• Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications
Mustapha Maghriti
Non classé

Reconsidérer les ressorts de la croissance économique au Maroc dans une géopolitique mondiale en crise

by Mustapha Maghriti 30 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

L’amélioration du standard de vie de la population et la garantie du bien être social ne sont-elles pas les ambitions ultimes des pouvoirs publics ? Quelles que soient les politiques suivies, ces aspirations ne peuvent être atteintes sans une croissance économique soutenue et pérenne. La croissance économique est synonyme d’investissement, de production de biens et services, de créations d’emplois et de richesses. Elle assure, lorsque, bien exploitée, la prospérité économique, sociale et humaine.

A l’occasion de la commémoration des 26 ans de règne du King du Royaume Mohammed VI, la croissance économique en 2025-2026, tel est le leitmotiv récurrent qui foisonne aussi bien dans la presse écrite que dans les autres canaux de communication.

Ce vecteur incontournable de la politique économique, en l’occurrence, la croissance économique en 2025 a fait l’objet d’un débat très animé : L’actuel Gouvernement AKHNOUCH soutient le scénario de 4,6% via l’argentière du Royaume Nadia Fettah qui  indiqua que l’économie Marocaine devrait réaliser une croissance d’environ 4,6%, au regard de l’évolution qu’ont connue les principaux indicateurs de la conjoncture. Le Wali de l’Institution d’Emission Abdellatif Jouahri, a présagé un taux de croissance économique de 4,6%, puis se consoliderait à 4,4% en 2026. La boule de cristal du Haut Commissariat au Plan HCP de Chakib Benmoussa, moins généreux, prophétise  un taux de croissance de 4,4 % en 2025, puis de 4 % en 2026. Sur le même registre, le Think-thnak du Centre Marocain de Conjoncture CMC de Habib El Malki augura un trend économique de 3,8%.

Rétrospectivement, dans les années 60 et 70, le Maroc avait l’un des meilleurs taux de croissances au monde avec les fameuses politiques « d’import-substitution » et « Marocanisations » mises en place et se plaçait 2ème dans le monde Arabe après l’Arabie Saoudite.

Notre argumentation est de transcender ce controversé chiffré, notre propos est de dépasser ce débat numérique, de se distancer des chiffres, de s’abstraire des statistiques pour repenser les digues et les entorses à la croissance et ouvrir un débat méthodologique, sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, sur les ressorts de la dynamique économique du Maroc :

■ Faut-il se figer sur des amendements et refontes économiques pour accoucher une croissance économique ?

■ N’est-il pas important et urgent d’abandonner les formules simples et la quête toujours déçue de  » pratiques optimales » au profit d’une analyse économique approfondie de ce qui, au Maroc, fait obstinément obstacle à la croissance ?

■ N’est-il pas primordial de discerner les véritables réformes indispensables à la croissance de celles qui sont simplement et superficiellement souhaitables pour des questions d’efficacité ?

Au Maroc, à l’instar des pays en voie de développement, la nécessite d’assurer une croissance économique forte et durable s’impose comme une panacée pour plusieurs tares qui hypothèquent l’avenir du Royaume. Avec l’accumulation des maux économiques et des déficits sociaux (chômage, pauvreté, perte du pouvoir d’achat, etc.), les solutions conjoncturelles, fragmentaires ou partielles ne peuvent plus servir de remèdes efficaces. Les problèmes doivent être traités à la racine qui les génèrent, et cette dernière n’est autre que la faible croissance économique et la sous utilisation des potentialités du pays. Il est donc impératif de se mettre sur un sentier de croissance forte et soutenue pour sortir le pays du cercle vicieux de sous-optimisation des potentialités et de croissance molle.

L’apostrophe se pose donc avec acuité, pourquoi le Maroc n’a pas pu emprunter le même sentier de croissance que les économies émergentes ? Pourquoi accuse-t-il ce retard ? L’importance d’apporter une réplique à cette interrogation cruciale ne réside pas uniquement dans la compréhension du passé, mais également dans l’identification des pistes qui lui permettraient de rattraper le retard et de le hisser au même niveau de développement que ses semblables. A ce titre, nous ne partageons pas la boutade économique selon laquelle il faudrait 65 ans pour atteindre la Malaisie, 129 ans pour rattraper la Corée du Sud et près de 2 siècles pour atteindre les Etats Unis. Ce schéma Rostowien qui a marqué les années soixante et emprunté du livre « Les étapes de la croissance économique » de Walt Whitman Rostow est complètement dépassé et anachronique.

Que devrions-nous faire pour accélérer la croissance économique? La question est équivalente à s’interroger sur ce qui a retardé le Maroc autant par rapport à ses analogues. Cette interpellation est pertinente parce que plusieurs études ont montré que la croissance n’est pas une fatalité et n’est pas tributaire des ressources naturelles dont est doté le pays, mais elle dépend singulièrement des politiques et des choix faits par le pays, de la volonté et de la détermination de ses dirigeants et élites. L’Etat a un rôle important dans la croissance économique. Il est donc primordial de comprendre comment les choix faits dans le passé par les pouvoirs publics ont affecté la croissance, mais surtout, que doit faire l’Etat pour accélérer la croissance économique et assurer un niveau de vie décent à la population Marocaine.

La croissance de long terme n’est pas synonyme de conjoncture régulièrement favorable à court terme. A long terme, les fluctuations conjoncturelles n’ont que peu d’importance. En effet, des taux de croissance faibles ou élevés dus à des phénomènes conjoncturels tel que les privatisations ou de bonnes années agricoles, n’ont que peu d’impact sur le long terme. La croissance économique est un phénomène de long terme nécessitant des politiques structurelles dont les effets n’apparaissent généralement qu’après plusieurs années. Les politiques conjoncturelles visant à contrecarrer les effets de chocs de court terme n’ont pas d’effet notable sur la croissance économique. En résumé la croissance économique est un objectif de long terme et seules les réformes structurelles peuvent conduire à son amélioration.  

Il en est ainsi de la synergie des politiques vers le système productif Marocain en portant une attention singulière à l’innovation, Recherche&Développement, au know how, et aux PME et PMI véritable mine d’or de richesse et de création d’emplois ; l’expérience de la Malysie n’est-elle pas édifiante à cet égard ?

A cet titre, il importe de signaler que le niveau d’innovation dans l’économie Marocaine approché et appréhendé, aussi bien par la part des biens de haute technologie dans les échanges extérieurs que par le niveau des dépenses en Recherche et Développement dans le PIB, atteste de la minuscule utilisation du progrès technologique et de son faible corollaire sur la croissance économique.

Certes les exportations marocaines des produits à technologie moyenne ont connu une embellie de l’ordre de 43,5% durant la période 2014-2023, contre seulement 28,6% entre 2007 et 2013 en vertu des notes de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du Ministère de l’Economie et des Fiances. Cependant, ce niveau demeure en deçà de celui atteint par la Corée de Sud, la Malaisie ou la Turquie.

En sus, notre système social n’est pas arrivé à sortir du tunnel et du gouffre des inégalités des revenus, à colmater les distorsions sociales et à développer une véritable politique du partage du surplus économique et ce en dépit des dépenses sociales allouées à ce secteur ( plus de 55%) : A l’appui de notre assertion et en vertu du rapport de la boîte des pronostics du Haut Commissariat au Plan HCP : 2/3 du surplus économique échoit au facteur capital et seulement le 1/3 aux salariés.

L’urgent sera de porter soudure sociale et de raccommoder le fossé qui incise les inégalités sociales entre la classe la plus nantie de la classe démunie pour booster une croissance tirée par la demande intérieure dans un contexte de géopolitique mondiale tumultueuse de fragmentation et de protectionnisme.  Cette apostrophe est d’autant plus d’actualité que  la demande intérieure devrait croître de 5,4 % en 2025 et de 4,6 % en 2026, soutenant la croissance du PIB à hauteur de 5,8 points et 5 points respectivement, selon les prophéties du HCP. La consommation des ménages augmenterait de 3,6 % en 2025 et de 3,4 % en 2026, grâce à l’amélioration des revenus agricoles, des salaires, et aux aides sociales, contribuant pour 2,1 points à la croissance sur ces deux années. La consommation des administrations publiques progresserait de 4,1 % en 2025 et de 3,7 % en 2026, ce qui porterait la croissance de la consommation finale nationale à 3,7 % puis 3,5 %, contribuant au PIB de 2,9 points en 2025 et 2,7 points en 2026.

L’autre must est d’orienter les Commandes du Gouvernement vers la capacité d’absorption : La qualité du facteur travail joue un rôle inéluctable dans la courroie de transmission de la croissance et des spillovers positifs. Le déficit de productivité qu’enregistre l’industrie est lié au manque de qualification et de formation de la main d’œuvre: L’effectif employé demeure analphabète comparativement à celui du primaire qui est de  moins de 2% au Chili et de 1,7% en Turquie pour lesquels le taux d’ouvriers ayant le niveau du collège ou du lycée est respectivement de plus 83% et 78%.

Cette situation ne permet pas à la force de travail d’améliorer son aptitude à utiliser et optimiser les technologies disponibles. Devant cet état de fait, comment peut-on appréhender la croissance alors que des ressources humaines restent inemployées, sous utilisées et exclues du processus intrinsèquement lié à la croissance ? La contribution du capital humain dans le processus de production est importante et la qualité du facteur travail joue un rôle majeur dans les mécanismes de croissance. Les investissements éducatifs et technologiques constituent des facteurs de progrès économique et social.

La Main d’œuvre peu qualifiée continue de plomber l’attractivité de l’investissement et ce dans une ère ayant pour jalons des métamorphoses des déterminants de l’investissement où ceux-ci sont fondés sur économie cognitive ayant pour socle la dextérité et la qualification de la main d’œuvre que sur l’anachronique paradigme Ricardien d’une main d’œuvre bon marché et à faible salaire, ainsi que les contraintes inébranlable de Just In Time afin de répondre aux calibres du marché extérieur intransigeant en qualité de produit et de délais de livraison. Faut-il ressusciter et exhumer le célèbre aphorisme économique de l’économiste mercantiliste Jean Bodin « Il n’est de richesses que d’Homme ».

La réalisation d’un objectif de croissance pérenne nécessite, en plus, d’un taux d’investissement, une augmentation de la productivité du travail.

L’amollissement du capital humain au Maroc participe à la baisse de la productivité du travail et à l’insuffisante utilisation des capacités productives. L’élévation de la productivité des investissements à travers l’amélioration des connaissances et des compétences humaines sont déterminants de la croissance économique.

Avouons-le : L’activité économique, au Maroc, se situe à un niveau inférieur à son potentiel de croissance. Elle ne peut pas bénéficier d’externalités positives suffisantes à même d’atteindre le sentier de croissance endogène, ce qui maintient l’économie à un niveau faible et rend la croissance volatile et vulnérable aux chocs interne et externe

En outre, le legs et l’héritage de la pesanteur d’une administration centrale et centraliste leste la réussite d’une croissance qui va vers le développement communal, local et territorial. Sous cet angle, différents économistes ont affirmé au cours des dernières années qu’une des rasions principales pour laquelle les taux de croissance sont différents entre pays est que la qualité de l’environnement économique dans lequel les agents opèrent est différente. Cet environnement comprend les lois, les institutions, les règles, les politiques et régulations gouvernementales du pays. De bonnes institutions sont donc des structures et des lois incitatives qui réduisent l’incertitude et promeuvent l’efficacité et donc contribuent à une plus forte performance économique.

En effet, un environnement qui fournit une protection adéquate pour les droits de propriété et donne aux agents l’incitation à produire, à investir et à accumuler des compétences est un environnement propice à la croissance.

Par ailleurs, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrices de revenus, ne peut être un succédané à une véritable politique de croissance et des revenus dans la durée. La dynamique économique du Maroc doit passer inéluctablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation des ménages et conduire à la croissance et orienter les Commandes Royales vers la voie d’une action sociale régionalisée en osmose avec les agendas de tutelle à caractère social.

