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Mustapha Maghriti
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L’Afrique : Une gouvernance à fleur de peau

by Mustapha Maghriti 18 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Lundi dernier 5 Octobre 2015, la fondation Mo Ibrahim www.moibrahimfoundation.org en collaboration avec la Fondation Kennedy et la prestigieuse Université de Harvard, a rendu public son fameux rapport sur la gouvernance en Afrique. 

Faut-il rappeler que Mo Ibrahim est une fondation crée en 2006, basé à Londres qui a pour mission de promouvoir la bonne gouvernance sur le continent africain qui établit un classement chaque année pour évaluer les avancées ou les reculs en matière de leadership et de bonne gouvernance dans chacun des 54 pays africains. 

L’indice Mo Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) est basé sur 93 indicateurs classés en quatre sous-catégories: sécurité et Etat de droit, participation et droits de l’Homme, développement économique durable et développement humain. 

Selon l’indice l’IIAG 2015, les conditions de la gouvernance se sont détériorées dans 21 pays ces quatre dernières années entre 2011 à 2014. 

L’indice 2015 souligne que seulement six pays ont enregistré des progrès dans chacune de ses quatre catégories. Il s’agit, selon ses calculs, du Sénégal, du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Zimbabwe et de la Somalie. Pour autant ces pays sont respectivement classés au 9 éme, 16éme, 35 éme, 44 éme et 54 éme rangs. Qu’en est-il du Maroc ? 

En pondérant les quatre sous-catégories Le Maroc a régressé de 2 points pour se positionner dans la 16éme place sur un panel de 53 pays africains. Dans ce cadre, le Maroc s’est placé dans la 12 éme position concernant le développement humain et la 18éme place concernant la sécurité et l’état du droit.

Toutefois, le Maroc s’est classé dans les derniers rangs concernant les droits de l’homme 42 éme place. L’autre enseignement de l’indice 2015 de la gouvernance en Afrique, est l’écart croissant entre les différentes régions. L’Afrique australe est présentée comme la zone la plus performante en matière de gouvernance avec un score de 58,9 suivie par l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Est. Cette différence s’explique par les nombreux bouleversements intervenus dans cette région. L’instabilité que connaît la Républicaine centrafricaine, de même que les risques qui pèsent dans les autres pays de la région, empêchent d’avoir des institutions fortes et une soutenabilité économique. 

Le mauvais pilotage financier et électoral constitue une entrave rédhibitoire au développement de la gouvernance au continent africain : La corruption sur le continent noir, fait tort à l’objectivité, porte préjudice à la justice et à l’égalité des chances, dépare l’équité et à la non discrimination, principe qui sous tendent les droits humains. Aussi et sur le plan économique, la corruption secrète sur le continent des altérations dans le secteur public en évinçant l’investissement public des secteurs prioritaires pour le régenter vers des projets d’investissement où les pots de vin et les dessous de table sont plus nombreux.

Dans la gouvernance des entreprises africaines, la corruption préjudicie le développement économique en dopant le coût des transactions commerciales à cause des étrennes, des frais de négociation avec les agents publics. Ainsi, selon des estimations économiques, les ressources gaspillées par des actes de corruption et les ressources qui font l’objet de rétention ou sont détournées atteignent 25 % du PIB total du continent Africain.

Selon l’Union africaine, la corruption coûte au continent près de 150 milliards de dollars par an, la Banque africaine de développement BAD à titre illustratif souligne que cette tribulation conduit à la perte d’environ 50 % des recettes fiscales, chiffre supérieur à la dette extérieure totale de certains pays africains. Ces dissymétries actuelle atrophient le bon pilotage, donnent à la gouvernance en Afrique une faible légitimité et sécrètent l’anathème de l’exclusion et le blasphème de la pauvreté.

Certes, la pauvreté a reculé de manière globale en Afrique, mais le nombre de personnes vivant avec 1 à 2 USD par jour reste très élevé : A titre illustratif, en 2012, 386 millions d’africains vivaient avec moins de 1.25 USD par jour et à l’heure actuelle, c’est 21% de la population africaine qui continue de pâtir de la famine et 223 millions de personnes qui sont en situation de sous-alimentation élevée de façon perdurable, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Aujourd’hui encore, la pauvreté affecte une large partie du continent, y compris les pays exportateurs de matières premières, les plus riches en terme de PIB, tels que le Nigéria, premier producteur de pétrole d’Afrique, mais où la misère sape 70% de la population. En Angola, c’est près de 70% de la population qui vit avec moins d’1 USD par jour. De ce fait, l’insécurité alimentaire demeure une épée de Damolcès qui menace et plombe le développement en Afrique. 

Il est temps que l’Afrique revoit moult modes de fonctionnement et entreprendre certains ajustements, changements et refontes pour asseoir une réelle gouvernance à même d’auiguiller le contient Noir vers la voie royale du développement économique et social et de l’éradication de la pauvreté et la précarité. Kofi Annan n’at il pas dit que « La bonne gouvernance est le chemin le plus sûr pour en finir avec la pauvreté et soutenir le développement  » 

In fine, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, tout est possible, l’art de la gouvernance, ce n’est pas de faire ce qui est possible, mais de rendre possible ce qui est nécessaire pour accoucher une gouvernance efficace, légitime et démocratique.

18 octobre 2015 0 comment
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Au nom du Prolétariat, le Socialisme est-il de retour ?

by Mustapha Maghriti 9 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Dans son nouveau livre de Bernard Friot, « Émanciper le travail », entretiens avec Patrick Zech animateur de Réseau Salariat à Liège, paru aux éditions « la Dispute », l’économiste et sociologue français Bernard Friot explique comment, selon lui, on peut sortir du capitalisme sans boussole et de l’intimidation à l’emploi grâce au concept de salaire viager. Etayé, entre autres, sur la socialisation du salaire, sur l’appartenance des entreprises aux salariés, sur le périclitement des prêts bancaires et du profit, ainsi que sur la mise en place d’un salaire maximum, ce nouveau système prétend mettre une refonte totale du système économique afin de permettre à tous les citoyens d’avoir un salaire et un standard de vie décent, mettant fin au chantage à l’emploi et à l’insécurité sociale qu’il engendre. 

