Home Non classé Le Warning du modèle de développement économique du Maroc : Un serpent de mer en mode « stand by »

Le Warning du modèle de développement économique du Maroc : Un serpent de mer en mode « stand by »

by Mustapha Maghriti

L’essoufflement du modèle développement économique du Maroc tel est la tarte à la crème qui abonde dans les médias. L’exténuation du modèle économique du Maroc, telle est la ritournelle du paysage écrit et audiovisuel Marocain: Toute une profusion d’articles foisonne dans les journaux. La prostration du modèle de développement économique du Maroc le leitmotiv des dissertations économiques : Tout un pullulement d’écrits lui y est consacré et dédié après le discours Royal du Vendredi 13 octobre lors de la nouvelle session parlementaire où le Souverain Marocain sonna le glas de notre modèle économique. 
« Si le Maroc a réalisé des progrès manifestes, mondialement reconnus, le modèle de développement national, en revanche, s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale » 
En dépit de ce warning Royal, au Maroc, les jours se suivent et se ressemblent et rien de substantiel, ni de concret n’a été entrepris. Pour preuve, les Thinks-thanks, les laboratoires de recherche, les universitaires, se cantonnent et se contentent de débats, de colloques et journées économiques qui demeurent platoniques et platoniciennes. On est bel et bien dans le début du nouvel An 2019 : Les institutions constitutionnelles, les partis politiques, les centrales syndicales, ainsi que la société civile devront trimer de concert en faisant preuve de maestria afin d’accoucher les amorces et les préambules d’un modèle palliatif. Or, indépendamment de quelques tables qui n’ont à rien de rondes ici et là, aucune initiative tangible ne pointe à l’horizon. 
Sur le marbre de la réalité, nous nous sommes figés sur la littérature Académicienne conjuguée à un effarement des priorités du pays. Seulement avouons-le, tous les Marocains ici et sur d’autres cieux savent fermement que ces priorités sont un secret de polichinelle. 
A maintes reprises, nous avons fait les points d’orgue de la situation, nous sommes conscients des dysfonctionnements, lesquels sont connus de tous les Marocains, pour reprendre les dires du Souverain Marocain. 
Tous les Marocains savent sciemment que les maillons de ce modèle sont le capital humain et l’éducation, tous les marocains savent pertinemment que les piliers de ce serpent de mer sont la santé, l’emploi, une redistribution des fruits de la croissance et l’aspiration à une vie décente. 

Les soubassements de la maquette du modèle économique Marocain ne sont-ils pas énoncés dans la Constitution ? Démocratie, Etat de droit, pluralisme, bonne gouvernance, société solidaire soudée autour de la sécurité, la liberté, l’égalité des chances, la dignité, la libre concurrence,? 
De ce fait, je pense qu’il ne s’agit, dans cette chronique, de proposer un quelconque succédané à ce modèle en panne d’inspiration, je pense qu’il Il ne s’agit aucunement de prescrire ici une quelconque recette abracadabrante pour le nouveau modèle de développement. 
Si des recommandations concrètes il y en a, elles devraient provenir des imminences évoquées ci-haut, qui débordent de matière grise, de compétences et de talents. Ceux-ci doivent s’imprégner de la culture économique et sociale marocaine ; elles doivent être intrinsèques à la réalité économique marocaine et inhérentes aux problèmes sociales du quotidien des Marocains à même à reconsidérer notre modèle économique pour le mettre en phase avec les transfigurations que connaît et notre patrie et le monde. Ceux-ci doivent incorporer irréversiblement les volets incontournables de la liberté d’entreprendre, de la bonne gouvernance et de la justice sociale qui, faute de quoi, aucun prototype économique ne saurait pérenniser. 
Coïncidant avec les 20 ans de règne du Souverain Marocain, l’année 2019 doit être celle de la Majesté de ce chantier, et ses jalons doivent être jetés dès le premier semestre de cette nouvelle année 2019. Certes, Les blocs politiques et les différentes franges de la société civile pourront discorder sur quelques morphèmes du modèle de développement économique à emprunter, mais ne doivent aucunement diverger sur la trame fondamentale pour quelconqu’obédience idéologique ou de surenchère politique et politicienne. 
Comme cité ci-haut, les distorsions sont connues et les priorités sont limpides et translucides; nous n’avons nul besoin de recourir à d’autres check-up vu qu’il y a, déjà, foisonnement et pléthore en la matière. 
Au regard des métamorphoses économiques qui chamboule l’arène économique mondiale, 
l’intérêt est de procéder à calibrage méthodologique et à un découpage de l’appareil productif à même de détecter les lieux de jonction du tissu productif marocain au regard du système économique mondial. Le contexte et le climat de la donne économique mondiale, souvent interceptée, doivent gagner leurs lettres noblesse ce qui nous incite à exhumer une des citations de Feu SM Hassan II dans son Discours du 20 août 1993 « Nous constatons parfois un manque d’analyse concernant la carte régionale et mondiale, pourtant nécessaires pour l’étude de la carte nationale ». 
Par ailleurs, faut-il, à notre sens, se suicider sur toute une armada de réformes économiques pour générer la croissance économique ? Ce qui nous exhorte à avancer que le nec plus ultra est de détecter le « SMIG » d’obstacles les plus contraignants de notre économie et de s’atteler à les lever.Car, nous semble-t-il, beaucoup de réformes conduites dans plusieurs secteurs peuvent créer des distorsions imprévues dans d’autres secteurs ; en se concentrant sur le domaine qui bride le plus la croissance, le Maroc aura plus d’aubaines de récolter les fruits de son effort, car pour paraphraser l’Économiste Dani Rodrik, pléiade et spécialiste des problèmes de la croissance économique : « beaucoup de réformes peuvent créer peu de résultats et peu de réformes peuvent créer beaucoup de résultats ».

Si l’économiste du pays de l’oncle Sam et chef de file de l’économie de l’Offre (supply side) Arthur Betz Laffer disait, à l’occasion, de sa fameuse courbe Laffer « Trop d’impôt tue l’impôt », je dirais, dans ce propos, que « trop de réformes tuent les réformes ».Tout est dans la simplicité, Léonardo de Vinci, l’artiste de la Joconde Mona Lisa n’a-t-il pas proverbialisé  » La simplicité est la sophistication suprême » ?

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