Sur ce registre, pour Amartya Kumar Sen, l’un des intellectuels économistes indiens les plus connus et les plus respectés, prix Nobel 1998, spécialiste en développement, le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique en rendant au marché son rôle central par le renforcement des libertés individuelles de choisir et d’entreprendre. Et  pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active et donc, qu’ils aient accès non seulement aux moyens de production nécessaires (la terre, l’eau, le crédit, les marchés) et à des emplois productifs, mais surtout aux services sociaux essentiels, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation ce qui met sur le marbre de l’actualité toute la problématique de la croissance économique et du développement de l’économiste François Perroux. Au Maroc, les déterminants de la problématique de la répartition du revenu, des disparités salariales, des inégalités sociales, demeurent peu débattus, sujets en instance d’analyses requises et vitales à toute politique économique.

Par ailleurs, le pari de l’avenir est d’émanciper la croissance des caprices du temps où gouverner, c’est pleuvoir, des vicissitudes climatiques et la pénétration des marchés extérieurs par une percée d’exportation des produits à haute teneur en matière grise et savoir-faire.

Aussi, Il convient de « recontempler » la politique macroéconomique et de se libérer des contraintes monétaire et budgétaire afin de procéder à des arbitrages plus efficients et équitables. La crise et ses effets ont permis d’établir une nouvelle réflexion sur le rôle de l’Etat dans la régulation et la redistribution. Les plans de soutien ont fait l’unanimité et prouvent que la relance de la croissance économique nécessite une autre orientation que la politique de rigueur.

Par ailleurs, faut-il, à notre sens, se scléroser sur toute une armada de réformes économiques pour générer la croissance ? Ce qui nous exhorte à avancer que le nec plus ultra pour le Team AKHNOUCH est de détecter le minimum et le « SMIG » d’obstacles les plus contraignants de notre économie et de s’atteler à les lever : Car, nous semble-t-il, beaucoup de réformes conduites dans plusieurs secteurs peuvent créer des distorsions imprévues dans d’autres secteurs ; en se concentrant sur le domaine qui bride le plus la croissance, le Maroc aura plus d’aubaine de récolter les fruits de son effort, car pour paraphraser l’économiste Turc Dani Rodrik, pléiade et spécialiste des problèmes de la croissance économique : « Beaucoup de réformes peuvent créer peu de résultats et peu de réformes  peuvent créer beaucoup de résultats »

D’où l’intérêt pour le Team AKHNOUCH d’une évaluation sérieuse, méthodique, méthodologique et sans concessions des lieux de raccordement et de connexion du système productif marocain au système économique mondial.

Le contexte mondial, souvent négligé ou occulté, les choix socio-économiques nationaux, doit gagner sa place et ses lettres noblesse ce qui nous incite à exhumer une des citations indélébiles de Feu SM Hassan II dans son Discours du 20 Août 1993  »  Nous constatons parfois un manque d’analyse concernant la carte régionale et mondiale, pourtant nécessaires pour l’étude de la carte nationale ». Ces niveaux d’observation méthodologique et d’analyse économique peuvent déterminer, à notre sens, la position future et les possibilités d’une meilleure croissance  économique du Maroc. Cela est une question de volonté politique, couplée à des choix économiques et stratégiques pertinentes aussi sur la rigueur de l’analyse et la méthodologie qui prépare la décision et économise les tâtonnements « Walrasiens » inutiles.

30 juillet 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Perdurabilité du déficit commercial au Maroc : Apport analytique sur les causes et solutions

by Mustapha Maghriti 24 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

Au Maroc, le déficit commercial a été toujours caractérisé par la perdurabilité de l’écart entre les exportations et les importations. Pour preuve, le déficit commercial renoue avec la hausse en vertu des estimations du département de Chakib Benmoussa, le Haut-commissariat au Plan HCP contenues dans la nouvelle note de conjoncture N°48, Juillet 2025, publiée Vendredi 11 Juillet 2025 où le déficit de la balance commerciale s’est creusé de 19,1 % du PIB en 2024 à 19,8 % en 2025, puis à 20,1 % en 2026. Cette décélération est imputable à la faiblesse des exportations, freinées par les aléas géopolitiques et le fléchissement économique de l’Union Européenne, principal partenaire commercial du Maroc, alors que la demande intérieure continuerait de tirer les importations vers le haut avec une progression de 8,8 % en 2025 et 7,9% en 2026 ; une dynamique alimentée pour l’essentiel par la demande croissante en biens d’équipement, demi-produits et produits finis, en lien avec la reprise de l’investissement. 

Dans cette chronique, nous avançons que le creusement du déficit commercial en soi ne doit pas porter une connotation péjorative sur la santé économique d’un pays ; il n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : Le déficit commercial des USA, première puissance mondiale, n’est-il pas la meilleure pièce à conviction? Un tel hiatus commercial n’ascensionne-t-il pas à 140,5 Milliards de dollars en Mars 2025, selon les statistiques publiées par le Département Américain du Commerce ?

A notre sens, le danger du déficit commercial est tributaire plutôt de la structure du Commerce Extérieur d’une économie donnée. A titre illustratif, selon que le déficit soit déclenché par une chute des exportations ou par une hausse des importations de biens d’investissement, il peut-être considéré comme une mauvaise ou une bonne nouvelle.

En réalité, notre réflexe à la   » Keynésienne » de considérer les importations comme une fuite du circuit économique et de la richesse d’un Etat, n’est pas toujours justifiée, surtout lorsque l’on considère la nature et l’ossature du commerce mondial dans le contexte de la globalisation. En effet, avec la nouvelle géopolitique mondiale et le fractionnement du processus de production, c’est devenu de plus en plus rare de trouver une économie pouvant produire toute seule un produit de l’amont à l’aval puisque, pour exporter, les producteurs sont obligés d’importer les autres inputs pour l’output en question. Ainsi, davantage d’importations peuvent être nécessaires pour nourrir plus d’investissement, de production et d’exportations nationales. C’est ce raisonnement, au demeurant pertinent, qui semble justifier la position qui considère que l’aggravation du déficit commercial pourrait être le miroir d’une dynamique d’investissement et d’exportation. Cette spéculation peut-elle s’appliquer au cas Marocain ? 

Concrètement, dans le cas de l’économie Marocaine et en vertu des dernières statistiques de l’Office de Change, quand on appréhende que les produits finis d’équipement ont enregistré la hausse plus marquée avec +13,3% ou +7,27 MMDH, on pourrait être tenté d’y imaginer un signe de dynamisme économique. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe dans le cas Marocain : En moyenne, le rehaussement des importations des demi-produits est étiré nommément par les usines de construction Automobile et Aéronautique profitant du  rebond de la demande étrangère, ce qui se traduit par plus d’importations des pièces nécessaires à la production.

Certes, le Maroc a réalisé des avancées notables en matière des exportations Marocaines qui ont grimpées de 185 Milliards de dirhams en 2012 à 455 Milliards en 2024, tirées pour l’essentiel par le secteur automobile avec 157,6 Milliards de DH, en hausse de 6,3%en 2024 notamment avec la construction automobile et le câblage, le phosphate et dérivés  86,75 Milliards de DH (+13,1%) et l’aéronautique  26,44 milliards de DH (+ 14,9%). Cependant, moult challenges structurels persistent : Les exportateurs demeurent vigoureusement polarisées tant sur le plan géographique où plus 75 % sont cantonnées sur le contient Européen, que sur le plan sectoriel où 92 % des produits exportés sont concentrées sur six filières.

En outre, 85 % de l’offre exportable provient de l’axe Tanger-Casa, ce qui révèle une distorsion territoriale que la nouvelle feuille de route du commerce extérieur doit reconsidérer. En sus, et en atteste la récente note de conjoncture du HCP, le taux de couverture des importations par les exportations au Maroc s’est creusé de 1,8 point par rapport à la même période en 2024, pour s’établir à 57,3%, ce qui signifie que sur 100 dhs des importations, 42,7 dhs sont financées par les recettes d’exportation, ce qui signifie que les exportations compensent médiocrement les importations et qu’elles continuent à éroder les recettes en devises.

En sus, une autre carence aussi et non des moindres est l’insuffisance de notre compétitivité étayée, sur la baisse des coûts salariaux à des fins de stratégie d’exportation. A nos sens, la compétitivité internationale ne peut se cantonner au coût du travail. En effet, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux comparativement à d’autres économies telles que la Corée du Sud, la Malaisie, la Turquie ou encore le Taïwan.

Nous pensons que l’atténuation du déficit commercial passe infailliblement par l’amélioration de la compétitivité qui n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance soutenue et inclusive.

Aussi, l’allègement du déficit de la balance commerciale processionne par une plus grande diversification de notre offre exportable, laquelle passe intarissablement par l’amélioration de notre compétitivité qui exige, à son tour, une hausse de notre productivité. La stimulation de la productivité du travail, permettra non seulement de consolider notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité, le know-how et l’innovation.

Par ailleurs, le renforcement de notre commerce extérieur refile à travers des rencontres sectorielles avec les fédérations et les professionnels et des tournées régionales, ainsi qu’une étude rigoureuse visant à identifier les opportunités spécifiques pour chaque marché, chaque produit et chaque segment à même d’offrir aux exportateurs un cadre clair et visible pour choisir les outils adaptés à la diversification de leur offre, à l’optimisation de la qualité, et à l’accès à de nouveaux débouchés. A cet égard, l’un des outils clés présentés à l’occasion de la cérémonie  de lancement officiel de la  nouvelle feuille pour dynamiser notre commerce extérieur sur la période 2025–2027 est la plateforme numérique « One Shop Store Export », pour centraliser les démarches administratives et améliorer l’accès aux dispositifs de soutien à l’export.

En outre, la dynamisation de nos exportations passe par plusieurs chantiers, dont le renforcement de la diplomatie commerciale, la réalisation d’études de marché approfondies, des actions promotionnelles, une offre de formation adaptée, des dispositifs de suivi et d’accompagnement des projets exportateurs, ainsi que l’assurance à l’exportation pour les entreprises exportatrices Marocaines.

C’est dans ce sens et en marge du lancement de la feuille de route pour dynamiser notre  commerce extérieur sur la période 2025–2027, une convention de partenariat a été signée pour la mise en place d’un dispositif national d’assurance-crédit à l’export entre, le Ministère de l’Industrie et du Commerce – Maroc, le Secrétariat d’État chargé du Commerce Extérieur, le Ministère délégué auprès de la Ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations  AMDIE. Ce dispositif constitue une avancée majeure pour permettre aux entreprises Marocaines de conquérir de nouveaux marchés, notamment en Afrique. Il vise à :

– Renforcer la protection des entreprises exportatrices contre les aléas liés au commerce international, en couvrant à la fois les risques commerciaux et politiques ;
– Sécuriser leurs engagements contractuels à l’export, notamment sur des marchés nouveaux ou peu couverts;

– Encourager la diversification géographique des exportations, en facilitant l’accès à 15 marchés africains prioritaires dans une première phase pilote.

De surcroît et au regard des bouleversements géostratégiques et protectionnistes qui fragilisent le commerce mondial, notre Gouvernement, le département chargé du Commerce Extérieur et les organismes sous tutelle doivent insister sur la nécessité de donner aux exportateurs Marocains les moyens de réussir, en consolidant leur présence sur les marchés internationaux pour tirer pleinement profit des immenses potentialités dont dispose l’économie mondiale et ce pour faire du commerce extérieur un moteur de croissance durable, de création d’emplois, une intégration renforcée dans les chaînes de valeur mondiales et un rayonnement du « label made in morocco » à l’international.

Le seul aléa que le Gouvernement et les responsables du commerce extérieur, à tous les niveaux, essaient de maîtriser c’est celui de l’évolution des données macro-économiques mondiales qu’il s’agisse de l’évolution de la demande internationale ou des comportements économiques. L’importance de cet aléa, au regard des mutations profondes de la géopolitique mondiale, crée une asymétrie singulièrement contraignante entre les délais souvent longs des processus d’ajustement et les variations erratiques de la conjoncture internationale. Dans ce contexte en mutation continuelle, la quête de la compétitivité et la dynamisation du Commerce Extérieur, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe.

En somme notre réflexion est qu’au regard de la globalisation (qui est un phénomène dynamique  remettant sans cesse en cause les acquis), maitriser le déficit commercial, dynamiser les exportations Marocaines, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de la compétitivité gérer la compétitivité de l’économie Marocaine est une affaire de longue haleine. Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation acquise dans le Commerce International ; qu’il faut toujours se remettre en cause et ne pas craindre les évaluations périodiques permettant de moduler, au jour le jour si cela est nécessaire, les impératifs de l’ajustement.

