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Les Relations Economiques Internationale Virales à l’heure du Covid-19

by Mustapha Maghriti
La pandémie du Coronavirus qui est née en Décembre 2019 à Wuhan en Chine a bouleversé l’ordre mondial. Cet état de choc et de détresse ou ce que certains économistes appellent « sidération mondialisée » a eu un impact important sur les Relations Internationales en attisant les agissements énergumènes chez tous ceux qui étaient enclins à développer des théories « complotistes », provoquant ainsi le développement de tensions nouvelles, sur les laboratoires biologiques ou bactériologiques, entre les Etats-Unis et la Chine. Ainsi, une guerre sanitaire est venue se greffer à la guerre commerciale qui oppose ces deux pays. Elle s’est traduite par une crise sanitaire pernicieuse, un choc brutal sur l’économie mondiale, et l’exacerbation des Relations Internationales notamment entre les Etats-Unis et la Chine.

Du fait de l’autarcie de la totalité des pays et du confinement de la planète, la pandémie du Covid-19 a engendré une panne foudroyante des Relations Economiques Internationale. C’est la plus alarmante crise économique mondiale depuis celle des années 30, car elle porte préjudice à la demande et à l’offre : D’une part, les salariés (demande) n’ont plus de sources de revenu et les entreprises (Offre) à la pause économique ne génèrent plus de chiffre d’affaires, d’autre part.
La boule de cristal du FMI sur les projections de croissance de l’économie mondiale pour les années 2020-2021 sont inquiétantes avec une anémie économique de plus de 3 points du PIB, et une fissure du commerce mondial de 11%. La Banque Mondiale dans son dernier rapport « Perspectives économiques mondiales » prophétise une contraction de 5,2 % de l’économie planétaire. Ces statistiques ne sont pas figées et évolueront au gré de la pandémie et/ou le rebond de l’activité économique mondiale.

Ainsi, avec le village planétaire de la globalisation et de l’interférence économique entre pays qui en résulte, moult pays occidentaux ont anticipé de relocaliser leurs unités des biens stratégiques en raison de la décélération de l’économie internationale, d’où une menace du retour des barricades du protectionnisme. Ceci est d’autant plus d’actualité que l’OMC a été partiellement verrouillée par Donald Trump ce qui porte préjudice à la Coopération Economique Internationale alors que le G20, qui avait joué un rôle décisif dans le désamorçage de la crise économique mondiale de 2008, se trouve paralysé et inerte dans la gouvernance mondiale de la pandémie du Covid 19 ce qui obscurcit et envenime davantage les Relations Internationales.
A cet égard, faut-il rappeler que depuis le scrutin de Donald Trump en Janvier 2017 à la maison blanche, la politique étrangère Américaine s’est régentée vers la fameuse sémantique « America First » ou  » L’Amérique d’abord  » qui s’est matérialisée par la défense farouche et conformiste du nationalisme avec une scepticisme à l’égard du multilatéralisme et l’aide au développement.
C’est ainsi que le pays d’Oncle Sam a tiré sa révérence de plusieurs accords, à l’instar de l’Accord de Vienne sur le nucléaire Iranien, le TPP (Partenariat transpacifique), Accord de Paris sur le climat et l’ALENA ainsi que de quelques Organisations internationales comme l’UNESCO et du Conseil des Droits de l’Homme.
Cherchant à reboucher le vide laissé par les USA, la Chine tente de légitimer ses meilleures mesures de réplique à la crise à l’aide d’une propagande de communication sans précédent, en vue d’évaser sa sphère d’influence, d’émasculer davantage l’alliance transatlantique, et de resserrer la pertinence de son modèle de gouvernance.

