
Qui de nous, n’a pas pensé que la dénutrition a été séquestrée dans le sarcophage de la littérature économique ? On était tous persuadé que et la sous-alimentation étaient mollies de notre planète et que l’humanité pouvait manger à sa faim et subvenir à ses besoins fondamentaux. Malencontreusement, en grande partie aux répercussions de la pandémie de Covid-19, la faim dans le monde s’est considérablement attisée en 2020, alerté l’agence des Nations Unies pour l’Agriculture et l’alimentation (FAO) dans un rapport récent sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde établi conjointement par avec le concours de quatre organismes de l’ONU (le Fonds international de développement agricole (FIDA),l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
Selon ce document, 1/10 environ de la population mondiale, ce qui pourrait représenter jusqu’à 811 Millions de personnes est en situation de sous-alimentation en 2020.
Inopportunément, la pandémie du Covid-19 continue de faire ressortir les faiblesses de nos systèmes alimentaires, lesquelles mettent en péril la vie et les moyens d’existence des personnes partout dans le monde.
Le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, le Sommet de la nutrition pour la croissance et la vingt-sixième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26), qui ont tous lieu cette année, doivent offrir une occasion de progresser vers l’objectif de la sécurité alimentaire et de la nutrition par la transformation des systèmes alimentaires et doivent avoir une incidence déterminante sur la deuxième moitié de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition, un engagement pris au niveau mondial qui cherche encore son rythme.

Avec le Coronavirus, l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2021 nous interroge sur la réalité calamiteuse que l’épée de Damoclès de la famine nous épie et que la malnutrition est en train de saper les personnes les plus vulnérables dans le monde.
La sous-alimentation, dans le monde, constitue un cri d’alarme sur l’évolution de la famine et ce nonobstant les engagements pris par les pays à travers les politiques publiques mises en place pour atteindre les objectifs du développement durable ODD à l’orée 2030.
La lutte contre la malnutrition et la famine, Faut-il rappeler, faisaient partie intégrante de ce nouveau consensus quant aux objectifs du développement adopté par la communauté internationale.
Avec les pertes d’emploi, le chômage, la faim et la malnutrition dans le monde ont accusé une envolée fulminante où le nombre de personnes pâtissant de la faim dans le monde est évalué à 768 en 2020, 821,6 millions en 2018, soit une augmentation de plus de 10 millions de personnes par rapport à 2017. Ce chiffre s’envole pour frôler les deux Milliards de personnes si on inclut les personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Aussi, selon un récent rapport d’OXFAM intitulé » le Virus de la faim se propage », 11 personnes risquent de mourir de faim chaque minute, soit un rythme plus élevé que le nombre de victimes du Covid-19 qui est environ de 7 personnes par minute. Au niveau de la ventilation spatiale de la famine dans le monde et sans aucune surprise, c’est notre continent noir qui vient en tête de peloton de ce classement ; l’Afrique subsaharienne, où 224,3 millions de personnes souffraient de malnutrition.

Les autres continents ont, à leur part, ont été affectés par une recrudescence de la famine, notamment en Asie avec 12%, l’Amérique latine et les Caraïbes avec 8%.Les pays qui endurent le plus de la malnutrition sont le Yémen, le Congo démocratique, l’Afghanistan, l’Ethiopie, le Sud Soudan et le Nord du Nigéria. Cependant, cette calamité ne se cantonne pas aux pays pauvres et des pays en développement : Les pays développés ont également connu le regain de la famine au cours des dernières années avec notamment les crises économiques et sociales qui corrodent l’économie mondiale, notamment auprès des couches pauvres et marginalisées. Mais, le côté le plus odieux est que la famine ronge de plus en en plus les mômes. En effet, le rapport des Nations-Unies atteste que le nombre d’enfants qui sont ravagés par la faim et la malnutrition dans le monde est de 149 millions d’enfants ; un chiffre qui nous apostrophe sur le grand chaos du bilan de l’alimentation dans le monde.
Un tableau très noir de l’évolution de la famine qui montre incontestablement que les objectifs fixés dans le consensus sur le développement et les objectifs l’Objectif de la faim zéro et du développement durable ODD en 2030 d’enrayer la famine sont reportés aux calendes grecs. Parmi les raisons de la détérioration des conditions de l’alimentation dans le monde, on énumère le rôle des guerres, des conflits et de l’instabilité politique en général et les catastrophes naturelles qui ont joué un rôle important dans le retour des crises alimentaires. Mais, en dépit de son importance, ce rapport ne s’est intéressé que de manière accessoire à la question des politiques agricoles et des choix de développement mis en place dans ce domaine qui expliquent, à notre sens, largement la dystrophie des conditions de l’alimentation. Malheureusement, depuis la seconde guerre mondiale, les politiques agricoles et les choix de développement agricoles ont été marqués par la prépondérance des politiques industrielles et les intérêts urbains par rapport à ceux du milieu rural et de l’agriculture.
Plus que jamais, aujourd’hui, nous avons besoin d’une rupture avec les choix passés afin de mettre l’agriculture et l’alimentation au centre pour mettre fin à l’outrage de la faim et de l’insécurité alimentaire dans notre planète qui tue plus de personnes que le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ces stratégies passent inlassablement par une réorientation des systèmes agricoles visant à privilégier le développement durable ; stratégies où les organismes humanitaires ont un rôle à jouer en œuvrant pour promouvoir une agriculture durable, pour instaurer des mesures visant à élargir l’accès à la nourriture pour tous, pour améliorer l’économie locale et contribuer à la sécurité alimentaire. Il faudrait toutefois qu’un cadre politique, de gouvernance mondiale crée un environnement favorable en encourageant la paix, la stabilité macroéconomique et en définissant les domaines prioritaires d’un programme de lutte contre la faim.
Avouons-le, en guise de conclusion, la faim dans le monde n’est pas une fatalité, les thèses malthusiennes et néo-malthusiennes sont fausses et battues en brèche, les ressources naturelles sont suffisantes depuis la création de la planète. Pour preuve, DIEU dans Sourate FUSSILAT verset 9 et 10 dit “Renierez-vous [l’existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et LUI donnerez-vous des égaux ? Tel est le SEIGNEUR de l’univers, c’est LUI qui a fermement fixé des montagnes au-dessus d’elle, l’a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t’interrogent.”
Le droit à l’alimentation pour tous est une revendication légitime où chacun a son rôle à jouer, des ONG aux pouvoirs politiques sans occulter chacun d’entre nous qui à sa façon, ses propres moyens, peut contribuer à cette lutte par un don, une offre de bénévolat, un effort pour préserver les potentialités de la nature. Le droit à l’alimentation est un droit de naissance pour tout être humain.
Nelson Mandela n’a-t-il pas argué que “La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité” ??