Il n’y a pas non plus de petits détails, de grandes mesures ou de mesures à négliger. Tout participe à la compétitivité et la consolidation de nos exportation pour assurer les objectifs stratégiques de la feuille de route pour dynamiser notre commerce extérieur sur la période 2025–2027 qui sont la création de 76.000 postes d’emploi nouveaux, l’élargissement de la base des exportations à travers la création, chaque année, de 400 nouvelles sociétés d’export et la réalisation de 84 Milliards de dirhams (MMDH) supplémentaires dans le secteur de l’export et garantir une balance commerciale viable génératrice de devises extérieures.

24 juillet 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Le 17éme Sommet des BRICS  dans un contexte de multilatéralisme en porte à faux, et le Maroc alors ?

by Mustapha Maghriti 24 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

En la double absence de Xi Jinping Président de la République de Chine et Vladimir Poutine Chef du Kremlin visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, Dimanche 6 Juillet 2025, le 17éme sommet des dirigeants des BRICS a ouvert le bal au Musée d’Art Moderne de Rio Rio de Janeiro au Brésil, réunissant les dirigeants des États membres accueillie par le Président Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Fondé en 2009, cette pléiade a pour ambition de réunir les principales puissances émergentes pour se positionner comme une réplique et riposte à d’autres organisations et groupes internationaux régionaux jalonnés par la mainmise des immensités occidentales, en premier lieu le G7.

Les BRICS s’étendent, au-delà des antagonismes et incohérences, dans la perspective de remettre en cause l’hégémonie occidentale sur l’ordre économique international. En Janvier 2024, ils connaissaient ainsi leur premier évasement avec l’intégration de l’Iran, des Émirats Arabes Unis, de l’Égypte et de l’Éthiopie. Cette extension illustre les développements économiques à l’œuvre sur le continent Africain et la montée en puissance des États du Golfe. L’Indonésie les rejoint en Janvier 2025.

Durant ce sommet, les dirigeants ont débattu, du 6 et 7 Juillet, du protectionnisme Américain, de la refonte des institutions financières internationales, du commerce, l’investissement, la coopération financière, l’intelligence artificielle, la santé mondiale, de la transition énergétique, des conflits de Gaza à l’Ukraine et  sur lesquels les BRICS ambitionnent de se poser en médiateurs. Mais ces aspirations piétinent devant des contradictions internes, à l’instar de l’Inde, qui voudrait profiter des absences pour s’imposer tout en se méfiant de l’influence Chinoise. L’Afrique du Sud tente de préserver sa neutralité via un équilibre entre ses partenaires BRICS et ses liens économiques avec l’Occident. Et le Brésil joue la carte du « Sud global » sans vouloir rompre avec les pays du G7. Succinctement, chacun défend ses intérêts, sans véritable vision commune.

A-t-on appris en géopolitique et en relations internationales, le multilatéralisme repose sur la coopération, la confiance, la médiation et la convergence des intérêts. Cependant, plus de 16 chandelles après sa création et sur le marbre de la réalité, les BRICS représentant plus de 51% de la population mondiale et environ 40% du PIB mondial est souvent une addition d’intérêts nationaux divergents, un attroupement sans coordination réelle.

Au regard d’un ce contexte tumultueux, et face à une économie mondiale en forte reconfiguration géopolitique et géostratégique, plusieurs questions globales intéressant tous les États et les peuples et l’apparition de nouvelles et émergentes puissances internationales pour paraphraser les proses de la parénèse royale adressée à la 1ère Conférence des Ambassadeurs, le 30 Octobre 2013. L’apostrophe qui nous interpelle : Le Maroc doit-il intégrer le groupe des BRICS alors que d’autres pays postulent encore et encore pour regagner un « Pool » qui appelle ostensiblement à la fondation d’une orbite d’influence mondial substitutif, y compris des concurrents à l’omnipotence du billet vert Américain, ou de rester entre les deux pôles, contribuant ainsi à une multipolarité dans la géostratégie mondiale ?

Nous pensons, qu’en dépit des dissimilitudes au sein du groupement et face à une géopolitique mondiale protectionniste et un multilatéralisme en porte à faux, avec les BRICS, et sans occulter le dossier du Sahara qui est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international, et l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats que le Royaume établit, souligné majestueusement par le Souverain Marocain dans son discours adressé à la Nation le 20 Août 2022, le Maroc pourra continuer sa diversification commerciale qu’elle a déjà entamée diligemment à partir de 2015. 

En regagnant les BRICS, l’économie Marocaine pourra accéder au plus grand marché mondial avec 3 Milliards de consommateurs à travers la Chine ( 1,41 Milliards de consommateurs), le marché le plus peuplé de la planète, suivi de l’Inde ( 1,3 Milliards), loin derrière le Brésil ( 218,5 Millions) et la Russie ( 175 millions d’habitants), ce qu’on appelle dans la littérature de l’économie de développement, le cercle vertueux de la Croissance tirée par les exportations (Export Led Growth).

Aussi, le Maroc pourra profiter d’une demande étrangère tirée par la dynamique économique des BRICS où ces dernières années, ils ont connu une croissance sensationnelle, surpassant le G7 en termes de part du PIB mondial ; une croissance économique principalement portée par la Chine et l’Inde, mais les autres membres du groupe contribuent également à cet essor.

En outre, au regard des contraintes d’Efficient Consumer Response, Quick Response et de Just In Time, le Maroc sera acculé pour s’aligner à l’économie cognitive et de la connaissance en améliorant la qualité et l’innovation de ses produits afin de les rendre plus compétitifs face aux critériums de l’exigence du marché des BRICS, débouché intransigeant en termes de coûts, de qualité de produit et de délais de livraison, ce qui stimulera, de facto, la compétitivité du Label Maroc aussi bien sur le grand marché des BRICS que sur d’autres débouchés mondiaux. 

En sus, l’élargissement des BRICS, avec l’intégration de nouveaux membres comme l’Arabie Saoudite, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Égypte et l’Éthiopie et récemment l’Indonésie ou d’autres pays dans le futur, le tissu économique Marocain deviendra un site d’accueil pour les capitaux étrangers en ouvrant de grandes opportunités d’investissements pour les membres des BRICS et attirera des investissements directs étrangers IDE ce qui renforcera les capacités de production, d’investissement et d’exportation du Maroc.

Se rallier avec le groupement des BRICS ne doit en aucun cas avoir une connotation péjorative de rupture avec les clauses de nos partenaires occidentaux à l’instar de l’accord d’association avec l’Union Européenne et l’Accord du libre échange avec les Etats Unis, car faut-il le rappeler les BRICS ne représentent pas manifestement une alliance anti-Américaine ou anti-Occidentale, ni un groupement d’obédience socialiste ou communiste, mais devra être perçu comme le pendant logique de notre politique de diversification stratégique de notre commerce extérieur, qui porte ses fruits année après année.

In fine et au-delà de la conséquence logique de la maturation de notre diversification commerciale et de notre offre exportable, ne s’agit-il pas de positionner l’économie Marocaine dans l’échiquier mondial multipolaire qui se dessine jour après jour dans la cartographie de la géopolitique mondiale, avec un rythme  de plus en plus soutenu et profiter des aubaines offertes par la multipolarité ?

24 juillet 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quel financement du développement en Afrique dans une géopolitique en fragmentation ?

by Mustapha Maghriti 23 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

Dans une globalisation en pleine réfection jalonnée par le fractionnement potentiel de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord -OTAN-, le retour de Donald.Trump au bureau ovale, les antagonismes systémiques entre grandes puissances, et la fragmentation du multilatéralisme, l’Afrique s’expose et endure les rétroactions des crises multidimensionnelles de la géopolitique mondiale, spécifiquement l’aggravation de la pauvreté, l’exclusion sociale et inégalités entre pays et régions. Ces fragilités émincent l’efficacité des actions menées pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable ODD à l’horizon 2030, et réduisent à peau de peau le dénouement de l’ambition d’une Afrique prolifique, florissante et opulente.

Toutefois, ces défis ne doivent pas dissuader les décisionnaires Africains de la quête d’aller de l’avant. Encore plus, l’Afrique doit reconvertir et réorienter ces obstacles en opportunités de dynamique économique et sociale et de prendre le contrôle complet de sa mission et destinée, propos du discours Royal Souverain Marocain adressé aux participants à l’édition 2025.

Aussi, face au jaillissement d’un ordre économique mondial fragmenté, marqué par de fortes tumultes géopolitiques, les irrégularités dans les chaînes d’approvisionnement et un retour des murailles protectionnistes matérialisés par la montée des droits de douane, repenser l’intégration régionale économique de l’Afrique, intensifier ses envergures financières et élargir son potentiel commercial s’avère une ambition  inéluctable invoquée à Abuja au Nigeria lors des 32éme Assemblées annuelles d’Afreximbank autour d’un thème évocateur « Construire l’avenir sur des décennies de résilience » qui ont réunis les dirigeants Africains pour poser les jalons d’un nouveau modèle de résilience continentale. Sous cet angle, l’intégration commerciale de l’Afrique est une exigence pressante et inévitable dans une géopolitique mondiale mouvementée et de plus en plus protectionniste  où le prorata du commerce de l’Afrique dans l’échiquier mondial ne dépasse guère les 3%. Aussi, nonobstant le commerce intra-africain a progressé de 12,4 %, atteignant 1.500 Milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque Afreximbank, ces flux commerciaux participent seulement de 16% au volume total du commerce dans le continent, contre plus de 60% en Europe et 50% en Asie.

De ce fait, le lançage de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECAF représente une véritable aubaine pour aiguiser le commerce inter et intra-africain et en faire un catalyseur de croissance et de développement inclusif perdurable pour l’Afrique, promouvoir l’industrialisation  des pays Africains et renforcer la fertilité du climat des affaires et son attractivité pour les investissements directs étrangers IDE, ainsi que la consolidation de la flexibilité des économies Africaines face aux chocs exogènes d’une géopolitique en crise.

En sus, il est impérieux d’accélérer les réformes en lien avec à la bonne gouvernance, l’amélioration du climat de l’investissement des affaires économiques internationales, à la protection des investisseurs nationaux et étrangers, à la lutte contre la corruption, et à l’impartialité du système judicaire afin de garantir un entreprenariat Africain transparent, féconde, dynamique vertueuse porteuse d’investissements productifs, de croissance, et d’emplois.

En outre, avec un gisement incommensurable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques que recèle le continent, les économies Africaines  ne doivent plus se contenter et se cantonner à exporter ses matières brutes. L’Afrique doit exploiter  amplement ses inouïs richesses naturelles à travers une industrialisation de 2éme génération garantissant l’investissement dans la transformation, la valorisation locale de ses opulences minières, ainsi que l’industrialisation de 3éme génération utilisant et exploitant les cercles vertueux de l’intelligence artificielle à même de secréter des valeurs ajoutées cognitives, des emplois, de générer des revenus destinés à financer son développement et s’aligner à l’économie du savoir et de la connaissance.

Dans ce contexte, notre patrie ne s’affirme-t-il pas, dorénavant, comme un catalyseur stratégique des partenariats Africains et joue, de ce fait, un rôle raccordement entre les différentes régions du continent et les pays du Sud à travers le lancement des projets structurants qui vont moduler robustement le paysage économique et social de l’Afrique à l’instar du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) qui constitue une véritable coursive d’intégration et de développement économique ou récemment l’Initiative Atlantique qui va changer la géopolitique de l’Afrique via  l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. A ce titre, faut-il souligner que l’Afrique atlantique comme espace de partenariat ne peut en aucun cas être en concurrence avec l’Union Africaine et les organisations sous régionales. Elle devrait être perçue comme une dynamique complémentaire au processus d’institutionnalisation de la gouvernance de l’Afrique.

Et pertinemment, pour assurer une telle dynamique économique et mener à bien ses réformes économiques, politiques et sociales, la mobilisation des ressources financières demeure une condition sine qua non pour la réalisation d’une croissance perdurable et inclusive des économies Africaines.

Sous cet angle, l’Afrique est interpellée à une plus grande mobilisation de ses ressources financières domestiques et à l’édification de réformes structurelles pour consolider les fondamentaux économiques. En sus, elle doit mettre au point des mécanismes innovateurs de financement du développement et profiter diligemment des transferts financiers de la diaspora Africaine. A cet égard, le continent Africain ne peut pas compter intrinsèquement sur l’Aide publique au développement ou les financements externes qui sont, par essence, engendreurs d’endettement.