La Chine profite ainsi de cette crise pour conforter sa position en tant que protagoniste de l’assistance internationale en faveur des pays du Sud, notamment Africains. La Russie semble également prête à se saisir de l’opportunité stratégique offerte par cette pandémie pour déployer ses outils d’influence et réaffirmer sa place en tant que grande puissance sur l’échiquier mondial. Pour éviter une redistribution des cartes qui leur seraient défavorable, les Etats-Unis ne seront-ils pas amenés à déployer des efforts louables pour redorer leur blason d’or de puissance sur l’arène internationale?
Aussi, Donald Trump s’est incommodé sur les Relations Economiques Internationales notamment avec la Chine considérée comme le principal concurrent des USA pour siéger à la première place sur l’échiquier international.
En sus, dès 2018, Donald Trump a déchaîné une guerre commerciale à l’encontre de la Chine constituée de hausses en cascade des taxes douanières et de mesures de représailles. Et ironie du sort, la pandémie du Covid 19 va lui donner une autre occurrence de s’acharner contre la Chine, en l’accusant d’avoir différé l’annonce de la pandémie du Covid 19 qui s’est manifestée à Wuhan, ainsi que d’avoir dépassionné sa gravité.
A ce titre, les Relations Internationales entre Pékin et Washington se sont tendues en réclamant des Milliards de dollars à la Chine pour les dommages collatéraux causés par la Covid-19.
De surcroît, les Relations Internationales sont devenues tempétueuses entre les USA et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dirigé par l’Ethiopien Tedros Adhanon en le taxant d’avoir mal géré la crise du Covid-19, et de soupçonner l’OMS d’être en connivence avec la Chine. En corollaire, Donald Trump ordonna la suspension de la contribution financière des Etats-Unis à l’OMS qui est de l’ordre de 500 millions de dollars annuellement.
Entre souris et chat, toujours en querelle, le casse-gueule Chine/Etats-Unis s’est rencogné lors de la 73ème Assemblée mondiale de la Santé qui s’est tenue virtuellement à Genève les 18 et 19 Mai 2020 où les USA et certains pays occidentaux ont tenté de faire adhérer Taiwan à l’Assemblée mondiale de la Santé, mais en vain du fait de la répulsion et le rejet ferme de la Chine qui considère que Taiwan fait partie de la territorialité chinoise.
En sus, les Relations Internationales ont été court-circuitées au sein de l’Union Européenne qui a négocié le début de la pandémie du Covid-19 sans coordination ni solidarité entre des pays de l’Union Européenne, notamment l’Espagne et l’Italie qui ont le plus pâti de la pandémie.
La Commission Européenne, qui avait pourtant promis de faire entrer l’Europe dans l’ère de la géopolitique, n’a-t-elle pas irradié par sa taciturnité alors que les États membres ont préféré répondre par des mesures individuelles et unilatérales, en barrant leurs frontières et en interdisant l’exportation de matériels de protection pour éviter l’épuisement de leurs stocks ?
Cette balkanisation de la solidarité Européenne était ostensible au grand jour de la pandémie lors des appels à l’aide lancés par les deux pays les plus sèchement macérés (Italie, Espagne), qui ont dû accepter l’appui inattendu émanant de pays comme la Russie et la Chine.
La désolidarisation entre les pays de l’UE se mesure avant tout au refus des dirigeants du G20 de permettre aux pays pauvres frappés par la pandémie de suspendre le remboursement de leurs dettes. Ces divisions se traduisent également par une guerre sémantique qui étancher l’adoption de déclaration ou de résolution commune au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’approche étriquée et avaricieuse des Organisations Internationales au regard de cette pandémie consacre l’obscurcissement du multilatéralisme, qui continue de subir des coups de boutoir, au moment où l’Humanité en a le plus besoin.
Avec les déplaisances des instances de Bruxelles et pour atténuer les contestations, l’Allemagne et de la France proposèrent le 18 Mai 2020 la création d’un Fonds de relance doté de 500 milliards d’euros au profit des secteurs et des régions de l’Union Européenne les plus affligés par la Covid-19 en autorisant des déficits publics supérieurs à 3%. Cependant, les pays du Nord de l’Europe continuent de rejeter l’idée de mutualiser leurs dettes en créant un fonds de relance financé par la dette commune de l’ensemble des Etats membres (coronabonds).
Ces divergences, qui ressurgissent au lendemain du Brexit, jettent également de l’ombre sur les ambitions d’autonomie stratégique de l’UE. La crise sanitaire du Covid-19 a ainsi révélé les défaillances du projet Européen en tant qu’entité politique, en dévoilant de nouvelles fractures au sein de la zone Euro et en créant un « collapsus » qui risque d’alimenter les courants eurosceptiques. Par ailleurs, mannes financières promises restent « abstraites » aux yeux de l’opinion publique européenne et contrastant fortement avec la « matérialité » » de l’aide chinoise et russe, sur lesquelles les deux pays ne cessent de communiquer à profusion.
A cet égard et pour tempérer encore une fois les déconvenues qui s’alimentent dans l’Union Européenne, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont proposé un secours résidant dans la mutualisation de la dette c’est-à-dire sans que les pays affectés n’aient de prêts à rembourser. Le Parlement Européen plaida de son côté pour que le plan de relance global atteigne les 2 000 Milliards d’euros. Toutefois, si les instances Européennes s’accordent sur la nécessité impérieuse d’une action commune et solidaire, les vieux « fendages » économiques entre États du Sud et du Nord sont toujours présents.

En outre, avec la pandémie du Covid-19 et la barricade des voies terrestre, aérienne et maritime, les Relations Economiques Internationales ont subi de plein fouet la perturbation des chaînes de valeur mondiale ; une perturbation qui favoriserait assurément le retour vers les Etats-Nations, des régions et des blocs commerciaux régionaux.
D’ores et déjà, la priorité sera désormais accordée à la proximité dans le cadre de mouvements de relocalisation pour permettre aux pays de se protéger des risques de dépendance vis-à-vis des contrées lointaines.
En guise de conclusion et à la différence de toutes les pandémies de l’histoire des faits économiques et sociaux, la pandémie Covid-19 aura indubitablement dévoilé un monde désuni sous le prisme de multipolarités exacerbées et venue fustiger la crise de la globalisation et le spleen qui la couvre depuis des années.
Les Relations Economiques Internationales sont en panne d’inspiration, le tribut économique payé par l’économie mondiale au COVID 19 est colossal : Tout s’est arrêté puisqu’il faut stopper la vie économique pour ne pas risquer la mort des citoyens. Cette équation a mis en péril tout l’échafaudage de l’économie internationale et de la finance mondiale (fermeture des marchés étrangers, chute des IDE, arrêt des fusions-acquisitions……..etc.)
Les politiques mises en place aujourd’hui et les choix et les décisions des acteurs économiques sont en train de configurer une nouvelle architecture des Relations Economiques Internationales qui vont renforcer la sortie de la globalisation débridée mise en place depuis des décennies.

C’est une autre forme de Relations Economiques Internationales que nous devrons nous atteler à rebâtir loin des vertus de la métaphore de la main invisible d’Adam Smith. C’est une autre économie internationale que nous devrons nous attacher à refondre loin de l’économie mondialisée très cher à l’ex-Secrétaire d’État de Bill Clinton, Robert Reich dans son Best-seller des années 90 « l’Economie Mondialisée ».

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