Regroupant des entrevues réalisées avec Patrick Zech, le nouveau livre de Bernard Friot, explique de manière rigoureuse son projet novateur de salaire à vie. L’ambition de l’auteur étant de déconditionner l’accès au salaire à l’obligation de travailler. Aussi, le bouquin apporte de subtiles métamorphoses dans le système économique et bancaire. Le projet du sociologue Bernard Friot envisage de substituer le travail au-dessus du capital et de considérer tout travailleur, qu’il ait un emploi ou non, comme producteur de richesses. Tout citoyen âgé de plus de 18 ans atteindrait donc la « majorité économique » et se verrait attribuer à ce titre un salaire à vie, qui pourra être revu uniquement à la hausse grâce à un système de qualifications.

Ce projet iconoclaste est assorti de prédicats concrets nécessaires à sa mise en œuvre au travers d’une mise en place d’un barème de salaire, d’une copropriété d’usage de tous les outils de travail par les salariés, d’un remplacement du crédit bancaire par une cotisation investissement et de l’inhumation du profit et des dividendes. 

En substance, toute la valeur ajoutée produite par une entreprise servirait à financer les salaires, la recherche, l’investissement et la sécurité sociale, sans laisser de place au profit pur, source de beaucoup de tares économiques et sociales d’après l’auteur à l’instar des licenciements boursiers, baisse de la R&D, dividendes, paradis fiscaux, spéculation, esclavage moderne…). Un système économique qui s’apparente à celui déjà existant des coopératives, qui réinvestissent statutairement leurs bénéfices plutôt que les placer dans des comptes off-shore. 

Pour ce faire, l’auteur du salaire à vie montre que ce nouveau système serait bâti sur deux pylônes : la cotisation et la qualification qui, cette dernière, propre à chaque salarié, permettrait de définir le niveau de salaire, avec comme premier échelon le travailleur « non actif » et mettre un terme à tous les problèmes qu’il pose : précarité, insécurité sociale, pressions psychologiques, chantage à l’emploi, peur du licenciement, etc.

En sus, il faut mettre en lumière, selon l’auteur, que ce fonctionnement n’est pas à amalgamer avec d’autres systèmes essayés de manière dictatoriale au siècle dernier, dans lesquels les salaires étaient identiques, la propriété privée abolie et les entreprises toutes nationalisées. L’ambition de Bernard Friot est de proposer non que les entreprises appartiennent à l’État, mais qu’elles appartiennent au contraire aux travailleurs qui la composent, chacun étant investi et ayant son mot à dire sur son fonctionnement. L’idée étant que les entreprises puissent se consacrer entièrement à leur activité réelle, à la recherche, au bien commun, indépendamment de la recherche de profit où la majorité de la richesse produite s’évapore dans les paradis fiscaux ou dans les mains des plus riches. 

Cependant, cette refonte totale du fonctionnement économique du capitalisme économique amène à poser moult apostrophes: Quid des travailleurs indépendants et des artisans ? Peut-on réellement, en pratique, mettre en place un tel système ou faut-il seulement en « piocher » certaines idées ? Comment faire passer un tel projet dans la loi, à l’heure où le libéralisme est ultra-dominant ? Peut-on mettre en place de tels changements à l’échelle d’un pays dans une économie mondialisée ?

De tes interpellations nous exhortent à avancer, en guise de conclusion, que le projet de Bernard Friot prêche par idéalisme, que le socialisme est bien enterré depuis la chute du mur de Berlin et que seul le capitalisme, au cours de l’histoire et malgré les chocs et les crises qu’il subit, a montré sa capacité à se reproduire dans le temps. L’histoire des faits économiques et sociaux en est la pièce à conviction. 

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Une économie internationale plus juste, plus égalitaire et plus humaine est-elle possible ?

by Mustapha Maghriti 9 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Dans son roman de 530 pages » la 3éme guerre » politiquement et économiquement documenté sur les nuisances et les dégâts du néolibéralisme et sur l’histoire des mouvements sociaux et les altermondialistes, paru aux Éditions Hélène Jacob en Septembre 2014, Stéphanie Aten, romancière et scénariste française , met en scène, dans cette dystopie, deux principaux goulags qui se vouent une lutte sans pitié : d’une part les despotismes néolibérales, incarnant les Firmes Multinationales FMN et les prépotences financières employant une armée de mercenaires, d’autre part les fougues et les exaltations altermondialistes armées par leurs réseaux numériques et de leur détermination à faire remanier le monde. C’est un bras de fer et un rapport de force crucial pour le monde et son « lamarckisme » : Les Elites contre leurs populations.
Le titre a été minutieusement choisi par l’auteure pour trois raisons : 

– Primo, parce que certes, nous sommes bel et bien en guerre : chaque année, le capitalisme outrancier immole plus d’individus que la seconde guerre mondiale en six ans, et engendre des dégâts environnementaux dorénavant funestes où nous sommes aux prises avec une mentalité, une version de civilisation et une dialectique qui fait opposer la vie à la mort, la construction à la destruction, la pérennité à la dégénérescence. 

– Secundo, l’auteure a évité d’utiliser l’épithète « mondiale » qui, selon elle, est galvaudée et superflu et parce que cela risquait de donner au livre une connotation qui n’était pas la sienne : guerre nucléaire, faits d’armes, jugement dernier…..etc. 

– Tertio, le combat livré est bien celui de l’organisation citoyenne baptisée « 3 », chiffre dont le figuratif est très fort dans quasiment toutes les religions et les cultures. Il met tout le monde d’accord et n’aspire qu’à deux choses : L’union et l’équilibre. 

Ce roman cible les personnes déjà mobilisées et informées (altermondialistes, associatifs, militants …) et touche aussi le grand public en dépit de son empreinte très politique : 

– Les premiers maîtrisent déjà une grande partie des informations qui s’y trouvent, en revanche, ils ont besoin d’être nourris et exhortés, car cette tauromachie est extrêmement énergivore, et peut, à certains égards, paraître désespérante. Ce récit balise des pistes de solutions et suggère une ramification globale des forces en présence. Il apporte sa petite pierre à l’édifice altermondialiste pour le raffermir toujours davantage. 

– Quant au grand public, lymphatique pour le moment, il est visé lui aussi : vulgariser l’information, l’intégrer à une fiction, permet d’entraîner le lecteur dans une réflexion personnelle indolore et non rébarbative. 