A cet égard, les efforts doivent être déployés sur les volets national, régional et international pour colmater les carences du financement de la gouvernance pour accoucher une Afrique resplendissante et dynamique.

Néanmoins, à l’approche de l’agenda 2030 du Programme de Développement Durable adopté par les Nations Unies en 2015 visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et protéger la planète d’ici 2030, l’apostrophe du financement du développement de l’Afrique doit interpeller les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants politiques et intellectuels pour le prochain Sommet sur les ODD ; objectifs qui s’enlisent dans la crise climatique, les fluctuations économiques, les conflits et les tensions géopolitiques.

L’accès aux financements concessionnels à des prêts à taux d’intérêt bonifiés, le renforcement des capacités des institutions financières régionales pour soutenir les économies Africaines, l’amélioration de la représentativité de l’Afrique, dans toute sa diversité, au sein du système financier international, la réduction des taxes sur les transferts de fonds de la diaspora Africaine, ne sont-ils pas autant de réclamations et des doléance légitimaires et justifiées auxquelles il convient d’apporter des répliques ?

Sous cette option, La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) qui se tient  au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville en Espagne, du 30 Juin au 3 Juillet 2025 représentera une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, en donnant une impulsion à la réforme de la charpente financière internationale, et de relever les challenges qui obstruent et retardent l’investissement impératif immanquable et infaillible à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Dans le même ordre d’idées, 10 ans après l’Agenda d’Addis-Abeba, cette 4ème Conférence Internationale sur le Financement du Développement visant à répondre aux défis actuels (crise de la dette, inégalités croissantes, urgence climatique et fragmentation des financements) est une occasion inouïe à établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût et permettra aux pays Africains, confrontés à des taux d’endettement trop importants, qui consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à des secteurs essentiels, de poursuivre leur dithyrambe en faveur de solutions urgentes comme la santé, l’éducation.

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement doit  repenser les instruments financiers mondiaux au service du développement durable de l’Afrique à travers un débat substantiel sur la refonte de l’ossature financière internationale en adoptant une approche multilatérale, engageant fondamentalement les économies Africains qui sont trop souvent exclues dans le processus d’élaboration des règles du système financier international en garantissant l’intégration des financements climatiques et de la biodiversité dans une approche cohérente pour une transition écologique juste de l’Afrique.Ce remodelage financier inéluctable doit assurer, plus singulièrement, la consolidation de la représentation légitime de l’Afrique au sein des instances financières internationales, permettant d’avoir des solutions innovantes, solidaires et adaptées aux réalités des économies Africaines.

23 juillet 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Après  50 chandelles, quels challenges de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest CEDEAO ?

by Mustapha Maghriti 6 juillet 2025
written by Mustapha Maghriti

La Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest connue sous l’acronyme CEDEAO vient  de commémorer ses 50 chandelles d’existence à Abuja. La CEDEAO est née le 28 Mai 1975 suite à la signature du Traité de Lagos formée par quinze pays membres sous forme d’organisation intergouvernementale. Et les cérémonies continuent à se dérouler depuis plusieurs mois dans l’espace Ouest-Africain, malgré que cet anniversaire soit flétri par le retrait de trois pays Burkina-Faso, Mali et le Niger, désormais regroupés au sein de la Confédération des États du Sahel CES appelée aussi Alliance des États du Sahel AES, et qui entendent mettre en œuvre leur propre programme économique.  

Après 50 bougies, le principal acquis de la CEDEAO est la libre circulation des biens et des personnes ; un acquis qui a permis spécifiquement de consolider le homogénéité et la cohésion économique entre les États membres où un seul document de voyage est aujourd’hui nécessaire pour franchir les frontières des 12 pays fluidifiant les déplacements de plus de 400 Millions de citoyens contrairement aux années 1970 connues par des expulsions massives des ressortissants Ouest-Africains. Aussi, dans l’espace CEDEAO, les investisseurs peuvent créer des unités de production dans n’importe quel tissu économique des 15 États membres.

Par ailleurs, parmi les principales concrétisations de l’organisation intergouvernementale, on note des investissements dans l’approvisionnement énergétique, la sécurité alimentaire de la région grâce à l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation qui gère le stock de céréales permettant d’approvisionner les États membres en cas de famine. Ces réalisations de la CEDEAO ont permis de raffermir la résistance à l’extrémisme haineux, à la criminalité transnationale organisée, aux chocs économiques liés à la croissance démographique. Paix, sécurité et prospérité de la région sont liées à une CEDEAO plus intégrée.

En outre, la CEDEAO se félicite du renforcement de son marché commun avec une union douanière au sein de son espace régional et de la structuration d’une stratégie régionale de valorisation du capital humain permettant d’exploiter les compétences des jeunes et à combler l’hiatus hommes/femmes au sein de l’espace CEDEAO .

Parmi les réussites de la CEDEAO, il y a notamment le système d’échange d’énergie électrique Ouest-Africain West African Power Pool WAPP qui a permis de mutualiser la production et le transport d’électricité en Afrique de l’Ouest. Au total, 7.000 Kilomètres de lignes électriques sont à ce jour interconnecté, soit 4 terawatts-heure par an, le double de ce qui est échangé entre les pays d’Afrique de l’Est. L’ambition de la CEDEAO dans cinq ans est d’atteindre 16.000 Km de lignes interconnectées.

Toutefois ces acquis évoqués ne doivent pas occulter les difficultés et les défis qui attendent l’espace CEDEAO. En effet, beaucoup reste à faire en matière d’intégration économique : les échanges commerciaux entre les pays membres restent limités (à moins de 15%) par rapport à d’autres blocs régionaux comme l’Union européenne, le MERCOSUR et l’ASEAN. Parmi les entraves, le coût élevé des transactions, la carence des infrastructures de transport, les complexités administratives, la spécialisation commerciale limitée avec une production étayée pour l’essentiel sur les matières premières, le commerce informel et la faible diversification des exportations.

En sus, le problème de la monnaie commune continue à diviser les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine Uemoa, ayant le franc CFA comme monnaie commune, et ceux de la CEDEAO qui ont leurs propres monnaies, dont le Nigeria et le Ghana, deux puissances économiques et démographiques de la région.

A ces divisions s’ajoutent des évolutions récentes, la sortie des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Mali, Burkina-Faso, Niger) ; une sortie qui fragilise non seulement la CEDEAO qui se voit réséquer de près de 5°% de sa superficie, mais aussi menace l’avènement de la monnaie unique de la région. En dépit de ces écueils, la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réitéré son engagement à introduire une monnaie régionale unique, l’Eco, d’ici 2027. Ce plan ambitieux, discuté lors de la récente réunion du Conseil de convergence de la CEDEAO à Nigeria, vise à remplacer les monnaies nationales des douze États membres de l’Union par l’Eco. Une monnaie unique qui pourrait amortir les chocs des fluctuations des taux de change qui gonflent le coût des biens importés, pourrait encourager le commerce entre les 12 pays membres, réduire les coûts de transaction et renforcera l’intégration économique et la stabilité financière, ce qui est particulièrement crucial dans le contexte actuel d’instabilité régionale et mondiale.

Autres menaces, la CEDEAO est confrontée à une violence extrême et à des attaques terroristes qui déstabilisent les États membres, ainsi que l’instabilité politique, les flux d’armes illicites et la criminalité transnationale organisée  qui s’étendent également à des pays limitrophes.

En somme, après 50 années d’existence, plusieurs challenges attendent la CEDEAO, à l’instar des entraves liées à l’intégration économique régionale, notamment la faible intégration commerciale, la pauvreté et les inégalités socio-économiques entre les États membres. De surcroit, l’Organisation intergouvernementale est confrontée aux multiples problèmes de changement climatique et ses conséquences, notamment la sécheresse et les inondations qui affectent la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des populations. Aussi, la CEDEAO doit gérer les tensions internes, comme le retrait récent de plusieurs pays membres et les transitions politiques militaires, ainsi que le terrorisme et l’instabilité politique.

6 juillet 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Quel financement de la Gouvernance en Afrique à l’ère d’une géopolitique mondiale en recomposition?

by Mustapha Maghriti 29 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Après quatre années de stagnation presque totale, la gouvernance globale en moyenne sur le continent Africain a cessé de progresser depuis 2022, alors que la montée des conflits et de l’insécurité ainsi que le rétrécissement de l’espace démocratique ne cessent de se dégrader. En effet, selon le dernier rapport Ibrahim Governance présenté à Marrakech,  à l’occasion de l’édition 2025 du «Ibrahim Governance Weekend », qui s’est tenu sous le Haut Patronage du Souverain Marocain, l’Indice Ibrahim de la Gouvernance IIAG en Afrique 2024 qui évalue les performances et les tendances de la gouvernance publique dans les 54 pays Africains portant sur la décennie 2014- 2023, la gouvernance sur le continent africain a cessé de progresser, alors que sécurité et démocratie continuent de se dégrader, compromettant les avancées substantielles réalisées en matière de développement humain et économique.

Faut-il rappeler que la Fondation Mo Ibrahim a été crée en 2006 par l’homme d’affaires Mo Ibrahim. Basée à Londres et à Dakar, au Sénégal, elle œuvre au renforcement de la gouvernance et du leadership en Afrique à travers ses initiatives clés: stimuler le débat sur la gouvernance, fournir des critères permettant aux citoyens et aux gouvernements de mesurer les progrès accomplis en matière de gouvernance, saluer la réussite en matière de leadership sur le continent Africain et fournir aux dirigeants d’excellence les moyens de continuer à contribuer à l’avenir de leur continent à l’issue de leur mandat national, et, enfin, conforter les futurs dirigeants du continent Africain. Et Commentant les résultats de l’IIAG 2024, Mo Ibrahim, fondateur et président de ladite Fondation, a déclaré : « L’IIAG 2024 nous rappelle froidement la menace que l’aggravation de la crise sécuritaire et le rétrécissement de l’environnement participatif font peser sur les progrès de l’Afrique. Certes, cette situation reflète aussi la crise mondiale. L’escalade des conflits et la méfiance croissante à l’égard des institutions et des valeurs démocratiques ne sont pas le seul apanage de l’Afrique. Ils s’observent partout dans le monde. Mais cette situation est particulièrement préoccupante en Afrique, car elle remet en jeu les progrès accomplis en matière de développement économique et social et les challenges du futur.

Aussi, dans une géopolitique mondiale en pleine recomposition, dans un contexte international marqué par l’incertitude stratégique, le retour de la guerre en Europe bouleversée par la guerre en Ukraine, la fragmentation potentielle de l’OTAN et la montée des tensions sino-américaines, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les rivalités systémiques entre grandes puissances et la fragmentation du multilatéralisme, l’Afrique subit de plein fouet les rejaillissements des crises multidimensionnelles de l’économie mondiale, notamment l’aggravation de la pauvreté, l’exclusion sociale et les dissonances entre pays et régions. Ces vulnérabilités amenuisent l’efficience des contenances menées pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable ODD à l’horizon 2030, et réduisent à peau de chagrin, la concrétisation de l’objectif d’une Afrique florissante et prospère.

Toutefois, ces challenges conjoncturels ne doivent pas dissuader les décideurs Africains de l’ambition d’aller de l’avant. Encore plus, l’Afrique doit transsubstantier ces contraintes en opportunités de croissance, de développement et prendre le contrôle complet de sa destinée, propos du discours Royal Souverain Marocain adressé aux participants à l’édition 2025 du Forum « Ibrahim Governance Weekend » qui a ouvert ses travaux dimanche 1 Juin 2025 à Marrakech dont la lecture a été donnée par le conseil Royal André Azoulay.

Aussi, au regard de l’émergence d’un ordre mondial fragmenté, marqué par de fortes tensions géopolitiques, des réalignements économiques, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement un retour du protectionnisme incarné par la montée des droits de douane, repenser l’intégration économique de l’Afrique, renforcer ses capacités financières et libérer son potentiel commercial s’avère un objectif incontournable évoqué à Abuja au Nigeria lors des 32éme Assemblées annuelles d’Afreximbank autour d’un thème évocateur « Construire l’avenir sur des décennies de résilience » qui ont réunis les dirigeants Africains pour poser les bases d’un nouveau modèle de résilience continentale. A ce titre, l’intégration économique du continent noir  est une nécessité impérieuse dans une géopolitique mondiale agitée où la part de l’Afrique dans le commerce mondial ne dépasse pas les 3%. De même, quoique le commerce intra-africain a progressé de 12,4 %, atteignant 1 500 Milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque Afreximbank, ces échanges représentent seulement 16% du volume total du commerce dans le continent, contre 60% en Europe et 50% en Asie.

