
Après un long suspens Hitchcockien, le nœud gordien du piédestal de la Maison Blanche a été tranché en faveur de Joe Biden avec 273 votes du collège électoral et deviendra le 46éme président des États-Unis.
De part cette victoire aux urnes, les Américains ont démontré que la démocratie ne trébuche pas : Devant la peur d’un nouveau mandat de D.Trump, les Américains ont adhéré laborieusement au scrutin avec une participation record depuis 1900 (quand plus de 73,7% des Américains s’étaient rendus aux urnes pour élire le républicain William McKinley) avec plus de 160 Millions de votes, soit un taux de participation de 66,6%.
Après ce suspens, le monde, les médias, écrites et audiovisuels se pose la question récurrente que va faire Joe Biden ?
– Primo, la campagne électorale de J.Biden a été plutôt un vote pour ou contre Trump dont la gestion de la Covid-19 a été catastrophique sauf un point positif de la diminution des impôts qui a permis à l’Amérique de revitaliser son économie durant cette pandémie.
– Secundo, Joe Biden n’a pas développé réellement un programme économique ; on s’en souvient lors de sa propagande électorale.
Est-ce qu’il va garder le crédo protectionniste ? En vérité personne n’en sait rien : Revenir sur des décisions géostratégiques, surtout en ces temps d’inconstance à l’heure du Covid-19 !!
Par contre, on est sûr que les USA, dans le mandat présidentiel de J.Biden, vont rebrousser chemin vers le multilatéralisme : Joe Biden sera multilatéral là où D.Trump était unilatéral, il sera prévisible là où D.Trump est imprévisible ; et il respectera ses alliés là où Trump les maltraitait. Pour preuve, Joe Biden a déjà donné des hypothèques et des gages en préfigurant que son premier acte de Président serait de réintégrer l’Accord de Paris sur le climat que les États-Unis ont officiellement quitté. Ce n’est qu’une bonne nouvelle pour notre étoile.

Aussi, l’ex sénateur de Delaware compte réintégrer la diplomatie multilatérale là où Donald Trump ne croyait qu’à l’unilatéralisme à travers sa fameuse « America First and only ». De ce fait, Joe Biden cicatriserait les relations internationales tumultueuses en particulier avec la Chine, la Russie, l’Iran.
C’est ce qui explique, d’ailleurs, l’immense soupir de soulagement à Paris, Berlin, Ottawa ou Séoul, les capitales qui ont, sous une forme ou sous une autre, le plus pâtie du style arrogant du républicain D.Trump. C’est ce qui explique, aussi, le silence radio ou les réactions ambivalentes des leaders les plus proches ou ambigües vis-à-vis de Trump, à Londres, Budapest, Moscou, Brasilia ou Jérusalem.
Aussi, rester au sein de l’Organisation mondiale de la Santé OMS que D.Trump a quitté en pleine pandémie avec le blocage de la contribution financière des USA du montant de 500 Millions de dhs , et de participer au programme de vaccins pour tous, ce que D.Trump refusait.
Certes, ça ne sera pas pour autant un retour à la diplomatie de l’époque Obama en raison des mutations qu’a connu l’économie mondiale à travers l’émergence de pôles de puissance éclatés là où l’Amérique était encore une hégémonie finissante. Semble-t-il, Joe Biden n’aura pas les brigues, de réinstaurer cette hégémonie.
Le véritable challenge de l’ère Biden sera, au contraire, la structuration de ce nouveau monde multipolaire et pour y parvenir, J.Biden entend faire ressurgir une coalition de pays démocratiques, là où son prédécesseur D.Trump les traitait de ses détracteurs.

Joe Biden n’a-t-il pas annoncé les couleurs en organisant dès sa première année au pouvoir, un Sommet pour la démocratie, réunissant États et sociétés civiles ? Assurément, ce projet encore trop imprécis pour savoir s’il s’agit d’une coalition anti-chinoise sous le leadership Américain, ou d’un véritable effort de renouveau démocratique après des années de régression et de menaces autoritaires à l’ère de D.Trump.
De sa part, le vieux continent aborde cette nouvelle phase avec enthousiasme et d’aperception : Car si le retour à une diplomatie plus prévisible et attrayante est bienvenu, l’Europe ne sait pas encore dans quelles conditions. C’est pour cela que les Européens sont écartelés entre le sentiment béat exprimé par la Chancelière Angela Merkel -celle qui connait le mieux Joe Biden-, pour qui l’amitié transatlantique est indispensable et qui propose de coopérer ensemble et le scepticisme tweeté par le Secrétaire d’État aux affaires Européennes en France, Clément Beaune, pour qui « ce serait une faute de croire que tout change, l’Europe doit avant tout compter sur elle-même. »
Joe Biden esquissera sa vision d’une nouvelle Amérique qu’il souhaite pacifiée et unie, comme il l’a souligné dans son discours de victoire
Ainsi, il tentera de « bercer » le débat politique et cherchera à réunifier le pays à 330 Millions d’habitants. En outre, il a la volonté de faire progresser une cause délaissée depuis plusieurs décennies, celle de l’équité raciale, et de revenir sur les reculs de D. Trump en matière de santé et de politique climatique. Après quatre ans d’une présidence « Trumpienne » atypique, les Etats-Unis pourraient à nouveau avancer sur la route du progrès social.

Avec Donald Trump, quatre années de « pollution first », Joe Biden a décidé de retirer son pays de l’accord de Paris et annulé une longue série de réglementations favorables à l’environnement aux Etats-Unis. Une politique qui a provoqué un sursaut salutaire dans de nombreux Etats. N’est-elle pas, somme toute, une mission de replâtrage de l’économie mondiale par J.Biden ?