Plus apostrophes nous taraudent l’esprit après avoir lu ce roman : Est-ce le revirement de l’agent secret, mercenaire de l’armée privée internationale, le PAREM ? Est-ce la prouesse des altermondialistes sur les serpentaires de la finance internationale et du capitalisme ? Est-ce la mission jouée par Internet dans cette conquête ? 

Le plus effarant, nous semble t-il, est dans la mise en scène de ces altermondialistes qui révèlent collectivement et durablement leur capacité d’altruisme, d’empathie, de solidarité, de compassion, de clémence ; et pour lesquels ces qualités sont la condition sine qua non pour combattre efficacement les siphonneux et métamorphoser le monde. Les personnages d’exception qui dirigent le mouvement altermondialiste, portent l’humanisme à son apoastre, abandonnant leurs penchants matériels, pour devenir d’authentiques humains. 

Du Bangladesh au Brésil, de Genève à Jérusalem, la romancière Stéphanie Aten, nous livre une fiction qui parle de notre présent et de nous en tant qu’être humain. Rédigé avec l’appui d’un ex-agent gouvernemental, fortement documenté, « La 3ème guerre » vacille entre roman d’espionnage et drame historique, et porte le souffle épique de notre Présent où l’auteure utilisa la fiction pour générer des émotions, qui entraînent elles-mêmes une réflexion. 

A mi-chemin entre la fiction et l’enquête, le roman vise à faire prendre conscience aux lecteurs qu’un autre monde plus juste, plus égalitaire et plus humain, plus philanthrope est possible, où les valeurs humanistes, sociales et écologiques trônent sur le capitalisme dominant. 

La force de l’auteure réside dans le fait d’avoir montré comment peuvent s’articuler les choix de vie personnels et les engagements politiques, en postulant que la synergie des deux vecteurs est une condition d’efficacité. En substance, l’auteure met en exergue le caractère exceptionnel d’une telle cohérence, et dessine ainsi une critique discrète mais éloquente, de l’anémie des mouvements sociaux, trop souvent minés par les combats d’égo ou les conflits de pouvoir personnel. 

« La 3éme guerre » n’est que le premier volet d’une trilogie. Chacun des trois récits sera porté par des héros différents, qui n’auront pas de connexité entre eux mais avec un dénominateur commun : le changement, La révolution, la remise en question de l’ordre établi. 

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La Pression Fiscale au Maroc : étreinte, Coercition et écran de fumée !!

by Mustapha Maghriti 7 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Les Américains ont une fameuse maxime, qui fait mal aux poches, froid dans le dos et phobie dans le cœur et, qui n’est autre que la sentence de l’écrivain et homme politique Américain Benjamin Franklin  » En ce monde, rien n’est certain à part la mort et les taxes « . Lugubre adage populaire américain qui nous rappelle l’inévitabilité de deux certitudes que l’humanité a fervemment polémiquée (les Taxes) ou à retarder (la Mort). 
Friedrich Nietzsche relata « Ce n’est pas le doute qui rend fou : C’est la certitude « . En effet, une certitude folle, au Maroc, précède la mort de par son joug, son mode de prélèvement et son caractère irréfragable: C’est la Pression Fiscale exprimée sous forme de quotient entre les recettes fiscales et le Produit intérieur Brut (PIB). 
D’emblée, on peut arguer que la Pression Fiscale demeure dense au Maroc, endossée en dernier lieu par le consommateur Marocain et qu’un assentiment sur son allégement s’avère indéniable, tel est le point sur le i de cette chronique. 
En comparant le Maroc à des pays à niveau de développement économique analogue comme l’Egypte ou la Tunisie, on peut affirmer que la ponction fiscale au Maroc est « corsée ». En effet, rétrospectivement, à l’ère de l’indépendance du Maroc, la Pression Fiscale se situait autour de 10% ce qui était le même niveau des pays similaires au Maroc en termes de développement. Aujourd’hui, la pesanteur fiscale a ascensionné à 23% depuis une décennie, 22,1% en 2011 contre 22,8% en 2010.

Aussi nous semble-t-il que sur le plan empirique, ce degré de la pression fiscale est plus trapu qu’il n’y paraît : ramener le total des recettes fiscales au PIB laisse inférer que toutes les branches économiques contribuent à la somme des valeurs ajoutées (PIB) ce qui n’est pas le cas ; une analyse plus futée de la pression fiscale conduirait à défalquer du dénominateur commun toutes les niches économiques qui n’y contribuent pas. A l’appui de notre allégation : On sait foncièrement que le secteur agricole est toujours exonéré d’impôts. De ce fait, la pression fiscale devrait donc être calculée uniquement sur la base du PIB non agricole. En procédant ainsi, on aurait eu une pression fiscale de 26,4% au lieu de 22,8% et de 31% en 2008 année pic et tangente du fardeau fiscal entre 2004/2011. 

En sus, en termes de benchmarking, « l’étreinte » fiscale sur les entreprises au Maroc est l’une des plus importantes, tant à l’échelle continentale que mondiale : C’est ce qui ressort de la neuvième édition de l’étude annuelle dans laquelle PwC et la Banque mondiale décortiquent les systèmes fiscaux de 189 pays dans leur dernier rapport « Paying Taxes 2014 – The Global Picture». En effet, selon cette dernière étude, le Maroc est le 78ème pays à avoir le taux d’imposition total le plus élevé avec 49,6% (constitué principalement par les charges sociales de l’ordre de 22,7%). Au niveau régional, le Royaume est le deuxième pays où la pression fiscale est la plus importante après la Tunisie (60ème), suivi par la Libye (116ème), l’Algérie (174ème) et la Mauritanie (181ème). Sur le continent africain qui constitue la zone qui a le taux le plus élevé au monde avec un taux d’imposition total moyen de 52,9%, le Maroc est le 15ème pays d’Afrique à avoir le taux d’imposition moyen le plus élevé. 
Aussi, Selon un sondage effectué par le team du Centre Marocain de Conjoncture CMC, les taux d’imposition, actuellement, en vigueur restent en majorité trop élevés notamment en matière d’IS et de TVA ; plus de 75% des sondés estiment que la pression fiscale demeure exorbitante par rapport aux taux pratiqués dans les pays européens et dans d’autres pays émergents du Sud de la Méditerranée (PSEM) à niveau de développement similaire au Maroc.
L’allégement des taux d’imposition et l’édification d’autres réformes fiscales font l’unanimité et le consensus auprès du milieu des affaires. L’idée qui prédomine sera la poursuite de la réforme pour une révision à la baisse de tous les prélèvements obligatoires et notamment l’Impôt sur les Sociétés (l’IS). Pour le milieu des affaires, un taux d’IS allégé stimulerait l’investissement productif, les flux des investissements directs étrangers et la croissance économique.
De surcroît, l’étau Fiscal reste polarisé pour l’essentiel sur les revenus salariaux et en point de chute finale sur le salarié Marocain : A titre illustratif, l’Impôt sur le Revenu (IR) est applicable aux revenus salariaux, professionnels, agricoles, immobiliers, ainsi que sur les revenus fonciers. Les revenus salariaux à eux seuls épongenent les 3/4 des recettes de l’Impôt sur le Revenu, les revenus agricoles reposent en paix dans leur cercueil en raison de leur exonération, les autres revenus professionnels, fonciers et financiers ne représentent respectivement que 10,9%, 5,4% et 7,5%. 