De ce fait, le lancement de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECAF constitue une réelle aubaine pour aiguillonner le commerce entre les pays africains et en faire un catalyseur de croissance et de développement durable pour l’Afrique, promouvoir l’industrialisation et renforcer la flexibilité des économies africaines et leur attractivité pour les investissements directs étrangers IDE.

Par ailleurs, dans l’ambition de créer une séquence vertueuse porteuse de croissance, d’investissements et d’emplois, il est primordial d’accélérer les réformes relative à la bonne gouvernance, à l’amélioration du climat de l’investissement des affaires, au renforcement de la transparence, à la protection des investisseurs, à la lutte contre la corruption, à l’indépendance et l’impartialité du système judicaire afin de garantir un entreprenariat fertile et dynamique

En outre, avec un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques, ainsi que  40 % des réserves mondiales de matières premières et 30% des minéraux critiques, l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières. L’Afrique de tirer pleinement parti de ses énormes richesses à travers une industrialisation garantissant l’investissement dans la transformation et la valorisation locale de ses richesses naturelles, la création de chaines de valeur régionales à même de créer des valeurs ajoutées et des emplois, de générer des revenus destinés à financer son développement comme il a été souligné dans la rhétorique Royale.

Dans ce contexte, le Royaume ne s’affirme-t-il pas, dorénavant, comme un catalyseur stratégique des partenariats Africains et joue, de ce fait, un rôle raccordement entre les différentes régions du continent et les pays du Sud à travers  lancement des projets structurants qui vont moduler robustement le paysage économique et social de l’Afrique à l’instar du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) qui constitue une véritable coursive d’intégration et de développement économique ou récemment l’Initiative Atlantique qui va changer la géopolitique de l’Afrique via  l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. A ce titre, faut-il souligner que l’Afrique atlantique comme espace de partenariat ne peut en aucun cas être en concurrence avec l’Union Africaine et les organisations sous régionales. Elle devrait être perçue comme une dynamique complémentaire au processus d’institutionnalisation de la gouvernance de l’Afrique.

Et pertinemment, pour assurer une telle dynamique économique et mener à bien ses réformes économiques, politiques et sociales, la mobilisation des ressources financières demeure une condition sine qua non à la réalisation d’une croissance perdurable et inclusive des économies Africaines.

Sous cet angle, le Souverain Marocain appelle à un changement de paradigme dans le financement du développement où l’Afrique est interpellée à une plus grande mobilisation de ses ressources financières domestiques et à l’édification de réformes structurelles pour consolider le cadre macroéconomique. En sus, elle doit mettre au point des mécanismes innovants de financement du développement et bénéficier diligemment des transferts financiers de la diaspora Africaine. A cet égard, l’Afrique ne peut pas compter exclusivement sur l’Aide publique au développement ou les financements externes qui sont, par essence, engendreurs de dettes.

A cet égard, les efforts doivent donc être déployés sur les volets national, régional et international pour colmater les carences du financement de la gouvernance pour accoucher une Afrique resplendissante et dynamique.

Néanmoins, à l’approche de l’agenda 2030 du Programme de Développement Durable adopté par les Nations Unies en 2015 visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et protéger la planète d’ici 2030, l’apostrophe du financement du développement de l’Afrique doit interpeller les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants politiques et intellectuels pour le prochain Sommet sur les ODD ; objectifs qui s’enlisent dans la crise climatique, les fluctuations économiques, les conflits et les tensions géopolitiques.

L’accès aux financements concessionnels à des prêts à taux d’intérêt bonifiés, le renforcement des capacités des institutions financières régionales pour soutenir les économies africaines, l’amélioration de la représentation de l’Afrique, dans toute sa diversité, au sein du système financier international, la réduction des taxes sur les transferts de fonds de la diaspora africaine, ne sont-ils pas autant de réclamations et des doléance légitimes auxquelles il convient d’apporter des répliques ?

Sous cette option, La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) qui se tiendra au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville en Espagne, du 30 juin au 3 Juillet 2025 représentera une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, y compris en donnant une impulsion à la réforme de l’architecture financière internationale, et de relever les défis qui freinent l’investissement urgent nécessaire à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Dans le même ordre d’idées, 10 ans après l’Agenda d’Addis-Abeba, cette 4ème Conférence Internationale sur le Financement du Développement visant à répondre aux défis actuels (crise de la dette, inégalités croissantes, urgence climatique et fragmentation des financements) sera une occasion inouïe à établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût et permettra aux pays Africains, confrontés à des taux d’endettement trop importants, consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à des secteurs essentiels comme la santé ou l’éducation, de poursuivre leur dithyrambe en faveur de solutions urgentes.

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement doit  repenser les mécanismes financiers mondiaux au service du développement durable à travers un débat substantiel sur la refonte de l’ossature financière internationale qui devrait adopter une approche multilatérale, engageant fondamentalement les économies Africains qui sont trop souvent exclues dans le processus d’élaboration des règles du système monétaire et financier mondial.

Ce remodelage financier inéluctable doit assurer, plus singulièrement, la consolidation de la représentation légitime de l’Afrique au sein des instances financières internationales, permettant d’avoir des solutions innovantes, solidaires et adaptées aux réalités des économies Africaines.

29 juin 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Baccalauréat 2025 et l’énigme des Mentions au Maroc

by Mustapha Maghriti 19 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le Samedi 14 Juin 2025 était le jour J qui tenait en haleine tous les bacheliers du Maroc ; il était un jour J exceptionnel pour tous les bacheliers du Royaume. Résultat : Ils étaient 250.075 candidats et candidates à avoir décroché le précieux titre du Baccalauréat pour cette année 2025, soit un taux réussite de 66,8% contre 67,86% lors de la session ordinaire de 2024. Celui des filles s’élève à 71,3%, tandis que celui des garçons est de 61,81%.

Concernant les filières internationales du baccalauréat marocain, le taux de réussite s’est établi à 68,95% contre 76,15% pour les filières professionnelles.

Ultime sésame pour les lycéens, l’obtention du Baccalauréat enclore le cycle éducatif secondaire ouvrant ainsi les portes des études supérieures, dernière étape – et non la plus facile- avant l’emploi et la vie professionnelle active.

L’affichage des résultats du Baccalauréat de ce jour J donna lieu à des scènes qui témoignent de l’importance que continue à constituer cette « schibboleth » pour les lycéens et leurs familles. Entre pleurs et détresse des recalés et bonheur des nouveaux bacheliers, le Baccalauréat est un phénomène sociétal qui continue à impacter viscéralement, les vies et les parcours.

Rétrospectivement, entre 2007-2008, le taux de réussite était de 44%, ce taux de réussite a gravi, en une seule année, de près de 8,19 points entre 2019 et 2018. Faut-il rappeler qu’en une seule décennie, il a sauté de 28 points et de 17 points en 2 ans, après une évolution en dents de scie entre 2007 et 2015. 

La meilleure moyenne a été obtenue au niveau de l’Académie régionale de Casablanca-Settat dans la branche Sciences physiques– option française (19,61 sur 20) selon les chiffres officiels du département de Saad Berrada. 

La deuxième meilleure moyenne nationale a été obtenue dans la région de l’Oriental, avec une moyenne de 19,59 en Sciences physiques, option française. La troisième moyenne nationale a été obtenue dans la région Dakhla-Oued Eddahab avec une moyenne de 19,51.

Par ailleurs, le nombre de candidats ayant obtenu une mention parmi les candidats scolarisés et libres s’est élevé à 152.261, soit 54,9% du total des admis.

152.261candidats ont obtenu leur Baccalauréat avec mention, soit 54,9% de l’ensemble des bacheliers avec une hausse de 3,44% par rapport à 2023.

Même en France, la hausse spectaculaire du taux de réussite est accompagnée par une recrudescence du taux de mentions délivrées aux résultats du Baccalauréat. La croissance du taux de réussite au Baccalauréat s’accompagne d’une forte augmentation du nombre de mentions. En 1967, seulement 32% des bacheliers obtenaient une mention. En 2022, ce sont 58,8 % des candidats (toutes filières confondues) ont décroché une mention, soit presque un candidat sur deux. 

Au Maroc, il y a plus dix ans, le taux de réussite au baccalauréat ne dépassait guère les 35%. 

L’apostrophe qui nous interpelle : Que s’est-il passé en moins de deux décennies pour qu’on ait atteint un tel niveau de réussite dans un laps de temps très court, et que les mentions BIEN et très BIEN soient distribuées à discrétion ? 
Serait-ce imputable à un coup de balai du diplôme ou à des candidats bien plus doués, plus clairvoyants, plus perspicaces que notre génération et la génération qui nous a précédés? Serait-ce assignable à un système de notation courtisanesque ? Serait-ce attribuable à un système éducatif miséricordieux par lequel certaines écoles privées gratifieraient leurs élèves de notes non méritées ? 

Ou serait-il le signe d’un investissement accru des élèves mieux préparés, et plus motivés, entraînant de fait ce crescendo de niveau des mentions ? La réforme du Baccalauréat à travers la valorisation du contrôle continu et le développement des cours particuliers a pu-t-elle aider bon nombre d’élèves en le permettant d’obtenir plus aisément une mention ?  

L’enjeu d’obtention de bonnes notes au baccalauréat a eu une conséquence que nous  considérons négative, à savoir la focalisation excessive des familles sur la préparation en quantité et non en qualité de l’examen et de ce fait nous nous sommes malheureusement retrouvés avec des étudiants qui sont plus préparés pour affronter l’examen, que préparés à affronter la vie.

De ce fait, ce qui devrait, de prime abord, s’apercevoir et se dévoiler comme une nouvelle exhilarante nous interpelle à poser plusieurs interrogations. 
Avec un indice de développement de 0,683, le Maroc occupe la 120éme rang, derrière notre limitrophe l’Algérie qui se classe au 96éme rang,  ou l’Egypte (100éme rang),  ou notre rival la Tunisie qui se classe au 105éme rang, le Gabon (108éme rang), le Botswana (111éme rang) ou la Libye en pleine reconstruction qui se range au 115éme place.

Parmi les principaux facteurs expliquant cette performance figurent les déficits significatifs en matière d’éducation. D’ailleurs, les auteurs du PNUD estiment que nonobstant le passage du Maroc au club des pays à développement humain élevé, les efforts du Maroc doivent se focaliser sur l’amélioration de leur accès à l’éducation et au marché de l’emploi à même d’assurer une dynamique économique et sociale inclusive et durable.

D’autres rapports taxent le système éducatif Marocain de toutes les épithètes péjoratives et ne saurait expliquer ce jubilé inopiné, encore moins cette frénésie des mentions dont s’adjugent 54,9%  des lauréats Marocains. Des moyennes de 17, 18 et 19 au Baccalauréat sont servies à profusion et à volonté. 
Naguère, le taux de réussite durant les années 70 n’excédait pas les 15% puisque le système à l’époque était beaucoup plus rigide et sélectif. Il n’y avait pas durant cette phase de possibilités de rattrapage et il n’existait alors qu’une seule session d’examen.

En outre, il y a plus de 40 ans, décrocher son Baccalauréat avec mention Assez bien, Bien ou « très bien » était une grande distinction personnelle et une démonstration du sérieux et de la recherche de réussite. A ce titre, le cercle des poètes disparus des années 70 ou des années 80 auraient eu autant de valeur d’excellence avec l’augmentation du nombre d’élèves obtenant des mentions.

Devant cette profusion des mentions, une note de 13 ou de 14, qui était dans notre génération une prouesse et un exploit ne garantit plus une inscription aux grands instituts cotés du Royaume qui, en sus, des moyennes élevées comme premier ticket d’entrée, ne sont accueillants que sur concours.

En France, la valeur d’une mention est devenue subjective : Alors que la grande majorité des formations du supérieur ont intégré le calendrier de Parcoursup, elles sélectionnent leurs étudiants sans connaître leur mention au bac. C’est notamment le cas des classes préparatoires. « La question des mentions ne se pose pas, puisque les élèves reçoivent leurs propositions d’admission avant le résultat du baccalauréat ».

