Du 22 au 25 janvier écoulé, quelque 3 000 participants venus du monde entier et de toutes les sphères d’influence : Entreprises, gouvernements, société civile, universités, arts et culture, ainsi que les médias, ils se sont réunis dans la ville enneigée de Davos, en Suisse, pour discuter de la manière de construire une meilleure version de la mondialisation.
Il faut dire que le sommet de Davos s’est déroulé dans un climat de remous et tumultes sociaux dans le monde : Le Mouvement de gilets jaunes et la révolte de la société française en plein Paris, l’Elysée et d’autres villes du pays des lumières. Il s’ensuit, en Amérique latine, une grande vague de protestations violentes contre le Gouvernement du Président vénézuélien Nicolas Maduro. Récemment, il y a cinq jours, en Haïti, des manifestations frénétiques contre le président Jovenel Moïse. Les causes de ces révoltes sont un secret de polichinelle :
La première d’entre-elles et probablement la plus inquiétante concerne la montée fulgurante des inégalités sociales qui s’abreuvent en grande partie de la haine, les ressentiments, ainsi qu’une corrosion de la confiance dans le système démocratique.
Les inégalités des revenus ont beaucoup gradué et qui sont en grande partie imputables aux politiques d’obédience Néolibérales qui ont accouché de flagrants clivages sociaux entre les franges sociales démunis qui sont de plus en plus marginalisées et les couches moyennes en panne d’inspiration et les nouvelles couches sociales nanties ayant accumulé d’importants revenus.
Ces bipartitions sociales ont enclenché ressentiments, aversions et emballements qui pèsent d’un fardeau lourd sur l’authenticité et la légitimité des sociétés démocratiques.Nous pensons que c’est par l’instance économique, pour paraphraser Marx, qu’il faut relever le défi et rabaisser les tensions sociales.
Certes, le début de l’année 2018 a connu une embellie de la situation économique du globe où beaucoup d’experts, institutions internationales et agences de rating ont prophétisé un rebond de la croissance. Cependant ces prévisions économiques ont été revues à la baisse au cours des derniers mois de l’année 2019 et la croissance économique a eu les plus grandes difficultés à récidiver et à retrouver sa cadence d’avant la crise des années 2008 et de facto cette faible dynamique économique a été à l’origine de grandes effrois qui se sont matérialisés par de grandes incertitudes dans l’avenir. Ces contretemps économiques ont été exacerbés par des mesures de représailles commerciales entre les USA, l’Europe et la Chine, la normalisation des politiques monétaires ainsi que la recrudescence des taux d’intérêt.

Cette crise économique et sociale a ouvert la voie au développement des forces politiques populistes qui inquiètent de plus en plus les régimes politiques à l’instar des gilets jaunes en France et la rebelle contre les régimes Nicolas Maduro en Venezuela et Jovenel Moïse en HaïtiL’apostrophe qui nous interpelle est de savoir les issues de sortir de ce bout de tunnel et d’accoucher d’un nouvel ordre économique humaniste.
Deux éléments essentiels nous semble essentiels à cet égard :
– Le premier défi est d’ordre national : Il doit mettre l’accent sur la nécessité de rebâtir les contrats sociaux et les conditions de vie dans les différentes sociétés. Ce projet présuppose de faire de l’équité sociale le noyau dur d’un nouveau contrat politique qui suppose, à son tour, la redéfinition de nouvelles formes de politiques économiques faisant de de l’inclusion économique et du développement durable, leurs grandes priorités stratégiques,
– Le second challenge est d’ordre international : Il concerne la nécessité de reconstruire un nouveau multilatéralisme étayé pour l’essentiel sur de nouvelles formes de coopération internationale entre les différents Etats car , faut-il le rappeler, les crises dont sévit le monde, la montée du populisme et du « self-government » ont été à l’origine de la montée sans précédent des politiques inquisitoriales et unilatérales ( comme l’Amérique d’abord de D. Trump) et des discordes entre les Nations dont certaines se sont soldées par des guerres commerciales à l’instar de celle entre les USA et la Chine.

Nous pensons qu’il est incontournable de sortir de ces zones d’ombre afin de refaçonner de nouvelles dynamiques internationales de coopération, d’assistance et de solidarité permettant une « remoralisation » de la mondialisation. La nouvelle année 2019 sera décisive à plus d’un titre. Si les perditions sont importantes, il est encore plus important de sortir des crises en redonnant crédit dans l’avenir, une confiance qui passe par la refondation des contrats sociaux nationaux et par l’édifice de nouvelles formes de coopérations, de solidarités et de réciprocités internationales à même d’accoucher une nouvelle architecture internationale d’un monde meilleur construisant des sociétés plus inclusives et mieux protéger les communautés vulnérables..
