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La prière de l’absent et naufrage du PJD: Quelles sont les Raisons?

by Mustapha Maghriti

La Prière de l’absent : Le titre semble dévier l’imaginaire des Romans vers le conte culte de Tahar Benjelloun. Idem, la Prière de l’absent semble bifurquer l’imaginaire des cinéphiles vers le film, LONG MÉTRAGE, adaptation de l’œuvre de Tahar Benjelloun , de Hamid BENNANI. Détrompez-vous  Il n’en est rien, il s’agit du grand enterrement du  parti islamiste à la tête du gouvernement au Maroc depuis une décennie ; le Parti de la justice et du développement Pjd s’effondre comme un château de cartes, passant de 125 sièges dans l’Assemblée sortante à 13 siège ; Un fiasco politique et électoral historique et si l’on se réfère au règlement intérieur de la première Chambre, le PJD n’aura même pas droit à la constitution d’un groupe parlementaire. Le seuil pour ce faire est fixé à 20 sièges. 

Premier parti du Maroc depuis deux législatures, la formation islamiste devient seulement la 8ème force politique à la première Chambre, où elle vire de facto dans l’opposition.

Si Aziz Rabbah membre et ministrable du Pjd, dans une lettre à la tonicité testamentaire, le président sortant du Conseil Communal de Kenitra n’a aucune explication à donner à cette défaite ou El Habib Choubani, ex-président de la région Draâ-Tafilalet, lui aussi, à analyser l’équanimité des électeurs par le fait qu’il n’y a d’explication ni dans la science politique, ni dans la science sociale aux résultats du scrutin du 8 septembre.

Nous pensons quant à nous qu’il y a bel et bien des explications : Le taux de participation qui dépasse la barre des 50%, soit 8,78 Millions d’électeurs en dit long , c’est une véritable mobilisation du citoyen contre une épée de Damoclès d’un parti qui avait bien profité des effets d’aubaine du Printemps arabe et du mouvement du 20 Février en promettant monts et merveilles aux Marocains.

De ce fait, le naufrage tétanique du PJD rassérène sur la modernité et la sagesse démocratique de notre société.

Le krach du PJD en dit long sur le comportement électoral mature de la société marocaine ; elle rassoit sur la sociologie électorale de notre structure sociale. Nous alléguons que le Pjd avait remporté les élections de 2011/2015 non pas parce qu’il avait des émérites bien transplantés dans leurs suzerainetés, mais parce qu’il reproduisait la revendication du changement d’une société marocaine avide de limpidité, de réverbération et de rigueur.

C’est dans les villes que le PJD avait picolé victoire, c’est-à-dire dans les superficies urbaines qui évadent la mainmise électorale du pouvoir et des partis plus sacramentels qu’il avait accédé aux commandes du Gouvernement en 2011/2015.

Le Parti barbu et light avait réussi parce qu’il était le seul sigle politique qui représentait des lueurs d’espoir de renouveau, de disjonction avec des élites usées. En 2011-2015, le Pjd était l’emblème d’une appétence de se tronçonner avec le rituel politique prédominant.

La prouesse du PJD de 2011/ 2015, n’était pas le signe d’un culte gagnant en force mais d’une volonté de changement, de modernité et de clarté. Le Pjd avait gagné successivement en 2011-2015 parce qu’il était le seul référé encore moral et propre, parce que son argumentaire moralisateur qui se recoupait avec la velléité d’une gestion cohérente et prometteuse.

Une grande frange sociale moderniste de la population désireuse de changement avait donné sa voix à un parti islamiste qui promettait du rebondissement, réviviscence et du progrès.

C’est cette frange de la société Marocaine qui avait voté à un parti barbu non pas parce qu’il est barbu-islamiste, mais en pensant au changement dans les gisements et les chantiers de l’école, la santé, et la liberté, c’est cette frange qui avait élu le PJD et qui le fait sèchement et subitement ramollir au scrutin du 8 Septembre en raison de sa gestion cataclysmique et calamiteuse de 10 dix ans de la chose publique (économique, social….etc.)

C’est un enseignement à retenir pour l’avenir : l’acquis démocratique du 8 Septembre montre inlassablement que la société Marocaine est beaucoup plus mature, sage et moderne.

Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.

Autant en emporte le vent, le Pjd  n’a pas exaucé ces aspirations et ces doléances des Marocains. Et Ipso facto, le vote sanction contre le PJD dit très bien l’attente des Marocains des villes, les classes moyennes, les gens même aisés qui ont envie d’un autre Maroc, plus égalitaire, démocratique, avec une école blindé, et une santé de béton protège les plus vulnérables.

Ces Marocains de la modernité progressiste ont renvoyé chez lui, un Pjd qui les a désappointés et désillusionnés, parce qu’ils voulaient un parti du renouveau et non de la tergiversation, de la carotte, de la platitude et de l’obséquiosité.

Le PJD a revêtu l’habit d’un parti anti-corruption et anti-inégalité, mais l’habit ne fait pas le Moine, ni l’Imam encore!

L’hiatus abyssal entre les préoccupations du corps social électoral Marocain et l’impertinence et l’incohérence des réponses inscrites dans le Gouvernement Pjd et les stratégies qui en découlent n’ont fait que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve, de déception, voire de méfiance du citoyen Marocain à l’égard de toue opération électorale Pjdiste.

Le Souverain Marocain, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route politique, économique et social en soutenant chevaleresquement que l’alliance et le pacte gouvernemental n’est pas le partage d’un gâteau ?

Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent et se greffent dans la pérennité des choix de la Nation.

Dans cette mouture, le corps social tout entier Entreprises et Ménages avaient attendu avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par le Pjd issue de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies politiques et les sentiers économiques destinés à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique et sociale, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

In fine, c’est dans la capacité du Gouvernement Aziz Akhnouch que vient de nommer le Souverain Marocain d’apporter des répliques aux ” spleens” et aux aspirations émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine et le tissu social pourraient renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique et sociale et la voie Royale de la démocratie.  



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