
Chose promise, chose due, après exactement 77 jours, J.Biden a tenu sa promesse en faisant un revers vers l’accord climatique de Paris qui marque le retour des Etats-Unis dans le concert des Nations et leur intention de lutter contre le réchauffement climatique. Ce come-back, signifie, en premier abord, que l’Arabie Saoudite, la Russie et le Brésil perdent un allié dans leur stratégie d’obstruction systématique qui n’a certes pas réussi à briser le soutien quasi universel à l’accord de Paris mais a autorisé un relâchement insidieux des efforts de chacun.
Un accord abandonné, en 2017, par D.Trump lors de son mandat présidentiel après quatre années de mandat chaotiques qui ont considérablement chamboulé le visage de l’Amérique aux yeux de la planète.
Dans le parapheur des premiers décrets présidentiels : Joe Biden n’a-t-il pas scellé celui qui ramène les États-Unis dans l’Accord de Paris ? Aussi, J.Biden a bardé son équipe avec John Kerry à la tête de la diplomatie climatique ; Washington va disposer d’un Team particulièrement chevronnée en la matière. C’est un nouveau point d’inflexion qui fait suite à de multiples virevoltes du second émetteur mondial de gaz à effet de serre (avec 5,1Milliards de tonnes de CO2 émises) après la Chine (9,5 Milliards de tonnes de CO2 émises) : Adoption du protocole de Kyoto sous Bill.Clinton en 1997, délaissé par l’administration Bush en 2001 ; Engagements d’Obama à Copenhague en 2009, dédaignés en 2010 par le Congrès, puis ratification de l’accord de Paris en 2016, rejetée par D.Trump dès son arrivée au bureau ovale.
Pour booster sa diplomatie climatique, J.Biden ambitionne d’orchestrer un sommet des dirigeants mondiaux le 22 avril prochain, jour de la Terre, date correspond aussi au cinquième anniversaire de la signature de l’Accord de Paris, que les États-Unis ont à nouveau rejoint quelques heures après l’entrée en fonction de Joe Biden.

Son objectif est d’impulser les pays à relever leurs objectifs en vue de la COP 26 de novembre 2021 qui sera organisée à Glasgow.
J.Biden entend donner l’exemple en arrivant au sommet avec une nouvelle contribution en faveur de la biosphère en demandant à son équipe de préparer un nouveau plan de financement en faveur du Climat d’ici 90 jours.
En outre, J.Biden a annoncé qu’il fera pression dans tous les sommets diplomatiques comme le G7 et le G20 pour que la dimension climatique soit au centre des préoccupations, ainsi qu’à l’occasion d’événements sectoriels comme les forums traitant de l’énergie propre, de l’aviation, du transport maritime, de l’Arctique, de l’océan, du développement durable, de la migration et d’autres sujets pertinents.
La Diplomatie Climatique du nouvel élu de la Maison Blanche s’appuie sur une plate-forme ambitieuse d’accélération de la transition « bas carbone » dont la cadence est difficile à prophétiser en raison des entraves politiques : Les promesses de campagne sont une chose, les mettre en application en est une autre. La crédibilité de la Diplomatie Climatique de J.Biden sera déterminée et jugée à l’aune de la politique environnementale appliquée sur l’espace national Américain : Avant d’aborder les outils pour mobiliser la communauté internationale, les USA doivent se montrer crédibles sur le plan national ; la question de la mise en œuvre de la politique climatique des Etats-Unis envers le monde ne sera crédible qu’à la condition sine qua non des engagements des USA à l’échelle domestique.
J.Biden n’a pas pris le risque politique de proposer un engagement chiffré de réduction des émissions pour 2030, prenant la tangente en préférant se référer à l’horizon plus lointain de 2050.

Le ticket Biden-Harris ne devra-il pas composer avec le Congrès, en particulier avec le Sénat où les Démocrates ont une majorité des plus étroites à la suite du scrutin en Géorgie ?
In fine, l’une des grandes inconnues politiques de la nouvelle Diplomatie Climatique concerne la capacité J. Biden à trouver les majorités requises pour faire adopter par le Congrès des lois en phase avec son programme.
