Compétitivité, ce leitmotiv servi à toutes les sauces, sur toutes les tables des négociations commerciales, employé à tour de bras dans les pourparlers économiques, évoquée dans le débat public sur l’insertion des pays en développement dans la dynamique des relations économiques internationales. Si cette notion est régulièrement amorcée dans l’ouverture des congrès économiques et évoquée dans les meetings sur la dynamique économique et sociale, elle demeure relativement vague parce qu’il n’existe aucune définition communément admise : Compétitivité microéconomique (entreprise), méso économique (branche) et macroéconomique (pays) qui se définit comme l’ensemble des facteurs permettant à un pays de générer de la croissance et d’améliorer le niveau de vie de ses habitants. Aussi, cette notion n’a pas de mesure précise : parfois croissance, parfois production, parfois exportation qui servent d’étalon de mesure.

Malgré la nébulosité et l’obscurcissement qui entoure le concept de la compétitivité, il existe des rapports qui tentent de mesurer la compétitivité à l’instar du forum économique mondial (World Economic Forum) et du think thank suisse SolAbility www.solability.com qui vient de publier le rapport de la compétitivité durable dans le monde 2015 The Global Competitiveness Report www.weforum.org/global-competitiveness-report
SolAbility définit la compétitivité durable comme étant la capacité à générer et maintenir la richesse inclusive tout en améliorant le niveau de vie dans un contexte de mondialisation. L’indice est déterminé à partir de 106 indicateurs quantitatifs colletés auprès de la Banque mondiale et des instances Onusiennes, lesquels sont agrégés en 5 sous-indices : le capital naturel, l’efficacité des ressources, le capital social, le capital intellectuel et la gouvernance.

Sur 180 pays et avec une moyenne de 37,4, le Maroc arrive au 133ème rang devant le Bangladesh 134ème et l’Uganda 135ème.
Au niveau de la zone MENA, l’Arabie Saoudite est bien positionné à la 36ème place, le Qatar est 67ème, Israël à la 62ème tandis que les Emirats Arabes Unis arrivent au 120ème rang, non loin du Maroc. Au Maghreb, le royaume est devancé dans le classement par son limitrophe algérien (74ème) et tunisien (122ème).
En tête du classement se hissent les pays scandinaves menés par l’Islande, puis la Suède, la Norvège et la Finlande. Le Danemark 9éme, le Japon 11éme, la Nouvelle Zélande 12 éme.
Cependant les auteurs SolAbility notent que le classement élevé d’un pays ne veut pas dire ipso facto qu’il est celui ayant la compétitivité la plus durable : Les données globales ne sont qu’une moyenne et les prouesses des pays sont mieux reflétées au niveau des sous-indices.
Ainsi le Maroc, bien qu’occupant une place peut avantageuse dans le classement global, fait meilleure figure en matière de capital intellectuel : Il est classé à la 79ème mondial avec 37,1 points, le sous-indice étant dominé par la Corée du Sud en 1er position, la Chine (2 ème), le Liechtenstein (3 ème), l’Allemagne (4 ème) et le Japon (5 ème).
Ce sous-indice mesure la capacité de concurrence d’un pays dans un marché mondialisé grâce à l’innovation durable, fondée sur des facteurs tels que l’éducation et la recherche & développement. Et à ce niveau, le Maroc devance des pays comme le Mexique (81 ème), les Emirats arabes unis (91ème), le Kwait (94 ème), le Qatar (100ème) ou l’Egypte (134 ème).

A l’égard du sous indice de la gouvernance, le Maroc se trouve à mi-chemin à la (94ème) prenant les devants sur des pays comme les pays bas (97 ème), la Tunisie (105 ème) ou la Grèce (113 ème)
Sur les autres sous-indices, le Maroc est classé au-delà du 130ème rang : Le plus mauvais classement étant celui de l’efficacité des ressources (158ème) avec un score de 29,5 laissant derrière des pays à l’instar des USA ( 159 ème), la Turquie (165 ème), le Kwait (179 ème) et la Corée du Sud ferme la marche dans la 180 ème position et curieusement le pays qui se classe dans la première position est le Guatemala, le Kenya dans la 2 ème place, le Salvador en 3 ème position et l’Ethiopie (4 ème).
Aussi sur le registre du capital social, le Maroc accuse un net recul : Avec une moyenne de 33,6, le Royaume se positionne à la 141 ème place et surclassé de ce fait par des pays à l’instar de l’Egypte (83 ème), la Syrie (85 ème ), le Niger (102 ème) et la Namibie (124 ème).
L’indice de compétitivité intègre aussi des tendances au fil du temps pour permettre une meilleure expression du potentiel de développement futur. Les résultats visent à servir d’alternative au PIB pour les politiques ou les décisions d’investissement, basées sur des perspectives de développement et les risques actuels et futurs des nations.
