C’est un secret de polichinelle que le Président du pays de l’oncle Sam Donald Trump annonça le reflux unilatéral des USA de l’accord sur le nucléaire iranien ayant pour épithète « Joint Comprehensive Plan of Action » ratifié à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les six gourous mondiaux, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume Uni et l’Allemagne, après de durs pourparlers qui, faut-il le rappeler, avaient duré près de deux ans.
Avouons-le, cette démission unilatérale n’est pas insolite : Lors de l’apostolat électoral, Donald Trump n’avait-il pas annoncé sa ferme volonté d’inhumer à jamais la connivence américaine à cet accord qui avantage l’Iran sur la ceinture proche-orientale ?En filigrane, Donald Trump a avancé plusieurs arguties pour démystifier sa décision de retrait.
– Le premier est la récidive de grandiloquences israéliennes sur le pseudo-fait que l’Iran ne révère pas les termes de l’accord nucléaire et « tenaille » son programme nucléaire au nez et à la barbe de la planète. Pour alléguer notre propos, dans une conférence de presse le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne s’est-il pas efforcé, de développer cet thèse ? un argument, il faut l’avouer, ne persuade pas les autres parapheurs du dit accord et qui reconnaissent que le pays de la révolution islamique de 1979 se plie aux engagements pris au sein de cet accord.
A notre sens, deux autres argumentations sont à l’origine de cette cépée : Il est question du délai d’application de cet accord ou « sunset clause »pour les initiés ; les signataires avaient prophétisé que les engagements iraniens périclitent en 2025 ? Or, pour le Président américain, toute la communauté internationale « se trump » : ce délai est minuscule et les Iraniens pourraient moelleusement raccommodent leur artillerie nucléaire militaire.
La seconde critique adressée par le Président américain est imputable à la portée limitée de l’accord, dans la mesure où ce dernier est polarisé sur l’arsenal nucléaire et laisse libre cours à l’Iran pour étoffer ses missiles balistiques à longue portée et pour intervenir sur l’arène régionale, comme il le fait en Syrie, ou en accoudant les Houthis au Yémen.A notre sens, les arguments les plus irréfutables concernent le repositionnement géostratégique des Etats-Unis au Moyen-Orient : Avec la prise des commandes de l’administration Washington par D. Trump, la politique étrangère américaine est en train de faire un volte-face racinaire qui se concrétise par une normalisation avec les positions Israéliennes et Saoudiennes et se différencie des doctrines « soft » de l’ancienne administration démocrate et des choix stratégiques du Président Barack Obama.
Les partenaires européens ont essayé de dissuader le Président américain de se retirer de cet accord à l’instar du président français Emmanuel Macron qui a fait de ce dossier un point important dans ses entrevues avec son homologue américain. D’autres dirigeants républicains et démocrates américains ont fait flèche de tout bois pour convaincre D.Trump de ne pas démettre les USA de l’accord nucléaire américain .Autant en emporte le vent, tous ces efforts précités se sont soldés par un coup d’épée dans l’eau : Le président quitta unilatéralement l’accord en ordonnant de ressusciter le blocus sur l’Iran. Une décision arbitraire lourde de corollaires, non seulement pour les entreprises américaines mais aussi pour moult entreprises européennes qui ont été acculées de renvoyer aux calendes grecques leurs contrats avec l’Iran.D’autres conséquences majeures pèseront d’un poids lourd sur la scène politique et économique internationale et dans la région.
Sur le volet régional, l’exaspération des séditions politiques n’ont-elles pas donné lieu à toute une série de manifestation de force entre Israël et les forces iraniennes basées en Syrie?
Ces tumultes hérités de la démission de l’accord nucléaire iranien ne se sont-ils pas ajoutés à celles liées à l’autre décision discrétionnaire et non loin de transférer le siège de l’ambassade américaine à Jérusalem mettant la région au paroxysme de la commotion et l’explosion ?
D’autres conséquences sont de portée économique : Les turbulences politiques et l’inquiétude qui sévit au Moyen-Orient ont eu des retombés économiques immédiats, dont la plus importante concerne le surenchérissement rapide des cours du pétrole sur les marchés internationaux gravitant autour des 80 $ le baril.Cette envolée du cours de l’or noir n’est pas sans conséquence sur l’économie Marocaine. Il faut rappeler que la loi de Finances 2018 a été construite sur la base d’une hypothèse de 60 dollars.
Nous avons beau insister pour réfuter le caractère platonique et idyllique de cette hypothèse, comme celle d’ailleurs du taux de change du dollar par rapport aux devises étrangères. De facto, la loi de Finances 2018 a été adoptée avec des postulats qui appesantissent les difficultés à venir à travers le renforcement les difficultés des classes moyennes, la hausse de la facture pétrolière augmentant de facto la dérive de nos finances publiques.
Devant l’inaction du conseil de la concurrence et au lieu de l’imbroglio sur le plafonnement des prix du carburant pour endiguer les marges des pétroliers sur la vente de l’essence , nous alléguons que le Gouvernement devrait ajuster ses choix à travers une véritable application du mécanisme de l’ajustement des prix avec un plafonnement en cas d’une flambée importante du prix du baril sur les marchés mondiaux Somme toute, la démission unilatérale des USA ne fera qu’aviver les remous des relations économiques et politiques internationales, de telles craintes mondiales accableront les difficultés économiques et exigeront de l’exécutif Marocain des répliques appropriées pour aider notre économie à colmater les effets pervers d’une telle démission.
Mustapha Maghriti
La Zone de Libre-échange Continentale Africaine ZLECA : Le marché mondial du siècle ? Quels sont les préalables?
Mercredi 21 Mars 2018, Kigali avait un rendez-vous avec l’histoire du siècle où les chefs des Etats membres de l’Union Africaine ont paraphé la création de la zone de libre-échange la plus évasée du monde, en l’occurrence, la Zone de Libre-échange Continentale Africaine, connue sous l’acronyme ZLECA qui augure et ambitionne que 90% des échanges de biens seraient dégrevées des droits de douane et abolir de facto les 84.000 kilomètres de frontières qui existent actuellement en Afrique.
Rétrospectivement, après Addis-Abeba en 1963, Abuja en 1991, Durban en 2002, Kigali marque une étape charnière et un point d’inflexion de l’intégration commerciale dans le contient noir.
Ce projet pharaonique qui est un des étendards du calendrier 2063 de l’Union Africaine devrait être l’arrimage et l’ancrage du nouveau processus de développement économique de l’Afrique. Il faut dire que suite au cachet de ce marché à Kigali, le milieu des affaires du continent noir escompte beaucoup de ce débouché commun de biens et services qui fusionnera plus de 1,2 Milliard de consommateurs et devrait secréter une valeur ajoutée économique de plus de 2500 Milliards de dollars. Impulser une nouvelle instigation à l’Afrique, accolée à moult challenges économiques et sociaux et surtout démographiques où la population de l’Afrique atteindra 2,5 milliards en 2050, et représentera 26% de la population mondiale active, passera inéluctablement par l’aboutissement de la Zone de Libre-échange Continentale Africaine.

