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Le Maroc entre vulnérabilité économique et Forteresse sociale au temps du Covid-19

by Mustapha Maghriti
Nul ne doute que la pandémie du Covid-19, d’une amplitude sans égale, engendra une asphyxie économique financière et sociale mondiale bien plus acérée que celle de 2008 avec touts les pronostics apocalyptiques des instances économiques internationales comme le FMI, l’OMC ou la CNUCED : Hausse de l’oisiveté, banqueroute de milliers d’entreprises, altération de la croissance économique et du PIB aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Tous ces indicateurs sont les pièces à conviction d’une crise économique et sociale sans précédent que le monde n’a vécu depuis le Jeudi noir des années 30.
Comme l’exception confirme la règle, au Maroc la pauvreté se délaie pour faire mouche à la classe moyenne qui est le pivot central de la consommation endurcissant une hausse du chômage et une quasi-léthargie des activités économiques liées à toutes les branches et les secteurs de l’économie Marocaine, principalement le secteur du tourisme, de la restauration et de voyage d’une façon irréfragable.
Les débouchés classiques du Maroc (France, Espagne et les pays de l’UE) sont fortement altérés par la pandémie du Covid-19. Le Maroc ne peut compter sur eux pour assurer ses exportations, attirer des investissements ou charmer des touristes qu’après quelques années. Les effets négatifs sur l’agriculture ou gouverner, c’est pleuvoir, l’industrie, le tourisme et les services sont nettement audibles.
La pandémie du Covid-19 n’épargna non plus les équilibres macroéconomiques : L’endettement extérieur ascensionna avec un coût économique tiré vers le haut tant que les fondamentaux économiques frôlent des seuils critiques. Le déficit public, celui de la balance commerciale ou de paiement s’inscrivent dans des trends haussiers. A ce titre, les réserves de changes sont très affectées surtout avec le décélération du tourisme, des transferts des MRE et des investissements directs étrangers IDE et les secteurs orientés vers l’extérieur, à l’instar des Métiers Mondiaux .
La situation ne devrait pas retourner à la normale dans délais courts vu que la conception d’un vaccin prendra plusieurs mois. Plusieurs prophylaxies doivent être prises en matière de déplacement, de shopping ou pour les services de loisir ce qui a impacté les chaînes de production et d’approvisionnement. Un constat qui a accéléré la création de nouveaux modèles économiques prenant en considération les risques sanitaires et épidémiologiques. Les activités de télétravail, les achats online, les services numériques commencent à prendre le relais à la place des modèles génériques.
Comme dit le dicton toute pièce a son revers, sur le plan social, on nota la résurgence du siège si chaleureux de la famille dans le corps social Marocain après de longues années de retrait au profit de l’individualisme, « l’égocentrisme » et de l’espace numérique.
La résurrection de la place de la « Smooth Family » se fit à travers la présence de canaux virtuels entre les individus. Un new mode social vit le jour faisant une mixture entre les us traditionnels et les interactions virtueles où le commun des mortels trouve asile en temps de confinement.
Le social est mis sur son piédestal à travers la redéfinition de la place de l’État et ce après son retrait partiel durant les années des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) et le rush des privatisations qui s’ensuivirent.

A l’appui de nos allégations ; Jeudi 28 Mai 2020, Chakib Alj patron du patronat et le bureau de la CGEM n’ont- il pas été reçus au Cabinet Royal en même temps que plusieurs Ministres ?  Le Souverain Marocain n’a-t-il pas ordonné ses Hautes Instructions pour une mobilisation forte de l’État pour accompagner les opérateurs économiques pour la réussite de la reprise économique pour soutenir le secteur privé. Ce message Royal à forte dose stratégique n’est-il pas témoin du renouveau du l’Etat ?

Pour émousser les rétroactions économiques du Covid-19, des Milliards de Dirhams ont déjà été recueillis, et chaque Marocain, chacun selon ses moyens, continue à se mobiliser.
Cette ferveur ne nous montre-t-elle pas tous les signes d’une nation solidaire, soudée et unie avec une seule visée celui de tarir le Covid 19.
Aussi, cette cohésion sociale se concrétise par les gestes au jour le jour : N’est-il pas admirable cette jouvence Marocaine dotée de masques, de désinfectants, à leurs frais pour aseptiser les moyens de transport et qui propose ses services, pour faire les courses à la place des plus âgés ou ceux et celles qui partagent des subsistances et des provisions avec leurs voisins ?
En plus du plan d’action médicale mis en place par la tutelle, l’arrivée en renfort de la médecine militaire sur Hautes instructions du Souverain Marocain, Chef suprême et Chef d’état-major général des Forces Armées Royales n’exhibe -elle pas une réanimation du sens du devoir, de la solidarité et la cohésion nationale ? Cette missive n’est-elle pas témoin du soutien du Souverain Marocain aux opérateurs économiques toutes tailles, tous secteurs et toutes régions confondus ?
Cette confiance royale ne consolide-t-elle pas notre détermination à réussir la relance de notre économie dont les valeurs sont: la solidarité, le patriotisme et la citoyenneté ?
La gestion du confinement, de la crise économique et des mesures de lutte sanitaire ne relève-elle pas exclusivement des institutions publiques ? La pandémie du Covid-19 n’a-t-il pas renforcé le rôle de l’Etat en matière d’encadrement des citoyens ?
Aujourd’hui, l’apostrophe qui interpelle les décideurs Marocains : Quel est le mode de développement nous voulons pour le Maroc Post-Covid-19 ? Est-ce que nous allons étayer nos chaines de valeurs mondiales, ainsi que nos débouchés sur nos partenaires classiques à travers le fameux modèle la croissance tirée par les exportations Export Led Growth Strategy ? Ou nous allons édifier et relancer les piliers de l’économie nationale sur le modèle Keynésien à travers la consommation intérieure et l’industrie tout en soutenant la classe moyenne ?
Ce choix nécessitera davantage une audace politique et une sagacité stratégique où il est pertinent de revoir le système fiscal national pour être plus juste permettant une répartition équitable des richesses afin de lutter contre la pauvreté et d’élargir la classe moyenne censée être le moteur de la demande intérieure.
Aussi, il est primordial de mettre en place les jalons d’une économie solidaire basée sur la production collective et le produit local et du terroir, les plateformes d’échanges numériques et non numériques locales sur la base d’une utilisation durable des ressources et des énergies, le développement des compétences locales dans le cadre d’un système, culturel, intégré, solidaire et durable.
A côté de la vulnérabilité de l’économie Marocaine, cette solidarité certifie que nous faisons Nation. Nous serons une brigade Marocaine irréductible tant que la solidarité prédominera. Combien j’éspère que nous gardions cet état d’âme après la pandémie Covid-19.

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