
La pandémie du Coronavirus était initialement une crise mondiale sanitaire, mais qui a très rapidement évolué en une crise économique et sociale qui a affecté tous les contrés du monde à des degrés différents, mais surtout les plus intégrés d’entre eux. Les arrêts de production ont touché les grandes puissances économiques mondiales, d’une manière brutale et soudaine et la dépression économique généralisée n’est plus une crainte mais une réalité. Au même titre que ses partenaires, le Maroc a subi de plein fouet la crise du Covid 19 qui a mis rude épreuve les chaines de production mondiales à l’instar des équipementiers automobiles, qui pâtissent à une disette mondiale de puces électroniques et se trouvent refréner de laminer les ailes en comprimant leur investissement et partant leur production.
C’est dans ce sillage que le Géant Français de l’automobile Renault, avait annoncé, Février écoulé, le rajustement de sa production industrielle sur le Mois de Février dans plusieurs unités de production, dont celle de la perle du Nord Tanger, en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales qui se matérialise par le manque de composants électroniques chez certains de ses approvisionneurs.
Une agitation des chaînes d’approvisionnement qui fait boule de neige pour affecter celle des chaînes logistiques de l’industrie pharmaceutique. En effet, aujourd’hui avec la forte pression sur la provision en vaccin anticovid-19, l’on ne s’inquiète non seulement de la rareté des doses de vaccin, mais aussi de celle de tous les organiques qui composent la production des vaccins contre la Covid-19.
Faut-il rappeler que l’investissement dans l’industrie pharmaceutique doit produire plus de 10 Milliards de doses de vaccins anti-Covid-19 pour l’année 2021, soit, tous vaccins confondus, le double de la capacité de production de 2020.

La carence de certaines matières premières nécessaires à la production de vaccins se fait de plus en plus se faire sentir à l’exemple des verres, plastiques, bouchons…etc, une pénurie sur les chaînes d’approvisionnement préoccupante à tel point qu’elle a fait l’objet d’une symposium récent entre différents acteurs, dont les partenaires du système Covax, notamment l’Organisation mondiale de la santé, la GAVI (Alliance pour les vaccins), sa branche recherche (CEPI) et la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique.
Le dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT) est une nouvelle collaboration mondiale novatrice visant à accélérer la mise au point et la production de produits de diagnostic, de traitements et de vaccins contre la COVID-19, ainsi qu’à en assurer un accès équitable. Le COVAX est co-dirigé par l’Alliance Gavi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l’OMS. Son objectif est d’accélérer la mise au point et la fabrication de vaccins contre la COVID-19 et d’en assurer un accès juste et équitable, à l’échelle mondiale
Durant ce congrès, les participants ont rapporté les contrôles sur les exportations à l’instar des États-Unis avec le « Defense Production Act ». Ce qui atteste des dissidences sur le marché des vaccins, qui va continuer, semble-t-il avec les nouvelles vagues du Covid-19 ce qui n’est pas sans conséquence sur le risque de préjudicier les agendas des compagnes de vaccination à travers le globe.
D’ailleurs, plus que quelques jours avant que le Maroc ne consomme la totalité de son stock de vaccins anti-Covid-19 : Ayant reçu 8,5 millions de doses depuis le début de la campagne de vaccination fin janvier dernier, le Maroc en a déjà administré 7,75 millions à sa population, soit plus de 91% des doses en sa possession. L’urgence d’une nouvelle cargaison est signalée aux principaux partenaires du Royaume, mais la lenteur des productions et la très forte demande internationale compliquent la mission des autorités marocaines à l’exemple de la hausse des cas de contamination en Inde a contraint le Serum Institute of India (SII), l’usine productrice du vaccin Covishield -sous licence d’AstraZeneca- basée à Pune (Inde) de suspendre ses exportations à l’étranger ; une suspension qui risque de durer encore plusieurs semaines.

C’est dans ce contexte que le Maroc multiplie ses efforts pour trouver d’autres fournisseurs comme Russie avec le vaccin Sputnik V, tandis que le Vaccin Américain Johnson and Johnson autorisé fin février 2021 par l’agence américaine des médicaments (FDA) reste une des options de l’avenir car le Royaume ne peut recevoir sa première commande qu’en janvier 2022
In fine, et à l’évidence, le Maroc, recadrera sa campagne de vaccination, et autant en emporte le vent, il semble invraisemblable de la boucler, comme prévu, dans les 3 à 6 prochains Mois en vaccinant environ 30 millions de citoyens marocains, soit 80% de la population pour atteindre l’immunité collective.
