur, ni vaincu.Le Maroc ne brandit pas ces changements comme un trophée et ne souhaite nullement attiser les antagonismes ou accentuer les divisions.

12 novembre 2025 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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