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Le Secteur Informel au Maroc entre nécrose économique et exutoire social

by Mustapha Maghriti

Le département de Lahlimi, en l’occurrence, le Haut Commissariat au plan HCP vient de livrer sa dernière investigation sur le secteur informel. Faut-il, en épilogue, souligner que ce secteur regroupe toutes les unités de production non agricoles qui exercent des activités de production de biens et services sans se conformer aux dispositions statutaires et comptables auxquelles sont soumises les entreprises opérant dans l’économie nationale. 
En s’appyant sur les résulats de cette enquête, on peut, d’emblée, affirmer que ce  » secteur occulte » continue à dépraver le tissu économique national, à gangrener le climat des affaires économiques et à déposséder l’Etat des plus values économiques estimées à à 410 Milliards de dirhams, en hausse de 6,5% par rapport à l’enquête de 2007. 
En effet, l’économie souterraine persiste à plomber le système productif marocain dans la mesure où le nombre des centres de production informels s’élève à 1,68 million, en progression moyenne de 19.000 nouvelles unités par an contre 40.000 en 2007. Des chiffres qui montrent que le secteur informel, qui se situe entre une fourchette de 20 % à 30 % du Revenu National Brut RNB, porte préjudice à la compétitivité des entreprises nationales et internationales. 
Une grande partie du secteur formel reste obstruée par le secteur non structuré tel qu’entendu par le Bureau international du travail BIT, plus singulièrement dans le secteur du commerce étant donné que plus de la moitié de production du secteur informel est enregistrée dans le commerce en accaparant près de 70% du chiffre d’affaires total, suivies des activités de l’industrie (13,1%), des services (9%) et du BTP (8,1%). 

Par ailleurs, l’économie parallèle s’obstine à plomber le climat de l’investissement au Maroc. En effet, à l’appui de notre allégation, les unités de production informelles (UPI) ont investi 3,366 milliards de DH, en accroissement annuel de 3,2% depuis 2007. Le secteur des services en a réalisé 50%, le commerce plus du tiers, l’industrie 12,2% et les BTP 5,3%. De ce fait, le secteur informel constitue une parasite à l’environnement des affaires économiques et exerce une concurrence déloyale envers les entreprises structurées, ainsi qu’un obstacle rédhibitoire à l’implantation des entreprises étrangères. 
Toutefois, au Maroc, l’économie clandestine demeure un filet de sécurité économique, sert d’exutoire social et constitue un facteur d’intégration et de solidarité en lien avec sa logique productive de survie. Pour preuve, le secteur informel continue à être une fertile soure d’emplois et de revenus ; la sphère informelle absorbe une main-d’œuvre de 2,4 Millions de personnes représentant 36,3% de l’emploi non-agricole à l’échelle nationale. Dans ce cadre, 233 000 indépendants employeurs ont recruté 420 000 salariés et distribué 11,4 milliards de DH de salaires correspondant à près de 4% de la rémunération salariale à l’échelle nationale et représentant 11% de la valeur ajoutée globale du secteur informel. 
L’éloquence des statistiques évoquées ci-haut nous incite à avancer les conclusions suivantes : 
– le secteur informel emploie, produit et distribue des revenus au tissu social Marocain, 
– Ce mode d’accumulation informel joue un rôle dans les mécanismes de reproduction et de cohésion des unités domestiques, 

– Avec une telle participation au PIB national, l’économie Marocaine fonctionne en deça de ses potentialités économiques, ce qui ne cesse d’impacter négativement la dynamique économique et sociale et la recomposition de ces différentes dimensions liens formel/informel en un ensemble structuré nous conduit à une nouveau défrichage du secteur informel et sa capacité à participer au développement économique du Maroc.

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