
“Earth Song”, le titre semble dévier l’imaginaire des mélomanes vers le 3éme single, la chanson écologique de Michael Jackson la plus populaire qui incorpore des éléments de Blues, de Gospel et d’Opéra, tiré de l’album HIStory le 27 Novembre 1995, “Earth Song” qui a atteint le Top 5 de nombreux classements musicaux et classée N° 1 au Royaume-Uni en devenant la chanson de Michael Jackson la mieux vendue dans ce pays. Il s’accompagne d’un très beau clip, tourné dans 4 régions du monde : Croatie, Tanzanie, Brésil et New-York aux Etats-Unis.
“Earth Song” aborde la thématique récurrente de l’environnement, ses strophes et syllabes évoquent la guerre, la pollution, la déforestation, l’incendie et la frénésie envers la planète et les animaux. A travers “Earth Song”, Michael Jackson essaya de faire passer un message écologiste et estima lors d’une interview que la chanson représente une occasion de faire entendre aux gens la voix et les douleurs de la planète lorsqu’il chante “I think earth feels the pain, and she has wounds […] this is my chance to pretty much let people hear the voice of the planet.”
À l’époque, les questions environnementales deviennent un véritable sujet d’alerte, d’effarement à travers le monde. Chacun de nous se souvient, quelques années plus tôt, en 1986, de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, ou encore, en 1989, de la tournée médiatique du chef Raoni, accompagné du chanteur british Sting pour sonner et proclamer la déforestation de l’Amazonie.

“Earth Song”, c’est cette mélodie de Michael Jackson qui nous inspira à rédiger cette chronique sur les préjudices et les dégâts subis envers la planète.
Historiquement, au Québec, et ce malgré les avertissements de bon nombre de scientifiques depuis les années 1970, ce sont le déluge du Saguenay ( à quelques kilomètres du Québec) de 1996 et la tempête de verglas de Janvier 1998 qui ont fortement révélé que notre société visant efficacité, productivité et optimisation industrielle n’a peut-être pas autant d’emprise que prévu sur les impacts du climat. En fait, non seulement cette société post-industrielle efficace, productive et optimisée a fortement fragilisée par la variabilité naturelle du climat, mais celle-ci a contribué vélocement à exaspérer sa vulnérabilité en ajoutant malencontreusement dans la biosphère la “strychnine” des gaz à effet de serre.
Ce réchauffement des températures de la surface de la planète provoquera une importante fonte de glaciers polaires et alpins, ainsi qu’une hausse du niveau de la mer pouvant atteindre jusqu’à 95 centimètres d’ici la fin du 21ème siècle. Cette flambée, induite par la fonte de glaciers mais, surtout par simple expansion thermique de l’eau réchauffée, rendrait particulièrement vulnérable aux inondations les basses terres côtières où plus de 50% des habitants de cette planète y vivent.
Avec une augmentation du nombre de journées avec de telles températures très chaudes, la fréquence des vagues de chaleur et des épisodes de smog devraient croître. L’augmentation de ce type d’événements provoquera une augmentation dans le nombre de décès reliés à la chaleur et entraîne une plus grande incidence d’allergies et de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Aussi, des experts nous mettent en garde que d’ici 50 ans, plus d’un 1,5 Milliard de personnes pourraient être tyrannisées à s’évader des réchauffements températures odieuses.

