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Gouvernement Psy au Maroc 2017:Quelles sont les « Psy-causes » des opérateurs économiques?

by Mustapha Maghriti

D’emblée, le Souverain Marocain a tranché le nœud gordien en mettant fin à un suspens hitchcockien qui a tenu en haleine l’arène politique Marocaine durant plus de 6 Mois. En effet, ce 6 Avril 2017, le Souverain Marocain a nommé le nouveau Gouvernement avec à sa tête un psychiatre et Fqih Soussi bardé de diplômes en théologie, en l’occurrence Saad-Eddine El Othmani le nouveau « psy-chef » de l’exécutif Marocain. 
L’éviction de Benkirane et la nomination de Saad-Eddine El Othmani ont donné lieu à une série d’exégèses et d’anagogies. Il paraît nécessaire de s’atteler à l’essentiel dans l’ambition de permettre au débat politique de décapsuler, enfin sur des solutions économiques et sociales probantes et de leur bonne marche. 
L’issue choisie par le Souverain Marocain s’inscrit parfaitement dans l’essence, la souche et l’âme de la constitution de 2011 qui stipule que le Roi nomme une personnalité politique du parti arrivé premier, sans l’obliger à prendre le chef. Le Roi, parrain de la marche des institutions avait la possibilité d’opter pour d’autres options, il a préféré continuer à s’inscrire dans la pérennité du respect de la constitution de Juillet 2011. Ce n’est pas rien et il faut le saluer. Sur la scène politique, nous avons assisté pendant plus de 6 Mois à un blocage, qui au fil des jours n’avait plus rien de politique. C’est devenu une polémique, voire même une guérilla d’égos ressentie par les Marocains comme telle écimant et mutilant, au niveau de l’opinion publique, la démocratie. Ensuite, cette catalepsie a eu des corollaires pervers au niveau économique, mettant en jeu la pérennisation et la survie des entreprises et PME/PMI Marocaines. La nomination du psychiatre Saad-Eddine El Othmani respecte la démarche démocratique et déverrouille la serrure politique d’une solution rapide où en moins de 5 jours ce Fqih issu de la région de Souss est arrivé à débloquer la situation et à former la majorité en parvenant à un accord de coalition avec cinq partis, le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), l’Union constitutionnelle (UC) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). 

Présentement, il faut que tous les acteurs s’élèvent : Les Marocains escomptent et aspirent à un Gouvernement qui réponde à des aspirations économiques, politiques et sociales légitimes et urgentes. Les Marocains revendiquent une politique économique qui relance l’activité, l’investissement et l’emploi. Les Marocains réclament une vie décente et une protection des plus faibles, une amélioration de la qualité de la présence territoriale des services publics, une reforme de l’administration. Les Marocains exigent une politique de l’impartialité de la justice, de l’éducation nationale et de la santé publique.
Saad-Eddine El Othmani doit tenir compte de ces aspirations et doléances. Le Roi du Maroc, lors du discours de Dakar n’a-t-il pas fixé la feuille de route en soutenant majestueusement que l’alliance gouvernementale n’est pas le partage d’un gâteau ? Le Gouvernement, c’est une équipe, des compétences, un programme, des actions qui s’inscrivent dans la durabilité des choix de la Nation.
Les acteurs économiques attendent des réponses à des questions, récurrentes, qu’ils se posent de manière formelle, explicite et latente. De telles préoccupations revêtent une stridence singulière dans le contexte du nouveau Gouvernement et qui marque la fin de la première expérience gouvernementale conduite à l’ère de la nouvelle constitution de Juillet 2011. Dans ce sens, le corps social tout entier Entreprises et Ménages attend avidement que les politiques publiques qui seront mises en place par l’exécutif Saad-Eddine El Othmani issu de la majorité parlementaire, prédéfinissent les voies et les layons destinées à installer le Maroc sur l’itinéraire et la trajectoire d’une réelle émergence économique, accompagnées d’un agenda précis de réalisation. 

Pour le monde des affaires, la principale imploration réside dans le renforcement des mesures destinées à fertiliser le climat des affaires économiques et du business international, seule hypothèque et gage d’une économie productive efficiente car génératrice de gains de productivité et d’amélioration de compétitivité. Aussi, des politiques plus incitatives en direction du secteur privé sont de nature à aider l’entreprise marocaine à jointoyer et cimenter son positionnement sur les marchés traditionnels ceux de L’Union Européenne et tirer profit des opportunités de croissance offertes par les marchés de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avec un PIB de 674,34 milliards de dollars US ce qui en fait la 20éme puissance économique du monde, marchés avec lesquels le Maroc compte développer une véritable coopération Sud-Sud. Outre, les perspectives de croissance à l’international, cette « nouvelle politique » de l’entreprise aurait également au moins deux séries d’incidences positives au plan interne. D’abord, de telles perspectives de développement des marchés sont des prérequis incontournables à tout essor de l’investissement et partant au redressement de la démographie des entreprises caractérisée, ces derniers temps, par une forte mortalité. Coïncidant, ensuite, avec la mise en œuvre du « programme d’accélération industrielle », cette nouvelle politique contribuerait, à coup sûr, à la reprise des activités économiques qui n’ont progressé que de 3,2% sur le quinquennat 2012-2016 en perte de 1,5 point du PIB en comparaison à la période 2004-2011 où la création des richesses avait crû de 4,8% par an.
En sus, selon les statistiques puisées dans le dernier rapport du Recensement Général de la Population et de l’Habitat GRPH, les 7,4 Millions de ménages aspirent et espèrent une amélioration de leurs niveaux de vie et un engagement ferme et affirmé pour la réalisation des objectifs du développement humain. De telles attentes nécessitent des politiques publiques audacieuses pour éponger ou, autant que faire se peut, amenuiser de manière persuasive les déficits antérieurs. Toujours, selon la même source, le taux d’analphabétisme de 32% touchant les 10 ans et plus est encore trop élevé en 2014 ; il en est de même du taux de sous-emploi qui est passé de 11,3% à 11,5% au niveau national selon les dernières statistiques du Haut Commissariat au Plan HCP.

En définitive, c’est dans la capacité des futures politiques du Gouvernement Psy Saad-Eddine El Othmani d’apporter des répliques à ces  » spleens » et  » psy-causes » émanant aussi bien des opérateurs économiques, du milieu des affaires, ainsi que des entreprises et des ménages que l’économie Marocaine pourrait renouer avec une croissance économique soutenue pour claustrer et se greffer sur le sentier de l’émergence économique. A défaut, tout hiatus entre ces préoccupations du corps social électoral Marocain et la pertinence des réponses inscrites dans les programmes du Gouvernement Saad-Eddine El Othmani et les stratégies qui en découlent ne feraient que renforcer la césure sociale, les attitudes et les comportements de réserve voire de méfiance du citoyen à l’égard de toue opération électorale future.

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