Sur l’arène économique mondiale et paradoxalement à la mondialisation qui ne cesse de promettre monts et merveilles des vertus de la libéralisation du commerce international, et au regard de la formation de blocs commerciaux en Amérique latine, en Europe, en Asie, ce n’est plus un choix pour les pays Africains, mais un Must et une contrainte de constituer un tout régional corsé, dense et intégré à même de se dépenser dans le macrocosme multivarié de la globalisation.
Le Souverain Marocain n’a-t-il pas allégué, dans une parénèse adressée au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA que la création de la zone de libre échange, la plus large au monde, avec la population du monde, représente un acte majeur de notre volonté commune de construire l’Afrique de demain ?
A notre sens, ce contrat mondial du siècle, en l’occurrence la Zone de Libre-échange Continentale Africaine ne pourra prétendre à la réussir sans les préalables suivants :
Primo, une plus grande insertion de l’économie Africaine dans la trajectoire de l’économie internationale : L’Afrique reste la zone la moins intégrée au monde où la part de l’Afrique dans le commerce mondial demeure infime puisqu’elle ne représente qu’environ 2%. Difficile avec un tel ratio minuscule percer les marchés mondiaux en pleine compétition et négocier en force les accords internationaux,
Secundo, le déploiement d’un grand effort d’intégration et de synergie du commerce intra-régional : Au vu des chiffres timides du Commerce international entre les pays africains livrés par l’OMC et la CNUCED, Il est urgent de remédier à la faible connectivité entre les différentes économies du continent. Faut-il illustrer la timide jonction entre les pays africains : Le commerce intra-africain ne dépasse guerre 18%, comparativement à l’Asie (ASEAN) qui s’élève à plus de 51% en, ou en Amérique du Nord (ALENA) qui frôle 54% et en Europe (AELE) qui s’élève à 70%. De telles statistiques montrent, de par leur éloquence, l’effort que doit déployer les pays Africains dans le cadre de la ZLECA pour augmenter le commerce intra-africain à plus de 35 Milliards de dollars par an pour gravir les 52% en 10 ans.
Tertio, l’alliance et la forte connivence du secteur privé : La réussite de la ZLECA reste fortement tributaire de sa capacité à riposter aux besoins de l’entreprise. A cet égard, il est capital que le secteur privé fournisse des mécanismes de consolidation des chaînes de valeurs existantes par la promotion de l’investissement industriel et le transfert du savoir-faire. Sous cet angle, les PME qui constituent 80% des entreprises Africaines seront encouragées par la ZLECA où elles pourraient fournir des inputs pour les grandes entreprises industrielles.
Quarto, le raffermissement des structures productives à travers la promotion de l’industrialisation de l’Afrique. Le but escompté est d’amenuiser la place des matières premières qui se taillent la part du lion des exportations africaines. Faut-il souligner, à ce titre, que plus de 76% des exportations Africaines émanent des ressources extractives, ce qui n’est pas sans risque sur la volatilité des prix des matières premières et de facto, sur les budgets des pays africains.
Contrairement aux matières premières et aux secteurs miniers, la promotion de l’industrialisation de l’Afrique permettra de progresser la chaîne des valeurs industrielles à travers la création de plus de valeurs ajoutées, la création de l’emploi, le renforcement de la croissance et la productivité à même de favoriser une plus grande participation de la région africaine dans les chaînes de valeur mondiales, de gagner en efficience en renforçant la capacité attractive de l’Afrique.
Aussi, la promotion de la politique industrielle de l’Afrique permettra d’asseoir une chaîne de valeur diversifiée et plus compétitive en se positionnant sur les activités à plus haute valeur ajoutée des chaînes de valeur mondiales.

Quanto, l’investissement dans le capital humain : L’analphabétisme et la carence en formation demeurent les grandes tares de l’Afrique. Les problèmes qui restreignent les capacités des entreprises Africaines sont notamment l’insuffisance des compétences entrepreneuriales et des compétences de gestion, le manque de personnel qualifié, ainsi que les obstacles en matière de recherche et développement.
Georges Jacques DANTON n’a-t-il pas argumenté qu’après le pain, l’éducation n’est-elle pas le premier besoin d’un peuple ?
Avec une telle carence, la qualité des institutions et des administrations peut peser d’un poids très lourd dans la décision d’une entreprise d’investir et d’implanter ses activités économiques dans un pays Africain donné. Faute d’investissements suffisants dans les compétences, le progrès technologique et l’investissement ne s’accompagnent d’aucun gain de productivité.
Sexto, les gouvernements Africains devront placer la bonne gouvernance au cœur de leurs programmes en vue de la transformation structurelle effective des économies africaines.
C’est une condition sine qua non pour nourrir le développement économique, libérer le plein potentiel de l’Afrique et la conduire sur la voie royale de la prospérité.
Les pays Africains ont besoin d’un cadre de gouvernance plus propice pour être en mesure de conduire de meilleures politiques publiques et d’obtenir, à terme, de meilleurs résultats en matière de transformation structurelle et de développement inclusif.
Sous cet angle, les Gouvernements Africains sont interpellées à apporter des réponses aux pertes économiques dues à l’inefficacité des institutions et à l’incompétence.
Faut-il rappeler que c’est un secret de polichinelle que la corruption met en danger la croissance économique ? C’est un secret de polichinelle que la mauvaise gouvernance et la corruption sont deux fléaux qui nuisent à l’émergence de l’Afrique sur le plan économique, politique et social.

In fine, Socrate disait que « Le secret du changement consiste à ne pas concentrer toute son énergie pour lutter contre le passé, mais pour construire le futur », il est temps d’ériger le futur économique de l’Afrique en cadenassant les scolioses régionales et en verrouillant les réfractions de la répartition des fruits de la croissance et ce, en posant, les grands jalons d’une Afrique résolument tournée vers l’émergence économique et hisser la ZELCA au rang de nations industrielles émergentes.
La flottaison du dirham Marocain : Les dessous et les expectatives d’un abandon partiel du change fixe
Après plusieurs tergiversations et réticences suscitant inquiétudes et polémiques et après un rétropédalage au Mois de Juillet dernier, le Gouvernement Marocain, via l’argentier du Royaume Mohamed Boussaïd, a finalement tranché le nœud gordien en décidant de culbuter vers un régime de change plus flexible le Mois d’avant dernier ( lundi 15 janvier 2018) en optant pour un système de change à la Serpent monétaire européen.
Faut-il rappeler que c’est un nouveau régime de change où d’ores et déjà la parité du dirham est déterminée à l’intérieur d’une fourchette de fluctuation de ±2,5%, contre ±0,3%. Cette dernière est calculée par rapport à un cours central fixé par la banque centrale de l’Etat Marocain sur la base d’une bannette de devises composé à 60 % de l’euro et à 40 % du dollar.
La conversion vers un nouveau système de change flexible n’est pas uniquement une réforme esseulée. Au contraire, c’est une phase ultime dans la concrétisation et le couronnement d’un nombre important de réformes financières et bancaires menées et concrétisées par l’actuel Gouverneur de Bank-Al-Maghrib.
Les grandes apostrophes qui nous interpellent : Quelles sont les raisons de ce chavirage vers un régime de change flexible et l’abandon du système de change partiellement fixe ? Quelles sont les attentes et les expectatives que Gouvernement escompte tirée de cette inversion ?
Pour cela, il faut rappeler qu’avant le 15 Janvier 2018, la valeur du dirham a été fixée administrativement par l’institut d’émission. Si la valeur du dirham varie de plus de 0,3%, à la hausse comme à la baisse, Bank-Al-Maghrib intervient pour ajuster la valeur du dirham, respectivement en cédant ou en achetant des devises : Quand la valeur du dirham se déprécie par exemple, la Banque Centrale vend des devises pour acheter du dirham, augmentant ainsi sa demande et sa valeur, et vice versa. Certes, ce système permettait aux opérateurs de s’approvisionner sans limites à un taux de change stable, avec moins d’inflation et moins d’incertitude, néanmoins, un tel système de change produit plusieurs effets pervers, effets qui étaient à l’origine, nous semble-t-il, de ce basculement vers un régime de changes flexible.
– Premier effet pervers : Un système de subventions plâtré
Fixer le taux de change est avant tout consentir une subvention cachottière et subreptice car une partie de ce prix est prise en charge par l’Etat via Bank-Al-Maghrib. A titre d’illustration, si le taux de change réel est 16 dhs pour 1 euro, quand vous achetez votre billet d’avion à 1000 euros sur internet, normalement vous devriez payer 16 000 dhs, mais avec le taux de change fixé à 11 dhs pour 1 euro, vous payez seulement 11 000 dhs. Vous avez donc bénéficié d’une subvention de 5000 dhs, laquelle a un coût puisque pour la payer, Bank-Al-Maghrib avait compensé en puchant l’équivalent dans les réserves en devises. Dit-autrement, en fixant artificiellement le Dirham au-dessus de sa valeur réelle (qui ne reflète pas la véritable valeur du marché), donc maintenant les prix bas, une deuxième caisse de compensation a été créée en catimini.
Or, le talon d’Achille de toute caisse de compensation est qu’il s’agit d’un système amblyope qui pensionne aussi bien ceux qui en ont besoin que ceux qui ne le sont pas. Inopportunément dans un tel système de change, ce sont les nantis qui en profitent le plus car ce sont eux qui, avec un effet de démonstration, consomment les produits importés, les produits de marque, les biens de luxe et de snobisme. Pire encore, c’est même un système de change « anti-pauvres » : C’est l’Etat qui finance le rajustement de la valeur du Dirham aux oscillations de l’Euro et du Dollar, ce qui revient, somme toute, à commanditer la consommation des riches avec les deniers publics. Ce qui nous incite à alléguer que c’est un système inéquitable et inique, car les numéraires servant à corriger le taux de change du Dirham auraient pu être alloués aux besoins de base des plus nécessiteux.
– Second effet pervers : Une altération de l’économie Marocaine
En sus de cette partialité caractérisée, le système de change fixe, étayé sur l’algorithmique de compensation, déprave et dénature le fonctionnement de l’économie nationale. D’abord, parce qu’avec la chronicité structurelle du déficit commercial et la vulnérabilité de nos réserves de change, liée à l’irrégularité et l’insuffisance des rentrées du tourisme quoique que le secteur du tourisme a enregistré une année exceptionnelle en 2017 selon les dernières estimations livrées par le Ministère de tutelle et l’Office des Changes, des IDE qui oscillent entre 2 et 3 milliards de dollars annuellement, et n’évoluent pas au-delà de 4 milliards de dollars dans le meilleur des scénarios et des transferts des MRE qui stagnent entre 55 et 60 MMDH depuis 10 ans, et ce en Dirhams courants.

