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Quelle Géopolitique Mondiale à l’Heure de Joe Biden ?

by Mustapha Maghriti

C’est aujourd’hui le 20 Janvier 2021 que J.Biden prête serment au Capitole à Washington face au président de la Cour suprême John Roberts, la main posée sur une Bible que tenait son épouse Jill et devant par le 46éme Président des USA.

Faut-il rappeler que de part cette victoire aux urnes, les Américains ont attesté que la démocratie ne chavire pas : Devant la peur d’une économie « Trumpienne » clivée et covidée, les Américains ont participé pesamment au scrutin avec une participation record depuis 1900 (quand plus de 73,7% des Américains s’étaient rendus aux urnes pour élire le républicain William McKinley) avec plus de 160 Millions de votes, soit un taux de participation de 66,6%.

Après le 46éme pas au bureau Oval du nouveau président à la Maison Blanche, le monde, les décideurs politiques, le monde des affaires et les médias se posent l’apostrophe récurrente que va faire Joe Biden ?

– Primo, la campagne électorale de J.Biden a été plutôt un vote contre Trump dont la gestion de la Covid-19 a été cataclysmique et désastreuse,

– Secundo, Joe Biden n’a pas réellement circondui un programme économique ; on s’en souvient lors de sa propagande électorale.

Plusieurs interrogations interpellent les décideurs politiques : Le crédo protectionniste et First America, l’apostrophe nucléaire, l’agenda climatique, les relations avec l’Europe et les bras de fer avec la Chine…….etc  ?

On est sûr que Joe Biden  ne va pas revenir sur des décisions géostratégiques, surtout en ces temps d’inconstance à l’heure du Covid-19 : Devant une ulcération du leadership Américain, isolé de leurs alliés traditionnels et érodé de ses capacité à faire face aux challenges de sécurité nationale, de la Corée du Nord à l’Iran, de la Syrie à l’Afghanistan et au Venezuela, Joe Biden se donne une mission capitale : Remplumer la confiance avec les alliés des États-Unis sur l’arène internationale ; une confiance qui s’est peu à peu dilacérée pendant le mandat de D.Trump. C’était d’ailleurs l’objet même d’un article intitulé « Why America must lead again », signé par Joe Biden lui-même dans la revue Foreign Affairs. « Les Etats-Unis doivent redevenir un phare de la démocratie dans le monde », écrivait-il.

En sus, tout en reconnaissant les vertus de la concurrence, dans l’ère de J.biden, l’Amérique redeviendra un acteur de poids dans le jeu de la concurrence mondiale : Au lieu de se réfugier derrière les barrières illusoires du protectionnisme comme Trump, J.Biden entend équiper les Américains de compétences qui permettront à tous de concourir loyalement dans un commerce international équitable tout en soutenant les entreprises Américaines (400 Milliards de Dollars Le label « made in america » à l’instar des énergies propres, l’informatique quantique, l’Intelligence artificielle, la 5G, les trains TGV).

Les USA, dans le mandat présidentiel de J.Biden, vont rebrousser chemin vers le multilatéralisme : Joe Biden sera multilatéral là où D.Trump était unilatéral, il sera prévisible là où D.Trump est imprévisible ; et il respectera ses alliés là où Trump les maltraitait. Pour preuve,  Joe Biden qui connaît bien ce dossier puisqu’il y a participé en tant que vice-président de Barack Obama en 2015, a déjà donné des gages en préfigurant que son premier acte de Président serait de réintégrer l’Accord de Paris sur le climat que les États-Unis ont officiellement quitté et s’engageront sur l’objectif d’une économie entièrement décarbonée en 2050 pour une économie plus verte (2.000 Milliards de dollars sur quatre ans pour financer des transports électriques). Ce n’est qu’une bonne nouvelle pour notre planète terre.

De surcroît, les USA s’engageront dans l’OTAN avec engagement qui, selon J.Biden,  sacré et non conditionnel et ce en fortifiant l’alliance militaire avec l’Australie, le Japon et la Corée du Sud.  Un OTAN fort très redouté par la Russie.