Du côté de Sciences po Paris, la mention « très bien » au bac permettait auparavant d’accéder au cycle Bachelor sans passer par les concours, mais cela a été supprimé en 2014. Intégrée au calendrier de Parcoursup, l’admission des étudiants se fait désormais avant les résultats du Bac.

Même si la mention reste un « gage de qualité », elle est donc devenue « inutile pour beaucoup de formations ». Ce ne sont plus que les notes qui comptent aujourd’hui, et la mention perd sans doute de son utilité. Elle devient de plus en plus une satisfaction personnelle par rapport au travail fourni pendant toutes ces années ». 

Au Maroc, paradoxalement, si jadis, le bac du cercle des poètes disparus, de par sa rigueur, constituait un réel clé d’entrée pour diverses disciplines, son obtention est aujourd’hui imposée y compris pour certaines filières de la formation professionnelle fondées à l’origine dans les années 70 pour ceux qui n’avaient pas atteint le niveau Bac ou qui n’avaient pas réussi à le décrocher. 

Le mystère sur ces records historiques de réussite et ces moyennes générales tellement élevées et en grand nombre qu’elles en deviennent peu plausibles. Seule des enquêtes rigoureuses permettraient d’ouvrir la boite de pandore, l’énigme et le talisman du foisonnement des mentions. 

19 juin 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Carnivores !!!

by Mustapha Maghriti 16 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le titre de la chronique « Carnivores » risque dévier l’imaginaire des cinéphiles vers le thriller franco-belge  interprété par les actrices Leïla Bekhti, Zita Hanrot, Bastien Bouillon et réalisé par Jérémie et Yannick Renier. Détrompez-vous, il s’agit plutôt de l’empressement outrancier de moult Marocains devant les bouchers à la veille de l’AID ALADHA. En effet, à quelques jours du rituel du sacrifice, la précipitation et la stupéfaction devant les charcuteries : Les prix de la viande atteignent des sommités, la tension et la queue devant les boucheries ne cessa de croître. À Casablanca par exemple, les boucheries enregistrent jusqu’à 40 clients par jour, du jamais vu en temps normal. Résultat : un déséquilibre net entre l’offre et la demande.

Beaucoup pointent du doigt ceux qui, selon eux, ont sciemment provoqué cette hausse, dénonçant une spéculation inavouable de la part des bouchers engendrant des tarifs atteignant jusqu’à 150 Dhs le kilogramme, un niveau très peu observé ces dernières années.

Cette subite amplification des prix s’explique par plusieurs facteurs.

-Primo, une demande exceptionnelle de la part des consommateurs Marocains, qui redoublent les achats en prévision des festivités de l’AID  ALADHA,

-Ensuite, une capacité logistique limitée des abattoirs, où les quotas d’abattage quotidiens freinèrent l’ajustement de l’offre, une offre rigide d’autant plus que les volumes importés, notamment en provenance d’Espagne, se révélèrent insuffisants.

A cet égard, dans les marchés et souks du Royaume, la viande rouge atteint des niveaux de prix rarement observés. Le kilogramme de viande d’agneau dépasse facétieusement les 150 DH.

La viande bovine, de son côté, gravit jusqu’à 120 DH/kg. Et ce n’est pas tout : les abats, très prisés durant l’AID ALADHA, connaissent aussi un envolement spectaculaire. Le foie, la panse « douara », ou encore les tripes s’arrachent à des prix qui fluctuent entre 500 et 600 DH et même 700Dhs dans certaines boucheries.

Au-delà des chiffres, c’est le comportement d’achat des consommateurs qui interpelle. Beaucoup de familles achètent en trop, parfois 5 à plus de 10 kilos de viande d’un seul coup, de peur d’en manquer  afin de préserver l’esprit de fête en cuisinant les plats traditionnels de l’AID ALADHA.

Faut-il évoquer, dans cette chronique, qu’une telle concupiscence des Marocains pour la viande n’était pas même dans les années où Feu Hassan II décida de suspendre le sacrifice de l’AID ALADHA en 1963 avec la guerre des Sables, premier conflit armé du Maroc indépendant avec l’Algérie où il fallait les chétives ressources financières à l’effort de guerre, ou l’annulation de l’AID en 1981 avec la sécheresse accompagnée de mouvements de grève et de protestations sociales ou 1996 marquée par un long cycle de sécheresse où il fallait préserver le cheptel et le pouvoir d’achat des Marocains.   

Au regard de comportement de gloutonnerie, de nombreuses voix se sont élever pour dénoncer une situation jugée indisciplinée. Pour eux, la décision Royale appelant cette année à renoncer au sacrifice de l’AID ALADHA visait avant tout à soulager les Marocains, en particulier les plus vulnérables, déjà durement affectés par l’envolée des prix des moutons l’an dernier.

En effet, Cette année, conformément aux instructions Royales, le Maroc a officiellement annulé l’AID ALADHA qui est le 4éme depuis l’indépendance, le sacrifice rituel islamique du bétail ou la fête du mouton, en raison des 7 années consécutives de sécheresse qui affectent les saisons agricoles dans le pays qui ont entraîné une baisse de 38% du cheptel (par rapport au dernier recensement de 2016.

Le Ministre des Affaires Islamiques, a transmis au peuple Marocain le message télévisé de l’annulation de la fête religieuse, précisant qu’il s’agissait d’une décision prise en application des orientations du Roi Mohammed VI. 

Cette décision, motivée par des défis climatiques et économiques, vise à préserver le cheptel national en crise et à limiter l’inflation liée à la flambée des prix des viandes rouges. 

De ce fait, les autorités ont mis en place des mesures pour endiguer toute tentative de contournement de la décision Royale, notamment en déployant des services de sécurité pour contrôler la vente et le transport de moutons. Aussi, les établissements hôteliers ont également adapté leurs offres pour tenir compte de l’absence de sacrifice, en proposant des forfaits, des packages spéciaux et des activités pour les familles. 

À titre illustratif, à Casablanca et dans sa périphérie, les campagnes de contrôle se sont intensifiées. Les autorités locales, en coordination avec les services de sécurité et la Gendarmerie Royale, ont mis en place des barrages routiers aux principales entrées de la ville afin de bloquer l’acheminement de moutons vers les marchés hebdomadaires ou les lieux de vente improvisés.

Avec cette avidité et une telle fringale, même la viande blanche n’est pas épargnée : La tension sur les viandes rouges a logiquement entraîné un effet de substitution via un report massif vers la viande blanche. Résultat : une hausse rapide et marquée des prix du poulet. Le kilogramme a bondi de 17 à 22 DH en l’espace de trois jours seulement. Le poulet rouge atteint les 16 DH/kg, tandis que le beldi, plus rare, se négocie entre 75 et 80 DH/kg.

Cette augmentation est le fruit d’un double phénomène :

-D’une part, une demande croissante des familles à la recherche d’alternatives abordables à la viande rouge.

-D’autre part, une série de facteurs structurels qui pèsent sur l’ensemble de la filière avicole : flambée des prix des aliments pour bétail, hausse des coûts d’élevage, et les perturbations climatiques affectant l’ensemble des chaînes d’approvisionnement.

Au-delà de ces considérations économiques et sociales, l’apostrophe spirituelle qui nous interpelle, les Marocains ont-ils occulté la véritable essence du sacrifice de l’AID ALADHA?

Au-delà du rite du sacrifice d’un animal, l’AID ALADHA ne véhicule-t-il pas des valeurs spirituelles profondes telles que l’obéissance Divine dans la foi Musulmane ? 

Des Marocains n’ont-ils pas oublié que l’AID ALADHA est une occasion et une opportunité spirituelle de se rapprocher de Dieu, de renouveler leur foi et de renforcer leur engagement envers les valeurs de l’islam.

En somme, l’AID ALADHA est une fête riche en symbolisme spirituel, invitant les Musulmans à réfléchir sur leur foi, leur engagement envers Dieu. Et n’oublions pas, en guise de conclusion,  que le Prophète SIDNA MOHAMMED que le SALUT et le SALAM soit sur LUI a accompli non seulement un sacrifice personnel, mais aussi un sacrifice au nom des membres de sa communauté et sa Oumma qui ne pouvaient pas se le permettre, ceux de qui n’avaient pas les moyens d’en faire.

16 juin 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

Pour une dynamisation du Commerce Extérieur du label Maroc : Apport analytique

by Mustapha Maghriti 12 juin 2025
written by Mustapha Maghriti

Le Commerce Extérieur désigne l’ensemble des échanges commerciaux de biens et de services entre des pays différents. Il est composé des importations (achats de biens ou services marchands à l’étranger) et des exportations (ventes de biens ou services marchands à l’étranger). Ces échanges permettent aux pays de se procurer des produits qu’ils ne produisent pas localement ou en quantités insuffisantes, et de vendre leurs propres produits à l’étranger. Et parmi les objectifs de la politique économique, de chaque Gouvernement, un équilibre de la balance commerciale ou le nec plus ultra un excédent commercial via une maitrise des importations et une dynamisation des exportations à travers une compétitivité des produits locaux.

Aussi, le Commerce Extérieur, qui occupe une place stratégique dans le processus de développement, reflète la compétitivité du tissu productif national et illustre la capacité du pays à attirer les investissements étrangers et renforce son positionnement dans les chaînes de valeur mondiales.

Exporter plus, exporter mieux, n’est-ce pas là la préoccupation de tous, pouvoirs publics, entreprises,  associations, fédérations, organismes multilatéraux, l’Organisation Mondiale du Commerce  OMC, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement CNUCED, Centre Islamique de Développement du Commerce (CIDC)…….etc.

C’est dans ce contexte que le Maroc se dote d’une nouvelle feuille de route ambitieuse pour dynamiser son commerce extérieur sur la période 2025–2027 où le chef de l’exécutif Aziz Akhannouch a présidé, Mercredi 28 Mai 2025 à Casablanca, la cérémonie de lancement officiel de la Feuille de route du secteur du Commerce Extérieur pour la période 2025–2027 ; une « Road Map » s’articulant autour de 3 objectifs stratégiques qui sont la création de quelque 76.000 postes d’emploi nouveaux, l’élargissement de la base des exportations à travers la création, chaque année, de 400 nouvelles sociétés d’export et la réalisation de 84 Milliards de dirhams (MMDH) supplémentaires dans le secteur de l’export.

Certes, le Maroc a réalisé des avancées notables en matière des exportations Marocaines qui ont grimpées de 185 Milliards de dirhams en 2012 à 455 Milliards en 2024, tirées pour l’essentiel par le secteur automobile avec 157,6 Milliards de DH, en hausse de 6,3%en 2024 notamment avec la construction automobile et le câblage, le phosphate et dérivés  86,75 Milliards de DH (+13,1%) et l’aéronautique  26,44 milliards de DH (+ 14,9%). Cependant, moult challenges structurels persistent. Les exportateurs demeurent vigoureusement polarisées tant sur le plan géographique où plus 75 % sont cantonnées sur le contient Européen, que sur le plan sectoriel où 92 % des produits exportés sont concentrées sur six filières.

En outre, 85 % de l’offre exportable provient de l’axe Tanger-Casa, ce qui révèle une distorsion territoriale que la nouvelle feuille de route du commerce extérieur doit de reconsidérer.

En sus, le taux de couverture des importations par les exportations au Maroc demeure très limité (59,8% en 2024). Dit autrement sur 100 dhs des importations, 40,2 dhs sont financées par les recettes d’exportation, ce qui signifie que les exportations compensent médiocrement les importations et qu’elles continuent à éroder les recettes en devises.

En outre, ce taux de couverture montre que les importations augmentent plus rapidement que les exportations, ce qui s’est traduit par une aggravation du déficit commercial de l’ordre de 108 Milliards de dirhams  à fin Avril 2025, contre 88 Milliards de dirhams par rapport à 2024, marquant ainsi une aggravation de 22,8%.

A ce titre, nous avançons que le creusement du déficit commercial en soi ne doit pas porter une connotation péjorative sur la santé économique d’un pays ; il n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : Le déficit commercial des USA, première puissance mondiale, n’est-il pas la meilleure pièce à conviction ? Un tel hiatus commercial n’ascensionne-t-il pas à 140,5 Milliards de dollars en Mars 2025, selon les statistiques publiées par le Département Américain du Commerce ?