De ce fait, l’Impôt sur le Revenu n’est qu’un écran de fumée qui met de la fumerolle sur le véritable assujetti : L’impôt sur les salaires. 
D’autres taxes (Taxe sur la valeur ajoutée TVA, Taxe intérieur à la consommation TIC, Droit d’enregistrement et de timbre DET) renflouent, idem, le Budget de l’Etat et sont supportées par le consommateur final, représentant 60% des recettes fiscales totales.
Dans un mémorandum de la Banque Mondiale intitulé « Promouvoir la croissance et l’emploi par la diversification productive et la compétitivité » : L’impôt sur le revenu au Maroc est parmi les plus élevés au monde, bien au-dessus du taux correspondant à son revenu par habitant ; ces taux très élevés dépriment la demande de travailleurs qualifiés. En termes d’obstacles au climat de l’investissement et des affaires au Maroc, le niveau élevé de la pression fiscale est jugé comme la troisième plus importante contrainte par les entreprises marocaines.
En sus, des études empiriques et économétriques établies sur un échantillon de pays ont corroboré la forte corrélation entre la pression fiscale et la fraude fiscale en faussant, par ricochet, les jeux libres et fair-play de la concurrence : Plus la contrainte fiscale est élevée, plus le contribuable est exhorté à éluder et à fuir l’impôt. De même, dans une économie de marché, la fraude fiscale porte atteinte au libre jeu de la concurrence. En effet, les entreprises qui s’adonnent à la fraude et l’évasion fiscale mènent une rivalité déloyale à celles qui ne fraudent pas. En calomniant, les conditions de la concurrence loyale, la fraude permet la survie non pas des plus aptes, des plus utiles à la collectivité, des mieux équipés et des mieux organisés, mais des plus fraudeurs ce qui nous incite à ressusciter une célèbre phrase longtemps inhumée dans le coffin de la littérature économique du père fondateur de la science économique et pionnier du libéralisme économique Adam Smith en 1766 « Un impôt inconsidérablement établi offre beaucoup d’appât à la fraude »

L’élision du fardeau fiscal s’avère inéluctable au Maroc afin d’édulcorer l’érosion du pouvoir d’achat, améliorer la compétitivité et promouvoir la dynamique économique, comme le souligne le Mémorandum de la Banque Mondiale et la fameuse Courbe économique de Laffer, : C’est la baisse de la Pression Fiscale qui conduira à la reprise de l’incitation à l’épargne et à l’investissement et en corollaire à celle de la croissance économique génératrice d’un accroissement continu de la matière imposable qui compensera le manque à gagner intrinsèque à la baisse de la pression fiscale. 
Si l’économiste libéral américain Arthur Laffer chef de file de l’école de l’offre « supply side » narra que « trop d’impôt tue l’impôt », je dirai à mon tour qu’un impôt immodéré plombe la base sur laquelle il porte et lèse la dynamique économique et sociale.
In fine, un projet fiscal ne renferme-t-il pas en lui-même, pour le milieu des affaires, le clignotant d’une maquette de croissance économique et d’opportunités d’investissement. D’où, à notre sens, la fiscalité doit servir la croissance et non pas l’asservir. 
Le Team Benkirane relèvera-t-il ce défi fiscal en plumant l’oie sans la faire criailler, c’est l’art de lever l’impôt disait Jean-Baptiste Colbert au Roi-Soleil Louis XIV??

7 octobre 2015 0 comment
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Quand la Chine est sur la toiture du monde, et notre Maroc alors ?

by Mustapha Maghriti 6 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

«Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s’éveillera le monde entier tremblera. » Tout le monde connaît cette prédiction prononcée, dit-on, par Napoléon en 1816. Peu importe que personne n’en ait trouvé trace dans ses écrits, elle traduit une inquiétude sourde et toujours renouvelée que le XIX éme siècle craindra « Le péril jaune » ou ce qu’intitulait en 1898, l’écrivain anglais M. P. Shiel « The Yellow Danger » dans une série de courtes histoires.
A la regarder du toit de tant de siècles, souscrit-on à la prophétie de Napoléon ? La réponse est bien Oui et c’est officiel, la Chine occupe d’ores et déjà la première place en tant que sève et puissance sur l’échiquier mondial, empilant la sommité aux USA qui périclite à la deuxième place après plus de 142 chandelles de règne. La Chine représente désormais 16,5% de l’économie mondiale en termes de pouvoir d’achat réel au regard du pays de l’Oncle Sam avec 16,3%. Selon les données du Fond Monétaire International, publiées en octobre, le PIB chinois sera de 17.632 milliards de dollars en 2014, contre 17.416 milliards aux Etats-Unis.

Pour ce faire, les économistes utilisent le PIB, évalué en parité de pouvoir d’achat connu communément chez les initiés par la PPA, pour comparer les prouesses économiques des nations, car il prend en compte ce que permettent d’acheter localement les devises de chaque Nation à partir d’un panier de plus de 3 000 biens et services. 

Faut-il rappeler que Les USA occupaient la position de leader depuis 1872, lorsqu’eux même détrônait la Grande Bretagne. Le journaliste Américain Bret Arends, dans son article, pour le fameux site financier Market Watch www.marketwatch.com , n’a-t-il pas déclaré que  » Nous avons vécu dans un monde dominé par les USA depuis le dernier XIX siècle. En nous avons vécu pendant 200 ans depuis la bataille de Waterlo en 1815 dans un monde dominé par la Grande Bretagne ».