Aussi dans le mandat de D.Trump, la gouvernance mondiale est plus qu’en panne, elle est devenue chaotique : les Nations Unies ne jouent plus leur rôle depuis longtemps, D. Trump a mis les États-Unis sur une trajectoire de guerre froide avec l’autre super-puissance, la Chine. A ce titre, J.Biden compte assumer le rôle de leader Américain au regard de la Chine, tout en fixant des règles économiques transparentes. Pour cela, J.Biden le sait : Pour  résister à la Chine, la priorité N°1 des US est  une alliance européenne-américaine qui passe par  Berlin  qui est le partenaire économique européen le plus important pour les Etats-Unis.

Ainsi, pour lubrifier la mécanique de la gouvernance internationale, Joe Biden s’est entouré d’une équipe de politique étrangère pour les questions économiques et internationales en nommant William Burns, un diplomate chevronné qui avait été l’homme des premiers contacts secrets avec l’Iran, conduisant à l’accord nucléaire de 2015 dénoncé par D.Trump. William Burns, tout comme le conseiller national à la sécurité Jake Sullivan, et le Secrétaire d’État Antony Blinken, ont en commun non seulement d’avoir travaillé ensemble sous Obama, mais surtout d’incarner une véritable rupture avec l’unilatéralisme et le nationalisme à courte vue de D. Trump.

De même, J. Biden compte faire un comeback au sein de l’Organisation Mondiale de la Santé OMS que D.Trump a quitté en pleine pandémie avec le gel de la contribution financière des USA de 500 Millions de Dollars , et de participer au programme de vaccins pour tous, ce que D.Trump refusait.

Par ailleurs,  J.biden compte réintégrer la diplomatie multilatérale là où D.Trump ne croyait qu’à l’unilatéralisme à travers sa fameuse “America First and only”. De ce fait, Joe Biden compte cicatriser les relations internationales tumultueuses en particulier avec la Chine, la Russie, l’Iran. Certes, ça ne sera pas pour autant un retour à la diplomatie de l’époque Obama en raison des mutations qu’a connu l’économie mondiale à travers l’émergence de pôles de puissance éclatés là où l’Amérique était encore une hégémonie finissante. Semble-t-il, Joe Biden n’aura pas les brigues, de réinstaurer cette hégémonie.

Le véritable défi de Biden sera, au contraire, la structuration de ce nouveau monde multipolaire et pour y parvenir, J.Biden entend faire ressurgir une coalition de pays démocratiques, là où son prédécesseur D.Trump les traitait de ses détracteurs.

De sa part, le vieux continent aborde cette nouvelle architecture de la géopolitique mondiale avec enthousiasme et d’aperception : Car si le retour à une diplomatie plus prévisible et attrayante est bienvenu, l’Europe ne sait pas encore dans quelles conditions. C’est pour cela que les Européens sont écartelés entre le sentiment béat exprimé par la Chancelière Angela Merkel -celle qui connait le mieux Joe Biden-, pour qui l’amitié transatlantique est indispensable  et qui propose de coopérer ensemble et le scepticisme tweeté par le Secrétaire d’État aux affaires Européennes en France, Clément Beaune, pour qui “ce serait une faute de croire que tout change, l’Europe doit avant tout compter sur elle-même.”

Aussi, J.Biden ambitionne d’améliorer la coopération économique avec les pays d’Amérique centrale en fixant 4 Milliards de Dollars à une telle stratégie régionale de développement.

En outre, pour cimenter la démocratie à travers le monde, J.Biden s’engagera, à réunir aux USA, un Sommet mondial de la démocratie, afin de définir en commun un programme de lutte contre la corruption, de se défendre contre l’autoritarisme et faire progresser les droits de l’homme.

Assurément, ce projet encore trop imprécis pour savoir s’il s’agit d’une coalition anti-chinoise sous le leadership Américain, ou d’un véritable effort de renouveau démocratique après des années de régression et de menaces autoritaires à l’ère de D.Trump.

Ainsi, J.Biden tentera de “bercer” le débat politique et cherchera à réunifier le pays à 330 Millions d’habitants. De même, il a la volonté de faire progresser une cause délaissée depuis plusieurs décennies, celle de l’équité raciale, et de revenir sur les reculs de D. Trump en matière de santé.

Après quatre ans d’une présidence “Trumpienne” atypique, les Etats-Unis pourraient à nouveau avancer sur la route du progrès social.

En somme, J.biden a du pain sur la planche ; son agenda est hyper chargé tant sur le plan national qu’international avec une mission de replâtrage de l’économie mondiale. Allez Biden, Let’s Joe…. !

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