A notre sens, le danger du déficit commercial est tributaire plutôt de la structure du Commerce Extérieur d’une économie donnée. A titre illustratif, selon que le déficit soit déclenché par une chute des exportations ou par une hausse des importations de biens d’investissement, il peut-être considéré comme une mauvaise ou une bonne nouvelle.
En réalité, notre réaction à la  » Keynésienne  » de considérer les importations comme une fuite du système économique et de la richesse d’un Etat, n’est pas toujours justifiée, surtout lorsque l’on considère la nature et l’ossature du commerce mondial dans le contexte de la géopolitique mondiale. En effet, avec la globalisation et le fractionnement du processus de production, c’est de plus en plus rare de trouver une économie pouvant produire tout seul un bien de l’amont à l’aval puisque, pour exporter, les producteurs sont obligés d’importer les autres inputs pour l’output en question. Ainsi, davantage d’importations peuvent être nécessaires pour nourrir plus d’investissement, de production et d’exportations nationales. C’est ce raisonnement, au demeurant pertinent, qui semble justifier la position qui considère que l’aggravation du déficit commercial pourrait être le miroir d’une dynamique d’investissement et d’exportation. Cette spéculation peut-elle s’appliquer au cas Marocain ? 

Concrètement, dans le cas de l’économie Marocaine et en vertu des dernières statistiques de l’Office de Change, quand on appréhende que les produits finis d’équipement ont enregistré la hausse plus marquée avec +13,3% ou +7,27 MMDH, on pourrait être tenté d’y imaginer un signe de dynamisme économique. Toutefois, la réalité est beaucoup plus complexe dans le cas Marocain. En effet, la crue des importations des demi-produits est étirée notamment par les usines de construction Automobile et Aéronautique.

C’est dans ce sens que la feuille de route vise à améliorer le taux de couverture des importations par les exportations et ce en renforçant les exportations nationales par la percée des marchés extérieurs et en orientant nos politiques commerciales vers la préservation de la soutenabilité financière et commerciale.

En sus, une autre carence aussi et non des moindres est l’insuffisance de notre compétitivité étayée, sur la baisse des coûts salariaux à des fins de stratégie d’exportation. A nos sens, la compétitivité internationale ne peut se cloîtrer au coût du travail. En effet, eu égard aux différentes réévaluations du SMIG au Maroc, cet avantage comparatif du bas salaire ne cesse de s’effriter au point que le travailleur Marocain est devenu plus onéreux comparativement à d’autres pays tels que la Corée du Sud, le Taïwan, la Malaisie ou encore la Turquie.

Il nous semble que compter pour l’essentiel sur les bas salaires pour percer les marchés étrangers revient à croire qu’il existe une bataille industrielle et commerciale greffée sur le seul critérium du bas salaire. Dans un tel cas, comment expliquer alors que les pays développés, où le coût du travail est plus élevé sont compétitifs sur les marchés internationaux que les pays moins développés à l’instar de l’économie allemande, irlandaise ou suisse ? 
Faire valoir exclusivement le bas salaire ne peut que condamner le tissu économique marocain à se figer dans un stade précaire de développement industriel et technologique, ce qui ne favorise pas sa dynamique économique, ainsi que la percée des débouchés internationaux. 

La dynamisation du Commerce Extérieur passe immanquablement par l’amélioration de la compétitivité. Une telle compétitivité n’est pas un long fleuve tranquille, le chemin reste long pour aller vers une meilleure compétitivité industrielle et commerciale, gage d’une croissance soutenue et inclusive. L’aiguisement de la productivité du travail, permettra non seulement de resserrer notre compétitivité prix, mais aussi, et surtout, de converger vers une compétitivité basée sur la qualité, le know-how et l’innovation.

L’ancrage du taux d’intégration pour les nouvelles industries installées au Maroc devrait être un Must pour galvaniser des spillovers conséquents sur le reste des secteurs rivés directement ou indirectement aux investissements étrangers. Pour se faire, le tissu productif Marocain a besoin d’un climat des affaires plus fertile et propice aussi bien pour les investisseurs étrangers que locaux pour cultiver et débroussailler une meilleure division international du travail et une large spécialisation mondiale.

Aussi, la consolidation de notre Commerce Extérieur processionne par une plus grande diversification de notre offre exportable qui passe intarissablement par l’amélioration de notre compétitivité, laquelle exige une hausse de notre productivité.

Par ailleurs, le renforcement du Commerce Extérieur refile à travers des rencontres sectorielles avec les fédérations et les professionnels et des tournées régionales, ainsi qu’une étude rigoureuse visant à identifier les opportunités spécifiques pour chaque marché et chaque produit à même d’offrir aux exportateurs un cadre clair pour choisir les outils adaptés à la diversification de leur offre, à l’optimisation de la qualité, et à l’accès à de nouveaux débouchés. A cet égard, l’un des outils clés présentés à l’occasion de la cérémonie  de lancement officiel de la  nouvelle feuille de pour dynamiser son commerce extérieur sur la période 2025–2027 est la plateforme numérique « One Shop Store Export », pensée pour centraliser les démarches administratives et améliorer l’accès aux dispositifs de soutien à l’export.

Par ailleurs, le raffermissement passe par plusieurs chantiers, dont le renforcement de la diplomatie commerciale, la réalisation d’études de marché approfondies, des actions promotionnelles, une offre de formation adaptée, des dispositifs de suivi et d’accompagnement des projets exportateurs, ainsi que l’assurance à l’exportation pour les entreprises exportatrices Marocaines.

C’est dans ce sens et en marge du lancement de la feuille de route du commerce extérieur sur la période 2025–2027, une convention de partenariat a été signée pour la mise en place d’un dispositif national d’assurance-crédit à l’export entre, le Ministère de l’Industrie et du Commerce – Maroc, le Secrétariat d’État chargé du Commerce Extérieur, le Ministère délégué auprès de la Ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations  AMDIE. Ce dispositif constitue une avancée majeure pour permettre aux entreprises Marocaines de conquérir de nouveaux marchés, notamment en Afrique. Il vise à :

– Renforcer la protection des entreprises exportatrices contre les aléas liés au commerce international, en couvrant à la fois les risques commerciaux et politiques ;
– Sécuriser leurs engagements contractuels à l’export, notamment sur des marchés nouveaux ou peu couverts;

– Encourager la diversification géographique des exportations, en facilitant l’accès à 15 marchés africains prioritaires dans une première phase pilote.
Ce mécanisme, adossé à une garantie de l’État, repose sur une collaboration étroite de l’ensemble des parties prenantes et sur l’implication directe des assureurs-crédit et du réassureur national.

En guise de conclusion, face aux bouleversements géostratégiques qui fragilisent le commerce mondial, le Gouvernement, le département chargé du Commerce Extérieur et les organismes sous tutelle doivent insister sur la nécessité de donner aux exportateurs Marocains les moyens de réussir, en consolidant leur présence sur les marchés internationaux pour tirer pleinement profit des immenses potentialités dont dispose l’économie mondiale et ce pour faire du Commerce Extérieur un moteur de croissance durable, de création d’emplois, une intégration renforcée dans les chaînes de valeur mondiales et un rayonnement du Maroc à l’international.

Les projets d’investissements productifs en cours ou de gestation, les infrastructures déjà  planifiées ou en cours de réalisation DAKHLA

Le seul aléa en définitive, en définitive que les responsables, à tous les niveaux, essaient de maîtriser c’est celui de l’évolution des données macro-économiques mondiales qu’il s’agisse de l’évolution de la demande ou des comportements économiques. L’importance de cet aléa, au regard des mutations profondes de l’économie mondiale, crée une asymétrie singulièrement contraignante entre les délais souvent longs des processus d’ajustement et les variations erratiques de la conjoncture internationale. La quête de la compétitivité et la dynamisation du Commerce Extérieur, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe.

En somme notre réflexion est qu’au regard de la globalisation (qui est un phénomène dynamique  remettant sans cesse en cause les acquis), « gérer la compétitivité d’une nation, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de la compétitivité est une affaire de longue haleine.

Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation acquise dans le Commerce International ; qu’il faut toujours se remettre en cause et ne pas craindre les évaluations périodiques permettant de moduler, au jour le jour si cela est nécessaire, les impératifs de l’ajustement. Il n’y a pas non plus de petits détails, de grandes mesures ou de mesures à négliger. Tout participe à la compétitivité et la consolidation du Commerce Extérieur.

12 juin 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Non classé

La Ligue Arabe entre fragmentation et fracture géopolitique

by Mustapha Maghriti 26 mai 2025
written by Mustapha Maghriti

Assurément le 34éme Sommet de la ligue Arabe accueilli Samedi 17 Mai 2025 dans la Capitale Irakienne Bagdad. Faut-il rappeler que la ligue Arabe est une organisation régionale possédant le statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Elle est fondée le 22 Mars 1945 au Caire par six États qui sont  l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Irak, la Transjordanie (devenue en 1949 la Jordanie), le Liban et la Syrie. Le Maroc a rejoint la Ligue Arabe le 22 Mars 1958. La Ligue regroupe, depuis 1993, vingt-deux États Arabes.

Ce 34éme Sommet se déroula sous le slogan « Dialogue, solidarité et développement » dans un contexte tumultueux avec la déliquescence de l’Accord de cessez-le feu à Gaza, où la situation des Palestiniens est plus qu’atroce et plus qu’inhumaine »,  fustigea le manitou de l’ONU, Antonio Guterres et a demandé un « cessez-le-feu permanent ». Certains dirigeants espérèrent qu’une telle intervention puisse ouvrir la voie à un processus politique sérieux et essentiel pour instaurer une paix durable dans la région.

A cet égard, la Ligue Arabe a exhorté la Communauté Internationale à intensifier ses efforts pour garantir l’entrée de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien. Cette aide est cruciale pour répondre aux besoins urgents des populations affectées par le conflit.

A ce titre, le Souverain Marocain, dont la lecture du discours Royal a été donnée par le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’étranger Nasser Bourita, a tenu à réaffirmer la nécessité d’ouvrir les perspectives d’une solution politique pour instaurer une paix réelle et juste dans la région, garantissant au peuple Palestinien ses droits légitimes et permettant l’établissement d’un Etat Palestinien indépendant sur les frontières de juin 1967, ayant Al-Qods oriental comme capitale et comptant la Bande de Gaza comme une partie intégrante de son territoire.

Aussi, ce sommet se tient dans un environnement morose avec des attaques israéliennes au Sud du Liban et sur le territoire Syrien, ainsi que des situations alarmantes au Soudan, le Yémen, et la Libye sont toujours en proie à des conflits internes avec un avenir de la Syrie qui peine à se profiler.

Face de cette infraction manifeste du droit international humanitaire et au regard des incidences affligeantes et épineuses, dans lesquelles se tient le 34éme Sommet, les décideurs Arabes doivent  faire preuve d’un engagement politique sérieux à même d’édifier un projet Arabe unanime, le dévouement aux principes de bon voisinage et le respect de la souveraineté nationale. Cette prédétermination tira ses soutènements dans le principe de non-ingérence dans les affaires internes.

De ce fait, l’Action Arabe conjointe ne saurait être pleinement efficace que si le chantier de réforme de l’Organisation de la Ligue Arabe, entamé depuis des années, est mené à terme, d’une manière qui répond aux aspirations de nos pays Arabes et dans un souci de concorde et d’harmonie a tenu le Souverain Marocain dans sa rhétorique adressé aux chefs d’Etat membre de la ligue Arabe.

En sus, pour endiguer la crise induite par le rebond des prix des produits alimentaires et de l’énergie et par la pénurie d’eau, notre patrie, aux yeux du King Marocain apportera son soutien à toute initiative susceptible de développer la coopération Arabe, de telle sorte que soit menée de toute urgence afin de lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Les statistiques des échanges commerciaux et le flux des investissements interarabes restent ostensiblement minuscules en vertu des données de la Banque Islamique de Développement BID, de la Société Arabe pour l’Investissement et la Garantie des crédits à l’exportation. Selon les experts du Centre du Commerce International CCI, la Ligue des États Arabes LEA connaît un des plus faibles taux d’échanges intrarégionaux au monde malgré un accès préférentiel aux marchés Arabes et une forte homogénéité culturelle.

