Home Non classé Croissance économique et pluviométrie au Maroc en 2016: Vouloir, c’est pleuvoir !!!

Croissance économique et pluviométrie au Maroc en 2016: Vouloir, c’est pleuvoir !!!

by Mustapha Maghriti

L’optimisme n’est plus de rigueur pour la dynamique économique en 2016 au Maroc, si l’on s’étaie sur les statistiques du Haut-commissariat au plan (HCP) : Les premiers corollaires du retard de la pluie qu’accuse le Maroc commencent à se répercuter non seulement sur les agriculteurs, mais en sus, sur la croissance économique en 2016.En effet, selon la dernière note de conjoncture de Janvier 2016 du HCP, L’économie nationale accuserait un sensitif mouvement de relâchement au premier trimestre 2016, muselée par le revirement de situation marquée par la baisse des activités agricoles, après une campagne 2014/2015 exceptionnellement bonne. La production végétale serait, en effet, bridée, sur l’ensemble de l’année 2016, par une décrue concomitante des rendements et des superficies semées des cultures précoces, sur fond d’une contraction de plus de 51% du cumul pluviométrique automnal, comparativement avec la même période d’une année normale. Les récoltes des céréales, des légumineuses et des cultures fourragères se rétracteraient, mais celles des agrumes et des cultures fruitières manifesteraient une croissance soutenue. La production animale poursuivrait, pour sa part, son évolution positive, revivifiée par un minuscule rebondissement des activités avicoles et des produits annexes à l’élevage. Dans l’ensemble, et sous le postulat d’une récolte céréalière en dessous de la moyenne d’environ 15% et d’une croissance modérée des autres productions végétales, la valeur ajoutée agricole s’infléchirait de 3,4%, en variation annuelle, au premier trimestre 2016. 

En sus, le rythme de progression des activités agricoles se serait légèrement tempéré au quatrième trimestre 2015, atteignant +14,5% après avoir culminé à +15,9% au troisième trimestre. Cette continence se serait assortie par une hausse des prix hors céréales et arboriculture ; l’indice des prix à la consommation des légumes frais ayant gradué de 8,7% au cours des mois d’octobre et novembre 2015, en variation annuelle. Les prix de la production animale auraient, également, poursuivi leur effusion amorcée au mois de juillet. Ils auraient été, particulièrement, altérés par la décélération des abattages du grand cheptel, dans un contexte de relâchement de la demande et du boisage du mouvement de stockage de la part des éleveurs, plus exaspéré après le rituel du sacrifice. 

Toutefois, la croissance de la valeur ajoutée hors agriculture se serait légèrement améliorée au quatrième trimestre 2015, pour frôler les 2,1%, au lieu de +1,7% un trimestre auparavant. Les services marchands, ranimés par l’amélioration de la demande intérieure, en auraient constitué la composante la plus dynamique. Les activités secondaires, contribuant pour 0,5 point à la croissance globale, auraient été mieux orientées, même si leur évolution annuelle serait restée modeste. C’est ainsi que les industries manufacturières auraient réalisé une croissance de 2%, au quatrième trimestre 2015, en variation annuelle, favorisée par la bonne prouesse des industries agroalimentaires (+3,2%) et le redressement de 3% des IMME, dans le vestige d’une demande extérieure favorablement orientée pour les industries de l’automobile, des conserves de légumes et de poissons. Les industries du textile et du cuir auraient, quant à elles, quelque peu décéléré marquant un accroissement de 1,4%, tandis que celles de la chimie et parachimie auraient légèrement repris, enregistrant une hausse timide ne dépassant pas 1%, en glissement annuel. Les autres industries auraient, en revanche, continué de pâtir de la contraction des activités du raffinage.

In fine, la croissance devrait être presque deux fois moins forte en 2016 que l’année écoulée : Après une augmentation chiffrée à 4,3% en 2015, la hausse du PIB ne devrait être que de 2,6% en 2016, du fait d’une production agricole moins intarissable ; cette prévision de croissance de 2,6% en 2016 apparaît beaucoup bien plus pessimiste que celle du FMI notamment qui table, lui, sur une croissance de 5%. Des chiffres peu encourageants pour le gouvernement Benkirane en quasi fin de mandat. Ce qui nous incite, en guise d’épilogue à exhumer la célèbre la phrase du maréchal Lyautey: Gouverner, c’est pleuvoir et combien la réalité est têtue et ne s’inféode à aucune promesse, preuve en est : Elle est très loin du taux de 7% par an (210.000 postes d’emploi chaque année), qu’avait promis le parti barbu lors de sa campagne électorale de 2011.

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