Il ne reste, tout compte fait que les dons des pays du Golf et l’endettement extérieur pour continuer à épauler et renflouer la valeur du Dirham suite aux vacillements de l’euro et du dollar. Autrement dit, l’emprunt est le prix cher à payer pour cheviller le taux de change.
Ensuite, en maintenant vaille que vaille, la valeur du dirham artificielle au-dessus de sa valeur réelle du marché, moult consommateurs continuent à vivre au-dessus de leurs moyens car si le dirham n’était pas subventionné, il aurait dérogé à plusieurs de leurs dépenses devenues plus onéreuses ce qui immole l’incitation des agents à rationaliser leurs comportements qu’il s’agisse de consommation ou de production car ils reçoivent des signaux biaisés et ne paient pas en corollaire la vraie valeur du marché. Ainsi, en gardant le système de change fixe, on stigmatise et on fustige le tissu industriel marocain à s’entretenir dans une économie de rente, ce qui traîne l’économie Marocaine dans une séquence vicieuse : Car pour étançonner un taux de change fixe, la Banque Centrale aura besoin d’emprunter des devises, ce qui favorisera les importations au préjudice des exportations, cantonnant et cloîtrant ainsi les entrées de devises et amplifiant de plus belle le besoin en devises et donc d’emprunt et d’endettement.
Si la rente du système de change fixe profite aux importateurs, elle sanctionne et réprime les exportateurs. A titre illustratif, les produits chinois et turcs doivent une partie de leur compétitivité aussi au fait que le dirham est maintenu à un niveau surévalué, ce qui incite à la sur-importation, car les dernières surévaluations du dirham rendirent les produits importés moins chers que les produits nationaux. Ainsi, le taux de change fixe pénalise la compétitivité des entreprises marocaines et lèse consommation locale.
– Troisième effet pervers : Une vulnérabilité de l’économie marocaine face aux chocs exogènes
Dans le cas d’un marasme économique, le système de change fixe enlise l’économie marocaine dans l’inconsistance et la vulnérabilité la fragilisant de résister aux chocs exogènes : Si jamais demain le cours de pétrole explose de nouveau sur les marchés mondiaux, la demande et la pression sur le dollar augmentera, ce qui déprécierait la valeur du dirham. Dans le système de change fixe, la BAM sera obligée de vendre des dollars pour faire aligner la valeur du dirham. De ce fait, la pression sur le stock des devises s’amplifie, surtout que, dans un tel système de change fixe, les agents économiques ne reçoivent aucun sifflet économique sur la nécessité de rationner leur consommation à la baisse ou de la quête de produits de substitution. Les réserves de change finiront par tarir et s’engloutir. L’intervention des bailleurs de fonds devient alors inexorable avec la mise sous tutelle de l’économie nationale et les programmes d’austérité brutale.
De l’avis même de l’institution de Christine Lagarde, un taux flexible offre une meilleure protection contre les chocs extérieurs tout en conférant une plus grande indépendance à la politique monétaire
Somme toute, le système de change fixe semble plus que jamais en déphasage avec la nécessité pour l’économie nationale de s’intégrer dans la mondialisation, de gagner sa souveraineté monétaire et consolider sa résilience.
Le système de change actuel n’est plus adapté ni au contexte économique et social, ni aux enjeux liés à l’ambition marocaine de devenir une place stratégique en Afrique, d’en faire une plateforme financière, de l’intégration régionale du royaume et de bannir le risque que concourt le Maroc en continuant à opérer avec un système de change qui n’est plus adapté à sa réalité économique et financière. D’où la rupture avec le système de change fixe.
Nous pensons que la réforme du régime de change est une décision sage, volontaire, prise sans pression en référence au fond monétaire international qui aurait fait pression sur le Maroc. C’est une décision souveraine et volontaire ».
L’efficacité de la flexibilité du dirham reste tributaire des réformes d’envergure de nouvelles générations que les pouvoirs publics doivent initier pour escompter installer l’économie Marocaine sur les sentiers de croissance lui assurant l’émergence à moyen terme.

Toutefois, la grande apostrophe qui reste posée : Avec la limitation des la fragilité de nos réserves de change, liée à l’irrégularité et l’insuffisance des rentrées du tourisme, des IDE, et des transferts des MRE et la chronicité du déficit commercial structurel, le Maroc aurait-il des réserves de change probantes et suffisantes à même d’intervenir à chaque moment pour réguler le taux de change face à nos partenaires commerciaux et une compétition sans merci à la seconde qui intervient sur les marchés mondiaux ? D’où à notre sens l’intérêt d’une politique industrielle et commerciale capable d’assurer des rentrées de devises d’envergure et d’affûter notre taux de change réel reflétant la véritable état du marché.
Cela pose, in fine, avec acuité la nécessité de renforcer la compétitivité de notre offre exportable et notre stratégie d’attraction et de promotion des IDE à même d’assurer des entrées de devises plus contrôlées dans le cadre d’un régime de change flexible.
Quand l’Inde est sur le toit de l’économie mondiale et notre Maroc alors ?
C’est parti, l’Inde carbure sur le toit de l’économie internationale puisqu’elle occupera en 2018 la cinquième empire économique mondiale en tant que sève et puissance sur l’échiquier mondial en dépassant le Royaume-Uni et la France et de facto trois des cinq plus grandes économies de la planète seront asiatiques: la Chine, l’Inde et le Japon selon les dernières divinations du Centre for Economics and Business Research (CEBR), dans son classement annuel publié ce jeudi 28 décembre 2017.
Pour ce faire, les économistes utilisent le PIB, évalué en parité de pouvoir d’achat connu communément chez les initiés par la PPA, pour étalonner les prouesses économiques des nations, car il prend en compte ce que permettent d’acheter localement les devises de chaque Nation à partir d’un panier de plus de 3 000 biens et services.
Une énergie peu chère et une révolution digitale sont certainement derrière cette euphorie de la croissance économique indienne. Faut-il rappeler que l’Inde avait eu la plus forte croissance des pays du G20 sur la période 2014-2016, avec une moyenne annuelle de 7,5%
selon des approximations de l’OCDE dans son rapport publié en février 2017.
Cette situation n’est pas prête à s’arrêter et devrait se pérenniser, et l’économie de pays de 1,324 milliard d’habita prendra de plus en plus le large. La boule de cristal du Centre for Economics and Business Research prophétise ainsi qu’en 2032, l’Inde deviendra la 3éme puissance mondiale.

