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Covid-19 et repositionnement de l’Union Européenne sur l’Afrique : Une aubaine pour la centralité géopolitique de la Méditerranée

by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que la crise du Covid19 a révélé toute la vulnérabilité de la globalisation, devenue à l’heure du Coronavirus plus chancelante, plus imprévisible qu’auparavant.  Au regard de cette fragilité,  le monde ne devra-t-il pas s’acheminer vers une multipolarité partagée ? À côté de la Chine (l’Asie) et des États-Unis (l’Amérique), l’Union Européenne (L’Europe) ne doit-elle pas prendre conscience de la nécessité du repositionnement géopolitique en créant un troisième pôle solidaire avec l’Afrique qui permettrait à la Méditerranée de retrouver sa centralité perdue ?

La pandémie du Covid-19 a engendré de grandes interruptions dans les chaînes de valeurs mondiales, et, de facto, elle a permis aux proximités et aux solidarités régionales de devenir les assises et les ateliers de souveraineté et d’autonomie nouvelle.

Dans cette optique, l’Union Européenne ne doit-elle pas concevoir le mouvement de relocalisation dont il est question ? Avec la rupture des chaines de valeurs internationales, n’est-il pas opportun pour l’Europe d’adhérer à une dynamique de « ré-régionalisation » dans le cadre d’une logique verticale ralliant l’Afrique et l’Europe avec la Méditerranée pour compatir à l’émergence d’une multipolarité partagée ?

Le Maroc est un arbre dont les racines sont ancrées en Afrique mais qui respire par ses feuilles en Europe pour reprendre la célèbre métaphore de Feu Hassan II, le Maroc, relais entre l’Afrique et l’Europe, devra s’insérer internationalement dans cette séquence vertueuse et les répliques qui seront apportées aux contraintes issues de la crise économique de la pandémie du Coronavirus  contribueront à émailler son nouveau modèle de développement économique et social.

En sus, la crise d’origine sanitaire,  2020 restera  dans  les annales de l’histoire économique et sociale, l’année du Coronavirus, et ainsi dans le Post-Covid-19, la primauté est à allouer à la dimension sociale : La suprématie sera accordée à la santé pour sauver la vie humaine, promouvoir la recherche scientifique pour manufacturer les médicaments à utiliser avant la course effrénée à la découverte de la formule chimique du vaccin, en vue d’en être à l’abri dans le futur.

Sur ce registre, la santé et la protection de la vie humaine vont devenir des choix stratégiques des politiques publiques. Avec les dommages collatéraux distillés par la pandémie du Covid-19, au même rang que la sécurité et la paix, la santé est en passe de devenir un bien commun de l’humanitarisme.

Corrélativement à la sauvegarde de la vie, partout dans le monde, les États s’attèlent, avec omnibus, au grand « PLAN MARSHALL » de parer l’effondrement de l’économie et la mise en place des instruments de relance des systèmes productifs.

Encore une fois, l’anathème du Coronavirus nous a révélé nos 4 vérités en face que  loin de tout autolâtrie, loin de l’égoïsme ou le Fisrt America ou d’autres épithètes égocentriques : Seulement par une action concertée que l’on pourra voir le bout du tunnel.  Ainsi, au plus profond de la crise sanitaire du Covid-19, doit jaillir et éclore un besoin d’unité, entre les États et Nations et de solidarité à l’intérieur de celles-ci entre les Forces Economiques et Sociales. Pour preuve, La crise du Covid-19 n’a-t-elle pas mis les pleins phares aux frontières et aux écueils de l’ultralibéralisme et de l’individualisme ? Avouons-le, la main invisible du marché pour reprendre la célèbre allégorie d’Adam Smith, ne peut, à elle seule, régenter et aiguiller l’économie mondiale.

Loin de tout bord, Etat providence ou État Gendarme, l’Etat que l’on veut désormais est  « Un Mieux Etat », qui  aura le mandat stratégique d’en redresser les outrages qui se mesurent en termes d’arrêt de l’investissement et de production (dimension économique), de pourrissement de l’environnement (dimension écologique), d’accentuation des inégalités (dimension sociale) et, aujourd’hui avec la pandémie du Coronavirus, d’apparition d’épidémies (dimension sanitaire).

La fragilité et la précarité que le Covid-19 a révélée ne nous apostrophe-t-elle pas nous, Marocains, Maghrébins, Africains, Européens et Sud-méditerranéens?

Ne doit-elle pas nous amener et nous animer à prendre conscience de la valeur inestimable du voisinage comme un bien commun, à ouvrir nos frontières, créer les socles et les piédestaux de réconciliation et de rapprochement, pour boiser et blinder nos positions de négociation dans la gestion de la mondialisation post-2020 ?

Dans l’espace Afro-Euro-méditerranéenne, l’Union Européenne ne doit-elle pas tirer les enseignements et les leçons de la crise sanitaire, économique et sociale causée par la Covid-19, et ce à travers la réduction de sa dépendance au niveau des chaines de valeur mondiales avec le lointain (la chine, l’Inde……) et créer des interdépendances solides avec sa proximité la zone afro-méditerranéenne ?

L’Union Européenne ne doit-elle promouvoir la relocalisation des activités industrielles pour les incorporer dans un maillage régional du pourtour Afro-méditerranéen permettant, in fine, de redonner à la Méditerranée sa centralité perdue en tant qu’espace géopolitique Européen et Africain pour mieux négocier sa position dans les chaines de valeur mondiales et  démontrer sa capacité à maîtriser ses rapports avec toutes les grandes puissances et à bâtir, dans la cadre de la multipolarité future et dans une approche de régionalisation avec l’Europe voisine, une zone de coproduction et une orthogonalité Afrique-Europe avec un nouveau centre de rayonnement : La Méditerranée.

Le Maroc, qui appartient à cette périphérie Afro-Euro-Méditerranéenne, tirera profit et fruit de cette séquence vertueuse porteuse d’investissement, de production, de croissance et d’emploi. 

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