Après une longue inertie, enfin, le projet de loi-cadre N° 51.17 relatif au système de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique vient d’accomplir un pas charnière sur l’itinéraire législatif après son adoption ce mardi dernier 23 Juillet, par la Commission de l’Enseignement, de la Culture et de la Communication à la chambre des représentants.
Pour une fois, au sein de la première chambre, les partis politiques ont évité le dérapage malheureux d’autrefois dans des polémiques arides (qui ont effondré notre système éducatif) en aboutissant, il faut le dire, à des résultats probants en adoptant à la majorité, par la Chambre des représentants avec l’aval de 241 parlementaires, un rejet de 4 députés et 21 abstenus.
De ce fait, le débat autour de la langue d’enseignement avec des arrières pensées sournoises et passéistes autour de l’école a franchi le Rubicon sur l’arabisation de l’enseignement qui a reproduit un système éducatif actuel dont tout le monde récrimine le caractère clairsemé et sciène.
Nous pensons, d’emblée, que cette décision est sage et raisonnée, car à l’heure de la globalisation et du développement sans précédent de l’économie cognitive, l’ouverture sur les langues étrangères est plus que jamais une condition sine qua non pour tirer profit des acquis de l’essor économique et technologique, car Il ne faut pas voir dans la langue un simple outil de lexique, mais surtout une fort levier de transmissibilité de connaissances, de science et de culture.

Et le fait d’enseigner les matières scientifiques en langues étrangères n’affecte en aucune manière notre identité Marocaine, arabe et musulmane comme le prétendent certains gourous des partis politiques dans des considérations populistes.
Apprendre et enseigner en langue étrangère est un moyen de préparer l’élève Marocain à poursuivre ses études supérieures, que ce soit au Maroc ou à l’étranger, avec succès et l’arrimer au rythme de la mondialisation.
Disons nos quartes vérités en face et avouons-le : Ça fait plus de 40 chandelles que le Maroc a adopté la langue Arabe dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire jusqu’au baccalauréat. Un état de fait qui a sécrété une dualité linguistique entre l’enseignement secondaire et supérieur où ces matières sont dispensées en français. Le résultat était plus que lamentable : En vertu des enquêtes du Ministère de l’éducation nationale, seulement 1 étudiant sur dix parvient à décrocher la licence en 3 ans et plus que 30% des bacheliers scientifiques préfèrent s’inscrire dans des filières de sciences humaines et sociales en arabe pour éluder la question des langues.
Un bachelier arabisé vit une véritable affliction : S’il choisit une filière scientifique, il devra faire face à un changement de langue et se trouve rencogné entre des prérequis arabisés et un nouveau savoir dispensé en français ; une situation qui impactera son insertion, son rendement et ses chances de réussite ce qui explique le taux atterrant de déperdition où 25% des étudiants quitte l’université sans avoir passé l’examen du 1er semestre selon les chiffres officielles du Ministère de l’Education Nationale.
Rétrospectivement pendant des décennies, avant l’arabisation de l’enseignement il y a plus de 40 ans, notre système éducatif a bien fonctionné selon une séquence vertueuse et ce en privilégiant la langue française avec des résultats concluants.
Faisant une lecture de l’histoire mondiale, tous les pays qui se sont développés procédèrent à une dose plus ou moins d’injection et d’ouverture sur les langues étrangères. Tel est l’enjeu de l’utilisation des langues étrangères. Saluons cette décision qui vient d’être franchie ce Mardi dernier à la chambre des représentants qui n’aura que bonnes retombées sur l’avenir de notre école et sa place dans le projet sociétal qui convient à notre pays à l’heure actuelle et future.

L’ambition aurait due être poussée plus loin en adoptant la langue anglaise comme langue de recherche et d’apprentissages, car je pense qu’à l’heure actuelle, la langue anglaise est devenue la langue de sciences par excellence et assimiler cette langue par les élèves Marocains leur permettra d’exceller grâce à des rapports, des thèses, des ouvrages, des sites qui sont dans la plupart rédigés en anglais.
La langue anglaise est largement pratiquée dans les sphères scientifique, technologique et économique, c’est la langue de la finance internationale, du commerce international et du tourisme.
Dans le monde de la digitalisation économique et de l’intelligence artificielle, 80 % des données existantes sont en langue anglaise, ainsi que le sont une grande majorité des publications scientifiques (95 %). De ce fait, en assimilant l’anglais, l’élève et l’étudiant Marocain peuvent avoir accès à un nombre illimité de ressources économiques, techniques et scientifiques.
Aussi, la langue de Shakespeare est l’une des compétences les plus demandées sur le marché du travail ; elle est la plus sollicitée par les employeurs, les promoteurs et les investisseurs. A ce titre, elle permet d’accéder à des postes à plus haute responsabilité, de développer sa carrière et son entreprise. C’est la langue des affaires internationales comme ca a été le cas pour la langue Arabe lors
De l’ère du rayonnement de l’empire arabo-musulman au 7éme et 8éme siècle. La langue du Saint CORAN et du paradis était la langue des sciences par excellence et de ce fait les occidentaux savaient pertinemment l’enjeu de l’apprentissage de la langue arabe pour accéder aux travaux scientifiques de Jabir ibn Hayyan, Al-Khwârizmî, Avicenne, Rhazès, Al-Battani, Ibn al-Haytham, Al-Fârâbî….etc. N’est-il pas le cas pour la langue anglais aujourd’hui.

Même les Français intègrent de plus en plus la langue anglaise comme langue d’apprentissage pour ne pas rater le bateau de l’économie mondialisée pour reprendre Robert Reich. Même la Chine, qui est entrain devenir la première puissance économique mondiale intégra la langue anglaise dans toutes ses universités et dans les manuels d’étude. Nous réitérons notre révérence à cette décision intentionnelle et réfléchie qui anticipe les contraintes économiques et technologiques du futur pour préparer les élèves Marocains à la donne économique internationale en leur imprégnant les méthodologies didactiques, pédagogiques et scientifiques pour exceller sur notre patrie et sur d’autres cieux ; cette mesure d’enseigner les matières scientifiques en langue de Molière n’affecte en rien notre identité Marocaine, arabe et musulmane. Attention aux gourous des partis politiques de replonger dans considérations populistes !!!



