Aussi, les Etats-Unis, première économie au monde, seront dépassés par la Chine en 2032, selon les pronostics du rapport, qui ajoute que l’Inde pourrait s’arroger de cette première place au cours de la deuxième moitié de ce siècle.
Un pays très vaste qui a emprunté un autre sentier que celui dont se targue l’occident. Ya-t-il un secret ? Rien de bien mystérieux. Ya-t-il une recette ? Rien de sorcier : Absoudre et délaisser les modèles économiques et économétriques qui enflent et brodent les portefeuilles des experts et organismes internationaux et retenez un sésame : un État patriote et protagoniste, une élite économique au service de l’investissement privé, un fort dynamisme entrepreneurial en Inde grâce notamment aux réformes de l’État menées dans les années 1980, une main d’œuvre méga formée au rythme des chamboulements cognitives et technologiques que connait l’économie mondiale, un projet ambitieux, une volonté de béton, une ténacité à toute épreuve et le tour est joué.
La recette est là pour le Maroc, mais elle suppose la condition sine qua non que notre bourgeoisie ait autre chose en plan que de bâfrer l’argent dans des cottages au lieu d’ériger des usines , de s’empiffrer des châteaux au lieu d’asseoir des entreprises, de gaver des manoirs plutôt que d’investir dans des filières d’apprentissage, de se goinfrer dans les voitures de somptuosité et de luxe plutôt que dans des locomotives de valeur ajoutée technologique, de se dilapider dans des yachts au lieu de naviguer dans le savoir qui donne le vent en poupe à la dynamique économique et sociale.

En substance une bourgeoisie à l’origine de l’individualisme libéral couplé à un esprit d’entreprise/capitalisme privé. Cela suppose, in fine, une élite économique qui aime notre pays et qui le serve dignement, fidèlement et avec dévouement, une ploutocratie qui va servir et non asservir le climat des affaires, de l’investissement, de la croissance et de développement de notre cher Maroc que ne cesse da baliser et de signaliser le Roi Mohammed VI. C’est, in fine, le vrai oppidum économique.
L’analyse Genre est devenue inéluctable pour appréhender le trend du développement des pays émergents.Faut-il souligner, en guise de prologue, que le concept « Genre » utilisé pour nommer la différence des sexes nous émane de l’anglais : Les auteurs anglophones utilisent « Gender » parce que « sex » en anglais renvoie beaucoup plus strictement qu’en Français à une définition biologique du masculin et du féminin. Gender renvoie à la dimension culturelle de la sexuation du monde à laquelle correspondent les termes français de masculin et féminin Le terme « genre » renverrait donc plus directement à l’ensemble de règles implicites et explicites régissant les relations femmes/hommes et leur attribuant des travaux, des valeurs, des responsabilités et des obligations distinctes. Ces règles s’appliquent à trois niveaux : le substrat culturel (normes et valeurs de la société), les institutions (famille, système éducatif et de l’emploi… etc) et les processus de socialisation, notamment au sein de la famille.Au Maroc, depuis le nouveau règne du Souverain Marocain, les Gouvernements qui se sont succédés ont lancé plusieurs chantiers de réformes à même d’ancrer des principes de la parité entre les sexes au sein de son système législatif et juridique et ses programmes de développement. La volonté Royale et la politique Gouvernementale se sont convergées vers l’adoption de réformes politiques, sociales et économiques visant l’instauration du principe de l’égalité et de l’équité et à en faire une réalité pratique et efficace.La constitution de 2011 n’a-t-elle pas jalonnée un tournant décisif pour le clavetage des droits des Femmes et l’égalité entre les citoyens, dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi que dans la création d’institutions et instances de protection des droits de Femmes et la promotion des organismes spécialisés à dimension sociale ?

Qu’en est-il dans la réalité en matière de ségrégation des emplois, de la division sexuelle du travail au Maroc et de la participation à la vie économique et politique ? Pour y répondre, nous avons emprunté le Forum économique mondial (WEF) qui vient de publier l’édition 2017 de son rapport sur la parité hommes-femmes. L’édition 2017 du rapport mondial sur la parité hommes-femmes, «Global Gender Gap Report», publié pour la première fois en 2006 par le Forum économique mondial, a été publiée ce 2 novembre 2017. Sur le panel de 144 pays étudiés, le Maroc occupe le 136éme rang, enregistrant une note de 0,598 sur une échelle allant de 0 à 1.A l’échelle mondiale, l’Islande occupe la première place du classement, suivie de la Norvège, la Finlande, le Rwanda et la Suède. En bas de la liste, le Yémen, derrière le Pakistan (143 éme), la Syrie (142éme), le Tchad (141éme), l’Iran (140éme) et le Mali (139éme).L’indice de parité est mesuré en fonction des résultats obtenus dans quatre catégories, elles-mêmes déclinées en plusieurs sous-catégories : La participation à la vie économique et les opportunités ; la réussite dans l’éducation ; la santé et la survie ; la représentativité politique. Le Maroc est 133éme en termes de participation économique et d’opportunités, avec une note de 0,391, de tel timide score nous incite à poser la grande apostrophe de l’entrepreneuriat féminin au Maroc.Sur le volet » représentativité politique », le royaume lui échoit la note de 0,117 en se positionnant à la 100éme place, et c’est en raison de ce score fumeux que la Coordination Nationale du Mouvement pour la Parité a demandé au chef du Gouvernement de respecter l’article 19 de la Constitution consacrant l’égalité hommes-femmes. Elle espéra ainsi que l’actuel Gouvernement fasse mieux que les précédents cabinets, dont le premier ne comptait qu’une femme contre trois de plus dans le deuxième. Autant en emporte le vent, les auteurs du rapport constatent un écart grandissant entre les sexes concernant l’autonomisation politique : Le Maroc enregistre une très légère progression par rapport à l’édition précédente, qui le classait au 137éme rang mondial avec une note de 0,597.
Sur le plan de l’éducation, le Maroc se situe à 122éme position avec une note de 0,92 et pour l’indicateur de la santé et la survie, le Royaume arrive dans la 128éme place avec un score de 0,965
Au vu du rapport, le royaume reste l’un des Etats les moins performants de la région MENA. Il arrive à la 12éme place, suivi par le Liban, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Syrie et le Yémen. Il est précédé par la Tunisie, qui se hisse en tête de liste dans la région 117éme à l’échelle mondiale, les Emirats Arabes Unis (120éme), Bahreïn (126éme) et l’Algérie (127éme). En Afrique du Nord, le Royaume se situe à la 4éme place, tandis que la Tunisie caracole à la première position, suivie par l’Algérie et la Mauritanie. Difficile, dans une société machiste de tirer l’entreprise féminine marocaine vers l’avant en créant des emplois et en participant à la vie citoyenne du Maroc et de réaliser une croissance inclusive. Toutefois, en dépit de ces entraves, nous sommes optimiste quand au développement du concept Genre au Maroc ; preuve en est des Success stories au féminin qui existent dans le Royaume, pièce à conviction en est une femme est nommée en Mai 2011, à la tête de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM pour la première fois depuis l’Indépendance. Enfiévrées et exaltées par leurs ambitions, elles ont réussi dans de nombreux domaines économiques. Elles ont osé franchir le Rubicon, ériger leurs entreprises et les aiguiller vers les voies royales de l’efficacité et la performance. Et les pionnières ne donnent-elles pas l’exemple ?L’ardeur des femmes et leur opiniâtreté à réussir ce qu’elles entreprennent sont les meilleurs atouts pour aller de l’avant. Le dicton ancestral ne dit-il pas, en guise de conclusion, « Ce que femme veut DIEU le veut. »
A la quête de la molécule de la sérotonine : Le bonheur c’est les autres.
Dans les librairies, servies en livres, les ouvrages aux titres incantatoires s’éclipsent des rayons : La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, une autre idée du bonheur de Marc Levy, Manifeste pour le bonheur de Stefano Bartolini, Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard font partie de ces best-sellers. En films, à la recherche du Bonheur de Gabriele Muccinoles, le Bonheur des autres de Jean-Philippe Pearson, les recettes du Bonheur de Lasse Hallström, les Intouchables, ou le documentaire la thérapie du bonheur de Sabine Gisiger, enseigné en cours particuliers, séminaires ou des coachs aidant des candidats à retrouver la joie de vivre. Il est le Graal irrévocable et définitif de l’humanité depuis deux mille ans: diversiforme, hétéromorphe, c’est le bonheur qu’Aristote identifie comme le Souverain Bien et but ultime de l’existence. Les chercheurs rappellent que le bonheur est si essentiel à l’existence humaine que l’Organisation Mondiale de la Santé le hisse de plus en plus comme un composant à part entière de l’état de santé. La thématique est indémodable et le desiderata du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est catapulté sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. Qu’est-ce qui nous garde heureux et en bonne santé tout au long de la vie ? La célébrité ou l’argent ? Une étude exceptionnelle menée depuis 75 ans auprès de 724 Américains en apporte une preuve édifiante et passionnante sur le sésame de ceux qui ont réussi à vivre longtemps, heureux et en bonne santé et, surtout, nous livre le véritable secret pour, tout au long de sa vie, rester bien dans sa tête, son cœur et son corps.Le psychiatre Robert Waldinger, Directeur d’une étude d’une durée de 75 ans depuis 1938, Waldinger a recueilli des données sans précédent sur le bonheur et la satisfaction. D’emblée, Robert Waldinger est catégorique, il n’y a qu’une seule chose qui garantit et entretient le sentiment d’être heureux. Ce n’est ni la méditation ni l’argent: ce sont les relations sociales réjouissantes d’ondes positives. Une grande apostrophe nous interpellé : Pourquoi ?