Cette situation devrait se pérenniser, et l’ex-puissance communiste prendra de plus en plus d’avance sur son ex-rivale capitaliste dans les cinq années à venir. La boule de cristal du FMI prophétise ainsi qu’en 2019, la Chine atteigne 27.000 milliards de dollars de PIB (classique), quand les Etats-Unis ne seront qu’à 22.000 milliards.

Après 142 chandelles d’hégémonie américaine, le pays d’Oncle Sam passe au second rang derrière la Chine ; un pays très vaste qui a emprunté un autre sentier que celui dont se targue l’occident. Ya-t-il un secret ? Rien de bien mystérieux. Ya-t-il une recette ? Rien de sorcier : Absoudre et délaisser les modèles économiques et économétriques qui enflent et brodent les portefeuilles des experts et organismes internationaux et retenez un sésame : un État patriote et protagoniste, une élite économique au service de l’investissement privé, une main d’œuvre méga formée au rythme des chamboulements cognitives et technologiques que connait l’économie mondiale, un projet ambitieux, une volonté de béton, une ténacité à toute épreuve et le tour est joué. 

La recette est là pour le Maroc, mais elle suppose la condition sine qua non que notre bourgeoisie ait autre chose en plan que de bâfrer l’argent dans des cottages au lieu d’ériger des usines , de s’empiffrer des châteaux au lieu d’asseoir des entreprises, de gaver des manoirs plutôt que d’investir dans des filières d’apprentissage, de se goinfrer dans les voitures de somptuosité et de luxe plutôt que dans des locomotives de valeur ajoutée technologique, de se dilapider dans des yachts au lieu de naviguer dans le savoir qui donne le vent en poupe à la dynamique économique et sociale.

En substance une bourgeoisie à l’origine de l’individualisme libéral couplé à un esprit d’entreprise/capitalisme privé. Cela suppose, in fine, une élite économique qui aime notre pays et qui le serve dignement, fidèlement et avec dévouement, une ploutocratie qui va servir et non asservir le climat des affaires, de l’investissement, de la croissance et de développement de notre cher Maroc que ne cesse da baliser et de signaliser le Roi Mohammed VI. C’est, en guise d’épilogue, le vrai oppidum économique.

6 octobre 2015 0 comment
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Partenariat public-privé au Maroc : Succédané ou adjuvant à la privatisation ?

by Mustapha Maghriti 4 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

mportée du pays du big ben durant les années Thatcher sous le vocable Private Finance Initiative, la formule du partenariat public-privé PPP a connu une euphorie depuis dans plusieurs créneaux : stades, hôpitaux, lignes TGV, prisons… . Il est également utilisé pour faire des ouvrages routiers comme des autoroutes ou des périphériques de grandes agglomérations.
Contrairement aux marchés publics, le PPP vise à :

– renforcer la fourniture des services et d’infrastructures administratives, économiques et sociales de qualité, en phase avec les contraintes des finances publiques, de l’accroissement des besoins et des impératifs de développement territorial.
– bénéficier des capacités d’innovation et de financement du secteur privé pour réaliser des projets publics 
– développer une nouvelle culture de la gestion de la commande publique basée sur l’évaluation préalable des besoins, l’analyse des performances, la maîtrise des coûts et le contrôle des réalisations

– Et garantir la disponibilité, l’effectivité et la qualité des services et leurs paiements en fonction des critères de performance.

Historiquement, au Maroc, le PPP a connu plusieurs phases aussi bien depuis l’Acte d’Aljeziras (1906) en passant par le Traité du protectorat de 1912-1956 et le rachat des entreprises concessionnaires et création de monopoles publics nationaux et locaux durant l’ère Indépendance du Maroc que par la restructuration et libéralisation de l’économie marocaine à partir des années Programmes d’Ajustement Structurel PAS et manifestation par l’État de son intérêt pour la gestion privée de certains services publics dans des domaines tels que les Transports urbains, la distribution d’eau et d’électricité, l’assainissement et la collecte des déchets ménagers, ainsi que la fameuse Loi N° 54-05 adoptée en Février 2006 relative à la gestion déléguée des services publics. 

Avec l’avènement du Gouvernement Benkirane, le Partenariats Public-Privé et en vertu de la loi n°86-12, a connu un point d’inflexion à travers la fourniture d’un cadre légal aux pouvoirs publics pour le développement des PPP au Maroc dans divers secteurs, branches et créneaux. 

Parmi les nouveautés de cette loi, figure la mise en place en 2010 d’une cellule PPP au sein de la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation DEPP relevant du Ministère de l’Economie et des Finances. Aussi, à travers cette formule, le Maroc compte s’appuyer sur ses riches expériences en matière de PPP dans divers secteurs comme les énergies renouvelables, l’irrigation et le transport urbain pour rendre éligible certaines niches au PPP à l’instar des Infrastructures et du Transport, de l’Energie et de l’Eau, de l’Agriculture ainsi que la Santé et l’Enseignement Supérieur. 

Toutefois à notre sens, le PPP n’est pas une martingale car , toute élongation à ce principe ôte le PPP de son sens et c’est le cas des contrats potentiels où le partenaire privé a un rendement important garanti alors que le risque n’étant supporté que par son partenaire public, c’est le cas aussi du mode de sélection du partenaire privé avec l’hétéroclité des critères, allant des négociations de gré à gré à l’appel d’offres attribué au moins disant financièrement. 

Nous pensons que le PPP est un succédané politique à la privatisation pure et simple, capable d’atteindre les mêmes objectifs assignés. Aussi, le nouveau PPP favorisera l’endettement des partenaires publics via la dette implicite générée par les engagements du public vis-à-vis du privé dans le cadre des concessions ou de partenariats et décapite les PME/PMI incapables d’assurer la charge de ces contrats au long cours.

In fine, le partenariat public-privé semble être érigé comme succédané à la privatisation tout en permettant à l’Etat, aux collectivités locales ou aux entreprises publiques de financer des investissements lourds sur une longue période, tout en faisant supporter le coût indirectement par les consommateurs.
La nouvelle mouture du partenariat public-privé vide ce nouveau mode de gestion de son essence en l’occurrence l’amélioration de la qualité du service public et la garantie des règles de la concurrence.

