
Dans une globalisation en pleine réfection jalonnée par le fractionnement potentiel de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord -OTAN-, le retour de Donald.Trump au bureau ovale, les antagonismes systémiques entre grandes puissances, et la fragmentation du multilatéralisme, l’Afrique s’expose et endure les rétroactions des crises multidimensionnelles de la géopolitique mondiale, spécifiquement l’aggravation de la pauvreté, l’exclusion sociale et inégalités entre pays et régions. Ces fragilités émincent l’efficacité des actions menées pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable ODD à l’horizon 2030, et réduisent à peau de peau le dénouement de l’ambition d’une Afrique prolifique, florissante et opulente.
Toutefois, ces défis ne doivent pas dissuader les décisionnaires Africains de la quête d’aller de l’avant. Encore plus, l’Afrique doit reconvertir et réorienter ces obstacles en opportunités de dynamique économique et sociale et de prendre le contrôle complet de sa mission et destinée, propos du discours Royal Souverain Marocain adressé aux participants à l’édition 2025.
Aussi, face au jaillissement d’un ordre économique mondial fragmenté, marqué par de fortes tumultes géopolitiques, les irrégularités dans les chaînes d’approvisionnement et un retour des murailles protectionnistes matérialisés par la montée des droits de douane, repenser l’intégration régionale économique de l’Afrique, intensifier ses envergures financières et élargir son potentiel commercial s’avère une ambition inéluctable invoquée à Abuja au Nigeria lors des 32éme Assemblées annuelles d’Afreximbank autour d’un thème évocateur « Construire l’avenir sur des décennies de résilience » qui ont réunis les dirigeants Africains pour poser les jalons d’un nouveau modèle de résilience continentale. Sous cet angle, l’intégration commerciale de l’Afrique est une exigence pressante et inévitable dans une géopolitique mondiale mouvementée et de plus en plus protectionniste où le prorata du commerce de l’Afrique dans l’échiquier mondial ne dépasse guère les 3%. Aussi, nonobstant le commerce intra-africain a progressé de 12,4 %, atteignant 1.500 Milliards de dollars, selon le dernier rapport annuel de la Banque Afreximbank, ces flux commerciaux participent seulement de 16% au volume total du commerce dans le continent, contre plus de 60% en Europe et 50% en Asie.
De ce fait, le lançage de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECAF représente une véritable aubaine pour aiguiser le commerce inter et intra-africain et en faire un catalyseur de croissance et de développement inclusif perdurable pour l’Afrique, promouvoir l’industrialisation des pays Africains et renforcer la fertilité du climat des affaires et son attractivité pour les investissements directs étrangers IDE, ainsi que la consolidation de la flexibilité des économies Africaines face aux chocs exogènes d’une géopolitique en crise.
En sus, il est impérieux d’accélérer les réformes en lien avec à la bonne gouvernance, l’amélioration du climat de l’investissement des affaires économiques internationales, à la protection des investisseurs nationaux et étrangers, à la lutte contre la corruption, et à l’impartialité du système judicaire afin de garantir un entreprenariat Africain transparent, féconde, dynamique vertueuse porteuse d’investissements productifs, de croissance, et d’emplois.
En outre, avec un gisement incommensurable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques que recèle le continent, les économies Africaines ne doivent plus se contenter et se cantonner à exporter ses matières brutes. L’Afrique doit exploiter amplement ses inouïs richesses naturelles à travers une industrialisation de 2éme génération garantissant l’investissement dans la transformation, la valorisation locale de ses opulences minières, ainsi que l’industrialisation de 3éme génération utilisant et exploitant les cercles vertueux de l’intelligence artificielle à même de secréter des valeurs ajoutées cognitives, des emplois, de générer des revenus destinés à financer son développement et s’aligner à l’économie du savoir et de la connaissance.