Primo, les bonnes relations nous entretiennent : Ceux qui ont des relations satisfaisantes et se sentent rapprochés de leur famille, leurs amis sont plus heureux, en meilleure santé et vivent plus longtemps. En revanche, la solitude, la claustration subie, le sentiment d’être isolé et retranché plus qu’on aimerait l’être sont moins heureux, en moins bonne santé et ils meurent plus jeunes. Secundo, les bonnes relations protègent et entretiennent le cerveau : Les relations dignes et satisfaisantes préservent le cerveau. Les personnes entourées de personnes sur lesquelles elles peuvent compter en cas d’épreuve difficile voient leurs fonctions cérébrales décliner plus tard et leur mémoire est meilleure. Robert Waldinger affirme que ces relations énergiques et conviviales n’ont pas besoin d’être heureuses éternellement. Certains couples octogénaires de l’étude pouvaient même se chamailler régulièrement, du moment qu’ils avaient le sentiment de pouvoir compter sur l’autre en cas de problème, ces querelles n’avaient pas d’implication sur leur mémoire. C’est la qualité qui compte et non pas la quantité. En effet, peu importe le nombre d’amis, c’est bien la nature des relations qui importe. Vivre dans les conflits ne vaut pas mieux que se sentir seul. Ainsi, une relation maritale tumultueuse désargentée et dénuée d’affection peut être méphitique pour la santé et parfois pire qu’un divorce. Ne dit-on pas « Il vaut mieux être seul que mal accompagné ». A l’inverse, des relations chaleureuses et affectueuses sont nourrissantes et protectrices.

La conclusion de cette étude n’est, pour Robert Waldinger, ni plus ni moins qu’une sagesse vieille comme le monde. Pourquoi alors est-elle si épineux à accepter et si simple à ignorer? Parce que nous sommes des êtres humains en quête de facilité, d’une recette qui nous permettrait d’être heureux facilement et de le rester. Or les relations ne sont pas simples. La plupart du temps, nos relations familiales, amicales ou professionnelles ne sont ni sexy, ni glamour, elles sont problématiques, compliquées, elles requièrent du temps, de l’implication, des efforts laborieux, en singulier sur le plan de la communication). Et souvent, nous renonçons à y investir quoi que ce soit, en particulier dans la sphère personnelle que personnelle, pour plusieurs mobiles:
– Parce que nous avons peu conscience de notre propre degré de pénibilité et avons tendance à anathématiser les autres
– Parce que nous croyons que c’est l’autre qui doit changer et surtout pas nous, jolies colombes de la paix qui n’avons rien à nous reprocher
– Parce que nous sommes convaincus que gentillesse et amabilité sont des marques de faiblesse alors qu’elles sont des preuves de courage, tant qu’elles ne s’expriment pas en version serpillière.
– Parce que nous ignorons notre marge de manœuvre dans l’amélioration possible de nos relations
Nous nous retrouvons alors en pleine valse des rôles relationnels, à jouer les sauveurs, victimes ou persécuteurs, à jouer des jeux de pouvoirs vains et toxiques, à chercher à convaincre, à avoir le dernier mot, à rouleau-compresser nos contemporains à coup de communication peu pacifique, à jouer toutes les gammes de l’égo au lieu de jouer la carte de l’élégance relationnelle et des comportements pro-sociaux qui nous permettraient de bâtir un environnement relationnel aseptisé, serein nourrissant et mutuellement profitable, fait d’entraide et de coopération, de bienveillance et d’affection.

Pourtant, pour 83% d’entre nous, la satisfaction professionnelle est directement enlacée à la qualité des relations. Au travail comme dans tous les domaines de notre vie, les relations sont au cœur à la fois du plaisir au travail et de la concrétisation des aspirations professionnelles, quelles qu’elles soient. Elles participent de l’entretien de l’estime de soi et de la confiance en soi et inversement s’en nourrissent. En substance, nous pouvons continuer à croire que l’enfer c’est les autres, mais il se trouve qu’en réalité, le bonheur c’est les autres, aussi mettons un peu d’huile (de coude) dans nos relations, histoire de construire un plaisir au travail roboratif pour le corps et l’esprit!
Les amis sont plus hallucinants que la morphine ce qui nous incite à exhumer la célèbre sagesse de Mark Twain : « On n’a pas le temps, si brève est la vie, pour les chamailleries, les excuses, l’animosité, les appels à rendre des comptes. On n’a que le temps pour aimer et pas un instant de plus. »
Dans un trône marocain séculaire où officie une monarchie exécutive, dresser un bilan à l’orée de 18 chandelles de royauté, peut sembler légitime de la part de la presse, mais ne se justifie ni politiquement ni économiquement dans la mesure où l’action menée par le Roi Mohammed VI, depuis son accession au trône en 1999, s’inscrit dans la pérennité et la continuité. Nous nous focalisons, dans cette tribune, sur le règne du Souverain Marocain et son combat chevaleresque pour l’Afrique.
Plus d’un 1/2 siècle après la conférence de Casablanca de 1961 initié par Feu Mohamed 5, le Roi Mohammed VI ressuscite l’histoire à travers ses multiples périples en Afrique. En effet, depuis son accession au trône, plusieurs escales ont scruté les tournées royales africaines avec le sceau de moult accords économiques démontrant l’étendue du potentiel de coopération et de l’ambition de Rabat à pérenniser et ancrer ces relations avec les contrées africaines où :
– Primo, le Souverain Marocain fait sortir l’Afrique de la dimension passéiste pour la placer sur la voie Royale de l’avenir où le King Marocain n’a’pas manqué de dire les quatre vérités aux Africains : Le contient noir ne doit pas rester otage de son passé, ni sclérosée à ses problèmes politiques, économiques et sociaux et si le XXe siècle a été celui de l’émancipation des États Africains, ce siècle devrait être celui de la victoire des peuples africains contre les effrois et les affres de la pauvreté, de l’exclusion et du sous-développement