Aussi, comparativement à d’autres marchés communs, tels l’Union Européenne et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, l’intégration commerciale régionale entre États membres de la Ligue Arabe reste modeste. A l’appui de nos dies, les échanges commerciaux inter-Arabes ne représentent que 11%, soit une fraction infime du commerce réalisé avec les États membres de l’OCDE ou d’autres pays en développement, et une  part infinitésimale comparativement à d’autres régions, l’UE notamment, où plus de 70% des échanges se font entre États membres.

De surcroît, et en dépit de l’existence d’entités économiques officielles, à l’instar de l’Organisation Arabe pour l’Industrialisation (OAI), l’Organisation Arabe du Développement Industriel et des Mines (OADIM) ou l’Organisation Arabe pour le Développement Administratif (OADA), nos Etats Arabes capitalisent modiquement sur les différentes expériences industrielles et servicielles.

Par ailleurs, eu égard aux impacts d’une décrue de productivité, de carence de compétitivité économique et de vulnérabilité du secteur privé, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Middle East and North Africa en anglais (MENA) et Arabe reste en deçà des prouesses des économies émergentes : A l’appui des dernières statistiques fournies dans les  rapports 2025 du Fond Monétaire International FMI et de la Banque Mondiale, le monde Arabe a enregistré un timide taux de croissance de moins de 1,9% en 2024.

Au regard de cette léthargie économique Arabe, les nouveaux moteurs de la croissance à l’exemple de l’intelligence artificielle ou les énergies renouvelables seront d’une grande aubaine aux économies Arabes pour propulser une croissance économique, garantir le basculement vers des modèles économiques inclusifs et durables, se greffer sur les standards économiques internationaux et s’atteler sur la dynamique économique mondiale.

Sur ce registre, la région Maghrébine demeure la moins intégrée économiquement et la moins dynamique en termes d’échanges intra-régionaux à l’échelle du monde Arabe en dépit de ses ressources naturelles et de ses potentialités économiques. En effet, Le commerce global intra-maghrébin se cantonne à moins de 5% alors que la part du commerce intrarégional atteint 16% environ en Afrique, 19 % en Amérique latine, 51 % en Asie, 54 % en Amérique du Nord et 70 % en Europe. Les échanges entre les pays Maghrébins ne dépassaient guère les 3,1% des exportations globales de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. Le commerce intra-Maghrébin demeurait encore faible par rapport aux échanges des pays de l’UMA avec l’Union Européenne. En moyenne, les pays de la région exportaient près de 70 fois plus vers l’Union Européenne que vers le Maghreb. De ce fait, le gros des échanges du Maghreb s’effectue avec l’Europe, pour des raisons qui tiennent à la fois aux liens historiques, à la nature des produits échangés et, plus récemment, aux efforts déployés par chacun des pays pour libéraliser ses échanges avec l’Europe.

Les raisons du manque d’intégration au Maghreb sont complexes et nombreuses. On peut notamment citer l’application de politiques restrictives en matière d’échanges et d’investissement, la présence d’obstacles tarifaires et non tarifaires aux échanges, l’insuffisance des infrastructures régionales et des facteurs géopolitiques.

L’orientation traditionnelle des échanges vers l’Europe, les efforts récents de diversification en direction de l’Afrique subsaharienne et, plus récemment, l’émergence de la Chine comme marché d’exportation ont en outre détourné l’attention des pays du Maghreb de l’intégration intra-régionale. Des facteurs géopolitiques ont freiné l’intégration maghrébine. Les causes profondes des tensions sont complexes et varient d’un pays à l’autre. L’UMA est inopérante depuis des années du fait de désaccords entre ses pays membres, notamment entre l’Algérie et le Maroc. Les menaces terroristes ont aussi provoqué un durcissement des contrôles frontaliers. La frontière longue de quelque 1.600 kilomètres qui sépare l’Algérie du Maroc est fermée depuis 1994.

Face à cette situation, le Souverain Marocain, dans sa parénèse  Royale, n’a-t-il pas déploré le fait que l’Union du Maghreb Arabe ne remplisse pas son rôle naturel de levier de développement commun pour les pays Maghrébins, en garantissant, notamment, la libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services entre ses cinq Etats membres ?

Faut-il rappeler, dans cette chronique, que l’intégration du Maghreb est devenue une nécessité économique incontournable, vu la concurrence et la rivalité féroce que se livrent les différents blocs régionaux (ALENA, MERCOSUR, ASEAN, AELE…..). En effet, compte tenu des défis occasionnés par les échéances charnières auxquelles les économies maghrébines devraient faire face, le coût du non-Maghreb peut s’avérer insoutenable pour les économies de la région. Ainsi, de par son rôle de moteur de croissance et d’intensification des échanges commerciaux entre pays de la région, l’intégration Maghrébine pourrait constituer un facteur d’appui pour une insertion plus efficiente des pays membres à l’économie mondiale.

La singularité de la région Maghrébine est qu’elle s’insère dans la continuité du courant libre échangiste qui devrait relier progressivement les deux rives de la Méditerranée, au même titre que celui impliquant les pays de la déclaration d’Agadir auquel l’Algérie ne fait pas partie. Ainsi, au-delà de la discontinuité géographique qui en découle, une relance du projet d’intégration maghrébine serait propice pour redimensionner la libéralisation commerciale entre les pays de l’Accord d’Agadir.

L’intégration Maghrébine permettrait de créer des chaînes de valeurs régionales et de mieux les intégrer dans les chaînes de valeur mondiales. Pour le Maghreb, la mise en place d’un ensemble de règles communes en matière de commerce et d’investissement offrirait un meilleur environnement non seulement aux investisseurs intéressés par le marché intérieur de la région, mais aussi à ceux qui souhaitent exporter leur production vers les marchés voisins, tels que l’Union Européenne. Par ailleurs, elle aiderait les entreprises locales à mieux s’intégrer dans les chaînes de production mondiales, en assurant la libre circulation des pièces et composants chez les partenaires régionaux et entre eux. Ce n’est que par une plus grande intégration que le Maghreb pourrait atteindre la taille nécessaire pour attirer des IDE à la recherche de marchés durables. En outre, les chaînes de valeur mondiales peuvent également servir de circuits de diffusion du savoir, tant à partir des pays avancés qu’entre ceux du Maghreb, de la même manière que les circuits traditionnels du commerce et de l’investissement. Le Maghreb pourrait devenir une plaque tournante du commerce et des investissements entre l’Afrique subsaharienne et l’UE.

En 2010, dans son rapport sur les nouvelles multinationales africaines Boston Consulting Group  BCG quoiqu’il est ancien, mais d’une grande pertinence et d’une grande actualité, le Boston Consulting Group a souligné l’émergence de puissantes entreprises transnationales dans la région, qui comptait 10 des 40 entreprises africaines étudiées (six marocaines, deux algériennes et deux tunisiennes). En fait, les entreprises marocaines et tunisiennes investissent dans tout le Maghreb, devenant ainsi des acteurs majeurs dans les pays d’accueil. Les autorités devraient soutenir cette source croissante d’IDE en encourageant une plus grande intégration régionale. Une telle stratégie rendrait les pays du Maghreb moins dépendants de l’Europe tout en leur permettant de mieux tirer parti de leur position entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.

Au vu de la situation pitoyable et malencontreuse que vivent certains pays Arabes frères, le Souverain Marocain, dans sa plaidoirie Royale a soutenu majestueusement qu’il  ne ménagera aucun effort pour enrayer toute forme de division en apportant son concours au règlement des crises dans lesquelles est empêtrée notre région Arabe. Le Souverain Marocain compte s’y employer en faisant prévaloir le dialogue et les initiatives pacifiques sur la logique de la force et des options militaires où il souscrit activement aux efforts régionaux et internationaux engagés en direction des acteurs politiques locaux, en vue de créer une médiation et de faciliter un dénouement de la crise, à l’instar du son soutien au peuple Syrien frère dans sa quête de liberté, de sécurité et de stabilité, ainsi que son attachement à la préservation de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale de la Syrie. D’ailleurs, preuve à l’appui et joindre le geste à la parole, notre patrie a décidé la réouverture de son ambassade à Damas, fermée en 2012, ce qui permettra manifestement d’ouvrir de plus larges perspectives dans les relations historiques entre nos deux pays et nos deux peuples.

Autres illustrations et au regard des situations déplorables qui sévit dans d’autres pays Arabes, comme le Yémen, le Soudan et le Liban. Notre patrie itère et redouble ses efforts laborieux  à même de stimuler le processus politique devant conduire au rétablissement de la paix et de la stabilité, à dépasser les différends et les conflits par les moyens pacifiques et les voies diplomatiques, à préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale des pays Arabes frères.

En outre, l’instance économique est primordiale pour une cohésion Arabe cimentée et comme fer de lance de développement de l’Union Arabe, ainsi que pour son insertion dans l’échiquier géopolitique mondial.

Sous cet angle, la mise en place de la coopération économique et le développement du commerce intra-arabe et interarabe solide est inéluctable pour ouvrir aux peuples Arabes d’immenses potentialités de dynamique économique et de partage de fruits de la croissance qui en résultent. Dans une déclaration exclusive à la « Nation Africaine » (promotion nationale, Maghreb Uni -rôle de la presse) à Rabat le 5 Juin 1962, Feu Hassan II n’a-t-il pas soutenu que  » la voie de l’unité passe d’abord par le resserrement des liens économiques, ce qui suppose à l’intérieur une planification intégrée du développement »  

Face aux risques liés au retour au protectionnisme à l’échelle mondiale, à l’instabilité des marchés financiers et à la turbulence géopolitique que connaissent la donne mondiale, la Coopération Arabe s’avère incontournable. Et pour s’intégrer, les pays de l’Union Arabe devraient s’appuyer sur la dynamique impulsée par la crue actuelle de l’économie internationale, des échanges commerciaux et de l’investissement. Un renforcement de la demande provenant de leurs partenaires commerciaux générerait un surplus de recettes douanières. Une plus grande libéralisation des mouvements de capitaux entre les pays Arabes permettrait de développer les investissements directs étrangers IDE et de raffermir les chaînes de valeur ajoutée Arabes et leur intégration dans les Chaines de Valeurs Mondiales.

Aussi, pour cueillir les fruits de la reprise mondiale et limiter les contrecoups négatifs des agitations commerciales internationales actuelles, les pays de la ligue Arabe devraient collaborer sur le commerce dans la région et sur le système multilatéral plus vaste étayé sur des règles.

Dans cet environnement extérieur relativement favorable mais vulnérable et tendu, l’apostrophe importante qui interpelle les décideurs Arabes est de savoir comment faire de la Coopération Arabe un moyen d’action supplémentaire pour sécréter une dynamique économique porteuse de croissance, de production, d’investissement et d’emploi.

Un Co développement Arabe et un partenariat économique et financier ne sont-ils pas d’une nécessité impérieuse pour porter une réplique à une géopolitique mondiale fragmentée en ce en négociant l’accord régional, en coordonnant les mesures, en libéralisant les marchés et en améliorant le climat de l’investissement et des affaires économiques internationales, et en échafaudant des solutions efficaces adaptées à chaque pays Arabe et pour créer des avantages comparatifs dans de nouveaux domaines ?

En guise de conclusion, le partenariat Arabe doit être considéré comme une responsabilité partagée entre toutes les parties prenantes et ce en aplanissant les divergences, en particulier au Maghreb, car « Les divisions ouvrent la voie à l’ingérence étrangère, non arabe, au terrorisme, à la manipulation et aux conflits interconfessionnels. Toutefois, en restant unis, vous pouvez façonner une région capable de tirer le meilleur parti de son énorme potentiel et qui contribue à la paix et à la sécurité mondiales. Une région où les divergences se règlent par le dialogue et où règnent le respect et l’intérêt mutuels  » tels ont été les propos tenus par Secrétaire général de l’ONU António Guterres,  lors de son discours le 01 Novembre 2022 à Alger, au Sommet de la Ligue Arabe en Algérie.

26 mai 2025 0 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts
Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

  • Facebook
  • Twitter

@2020 - All Right Reserved. Designed and Developed by Zakaria Mahboub


Back To Top
Mustapha Maghriti
  • Accueil
  • À propos
  • Biographie
  • Mes Chroniques
  • Ephéméride
  • Revue de presse
  • Documents Universitaires
  • Mes Publications