
C’est un secret de polichinelle aujourd’hui, personne, n’est indifférent au réchauffement climatique et aux dommages collatéraux qu’il fait appesantir sur l’écosystème, la finance et l’économie, l’agriculture ou la santé humaine. Pour preuve, d’année en année, ce réchauffage se traduit en désastres naturelles d’origine climatique, météorologique ou hydrologique.
Catastrophes et calamités qui consistent en épisodes de vagues de chaleur à cinquante degrés, de pluies diluviennes, inondations, feux de forêt, séismes abîmant sous les eaux des pays comme la Belgique et l’Allemagne, ou ravageurs ouragans et méga-feux réduisant en cendres des contrées entières comme l’Ouest-Américain, la Sibérie et la ceinture méditerranéenne durant l’été. Des invasions de criquets en Afrique de l’Est, des sécheresses dans le sud, des tempêtes tropicales et des inondations forçant plus d’un Million de personnes à quitter leur foyer en Somalie.
De telles cataclysmes et cyclones ont été multipliés par cinq entre 1970 et 2019, selon les estimations de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

A ce titre, nul ne doute que la thématique récurrente du chauffe climatique est dans tous les esprits parmi les participants à la 26éme session de la Conférence des Parties (COP 26) qui s’est ouverte lundi 1er Novembre 2021 à Glasgow en Ecosse qui se déroule à l’ombre portée de l’épidémie de Covid 19 qui a entraîné son report d’un an et qui illustre tragiquement les risques planétaires du 21éme siècle qui va durer deux semaines et qui réunit près de 200 pays; conférence considérée comme la dernière chance pour sauver la planète, qui se préoccupe aussi bien de savoir comment réduire les émissions de carbone que de faire face aux effets dirimants et néfastes du changement climatique et présenter des plans concrets de limiter à 2°C, et dans l’idéal à 1,5°C et pour réduire de 45 % les gaz à effet de serre sur les dix ans à venir et pour les supprimer totalement d’ici 2050.
Certes, les différents blocs de négociation qui sont présents au sommet du COP 26 de l’ONU défendent leurs propres priorités en fonction de leur situation climatique et économique.
Un réchauffement qui impacte particulièrement l’Afrique, contraint à subir les émissions de CO2 des pays les plus riches.
Alors que la plupart des pays de la planète peinent à réduire prodigieusement leur empreinte carbone, dans les pays du Sud, en général et en Afrique en particulier, continent qui représente moins de 4% du total mondial des émissions de carbone, le débat est différent : Pour les pays Africains, la problématique n’est pas de savoir comment réduire les émissions de carbone, mais surtout comment financer les effets dévastateurs du changement climatique ce qui nécessite des fonds énormes que les pays Africains ne peuvent se permettre et ce, d’autant plus que les plus démunis d’entre eux (33 figurent parmi les 47 pays les moins avancés) s’inquiètent du fait qu’ils n’ont pas reçu aujourd’hui la manne financière promise par les pays nantis.

A égard, une étude de l’ONU n’a-t-elle pas estimé, il y a quelques années, que l’Afrique subsaharienne aurait à elle seule besoin d’un financement d’environ 50 Milliards de dollars US par an pour l’adaptation au changement climatique d’ici 2050.
A titre illustratif, l’Afrique du Sud, qui dépend fortement du charbon et qui est le 14éme émetteur mondial de gaz à effet de serre, a clairement indiqué que sa sortie du charbon est conditionnée aux financements des pays plus riches.
De fait, au regard de l’endommagement climatique affligé à l’Afrique, les faibles financements et la carence de l’appui technologique qui lui sont dévolus, attestent, de la manière la plus ostensible, la syncope du système international qui chante en chorale, à chaque sommet climatique, la tarte à la crème des effets nuisibles du changement climatique et du COP de la dernière chance.
Aussi, l’Afrique a besoin, non seulement, de ressources financières, mais aussi de transfert de technologie : Il incombe à la communauté internationale, de manière urgente, d’affirmer une volonté politique réelle et audacieuse en s’engageant plus équitablement et impartialement en faveur de l’Afrique, astreinte de subir les corollaires d’un ordre économique mondial qui ne lui profite pas dans de proportions légitimes.
Avec une telle détermination, l’Afrique peut s’associer aux pays riches dans une adhérence plus ferme aux efforts de lutte contre les retombés dévastateurs du changement climatique.
Avouons-le, après l’échec du protocole de Kyoto de 1997, Marrakech, Bonn, Katowice, Madrid… et aujourd’hui Glasgow. Ces messes, en grande pompe, sonnaillent plutôt comme une ribambelle de promesses non tenues et renvoyées aux calendes grecques. Pour preuve, la préservation du climat n’est pas entrée dans l’équation ; après la plus dure épreuve de la pandémie de Covid-19, le trend industriel est reparti à la hausse, pour atteindre en 2021 son niveau d’avant-crise. Aucun réel tournant n’a été opéré et somme toute, les plans de relance n’ont fléchi que 3% des investissements vers les énergies bas carbone selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).

En guise de conclusion, la communauté internationale doit cesser ses promesses de monts et merveilles et ses attitudes timorées en s’attelant vers la mise en œuvre de résolutions concrètes selon un agenda bien défini en prenant appui sur une volonté politique forte et frontale afin d’inverser le cours tumultueux de la planète et reprendre le contrôle du climat dans le monde. A défaut, l’humanité sera condamnée à un avenir infernal selon les dires du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres !!
