
Moins de 2 jours avant le scrutin présidentiel prévu le 3 novembre 2020 qui affrontera l’actuel Président Donald Trump à Joe Biden ancien Vice-Président d’Obama, les élections présidentielles Américaines font la une des médias à travers des réflexions et des dissertations des contrecoups de l’élu à la maison blanche sur la géopolitique mondiale et les relations internationales.
Dans cette chronique, nous analyserons l’impact éventuel que pourrait avoir la course à la « White House » sur les relations internationales. Pour ce faire, il serait judicieux de faire le bilan de la politique étrangère de Donald Trump depuis son élection en 2016.
Dès son accession au piédestal de la maison blanche, Donald Trump a voulu révolutionner la politique étrangère Américaine en se régentant vers la fameuse sémantique « America First » ou » L’Amérique d’abord » qui s’est matérialisée par la défense farouche et conformiste du nationalisme avec un scepticisme à l’égard du multilatéralisme, les organisations internationales et l’aide au développement.
Sur le plan des relations commerciales internationales, l’OMC a été partiellement verrouillée par Donald Trump ce qui a porté préjudice à la Coopération Economique Internationale alors que le G20, qui avait joué un rôle décisif dans le désamorçage de la crise économique mondiale de 2008, se trouve paralysé dans la gouvernance mondiale de la pandémie du Covid 19 ce qui obscurcit et envenime davantage les Relations Internationales.

Aussi, Il a privilégié la compétition stratégique vis-à-vis de la Chine comme finalité première à travers les mesures de représailles commerciales et la levée en cascade des droits de douane.
En outre, la politique étrangère de Donald Trump a été jalonnée par la rétrogression des USA de plusieurs accords, à l’instar de l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique, l’ALENA, l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme.
En pleine pandémie du Coronavirus, cette crise est par nature globale et requiert par conséquent une approche coordonnée et coopérative, la prédominance des actions ponctuelles et unilatérales de D.Trump est manifeste : La Covid-19 n’a-t-elle pas dénudé l’usure des mécanismes de coordination concrétisés par le « selfish » de Donald Trump où le « chacun pour soi » est devenu le Maître-mot en matière de gouvernance du Covid-19 ? En sus,
les Relations Internationales sont devenues tempétueuses entre les USA et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dirigé par l’Ethiopien Tedros Adhanon en le taxant d’avoir mal géré la crise du Covid-19, et de soupçonner l’OMS d’être en connivence avec la Chine. En corollaire, Donald Trump ordonna la suspension de la contribution financière des Etats-Unis à l’OMS qui est de l’ordre de 500 millions de dollars annuellement.
Sur l’éternel conflit israélien-palestinien, Donald Trump s’est rangé à travers son parti pris total sur les positions d’Israël qui se sont matérialisés par l’alignement sur la politique de colonisation systématique menée par Israël, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, la reconnaissance de l’annexion du plateau du Golan, le transfert de l’ambassade Américaine à Jérusalem, le plan de paix pro-israélien, et récemment à travers le contreseing d’accords d’Israël avec les Emirates Arabes Unis et le Bahreïn.
Par ailleurs, Donald Trump n’a pas hésité à prédilectionner les relations avec le régime autoritaire de Kim Jon-un de Corée du Nord ou avec la Russie de Vladimir Poutine de Russie ou la Turquie d’Erdogan sans toutefois obtenir de résultats probants.

L’Europe quant à elle, elle ne fait partie de l’agenda de l’Europe en lui reprochant le financement insuffisant de l’OTAN et l’ascension du déficit commercial.
De surcroît, la politique « Trumpienne » s’est matérialisée par le durcissement des sanctions contre l’Iran et Cuba.
A cet égard, le 3 Novembre 2020, si le démocrate Jo Biden gagne la course les urnes présidentielles Américaines, sa politique étrangère aura un impact certain sur la géopolitique mondiale en prenant sur plusieurs points le contre-pied de Donald Trump.
La première ambition de l’ex vice-présiden d’Obama sera de replâtrer la crédibilité du pays d’Uncle Sam sur l’arène internationale :
– primo, Joseph Biden, dit Joe Biden rétablira le crédit avec les partenaires des USA, en singulier en ce qui concerne les relations commerciales internationales. Dans son speech, les USA doivent redevenir une référence de la démocratie dans le monde contrairement à l’égocentrisme de Donald Trump. A cet égard, Joe Biden suggère de plafonner le seuil annuel de réfugiés autorisés à entrer aux USA à 125.000 par an et à l’augmenter au fil des années. Tout en sécurisant les frontières, il garantira la respectabilité des immigrants et défendra les droits des demandeurs d’asile.
– Secundo, Joe Biden promet de consolider la coopération avec les pays d’Amérique Centrale en lui accordant un budget de quatre Milliards de dollars. En sus, Il déposera un projet de loi au Congrès prohibant les contributions financières privées aux candidats à des élections fédérales.
– Tertio, Joe Biden s’engagera à réunir aux Etats-Unis un Sommet mondial de la démocratie pour se défendre ensemble contre l’autoritarisme et faire progresser les droits de l’homme.
– Quarto, Joe Biden promet de se prononcer contre le protectionnisme et pour un commerce international équitable, et encouragera les secteurs innovants tels que les énergies propres, l’informatique quantique, l’intelligence artificielle, la 5G et les trains à grande vitesse.
– Quanto, contre la Chine, il proposera d’opposer un front uni des alliés et partenaires de l’Amérique, en définissent des règles communes, en imposant la transparence et en jouant un rôle de leader. Il maintiendra l’effort de défense afin que les Etats-Unis demeurent la première puissance militaire mondiale, et n’hésitera pas à utiliser la force si nécessaire pour protéger le peuple américain.
– Sexto, Pour les alliés des Etats-Unis, en particulier l’Europe, Joe Biden promet que le pays d’Uncle Sam reviendra à l’Accord de Paris sur le climat et s’engagera sur l’ambition d’une économie entièrement décarbonnée en 2050. Aussi, les USA rejoindront également l’Accord sur le nucléaire iranien si les dirigeants de l’Iran respectent leurs engagements.
– Septimo, sur l’agenda nucléaire, Joe Biden se prononcera pour le non prolifération nucléaire et pour parvenir à un accord avec la Russie sur la limitation de l’arme atomique.

En guise de conclusion, il est certain que si Joe Biden sera élu Président des Etats-Unis, les relations internationales vont être plus apaisées, la géopolitique mondiale sera attiédie, et semble-t-il, un nouveau lexique de l’ordre mondial sera érigé surtout après la grande épidémie du Covid 19 qui a frappé la planète en cette année 2020 et définira le ton et le tempo de la géopolitique internationale.
