Home Non classé Une Année après la Pandémie du Covid-19: Doit-on être Optimiste en Cette Période Sombre ?

Une Année après la Pandémie du Covid-19: Doit-on être Optimiste en Cette Période Sombre ?

by Mustapha Maghriti

C’est un secret de polichinelle que partout sur notre planète terre, l’humanité vit au tempo des resserrements et des couvre-feux nocturnes avec des ports des mascarons qui ont déguisé nos gueules.

Certes, on doit cautionner tout cela (confinement, gestes barrières….etc.) au nom de l’intérêt collectif de la santé publique. Toutefois, on ne peut pas, dénier que la récession plombe les sphères économique et sociale. En effet, sur le volet économique, le tableau est sombre: Les entreprises Marocaines qui publièrent leur chiffre d’affaires de l’année 2020 affichent des reflux outrés qui donnent la migraine. Pour preuve, la Confédération Générale des Entreprises du Maroc CGEM qui représente le secteur privé auprès des pouvoirs publics et des institutionnels n’a-t-elle pas annoncé, lors d’une webinaire tenue il y a plus d’un Mois que les entreprises affiliées à la CGEM accusèrent une décrue de plus de 50% de leur chiffre d’affaires en 2020 ? Aussi, la vague de faillites a coûté  la vie au tissu économique entrepreneurial avec comme conséquence la déconfiture des milliers d’entreprises, soit 6.612 entreprises fin 2020.

En outre, les chèques impayés atteignent des pinacles qui tourmentent l’Institut d’Emission et qui font ébranler la rentabilité des Banques Commerciales de près de 50%.

Sur le volet social, en vertu des statistiques du Haut Commissariat au Plan HCP, le chômage continue d’écumer, et notre tissu économique frôle le Million d’emplois perdus à fin Décembre 2020 avec un taux de chômage qui grimpa à 11,9% en 2020 selon la boule du cristal du Fond Monétaire International FMI.

A côté de ce panorama économique et social morose, soyons optimiste et regardons la partie pleine du verre : En dépit de la vulnérabilité de notre système sanitaire, une chandelle après le début de cette pandémie mondiale, les autorités Marocaines ont autant que faire ce peu, bien géré cette crise sanitaire ; une dépression qui a été, à bien des égards, une source d’opportunités d’investissement : Nous ne devons pas occulter que notre patrie a pu se reconvertir en investisseur, producteur et exportateur net de masques et producteur des kits de prélèvement PCR ( test PCR 100% Marocain) ainsi que d’autres matériels médicaux. 

Ce rappel optimiste est important, car il nous interpelle sur l’utilité, dans ce monde d’aujourd’hui et celui de demain, d’avoir un tissu productif dense et fort, avec des entreprises compétitives futées sur l’innovation et le savoir-faire. Cette crise doit servir de baliseur sur le plan industriel. C’est d’ailleurs, un des motifs pour lequel l’Etat aspire à substituer plus de 83 Milliards de dirhams d’importations par une production locale pour aller vers plus de souveraineté économique loin du modèle classique d’Industrialisation par Substitution aux Importations .

Toujours dans l’aura d’optimisme, sur un autre volet, la reconnaissance de la Marocanité du Sahara par le pays d’Once Sam et la compagne de vaccination ont, il faut le dire, insufflé une brise d’optimisme au moral des Marocains.

Mais de là à ce que ces effets d’annonce soient instrumentalisés par certains membres de l’Exécutif et médias Marocains comme des indicateurs de rebond économique, on prend certainement la tangente en mettant la charrue avant les bœufs !

Loin des dogmes nationalistes, une apostrophe interpelle tout le milieu du business, des affaires économiques internationales et des fabricants d’opinion : Doit-on être optimiste en cette période sombre? Comment un patron d’entreprise qui vit cette toquade peut-il se prononcer et affirmer que les fondamentaux économiques sont bons et que son unité productive est bien prête pour prendre le sentier de la relance?

Dans ce flot de panique, d’inquiétude et surtout de peur d’un lendemain incertain, assurément, l’optimisme est une arme, mais à la condition d’être raccordé à la réalité, l’optimisme est une force manifestement, mais il doit être accolé à l’évidence.

Instaurer l’état de confiance à la Keynésienne est un arsenal infaillible, mais il doit être embranché à la factualité et au réalisme du tissu économique et social.

Dans cette atmosphère déprimée, le pessimisme de la connaissance n’empêche pas l’optimisme de la volonté disait Antonio Gramsci.

Certes, être optimiste est un devoir moral comme disait Karl Popper, mais lancer des campagnes d’optimisme, dans ce contexte économique et social tumultueux, c’est manquer de réalisme et peut s’avérer coûteux et contreproductif. Soyons optimistes, soyons réalistes

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