– Secundo, c’est une apothéose révélatrice d’une nouvelle approche multidimensionnelle de développement qui veut métamorphoser l’Afrique, habituellement passive en acteur dynamique de la globalisation économique.
En sus de la portée politique des péripless royales en Afrique, c’est la place assignée au développement économique et plus singulièrement au codéveloppement qui prime : nombre d’entreprises n’ont-elles pas fait crédit à l’Afrique ? N’était-ce les sensationnelles percées réalisées par les promoteurs marocains en site africain dans les niches des télécoms, des banques, des assurances, de l’immobilier et du BTP ?
Durant ces 18 ans de règne, on ne manque pas de souligner la vision optimiste du Roi Mohammed VI sur le continent noir : Là où les occidentaux ne voient que la moitié vide du verre qui est le risque, le Souverain Marocain voit au contraire la partie pleine du verre qui est l’opportunité économique. Cet optimisme Béa sur l’Afrique et cet engagement économique aura pour corollaire d’enclencher une dynamique macro-économique vertueuse porteuse de stimulation de la croissance économique.
Aussi, le génie du Souverain Marocain sait que l’investissement dans le capital humain est l’un des meilleurs moyens de barrer la voie aux tendances de radicalisation extrémiste en Afrique et tarit les sources dans lesquelles s’abreuve l’islamisme radical. Sur ce registre, Feu Hassan II, en mai 1961, au palais du Ryad, n’a-t-il pas dit à l’ambassadeur des USA à l’époque, son excellence Philip Bonsal que « L’avenir du monde dépend de la stabilité en Afrique ».
Bob Marley, une légende qui se battait pour la cause africaine par ses rimes et syllabes du Reggae n’a-t-il pas dit qu’ »Il faut plus que des idées pour changer l’Afrique, il faut quelqu’un pour les porter », voici le Roi Chérifien Mohammed VI porte ces idées en gageant sur l’Afrique, en tablant sur son développement, en pariant sur l’aspiration démocratique du peuple africain et en misant sur le succès d’une vision qui transcende le conjoncturel et le mercantile pour s’intéresser au structurel, au fondamental avec comme trame de fond l’Homme africain.

Avec cette doigté et virtuosité royale, le Souverain Marocain écrit en eau d’or dans les annales de l’histoire que le XXIe siècle sera celui de l’Afrique et qu’il est prédisposé à devenir la motrice de l’économie mondiale.
Si Léopold Sédar Senghor définissait Ahmed Sékou Touré comme « un grand Africain qui avait pour son continent un amour tyrannique », je définis Notre Roi Mohammed VI comme « Le Madiba de l’Afrique qui a le continent noir dans ses veinures, son sang, ses nucléoles et son ADN ».
Durant la dernière décennie, l’attractivité des investissements directs extérieurs (IDE) est devenue le leitmotiv des dissertations économiques : Tout un pullulement d’écrits lui y est consacré et dédié. Elle est devenue la tarte à la crème du paysage écrit et audiovisuel mondial : Toute une profusion d’articles foisonne et abonde, dans les journaux et les revues économiques internationales, pour cette fervente thématique. Et c’est le mouton de panurge des gouvernements : Tous les Etats y courent après.
– Une première apostrophe nous interpelle : Pourquoi une telle sollicitude pour ces promoteurs étrangers ? Pourquoi une telle bienveillance pour ces multinationales ? Pourquoi ce « welcome » pour ces investisseurs étrangers alors que, paradoxalement, durant les années 60 et 70, elles étaient mal désirées, elles étaient considérées comme les néocolonialistes qui extorquaient et pillaient les richesses des pays du tiers monde, terme en vogue à l’époque. La réponse réside dans le fait que ces mannes financières extérieures sont perçues, aujourd’hui, comme la panacée universelle à même de cicatriser et guérir tous les maux économiques et sociaux dont pâtissent et tarent les sociétés : Chômage, exclusion sociale, tarissement des ressources intérieures, hiatus technologique, fracture numérique, déficit du compte de la balance des paiements…………..etc.
Du coup, une corrida et une course sans trêve, une rivalité féroce et une concurrence rude s’est développée entre les Etats, par le biais des politiques d’attractivité, pour appâter les entreprises étrangères. Au regard de cette surenchère entre les Gouvernements, pour envoûter les promoteurs étrangers et acculé aux problèmes économiques et sociaux, le Maroc joue le Don Juan et le charmeur pour fasciner et séduire les entreprises étrangères à travers toute une panoplie d’appâts alléchants dont on évoque l’amélioration de l’environnement juridique des affaires ( nouvelle législation en matière de droit des sociétés, de la concurrence, du code de commerce et de la protection de la propriété intellectuelle) , politique de privatisation dans certains secteurs stratégiques (les télécommunications, l’assainissement et la distribution de l’eau et de l’électricité, etc.), la mise en place d’une gestion déconcentrée de l’investissement conformément à la Lettre Royale adressée au Premier Ministre le 9 janvier 2002 instituant les Centres Régionaux de l’Investissement (CRI), la création de l’Agence Marocaine de Développement des Investissements AMDI, l’adoption d’un cadre fiscal captif en matière d’investissement avec notamment la refonte encours de la Charte de l’investissement …………..etc.

– Une seconde interpellation nous apostrophe: Les promoteurs étrangers mordent-ils à l’hameçon des appâts évoqués ci haut ? Dit autrement, les mesures donjuanesques ont-elles secrété un Maroc de prédilection pour les entreprises étrangères et s’adjuge-t-il, en corollaire, d’un flux d’investissement d’envergure ? La réponse est que si on fait litière des prouesses exceptionnelles des mannes financières des licences GSM, de la privatisation de Maroc-télecom, de la régie des tabacs …….. etc qui ont euphorisé les montants des IDE, le Maroc demeure encore non alléchant pour les investissements extérieurs, en atteste l’éloquence des chiffres.
En effet et à l’appui de nos allégations, les derniers rapports portant l’autographe de la Conférence des Nations Unis pour le Commerce et le Développement (CNUCED) exhibe que le Maroc ne draine que la part minuscule de 0,1% du total des flux des investissements extérieurs dirigés vers l’Afrique, 0,01% par rapport au total mondial.
– Une troisième interrogation nous hèle : Pourquoi cette médiocrité de l’IDE au Maroc ? Quels sont les écueils sur lesquels les entreprises étrangères achoppent ? Quelles sont les tares et les entraves sur lesquelles piétinent les promoteurs étrangers ? Quels sont les gisements d’attractivité que le Maroc doit piocher et creuser pour figurer sur le short-List des investisseurs étrangers ? Certes, le Maroc a déployé des efforts louables et laborieux en initiant ces dernières années un certain nombre de réformes dans des chantiers touchant le climat de l’investissement extérieur (Fond Hassan II, l’échafaudage des CRI, Commission des investissements, plan d’accélération industrielle…………..etc.). Toutefois, les dividendes en termes de flux des IDE restent en deçà des espérances escomptées. Plusieurs travaux émanant de l’Administration (Département du commerce et de l’industrie), des organisations internationales (Ernest&Young, FIAS…etc.), de l’université ont cherché à apporter des éléments de réponse à cette quadrature de cercle, en l’occurrence la faible attractivité de l’IDE au Maroc et sa promotion.
Une quatrième interpellation nous appelle : Est-ce que les éléments de réponse apportés sur les pierres d’achoppement des investissements extérieurs et leur promotion résident uniquement dans les sphères jusqu’à présent défrichées ? La réponse est que, dans ce contexte de métamorphoses sempiternelles de l’environnement économique, le nec plus ultra, nous semble-t-il, serait de scruter d’autres horizons relatifs à la médiocrité des flux des IDE tout en apportant des évaluations périodiques aux impératifs de l’attractivité.

