
Adam Smith est souvent considéré comme l’économiste emblématique du libéralisme économique qui dans son ouvrage » la Richesse des Nations » fit l’éloge des vertus du libre échange à travers sa fameuse métaphore « la main invisible » où le libre jeu des acteurs économiques reconduit à une situation d’optimum économique en améliorant la situation de tous, y compris des plus démunis.
Qu’en est-il de la pertinence de cette répartition « égalitariste » de la richesse au niveau mondial, en particulier durant ce contexte morose de la pandémie du Covid-19 ?
D’emblée, et dans l’environnement d’avant-Covid-19, on peut alléguer que l’arène des relations économiques internationales montre manifestement que les dividendes de la croissance économique mondiale sont arbitrairement redistribuées et qu’une inégalité configure la répartition de la richesse mondiale et ce en vertu des différents rapports d’Oxfam International qui est, faut-il le rappeler, une confédération composée de 17 organisations indépendantes agissant contre les injustices et la pauvreté.
Dans son rapport intitulé « Le virus des inégalités » publié lundi 25 Janvier 2021, OXFAM publia un rapport accablant sur la répartition biaisée des richesses dans le monde au temps de Coronavirus : La richesse des catégories des grandes fortunes s’est renforcée pendant la pandémie du Covid-19.

A titre illustratif, Oxfam a estimé que les Milliardaires ont augmenté leur opulence de 3.900 Milliards de Dollars entre le 18 Mars 2020 (date du début du confinement total sur toute la planète) et le 31 Décembre 2020 et que paradoxalement, un Million de personnes seraient tombées dans la pauvreté en France en 2020 selon les associations caritatives où les femmes et notamment les mères isolées, les jeunes et les travailleurs précaires, qui sont les plus touchés par cette crise.
L’ONG qui avance ces chiffres s’est appuyée sur les données de Forbes et du Crédit Suisse, en indiquant, par ailleurs, que les 1.000 personnes les plus argentés du monde ont pu redresser leur fortune d’avant la pandémie en seulement 9 Mois, alors qu’il pourrait falloir plus de 10 ans aux personnes les plus pauvres pour se relever des impacts économiques.
L’ONG OXFAM illustra que les 3 premières privilégiés mondiales, deux Américains, Jeff Bezos, propriétaire d’Amazon, Elon Musk, fondateur de Tesla, et le français, Bernard Arnault à la tête de LVMH, ont gagné plus de 175 Milliards d’Euros sur les 9 premiers Mois de la crise sanitaire du covid-19, dépassant leur niveau de richesse d’avant la crise.
Autre illustration, la fortune de Bernard Arnault a augmenté de 44 Milliards d’Euros entre Mars et décembre 2020, soit un trend haussier de 41%, qui milite pour la justice mondiale et l’équité, dans la distribution de la richesse mondiale.
En prenant en compte les investigations des économistes Thomas Piketty et Gabriel Zucman visant à combattre les inégalités (à travers l’augmentation de l’impôt sur la fortune et le combat de l’évasion fiscale), l’épineuse apostrophe de l’imposition et de la taxation des plus hauts revenus soulevée par le rapport de l’ONG est crûment d’actualité dans de nombreuses Nations. Et se pose les grandes interpellations des moyens, des mesures et les mécanismes d’un modèle social et économiquement redistributif sur le toit de l’économie mondiale à même de limiter le divorce croissant entre l’exigence démocratique d’égalité et la multiplication des inégalités économiques pour reprendre l’auteur « Les fractures du capitalisme »l’écomiste, Lester Thurow.
Sur le plan mondial, avec la pandémie du Covid-19, pour la première fois depuis plus de vingt ans, le taux mondial d’extrême pauvreté devrait augmenter en 2020, prévoit la Banque Mondiale, en mettant en lumière les conséquences aggravantes de la pandémie de Coronavirus (COVID-19) : L’institution de Bretton Woods estime que 150 Millions d’individus, soit plus de 1 % de la population mondiale plonge dans l’extrême pauvreté.

En outre, la découverte des vaccins anti-covid-19 par (Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Sinopharm) a montré les fortes inégalités sociales entre pays du Nord et pays Sud : Une grande majorité des pays pauvres et à revenu intermédiaire, n’ont pas encore accès à ces vaccins et qui durera des Mois, et ce en dépit des efforts laborieux de l’Organisation Mondiale de Santé OMS et de ses partenaires du Système des Nations Unies qui jette des équivoques sur la sincérité de ceux qui n’ont cessé d’arguer d’humanisme et d’équité des chances alors qu’ils n’ont pas perdu du temps pour s’approprier la quasi-totalité de la production de ce précieux vaccin, en privant le reste du monde pour l’avenir imprévisible. Cela est scientifiquement inapproprié puisque, faut-il le rappeler : Notre l’humanité ne sera pas totalement immunisée contre ce mal avant que toutes ses composantes le soient, d’où l’appel lancé par le Secrétaire Général de l’ONU pour que le vaccin en question soit considéré comme un bien public.