4 octobre 2015 0 comment
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La femme et le monde des Affaires économiques au Maroc : Contraintes, contrariétés et contretemps.

by Mustapha Maghriti 2 octobre 2015
written by Mustapha Maghriti

Nul ne doute que l’entrepreneuriat féminin est aujourd’hui reconnu comme l’une des principales sources de croissance, de création d’emplois, d’innovation et de richesses. Au cours des dernières années, on a assisté à un accroissement considérable du nombre d’entreprises créées par des femmes dans le monde. 

A point nommé s’est tenu du 19 au 21 novembre écoulé à Marrakech la cinquième édition du Global Entrepreneurship Summit (GES) qui a pour ambition de promouvoir les opportunités économiques à grande échelle dans la région et en singulier pour les jeunes et femmes.

La présente chronique se cantonne uniquement à mettre les points sur les i des obstacles qui piétinent la réussite de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. 

Placé en 13ème position au niveau du développement de l’entrepreneuriat féminin, le Maroc devance plusieurs pays émergents et s’impose comme pays dominant sur le plan du continent Africain. Or, malgré ce classement, l’entreprise féminine demeure chétive en témoigne la faiblesse du pourcentage d’entrepreneurs féminins au Maroc 5000 femmes entrepreneurs, soit 0,5%.

En filigrane de ce pourcentage infime se dessine plusieurs embûches freinant le développement et la promotion de la femme entrepreneure marocaine. Il s’agit :

– Primo, la carence du réseautage de soutien : Malgré l’existence au Maroc de plusieurs organismes de soutien et de promotion de l’entreprise féminine, on décèle que peu ou prou de femmes Marocaines adhèrent à ces groupements. Et pourtant, ces associations peuvent encourager et appuyer la création d’entreprises pour les femmes, les informer, les encadrer et les assister dans la gestion et la pérennisation de leurs entreprises, ainsi que de développer les compétences managerielles des femmes entrepreneurs en leur assurant des formations de Know-how et constituer, in fine, un réseau pesant à même de jouer un rôle de lobbying auprès des pouvoirs public et des instituions internationales à l’instar de la fameuse Association des Femmes Entrepreneures du Maroc (AFEM). Aussi, ces institutions s’avèrent un espace de rencontre, d’échange d’information, de formation et de solidarité visant l’amélioration du climat des affaires aux entreprises féminines Marocaines.

Cependant, la modique implication des femmes entrepreneures marocaines dans ce type de réseaux est due à leur méconnaissance de ces organismes et à leur manque de temps et d’intérêt.

Sur un autre registre, l’administration publique ainsi que les formalités nécessaires pour la création d’une nouvelle entreprise, constituent un autre écueil pour les femmes marocaines : La corruption, la lenteur des formalités administratives ainsi que les attitudes bureaucratiques sont toutes des pierres d’achoppement lourdes à supporter pour une jeune entrepreneure.

– Secundo, les pratiques socioculturelles s’avèrent, semble-t-il, des récifs ressentis par les femmes entrepreneures marocaines avec plus d’acuité à l’illustration de la discrimination sexiste ou l’harcèlement.

En sus, le manque de crédibilité et la réticence des différents partenaires (client, fournisseurs, etc.) sont aussi des barrières dont pâtissent les femmes marocaines au démarrage de leur projet. 

L’entourage familial semble également être un impédimenta culturel malgré que, légalement, la femme marocaine n’est plus astreinte à demander l’aval de son père ou/et à son mari, comme dans les cas de déplacements répétitifs à l’étranger ou en cas de rencontres avec des clients à des heures tardives. Ces pratiques sociales sont justifiées par les us et coutumes caractérisant la société Marocaine, qui imposent à la femme de s’incliner devant certaines règles de conduite au regard de sa famille et de la société Marocaine. Ardu et difficile dans une société macho et machiste tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc.

Si quelques dirigeantes de grandes entreprises apparaissent régulièrement dans la presse, où le caractère exceptionnel de leur présence est systématiquement souligné, si quelques actrices du milieu de la production culturelle ou artistique parviennent à se faire un nom, les milliers de femmes travaillant à leur compte, commerçantes, chefs de petites entreprises, associées de coopératives, vendeuses à la sauvette demeurent la variable inconnue du monde entrepreneurial marocain. Les contours de la figure féminine de l’entrepreneur au Maroc restent flous

– Tertio, le duel vie privée/vie professionnelle pose, à certains égards, des problèmes aux entrepreneures féminines : Les femmes issues d’un milieu pauvre ou très modeste déclarent qu’elles disposent de peu de moyens financiers pour engager une aide-ménagère qui s’occuperait à la fois des tâches ménagères ainsi que de leurs enfants. Toutefois, dans certains cas, ces femmes comptent sur leur entourage familial (parents et beaux parents) pour garder leurs enfants pendant qu’elles travaillent.

– Quarto, l’accès au Financement se révèle une cloison importante pour la femme entrepreneure marocaine pour obtenir des crédits bancaires. Ces contraintes peuvent se résumer en deux points : le coût exorbitant du crédit (taux de base, durée, etc.) imposé aux femmes entrepreneurs, ainsi que les garanties exigées. Elles fustigent que ces cautions exigées par les banques marocaines sont trop élevées et vitupérèrent que les banques ne prennent pas en considération d’autres critériums tels que l’expérience professionnelle, les diplômes et les compétences. Ainsi, dans la culture de la PME marocaine, l’essentiel du financement de l’entreprise féminine est constitué par l’autofinancement, l’épargne personnelle et l’aide familiale et que le recours au crédit bancaire reste très minuscule.

– Ultimo, le manque d’information sur les institutions publiques de soutien à la création d’entreprise demeure encore peu connu pour la femme entrepreneur marocaine à l’instar de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI ou les Centres Régionaux de l’Investissement CRI. Malheureusement, plusieurs femmes qui souhaitent entreprendre ignorent l’existence de ces structures. A cet égard, des campagnes d’information s’avèrent inéluctables pour faire rapprocher ces d’organismes des aux femmes entrepreneures marocaines.