– Une dernière apostrophe se pose : Pourquoi ces évaluations au jour le jour des exigences de l’attraction des IDE ? La réponse réside dans le fait est qu’au regard de la globalisation économique (qui est un phénomène dynamique remettant sans cesse en cause les acquis), gérer l’attractivité d’une nation, faire que s’expriment ses avantages compétitifs, concurrentiels et construits, agir structurellement sur les générateurs de l’attractivité est un travail de bénédictin et une affaire de longue haleine. La quête de l’attractivité, dans ce contexte de mondialisation, s’apparente de plus en plus au mythe de Sisyphe. Ceci pour dire qu’il n’y a jamais de situation statique, figée et acquise dans l’attractivité des investissements extérieurs. Le terrain des obstacles et des générateurs de l’attractivité reste en friche.
Quand les USA démissionnent de la planète : Quelles retombées économiques et écologiques ?
Choses promises choses dues, comme il l’avait promis durant sa campagne électorale, Donald Trump a annoncé ce jeudi 1er juin que les Etats-Unis démissionneraient de l’accord de Paris sur le climat scellé en décembre 2015 par de 195 pays sous les auspices de l’ONU, cet accord vise à contingenter la hausse des températures mondiales en rationnant les émissions de gaz à effet de serre.
La décision de Donald Trump de se démettre du pacte de Paris sur le climat a suscité une commotion auguste et des anathèmes internationaux unanimes. Au-delà de ses répercussions politiques, quelles sont les conséquences écologiques et économiques d’un tel retrait ?
Soulignons, en guise de prologue, qu’une telle décision n’est pas une première. Rétrospectivement, en 2001, George Bush Jr n’avait-il pas ratifié le protocole de Kyoto que son prédécesseur, Bill Clinton, avait soutenu ? Ce choix repose sur des raisons homologues à celles de Donald Trump : inquiétude pour la compétitivité des Etats-Unis, dénonciation d’un accord multilatéral qui remet en cause la souveraineté nationale, incertitudes sur la réalité du changement climatique, fulminations et colère sur l’emploi dans les secteurs carbonés.
Les conséquences écologiques :
Selon des prophéties réalisées par des chercheurs de l’organisation Climate Interactive, la quantité de gaz à effet de serre pourrait accroître de 3 Milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an, d’ici à 2030, en cas de retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Le pays d’Uncle Sam serait alors responsable d’une recrudescence de 0,3 degré sur les 3 degrés globalement prévus par les scientifiques.
Une autre projection, réalisée par l’organisation Climate Action Tracker, table sur un réchauffement de 0,1 à 0,2 degré imputable aux Etats-Unis.

En sus de la hausse des températures dont le pays serait directement responsable, l’abandon du deuxième pollueur mondial représente une très mauvaise illustration à d’autres pays. Même en Europe, il existe des groupes industriels inquiets de leur compétitivité.
Si les Etats-Unis ne fournissent pas les 3 Milliards de dollars promis, des pays à l’instar de l’Inde, Indonésie et Philippines notamment qui s’appuient sur l’aide financière des pays développés, ne seront probablement pas en mesure de tenir leurs engagements.
Toutefois, des Etats américains (Californie, New-York) soucieux des problèmes sérieux d’une telle démission, ont en effet annoncé leur intention de poursuivre leurs programmes de réduction des émissions provenant des centrales électriques et des véhicules, même en cas de retrait fédéral.
Aussi, moult grandes puissances (dont l’Union européenne, la Chine et l’Inde) ont aussi promis qu’elles continueraient leurs efforts, peu importe la décision des Etats-Unis.
Les conséquences économiques :
Moins de deux ans après sa conclusion, l’annonce du retrait de l’accord par les Etats-Unis, est un très mauvais signal envoyé aux partenaires du pays qui pourront recourir à des mesures de représailles en imposant une taxe carbone sur les produits qu’ils importent des Etats-Unis. Le montant de celle-ci serait au prorata de la pollution carbone couplée à la production de chaque bien.
Aussi, le retrait des Etats-Unis du traité risque d’avoir aussi des incidences pour les pays signataires, qui devront s’acquitter de 3 milliards de dollars supplémentaires (la contribution des Etats-Unis) sur les 100 milliards prévus (89 milliards d’euros) pour les pays en développement à partir de 2020.
Les constructeurs américains conçoivent ainsi des véhicules pour un marché mondial en matière de normes d’émission de plus en plus intransigeant. Ramollir les efforts en matière de réduction des émissions signifierait pour eux se fermer l’accès à ces marchés. Le même raisonnement prévaut pour tous les industriels américains qui exportent sur des marchés mondiaux où l’efficacité énergétique constitue désormais un critère d’achat primordial.
Au vu de ces différents éléments, il est fort à parier que la hardiesse de Donald Trump ne modifiera pas profondément la transition bas carbone engagée aux Etats-Unis et partout dans le monde. Au pire, maintiendra-t-elle artificiellement en vie, quoique de façon éphémère, un ensemble d’activités en mauvaise posture, comme la production de charbon.

En corollaire, L’ukase de Donald Trump est avant tout de nature idéologique. Le climat n’est ici qu’un faux-fuyant et subterfuge. Il s’agit d’abord de déplisser le multilatéralisme qui, à ses yeux, est une gangrène qu’il faut neutraliser par tous les armoiries dans le dessein de fortifier la suzeraineté américaine. Les mobiles économiques n’ont joué qu’un rôle très subsidiaire dans ce reflux américain comme les climatériques unanimes du secteur privé le corroborent. Faut-il dire que l’incertitude politique et réglementaire a toujours fait mauvais ménage avec la décision managériale qui a besoin de constance et de crédibilité des règles du jeu. A Copenhague lors de la COP15, Hugo Chàvez n’a-t-il pas dit solennellement que si le climat était une banque, il serait déjà sauvé ?
Dans cette prise de parole engagée, M.Chàvez n’a-t-il pas fait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques? Le capitalisme n’est-il pas intrinsèquement lié à la crise environnementale et combattre l’un ne peut-il se faire sans combattre l’autre? Cette maxime de Chàvez ne met-elle pas en garde contre les échecs répétés des grandes conférences climatiques, qui sont toujours d’actualité?
12 chandelles de l’Initiative Nationale du Développement Humain INDH : Quel calibrage ?
Naguère, les institutions d’obédience ultralibérale, banque Mondiale, fonds Monétaire International, évangélisaient à cor et à cri les programmes d’ajustement structurel au Maroc afin de voir le boulot du tunnel. Cependant, ces électuaires économiques se sont révelées impuissants pour mettre le Maroc sur les rails du développement et ont exsudé, au rebours, une fente sociale abyssale. Les maux sociaux : Oisiveté, désœuvrement, chômage, ainsi que l’exclusion sociale en sont la meilleure pièce à conviction de notre assertion.
Ainsi, le Maroc, obturé par le fardeau de ses altérations sociales, allotit au capital humain un rôle central dans sa politique de développement. Le discours du Souverain Marocain du 18 mai 2005 sur l’Initiative nationale du développement humain appelée communément INDH fut conçu pour porter suture à la précarité sociale au Maroc.
A l’orée de ce mois de Mai, l’INDH souffla, sa 12éme bougie. Des apostrophes nous interrogent sur sa supputation et son calibrage à cet égard.
Après 12 chandelles, les indicateurs sociaux perpétuent dans le rouge, en témoignent l’éloquence des chiffres scellés par les derniers rapports sur le développement humain PNUD. En effet, le rapport de l’administrateur du PNUD, Helen Clark coagule le Maroc dans le lot des pays à développement humain moyen avec un classement timide (123éme position parmi 188 pays). La Libye 102 éme rang, suivie de l’Algérie (83 éme) et de la Tunisie (97 éme) creusent respectivement le fossé en se repositionnant dans les pays à développement humain élevé.
La santé n’est-il pas un indicateur avec lequel on jauge le niveay de développement économique et social : Concernant, le ratio médecin/population, et au niveau des pays du Maghreb, le Maroc n’est pas mieux loti. Il ne dispose que de 6.2 médecins pour 10.000 habitants contre 12 en Algérie et notre rival économique la Tunisie est de 13 médecins. L’Égypte et la Jordanie échancrent le gap avec plus de soins médicaux par des quotients respectifs de 24 et 26 docteurs. On est bien loin derrière l’Espagne avec qui on était sur le même lot des pays en développement durant les années 70, qui affiche une bonne santé avec 37.1 médecins.