Les signes précurseurs de cette chauffée climatique ne se font-ils pas sentir ? Désastres naturelles d’origine climatique, météorologique, hydrologique, catastrophes et calamités qui consistent en épisodes de vagues de chaleur à plus de cinquante degrés, de pluies diluviennes, inondations, feux de forêt, séismes abîmant sous les eaux des pays comme la Belgique et l’Allemagne, ou ravageurs ouragans et méga-feux réduisant en cendres des contrées entières comme l’Ouest-Américain, la Sibérie et la ceinture méditerranéenne durant l’été.
Des sécheresses dans le sud, des tempêtes tropicales, des invasions de criquets en Afrique de l’Est et des inondations forçant plus d’un Million de personnes à quitter leur foyer en Somalie.
Les quelques illustrations fournies dans cette chronique ne brossent qu’un tableau incomplet des impacts potentiels des changements climatiques alors que l’humanité prend pour bouc émissaire de la fatalité au lieu de prendre conscience qu’il faut changer sa façon d’habiter la terre et renoncer à ses mauvaises habitudes.
Notre patrie a enregistré, cet été et même en automne, de nouvelles vagues de chaleur. Aussi, de nouveaux records de chaleur ont sapé plusieurs contrés, des incendies s’en sont suivis, qui ont ravagé les forêts au Canada et Californie notamment. Ne se sont-ils pas les signes avant-coureurs très alarmants de méga-sécheresses et de l’acidification des océans ? Tel est le résultat d’un réchauffement des températures mondiales.
Avouons-le, après l’échec du protocole de Kyoto de 1997, Marrakech, Bonn, Katowice, Madrid… et aujourd’hui Glasgow. Ces messes, en grande pompe, sonnaillent plutôt comme une ribambelle de promesses non tenues et renvoyées aux calendes grecques. Pour preuve, la préservation du climat n’est pas entrée dans l’équation ; après la plus dure épreuve de la pandémie de Covid-19, le trend industriel est reparti de plus bel à la hausse, pour atteindre en 2021 son niveau d’avant-crise. Aucun réel tournant n’a été opéré et somme toute, les plans de relance n’ont fléchi que 3% des investissements vers les énergies bas carbone selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).
Suite aux échecs des précédents engagements et après plusieurs reports dus à l’épidémie de Covid-19, le Sommet des Nations Unies la 15éme Conférence des parties (COP) de la Convention sur la diversité biologique qui a eu lieu 11 Octobre 2021, à Kunming en Chine n’a pas connu de grandes avancées nécessaires sur un nouveau traité international pour la conservation à même à stopper la perte en cours de la diversité des plantes et des animaux sur Terre. On est toujours loin d’atteindre la vision à 2050 de vivre en harmonie avec la nature et des cibles visant à ce qu’au moins 30 % des zones terrestres et des zones maritimes soient conservées grâce à des systèmes de zones protégées et d’autres mesures de conservation efficaces ou à limiter les pollutions agricoles ou plastiques.
Quelques semaines plus tard, cette conférence a été suivie par le fameux sommet mondial sur le climat COP26 à Glasgow qui s’est soldé à son tour par un échec : Alors que la planète se trouve selon l’ONU sur une trajectoire “catastrophique” de réchauffement de 2,7°C par rapport à l’ère préindustrielle, les 200 pays de la COP26 ont adopté samedi 13 Novembre 2021 un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, sans assurer de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d’aide financière des pays démunis. Fiasco qui peut être expliqué par le conformisme des politiques des gouvernements et leur complaisance vis-à-vis des lobbies qui les empêchent d’avancer, critiquant “les promesses d’ivrognes” de certains pays au lieu d’”engagements sérieux” selon le candidat écologiste à l’élection présidentielle de l’Élysée Yannick Jadot, un échec audible sur le visage avec les larmes aux yeux du président de la conférence sur le Climat, Alok Sharma.

Les rapports alarmants nous cessent de s’enchaîner, les preuves tangibles ne cessent jamais de s’accumuler, les scénarios les plus noirs ne cessent de se confirmer sur les cries d’orfraie de la terre. Nous restons pourtant étonnamment amorphes et inertes au regard de ce qui constitue le plus grand risque de mettre notre espèce en péril.
La communauté internationale, somme toute, ne doit-elle pas cesser ses promesses de monts et merveilles et ses attitudes timorées en s’attelant vers la mise en œuvre de résolutions concrètes selon un agenda bien défini en prenant appui sur une volonté politique forte et frontale afin d’inverser le cours tumultueux de la planète et reprendre le contrôle du climat dans le monde ? A défaut, l’humanité sera condamnée à un avenir infernal selon les propos du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres !!!