Dans ce contexte, notre patrie ne s’affirme-t-il pas, dorénavant, comme un catalyseur stratégique des partenariats Africains et joue, de ce fait, un rôle raccordement entre les différentes régions du continent et les pays du Sud à travers le lancement des projets structurants qui vont moduler robustement le paysage économique et social de l’Afrique à l’instar du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) qui constitue une véritable coursive d’intégration et de développement économique ou récemment l’Initiative Atlantique qui va changer la géopolitique de l’Afrique via l’accès des Etats du Sahel à l’Océan Atlantique. A ce titre, faut-il souligner que l’Afrique atlantique comme espace de partenariat ne peut en aucun cas être en concurrence avec l’Union Africaine et les organisations sous régionales. Elle devrait être perçue comme une dynamique complémentaire au processus d’institutionnalisation de la gouvernance de l’Afrique.

Et pertinemment, pour assurer une telle dynamique économique et mener à bien ses réformes économiques, politiques et sociales, la mobilisation des ressources financières demeure une condition sine qua non pour la réalisation d’une croissance perdurable et inclusive des économies Africaines.
Sous cet angle, l’Afrique est interpellée à une plus grande mobilisation de ses ressources financières domestiques et à l’édification de réformes structurelles pour consolider les fondamentaux économiques. En sus, elle doit mettre au point des mécanismes innovateurs de financement du développement et profiter diligemment des transferts financiers de la diaspora Africaine. A cet égard, le continent Africain ne peut pas compter intrinsèquement sur l’Aide publique au développement ou les financements externes qui sont, par essence, engendreurs d’endettement.
A cet égard, les efforts doivent être déployés sur les volets national, régional et international pour colmater les carences du financement de la gouvernance pour accoucher une Afrique resplendissante et dynamique.
Néanmoins, à l’approche de l’agenda 2030 du Programme de Développement Durable adopté par les Nations Unies en 2015 visant à éradiquer la pauvreté, réduire les inégalités et protéger la planète d’ici 2030, l’apostrophe du financement du développement de l’Afrique doit interpeller les chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants politiques et intellectuels pour le prochain Sommet sur les ODD ; objectifs qui s’enlisent dans la crise climatique, les fluctuations économiques, les conflits et les tensions géopolitiques.
L’accès aux financements concessionnels à des prêts à taux d’intérêt bonifiés, le renforcement des capacités des institutions financières régionales pour soutenir les économies Africaines, l’amélioration de la représentativité de l’Afrique, dans toute sa diversité, au sein du système financier international, la réduction des taxes sur les transferts de fonds de la diaspora Africaine, ne sont-ils pas autant de réclamations et des doléance légitimaires et justifiées auxquelles il convient d’apporter des répliques ?
Sous cette option, La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (FFD4) qui se tient au Palais des expositions et des congrès FIBES de Séville en Espagne, du 30 Juin au 3 Juillet 2025 représentera une opportunité unique de réformer le financement à tous les niveaux, en donnant une impulsion à la réforme de la charpente financière internationale, et de relever les challenges qui obstruent et retardent l’investissement impératif immanquable et infaillible à la réalisation des Objectifs de développement durable.
Dans le même ordre d’idées, 10 ans après l’Agenda d’Addis-Abeba, cette 4ème Conférence Internationale sur le Financement du Développement visant à répondre aux défis actuels (crise de la dette, inégalités croissantes, urgence climatique et fragmentation des financements) est une occasion inouïe à établir un cadre mondial renouvelé de financement permettant de mobiliser des volumes de capitaux plus importants à moindre coût et permettra aux pays Africains, confrontés à des taux d’endettement trop importants, qui consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à des secteurs essentiels, de poursuivre leur dithyrambe en faveur de solutions urgentes comme la santé, l’éducation.

La Quatrième Conférence internationale sur le financement du développement doit repenser les instruments financiers mondiaux au service du développement durable de l’Afrique à travers un débat substantiel sur la refonte de l’ossature financière internationale en adoptant une approche multilatérale, engageant fondamentalement les économies Africains qui sont trop souvent exclues dans le processus d’élaboration des règles du système financier international en garantissant l’intégration des financements climatiques et de la biodiversité dans une approche cohérente pour une transition écologique juste de l’Afrique.Ce remodelage financier inéluctable doit assurer, plus singulièrement, la consolidation de la représentation légitime de l’Afrique au sein des instances financières internationales, permettant d’avoir des solutions innovantes, solidaires et adaptées aux réalités des économies Africaines.