Le récent mémorandum économique 2017 de l’institution de Washington DC sur l’état du secteur de la santé au Maroc relève, que près de 8.5% des Marocains n’ont pas accès aux soins les plus primordiaux, ce qui représente plus de 25% de la population globale bien que 60 % de la population bénéficie de la couverture médicale dans le cadre de l’Assurance médicale obligatoire (AMO) et le régime d’assistance médicale pour les démunis (RAMED).
Bien plus, l’institution de Jim Yong Kim noircit le tableau en indiquant qu’au niveau des infrastructures des hôpitaux psychiatriques, le Maroc devra faire énormément d’efforts pour atteindre la norme internationale qui est de 4.4 lits pour 10.000, alors qu’il ne dispose à présent que d’un lit.
Bien plus, la Banque mondiale ne s’arrêta pas à ces seuls chiffres, elle dénonce toute une série de dysfonctionnements qui minent le secteur de la santé partant du manque flagrant en ressources humaines et arrivant à la corruption en passant par le clientélisme, le népotisme et la négligence. Un tableau pas du tout resplendissant qu’a dressé l’institution internationale de brettons woods et qui interpelle le ministre de la santé, qualifié par le chef de l’exécutif sortant comme le meilleur ministre de son gouvernement.
Aussi, un autre dénonciateur nous nous claustre dans le pays à développement humain moyen : le Revenu National Brut par tête d’habitant exprimé en parité de pouvoir d’achat PPA qui est de 3500 dollars ce que révèle l’Institut Arabe de Garantie de l’Investissement et des Exportations. Le Royaume arrive en effet à la 13 éme position au niveau du monde arabe en termes de revenu par tête de la population. Le Botswana et la Turquie érodent l’élision en se plaçant dans les pays à développement élevé avec un RNB/tête d’habitant respectif de 13 204 et 13 359 dollars. Avec plus 45 000 dollars par an, le Qatar et le Koweït sont les pays avec le revenu annuel moyen par habitant le plus élevé du monde arabe

Sur le registre de la pauvreté et en s’étayant sur l’indice multidimensionnel de pauvreté IPM créé par le Centre de recherche économique pour le développement international de l’université d’Oxford (qui pondère dix indicateurs dont le taux de scolarité, la mortalité infantile, le degré de malnutrition, l’accès à l’électricité et la possession de quelques biens de consommation) donne un diorama plus complet sur la pauvreté, et fait hisser le taux de pauvreté à 28,5 % ce qui déplaira au Patron du HCP qui, à l’en croire, le taux de pauvreté (mesuré uniquement par le Revenu) n’est que de 9 %.
Selon la nouvelle étude publiée par le par le Haut-commissariat au plan (HCP) en marge de la Journée nationale de l’enfant, le Maroc compte 1,2 million d’enfants pauvres. Pour réaliser cette étude, une approche « multidimensionnelle » a été suivie, basée sur l’observation chez l’enfant de plusieurs facteurs à savoir l’éducation, la santé, l’accessibilité à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement, les moyens de communication et les conditions d’occupation du logement.
Il en ressort que la « pauvreté multidimensionnelle des enfants » a toutefois baissé entre 2001 et 2014. Le nombre d’enfants en situation de pauvreté est ainsi passé de 4,9 millions d’enfants en 2001 à 1,2 millions d’enfants en 2014, soit une réduction annuelle moyenne de 10,0% à l’échelle nationale. En pourcentage, sa prévalence est passée de 43,6% en 2001 à 24,1% en 2007, avant d’atteindre 11,0% en 2014, souligne le HCP.

Avouons-le, la conception galvaudée ainsi l’approche Marketing qui entourèrent l’INDH font ôter l’INDH de son essence qui est le capital humain : faire impliquer, valoriser et responsabiliser les bénéficiaires aurait été le Must pour distiller un cercle vertueux de dynamique sociale locale, régionale et nationale.
En sus, le compte à rebours dont pâtissait l’INDH et la flamme de l’obligation à des résultats se répercutent négativement sur la qualité du produit social. On ne peut pas bannir et exorciser en 12 ans une misère qui a sévi plus de 50 ans.
Repenser l’économie est une condition sine qua non pour refréner le Maroc à la locomotive du développement social : Pour juguler la fracture sociale, le Maroc doit maintenir un taux de croissance économique strictement supérieur de 7%. Toutefois, la dynamique du capitalisme ne peut être envisagée du seul point de vue économique, les forces nées du capitalisme et les institutions politiques interfèrent aussi.
Le capitalisme dans lequel s’est engagé le Maroc, en tant que dynamique économique, est d’abord un processus d’extension du marché et du rapport salarial. Mais l’interaction de ces deux rapports, une fois engagée, produit de façon endogène ses propres limites. L’accumulation du capital s’effectue de manière contradictoire. La subtile question qui se pose au-delà de l’INDH : comment assurer un maillage et une articulation cimentée de la dynamique du capitalisme avec celui de la société et les forces productives au Maroc ?
Remédier, dans sa globalité, l’esprit INDH est un Must pour inscrire le Maroc dans la trajectoire du développement social. L’INDH ne saurait être une panacée pour cicatriser la pauvreté. Elle ne peut être qu’une pièce du puzzle du vaste champ de réformes à même d’assurer la croissance et le recul de la pauvreté. À ce jour, l’INDH n’a pas réussi à réduire la pauvreté et les indicateurs de santé et d’éducation sont cauchemardesques. Cette pauvreté est la première source du terrorisme, de l’exclusion et de l’émigration clandestine. La subtile question est celle de savoir pourquoi l’INDH n’arrive pas à faire reculer la misère. Quels sont les goulots d’étranglement qui empêchent l’INDH à promouvoir le développement social ? Quels sont les mobiles de la persistance de cette dualité entre la sphère macro financière et la sphère sociale ?
L’hydre de la pauvreté est un prisme à multiples facettes faisant intervenir des facteurs économiques (croissance, investissement… ) et non économiques (institutionnels, politiques et sociaux).
Nous pensons qu’il faudrait « recontempler » l’âme de l’INDH dans sa phase 2 selon une approche intégriste : La réduction de la pauvreté et des causes d’exclusion sociale dépendent impérativement d’une stratégie de développement social fortement imbriquée en amont et en aval avec la garantie des droits humains fondamentaux, la coordination de l’intersectorialité dans la conduite des politiques publiques et des interventions privées en matière de développement social, le système productif, la politique de l’emploi et du partage des fruits de la croissance, ainsi que les politiques sectorielles prenant mieux en compte les intérêts des franges sociales au Maroc.

Reconnaissons le, in fine, l’INDH, certes méritoire, créatrice d’activités et génératrice de revenus, ne peut être un succédané à une véritable politique de croissance et des revenus. Le développement économique et social du Maroc doit passer inlassablement par un accroissement massif de la richesse du pays, c’est dire par un enrichissement de sa population afin d’augmenter la consommation et conduire à la croissance. À ce titre, pour Amartya Sen, « le seul moyen d’y parvenir est d’encourager la croissance économique et pour que la croissance soit durable et équitable, il faut que les pauvres y prennent une part très active » ceci nous incite à exhumer une citation de Nelson Mandela : « La pauvreté n’est pas un accident comme l’esclavage et l’Apartheid, elle a été faite par l’Homme et elle peut être supprimé par des actions communes de l’humanité ».
