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À l’heure du Covid-19 où l’économie mondiale pâtit d’une crise sanitaire sans précédent, tous les crédos et dogmes se ravisent. Les pourtours d’une nouvelle ère mondiale se profilent et les règles du jeu se redimensionnent en matière géopolitique et géostratégique.
Les corollaires de cette pandémie ne se cantonneront pas à une récession économique, probablement jamais vue depuis la grande dépression de 1929. Elle aura également un effet transformationnel sur les États et les sociétés et entraînera certainement des changements d’envergure dans la répartition du pouvoir au niveau international.
Au regard de ce contexte économique fébrile et tumultueux, les Gouvernements doivent ériger de nouvelles stratégies qui doivent être en harmonie avec les nouveaux challenges Post-Covid à travers une diplomatie proactive, capable d’interférer avec l’environnement actuel en exigeant de l’anticipation afin d’assurer les symétries internationales. Dores et déjà et plus que jamais, le diplomate est interpellé à jouer un rôle vital dans le maintien des Relations Internationales pour l’équilibre mondial.
Dans ce cadre, la diplomatie ne doit pas se dévier de sa responsabilité : Faire cheminer les intérêts du pays en cette occurrence échevelée engendrée par la pandémie du Covid-19 et apporter le soutien et l’accompagnement nécessaire aux diasporas demeurent les principes immuables et structurants de leur approche sans oublier leur devoir de civisme envers leur pays d’accréditation.
Cette période post-confinement doit non seulement nourrir les manières de relance économique, mais animer les ambitions d’une diplomatie altruiste et de cohésion en entamant un véritable temps de rupture avec la diplomatie classique et ce en concevant de nouveaux équilibres mondiaux d’une société internationale en pleine crise.
Aussi, dans cet avenir empreint d’incertitude et d’incohérence. A notre sens, il serait peut-être opportun de sortir des sentiers battus pour dessiner les chemins d’une diplomatie de solidarité, d’empathie et de bénignité : Le sens de l’histoire nous exige à donner de l’effort à la coopération internationale plus d’effectivité, plus de solidarité et plus de transparence.
Cependant aujourd’hui, force est de constater que nombre d’instances internationales sont en déphasage avec cette ambition tel l’Organisation des Nations Unies ONU, l’Organisation mondiale de la Santé OMS, le Groupe des sept G7, le Fonds Monétaire International FMI, l’Organisation mondiale du commerce OMC …etc. Il s’agit, aujourd’hui, d’inscrire l’action des Organisations Internationales dans des dynamiques de convergence plus renforcée en insufflant une dose de philanthropie dans la nouvelle configuration et les modes de gouvernance de notre système multilatéral.
Dans cette mouvance, le diplomate doit être un vecteur de changement et un acteur proactif capable d’interagir, appréhender et analyser un monde en continuelle mue. En ce temps du Covid-19, le diplomate doit être l’avant-garde d’une bataille qui accole la résilience à la défaillance, qui oppose l’ouverture aux replis identitaires et confronte l’allocentrisme à l’égoïsme.
Aussi, dans ce climat international instable engendré par la Covid-19, les diplomates doivent être des acteurs multifonctionnels et polyvalents au regard de la transversalité des tâches qui leur incombe. Dorénavant, les horizons de réflexion sur ce que devrait être le diplomate « post-Covid » pourraient se résumer comme suit :
D’abord, avec les nouvelles exigences de la période Post-Covid, le multilatéralisme doit devenir le sentier privilégié de l’interférence diplomatique et consulaire qui prémunit l’humanité contre les déséquilibres internationaux.
Si les pourparlers et les négociations demeurent centraux dans le métier des diplomates, il n’en demeure pas moins qu’elle devra être reforgée pour incorporer les nouveaux paramètres structurants de ce nouveau monde en gestation : Le Diplomate devra gagner en expertise, en réactivité et en compétence pour évoluer dans un climat qu’il doit être en mesure de transformer au gré des impératifs de la donne Post-Covid. Sous cet angle, l’importance du « soft power » sera décisive dans les désinences cognitive et technologique.
A ce titre, l’innovation deviendra à la fois un instrument et une prédestination et la capacité du diplomate à s’appuyer sur les réseaux sociaux (Think-Tank, media, ONG,,etc) serait une valeur ajoutée incontournable pour circonscrire les pistes d’une diplomatie performante, proactive et constamment tournée vers l’avenir.
En guise de conclusion, la tâche du diplomate peut être résumée dans un message du Souverain à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la diplomatie marocaine, 28 avril 2000 : » Le rôle du diplomate revêt une importance capitale et constamment renouvelée, puisqu’il est devenu le pivot et l’intermédiaire incontournable entre les décideurs en matière de politique étrangère et de politique intérieure, sachant que le premier domaine est le prolongement du second. Le diplomate utile à son pays est aujourd’hui celui qui cultive si bien le sens de la communication, la vision globale et le pouvoir de synthèse pour en faire une pièce maîtresse au service de la diplomatie de son pays à même de lui permettre d’assumer pleinement sa mission dans la mise en œuvre de la politique extérieure nationale et la réalisation de ses objectifs. »