Nous gageons qu’en dépassant ces obstacles évoqués ci-haut, le Maroc peut utiliser cette vitrine pour montrer son savoir-faire au milieu des affaires, en singulier les promoteurs Américains, d’autant plus que le tissu économique marocain représente un champ fertile au développement de l’esprit entrepreneurial féminin. L’ambassadeur des Etats-Unis au Maroc Dwight L. Bush n’a-t-il pas déclaré que « Créer, éduquer et inspirer de nouveaux entrepreneurs, telle est la vocation de la cinquième édition du Global Entrepreneurship Summit (GES) » et sera une aubaine pour renforcer la coopération économique et financière entre le Maroc et les Etats-Unis et aidera le Maroc et les pays à travers le monde à créer un climat des affaires à même de soutenir et promouvoir l’esprit d’entreprise, tout en offrant aux entrepreneurs prometteurs les outils et les contacts dont ils ont besoin pour innover et réussir le business au Féminin

2 octobre 2015 0 comment
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Vers un Conseil National des Statistiques au Maroc : Jeter le bébé avec l’eau du bain

by Mustapha Maghriti 29 septembre 2015
written by Mustapha Maghriti

Le 27 Mai dernier, le Conseil du Team Benkirane s’est réuni pour discuter d’un projet de loi portant création du Conseil National des Statistiques (CNS) et ce dans le dessein de réformer le régime statistique national.Le Motif sous-jacent invoqué est l’incapacité des institutions de statistiques actuelles à suivre les évolutions internationales pour l’élaboration de statistiques exactes.Pour ce faire, une commission interministérielle a été constituée pour élaborer ce projet de loi qui permettra de développer la méthodologie des études statistiques selon les normes internationales et qui sera doté d’une indépendance en matière de recherches scientifiques et veillera au respect des différentes composantes et méthodes à même d’obtenir des statistiques fiables. Aussi, l’institution prévue par le projet de loi aura pour tâche de superviser les différentes opérations de statistiques qui se font au niveau national et de supputer leur qualité.Dans le viseur du Gouvernement Ahmed Lahlimi, ancien Ministre USFPéiste, aujourd’hui patron du Haut-commissariat au Plan HCP (www.hcp.ma) qui, de par sa boule de cristal et ses prévisions économiques, semble chiffonner et dépiter le Gouvernement en disconvenant ses prophéties statistiques, notamment en terme de taux de dynamique économique : Qui ne se rappelle pas de la fameuse querelle qui avait opposé le Gouvernement Benkirane au HCP au sujet du taux de croissance de l’économie marocaine durant l’année 2014 ? Dans ses conjectures, le HCP avait affirmé que le taux de croissance pour l’année 2014 ne dépassera guère les 2,5% au moment où le Gouvernement Benkirane via la loi des finances 2014 avait tablé sur un taux de 4,2%, soit le double qui nous semble un gap est de taille. Et comme disait le dramaturge et poète français du XVII siècle Pierre Corneille « Le temps est un maître, il règle bien des choses » , la réalité économique a fini par trancher pour donner raison à la boule de cristal de Lahlimi et tort au Gouvernement du PJD dès lors que le taux de croissance réalisé n’a pas dépassé les 2,2%, soit la moitié de ce qui a été prévu par le Gouvernement barbu. L’édification du Conseil National des Statistiques (CNS) n’est autre qu’un écran de fumée qui dissimule une rixe qui opposait le Team Benkirane aux prédictions du département de Lahlimi, il n’est autre qu’un conseil que se veut tisser le Gouvernement pour plier la réalité économique têtue aux caprices de Benkirane. Nous avons appris en macroéconomie que ce sont les modèles économiques qui se plient à la réalité économique et non pas le contraire. Nous aurons ainsi un Conseil National des Statistiques en sus de :
– Primo, le HCP d’Ahmed Lahlimi qui a pris le relai du défunt Ministère des Prévisions Économiques et du Plan que pilotait l’Istiqlalien Abdelhamid Aouad. A titre de rappel, le HCP est le principal producteur de l’information statistique, démographique, économique et social. Erigé en septembre 2003, en administration de mission, le HCP jouit d’une indépendance institutionnelle et intellectuelle dans l’établissement de ses programmes et la conduite de ses travaux d’enquêtes et d’études.
– Secundo, le Fameux Institut National des Statistiques et d’Économie Appliquées INSEA (www.insea.ma) que conduit le statisticien Abdesselam Fazouane pur produit de l’INSEA. 

– Tertio, la fameuse Direction des Études et des Prévisions Financières DEPF  www.finances.gov.ma/depf/SitePages/depf.htm que chapeaute Mohamed Chafiki depuis 2004, ancien chef de cabinet de l’ancien argentier du Royaume Fathallah Oualalou et professeur de l’enseignement supérieur à la Faculté de Droit Rabat-Agdal.

A eux seuls, ces 3 départements attestent fort bien que le Maroc est bel et bien pourvu en institutions statistiques et qu’il ne faut pas chercher à réinventer la roue. Les raisons du grand hiatus qui existe souvent entre prévisions et résultats économiques sont à fourrager en dehors de la sphère des institutions statistiques : Elles résident entre autres dans les contraintes que subissent les politiques économiques, contraintes distillées par les effets pervers de la mondialisation de l’économie : les stratégies des firmes multinationales peuvent perturber les politiques industrielles et d’emploi des pouvoirs publics à l’instar des délocalisations, la politique monétaire peut être contrée par les mouvements internationaux des capitaux, La contrainte liée à l’endettement public peut aussi réduire les marges de manœuvre budgétaire de l’État.Aussi, l’interstice qui se creuse entre pronostics et réalisations peut être imputé à la soutenabilité de la dette, à l’effet d’éviction, à l’effet boule de neige, aux « fuites » dans une économie ouverte et extravertie comme l’économie Marocaine ou dans l’incompatibilité des objectifs de la politique économique connu communément par le fameux triangle d’incompatibilité de Mundell.In fine, créer un tel conseil national de statistique : c’est jeter le bébé avec l’eau du bain !!!

