Aujourd’hui Mercredi 9 Décembre 2019 est la célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption.
Faut-il rappeler, en guise d’introduction, que la corruption est un phénomène social, politique et économique très complexe, qui afflige toutes les Nations. Elle nécrose les institutions démocratiques, altère le développement économique et contribue à l’instabilité gouvernementale.
La corruption endommage les pivots des institutions démocratiques en biaisant les élections, en corrompant l’État de droit et en distillant des appareils bureaucratiques dont l’unique fonction réside dans la sollicitation des dessous-de-table.
Elle bouche considérablement le développement économique en dissuadant le milieu des affaires et en plaçant les PME/PMI dans l’impossibilité de surmonter les « coûts initiaux » liés à la corruption. Quelle est le rang du Maroc sur l’échiquier mondial en matière de lutte contre la corruption ? Et quelle trame se tisse entre le climat de l’investissement au Maroc et le phénomène de la corruption ? Diptyque intime assurément. Tel est le dessein de cette chronique économique.
D’emblée, la corruption demeure la grande tare pour les promoteurs des affaires au Maroc, en atteste l’Indice de perception de la Corruption (IPC). En effet, dans le rapport de de Transparency International 2018, notre pays a obtenu une place qui le statufie dans la 81éme sur un panel de 180 pays. Certes, le Maroc a amélioré sa position où il a gagné 9 points par rapport à 2016 alors qu’il stagnait entre 36 et 37 points durant les années précédentes.
l’Indice de perception de la Corruption s’étaie sur 13 sources de données émanant de 12 institutions indépendantes spécialisées dans l’analyse de la gouvernance et du climat des affaires dans les 180 pays, le Maroc se verrouille dans une position déplaisante, puisqu’elle obtient un score de 40/100. En dépit des efforts louables du Maroc, le pays fait moins bien que certains de ses voisins ; elle est devancée de loin par le Cap-Vert 48ème (55/100), le Sénégal 66ème (45/100), le Burkina Faso 74ème (42/100).

Avec un tel score, avec un tel benchmarking, il est épineux d’être candidat au capital étranger et rendre le climat de l’investissement prospère et le cadre des affaires juteux pour les promoteurs étrangers.
La corruption fait tâche d’huile sur tout le système judiciaire Marocain et constitue un véritable achoppement à la fécondité de l’investissement et autant la justice d’un pays est gangrenée par la corruption et autant le climat des affaires est dissuadant.
De ce fait, la corruption demeure une entorse structurelle à la croissance en discréditant au fair-play, à la concurrence et à la méritocratie économique en faisant refondre les montants destinés à la lutte contre la pauvreté, car elle accouche les mêmes effets qu’une taxe cachée ou des frais généraux illégaux
Aussi, la corruption dissuade les investisseurs en chavirant leur confiance ce qui génère des pertes d’emplois et finit par claustrer le pays dans la pauvreté et fait également entrave à la création de PME capables de « manufacturer » la richesse pour les pays.
Ce qui explique l’intérêt impérieux que porte le Souverain Marocain à ce scabreux dossier. A ce titre, dans le discours royal, à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative du 14 Octobre 2016, le Souverain Marocain Mohammed VI n’a-t-il pas mis les pleines lumières sur les nombreux cas de lenteur des procédures judiciaires et de la non-exécution des jugements déjà rendus, notamment dans les affaires qui mettent l’investisseur au regard de l’administration ?
C’est dans cette optique que le Souverain Marocain a invité le Gouvernement et l’ensemble des institutions administratives et judiciaires à assurer une mise en œuvre appropriée, fluide et rapide de l’acte administratif à même de surmonter les problèmes révélés par l’expérience et la pratique et de faire de l’amélioration de l’environnement des affaires une priorité nationale et une action pérenne.
Soyons optimiste : Le Roi Mohammed VI, a reçu, jeudi 13 décembre 2018 au palais royal à Rabat, Mohamed Bachir Rachdi connu par sa droiture et son sérieux, que le Souverain a nommé président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption.

Ceci montre l’importance que le Roi accorde à la lutte contre la corruption sous toutes ses formes, tant au niveau du fonctionnement des administrations et établissements publics et son impact sur les services rendus aux citoyens, qu’au niveau des répercussions négatives de ce fléau sur les différents secteurs de l’économie nationale et sur la réalisation d’un développement durable et équilibré. Dans ce cadre, le souverain a donné ses Hautes Orientations au nouveau Président afin d’œuvrer à la mise en oeuvre optimale des missions confiées par la Constitution à cette instance nationale, notamment en ce qui concerne la prise d’initiative, la coordination, la supervision de l’exécution et le suivi des politiques de lutte contre la corruption, la contribution à la moralisation de la vie publique à même de pallier aux répercussions négatives de ce fléau sur les différents secteurs de l’économie nationale et sur la réalisation d’un développement durable et équilibré.
Avec cette nomination royale, nous espérons entamer une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption, une ère de changements réels et irréversibles à travers des stratégies effectives et applicables où l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption jouera un rôle d’impulsion, de suivi, et d’évaluation des politiques publiques en la matière.