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L’économie Marocaine est-elle à la quête d’une équité fiscale ?

by Mustapha Maghriti 27 septembre 2015
written by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que l’absence d’équité soit une cause de profonds remous dans tous les pays de la région Moyen-Orient et en Afrique du Nord MENA. Une politique fiscale bien ficelée a un rôle important à jouer, corrélativement aux politiques macro-économiques et aux réformes structurelles qui boostent la croissance et un accès équitable aux opportunités économiques. Les recettes, qu’elles soient issues des impôts ou des taxes, peuvent servir à soutenir la croissance et assurer une meilleure répartition de la richesse et du bien-être économique et social en permettant des dépenses très sollicitées en demande sociale tel la santé, l’éducation et les infrastructures.Aussi, une fiscalité équitable peut également contribuer à répliquer aux pétitions et aux conjurations en faveur d’une meilleure équité et de meilleures perspectives socio-économiques, dans la mesure où les régimes fiscaux constituent une interface et une jonction essentielle entre l’État et ses citoyens.Le Fond Monétaire International www.ifm.org , prosélyte et zélateur des politiques de l’offre, de la réduction drastique des dépenses publiques et des contraintes fiscales et administratives qui plombent le climat de l’investissement, s’éloigne progressivement des sentiers ultra libéraux de l’école de Chicago. En effet, les auteurs des services du FMI, Andrew Jewell, Mario Mansour, Pritha Mitra, et Carlo Sdralevich dans leur rapport « Fiscalité équitable au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » publié en ce début de Septembre 2015, s’attaquent bataille frontale à la fiscalité de la région MENA, comme source de rugosités sociales. L’institution de Christine Lagarde constate que la région n’a pas fait évoluer ces taux d’imposition depuis bien une belle lurette, une vingtaine d’années environ, et présente en moyenne arithmétique des taux plus bas que l’ensemble des pays en voie de développement PED.

Selon les auteurs de l’institution de Breton Woods, l’amélioration de l’équité fiscale contribuerait à une meilleure efficience de l’impôt, que l’introduction de plus de transparence permettrait de recueillir une meilleure inhérence citoyenne aux réformes fiscales et que les réformes des systèmes d’imposition s’avèrent être un outil de redistribution plus efficient que les dépenses socialesLe rapport de l’institution de Washington constate que la distribution de l’impôt est loin d’être progressive dans les pays de la région MENA, et que les exemptions fiscales profitent plus largement aux hauts revenus, compromettant l’optimalité des prélèvements fiscaux. C’est le cas du Maroc où les exemptions fiscales profitent davantage aux ploutocrates. Aussi, les dépenses fiscales (exemptions ou allégements) de la TVA bénéficient plus aux Crésus qu’aux pauvres: A l’appui de leur dires et en s’étayant sur le fameux coefficient de Gini, le quintile des revenus le plus haut profite de 40% des dépenses fiscales liées à la TVA, alors que le cinquième le plus bas n’en reçoit que 10%. De surcroît, les exonérations de TVA, qui représentent 41% des dépenses fiscales au Maroc, amputent sensiblement l’assiette de l’impôt.Dans la même trame fiscale, les taxes d’accise – portant sur la quantité et non sur la valeur du produit ad valorem – au lieu de s’appliquer aux produits consommés par les ménages les plus friqués, portent au contraire plutôt préjudice aux ménages les plus disetteux.

De ce fait, la réforme des impôts visant plus d’efficience et d’équité fiscale demeure un chantier crucial de l’argentier du Royaume. Certes, des avancées en termes de progressivité ont été entreprises, comme le projet d’abaisser le nombre de taux de TVA de quatre à deux, la réduction du nombre d’exemptions, les taux de déductions de primes d’épargne-retraite, l’introduction d’une fiscalisation progressive du secteur agricole. Toutefois, il reste de nombreux aménagements possibles dans le sens d’une fiscalité plus équitable, à l’instar d’un élargissement de l’assiette de l’impôt sur le revenu, l’augmentation du nombre de seuils d’impositions pour une fiscalité plus lisse, l’introduction d’une meilleure fiscalisation des propriétés mobilières et immobilières, ainsi que plus de transparence pour une meilleure adhésion à l’impôt. Su ce registre, la corruption continue à contribuer à la perception d’un système de taxation injuste et rend ardu la mise en place de réformes fiscales.De plus, le FMI note que la corruption introduit une distorsion fiscale entre les classes de revenus: les plus bas revenus sont plus exposés à l’extorsion des collecteurs d’impôts car ils n’ont pas l’opportunité de faire évader leurs revenus, à la différence des plus hauts revenus. En termes de transparence de l’imposition, le Maroc se situe à une place médiane parmi les pays de la région MENA, et talonne notre rival économique la Tunisie d’après les indices calculés par le Team du World Economic Forum www.weforum.orgNe faut-il pas souligner, dans cette chronique, que la lutte contre la corruption est en soi une mesure d’équité fiscale ? Que le fondement d’une bonne politique fiscale est la transparence ? Que l’égalité devant l’impôt implique l’égalité des hommes et réciproquement ? Les paradis fiscaux signifient que les hommes ne sont pas égaux devant l’impôt : certains y échappent, d’autres payent pour eux pour paraphraser Jean de Maillard dans son best seller « L’arnaque: La finance au-dessus des lois et des règles »Pour rendre la fiscalité plus équitable dans la région MENA et en singulier au Maroc, le staff de Christine Lagarde recommande des réformes, à l’instar de L’élargissement de l’assiette de l’impôt, l’élimination des conditions privilégiées de l’impôt sur le revenu des sociétés, l’accroissement de la progressivité des régimes fiscaux (en particulier de l’impôt sur le revenu des personnes physiques), et le renforcement du rôle de l’administration fiscale. En sus, l’élimination des exonérations sera essentielle pour améliorer l’équité et encouragera le civisme fiscal et la bonne administration, faisant sortir de l’ombrage moult activités informelles.Certes, ça va être dur, mais il faut aimer l’impôt pour reprendre l’expression de Bernard Maris Alias Oncle Bernard : C’est le socle de la démocratie et l’escroquerie à l’impôt est une escroquerie à la démocratie.A cet égard, Les autorités devront lutter contre la rénitence aux réformes qui découle d’intérêts acquis, d’une faible adhésion générale, et d’administrations fiscales rigides et peu enclines aux changements.Et comme dit l’adage ancestral  » Une seule main ne suffit pas pour applaudir », d’où une plus grande équité fiscale ne peut pas être assurée par une politique économique à elle seule, mais il est inéluctable d’avoir une politique budgétaire en synergie avec les différentes formes de politiques économiques qui serviront à accompagner la croissance et assurer une meilleure répartition de la richesse et du bien-être économique et social.

27 septembre 2015 0 comment
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Mustapha maghriti

Mustapha MAGHRITI, passionné de lecture et d’écriture depuis mon enfance. Après avoir passé moult années à écrire des articles et chroniques auprès plusieurs supports médiatiques nationaux et internationaux, j’ai décidé qu’il était grand temps de réaliser mon rêve et de faire partager ma passion de la plume dans un support numérique, mon blog en l’occurrence.

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